InfoSud 24/01/2012 à 11h01

Vietnam, cinquante ans après : dans l'antre de la dioxine

Tribune des droits humains"
Mạnh Hùng | Infosud

Cinquante ans après les premiers largages de défoliants et d’herbicides par les Etats-Unis sur le Vietnam, les sols et les eaux sont toujours contaminés. Reportage à Dong Son, commune qui a servi de base à l’armée américaine pour stocker la dioxine destinée à être pulvérisée dans les provinces du centre.


Les sols et les eaux toujours contaminés (Phúc Thái/InfoSud)

(De Dong Son) Après avoir roulé sur plus de 200 km de cols au nord de Danang (capitale du Centre Vietnam), nous arrivons à Dong Son au crépuscule. Un paysage de montagnes et de futaies se déploie majestueusement.

Au bout d’une route sinueuse et goudronnée, se dresse le centre administratif de la commune. Au loin, des nappes de fumées s’échappent des cuisines, tels des nuages glissant nonchalamment vers l’horizon.

Les victimes (sources vietnamiennes)
  • 3 millions de Vietnamiens ont été reconnus victimes de l’agent orange/dioxine ;
  • 34% des personnes atteintes sont des femmes. Outre des handicaps physiques, elles souffrent souvent de stérilité. En 1970, alors que la deuxième guerre du Vietnam battait son plein, des chercheurs américains ont trouvé dans le lait des mères sud-vietnamiennes 480pg/g de dioxine, soit un taux 140 fois plus élevé que celui des Américaines ;
  • dans 18% des foyers de victimes vietnamiennes, la femme et le mari sont tous les deux touchés ;
  • 85% des familles de victimes ont entre deux et quatre enfants souffrant de malformations ;
  • 3% des familles ont jusqu’à cinq enfants handicapés.

Les bras vigoureux des jeunes montagnardes recueillent rapidement des écopes d’eau limpide dans les ruisseaux. Les sons familiers des oiseaux des bois annoncent la fin imminente d’une journée.

L’existence même de la vie en cet endroit semble défier le temps. Et pourtant, c’est bien ici que l’armée américaine a modifié, depuis cinquante ans, tout l’écosystème de la forêt.

Les habitants souffrent toujours des lourdes conséquences de cette guerre qui n’a pas livré tous ses secrets.

Selon les sources vietnamiennes, 432 812 litres de produits chimiques toxiques contenant 11 kg de dioxine ont été déversés dans cette localité. On a découvert de la dioxine dans le sang de nombreux jeunes de moins de 25 ans.

Dong Son est une commune très pauvre, peuplée à 90% d’ethnies minoritaires, isolées du reste du pays.

Ici, le niveau d’instruction est très bas, la vie est rude. Beaucoup d’enfants naissent mal-formés et meurent jeunes. Nous nous trouvons sur des terres encore polluées.

Phung Tuu Boi, un expert en environnement, s’intéresse à la région depuis 1977. C’est lui qui nous introduit au président de la commune, Ho Giang Nghinh. L’homme, trapu et souriant, s’élance pour nous accueillir.

« Dong Son était autrefois une base de l’armée américaine qui a fait construire l’aéroport militaire d’Asho afin de stocker la dioxine destinée à être pulvérisée dans les provinces du centre du pays. Cette terre a été gravement exposée. »

Cohabitation avec « la mort »

Vivant dans une petite maison située en face du centre culturel communal, Ho Gia, 44 ans, est de l’ethnie Pa Ko. Lui et sa femme sont en train d’aider leur fille aveugle à se déplacer.

Nous découvrons avec surprise les quatre murs de la salle centrale couverts de témoignages de satisfaction et de dessins que Ngọc Thu a faits avant de perdre la vue.

La famille de Ho Gia figure parmi les 34 foyers qui vivaient sur l’ancien aéroport d’Asho. La zone a été surnommée « génie de la mort ».

Sa femme a accouché quatorze fois, mais seulement trois enfants ont survécu. Et la douleur du couple ne s’arrête pas là. Leur fille de 13 ans a subi trois opérations cérébrales (de 2004 à 2006) pour pouvoir survivre, mais elle est devenue aveugle.

Les deux autres enfants sont aussi en train de perdre progressivement la vue et une partie de l’audition.


Ho Thi Ngoc Thu ne pourra plus jamais voir les dessins qu’elle avait réalisés avant de perdre la vue (Phúc Thái/InfoSud)

La commune, fondée en 1991, ne comptait au début que 120 ménages qui se concentraient dans une vallée d’une superficie de plus de 2 000 hectares. Son centre administratif et les logements de 34 familles se trouvaient en plein sur l’aéroport.

Selon M. Boi, « ces gens ne savaient pas qu’ils vivaient sur un endroit dont l’eau et la terre étaient gravement polluées ».

Dans les années 2000, la commission 10-80 (chargée de remédier aux conséquences sur la santé humaine des produits toxiques utilisés pendant la guerre) et la firme canadienne Hatfields (spécialisée dans les consultations sur l’environnement) ont démarré des recherches sur des échantillons de terre polluée au « point chaud d’Asho ».

Au vu des résultats alarmants, les bureaux de la commune et ces ménages ont alors été déplacés d’environ un kilomètre.

Mais les foyers sur l’aéroport ne sont pas les seuls contaminés. Ceux qui se trouvent plus éloignés de cette zone le sont aussi. Et bien que les autorités aient interdit l’utilisation des puits et des canaux contaminés, la plupart des familles à Dong Son utilisent cette eau pour leurs besoins quotidiens : lessive, bain, consommation…

Les habitants savent que ces sources contiennent de la dioxine, mais ils n’ont aucun autre choix. En plus, le système de décontamination construit par la commission 10-80 à l’intention des habitants ne fonctionne plus.

Maladies étranges

Ainsi, la famille de Mme Ho Thi Hai (aussi de l’ethnie Pa Ko) a eu quatre enfants mais l’un est mort à l’âge de 3 ans suite à de fortes migraines et de graves difficultés respiratoires.

La fille aînée ne pesait qu’un kilo quand elle avait 2 mois. Aujourd’hui âgée de 15 ans, elle est très faible et présente des symptômes similaires à ceux de sa sœur décédée.

Certaines victimes souffrent également de maladies étranges. Mme Nguyen Thi Hue (de l’ethnie Ka Tu), par exemple, tout à fait bien portante en 2008, a soudainement eu de violentes migraines et des douleurs dans tout le corps, puis elle a perdu tous ses cheveux.

Comme les autres, sa famille consommait exclusivement l’eau des puits polluée par la dioxine.


Ho Thi Cau, 15 ans, ressemble à une gamine de 8 ans. Des familles entières sont atteintes de maladies bizarres, tandis que les enfants naissent malformés (Phúc Thái/InfoSud)

A Dong Son, les gens vivent principalement du riz et de l’élevage. Or, dans les rizières, on ne voit que des plantes rabougries à cause d’une terre devenue infertile qui compte à peine 5 cm d’alluvions en surface, le reste étant formé par l’argile et le kaolin. Une grande pluie suffit à éroder cette mince couche d’alluvion. La culture rencontre donc de nombreuses difficultés.

En plus, de mars à mai, le vent du Sud, violent, endommage le riz en phase de pollinisation et de formation. Sur cette terre contaminée, les habitants ne cessent de chercher des solutions pour améliorer le rendement.

Pour ce qui est de l’élevage, le froid vigoureux et prolongé à l’approche du Nouvel An lunaire (février) tue presque tous les bovins. Les habitants doivent s’endetter afin d’acheter veaux et bufflons, mais une seule vague de froid ou d’épidémie suffit pour leur faire tout perdre.

Signe encourageant, les scientifiques ont trouvé il y a six ans une forme d’acacia qui peut s’adapter à l’environnement de cette localité.

Depuis 2005, Dong Son plante ces acacias pour permettre aux habitants de développer leur économie. Actuellement, la commune en compte près de 800 hectares, couvrant ainsi tous les terrains inoccupés. Le soleil est à son zénith lorsque nous quittons Dong Son. Les enfants insouciants pataugent dans un ruisseau.

Sur la pelouse verdoyante qui a recouvert l’aéroport pollué, des bœufs et buffles efflanqués, paissent assidûment.


Des gamins s’amusent, un bœuf broute, cette apparence paisible cache une cruelle réalité : à Dong Son, l’eau, la terre et la végétation portent toutes en elles les traces de l’agent orange/dioxine (Phúc Thái/InfoSud)

Publié initialement sur
Tribune des droits humains
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  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 11h33 le 24/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    Dès mai 2009, le Congrès américain a publié un rapport sur « les victimes vietnamiennes de l’“agent orange” et les relations Etats-Unis-Vietnam [6] ». L’auteur, M. Michael M. Martin, y soulignait la nécessité d’établir de bons rapports avec le Vietnam dans la situation géopolitique actuelle et combien la question de l’« agent orange », dernière survivance de la guerre, y faisait obstacle alors qu’il serait possible de la traiter de manière humanitaire sans reconnaître – le rapport y insiste – aucune responsabilité à cet égard. Des grands journaux américains ont relayé le débat, posant la même question : le Vietnam est-il assez important pour que les Etats-Unis s’attellent sérieusement au problème de l’« agent orange » ? La réponse va de soi, et les récents incidents en mer de Chine méridionale la justifient encore davantage. Dans ses conclusions, le rapport Martin suggérait l’adoption d’un plan pluriannuel d’aide au Vietnam comme l’une des mesures susceptibles de favoriser la « puissance douce » (soft power) des Etats-Unis en Asie. Le Dialogue Group s’est rallié à cette option.

    Alors que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dévoilait le 28 juin 2010 un projet de 5 millions de dollars pour le traitement de l’aéroport de Bien Hoa, près de Ho Chi Minh-Ville, sous l’égide d’une organisation indépendante, la Global Environment Facility, les Etats-Unis ont décidé de consacrer 32 millions de dollars à la réhabilitation de la zone de Da Nang. Le 19 novembre, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid) a fait part de son plan, sur deux ans, à partir de juillet 2011, au comité populaire de la ville, et un accord a été signé avec le ministère vietnamien des ressources naturelles et de l’environnement. Les couches contaminées du sol seraient enlevées et stockées dans une zone confinée étanche en attendant que soit découverte une méthode de destruction de la dioxine, à moins qu’elles ne soient brûlées à plus de 350 °C dans des tubes.

    La « realpolitik » de l’administration Obama a donc un effet collatéral positif. L’exigence de justice demeure. Les Etats-Unis s’honoreraient en reconnaissant leur responsabilité à l’égard du Vietnam et des Vietnamiens. Il en va de même des compagnies (Monsanto, Dow Chemical, etc.) qui ont fabriqué les défoliants, en ont caché la toxicité en falsifiant des résultats de recherches, ont accumulé par leur vente des bénéfices gigantesques et financé leur reconversion dans l’agroalimentaire. Il est par ailleurs évident que 300 millions de dollars ne suffiront pas. Le Vietnam a besoin d’une aide massive [7]. Les victimes ne peuvent pas attendre. Il faut qu’elles reçoivent un soulagement immédiat. La déclaration du Dialogue Group s’adresse à tous les gouvernements. C’est au niveau des Etats que doivent s’organiser le soutien au Vietnam et l’exigence de justes réparations.

    Marie-Hélène Lavallard monde diplo

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 11h35 le 24/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    Il faut rappeler la ferme déclaration du président Barack Obama à ce sujet

    « C’est eux qui ont causé le désastre, c’est eux qui doivent en assumer les conséquences. »

    • MH-Minervois
      MH-Minervois répond à unagi-
      enseignante
      • Posté à 02h14 le 25/01/2012
      • 179991
        enseignante

      La ferme déclaration, c’était à propos de la pollution du golfe du Mexique. Mais on peurt la reprendre puisque Walter Isaacson se réjouit que le plan du Dialogue group pour la remédiation au Vietnam coûte moins que le nettoyage du golfe !

      Deux sites intéressants :
      Lien , site de l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne, rubrique Une guerre sans fin. Voir notamment dans les Documents l’excellent dossier de Thanh Nien [le Journal de la Jeunesse] d’Ho Chi Minh-Ville, malheureusement en anglais.
      Lien, site de l’Agent Orange Action Group, créé par des militants anglais, américains et français et bien documenté sur l’Agent Orange et ses fabricants, dont Monsanto.

      • unagi-
        unagi- répond à MH-Minervois
        卑語
        • Posté à 08h52 le 25/01/2012
        • Internaute 24252
          卑語

        Je ne sais pas, après recle site de ’agent Orange.herche je ne trouve la citation pour aucun des deux sujets. Pur ma part je l’ai trouvée dans des commentaires d’un des blogs diplo.
        Merci pour

         
        • MH-Minervois
          MH-Minervois répond à unagi-
          enseignante
          • Posté à 18h11 le 25/01/2012
          • 179991
            enseignante

          Voici la source :
          Lien ,
          4e alinéa, « L’optimisme du co-président ».
          MH(L)

        2 autres commentaires
  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 11h58 le 24/01/2012
    • Internaute 24252
      卑語

    Documentaires et articles :

    Agent orange, la guerre sans fin.
    Lien

    Le procès de l’agent orange, défoliant toxique utilisé durant la guerre du Vietnam, va-t-il avoir lieu ? En suivant le travail des avocats du cabinet américain Moore & Goodman, ce documentaire révèle la complexité juridique d’un dossier aux multiples enjeux.
    L’Etat américain étant légalement inattaquable, les deux avocats se retournent contre les fabricants de l’agent orange, dont Diamond, Dow Chemical et Monsanto. Déjà mises en cause vingt ans plus tôt par les vétérans américains au contact de la substance toxique, ces entreprises chimiques ont accepté de verser de substantielles indemnités aux victimes pour mettre fin à la procédure !

    ––-

    Déni de justice sur l’agent orange (video, 2’48)
    « Trente ans après la guerre, les stigmates demeurent » .

    Trente ans après la guerre au Vietnam, des habitants, touchés sur plusieurs générations par l’agent orange, demandent réparations. Trente-sept entreprises chimiques sont attaquées mais les victimes gagnent rarement. »

    Agro-industrie, industrie de guerre, les liaisons coupables Lien

    Le conflit de 14-18 a été un formidable accélérateur pour l’industrie chimique naissante. Elle a abondamment produit des explosifs et des produits toxiques destinés à exterminer l’adversaire. La paix revenue, les nouvelles molécules et les produits ont été redirigés... vers l’agriculture. Ce n’est malheureusement pas le seul lien entre pesticides et armes de guerre, puisque qu’on retrouvera le Zyklon B à Dachau, Monsanto et l’agent orange au Vietnam, le Round-Up dans la lutte anti-guerilla en Colombie…

    The Monsanto Story (from Agent Orange to GMO’s) Documentary, 22’
    Lien

    Vietnam : The victims of Agent Orange dropped on people Lien
    Vietnam : The victims of Agent Orange and other chemical weapons that were dropped on people.

    Agent Orange Battle’s Poison Cloud (54 min documentary) Lien

    Agent orange : a monsanto gift to the vietnameese Lien

    Le monde selon Mosanto, documentaire intégral
    Lien

    • newsome
      newsome répond à unagi-
      • Posté à 21h21 le 24/01/2012
      • Internaute 93179

      C’est pas parce que c’est écrit que c’est vrai. Et ça vaut tout particulièrement pour internet.

      Et dans votre dernière livraison ci-dessus, c’est particulièrement flagrant :

      Votre lien « internationalnew.fr » nous offre, sur une même une :
      - Marie-Monique Robin, auteur par ailleurs d’un « Argentine, soja de la faim » qui dresse un tableau apocalyptique de l’Argentine : « de nombreuses catastrophes ont été dénombrées », « Cent mille exploitations familiales ont disparu », « Les petits exploitants sont ruinés », « grandes inondations dans le pays. Les dégâts semblent irréversibles »
      - Ainsi qu’un article dithyrambique sur les Kirchner (mari et femme présidents successifs de la république) : « Comment l’Argentine s’est redressée dix ans après sa faillite ».

      - Avec en prime un article de l’inénarrable Thierry Meyssan, qui n’en finit pas de faire une fixation sur Septembre 2001 : « La décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d’une réunion à Camp David le 15 septembre 2001 ».

      Il faudrait peut-être commencer à considérer tout ça avec un minimum d’esprit critique, non ? Confonter de temps en temps, ce genre d’articles péremptoires avec la réalité ? Et revisiter enfin la ’bible’ du « Monde selon Mosanto » à la lumière de l’actualité : quand Marie-Monique Robin affirmait en 2008 (sans s’appuyer sur la moindre analyse chiffrée : juste à cause d’une concordance approximative des faits) que les OGM étaient à l’origine d’une vague de suicides sans précédent chez les paysans indiens cultivant le coton, ces derniers se sont, en 2012, convertis à plus de 80% à la culture OGM.

      • unagi-
        unagi- répond à newsome
        卑語
        • Posté à 21h47 le 24/01/2012
        • Internaute 24252
          卑語

        La question agricole occupe une place singulière en Inde : à l’aube de son indépendance, l’insuffisance alimentaire l’a mise dans la position humiliante de quémandeuse face aux Etats-Unis qui, eux, regorgeaient de céréales. Pour faire barrage au communisme dans les Etats récemment décolonisés, Hubert H. Humphrey, alors sénateur du Minnesota, imagina de transformer l’agriculture américaine en « arme diplomatique » et de remplacer les produits alimentaires traditionnels de chaque pays par une nourriture à base de denrées provenant des Etats-Unis. Il s’agissait, expliqua-t-il, de former le goût des enfants étrangers, notamment dans les cantines scolaires : les petits Japonais s’adapteraient au pain, leurs homologues yougoslaves apprendraient à préférer le lait en poudre américain au lait frais local. En Inde, « un enfant mettrait son doigt dans le beurre fondu et le goûterait, avant de déclarer sur un ton amoureux : “Amérique” (5). »

        Confrontée à la famine, l’Inde s’est tournée vers les Etats-Unis — en 1960, 92 % de l’aide qu’ils lui ont apportée était d’ordre alimentaire. La « révolution verte » a alors démarré, avec l’aide américaine, par l’intermédiaire des fondations Ford et Rockefeller. Elle a sauvé le pays de la famine, mais sans parvenir à libéraliser complètement son marché agricole, pas plus après l’ouverture du pays au capital étranger en 1991 qu’après le rapprochement stratégique opéré avec Washington sous la présidence Bush.

        Cette « révolution verte » a certes réussi à augmenter de façon considérable la production de céréales (de soixante-dix millions de tonnes en 1954 à deux cent deux millions aujourd’hui), mais l’Inde en a lourdement payé le prix : assèchement des canaux et des nappes souterraines, salinisation des sols, endettement des agriculteurs (plus de cent mille d’entre eux se sont suicidés en une décennie à peine), taux de cancer galopant chez les paysans. Sans compter les graves répercussions au niveau politique et social. Ainsi, beaucoup la considèrent comme un facteur majeur de la révolte indépendantiste qui a éclaté au Pendjab dans les années 1980 — mouvement au cours duquel la première ministre Indira Gandhi fut assassinée par ses gardes du corps sikhs en 1984, après que l’armée indienne eut pris d’assaut le Temple d’or, site sacré des Sikhs, où s’étaient réfugiés des insurgés indépendantistes.

        Aujourd’hui, la faim guette à nouveau le pays — 40 % des enfants mal nourris dans le monde y vivent. Sa production agricole est menacée par les incidences du changement climatique sur la mousson, par une pénurie alarmante d’eau (6) et par une expansion urbaine et industrielle qui supprime nombre de terres cultivables.

        Si elle n’augmente pas de façon conséquente la croissance de son secteur agricole — celle-ci tourne autour de 2 % quand le niveau de croissance globale atteindra, cette année, en dépit de la crise financière mondiale, 7 % —, l’Inde ne nourrira pas sa population et ne réalisera pas ses objectifs de développement (8 %, voire 9 %).
        Au nom de la lutte
        contre la famine

        Les investissements massifs, transferts de technologie et infrastructures industrielles agricoles sont censés être apportés au pays par l’Aki. Des cadeaux peu coûteux, car le droit de transformer tout ce savoir-faire en produits commercialisables restera propriété des multinationales.

        Telle se présente la seconde « révolution verte » offerte par Washington. « Les Etats-Unis veulent augmenter leur commerce agricole avec l’Inde. Il y a des bénéfices mutuels à en tirer ; or ceux-ci dépendent de la transformation du secteur agricole de l’Inde (7). » Ces changements interviendront d’abord dans les universités indiennes et américaines, où seront invités des chercheurs indiens. Ceux-ci passeront ensuite de l’université aux géants de l’agroalimentaire et inversement, comme cela se fait couramment aux Etats-Unis depuis des décennies : après avoir gagné des salaires très élevés dans le privé, ils deviendront par exemple hauts fonctionnaires au ministère de l’agriculture, avec pour mission de gérer les effets des produits de l’ingénierie génétique fabriqués en quantité par leurs anciens employeurs...

        L’itinéraire de M. Michael Taylor illustre bien ce phénomène dit de la « porte à tambour » (revolving door) : après avoir été cadre chez Monsanto, il est entré à l’USDA, à l’époque où celui-ci venait d’approuver la commercialisation de l’hormone de croissance bovine rBGH, fabriquée par la multinationale. De là, il est passé à l’université George-Washington, où il forme de jeunes cadres, y compris des Indiens, qui retourneront ensuite dans leur pays. Si la nouvelle, récemment rendue publique par le gouvernement américain, de l’installation d’un potager biologique au milieu des pelouses de la Maison Blanche a eu un effet symbolique important, l’USDA et l’industrie agroalimentaire n’en demeurent pas moins étroitement liés ; et M. Taylor compte parmi les conseillers de la nouvelle administration (8).

        La stratégie des Etats-Unis dans ce domaine consiste donc, en Inde, à réduire le rôle du secteur public. Le pays offre des avantages uniques : des paysans pauvres peu en mesure de poser des questions gênantes sur les semences qu’on leur vend ; une surface cultivable importante ; un marché aux potentialités gigantesques ; des hauts fonctionnaires aussi enthousiasmés par les solutions technologiques de tout genre que paniqués par le spectre de la faim et de la dépendance extérieure. Mais les transnationales américaines ne sont pas les seules à fantasmer sur les possibilités offertes par une privatisation de l’agriculture. Les européens Syngenta, Bayer CropScience, Carrefour, Tesco, comme les groupes indiens Tata, Bharti, Reliance et Mahindra sont, avec bien d’autres, sur les rangs.

        Le vieux groupe commercial Tata, en particulier, a créé, sur le modèle américain, le Tata Educational and Development Trust, en partenariat avec la Cornell University — où M. Ratan Tata, le dirigeant du groupe, a fait ses études. En 2008, il lui a offert 50 millions de dollars — la moitié de la somme allant à la Tata-Cornell Initiative in Agriculture and Nutrition, dont le travail porte sur l’Inde ; l’autre moitié sert à octroyer des bourses à de jeunes étudiants-chercheurs indiens inscrits à Cornell. Parallèlement, la société Rallis, leader de l’agrochimie indienne et dépendante du groupe Tata, « a décidé de se lancer de façon importante dans le commerce des graines » hybrides ainsi que dans le coton génétiquement modifié (9).

        L’Inde « peut devenir autosuffisante dans sa production alimentaire par l’application de la biotechnologie dans sa culture alimentaire (10) », affirment les sirènes américaines. Est-ce aussi simple ? Selon un rapport — l’« Evaluation internationale des sciences et des technologies agricoles pour le développement » (IAASTD) — publié par les agences des Nations unies en avril 2008, quatre cents scientifiques au moins en doutent.

        L’IAASTD sonne l’alarme contre l’actuel système de production agricole industrielle : « Pendant des années, l’agronomie a été essentiellement axée sur la diffusion des technologies pour accroître la productivité au niveau de l’exploitation ; le marché et les mécanismes institutionnels mis en place par l’Etat [poussant à] adopter de nouvelles technologies. Le modèle général consistait à innover constamment, à réduire les prix aux producteurs et à externaliser les coûts (11). »

        Les résultats impressionnants obtenus en matière de production l’ont été aux dépens de l’égalité sociale, de la capacité des collectivités locales à maîtriser leurs savoir-faire et leurs cultures, et d’un environnement arrivé à la limite de ce qu’il peut absorber. Le rapport émet de sérieuses réserves sur les solutions purement technologiques et s’interroge sur l’utilité des récoltes OGM, en soulignant leurs dangers potentiels. Rien d’étonnant si les Etats-Unis ont manifesté leur désaccord avec ces conclusions.

        On aurait pu penser que l’actuelle crise mondiale rendrait New Delhi moins réceptif aux arguments américains. Or, comme en témoigne la réunion régionale du Forum de Davos tenue en Inde en novembre 2009, ses dirigeants se montrent plus emballés que jamais par des partenariats public-privé ; ils ont convié les investisseurs étrangers à en conclure, s’engageant à libéraliser toujours davantage leur économie.

        De même, on pouvait espérer que la belle promesse faite par le président Barack Obama d’un changement réel dans la politique étrangère des Etats-Unis porterait aussi sur son volet agricole. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a au contraire renforcé ce dernier, et la nomination à la tête de l’Usaid de M. Rajiv Shah — qui a fait ses preuves tant à l’USDA qu’à la Fondation Bill et Melinda Gates, où il a privilégié les OGM — va donner encore plus d’importance au génie génétique dans le « développement » des pays pauvres.

        Toutefois, les géants de l’agroalimentaire, Monsanto en tête, n’avaient pas prévu la mobilisation contre l’aubergine OGM. Avant de prendre la décision d’un moratoire, M. Ramesh a multiplié les réunions publiques. Il a entendu tous les arguments, y compris ceux des petits producteurs — les plus menacés —, et ces débats ont été largement diffusés par les médias. Dans son communiqué de presse du 9 février 2010, il parle de transparence, de réflexion et, surtout, de prudence dans les choix à faire. « Lorsqu’il n’y a pas de clair consensus dans la communauté scientifique elle-même, qu’il existe une forte opposition au sein des gouvernements des différents Etats, que les dirigeants de la société civile posent de plus en plus de questions sérieuses sans recevoir de réponses satisfaisantes, que l’opinion publique marque son rejet de l’aubergine Bt (...) et qu’il n’y a aucune urgence à la mettre sur le marché, il est de mon devoir d’adopter le principe de précaution et d’imposer un moratoire (12). »

        Mira Kamdar
        Chercheuse au World Policy Institute, New York, auteure de Planet India. L’ascension turbulente d’un géant démocratique, Actes Sud, Arles, 2008.

      • unagi-
        unagi- répond à newsome
        卑語
        • Posté à 21h48 le 24/01/2012
        • Internaute 24252
          卑語

        Il est intéressant de se poser la question de la représentation de ces 80% de paysans indiens se convertissant dans la joie et le savoir dans le grand bain OGM

        Étendue de la petite agriculture en Inde

        Les petits paysans, qui détiennent moins de 2 hectares de terres, représentent près de 80 % des paysans indiens. Plus de 90 % d’entre eux dépendent des pluies pour leurs récoltes.

        En termes de surface agricole utile, qui inclut les terres possédées par le paysan, les terres en bail et hypothéquées et toute terre cultivée de manière légale ou non, seuls 1,6 % des paysans se situent dans la catégorie des grands exploitants, avec des propriétés de 18 hectares en moyenne, contrôlant 17 % des terres cultivées. Au Penjab, considéré comme le « grenier de l’Inde », les grands exploitants représentent seulement 6 % des paysans mais occupent 27 % des terres agricoles, avec une taille moyenne des exploitations de 16 hectares.

        Du point de vue de la propriété, le tableau est pire. Environ 70 % des propriétaires du Penjab possèdent moins de 2 hectares, ce chiffre s’élève à 80 % sur toute l’Inde. Cette petite propriété se multiplie chaque année en raison du partage de la terre entre les héritiers, la famille et d’autres modes de transfert de droits. Cette disparité entre la surface des terres possédées et la surface agricole utile indique que les paysans les plus riches acquièrent les terres des petits paysans à bail.

        Avec les technologies de la Révolution verte, les coûts de production et les risques de mauvaise récolte sont tellement élevés que bien souvent les paysans ne rentrent plus dans leurs frais. Entre 1990-91 et 1995-96, le coût des engrais chimiques a augmenté de 113 % et celui des pesticides de 90 %, alors que le prix de vente en gros du blé n’a augmenté que de 58 %. Les prix minima de soutien pour toutes les denrées, à l’exception du sucre, étaient de 38 à 50 % inférieurs au coût réel de production. Malgré les centaines de millions de roupies dépensées sur les engrais et autres intrants, les paysans sont de plus en plus endettés et désespérés.

        Le cas du Penjab

        Les petits paysans du Penjab, qui forment une majorité, sont les plus endettés, incapables de survivre parmi les réformes économiques libérales destinées aux grands exploitants et à l’agro-industrie transnationale.

        Le Rapport sur le développement humain 2004 du Penjab indique que le nombre total de cultivateurs au Penjab (paysans travaillant sur leurs propres terres) a diminué parallèlement à l’augmentation du nombre de travailleurs agricoles (paysans sans terres ou endettés) de 1970-71 à 1995-96. La plupart de ces travailleurs sont « profondément endettés auprès des propriétaires terriens et des prêteurs ». Par exemple, les travailleurs agricoles de la région de Malwa, la « première ceinture agricole » de l’Etat, ne travaillent qu’entre 70 et 160 jours, c’est-à-dire pendant la saison des récoltes. Ils empruntent donc auprès de leur employeur et à des taux d’intérêt élevés (souvent plus de 30 %) de quoi survivre le reste de l’année. Quand ces emprunts commencent à se cumuler au point de ne plus pouvoir être remboursés, les travailleurs se trouvent vite pris dans l’inéluctable « piège de la dette ».

        Mais aujourd’hui encore au Penjab, un nombre important de cultivateurs travaillent sur de petites surfaces. D’après le recensement agricole de 1996, il y avait près de 400.000 exploitations de 2 hectares ou moins. Malgré ce chiffre important, l’économie agricole actuelle est tellement tournée vers les gros producteurs que ces petits paysans n’ont pratiquement aucune possibilité de crédit auprès des banques conventionnelles, laissant des agents non officiels prendre leur place. Les forts taux d’intérêt qu’ils pratiquent, combinés aux faibles revenus annuels des petits paysans, ont créé un autre piège de la dette aussi vicieux que celui des travailleurs agricoles. D’après une étude récente, 70 % des petits paysans du Penjab étaient incapables de rembourser leurs emprunts même à court terme, les laissant avec une dette de près de 4.700 roupies par hectare. Une fois pris dans ce piège, il n’y a guère d’autre alternative pour le petit paysan que de vendre ou hypothéquer sa terre, un pas « extrême » franchi par près de 14 % des petits paysans, parfois par villages entiers.

        L’exemple du Penjab montre clairement l’échec de l’économie de marché qui promettait que les pertes d’emploi dans le secteur de l’agriculture seraient compensées par des créations d’emploi dans les autres secteurs de l’industrie et des services. Au Penjab, le mouvement vers des exploitations de plus en plus grandes a été synonyme d’« un double processus de paupérisation et de prolétarisation » pour les petits paysans, et non de nouvelles opportunités économiques.

        La crise alimentaire

        La crise alimentaire réside fondamentalement dans le fait qu’en l’Inde, malgré une croissance de 8,5 %, une personne sur cinq souffre de la faim : 320 millions d’Indiens vivent dans l’insécurité alimentaire chronique. Cette situation est particulièrement grave dans les communautés les plus vulnérables. Ainsi, 99 % des foyers tribaux (adivasi) du Rajasthan et du Jharkhand souffrent de faim chronique. Une étude menée auprès de 500 foyers adivasi au Rajasthan montre qu’aucun ne parvient à assurer deux repas complets par jour tout au long de l’année. Les enfants sont les plus vulnérables : 50 % des enfants souffrent de malnutrition ont de sous-nutrition, d’après l’étude nationale sur la santé familiale. Au Maharashtra, 2.814 enfants sont décédés de malnutrition entre janvier et juillet 2005.

        La consommation alimentaire a décliné de 12 % entre 1990 et 2001 alors que les greniers de l’Inde débordent et que la production de céréales augmente. Entre 1990 et 1992, les années de réforme libérale, la pauvreté rurale est passée de 33 à 44 %. La tragédie réside dans le fait que la plupart des 700 millions de personnes employées dans l’agriculture n’ont plus les moyens d’acheter les aliments qu’ils contribuent à produire.

        Ce problème n’est pas propre à l’Inde. Au niveau international également, alors que la situation critique des paysans et de leurs communautés s’aggrave, nombreux sont ceux dans l’agro-business qui touchent les bénéfices de la crise. Les pays pauvres qui ont abandonné leurs systèmes agricoles, mis fin à la production céréalière et sont devenus dépendants des importations alimentaires sont extrêmement vulnérables aux chocs dans le prix des denrées. Cela est d’autant plus vrai pour les pays qui manquent de liquidité pour payer leurs importations. Les pays qui n’ont pas de système de protection sociale efficace ni de réserves stratégiques de denrées permettant de réduire l’impact des chocs, sont encore plus exposés.

        Les prix des denrées de base ont vu une augmentation de 30 à 150 % entre 2007 et 2008. Les pays souffrant de la crise alimentaire se sont vus promettre 12,3 milliards de dollars à la conférence de Rome de la FAO en juin 2008, loin derrière les estimations de l’ONU s’élevant à 25-40 milliards.

        Les ONG soutiennent qu’une nouvelle approche est nécessaire car la plupart des pays en développement vont probablement devenir de plus en plus vulnérables aux chocs des cours en raison du changement climatique et de sa combinaison d’élévation de la température, de catastrophes naturelles, et de précipitations erratiques.

        Les prix des denrées, bas ou élevés, ressemblent à une épée à double tranchant : ils touchent soit le producteur, soit le consommateur. Ce faux dilemme par rapport à quel groupe soutenir (en pratique les gouvernements choisissent souvent les urbains) peut être résolu à travers des politiques et des interventions sur le marché qui permettent aux consommateurs pauvres et aux producteurs de gérer les périodes de fluctuation des prix.

        Enjeux internationaux

        Alors que la première décennie de ce millénaire touche à sa fin, nous sommes aux prises avec une crise économique déclenchée par la crise des subprimes aux Etats-Unis. Bien que ce soit une crise d’abord financière, ses impacts sur le système alimentaire seront certainement irréversibles. Ils ont commencé dès la fin du dernier millénaire, alors que l’économie mondiale semblait en plein boom et optimiste. De nombreux pays ont été attirés dans le piège de la globalisation de leur économie alimentaire et poussés à changer le régime de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) des échanges alimentaires.

        Vandana Ramprasas, de la Green Foundation, parle de la dualité dans la production et l’économie alimentaires liée à une décennie d’économie globalisée uniformément. Les aliments produits industriellement et peu coûteux, principalement dans les pays développés mais de plus en plus dans les poches riches des pays dits émergents, ont des conséquences néfastes sur la santé, alors que les riches ont la possibilité de s’offrir des produits sains, dits organiques, au prix fort. Cela comprend les consommateurs aisés des économies à forte croissance d’Asie, en particulier l’Inde et la Chine, qui importent du monde entier des aliments variés.

        Quel avenir pour les petits paysans ?

        Cette évolution a des conséquences directes sur les petits paysans qui paient les frais du déclin global des prix et de la compétition inégale et sont contraints d’abandonner leur ferme et de trouver refuge dans les grandes villes à la recherche d’un emploi. La production et la transformation des aliments étant gouvernés par les économies d’échelle, la petite paysannerie est considérée comme non viable. Dans un pays comme l’Inde cela représente 50 % de la population.

        La majorité de ces paysans sont des petits paysans et des travailleurs agricoles. Ils sont passés d’une situation où ils étaient payés en nature dans le cadre d’une économie de subsistance qui leur fournissait une part substantielle de leur nutrition et diverses formes de revenus et d’aliments dans une économie rurale complexe, à un régime moderne qui les aliène et les plonge dans la misère. Bien souvent un tel passage a été facilité par des programmes dits « anti-pauvreté » ou de sécurité alimentaire, tels que le programme du kilo de riz à 2 roupies, où les petits paysans ont été attirés dans la production moderne de cultures commerciales qui leur permettaient d’avoir accès aux aides alimentaires. Parallèlement, les cultures résistantes des pauvres tels que le millet ont été découragées en faveur des cultures principales que sont le riz, le blé ou les cultures commerciales tels le coton ou les fleurs.

        A côté de l’aide immédiate nécessaire dans les régions en crise, à travers l’annulation des dettes/intérêts et des prix de soutien minimum adéquat pour les produits agricoles, il y a un besoin urgent d’une promotion planifiée et rigoureuse de systèmes agricoles durables, à bas coût, à faible risque, à forte teneur nutritionnelle et holistique afin de revigorer l’agriculture indienne et endiguer la marée montante de l’endettement, de la détresse et des suicides paysans.

        Un nombre croissant de paysans font l’expérience de systèmes agricoles holistiques, fondés sur des techniques scientifiquement éprouvées, comme remèdes efficaces aux crises économiques et écologiques créées par les technologies de la révolution verte. L’agriculture holistique repose sur les ressources naturelles disponibles et restaure le capital écologique dont dépend toute agriculture. Elle réduit également fortement ou élimine complètement la dépendance des paysans par rapport à l’achat d’intrants externes coûteux, tels que les semences, les engrais, les pesticides et herbicides.

        L’agriculture holistique doit être adoptée à grande échelle en particulier pour les productions pluviales et pour l’horticulture, qui couvrent au moins 60 % des terres cultivées en Inde, sans crainte de baisse de production. En fonction de l’étendue des dommages causés par les monocultures intensives en produits chimiques, il y a une baisse de la productivité pendant la phase de transition si les intrants biologiques appropriés ne sont pas disponibles. Mais au bout de 2 à 3 ans le système est également voire plus productif que les autres systèmes et sur le chemin d’une croissance durable et en constante amélioration. Les rapports de la FAO et de l’ICRISAT ont internationalement et scientifiquement validé cette méthode.
        Mots-clés

        agriculteuragricultureagriculture durableagriculture et alimentationagriculture paysanne
        Inde

        dossier

        L’agriculture paysanne en Inde
        Notes

        Lire l’original en anglais : Agriculture, Food and Small Farmer in India

        Traduction : Valérie FERNANDO

        K.Ramasubba Reddy, Indian Farmers on horns of dilemma, CIFA, Juillet 2008

        Vanaja RAMPRASAD, « The polemic of global food economy », Deccan Herald, 16 Oct. 2008

        Bryan NEWMAN, Development Report #15, A bitter harvest : Farmer suicide in India, Janvier 2007, Food First, Institute for Food and Development Policy

        Oxfam, « Des prix à double tranchant. Leçons de la crise des prix alimentaires », octobre 2008

        Source

        Texte original

        CED (Centre for Education and Documentation) - CED Mumbai : 3 Suleman Chambers, 4 Battery Street, Behind Regal Cinema, Mumbai - 400 001, INDIA - Phone : (022) 22020019 CED Bangalore : No. 7, 8th Main , 3rd phase, Domlur 2nd Stage, Bangalore - 560071, INDIA - Phone : (080) 25353397 - Inde - Lien - cedbom@doccentre.net, cedban@doccentre.net

      • unagi-
        unagi- répond à newsome
        卑語
        • Posté à 22h11 le 24/01/2012
        • Internaute 24252
          卑語

        La vérité émerge lentement : un rapport du Ministère (indien) de l’Intérieur sur les morts par suicide, indique que, jusqu’à 2003, environ 100 000 fermiers se sont suicidés en six ans en Inde.Ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh. Un phénomène récurrent, puisque les chiffres officiels font état de 1000 suicides mensuels... depuis plus de quinze ans. En cause, l’endettement des paysans lié à l’achat de semences OGM miraculeuses... qui se révèlent catastrophiques. Depuis le milieu des années 80, l’Inde a accepté d’ouvrir totalement son marché en contrepartie de l’aide du Fonds Monétaire International. Une révolution économique s’en suivit, qui en fit un terrain d’expérimentation mondial en matière agricole. Depuis lors, les paysans sont livrés aux promesses des vendeurs de semences magiques : les rendements devaient être exceptionnels, et les insectes et parasites rangés dans les tiroirs de l’histoire. Les variétés traditionnelles ont même été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales. Mais pour toucher le Graal, il fallait débourser 10 fois plus pour la même quantité de semences. Le prix de la gloire. Et les paysans se sont massivement endettés.

        What a wonderfull world (Company)...

        Sauf que les semences OGM de coton Bt (de Monsanto, faut-il le préciser) sont tombées malades, infestées par le vers (vorace) de la capsule. Les semenciers avaient juste oublié de préciser que les plantes n’étaient pas résistantes aux maladies locales et qu’il fallait donc épandre des tonnes de pesticides en plus. Ils avaient aussi omis d’indiquer que les variétés en question buvaient deux plus d’eau et dégradaient les sols à grande vitesse. Du coup, les sécheresses ont été amplifiées et les rendements réduits à peau de chagrin. Les paysans se retrouvent à sec, paralysés par leurs dettes et sans le sou pour acheter les semences de l’année suivante, puisque les plantes OGM - dotés d’une technologie révolutionnaire affectueusement nommée « Terminator “ - sont calculées pour que les grains ne puissent pas se replanter... D’où de nouvelles dettes. Etc.

        Disparition des variétés traditionnelles

        ‘ Certains des fermiers qui se sont suicidés avaient réalisé jusqu’à cinquante pulvérisations d’herbicide et de pesticide sur leurs champs de coton, mais cela n’a pas empêché leur récolte de dépérir , affirme le professeur Nanjundaswamy, fondateur du Mouvement pour la Défense des Fermiers du Karnataka (Karnataka Rajya Ryota Sangha - KRRS) Autre conséquence, l’utilisation de ce coton génétiquement modifié aurait éliminé par pollinisation nombre de nos plantes indigènes qui possédaient par exemple des qualités de résistance à la sécheresse et à certains parasites propres à l’Inde, résistance que n’ont pas les plantes hybrides affirme le même spécialiste. Pour les défenseurs des OGM, les vraies raisons de cette catastrophe sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le désespoir agraire

        En 2006, le ministère indien de l’agriculture déclarait que la moitié des foyers paysans étaient endettés. Selon les ONG, le taux de suicide parmi les fermiers pauvres atteint actuellement des records. 150 000 d’entre eux se seraient donnés la mort depuis 1993. Entre 60% et 75% de la population indienne (contre 10% pour la France et 2% pour les États-Unis), qui compte plus d’un milliard d’habitants, vit de l’agriculture, qui représente un quart du Produit intérieur brut indien.

         
        • newsome
          newsome répond à unagi-
          • Posté à 22h22 le 24/01/2012
          • Internaute 93179

          Encore ce canular !

          « dans la province de Chattisgarh. [...] 1000 suicides mensuels... depuis plus de quinze ans. En cause, l’endettement des paysans lié à l’achat de semences OGM »

          Y a pas d’OGM dans la province de Chattisgarh ! !

          Les OGM, en Inde, ça se limite au coton, et dans le Chattisgarh, on ne cultive pas de coton ! ! !

          • unagi-
            unagi- répond à newsome
            卑語
            • Posté à 22h32 le 24/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語
            • newsome
              newsome répond à unagi-
              • Posté à 22h38 le 24/01/2012
              • Internaute 93179

              Y a pas d’OGM dans le Chattisgarh. Vos liens n’y changent rien.

              Y pas d’OGM, parce que y a pas de coton. Et y a pas de coton tout simplement parce que le climat ne s’y prête pas ! Cf. wikipedia.

              => Votre article propage une rumeur. C’est même pas une rumeur, c’est un canular ! ! ! !

          • unagi-
            unagi- répond à newsome
            卑語
            • Posté à 22h56 le 24/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語

            Fournisseur Détails
            Siri Seeds (India) Private Limited
            [ India ]
            Type d’Affaires : Fabricant Lien

            Profil de la Société

            La compagnie a été mise sur pied par quatre diplômés agricoles avec une vaste expérience de l’éventail de champs relatifs agricoles en août 2001. Nous avons l’équipe de recherche très forte avec les sélectionneurs expérimentés pour le maïs de récoltes à savoir, le coton, le paddy hybride, le Bajra, le tournesol et les légumes. Nous avons commencé notre activité d’élevage beaucoup avant de mettre sur pied notre compagnie et nous avons développé les hybrides très bons appropriés pour différentes zones agro-climatic de l’Inde. Nous avons développé le laboratoire très bon de recherches et de garantie de qualité avec beaucoup d’équipements.

            Nous avons avec succès lancé nos hybrides multipliés par recherche dans différents états de l’Inde à savoir andhra pradesh, maharashtra, du Karnataka, de l’Utterpradesh, du Chattisgarh, du Jharkhand, du Tamilnadu Ràjasthàn et du Goudjerate.
            Nous avons reçu l’université agricole, Hyderabad et le ministère de l’agriculture d’ANGR, gouvernement. D’andhra pradesh, accréditation pour nos équipements de recherche et développement de compagnie. Nous avons joint M.O.U avec le ministère de l’agriculture, gouvernement. D’andhra pradesh dans le bout quatre ans. D’ailleurs, nous avons participé à la subvention et au supplied&sold nos graines d’hybride par A. picoseconde. C.C de S. (APSeeds) dedans dans l’ensemble d’andhra pradesh.
            Informations de base
            Nom de l’entreprise : Siri Seeds (India) Private Limited
            Type d’Affaires : Fabricant
            Produit/Service
            (Nous Vendons) : Coton hybride, maïs hybride, tournesol hybride, pearlmillet hybride de paddy hybride, légumes
            Adresse : 101, C-63, Madhuranagar
            Nombre d’Employés : 51 - 100 personnes
            Propriété & Capital
            Année d’Établissement : 2001
            Représentant Légal/Propriétaire d’Entreprise : murali krishna
            Commerce & Marché
            Marchés Principaux : Asie du Sud-
            Volume Total Annuel des Ventes : Inférieur à 1 million de dollars
            Information de l’Usine
            Nombre du Personnel de R&D : 11 - 20 personnes

            • Rivendell
              Rivendell répond à unagi-
              Toléré par [censored] Guéant.
              • Posté à 11h12 le 25/01/2012
              • Internaute 102483
                Toléré par [censored] Guéant.

              Juste pour bien montrer que les indiens suicidaires pour cause de culture OGM sont une légende urbaine :

              Lien

              Lien où on découvre que selon les chiffres donés par les anti-OGM, les indiens se suicideraient à cause des OGM... avant même qu’ils ne soient mis sur le marché.

              Mais attention hein, ça doit être écrit par un lobbyiste à la solde de Monsanto. Il vient de chez LO, ça veut bien dire « Lobby OGM » non ?

              • unagi-
                unagi- répond à Rivendell
                卑語
                • Posté à 12h31 le 25/01/2012
                • Internaute 24252
                  卑語

                Un autre de ses billets :
                Désobéissez au gouvernement : devenez « Planteur volontaire d’OGM »
                Vous devez vous sentir moins seul.

                • Rivendell
                  Rivendell répond à unagi-
                  Toléré par [censored] Guéant.
                  • Posté à 13h13 le 25/01/2012
                  • Internaute 102483
                    Toléré par [censored] Guéant.

                  Ah là là ! la preuve est faite ! Kindo est FORCEMENT un sale collabo à la solde du lobby pro-OGM ! Vite une tondeuse, que l’on rase ce sale traître qui veut CONTAMINER nos enfants !

                  Blague à part, devant la démonstration ici présente que les « Indiens qui se suicident à cause des OGM » est une connerie, vous engagez vous à ne plus divulguer ce ragot, voire même à apprendre à vos copains anti-OGM qu’ils racontent une belle connerie quand ils affirment que des milliers de paysans se suicident à cause des OGM ?

              • unagi-
                unagi- répond à Rivendell
                卑語
                • Posté à 12h47 le 25/01/2012
                • Internaute 24252
                  卑語

                Et pour lui le nuage de Tchernobyl n’est jamais passé sur la France. Je commence a bien vous aimer vous êtes le dieudonné de la science, en moins drôle mais ce n’est pas si important.

                « Il n’y a jamais eu volonté de nier le passage du nuage sur le territoire hexagonal, mais on a pu constater des réactions différenciée face à radioactivité. Au final, la réaction des autorités françaises a probablement mieux valu que par exemple la panique orchestrée en Allemagne, où on trouve peut-être les principales victimes réelles du passage du nuage en Europe de l’Ouest : les femmes qui se sont inutilement fait avorter par peur des conséquences de la radioactivité.

                Je renvoie pour finir le lecteur à cette contribution en ligne, qui détaille les communiqués du SCPRI et l’évolution du journal Libération :

                Lien

                et surtout à un ouvrage plus approfondi et plus “ autorisé ” que mon article, et qui décortique précisément la manière dont sont nés les mythes relatifs au passage du nuage sur l’Hexagone et sur ses conséquences sanitaires, en apportant les explications d’ordre scientifique que l’auteur du présent texte est incapable de fournir. Il s’agit du livre de Bernard Lerouge, Tchernobyl, un “nuage ‘ passe... , paru en 2008 chez L’Harmattan.’

                Lien

                ‘ Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. A aucun moment les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique. ’.

                • Rivendell
                  Rivendell répond à unagi-
                  Toléré par [censored] Guéant.
                  • Posté à 13h29 le 25/01/2012
                  • Internaute 102483
                    Toléré par [censored] Guéant.

                  On va citer Monsieur Yann Kindo donc, pour bien montrer que vous êtes un sacré menteur.

                  Avec juste la source, que vous citez sans en donner de lien, pour que le lecteur est du mal à la trouver. Et surtout qui démontre que vous racontez des mensonges.

                  D’ailleurs, je suis sûr qu’on appréciera : vous dites DANS LE MEME COMMENTAIRE : « Et pour l[YANN KINDO] le nuage de Tchernobyl n’est jamais passé sur la France » puis vous citez VOUS MEME son article « Il n’y a jamais eu volonté de nier le passage du nuage sur le territoire hexagonal, “. Vous voyez pas une belle contradiction ? Encore une fois, vous tentez de tout mélanger pour embrouiller le lecteur : Yann Kindo démontre que la rumeur comme quoi ‘on’ aurait dit aux Français que le nuage s’arrêtait aux frontières est fausse : les journaux faisaient leurs gros titres sur ce passage, et M. Pelletrin le disait lui même. Mais puisque Yann Kindo dit aussi que, si le nuage est effectivement passé, cela ne veut pas pour autant dire qu’il a eu un effet sensible sur notre santé, donc, il nie l’existence du nuage à la frontière, forcément.

                  Ce genre d’amalgame a d’ailleurs poussé Pellerin à faire un procès contre Noël Mamère. Noël Mamère a perdu. Trois fois.

                  • unagi-
                    unagi- répond à Rivendell
                    卑語
                    • Posté à 13h40 le 25/01/2012
                    • Internaute 24252
                      卑語

                    C’est vrai que je ne connais pas votre parcours personnel mais commence à avoir des pistes.

                    « Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. A aucun moment les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique. ’.

                    • Rivendell
                      Rivendell répond à unagi-
                      Toléré par [censored] Guéant.
                      • Posté à 13h48 le 25/01/2012
                      • Internaute 102483
                        Toléré par [censored] Guéant.

                      Le passage que vous citez n’a pas été écrit par Yann Kindo lui même. Encore mieux : dans son article, il dénonce le non sens de ce passage.

                      Et cessez vos attaques personnelles.

                      • unagi-
                        unagi- répond à Rivendell
                        卑語
                        • Posté à 13h56 le 25/01/2012
                        • Internaute 24252
                          卑語

                        Reprenant le passage in extenso il le fait sien en son entier.
                        Vous avez un coté balladur tout à fait charmant.

                        • Rivendell
                          Rivendell répond à unagi-
                          Toléré par [censored] Guéant.
                          • Posté à 14h06 le 25/01/2012
                          • Internaute 102483
                            Toléré par [censored] Guéant.

                          Votre mauvaise fois est sans faille.

                          Pour bien le démontrer je vais citer le passage dans son contexte (et non le découper pour faire croire que c’est Kindo qui le dit) :

                          A propos d’un « communiqué sibyllin du ministère de l’Agriculture » qui pouvait laisser entendre que le nuage de Tchernobyl n’était pas passé en France :

                          « Notamment dans son premier paragraphe, qui apparaît contradictoire en lui-même : “ ‘ Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. A aucun moment les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique. ’.”

                          Si des gens nous lisent, ils peuvent eux-même le constater en lisant eux-mêmes l’article en entierici.

                          Bref, je saurai me rapeller de vous la prochaine fois que je vous croserai, M. “Je pense en faisant des copié-collé et j’argumente en manipulant les dires d’autrui, en envoyant vers des pages commerciales, le tout ponctué d’attaques ad hominem”.

                          • unagi-
                            unagi- répond à Rivendell
                            卑語
                            • Posté à 14h12 le 25/01/2012
                            • Internaute 24252
                              卑語

                            Ce qui veut dire que vous avez au moins une mémoire, bravo et à bientôt donc.

                            • Rivendell
                              Rivendell répond à unagi-
                              Toléré par [censored] Guéant.
                              • Posté à 14h15 le 25/01/2012
                              • Internaute 102483
                                Toléré par [censored] Guéant.

                              Et hop, une dernière petite insulte pour la route. Bravo, belle mentalité.

        15 autres commentaires
      • unagi-
        unagi- répond à newsome
        卑語
        • Posté à 22h13 le 24/01/2012
        • Internaute 24252
          卑語

        FMI-FAIM

        Par Serge Halimi

        Le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avaient promis que l’augmentation des flux de marchandises contribuerait à éradiquer la pauvreté et la faim. Cultures vivrières ? Autonomie alimentaire ? On avait trouvé plus intelligent : l’agriculture locale serait abandonnée ou orientée vers l’exportation. Ainsi, on tirerait le meilleur parti non pas de conditions naturelles — plus favorables, par exemple, à la tomate mexicaine, à l’ananas philippin —, mais de coûts d’exploitation plus bas dans ces deux pays qu’en Floride ou en Californie.

        L’agriculteur malien confierait son alimentation aux firmes céréalières de la Beauce ou du Midwest, plus mécanisées, plus productives. Quittant sa terre, il irait grossir la population des villes pour devenir ouvrier dans une entreprise occidentale ayant délocalisé ses activités afin de profiter d’une main-d’œuvre meilleur marché. Les Etats côtiers d’Afrique allégeraient au même moment le poids de leur dette extérieure en vendant leurs droits de pêche aux bateaux-usines des pays plus riches. Il ne resterait plus ensuite aux Guinéens qu’à acheter des conserves de poisson danoises ou portugaises (1). Malgré une pollution supplémentaire générée par les transports, le paradis était assuré. Le profit des intermédiaires (distributeurs, transitaires, assureurs, publicitaires) aussi...

        Soudain la Banque mondiale, prescriptrice de ce modèle de « développement », annonce que trente-trois pays vont connaître des « émeutes de la faim ». Et l’OMC s’alarme d’un retour au protectionnisme en observant que plusieurs pays exportateurs de denrées alimentaires (l’Inde, le Vietnam, l’Egypte, le Kazakhstan...) ont décidé de réduire leurs ventes à l’étranger afin — quelle impudence ! — de garantir l’alimentation de leur population. Le Nord s’offusque vite de l’égoïsme des autres. C’est parce que les Chinois mangent trop de viande que les Egyptiens manquent de blé...

        Les Etats qui ont suivi les « conseils » de la Banque mondiale et du FMI ont sacrifié leur agriculture vivrière. Ils ne peuvent donc plus se réserver l’usage de leurs récoltes. Eh bien, ils paieront, c’est la loi du marché. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a déjà calculé l’envol de leur facture d’importation de céréales : 56 % en un an. Logiquement, le Programme alimentaire mondial (PAM), qui nourrit chaque année soixante-treize millions de personnes dans soixante-dix-huit pays, réclame 500 millions de dollars supplémentaires.

        Ses prétentions ont dû être jugées extravagantes puisqu’il n’en a obtenu que la moitié. Il ne quémandait cependant que le prix de quelques heures de guerre en Irak et le millième de ce que la crise des subprime va coûter au secteur bancaire, généreusement secouru, lui, par les Etats. On peut calculer les choses autrement : le PAM implorait pour le compte de ses millions d’affamés... 13,5 % des sommes gagnées l’année dernière par le seul M. John Paulson, dirigeant d’un fonds spéculatif assez avisé pour prévoir que des centaines de milliers d’Américains seraient réduits à la faillite immobilière. On ignore combien rapportera, et à qui, la famine qui a commencé, mais rien ne se perd jamais dans une économie moderne.

        Car tout se recycle ; une spéculation chasse l’autre. Après avoir alimenté la bulle Internet, la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) a encouragé les Américains à s’endetter. Et gonflé la bulle immobilière. En 2006, le FMI estimait encore : « Tout indique que les mécanismes d’allocation de crédit sur le marché de l’immobilier aux Etats-Unis sont restés relativement efficaces. » Marché-efficace : ne devrait-on pas souder ces deux mots une fois pour toutes ? La bulle immobilière a crevé. Les spéculateurs réhabilitent alors un vieil eldorado : les marchés de céréales. Achetant des contrats de livraison de blé ou de riz pour une date future, ils escomptent les revendre beaucoup plus cher. Ce qui entretient la hausse des prix, la famine...

        Et que fait alors le FMI, doté, selon son directeur général, de « la meilleure équipe d’économistes qui soit au monde » ? Il explique : « Une des manières de résoudre les questions de famine, c’est d’augmenter le commerce international. » Le poète Léo Ferré écrivit un jour : « Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu’à en trouver la formule. »

        Il semblerait qu’on l’ait trouvée.

        Serge Halimi

  • A déménagé le 13 juillet 2012
    • Posté à 12h21 le 24/01/2012
    • Internaute 2907

    Par le nombre de victimes, les USA sont la principale organisation terroriste à l’oeuvre sur l’ensemble de la planète, mais par la magie de la propagande, il y a une sorte de fascination qui fait qu’on à tendance à l’oublier

    Et d’ailleurs, ce serait dangereux de trop le dire puisqu’ils assassinent ou font des arrestations à leur guise sur l’ensemble de la planète

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 12h24 le 24/01/2012
    • Internaute 38946
      retraité

    Toujours Monsanto...

    Comment seront nos petits enfants après cinquante ans d’OGM... ? ? ?

    • Rivendell
      Rivendell répond à Un vieux
      Toléré par [censored] Guéant.
      • Posté à 15h06 le 24/01/2012
      • Internaute 102483
        Toléré par [censored] Guéant.

      La façon dont vous récupérez ce véritable fait pour soutenir les allégations anti-OGM contestée par tous les scientifques sérieux (exemple ici et ou encore ) est juste ignoble. Oui c’est Mosanto qui a fait l’agent orange. Donc tout ce qui sort de Monsanto est forcément diabolique ? dans le même genre, les voitures BMW sont soupçonnées d’être des armes au service du nazisme, puisque BMW a produit de l’armement pour le IIIème Reich en profitant des camps de concentration ? ou encore soutenez vous l’idée que la SNCF a à payer pour son aide à la déportation ?

      D’ailleurs comment se porteront nos petits enfants après 50 ans d’OGM ? Et bien, les américains en bouffent depuis déjà 15 ans, sans que celà n’ai aucune conséquénce, et même Marie Monique Robin le reconnait. avant d’ajouter que ce n’est toujours pas une preuve suffisante ! ça sera quand la preuve suffisante ? dans cinquante ans ? ou encore plus tard, pour prouver qu’il n’y a pas d’impact héréditaire sur 1, 2,3, X générations ? Et qui sait, peut être qu’une fois arrivé au ciel, St Pierre refuse l’accès au paradis à ceux qui ont pas mangé d’OGM hein, peut on se permettre de prendre le risque de ne pas aller au Paradis ? tant qu’on aura pas démontré que les OGM ne nous empêche pas de nous asseoir à la droite de Dieu, on laisse le moratoire en place ?

      En soutenant les marchands de peur que sont les associations anti-OGM, vous soutenez une idéologologie dangereuse, prête à faire mourir des gens pour leur cause.

      • Exnihilo
        Exnihilo répond à Rivendell
        Proscratinateur
        • Posté à 15h54 le 24/01/2012
        • 179249
          Proscratinateur

        Les OGM peut être une solution ? La mainmise de Monsanto sur les OGM ...euh.... on est en droit de douter de la sincérité d’une telle entreprise étant donné son passé « philanthropique » bien connu ! ! ! Je doute que leur réelle et seule ambition soit de sauver le monde de la famine ou du moins la corne de l’Afrique. On ne peut pas autoriser les OGM uniquement parcequ’ils sont sans danger pour la santé humaine...que fait-on des effets de pollution génétique prouvés sur la biodiversité ? ? ?

         
        • Rivendell
          Rivendell répond à Exnihilo
          Toléré par [censored] Guéant.
          • Posté à 17h26 le 24/01/2012
          • Internaute 102483
            Toléré par [censored] Guéant.

          La main mise de Monsanto (et optionnellement de Bayer, BASF, etc... autres multinationales nettement moins citées dans les discours anti-OGM) sur les OGM est viable en France uniquement grâce au fait que les anti-OGM fauchent systématiquement les cultures, sabotent les recherches, calomnient les scientifiques experts en la question et font usage de la menace physique même lorsque les recherches sont faites par d’autres labos ou par des organismes publics. De plus, le passé de Monsanto ne saurait justifier à lui seul le dénigrement de tous les domaines auquel ce groupe touche, comme je pense l’avoir montré en parlant de la SNCF ou de BMW dans mon commentaire précédent.

          Quand à la « pollution génétique » j’aimerai que vous me citiez des sources et que vous me démontriez un réel danger.

          PS : et que fait-on (pour reprendre votre phrase) des gens qu’on a laissé crever de faim, parce qu’on a estimé que c’était moins gave que de leur faire bouffer des OGM dont aucune étude sérieuse n’a su prouver un quelconque effet néfaste sur la santé ? (cette question s’adresse à vous comme aux personnes qui vous « toppent »)

          • Exnihilo
            Exnihilo répond à Rivendell
            Proscratinateur
            • Posté à 17h29 le 24/01/2012
            • 179249
              Proscratinateur

            Il est assez complexe de vous répondre étant donné le nombre de questions que vous soulevez. Mais je crois qu’il faut distinguer deux choses :
            -L’implantation des OGM en Afrique voulu par Monsanto avançant des arguments louables que sont de réduire la famine cache une volonté d’étendre des cultures plus rentables (voués à l’exportation) que l’alimentation des populations locales.
            - La réduction de la famine passerait-elle par la culture d’OGM ? ...eh bien vaste débat qui doit être pris par les gouvernements africains et les ONG locales après avoir été formés…. . La FAO demande souvent de « réduire la fracture technologique » et que les scientifiques africains soient formés à l’utilisation des nouvelles technologies afin de leur donner les moyens de comprendre le sujet « pour faire de telle sorte que, lorsque le moment sera venu, ils puissent travailler sur les questions touchant aux OGM ».
            Les variétés développées grâce à la révolution verte par l’hybridation classique peuvent produire assez pour nourrir le monde aujourd’hui, selon notamment le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), Jacques Diouf.
            La réduction de la faim dans ces pays, passera par une agriculture familiale, vivrière. Une fois que l’apprentissage de la culture agricole sera réalisé auprès des autochtones et une fois que des variétés locales ou hybrides résistantes au déficit hydrique, et autre conditions pédoclimatiques difficiles alors on aura fait un grand pas en avant…..
            Et enfin je ne saurais dire si les anti-ogm ont raison, je sais une chose c’est que le contre pouvoir, l’expression de plusieurs points de vue est bénéfique, leur indignation surement maladroite a permis d’ouvrir un débat…

            • newsome
              newsome répond à Exnihilo
              • Posté à 22h17 le 24/01/2012
              • Internaute 93179

              Le débat que Diouf appelle de ses voeux et le débat que conçoivent les anti-OGM n’ont pas grand chose en commun.

              Pour Diouf, il n’y a pas d’a priori : l’impact des OGM s’évalue au cas par cas (ce qui se pratique actuellement au sein des agences de sécurité nationales ou européennes), rationnellement (s’abstenir de simultanément exiger la preuve _du caractère non invasif, par ex._, et prohiber les conditions d’administration de la preuve _cultures en plein champ) , sans faire appel à de grands principes proclamés péremptoirement (type barrière des espèces).
              Il affirme (c’est tiré de ce communiqué de presse) : « La FAO devrait aider les pays en développement à accroître la recherche-développement portant sur les biotechnologies utiles à la collectivité et respectueuses de l’environnement, y compris -selon les besoins - la mise au point de certains OGM. »

              Le débat que conçoivent les anti-OGM, on pourrait très bien s’en passer !

            • Rivendell
              Rivendell répond à Exnihilo
              Toléré par [censored] Guéant.
              • Posté à 22h28 le 24/01/2012
              • Internaute 102483
                Toléré par [censored] Guéant.

              J’aime bien la façon que vous avez de dire que l’on doit d’une part se débrouiller pour que les Africains aient les connaissances nécessaires pour faire eux-mêmes le choix scientifique adéquat quand à leur agriculture, et d’autre part la façon dont vous donnez d’avance les conclusions que les scientifiques devront avoir.

              Quand à Jacques Diouf, ça fait plus de 15 ans qu’il est à ce poste, et rien n’a évolué en Afrique, alors son avis, il peut se le mettre ou je pense. Mais qu’on se rassure pour lui, la cantine de l’ONU est bonne.

              Et je suis désolé, mais où voyez vous le débat sur les OGM ? les OGM sont entérrés, les tribunaux et autres administrations font preuve d’une complaisance incroyable vis à vis des militants anti-OGM, tout scientifique osant contredire ou ne serait ce que lever un doute sur les dires de la CRIIGEN ou autre asso. anti-OGM est immédiatement accusé d’être à la solde de Monsanto... il n’y a pas de débat sur les OGM, juste un dogme imposés par certains qui pensent que « les OGM se n’est pas naturel, donc C’EST MAL ». Mes OGM n’ont jamais tué personne, mais on leur mmet un moratoire sur la gueule au nom du « principe de précaution ».

              En revanche, le bio peut tuer des dizaines de personne et en handicaper lourdement et à vie des centaines, c’est bon. Et on est prêt à mettre en vente la stevia sans aucune limite, sans aucun contrôle car, puisque c’est un extrait naturel de plante, donc il ne peut pas être néfaste, bien entendu...

        4 autres commentaires
      • Mrsebman
        Mrsebman répond à Rivendell
        Arrête de chiper !
        • Posté à 18h20 le 24/01/2012
        • Internaute 97440
          Arrête de chiper !

        Vous avez vraiment beaucoup de choses à apprendre sur Monsanto.
        Les OGMs ne sont pas forcément un problème en soi, c’est l’utilisation que Monsanto (et d’autres) en font.

        Prenez par exemple le développement de semences résistantes à certains herbicides puissants. Cela permet d’en vaporiser sur l’intégralité du champ, et par conséquent de tuer tout sauf les plants GM. Après un bon lessivage suite à de fortes pluies, où se retrouvent toutes ces merdouilles ? Vous le devinerez. Edit : j’avais oublié la « création » de mauvaises herbes résistantes suite à l’utilisation abusive d’herbicides.
        Le copyright complètement dingue suivant l’utilisation des semences GM est aussi à noter.

        Monsanto a d’ailleurs aussi été condamné dans plusieurs pays, dont la France, pour publicité mensongère sur la biodégradabilité et innocuité de leur Herbicide star, le Roundup.

         
        • Rivendell
          Rivendell répond à Mrsebman
          Toléré par [censored] Guéant.
          • Posté à 22h10 le 24/01/2012
          • Internaute 102483
            Toléré par [censored] Guéant.

          Et vous vous mélangez tout : agent orange, herbicide, OGM, tout ça dans le même sac, estampillé Monsanto = dégueulasse.

          Il existe des OGM qui rendent le plant résistant aux maladies et permettent de consommer moins de pesticides, etc.

          Il existe des OGM qui permettent de soigner de graves carence nutritionnelle (par exemple le riz doré). Pareil, ça n’augmente pas la quantité de pesticide ou de je ne sais quoi, ça à juste tendance à sauver des gens.

          Et il existe des labos publics qui aimeraient bien bosser sur les OGM sans qu’une bande d’allumés viennent s’en prendre à eux.

          Que vous condamniez Monsanto, why not. Mais enterrer les OGM, c’est une bêtise inqualifiable, une voie dangereuse, un pas de plus vers l’obscurantisme.

          • unagi-
            unagi- répond à Rivendell
            卑語
            • Posté à 09h47 le 25/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語

            Ah le scientisme génocidaire.

            En février 2009, un groupe de scientifiques et d’universitaires ont signé une lettre ouverte dénonçant des expériences sur le riz doré effectuées sur des enfants. Cette protestation est motivée par le fait qu’aucune expérimentation n’a été effectuée sur l’animal, alors que de nombreux éléments suggère que les produits testés peuvent être toxiques et provoquer des malformations congénitales. D’après ces scientifique, ces expériences violent le code de Nuremberg et les codes de déontologie médicale23.

            Selon Marc Dufumier24, parlant de la vitamine A du riz doré : « il s’avère que la plante utilise ses propres hydrates de carbone pour la produire. Conséquence, elle a un moindre rendement. Mieux vaut ajouter des tomates ou des carottes dans son assiette pour avoir de la vitamine. »

            Ce rapport a été envoyé à la Food and Drug Administration des États-Unis au nom de l’ISIS

            Essais cliniques sur des enfants d’un riz modifié génétiquement, non homologué et non caractérisé

            Plus de 30 scientifiques et universitaires hauts placés ont signé une lettre ouverte de réprobation contre les chercheurs de l’Université Tufts (Boston) aux États-Unis, qui ont effectué des essais cliniques sur des enfants avec un organisme génétiquement modifié (OGM), le « Golden Rice » (riz doré) [1] (Scientists Protest Unethical Clinical Trials of GM Golden Rice). Les scientifiques affirment que ces essais violent le Code Éthique de Nuremberg, introduit à la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour éviter la redite des expériences faites par des scientifiques nazis sur de nombreux enfants.

            Les essais cliniques du « Golden Rice 2 » (GR2) ressemblent à une collection d’expériences transgéniques de laboratoire, non caractérisées en termes de base moléculaire génétique ou de propriétés biologiques et biochimiques, sans aucun test préalable sur animaux, ni soumis à quelque autre évaluation sécuritaire.

            Sur les trois études citées sur le site Internet des essais cliniques, deux impliquent des enfants. La première, « Retinol Equivalence of Plant Carotenoids in Children » [2], un essai de phase II, comparant la valeur en vitamine A du bêta-carotène dans des gélules d’huile, d’épinards et de Golden Rice, enrôlant 72 enfants de 7 à 9 ans, a démarré en septembre 2004 et s’est terminée en novembre 2005. La deuxième étude portant le même titre, un essai de phase II [3] également, enrôlant 72 enfants de 6 à 8 ans, a commencé fin juillet 2008 et s’est terminée en janvier 2009. Aucun résultat n’est disponible pour ces études (au 17 mars 2009).

            La troisième étude [4], « Bioavailability of Golden Rice Carotenoids in Humans, » dite « en cours, mais ne recrute pas de participants, » est un essai de phase I sur 6 adultes de 40 à 70 ans. Débutant en août 2004, elle devait se terminer en août 2008. Encore une fois, aucun résultat n’est disponible, même si un article dans Science (25 avril 2008) [5] a mentionné « il sera publié bientôt une étude récente, dirigée par Robert Russell de l’Université Tufts de Boston, dans laquelle des volontaires sains ont mangé du riz doré cuit. »

            Toutes ces études ont été faites aux États-Unis, mais il semble que des essais aient aussi été effectués et/ou projetés ailleurs.

            Le site Internet du Golden Rice Project [6] (consulté le 17 mars 2009) déclarait : « Le riz doré a subi de nombreux tests depuis qu’il a été créé. » Neuf points sont cités, mais aucun test sur l’alimentation animale ne figure parmi eux. Les deux derniers points sont les suivants :

            8. Les tests de biodisponibilité (disponibilité biologique) envers le bêta-carotène et de la bioconversion en vitamine A .... avec du Golden Rice étiqueté deutérium en aliment pour adultes aux Etats-Unis et pour un petit groupe d’enfants en Chine, ont été effectués. Les premiers tests sont une grande réussite et les derniers sont en cours d’évaluation.

            9. Des tests alimentaires sur adultes en Chine ont été effectués pour mesurer l’effet des matières grasses du régime sur la biodisponibilité et la bioconversion.

            Un journal indien a signalé [7] qu’un essai clinique a été écourté en Chine en juillet 2008, au moment où le gouvernement a découvert que 24 écoliers de 6 à 8 ans de Henyan, dans la province du Hunan, devaient servir de cobayes dans un essai avec du riz doré. Ce test, sponsorisé par l’Université Tufts, avait obtenu l’approbation de l’US National Institute of Health, mais pas celle du gouvernement chinois, qui a été alerté par Greenpeace. Greenpeace a aussi prévenu du risque des essais le gouvernement du Bangladesh, d’Inde, d’Indonésie, des Philippines et du Viêt-nam. Mais au moins trois laboratoires d’État en Inde mènent des recherches sur le riz doré : l’Institut Indien de Recherche Agricole à New Delhi, l’Université Agricole Tamil Nadu, et la Direction de la Recherche sur le Riz à Hyderabad.

            Bien que le riz doré ait été créé il y a environ dix ans par Ingo Potrykus à l’Institut des Sciences Végétales de l’Institut Fédéral de Technologie Suisse et Peter Beyer à l’Université de Fribourg [8], il est resté depuis en laboratoire. S’adressant à la revue Science en avril 2008 [5], Potrykus reproche amèrement « deux décennies de psychose entretenue par des organisations comme Greenpeace, » qui ont créé un climat réglementaire si lourd que seules les grandes compagnies peuvent se permettre d’obtenir l’homologation de quelques OGM. Le fait que ces produits n’ont jamais été prêts à l’homologation commerciale pourrait être plus proche de la vérité.

            Selon un récent rapport [9], une déclinaison du riz doré a été envoyée en Allemagne en 2001 pour un essai alimentaire sur des souris. Mais quand la teneur en caroténoïdes des grains a été vérifiée, les scientifiques ont eu la « surprise de découvrir qu’ils contenaient moins de un pour cent de la quantité prévue. » Après cuisson, le riz a perdu encore 50 pour cent de ses caroténoïdes, de sorte que l’essai a été abandonné.

            En 2005, Syngenta a créé le GR2 [10] en utilisant la version de maïs [ndt : ? ] de l’enzyme phytoene synthase prélevée sur la jonquille. Le GR2 produit jusqu’à 23 fois la quantité de caroténoïdes du Golden Rice GR1.

            Mais le GR2 n’est pas une variété transgénique unique, établie sur une seule opération de transformation. Au contraire, il est explicitement indiqué [10] que : « Les déclinaisons de riz transgénique signalées sont expérimentales. » Il n’est pas dit si tous les participants, enfants ou adultes, à ces essais ont reçu du GR2 de la même occurrence. Le résultat des essais, toujours inédit, pourrait bien être tout à fait inutile.

            Syngenta fait don de ces déclinaisons de GR2 par l’intermédiaire de l’Humanitarian Project for Golden Rice, pour des recherche et des développements supplémentaires (à des instituts en Chine, en Inde, aux Philippines, en Indonésie, au Bangladesh et au Viêt-nam), « grâce à des licences sous certaines conditions, » incluant d’« être administré par la direction stratégique du Golden Rice Humanitarian Board, » les demandes devant être adressées à Dubock Adrian, un ancien employé de Syngenta.

            Dubock a aidé Potrykus Beyer et élaborer un accord dans lequel Syngenta pourrait développer la commercialisation du Golden Rice, mais les agriculteurs des pays en développement qui gagnent moins de 10.000 dollars US par an pourraient l’obtenir gratuitement [5]. Dubock a quitté Syngenta pour prendre sa retraite en 2007, mais reste membre du Golden Rice Humanitarian Board, présidé par Potykus.

            Le Golden Rice ou comment ne pas faire de la science

            Le riz doré, génétiquement modifiées pour produire de la pro-vitamine A dans l’albumen (partie du grain restant après polissage), a été annoncé en grande pompe en 2000 comme un palliatif de la carence en vitamine A, très répandue dans les pays en développement.

            Ce projet, qui a déjà coûté 100 millions de dollars US, est financé par la Fondation Rockefeller, l’Institut de Technologie Fédéral Suisse, le Programme de Biotechnologie de la Communauté Européenne et le Bureau Fédéral Suisse pour l’Éducation et les Sciences, et son développement pourrait encore coûter bien davantage. Au moins 70 prétentions brevetées sur des gènes, des séquences et des constructions d’ADN, lui sont associées, un problème seulement résolu en partie dans l’« accord révolutionnaire » conclu par Dubock (voir ci-dessus).

            La condamnation a été rapide et unanime, en particulier parce qu’il est absurde de proposer du riz doré comme remède à la carence en vitamine A quand il existe beaucoup d’autres sources infiniment moins chères de vitamine A ou de pro-vitamine A, comme les légumes verts et les riz colorés non polis, en particulier les variétés noires et violettes [11], qui seraient riches en autres vitamines et minéraux essentiels, et donc beaucoup plus nutritifs. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a lancé en 1985 un projet pour faire face à la carence en vitamine A en utilisant une combinaison d’aliments enrichis, de compléments alimentaires et des améliorations générales dans le régime, en encourageant les gens à cultiver et à manger divers légumes à feuilles vertes. L’une des principales découvertes de ce projet est que l’assimilation de la pro-vitamine A dépend de l’état nutritionnel, qui à son tour dépend de la diversité de la nourriture consommée [12].

            La principale cause de la faim et de la malnutrition dans le tiers monde est la monoculture industrielle de la révolution verte, qui, en anéantissant la biodiversité agricole et la fertilité des sols, a entraîné une carence encore plus grande en minéraux et oligo-éléments dans la nourriture. Le Golden Rice, comme les autres cultures génétiquement modifiées, est pire que la monoculture industrielle. Il ne fera qu’exacerber cette tendance ainsi que la destruction des terres agricoles et l’appauvrissement des familles d’agriculteurs, qui ont aussi accompagné la révolution verte [13] (voir Beware the New « Doubly Green Revolution », SiS 37).

            Le GR1 a été créé selon la norme de « première génération » des techniques génétiques, utilisant des constructions génétiques qui provoquent des mutations incontrôlables et divers dommages collatéraux au génome de la plante hôte, avec de nombreux effets inattendus non caractérisés [14]. En outre, les séquences virales et bactériennes, dont les gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques, dans la construction génétique et le vecteur créé pour le transfert des gènes, augmentent le transfert horizontal des gènes et la recombinaison [réarrangement des gènes du fait de certains mécanismes naturels, ndt], c’est-à-dire, la voie royale pour la création de nouveaux agents pathogènes et la propagation de la résistance aux antibiotiques.

            Le GR2 représente une amélioration dans la mesure où les marqueurs de résistance aux antibiotiques ne sont plus utilisés, mais il comporte toujours un méli-mélo de combinaisons de séquences d’agents pathogènes végétaux (utilisé en système de vecteur binaire) Agrobacterium et Erwinia uredovor, et E. coli, habitant l’intestin humain, qui contient aussi des souches pathogènes. Nous avons mis en évidence les dangers spécifiques du vecteur Agrobacterium depuis 2003 [15] (Agrobacterium & Morgellons Disease, A GM Connection ? , SiS 38) (voir ci-dessous).

            La principale raison d’être du Golden Rice fut révélée dans le très long article de fond [16] qui accompagnait la publication scientifique [8]. Il déclarait : « On ne peut qu’espérer que cette application végétale du génie génétique améliore la misère humaine, nonobstant les profits à court terme de cette technologie pour restaurer l’acceptabilité politique. »

            Une vérification détaillée du projet [14] (The ’Golden Rice’, An Exercise in How Not to Do Science, ISIS Report) a découvert les « imperfections fondamentales » du raisonnement scientifique et social en faveur de la science et de la technologie en cause. Elles ont été promues « pour sauver de la banqueroute aussi bien morale que financière l’industrie de la biotechnologie agricole. » La situation n’a guère changé depuis.

            La phase II des essais cliniques des déclinaisons expérimentales non caractérisées et non homologuées du GR2, sur des enfants, dont certains peuvent même souffrir de carence en vitamine A, est moralement inexcusable. L’innocuité du GR2 n’a pas été évaluée, et il existe des raisons de soupçonner qu’il est dangereux.

            L’innocuité des OGM en question

            L’industrie des biotechnologies trouve toujours les aliments et les fourrages génétiquement modifiés « aussi sûrs que leurs homologues naturels, » et les organismes de réglementation des États-Unis et de l’Union Européenne acceptent cette affirmation basée d’une manière écrasante sur des études réalisées et interprétées par l’industrie [17] (GM Food Nightmare Unfolding in the Regulatory Sham, ISIS scientific publication).

            Il existe aujourd’hui une série d’évidences montrant qu’exposer de nombreuses espèces animales à diverses cultures génétiquement modifiées, et à leurs dérivés alimentaires, peut provoquer des maladies et la mort, ce qui soulève l’éventualité précise de la dangerosité par nature de la modification génétique [18] (GM is Dangerous and Futile, SiS 40). Ce fait est confirmé par les résultats obtenus dans les études les plus récentes.

            Le gouvernement autrichien a commissionné des études de longue durée, montrant que les souris nourries de maïs hybrides (NK603xMON810), tolérant au glyphosate et au biopesticide Cry1Ab, produisent des portées moins nombreuses et plus petites avec de nombreux gènes affectés par rapport aux souris témoins [19] (GM Maize Reduces Fertility & Deregulates Genes in Mice, SiS 41). Dans le même temps, l’Institut National de Recherche Italien a publié une étude montrant que le maïs GM MON810 dans l’alimentation les jeunes et vieilles souris produit chez elles des troubles du système immunitaire [20] (GM Maize Disturbs Immune System of Young and Old Mice, SiS 41). En Inde, la première évaluation indépendante d’une étude sur l’alimentation présentée aux autorités de régulation par Monsanto et sa filiale en Inde Mahyco, a montré que l’aubergine Bt avait provoqué de nombreuses altérations chez plusieurs espèces animales, dont de la diarrhée, l’augmentation de la consommation d’eau et la diminution du poids du foie chez le rat [21] (Bt Brinjal Unfit for Human Consumption, SiS 41).

            Plusieurs raisons font que la modification génétique est dangereuse par nature, comme ce fut formulé il y a plus de dix ans [22] (Genetic Engineering : Dream or Nightmare ?), et, malheureusement, ce n’est toujours pas pris en compte par les autorités de régulation, et encore moins étudié par principe. Le danger peut venir de la protéine transgénique elle-même, qui peut être toxique ou immunogène [23] (Transgenic Pea that Made Mice Ill, SiS 29) ; de la toxicité des herbicides, comme le glyphosate, auquel sont rendues tolérantes plus de 70 pour cent des OGM cultivés aujourd’hui mondialement [24] (Death by Multiple Poisoning, Glyphosate and Roundup, SiS 42) ; ou il peut être totalement imprévu : effets mutagènes inattendus dus à l’insertion d’ADN étranger dans le génome, et, pire encore, à l’instabilité des lignées transgéniques, ce qui rend quasiment impossible toute évaluation sécuritaire convenable [25] (Transgenic Lines Unstable hence Illegal and Ineligible for Protection, SiS 38).

            L’un des risques majeurs inhérents aux organismes génétiquement modifiés est de favoriser le transfert horizontal des gènes et la recombinaison [26] (Horizontal Gene Transfer from GMOs Does Happen, SiS 39). C’est bien pire avec les plantes transgéniques du genre Golden Rice (GR1 et GR2), qui ont été créées à l’aide du système de vecteur binaire Agrobacterium, surtout parce que la bactérie Agrobacterium ainsi que le vecteur binaire tendent à persister dans les plantes transgéniques, fournissant ainsi un véhicule tout prêt pour d’autres transferts horizontaux de gènes vers toute espèce interagissant avec le matériel végétal transgénique, notamment les cellules humaines. L’Agrobacterium est connu pour sa capacité à envahir les cellules humaines. Le transfert horizontal d’ADN transgénique dans les cellules humaines a le potentiel d’engendrer des mutations, dont le cancer. En général, le transfert horizontal d’ADN transgénique facilite la création de nouveaux agents pathogènes. L’identification de séquences d’Agrobacterium chez les patients atteints de la Maladie des Morgellons soulève des questions quant à savoir si le recours généralisé aux vecteurs d’Agrobacterium en génie génétique a vraiment abouti à la création d’un nouvel agent pathogène pour l’homme

          • unagi-
            unagi- répond à Rivendell
            卑語
            • Posté à 09h48 le 25/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語

            La dangerosité particulière du Golden Rice

            En outre, le déséquilibre de l’augmentation d’un seul des nutriments de la plante modifiée génétiquement pourrait faire plus de mal que de bien [27] (GM Crops and Microbes for Health or Public Health Hazards ? SiS 32). Comme le fait remarquer David Schubert du Salk Institute for Biological Sciences de La Jolla en Californie [28], les plantes possèdent la capacité de synthétiser entre 90.000 et 200.000 petites molécules accessoires, avec un maximum de 500 chez une seule espèce. Cet immense répertoire est dû en partie à des enzymes à très faible spécificité de substrat, qui sont modifiées par des mutations imprévisibles et les effets pléiotropiques liés à la technologie du génie génétique. Par ailleurs, la surdose d’un élément nutritif unique est connue pour être toxique, la vitamine A est un cas d’espèce. Schubert met en lumière les effets toxiques de l’acide rétinoïque et d’autres métabolites du bêta-carotène, seuls quelques-uns d’entre eux pouvant être identifiés et mesurés dans l’état actuel de la technologie.

            Le Golden Rice est enrichi en bêta-carotène qui, à l’ingestion, est coupée en deux pour générer le rétinal servant au cycle visuel. Le rétinal est aussi réduit en vitamine A, ou oxydé en acide rétinoïque (RA), qui interagit avec des récepteurs nucléaires spécifiques. Pour l’essentiel, toute l’activité biologique des rétinoïdes, en dehors de la vision, implique le RA. Alors que les fortes concentrations de vitamine A sont toxiques, le RA est actif biologiquement à des taux plus faibles de plusieurs ordres de grandeurs que la vitamine A. Schubert déclare par conséquent [28] : « l’excès de RA ou de ses dérivés est extrêmement dangereux, en particulier pour les nourrissons et pendant la grossesse. » Le RA est nécessaire au développement du système nerveux, à la fois pour contrôler directement la différenciation des nerfs et pour générer les gradients de concentration qui réalisent la migration des cellules, la segmentation embryonnaire et le développement. Le RA et ses dérivés synthétiques sont donc tératogènes (susceptible de provoquer des malformations à la naissance). Ils peuvent s’accumuler dans la graisse et le plasma, devenant un facteur de risque pour la grossesse jusqu’à 2 ans après ingestion, et de multiples petites doses de rétinoïdes sont plus toxiques qu’une seule grande dose.

            À cause de la nature des fonctions biologiques contrôlées par de faibles taux de RA, toute perturbation de ses voies de transmission par des récepteurs agonistes ou antagonistes au RA dérivé des plantes auront des conséquences cliniques. « Les modifications génétiques servant à accroître le bêta-carotène de synthèse peuvent-elles créer de tels composés ? » (Cette question reste à ce jour sans réponse.) Six cents composés existent naturellement dans la famille du carotène, et au moins 60 peuvent être précurseurs des rétinoïdes. « Par conséquent, les plantes ont la capaciité de créer beaucoup de composés potentiellement dangereux du genre retinoides lorsqu’il y a augmentation du taux de bêta-carotène intermédiaire de synthèse, comme dans le riz doré. »

            Alors que tous les rétinoïdes et les dérivés sont susceptibles d’être tératogène, bien des dosages et des informations concernant le comportement et l’activité tératogène ne sont disponibles que pour trois d’entre eux : la vitamine A, le RA, et le rétinal. Par conséquent, au moins, « une expérimentation sécuritaire approfondie devrait être nécessaire avant de présenter le riz doré comme une nourriture. »

            Références

            1. Scientists Protest Unethical Clinical Trials of GM Golden Rice, Open Letter, 12 February 2009, for complete list of signatories see Lien)

            2. Project NCT 00082420. Retinol Equivalence of Plant Carotenoids in Children. Lien

            3. Project NCT 00680212. Vitamin A Equivalence of Plant Carotenoids in Children. Lien +rice&rank=3

            4. Project NCT 00680355.(10) Bioavailability of Golden Rice Carotenoids in Humans. Lien +rice&rank=1

            5. Enserink M. Tough lessons from Golden Rice. Science 2008, 320, 468-71.

            6. Research on Biosafety, Lien

            7. « A new genetically modified rice strain is breeding controvery », Noemie Bisserbe 26 August 2008, Businessworld, Lien

            8. Ye X, Al-Babili S, Kloti A., Zhang J, Lucca P, Beyer P. and Potrykus I. Engineering the provitamin A (b-carotene) biosynthetic pathway into (carotenoid-free) rice endosperm. Science 2000, 287, 303-5.

            9. Then C. A critical look at golden Rice after nearly 10 years of development. C Commissioned by Foodwatch in Germany, January 2009.

            10. Paine JA, Shipton CA, Chaggar S, Howells RM, Kennedy MJ, Vernon G, Wright SY, hinchliffe E, Adams JL, Silverstone AL and Drake R. Improving the nutritioinal value of Golden Rice through increased pro-vitamin A content. Nature biotechnology 2005, 21, 482-7.

            11. Frei M and Becker K. Fatty acids and all-trans-b-carotene are correlated in different colored rice landraces. J Sci Food Agri 2005, 85, 2380-4.

            12. Koechlin F. The « golden rice’ – a big illusion ? Third World Resurgence 2000, #114/115, 33-35.

            13. Ho MW. Beware the new “doubly Green Revolution”. Science in Society 37, 26-29, 2008.

            14. Ho MW. The “Golden Rice’ – An Exercise in How Not to Do Science. TWN Biotechnology and Biosafety Series No. 6, Third World Network, Penang, 2002. Lien

            15. Ho MW and Cummins J. Agrobacterium & Morgellons Disease, a GM connection ? Science in Society 38, 33-35, 2008.

            16. Guerinot ML. The Green Revolution strikes gold. Science 2000, 287, 241-3.

            17. Ho MW, Cummins J and Saunders PT. GM food nightmare unfolding in the regulatory sham. Microbial Ecology in Health and Disease 2007, Disease 2007, 19, 66-77. Lien

            18. Ho MW. GM is dangerous and futile, we need organic sustainable food and energy systems now. Science in Society 40, 4-8, 2008.

            19. Ho MW. GM maize reduces fertility & deregulates genes in mice. Science in Society 41, 40-41, 2009.

            20. Ho MW. GM maize disturbs immune system of young and old mice. Science in Society 41, 42, 2009.

            21. Burcher S. Bt brinjal unfit for human consumption. Science in Society 41, 50-51, 2009.

            22. Ho MW. Genetic Engineering Dream of Nightmare ? The Brave New World of Bad Science and Big Business, Third World Network, Gateway Books, MacMillan, Continuum, Penang, Malaysia, Bath, UK, Dublin, Ireland, New York, USA, 1998, 1999, 2007 (reprint with extended Introduction). Lien

            23. Ho MW. Transgenic pea that made mice ill. Science in Society 29, 28-29, 2006.

            24. Ho MW and Cherry B. Death by multiple poisoning, glyphosate and Roundup. Science in Society 42 (to appear).

            25. Ho MW. Transgenic lines unstable hence illegal and ineligible for protection. Science in Society 39, 28-29, 2008.

            26. Ho MW and Cummins J. Horizontal gene transfer from GMOs does happen. Science in Society 39, 22-24, 2008.

            27. Cummins J and Ho MW. GM crops and microbes for health or public health hazards ? Science in Society 32, 30-33.

            28. Schubert DR. The problem with nutritionally enhanced plants. J Medicinal Food 2008, 11, 60

            • Rivendell
              Rivendell répond à unagi-
              Toléré par [censored] Guéant.
              • Posté à 10h44 le 25/01/2012
              • Internaute 102483
                Toléré par [censored] Guéant.

              Allez hop, après une jolie attaque (« scientisme génocidaire » rien que ça !), un joli copié-collé sorti d’on ne sais où... laissez moi deviner ? CRIIGEN ? Greenpeace ? ou un autre (vrai) lobby financé par des industriels en manque de greenwashing ? (Carrefour par exemple ?) Et écrit par on ne sait pas qui (des scientifiques spécialistes de la génétique, de l’épidémiologie et de la toxicité ou d’un spécialiste auto-proclamés des OGM comme on n’en compte plus ?)

            • Rivendell
              Rivendell répond à unagi-
              Toléré par [censored] Guéant.
              • Posté à 11h05 le 25/01/2012
              • Internaute 102483
                Toléré par [censored] Guéant.

              Et encore mieux ! quand on se penche un peu sur cotre copié-collé imbuvable que je vous soupçonne de ne même pas avoir lu, on tombe sur une source étant « Science and Society » (citée, excusez moi du peu, 13 fois sur 28 !). Un magazine qui ne possède péas dans ses domaines de compétence ni la biologie, ni la toxicologie, ni la génétique, ni l’épidémiologie, mais bien l’économie, la philosophie des sciences, l’histographie, la littérature, les arts, d’autres sciences humaines... Bref, pas les sciences que l’on qualifie à raison de « dures ». Au fait ce n’est qu’un ramassis de « penseurs » qui s’imaginerait bien en train de dicter ses lois à la science. Aux écologistes de décider et à la nature et à la science de disposer ? Malheureusement ça ne marche pas comme ça.

              PS : et optionnellement, en cliquant sur vos liens, on tombe sur dedes pages à caractère commercial. vous avez dit lobby ?

              • unagi-
                unagi- répond à Rivendell
                卑語
                • Posté à 11h18 le 25/01/2012
                • Internaute 24252
                  卑語

                Votre aversion pour la pensée ne me surprend pas.

                Le scientisme est une croyance qui consiste à reporter sur la science les principaux attributs de la religion. C’est le biologiste Félix le Dantec qui lança ce mot dans un article paru en 1911 dans la Grande Revue. « Je crois à l’avenir de la Science : je crois que la Science et la Science seule résoudra toutes les questions qui ont un sens ; je crois qu’elle pénétrera jusqu’aux arcanes de notre vie sentimentale et qu’elle m’expliquera même l’origine et la structure du mysticisme héréditaire anti-scientifique qui cohabite chez moi avec le scientisme le plus absolu. Mais je suis convaincu aussi que les hommes se posent bien des questions qui ne signifient rien. Ces questions, la Science montrera leur absurdité en n’y répondant pas, ce qui prouvera qu’elles ne comportent pas de réponse. »

                « Selon le dictionnaire philosophique Lalande, les mots scientisme et scientiste (l’adepte du scientisme) désignent 1-soit l’idée que la science fait connaître les choses comme elles sont, résout tous les problèmes réels et suffit à satisfaire tous les besoins légitimes de l’intelligence humaine, 2- soit, moins radicalement, l’idée que l’esprit et les méthodes scientifiques doivent être étendus à tous les domaines de la vie intellectuelle et morale sans exception. »

                La fin du XIXe siècle et le début du XXe auront été la belle époque du scientisme.
                Voici la conception que s’en faisait en 1911, le philosophe Jules de Gaultier. « Plus ou moins avoué, le scientisme implique les postulats suivants : que le monde est un tout donné, que le jeu phénoménal est compris. dans un circuit fermé, que tout est donc calculable, que l’esprit scientifique ne doit pas désespérer de capter dans ses formules l’énigme apparente de l’univers, qu’il n’y a pas d’inconnaissable. Subsidiairement ces postulats impliquent d’autres croyances : la croyance au mieux, à l’homme plus heureux par la possession plus complète des lois de la nature, la croyance à la substitution possible des méthodes scientifiques aux religions et aux morales, soit la croyance à la solution rationnelle du problème moral. Ainsi la croyance scientiste répète la somme des pétitions qui composent le programme de l’espérance humaine sous ses formes messianiques et morales. Elle restitue, en fin de compte, parmi les perspectives d’un développement inappréciable en durée, le thème du rêve toujours renaissant et qui jamais n’aboutit de la conscience humaine en quête de futurs meilleurs, de ce rêve dont un brusque éveil ne brise jamais l’élan parce qu’il est sans doute l’une des formes que prend, dans le champ de la conscience, l’énergie vitale elle-même. Par là, la croyance scientiste relève, parmi les catégories philosophiques, de celles que j’ai nommées, philosophies de l’Instinct vital : comme les diverses religions, comme les diverses philosophies spiritualistes, elle a pour effet de donner aux hommes des raisons de vivre, de fomenter l’intrigue et les prétextes du jeu phénoménal, de faire croire pour faire agir. Elle ne recherche pas, comme les philosophies de l’Instinct de connaissance, la connaissance pure et simple, mais elle recherche la connaissance en vue d’un but. Il ne s’agit pas pour le scientisme de connaître comment les choses se passent pour le savoir, à la façon dont Socrate avant de mourir apprenait une chanson, mais de connaître pour agir. La connaissance n’est pas ici une catégorie, un mode de la vision, elle est un mode, un ressort de l’action, elle est un moyen pour un but, elle suppose l’existence du but, elle implique finalisme. L’organisation scientifique de la vie, qui est l’un des voeux souvent énoncés du scientisme, suppose en effet que la vie comporte un but, que ce but est donné et qu’il est connaissable ; car on n’organise qu’en vue d’une fin. Le scientisme implique donc finalisme, finalisme au sens le plus métaphysique. Il suppose en fin de compte, dissimulée sous mille réticences, cette hypothèse que la vie a une fin prédéterminée, un sens, une direction connaissable et que l’organisation scientifique de la vie consisterait, après avoir distingué cette direction, à y pousser l’humanité. Or aucune conception n’est plus contraire à l’esprit scientifique que cette croyance en un finalisme métaphysique. C’est purement et simplement un acte de foi et le scientisme relève, sous ce jour, d’une croyance idéologique comme les diverses religions relèvent de la croyance théologique. C’est une croyance parce qu’aucun de ces postulats - le monde tend vers une fin - tout est connaissable - ne peut être démontré. Mais c’est de plus une croyance déraisonnable parce qu’elle prétend se fonder sur la raison, sur les formes de notre faculté de comprendre, et que ces formes nous montrent l’expérience, le devenir de l’existence se développant parmi les perspectives indéfinies du temps, de l’espace et de la cause, insaisissables donc dans leur totalité, échappant nécessairement à l’étreinte du savoir. Les scientistes ne reconnaissent comme fondement du savoir que deux principes, la raison et l’expérience, c’est là leur méthode, - elle est excellente, mais ils font en matière philosophique le pire usage, invertissant l’ordre logique de ces deux principes,, soumet- tant l’expérience à la raison, afin de réaliser avec les formes rigides de la raison telle qu’ils l’imaginent cette systématisation complète de l’existence qui légitimerait dans un avenir plus ou moins lointain la proposition du scientisme : Tout est connaissable. Tout est connaissable et comme corollaire : ``Il n’y a que de l’inconnu et point d’inconnaissable`` »

                Jules de Gaultier, Revue philosophie de la France et de l’étranger

                • Rivendell
                  Rivendell répond à unagi-
                  Toléré par [censored] Guéant.
                  • Posté à 11h38 le 25/01/2012
                  • Internaute 102483
                    Toléré par [censored] Guéant.

                  unagi, l’homme qui pense en faisant des copié-collé.

                  Non je ne suis pas un scientiste, pas plus qu’un lobbyiste pro-OGM.

                  Je suis juste quelqu’un qui refuse les dogmes imposés par, en l’occurence, le lobby anti-OGM (sponsorisé par Carrefour) sans aucun fondement scientifique sérieux, qui travestissent la science pour s’en servir, passent leur temps à calomnier des gens respectables et à abreuver les médias (pour lequel le catastrophisme, nottament anti-OGM, a toujours été une source de revenu conséquente) de fausses études, de faux chiffres, de mensonges, de rumeurs...

                  En récitant bêtement vos fables anti-OGM (Indiens suicidaires, expérimentation nazies, accusation automatique des opposants de lobbying pro-Monsanto et/ou de scientisme), vous ne valez pas mieux que Guéant criant sa victoire face à la délinquance, vous ne valez pas mieux que Pécresse annonçant sa victoire face à la crise, pas mieux que les médias Hongrois masquant des manifestations.... vous ne valez rien parce que vous êtes un menteur, un petit soldat à la solde d’une cause condamnable dont vous récitez les pseudo-arguments avec foi.

                  • unagi-
                    unagi- répond à Rivendell
                    卑語
                    • Posté à 11h40 le 25/01/2012
                    • Internaute 24252
                      卑語

                    Allegre a l’air plus dans vos cordes, vous avez choisi l’élite.

                    • Rivendell
                      Rivendell répond à unagi-
                      Toléré par [censored] Guéant.
                      • Posté à 11h47 le 25/01/2012
                      • Internaute 102483
                        Toléré par [censored] Guéant.

                      Après lobbysite à la solde de Monsanto, scintiste, il manquait à votre liste d’attaque personnelles, gratuites et mensongères le fait de soutenir Allègre. C’est quoi la prochaine ? l’accusation d’être un eugéniste nazi voulant empoisonner les enfants africains pour le bien de la race blanche ? Vous allez me sortir un copié-collé listant les mérites du bio, avec comme source une page vendant des engrais verts ?

                      Vous êtes ridicule.

              • unagi-
                unagi- répond à Rivendell
                卑語
                • Posté à 11h22 le 25/01/2012
                • Internaute 24252
                  卑語

                oh mon dieu ils vendent même des livres mais quelle horreur.

                • Rivendell
                  Rivendell répond à unagi-
                  Toléré par [censored] Guéant.
                  • Posté à 11h43 le 25/01/2012
                  • Internaute 102483
                    Toléré par [censored] Guéant.

                  Je vous rappelle que quand on source un commentaire, un argument, c’est censé être pour appuyer, conforter, prouver ce que l’on dit. Or je ne vois pas en quoi une liste de bouquins à vendre est une preuve. Donc en citant cette page comme une source soit :
                  1/ Vous cherchez juste à faire croire que votre article est fondé sur des preuves solide, en espérant que personne ne cliquera sur vos liens. Ce qui est de mauvaise foi et, en l’occurence, raté.
                  2/ Vous considérez que le catalogue de la fnac vaut une encyclopédie qui peut être citée pour prouver ce que l’on dit, et dans ce cas là je ne peux rien pour vous.

                  • unagi-
                    unagi- répond à Rivendell
                    卑語
                    • Posté à 12h09 le 25/01/2012
                    • Internaute 24252
                      卑語

                    Vous êtes un peu en perdition, en général je veux dire.
                    Sourcer un article est indiquer une provenance, l’origine d’un argument d’une idée. La source permet aussi d’avoir accés à un texte plus développé et plus complet que le fragment qui en est tiré. Sourcer permet aussi de donner à une idée reprise ou a un texte, sa paternité.
                    Il peut arriver, même si pour vous c’est incroyable, qu’une citation puisse être tirée d’un livre lui issu d’une collection universitaire. J’ai parfaitement conscience de l’incongruité que le terme universitaire a pour vous et de l’aberration absolue de l’idée même d’achat d’un livre.
                    Je suis désolé de l’horreur des automatismes déclenchés chez vous par l’image d’une prose plus longue que la notice explicative de votre désherbant.
                    Sachez que je m’en excuse.

                    • Rivendell
                      Rivendell répond à unagi-
                      Toléré par [censored] Guéant.
                      • Posté à 13h08 le 25/01/2012
                      • Internaute 102483
                        Toléré par [censored] Guéant.

                      Mais pour qui vous vous prenez ? C’est quoi ce mépris ?

                      D’une : je ne crois pas vous avoir parlé de mes diplômes, de mon parcours universitaire, je ne vois pas donc sur la base de quoi vous fondez votre opinion tant qu’à ma relation avec le monde universitaire ;

                      De deux : je ne vois pas en quoi ne pas être universitaire (au fait c’est quoi ? on obtient ce statut à partir de quel diplôme ? faut coucher pour l’avoir ?) rendrait quelqu’un plus con qu’un autre. Vous présentez apparemment un mépris (hélas partagé par pas mal de militant anti-OGM) pour les non-diplomés (ouvriers, agriculteurs, etc...) qui apparamment ne peuvent pas faire un choix d’eux même, il faut des gens (qui aient vos opinion bien entendu) qui décident à leur place. Et après on me taxe de scientisme.

                      De trois, vous essayer de faire croire que citer le contenu d’un livre est la même chose qui filer un lien vers une page où on vend ce bouquin (ce que vous faites effectivement). Si vous pensez que ça va tromper quelqu’un, c’est que vous prenez vraiment les gens pour des cons.

                      De quatre, la longueur de votre prose descend très bas, dès le moment où vous ne faites plus de copié-collé, et n’a rien du tout à envier à la mienne, je pense que mes commentaires en sont la preuve suffisante.

                      • unagi-
                        unagi- répond à Rivendell
                        卑語
                        • Posté à 13h23 le 25/01/2012
                        • Internaute 24252
                          卑語

                        Je ne sais pas, je parle d’une collection universitaire je connais pas la diplôme requis pour un livre. Mais avec votre savoir vous allez pouvoirs me renseigner.
                        Mais vous avez à peu prés raison sur un point, je vous prend peut être pour un con.

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