16/06/2010 à 19h37

France 1966 - France 2010 : toute ressemblance...

Hubert Artus | Rue89

1966 : la Coupe du monde a lieu en Angleterre. La France est dans la même poule que l’Uruguay, le Mexique et le pays organisateur. Quelque temps auparavant, en 1958, la génération Kopa avait fait rêver le monde.

2010 : la Coupe du monde a lieu en Afrique du Sud. En poules, la France est avec l’Uruguay, le Mexique, et le pays organisateur. Quelque temps auparavant, la génération Zidane a triomphé. Un air de ressemblance : cela mérite qu’on s’y penche.

En 1950, les Anglais ont participé pour la première fois à la Coupe du monde. En 1966, ils l’organisent. Sur l’île britannique, on se sent enfin reconnu car on se sait l’inventeur de ce sport.

Durant tout cette Coupe du monde, jusqu’au -toujours- controversé « but de la 100e minute » anglais durant les prolongations de la finale contre la RFA, la suspicion demeurera : les arbitres favorisent l’équipe anglaise, la « bande à Charlton “.

Cette Coupe du monde restera comme l’une des plus violentes de l’Histoire avec celle de 1962 au Chili : la mission des adversaires du Brésil est, coûte que coûte, de casser Pelé, ce qui sera fait par les Bulgares. Et à la fin, ce n’est pasle capitaine de l’équipe d’Allemagne. C’est Bobby Moore, le capitaine anglais, qui souleva la Coupe le samedi 30 juillet.

Cette Coupe du monde sera celle du Portugais Eusebio et de l’Allemand Franz Beckenbaueur, qui s’y révèlent. Celle de la Corée du Nord, de la revanche de la Hongrie contre le Brésil, de la fin de la génération Garrincha (probablement le meilleur joueur du monde de tous les temps, avec George Best et Maradona) chez les double-tenants du titre auriverde (seul Pelé restera en 1970). Celle du match houleux entre Angleterre et Argentine –le premier d’une longue série.

1966 : de Kopa à Herbin

Quand les Bleus arrivent en Angleterre, début juillet, les Beatles se sont mis au français depuis un an et l’album ‘ Rubber Soul ’, qui contient le fameux ‘ Michelle ’.

Mais les joueurs de l’équipe de France, eux, resteront le nez dans le gazon anglais. L’équipe, conduite par Henri Guérin, est celle d’une nouvelle génération. Une génération qui suit celle, dorée, de 1958 : Kopa, Piantoni, Jonquet, Wisniewski, Marche.

Une équipe qui éblouit le monde, avant de se faire battre par le Brésil des Garrincha, Didi, Vava, Pelé en demi. Arrivée troisième d’une Coupe du monde suédoise, avec Raymond Kopa élu meilleur joueur et Just Fontaine meilleur buteur (treize buts, toujours inégalé). Kopa, premier grand joueur français à aller jouer à l’étranger : au Real Madrid exactement. Comme Zidane en 2001.

Les Bleus ne s’étaient pas qualifiés pour l’édition chilienne. Ceux de 1966 semblent renaître. Ils se qualifient facilement pour l’épreuve, devançant la Norvège, une Yougoslavie en baisse et le Luxembourg. De belles individualités, unanimement appréciées :

  • Robert Herbin, futur Sphinx des ‘ Qui c’est les plus forts évidemment c’est les Verts ’
  • Didier Couécou
  • Bernard Bosquier
  • Robert Budzynski
  • Jean Djorkaeff (le père de Youri)
  • George Carnus (le gardien)

Mais des individualités incapables de se mettre à l’unisson. Le Mexique et l’Uruguay ne sont ni évidents, ni impossibles.

1966 : le nez dans le gazon

  • D’entrée, les Bleus font un match nul et affligeant contre le Mexique (1-1), équipe la plus faible du groupe, après avoir été menés au score.
  • Absents du jeu, ils sont ensuite battus par l’Uruguay (2-1). Un match où s’affrontent Jean Djorkaeff et Pablo Forlan. Pères de Youri et de Diego, qui s’affronteront en Coupe du Monde 2002.
  • Ensuite, des Bleus au fond de jeu retrouvé s’inclinent honorablement devant l’Angleterre (2-0). Retrouvés, mais bons derniers d’un groupe facile.

Eliminée, la France ne reviendra en Coupe du monde qu’en 1978, pour les débuts d’une nouvelle génération dorée, ‘ la bande à Platini ’. (Voir la vidéo)

2010 : de Zidane à Ribéry

Retour au présent. Quand les Bleus arrivent en Afrique du Sud, ils viennent de perdre piteusement contre l’équipe A’ de Chine et savent que Laurent Blanc les dirigera dès la fin de la compétition.

La sélection est composée de nouveaux joueurs (Planus, Valbuena, etc), d’aguerris (Evra, Toulalan, Sagna), de joueurs déjà présents en 2006 (Ribéry, Govou, Abidal, Diarra, Gallas, Malouda), de stars people (Anelka, Cissé, Gourcuff) et d’un Thierry Henry seul rescapé d’une génération dorée. Celle de 1996, formée par Aimé Jacquet, qui gagnera la Coupe du monde à domicile, puis le championnat d’Europe contre les Italiens. Une génération foot-business, qui se sabordera en 2002 et en 2004. Avant de renaître, formule revival et auto-gestion, en 2006.

2010 : jouer contre les vuvuzelas

Les Bleus de 2008-2010 sont une transition entre la génération Zidane et une génération encore non identifiée, que l’on peut prévoir pour 2018. Ils jouent au sport de pied mais se sont qualifiés pour la compétition grâce à une main.

Pourtant, chacun de ses joueurs est une pièce maîtresse dans son club. Enfants gâtés du bling-bling, les joueurs sont tous de grands joueurs de clubs européens. Mais ils sont incapables de produire du jeu ensemble. A priori, le Mexique, qui vient de battre l’Italie 2-0 en amical, est le gros adversaire des Bleus dans leur groupe. Il faudra donc gagner contre l’Uruguay et l’Afrique du Sud.

Mais le premier match, contre l’Uruguay, se solde par un nullissime 0-0. D’après ce qu’ont montré les Mexicains avant et pendant le tournoi, ils sont supérieurs aux Bleus. Et l’Afrique du Sud, que les Français avaient battu 3-0 en 1998, jouera chez elle, portée par des millions de vuvuzelas. Sans vuvuzela, les Bleus ne se comprennent pas. On n’ose imaginer ce que c’est avec. Et ils joueront avec. Enfin, contre…

2010 : remake de 1966, de 2002 ou de 2006 ?

En somme, on verra demain de quel inconscient collectif vient cette équipe de France 2010. Qui ressemble en tous points à celle de 1966, de 2002, et forcément de 2006.

Soit, amoureuse de son propre déclin comme souvent l’est l’Occident (lire Cioran), elle imitera celles des éditions anglaise et coréenne.

Soit, ‘vainqueur tu l’es à chaque fois’, elle sera dans la lignée de celle de 2006, qui avait mal commencé son tournoi, avant de s’auto-gérer, se séparer du coach, et d’arriver en finale.

En foot comme en Histoire, connaître son passé c’est éviter de le revivre.

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    • Reelax-
      Reelax-
      peintrepompier
      • Posté à 19h50 le 16/06/2010
      • Internaute 116633
        peintrepompier

      « cela mérite qu’on s’y penche »

      Ne vous penchez pas trop, car vous risqueriez de tomber bien bas.

    • Fondriest
      Fondriest
      http://spermufle.wifeo.com/
      • Posté à 20h14 le 16/06/2010
      • Internaute 49865
        http://spermufle.wifeo.com/

      En 1966, notre équipe était très moyenne. Pour preuve : une seule qualification pour une compétition d’envergure au cours de la décennie, et des résultats minables pour les équipes françaises en Coupe d’Europe (une seule demie-finale pour toute la décennie, Lyon en C2 en 1964 je crois). Cette année, notre équipe est plus talentueuse, mais pas tant qu’on le dit. Nos joueurs évoluent dans les plus grands clubs européens, certes, mais tout comme les trois quarts des équipes qualifiées. Quel mérite à l’heure où les quinze meilleurs clubs européens sont composés d’armadas cosmopolites de plus de quarante joueurs ?

      C’est d’ailleurs l’un des aspects du problème que nous rencontrons cette année. Notre économie footballistique est faible, en comparaison avec les mastodontes anglais, espagnols, italiens ou allemands. Nos clubs sont donc contraints de former des joueurs destinés à être transférés entre vingt et vingt-deux ans, en les présentant comme des cadors potentiels pour maximiser le montant du transfert. Ces joueurs prometteurs mais surcotés sont conditionnés pour être individualistes et arrogants. Pour les initiés, je trouve que notre équipe nationale ressemble furieusement au PSG 2000-2001 (à laquelle appartenait déjà Anelka), qui était censée tout casser avec de jeunes joueurs prometteurs, et qui a fini par se disloquer (jusqu’à prendre délibérement une avoine à Sedan pour provoquer le départ de l’entraîneur).

    • Sylvain A lOmbra
      Sylvain A lOmbra
      Animateur radio
      • Posté à 21h15 le 16/06/2010
      • Internaute 113131
        Animateur radio

      Intéressante mise en parallèle. De quoi se souvenir que si les maux n’ont pas toujours été les mêmes, les défaites ont toujours fait partie de l’histoire des bleus. Normal, elles font partie du sport.

      Notez qu’à la différence de cette année, l’Espagne gagnait face aux Suisses en poule (2-1), ce qui ne lui permettait pas de sortir de son groupe, après des défaites face à l’Argentine et la RFA.

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    • Chou marin
      Chou marin
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 21h35 le 16/06/2010
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils
    • Rivendell
      Rivendell
      Suppot de satan
      • Posté à 08h49 le 17/06/2010
      • Internaute 102483
        Suppot de satan

      Personnellement, j’ai surtout l’impression que cette coupe du monde manque de très grands joueurs.

      Oh oui, on a bien le petit argentin ou Drogba, mais bon, ils jouent dans des équipes qui ne peuvent pas les suivre.

      Or, Zidane l’a prouvé en 2006 (et en quelque sorte en étant bléssé en 2002), un seul très grand joueur s’il est accompagné d’une équipe potable, peut bouleverser le tournoi, le rendre vraiment intéressant.

      Là j’ai l’impression qu’on a une coupe du monde dont le résultat est plus ou moins prévisible en étudiant quelques statistiques, où quasiment toutes les équipes ont à peu près le même niveau. Il manque l’imprévisibilité de grands comme Zidane, Maradonna, etc...

      Bref : on se fait clairement chier. J’attendai l’Espagne pour mettre un peu de suspense dans le tournoi, mais après leur match d’hier, je suis vraiment pessimiste quand au reste du tournoi.

      • Noari99
        Noari99 répond à Rivendell
        Objet du scandale
        • Posté à 10h52 le 17/06/2010
        • Internaute 99151
          Objet du scandale

        On se fait chier c’est évident.
        Par contre vous ne pouvez pas dire que notre équipe de 2006 était simplement potable en dehors de Zidane (qui a été exceptionnel).
        Vieira n’a jamais été aussi bon.
        Sagnol adressait des caviars à chaque centre.
        Henry était au top de sa forme, la preuve les italiens l’ont descendu au bout de 5 min de jeu.
        Thuram a peut-etre fait son meilleur tournoi.

        Notre équipe en 2006 était meilleure que celle de 1998.

    • dalilasalah@live.fr
      • Posté à 23h21 le 17/06/2010
      • Internaute 115879

      j’ai suivie les commentaires de Rolland Courbis et Daniel Riolo l’un consultant et l’autre éditorialiste sur RMC/BFM et vraiment je les remercie sincèrement pour toutes ses vérités qui s’ont exprimés se soir sur BFM suite au résultat lamentable des bleus face aux méxicains, dès le départ domenech à mal selectionné, en plus la plus grosse responsabilité dans tout ça c’est monsieur escallette qui avait dit qu’il lui faisait confiance mon oeil, des matchs à se niveau y a pas confiance, ou sont les benzema, nasri et encore d’autre joueur talentueux, depuis longtemps domenech est nul je vais vous dire mon appréhension si les joueurs ne s’entendent pas entre eux c’est la faute à domenech il fait trop de favoritisme donc il crée la jalousie entre les joueurs, mais bon j’espère que l’équipe de l’algérie fera mieux demain face aux anglais et même s’ils perdent ils auront le méritent d’être tombé sur une très forte équipe, au càs ou ils gagneraient se sera une forte consolation, la france à perdu depuis longtemps un joueur qui les a emmené jusqu’à la coupe du monde 1998 qui est ZIDANE, j’espère à l’avenir se sera benzema et nasri

    • Mccoy
      Mccoy
      besoin de rien, appelle moi !
      • Posté à 23h49 le 19/06/2010
      • Internaute 52873
        besoin de rien, appelle moi !

      Ce sont des enfants gâtés et pourris jusqu’à l’os.
      Ils gagnent beaucoup trop pour être un peu motivés par la victoire.

      Et tenir ces propos à un de ces supérieurs, c’est la porte.
      Valable pour moi (et beaucoup de salariés) et aussi pour eux...

      Et le capitaine qui affirme vouloir trouver (et punir) la « taupe ».
      Désolant.