Pourquoi ça marche 03/03/2013 à 09h15

Elever des poules en ville, c’est écolo et de plus en plus cool

Elsa Ferreira | Journaliste


Une poule dans une cage (Feryswheel/Flickr/CC)

Si le cochon est un animal à la mode, faisant la une de certains hebdos, la poule connaît aussi un succès – plus discret – dans l’intimité des urbains. Fini la vie à la ferme, désormais c’est dans les jardins de banlieue–voire sur les balcons– qu’on la croise. L’exode rural des gallinacées ne fait que commencer.

Depuis quelques années, les ventes augmentent exponentiellement. En 2012, les magasins Truffaut (jardineries et animaleries) ont vendu :

  • 30 000 poules et poussins (+ 57% par rapport à 2011) ;
  • 2 000 poulaillers (+ 82%).

Les poules d’ornement – des jolies poulettes qui ont du style – font partie des « hits » des ventes chez Truffaut.

Une tendance « made in America »

La tendance vient d’Amérique du Nord, où les poulaillers urbains ont fait leur apparition dans la même lancée que les potagers sur le toit des immeubles (on a aussi piqué cette idée depuis).

Outre-Atlantique, le phénomène ne s’est pas implanté sans heurts. Entre l’évocation de la ségrégation aux Etats-Unis – lorsque l’élevage maison relevait de la survie pour les communautés noires – et le végétarisme militant de certains Montréalais – le sort de la poule étant, selon eux, indéniablement de finir « égorgée pour sa viande », or « une poule n’est pas un légume » –, les pros et les antis se sont livrés à un combat à n’en plus finir.

En France, l’idée rencontre une unanimité presque angoissante. Poule = cool. Désossage d’une tendance.

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Un « compost sur pattes »

En plus de picorer du pain dur, la poule mange du gras de viande, de la peau de poisson, des coquilles de crustacés, des épluchures de légumes... Bref, la poule dévore à peu près tout ce que les humains dédaignent. Elle peut avaler 150 kg de déchets par an, a estimé le maire d’une commune de la Sarthe, qui a donc décidé d’offrir des poules à ses riverains.

Tout comme l’a fait la Belgique, puis 198 communes du Doubs, une commune proche de Lyon, des communes du Sud-Gironde (là, en revanche, c’est 1 euro la poule), des communes d’Ile de France...

Ça fait des économies d’incinération – 15 euros par poule et par an –, et surtout, c’est bon pour l’environnement, confirme Elise Rousseau, Pontoisienne propriétaire de poules depuis six ans, et auteure du livre « Tout pour ma poule ».

« C’est un vrai compost sur pattes. Elles recyclent tout en œufs... ou en crottes. »

Bonne nouvelle, même les fientes peuvent être recyclées en engrais. Rien ne se perd, tout se transforme.

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Tendance « néo-ruraux »

Bobo, vous avez-dit ? Pas forcément. Comme le souligne Pierre-Alain Oudart, chef de produits oiseaux chez Truffaut, « 30 000 poules, ça ferait beaucoup de bobos ». Elise Rousseau renchérit :

« Je ne suis pas sûre que les bobos iraient s’emmerder avec des poules. Dire “ j’adore les poules ”, oui. De là à en avoir... »

Pas bobos donc, plutôt des urbains qui « rêvent d’un retour aux sources, à la nature », propose la passionnée de gallinacées.

David en est sûrement. Dans son jardin de 40 m², il a construit des cabanes pour les hérissons, les insectes, et bien sûr un poulailler pour les trois poules de la famille, Aglaé, Sidonie et Neige (« vachement original »). Et manger des œufs fraîchement pondus, il adore.

Les poules ne sont pas seulement un joli retour à la nature, mais aussi un bon outil pédagogique pour les enfants.

  • Leçon numéro 1 : les œufs ne sont pas fabriqués en supermarché
  • Leçon numéro 2 : le miracle de la vie – à condition d’avoir un coq, ou tout du moins un œuf fécondé (en général, les œufs que vous mangez ne seraient pas destinés à devenir des poussins, même si votre pote végétalien essaie de vous convaincre du contraire).

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Pas (trop) chiant et pas cher

Si ce n’était pas assez que la poule soit écolo et pédago, elle est en plus un animal de compagnie assez peu contraignant. Pas de promenade, pas de visite chez le véto, elle ne craint pas le froid, ne caquette pas trop (le coq est déconseillé) et avec un peu de régularité dans les tâches ménagères du poulailler, elle ne sent pas mauvais.

Après l’achat initial – entre 15 et 40 euros –, il ne reste donc plus que quelques graines (quelques dizaines de centimes par jour) et la paille. Pas cher.

Le départ en vacances pourraient être un peu plus casse-tête. Si les poules peuvent se passer de vous jusqu’à quatre jours – en préparant des graines et de l’eau à l’avance –, trouver une famille d’accueil pour les absences prolongées relève du défi. Il faut donc trouver un voisin disponible pour venir s’acquitter de la corvée nourriture à domicile.

Poule au balcon

Loger sa poule sur le balcon, une bonne idée ? « Non », répondent les passionnés. Elle a besoin d’un minimum d’espace et surtout, d’un sol à gratter. Et c’est bien là son vice, explique David :

« Elle détruit toute la végétation. On est obligé de faire avec. »

« Faire avec » donc, ou passer à la solution plus radicale : la poule au pot. Pas toujours évident de se résoudre à manger son animal de compagnie ; Elise Rousseau a abandonné l’idée. David, lui, n’ose pas encore se poser la question :

« Avant, la poule finissait dans l’assiette du voisin. Pour nous, ce n’est pas aussi évident. Peut-être qu’on les vendra à Findus pour qu’ils en fassent des steaks hachés. »

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Une tête bien faite... et bien pleine

Si la poule est chouette, elle est aussi « l’un des animaux les plus rigolos qui soient », assure Elise. La mauvaise réputation du « QI de poule », elle n’y croit pas : elles sont au contraire « très vives, très expressives et très bavardes ».

« Elles font des commentaires sur tout ce qu’il se passe. Quand elles paniquent, elles vont se mettre à crier : des grands caquètements indignés, furieux. Quand elles sont contentes, ce sont des caquètements de plaisir, des gloussements de satisfaction. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • bruno81
    • Posté à 10h19 le 03/03/2013
    • Internaute 195153

    Cool pour les voisins surtout...

    Les poules, ça chie, et la merde de poule, ça pue.
    Donc faites attention au choix de l’emplacement de votre poulailler, pour les voisins, et pour vous aussi, si vous ne voulez pas faire une croix sur les douces soirées d’été en plein air...
    Et par ailleurs, la merde, ça attire les mouches. Donc prévoir aussi, si le poulailler n’est pas assez éloigné de la maison, des moustiquaires pour pouvoir garder les fenêtres ouvertes lors des douces journées d’été.

    Vous pouvez aussi de temps en temps les libérer dans la pelouse, pour qu’elles se dégourdissent les pattes, mais alors, il faut renoncer à y marcher pied nus... à cause de l’engrais naturel.

    Donc, avant de vouloir refaire la campagne à la ville, je vous conseille pour ma part d’aller faire un petit tour dans une vraie ferme de la campagne, du coté de la basse-cour, d’y apprécier odeurs et propreté du sol et d’imaginer importer cela dans votre jardin, sous le nez de vos voisins.

    Cordialement.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 11h22 le 03/03/2013
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    c’est dimanche ... une petite vidéo ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 11h38 le 03/03/2013
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « désormais c’est dans les jardins de banlieue–voire sur les balcons– qu’on la croise. L’exode rural des gallinacées ne fait que commencer ».

    Je n’aimerais pas que les voisins élèvent des poules sur leur balcon.
    Juxtaposé au mien, je subirais les nuisance sans en voir le réel intérêt.

    Les excès de certains ne doivent pas être mis sur le compte de l’écologie.
    L’écologie, ce n’est pas d’avoir le poulailler au balcon ou des vers dans la baignoire
    ...parce que là, nous sommes plus proche de la malpropreté que d’autre chose !

  • A déménagé le 25.04.2013
    • Posté à 12h12 le 03/03/2013
    • Internaute 150693

    Ce n’est pas « écolo » (il faut également du grain, et en ville, ça veut dire petits conditionnements, couts de transport et non traçabilité du produit), ce n’est même pas forcément rentable, par contre c’est le seul moyen de manger des oeufs dignes de ce nom au quotidien, et une bonne volaille de temps en temps.

    C’est tout, mais ça suffit.

  • Buabilion
    • Posté à 13h11 le 03/03/2013
    • 183666

    Je confirme, les poules c’est pas si con. Dans une capitale où je vivais, on m’en avait apportée une dans un sac plastique pour que je la passe à la casserole. Quand je l’ai sortie, patte cassée, blanc sale, la pauvre bête était terrorisée (et moi pareil). Je l’ai gardée sur le toit d’un petit immeuble où j’habitais.
    Comme si elle savait que c’était moi qui l’avais sauvée, elle venait me faire la « fête » quand elle me voyait, le matin ou quand je rentrais. Dès que je me déplaçais, elle me suivait. Un chien n’aurait pas fait mieux.
    Et elle prenait ses aises aussi, quand je mangeais dehors, elle me donnait des coups de bec pour que je lui donne un peu de mon assiette ou elle sautait carrément sur la table pour tenter de manger dedans.
    Le temps que je l’ai eue, j’étais incapable de manger du poulet, et elle ne pondait pas d’oeufs.
    Elle se la jouait poule de luxe, et refusait de manger les déchets ou les graines pas cuites.
    Il y avait les fientes aussi, mais elles se nettoyaient vite grâce aux averses.
    Je n’avais pas trop le temps d’essayer de la dresser, mais je pense que j’aurais pu. Elle a vite compris, par exemple, qu’il lui était interdit de rentrer dans l’appartement.
    Lorsque l’occasion s’est présentée, je l’ai emmenée à la campagne, pour qu’elle vive un vraie vie de poule. Résultat : au bout de 2 jours, elle a finit dans le ventre des villageois. Faut dire qu’elle était devenue bien belle. Ils se sont régalés.
    Je me console en me disant que cette pauvre poulette aura eu au moins quelques semaines de vraie vie après la batterie en faisant quelques heureux.

  • Sethtes
    Sethtes répond à bruno81
    Mega Culpa
    • Posté à 14h14 le 03/03/2013
    • Internaute 86642
      Mega Culpa

    Du grand n’importe quoi.

    Avec un nombre de poules limité, un espace bien organisé et un bon entretien, on est trèèèèèsss loin de l’enfer que vous décrivez.

    Les chiens et les chats, ça chie aussi, et un peu où ça veut. Et leur merde, ça pue. Les mouches, un problème ? Si, effectivement, vous mettez le poulailler sous la fenêtre, sans entretien, il y en aura. Mais je vous invite à carrément ne jamais vivre à la campagne...
    Marcher sur des crottes de poule car pieds nus dans l’herbe ? Je sais pas mais les gens savent se laver les pieds et on ne devient pas malade car on a marché dans la merde. Ca se saurait.
    Quant au parallèle avec une ferme... là, il ne s’agit pas d’importer 20 poules sur 20m² sous une fenêtre sans entretien mais de limiter en fonction du lieu.

    L’idée est juste excellente, pour l’avoir vécu et vu plusieurs fois, cela peut très bien se passer et ne rien avoir à faire avec cet enfer que vous tendez à décrire.

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