Tribune 07/03/2013 à 11h51

Vous apportez votre tablette perso au bureau ? La fin du salariat

Jean-Pierre Gaudard | Journaliste spécialiste des questions économiques et industrielles

Tribune

Face aux aspirations à l’autonomie des salariés, les employeurs ont, jusqu’à présent, réussi à sauvegarder l’essentiel : la maîtrise de l’organisation du travail.

Making of
Jean-Pierre Gaudard a été rédacteur en chef de L’Usine nouvelle. Il publie le 31 janvier 2013  « La Fin du salariat ». Partage, don, travail en réseau, crise de l’emploi, aspiration à plus d’indépendance : pour lui, le salariat meurt. Résultat : compétition, et précarité pour certains. Quel système de solidarité donnera à chacun les moyens de son autonomie, se demande Jean-Pierre Gaudard ? Ce texte est extrait du livre. Elsa Fayner

Mais les nouvelles technologies de l’information sont en train de miner cet ordre social, en permettant la reprise en main de leur environnement de travail et de leur propre organisation par les salariés. Une sorte de re-privatisation du travail signant le délitement du salariat.

Selon une étude commandée par une société informatique américaine spécialisée dans la « virtualisation » des postes de travail, Citrix, plus de neuf entreprises françaises sur dix de plus de 500 salariés envisagent de mettre en place des environnements de travail flexible d’ici la fin 2013.

Le mot d’ordre du PDG de cette société, Mark Templeton est clair : « N’importe quoi, n’importe où, n’importe quand. » Il s’agit de traiter le salarié comme un consommateur des données et de prendre en compte le fait qu’avec son ordinateur personnel et, de plus en plus, son smartphone ou sa tablette numérique, il va pouvoir accéder aux données de son entreprise en même temps qu’à ses propres fichiers personnels et, bien sûr, au Web.

Apportez vos tablettes au bureau

Pour décrire ce glissement historique, les spécialistes ont forcément recours à un acronyme (anglais bien sûr) : BYOD pour « Bring your own device ». Autrement dit, apportez votre propre terminal pour travailler. Le BYOD peut aussi jouer dans l’autre sens, quand les entreprises fournissent terminaux mobiles et abonnement à certains de leurs employés en leur autorisant un usage personnel.


Une tablette sur les jambes (Chirantan Patnaik)

Jusqu’à récemment, ces pratiques étaient controversées et quelquefois contrecarrées. Du côté des salariés, qui craignent une extension de leurs heures de travail et les fatigues de l’hyper-connectivité. Du côté des responsables informatiques, qui se soucient de la sécurité de leurs données, se méfient des intrusions et des virus.

Mais la vague est trop forte. En France, 19 millions de « mobinautes » se connectent à Internet avec leur téléphone, et cette population prolifère. Les ventes de tablettes explosent : 1,5 million en 2011, 3 millions pour les premiers mois de 2012 au cours desquels ces tablettes ont déjà représenté 10% du trafic Internet.

Or, cette fusion outil professionnel/appareil personnel prolonge le mouvement d’autonomisation des salariés. L’équation personnelle – compétences, réseau de relations et capacité à les utiliser dans le travail – compte toujours plus.

C’est un changement profond des rapports sociaux de production qui est à l’œuvre. La Fondation Internet nouvelle génération (Fing) se livre annuellement à un exercice de prospective sur les enjeux du numérique. En 2012, les experts et chercheurs qu’elle a conviés à cet exercice ont retenu des « scénarios de rupture », parmi lesquels « CDI, c’est fini ».

Chacun responsable de son « employabilité »

Les experts de Fing n’occultent pas les dangers de précarisation et d’exclusion pour ceux qui ne sauront pas s’adapter. Leur diagnostic retient cependant l’attention. Chaque individu devient responsable de son « employabilité » :

« Les réseaux sociaux jouent un rôle central. C’est par eux que l’on se fait connaître et que l’on trouve de quoi s’employer ; que l’on travaille au sein d’équipes projets, que l’on se forme réciproquement, que l’on échange des accréditations qui certifient nos compétences ; que l’on articule ses différentes activités et les cercles de relations qui vont avec... »

Ce qui peut présenter des avantages. Alain Gavand, créateur du cabinet de recrutement et de chasse de têtes qui porte son nom s’interroge notamment sur l’avenir des métiers de prestation intellectuelle :

« Il y a toujours débat, lorsque l’on décroche une mission pour savoir ce qui tient à la réputation et à l’acquis du cabinet et au propre talent et à la qualité des relations du consultant. Avec les réseaux sociaux, c’est en train de changer. Les consultants animent sur Viadeo, LinkedIn, voire Facebook des communautés de candidats. Le réseau personnel et le réseau professionnel se confondent. »

Et, si le consultant s’en va, « il garde le réseau qu’il s’est constitué, en bonne partie dans le cadre de son travail dans le cabinet ».

Pour le meilleur et pour le pire

La crise financière ouverte en 2008 a mis en évidence les déséquilibres de la mondialisation. Mais on ne reviendra pas en arrière et la panne de croissance va plutôt accélérer la cadence du changement.

2010-2020 sera sans doute la période charnière pour le passage d’une société hiérarchique à un système de relations ouvert qui va dynamiter les organisations des entreprises et donner davantage de pouvoirs aux individus, pour le meilleur et pour le pire.

Infos pratiques
« La Fin du salariat »
Jean-Pierre Gaudard

François Bourin éditeur, 2013. 19 euros.

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  • 30 réactions
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  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 12h18 le 07/03/2013
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Ca fait bien longtemps que le manoeuvre amène sa tablette sur le chantier.
    Esclaves au bureau ou à l’usine, nous avons le droit bien souvent à la même considération : chiffrée...

    Sinon le réseau n’est pas relationnel, il est souvent catégoriel, c’est juste le regroupement de personnes susceptibles de subir ou de faire subir les contraintes du travail. La cooptation élitiste, ça évite au patronat d’aller prendre des risques au marché aux esclaves, il gagne du temps, donc encore de l’argent.

  • silsilsil
    silsilsil
    Odieux campagnard
    • Posté à 12h21 le 07/03/2013
    • Internaute 121365
      Odieux campagnard

    Amener son ordi perso au bureau sert surtout a surfer sur internet sans être flique. Visiblement, donner l’accès au réseau de l’entreprise est un moyen de plus pour contrôler les salaries.

    • -Candide-
      -Candide- répond à silsilsil
      Jardinateur
      • Posté à 12h49 le 07/03/2013
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      Vous allez vite en besogne.

      J’imagine que tous les journalistes de rue89 ont un accès leur permettant le cas échéant de corriger un article, de publier une nécro, etc - quand il se passe quelque chose le week-end par exemple.

      Est-ce de la souplesse qui doit être encadrée pour éviter les dérives et s’assurer que les salariés en temps normal arrivent bien à se « déconnecter » du boulot, ou est-ce un subtil moyen mis en place par Pierre Haski pour « contrôler » ses salariés ?

      • silsilsil
        silsilsil répond à -Candide-
        Odieux campagnard
        • Posté à 12h57 le 07/03/2013
        • Internaute 121365
          Odieux campagnard

        Je suppose que les journaliste de Rue89 ont un ordinateur portable professionnel, qu’ils sont libres de laisser dans les locaux de la redaction ou pas.

        Des lors qu’un salarie peut se connecter au réseau de la société via son ordinateur personnel, il n’a plus la liberté de choisir s’il veut travailler le soir ou pas.

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à silsilsil
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 13h25 le 07/03/2013
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « Je suppose que les journaliste de Rue89 ont un ordinateur portable professionnel, qu’ils sont libres de laisser dans les locaux de la redaction ou pas ».

          C’est vrai, mais ils n’ont toujours pas réussi à mettre la main sur ceux qui les ont cambriolés à deux reprises. Sûrement des plombiers envoyés par on ne sait trop qui !

          ( personnellement, j’ai ma petite idée )

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 25.04.2013
    • Posté à 12h43 le 07/03/2013
    • Internaute 150693

    N’importe quoi.

    Le fait de délocaliser le travail grâce aux appareils connectés peut donner l’illusion d’autonomie et de disparition de la suggestion hierarchique, mais dans une société à 10% de chômage, où le « moins disant » social a toujours le dernier mot, le rapport de force entre le salarié et l’employeur ne sera pas modifié d’un iota en faveur du premier, bien au contraire puisque c’est à une extension du domaine du travail que l’on assiste et la disparition des barrières travail-privé.

    Et au passage et pour finir, cette« nomadisation » du travail ne concerne que 40% de la pop active maximum :
    D’après l’INSEE, « sur dix personnes qui travaillent, on compte un non-salarié, cinq ouvriers ou employés et quatre cadres ou professions intermédiaires. “
    Lien

    Autrement dit, votre révolution ne concerne que la partie moyenne-haute des cadres, ce qui est un peu faible pour en inférer la ‘fin du salariat’ et l’aube radieuse riche de temps nouveaux..

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à A déménagé le 25.04.2013
      Fou du volant
      • Posté à 15h53 le 07/03/2013
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      10% de chômeurs qui pointent sur leur tablettes depuis leur lit . C’est ça le progrès.
      -Etes vous toujours a la recherche d’un emploi ?
      -Oui . Ping !
      Zzzzz

  • Renza
    Renza
    Ingénieur
    • Posté à 12h40 le 07/03/2013
    • Internaute 103370
      Ingénieur

    Je ne vois pas en quoi le fait de posséder son terminal de travail et de pouvoir travailler depuis n’importe où change quoi que ce soit au rapport entre l’entreprise et le salarié. L’organisation du temps de travail ainsi que la manière dont le travail est évalué (au résultat plutôt qu’au fait d’être présent au bureau) seront certes modifiées. Mais cela na aucun impact sur le fait que l’employé doive suivre les directives de ses managers et reste dépendant financièrement de son entreprise. Donc l’idée qu’on se dirige vers un « système de relations ouvert qui va dynamiter les organisations des entreprises », j’y crois pas trop.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 13h00 le 07/03/2013
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Au fait, n’y a-t-il pas eu un article de Rue89 concernant un cadre d’une S2I qui avec une « production exceptionnelle » sans être particulièrement présent au bureau sous traitait pour son propre compte une grosse partie de son activité en Chine ? ? ? ? ? ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h19 le 07/03/2013
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Vous apportez vos tablettes perso au bureau ? La fin du salariat »

    Pourquoi ne pas directement « apporter » votre bureau chez vous ?

    • pablico
      pablico répond à Yvon le Zébulon
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 14h17 le 07/03/2013
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      Ce qui est la même chose. Sauf qu’on ne peut pas inviter les collègues à boire un café. Que le chef ne peut pas savoir si vous vous vous êtes rasé, ou si vous vous les grattez en réfléchissant à un ardu problème professionnel.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à pablico
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 16h26 le 07/03/2013
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Je suis partisan de différencier la vie professionnelle de la vie privée.

        Je ne pense pas que quelqu’un qui travaille chez lui (télé-travail par ex) puisse avoir toute latitude pour bien accomplir sa mission....
        ....surtout s’il a des mioches dans les pattes toute la journée.

        De plus, sortir de chez soi pour aller travailler, constitue une vie sociale
        que l’on a pas devant son écran d’ordinateur, lorsque l’on est tout seul.

        Bref : je pense que c’est compliqué de travailler seul à domicile.
        Vous pouvez être dérangé par n’importe qui pendant votre boulot.
        ( à moins de marquer « chien méchant » sur votre porte d’entrée )

         
        • pablico
          pablico répond à Yvon le Zébulon
          Co-NOBEL de la Paix
          • Posté à 19h46 le 07/03/2013
          • Internaute 14278
            Co-NOBEL de la Paix

          Au boulot on ne peut pas afficher :
          « Petit chef méchant » attention il mord connement...
           ; -)

        1 autres commentaires
  • CitizenSim
    CitizenSim
    Au monde
    • Posté à 13h30 le 07/03/2013
    • Internaute 114259
      Au monde

    Le Monsieur va bien vite en besogne. Comme toujours, dès qu’une innovation arrive dans le monde professionnel on s’enflamme et tire des plans sur la comète. Ça va être long avant que ces évolutions technologiques ne modifient substantiellement le rapport salarial. L’informatique, en son temps, à mis longtemps avant de produire ses effets, ce qui faisait énoncer à l’économiste Solow en 1987 le fameux paradoxe qui porte son nom : « on voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité ».
    D’autant que ces innovations « mobiles » ne sont pas l’innovation majeur (au sens de Schumpeter) mais des variations autour de l’innovation majeur qu’est l’Internet. Et celle-ci est déjà dans le monde de l’entreprise depuis longtemps. L’arrivée des tablettes et autre moyens de connexion mobiles vont changer les choses à la marge mais je ne crois pas qu’elle vont « dynamiter les organisations des entreprises » et encore moins « donner le pouvoir au individus »... sur ce dernier plan faut quand même pas rêver. L’internet devait déjà refonder le contrat social, on attend toujours.
    Le sociologue des organisations qu’était Michel Crozier titrait « on ne change pas la société par décret ». Les prédiction de Monsieur Bourin sont des vœux pieux (ou pas) mais l’inertie du changement social n’échappera pas à l’ère de l’internet.

  • Hurz
    Hurz
    -
    • Posté à 13h31 le 07/03/2013
    • Internaute 110884
      -

    Tout s’explique, les salariés d’Aulnay et Gandrange ont vu leur emploi se déliter parce qu’ils n’avaient pas de tablette pour surfer sur les réseaux sociaux !

    • Paco Picopiedra
      Paco Picopiedra répond à Hurz
      Ami de Crackity Jones
      • Posté à 15h37 le 07/03/2013
      • Internaute 197242
        Ami de Crackity Jones

      font chier aussi ils sont pas dans le coup tout ces ouvriers...

  • Manapany
    • Posté à 14h15 le 07/03/2013
    • Internaute 85932
      -

    Je rie, je pleure.

    Si on peut faire un travail a distance, donner leur 6 mois et le patronat délocalisera ce travail dans les pays francophone d’afrique ou le salariat est moins chere.

    Quelque chose me dit que les patrons sont tres content

  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 14h19 le 07/03/2013
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    Cette forme d’esclavage doux qu’est le travail, change de forme et évolue.

    • affreuxjojo
      affreuxjojo répond à pablico
      • Posté à 17h03 le 07/03/2013
      • Internaute 29421

      Doux ? ça se discute...

      • pablico
        pablico répond à affreuxjojo
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 19h39 le 07/03/2013
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix

        Le fouet est virtuel... C’est vrai. Certain se suicident pour y échapper

  • SSII-LOVER
    SSII-LOVER
    Damné de la prestation
    • Posté à 14h28 le 07/03/2013
    • Internaute 198841
      Damné de la prestation

    Cette évolution peut-être anodine pour certains mais elle cache quelque chose de plus grave : la suppression du poste fixe. Certaines entreprises ont déjà essayé de vendre ca à leurs employés. Le principe est simple : on équipe tous les employés d’ordinateurs portables ou de tablettes et on supprime tous les pcs de la boîte, on remplace tous les bureaux personnels par des bureaux où n’importe qui peut brancher son ordinateur sur le réseau. Personne n’a de place fixe donc chaque matin il faut trouver une place non-occupée. Là où ca devient beau, c’est qu’il n’y a pas assez de places pour tout le monde pour faire des économies. Ce système pouvant marcher la plupart du temps du fait des congés, des rtts et du temps partiel de certains employés. En plus le jour où tout le monde est là (réunion importante ou autre), on peut toujours faire culpabiliser les personnes qui n’ont pas de place puisqu’elles sont arrivées après tout le monde. Economies de fonctionnement et culpabilisation de certains employés : le cocktail rêvé de certains employeurs. Bien sûr, ils oublient de compter la désorganisation des relations sociales entraînée par cette méthode. Chaque jour, on se retrouve face à des inconnus, voir des gens qu’on préférerait éviter et ça devient une galère de chercher une personne précise pour lui poser une simple question

    • Albedo
      Albedo répond à SSII-LOVER
      • Posté à 15h38 le 07/03/2013
      • Internaute 7121

      Ce système a connu son heure de gloire aux EU il y a quelques années et est, heureusement, en recul depuis. Il a en effet introduit quelques effets negatifs qui ont vite supplantés les avantages (pour l’employeur).

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h47 le 07/03/2013
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Cet article conforte la notion du virtuelle où la société du « travail » est remplacé par celle du « service », celle d’un Serge Tchuruk avec son entreprise sans usine où l’individu est le pilote de son emploi. Du grand n’importe quoi à l’heure où la recherche de la re-localisation des emplois est d’actualité et où la valorisation du travail manuel devrait être un totem.

  • balala
    • Posté à 15h33 le 07/03/2013
    • Internaute 3552

    Une chose est oubliée dans ce tableau qui ignore les pratiques déjà anciennes pour certaines professions « indépendantisées » par des employeurs ne voulant pas payer de charge sociales ou ne souhaitant pas utiliser quelqu’un à plein temps alors qu’ils avaient des besoins oscillants. Ces nouveaux indépendants, payés en honoraires se sont fait une clientèle de leurs anciens employeurs et gagnaient correctement leur vie, bien que n’ayant aucun des droits dont disposent habituellement les salariés dans l’entreprise (congés payés, chômage, congés maladie ou grossesse, etc)
    Mais peu à peu, des intermédiaires ont réussi à s’introduire dans le circuit, et les normes et appels d’offres complexes se multipliant, ces indépendants se sont trouvés obligés de donner entre 50 et 80% de leurs honoraires aux intermédiaires qui ont eux, obtenu un monopole de recrutement.
    Alors si au départ l’autonomisation peut paraître une bonne chose, il faudrait mettre en oeuvre des systèmes qui empêchent le parasitage.

  • Paco Picopiedra
    Paco Picopiedra
    Ami de Crackity Jones
    • Posté à 15h40 le 07/03/2013
    • Internaute 197242
      Ami de Crackity Jones

    « La crise financière ouverte en 2008 a mis en évidence les déséquilibres de la mondialisation. Mais on ne reviendra pas en arrière » = T.I.N.A.

    Troll suivant svp ! Merci

  • Chapalo soldier
    Chapalo soldier
    Soifard
    • Posté à 15h44 le 07/03/2013
    • Internaute 48067
      Soifard

    « Les experts de Fing n’occultent pas les dangers de précarisation et d’exclusion pour ceux qui ne sauront pas s’adapter. “

    Donc si tu claques pas 20% de ton salaire dans des merdes au silicium t’es has been, inemployable, hors du réseau, asocial presque...

    Super ; si c’est l’évolution es choses, hein...

    ‘le passage d’une société hiérarchique à un système de relations ouvert

    L’anarcho-libéralisme rêvé arrive enfin... Chacun est responsable de tout, même de ce sur quoi il n’a aucune influence. Marche ou crève petit bonhomme.

  • Pierre Hébrard
    Pierre Hébrard
    chercheur
    • Posté à 15h57 le 07/03/2013
    • Internaute 199315
      chercheur

    La tribune de J.P. Gaudard sur ce qu’il appelle « la fin du salariat » me semble fort discutable. Affirmer que l’usage des tablettes va « miner l’ordre social » c’est sous estimer l’emprise du système hiérarchique et des groupes dominants de l’économie. Les technologies peuvent modifier les rapports entre vie privé et travail, mais pas forcément dans le sens d’une autonomisation des salariés (qui le restent). Elles peuvent au contraire renforcer le contrôle des employeurs sur la vie de leurs salariés et les assujettir plus encore en exigeant une disponibilité sans limite de temps. Je ne vois pas beaucoup d’exemples de cas où elles auraient « dynamité les organisations des entreprises et donné davantage de pouvoirs aux individus », bien au contraire !

  • Vladimir I.O.
    Vladimir I.O.
    Karl Marx 's brother
    • Posté à 16h39 le 07/03/2013
    • Internaute 127509
      Karl Marx 's brother

    Je n’ai pas de tablette car je n’en ai pas l’utilité, et si j’en amenais au boulot, bah je fais un accident de la route vu que je bosse sur la route.
    AH bon sang mais c’est bien sûr, j’avais oublié être le seul à ne pas bosser dans un bureau.

  • goufio
    goufio
    consultant
    • Posté à 12h01 le 10/03/2013
    • Internaute 103519
      consultant

    Comment est calculé le rendement du salarié dans l’entreprise et quel contrat de travail ?

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