Témoignage 12/01/2012 à 11h33

Déjà des bourgeons dans mon jardin : mais où est passé l'hiver ?

Jean Desmaison | Riverain

J’ai beau être un peu sceptique sur la responsabilité humaine dans le changement climatique, je ne peux que constater que quelque chose ne tourne pas rond dans les saisons. Un de mes voisins vient d’arracher des pommes de terre nouvelles, repousses de la récolte de cet été.


Bourgeons de cognassier (Jean Desmaison)

Depuis mi-décembre, je n’ai qu’à aller dans mon jardin pour constater que l’hiver n’est pas arrivé. Des bourgeons gonflés de cerisier, et même de vigne, des fleurs de cognassier, de rose trémière, de pâquerette, des feuilles de quelques arbustes à fleurs...

En plein janvier, la nature est prête à repartir comme elle devrait l’être en mars.

L’hiver dernier, à cette époque, en Sud-Vendée, on comptabilisait déjà 25 jours de gel avec des pointes à -5,4°C et 14 jours l’hiver précédent avec un -7,1°C.

Cette année, je n’ai connu que trois petits matins en dessous de 0°C, et encore, très légèrement.

On peut égoïstement se réjouir de ce début d’hiver très doux. Moi le premier : nous nous chauffons en grande partie avec du bois, et j’ai déjà économisé trois stères depuis le début de la saison.

Faut-il vraiment se réjouir ?

Ce dimanche, dans l’émission « 3D » de Stéphane Paoli sur France Inter, Alain Baraton, jardinier en chef des jardins du château de Versailles, explique très bien que cette douceur est dangereuse les plantes : les arbres ont besoin d’une période de repos végétatif pour stocker l’énergie nécessaire à la repousse des feuilles. La fatigue, voire l’épuisement de certains arbres les rend vulnérables aux maladies. De plus, grâce à la douceur et l’humidité, de nombreux parasites survivent et seront surabondants au printemps.


Des rosiers (Jean Desmaison)

Ces cycles avancés provoquent une grande souffrance chez les arbres. Bien sûr, ils ne peuvent pas se déplacer, mais ils migrent par leurs graines.

Par exemple, les hêtres ont migré des Pyrénées vers la Loire. Les Anglais investissent dans la vigne. Mais malheureusement, les parasites migrent avec eux comme les chenilles processionnaires qui sont remontées jusqu’en région parisienne.

Cette douceur exceptionnelle est-elle un évènement ponctuel ? Peu probable car 2011 a été l’année la plus chaude depuis que l’on fait des relevés météo et la plupart des dix dernières années sont aussi parmi les plus chaudes.

Si ces événements, comme des hivers doux ou des printemps très secs, se poursuivent dans les années à venir, il faut s’attendre à de grandes modifications de nos paysages.

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  • obvious
    obvious
    bouzeu rêveur
    • Posté à 11h47 le 12/01/2012
    • Internaute 129617
      bouzeu rêveur

    horticulteur en loire atlantique, un seul petit -1°C à la toussaint, depuis pas de gel.

    nos lupins par exemple (floraison juin-juillet-aout) sont à l’extérieur et en fleur.

    ca va se payer au printemps...

  • Couscous_Delight
    • Posté à 12h03 le 12/01/2012
    • Internaute 27699

    Il y a un autre problème si les arbres bourgeonnent en hiver : Si il gèle en février ou mars, ces bourgeons seront foutus. La plante devra puiser dans ses réserves (mal reconstituées à cause d’un hiver trop doux) pour fabriquer de nouvelles feuilles & fruits.

  • Laurent Pellegrin
    Laurent Pellegrin répond à nono le simplet
    géologue flâneur
    • Posté à 14h19 le 12/01/2012
    • Internaute 56444
      géologue flâneur

    Pourtant il y a un élément simple qui suffit à convaincre. On ne connais pas tout le détail, mais on a très bien identifié les variables qui font l’évolution générale du système.
    Lorsque l’on parle de réchauffement global, c’est bien de cela, d’une tendance générale.
    Il se trouve que ces variables déterminantes, qui ont le plus d’impact sur la température moyenne de l’atmosphère (à savoir en très gros, l’activité du soleil, les volcans, la géométrie de l’orbite terrestre et de la rotation sur son axe) sont concordantes vers un refroidissement.
    Or on se réchauffe depuis un bon moment. Ne reste qu’une seule variable qui peut inverser la tendance des autres paramètres : c’est la composition de l’atmosphère, et plus précisément sa teneur en composés carbonés, surtout les méthanes.
    On peut discuter de l’impact de l’homme sur le Co2 (et encore), mais certainement pas sur l’accroissement exponentiel des méthanes.

    Voilà, sinon le réchauffement global n’est pas vraiment sensé avoir d’impact de ce type chez nous à l’heure actuelle. Ce que l’on observe est plus probablement une variation ponctuelle un peu aléatoire sans beaucoup de rapport avec le réchauffement global.
    Le réchauffement s’observe sur une moyenne planétaire à l’année, localement il devrait se traduire par une plus grande hétérogénéité climatique, avec des variation brusques et des différences importantes entre des secteurs géographiques proches.

    Il faudrait comparer l’évolution de cet hiver avec celle des cent années précédentes, au bas mot, pour se faire une idée. Et je ne pense pas qu’il serait si extraordinaire que ça, cet hivers.

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 14h21 le 12/01/2012
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    Salut Nono, merci pour ce témoignage !

    Mais il me souvient avoir entendu Alain Baraton nous annoncer cet automne un hiver glacial, sinon glaciaire.

    -Je n’en apprécie pas moins ce jardinier évoluant dans un cadre privilégié (domaine de Versailles) où il est Conservateur (Jardinier en Chef) .
    - Ses prises de position pour une approche moins « productiviste » que son prédécesseur à France Inter ( Michel Lis) avec un refus des produits de l’industrie, de la taille inutile et partisan du retour à une culture « raisonnée ».

  • licia
    licia
    de-ci de-là
    • Posté à 14h25 le 12/01/2012
    • Internaute 118601
      de-ci de-là

    Les perces neige sont en fleurs, quelques géraniums à l’abri de murets sont en train de re-fleurir, les tulipes pointent leur nez, les mésanges mâles chantent déjà pour draguer les femelles.
    2012 l’année des changements ? On avait prévu qu’il soit juste politique ! !
    Pourvu qu’il gèle bientôt, sinon le printemps sera pour la nature, très compliqué à gérer !

  • A déménagé en novembre 2012
    • Posté à 14h57 le 12/01/2012
    • Internaute 60079

    Ne vous inquiétez pas, c’est déjà arrivé :
    L’Europe a connu son hiver le plus doux depuis le début des relevés météorologiques fiables, soit une centaine d’années, entraînant floraisons précoces et avancée de certaines récoltes, dérangeant les cycles des animaux et faisant planer une menace de sécheresse.En France, l’hiver météorologique (décembre, janvier, février) a été le plus chaud au moins depuis 1950 avec des températures supérieures de 2,1 degrés à la normale saisonnière, selon Météo France.

    L’Italie a connu son hiver le plus doux depuis 1800, selon l’Institut des sciences de l’atmosphère et du climat (Isac) de Bologne, avec 2,27° C de plus que la moyenne 1961-1990.

    En Autriche, Vienne a battu son record de l’hiver le plus doux qui datait de 1915-1916 et en Hongrie, également, des records de douceur sur 100 ans ont été battus.

    A Stockholm le thermomètre affichait 10 degrés mercredi alors que l’an dernier à la même date, il faisait moins dix avec 20 cm de neige au sol.
    (AFP 18 mars 2007)

    Donc, si j’en crois la dépêche, déjà dans les années 1800 - 1915, il y avait des hivers très doux et normalement, il aurait du faire beaucoup plus froid que maintenant.

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