Le nouveau combat de l’inventeur du Web : ouvrir la recherche universitaire
Tim Berners-Lee est l’homme qui, en 1989, a permis l’accès du plus grand nombre à Internet, grâce au « world wide web ». Près d’un quart de siècle plus tard, il continue sa croisade pour l’accès à l’information, avec dans sa mire la protection des travaux de recherche par des éditeurs ou des universités.
Mardi, lors d’une conférence organisée par le CSIRO, équivalent australien du CNRS, Tim Berners-Lee a estimé que la bataille était en passe d’être gagnée :
« Je pense que les militants de l’accès libre l’emporteront [...]. De nombreux éditeurs en ont pris conscience. La mort tragique d’Aaron Swartz [jeune gourou d’Internet, ndlr] a... amené toute cette bataille à l’attention de beaucoup de gens. »
Aaron Swartz était en pointe dans cette bataille. En 2006, il avait même acheté le répertoire bibliographique complet de la Bibliothèque du Congrès américain, qui était proposé en accès payant, pour le mettre à la disposition du public, mais gratuitement sur Open Library.
« Ce n’est que justice »
Pour Swartz comme pour Tim Berners-Lee, la libération des travaux de recherches universitaires profiterait aux citoyens du monde entier, en accélérant la diffusion de la connaissance.
« Ce n’est que justice, pour les peuples d’Afrique, pour les gens qui ne sont pas dans de grandes universités... Il y a des gens qui n’ont tout simplement pas accès à des travaux de recherche. »
Mais trop souvent, les universités ou les éditeurs rechignent à les ouvrir au grand public : ils préfèrent monnayer l’accès à des données. Pour Tim Berners-Lee, c’est de l’abus :
« La plupart de ces données ont déjà été financées par de l’argent public, et elles devraient donc être disponibles. »
(Via ZDnet.)
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Il ne se sent pas compte (enfin si je pense...) de ce à quoi il s’attaque. Les universités, surtout les anglo-saxonnes, sont des machines à faire du fric sur le dos des étudiants (1000 milliards $ de dette étudiante aux USA). Elles attirent les étudiants en s’attachant des chercheurs de valeur, qui deviennent en quelque sorte des champions de l’université qui les paye. Mais fondamentalement, pour beaucoup de domaines, la recherche n’est plus liée à des lieux précis. Internet a complètement changé la donne. La communication est maintenant instantanée, et on n’a plus besoin d’être en des lieux précis (les universités prestigieuses) pour communiquer de manière efficace avec des chercheurs de valeur, on peut le faire de n’importe quel point de la planète. Si en plus les données sont accessibles par tout le monde et gratuitement, d’une certaine façon les universités sont beaucoup moins indispensables, et ça ne peut que gravement impacter les machines à fric.




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