Hadopi de l'agriculture 11/12/2011 à 11h25

Agriculture : pour ou contre la taxe sur les semences ?

Sophie Caillat | Journaliste Rue89

Mis à jour le vendredi 9 décembre 2011 à 17h33
Correction après remarque de la Coordination rurale : ce n'est pas 5 mais 50 centimes qu'est taxé le blé tendre (et non dur).

Le torchon brûle entre les 200 000 agriculteurs français et les producteurs de semences, un marché à 2,4 milliards d’euros. Avec la proposition de loi du député UMP Christian Demuynck, les agriculteurs seront taxés s’ils ressèment leur propre récolte (ce qu’on appelle les « semences de ferme »). Loi « liberticide » pour les uns, « salvatrice » pour les autres.

Le blé tendre est déjà soumis à cette taxe (50 centimes par tonne livrée) ; désormais, ce sera aussi le cas pour 21 espèces. Les agriculteurs produisant moins de 92 tonnes seront exonérés.

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Pour

Respecter la propriété intellectuelle

Cette loi prend des allures d’ « Hadopi de l’agriculture », estiment certains observateurs : il s’agit de faire respecter le copyright sur les graines.

Elle découle d’une convention dite Upov (Union pour la protection des obtentions végétales), révisée en 1991 et ratifiée par 21 Etats membres de l’Union européenne, qui n’avait jamais été transcrite en droit français. Les agriculteurs profitaient d’un vide juridique.

Devant les députés, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a défendu ce « modèle original et singulier de protection de la propriété intellectuelle ». Il fait aussi valoir que cette taxe est censée participer au « financement des efforts de recherche » et à « l’amélioration des ressources génétiques ».

La FNSEA, syndicat majoritaire chez les agriculteurs, s’est rangée du côté des semenciers. Dans un argumentaire vidéo, son secrétaire général explique que grâce à cette loi, « la semence échappe à la privatisation ».

Taxe sur les semences

La réponse de la FNSEA

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Contre

Privatisation du vivant

Selon les chiffres avancés par les agriculteurs, ce seront « 100 millions d’euros qui seront pris dans la poche des paysans pour rémunérer les actionnaires des sociétés détentrices de COV ». Cette ponction dans leurs revenus pourrait se répercuter sur les prix et donc sur le pouvoir d’achat des consommateurs.

Surtout, c’est une atteinte à leur indépendance, comme l’explique la Confédération paysanne :

« D’ici quelques temps, les semenciers auront la mainmise totale sur les semences alors qu’actuellement, ils ne fournissent que 50% des volumes. Nous nous trouverons alors dans une totale dépendance qui peut mettre en péril la capacité même à ensemencer tous nos champs. »

Le syndicat Coordination Rurale (minoritaire) a lui aussi posté un argumentaire vidéo pour faire valoir son opposition à cette loi.

Mobilisation de l’opinion

Bernard Lannes, président de la Coordination rurale

Les opposants à cette loi se demandent aussi comment son application sera vérifiée et craignent, comme Monsanto le fait aux Etats-Unis pour ses OGM (ainsi que l’avait révélé Marie-Monique Robin dans « Le Monde selon Monsanto “) qu’une sorte de ‘police des semences’ traque les contrevenants.

Enfin, ils dénoncent une ‘confusion d’intérêts’ qui a permis à cette loi de s’imposer dans l’agenda politique. La Coordination rurale dénonce :

‘Xavier Beulin n’est pas seulement à la tête du premier syndicat agricole. Il dirige aussi le groupe Sofiprotéol, qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain...).’

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  • PhiLyon
    PhiLyon
    In tartiflette we trust !
    • Posté à 11h36 le 11/12/2011
    • Internaute 2729
      In tartiflette we trust !

    Je ne comprends même pas comment on peut être objectivement et sincèrement pour. Cette loi est une arnaque monumentale. Les semenciers se sont crées une rente de fait, en brevetant des graines stériles et en interdisant que les agriculteurs puissent utiliser leur propre semence. C’est une honte absolue. Etre pour, c’est juste autoriser les semenciers à racketter les agriculteurs.

  • vinz26
    vinz26 répond à PhiLyon
    Artiste du dimanche
    • Posté à 13h06 le 11/12/2011
    • Internaute 115286
      Artiste du dimanche

    Voyez-vous tout est beaucoup plus compliqué. Cela fait des dizaines de milliers d’année que l’agriculture c’est coupé du monde sauvage. Les graines dès lors ne subissent plus le darwinisme, elle n’évolue pas ou peu.

    L’homme depuis la nuit des temps, c’est donc insérer dans le processus pour fortifier les graines en faisant des croisements. Aujourd’hui, la tache est si complexe, pour protéger les plantes des maladies que des labos travaillent dessus, que des experts vont vérifier les champs de ces fameuses première fournées de graines.

    Mon père a été un primo-ensemenceurs, c’est à dire qu’il cultivait des céréales dans le seul est unique but de faire de graines qui seront resemées. Le travail est plus lourd, plus technique, plus complexe. Des ingénieurs visitent les champs plus souvent.

    Et bien, je vous le dit ainsi, cela est normal que ce travail trouve rémunérations.

    On peut se plaindre de cette évolution, mais en réalité, elle est obligatoire car si on replantais chaque année exactement les mêmes graines, elles seraient infestées de maladie et cela causerait des famines.

    Je suis d’accord avec vous cependant sur le point que cela craint de laisser la main mise au géant de l’agronomie.

  • perfideso
    perfideso répond à Jean-Marc-de-passage
    émergente
    • Posté à 15h20 le 11/12/2011
    • Internaute 128985
      émergente

    Pour ceux qui veulent « résister » aux multinationales de la graine, je conseille l’achat de graine chez KOKOPELLI
    Lien
    Le plus drole c’est qu’ils fournissent deja les services des espaces verts des grandes villes..... En plus vous pouvez adopter une plante ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Et je vous conseille ce film exceptionnel :
    film

  • vraisvie-
    vraisvie- répond à licia
    retraité
    • Posté à 20h14 le 11/12/2011
    • Internaute 112414
      retraité

    Ce principe ne s’applique absolument pas aux gens qui s’echangent des graines,il s’applique a ceux qui en font du commerce.Comme il est dit dans l’article il s’agit d’appliquer une loi que tous les pays appliquent.Un brevet industriel comme pour les medicaments dure vingt ans et tombe par la suite dans le domaine courant.Si on vous comprend bien,si un jour vous créez quelque chose,vous ne deposerez pas de brevet et tout le monde pourra utiliser a son compte votre invention !

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