à lire sur theconversation.edu.au 01/02/2013 à 16h06

Le nouveau combat de l’inventeur du Web : ouvrir la recherche universitaire

Tim Berners-Lee est l’homme qui, en 1989, a permis l’accès du plus grand nombre à Internet, grâce au « world wide web ». Près d’un quart de siècle plus tard, il continue sa croisade pour l’accès à l’information, avec dans sa mire la protection des travaux de recherche par des éditeurs ou des universités.

Mardi, lors d’une conférence organisée par le CSIRO, équivalent australien du CNRS, Tim Berners-Lee a estimé que la bataille était en passe d’être gagnée :

« Je pense que les militants de l’accès libre l’emporteront [...]. De nombreux éditeurs en ont pris conscience. La mort tragique d’Aaron Swartz [jeune gourou d’Internet, ndlr] a... amené toute cette bataille à l’attention de beaucoup de gens. »

Aaron Swartz était en pointe dans cette bataille. En 2006, il avait même acheté le répertoire bibliographique complet de la Bibliothèque du Congrès américain, qui était proposé en accès payant, pour le mettre à la disposition du public, mais gratuitement sur Open Library.

« Ce n’est que justice »

Pour Swartz comme pour Tim Berners-Lee, la libération des travaux de recherches universitaires profiterait aux citoyens du monde entier, en accélérant la diffusion de la connaissance.

« Ce n’est que justice, pour les peuples d’Afrique, pour les gens qui ne sont pas dans de grandes universités... Il y a des gens qui n’ont tout simplement pas accès à des travaux de recherche. »

Mais trop souvent, les universités ou les éditeurs rechignent à les ouvrir au grand public : ils préfèrent monnayer l’accès à des données. Pour Tim Berners-Lee, c’est de l’abus :

« La plupart de ces données ont déjà été financées par de l’argent public, et elles devraient donc être disponibles. »

(Via ZDnet.)

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  • helios33
    • Posté à 16h25 le 01/02/2013
    • Internaute 33580

    Il ne se sent pas compte (enfin si je pense...) de ce à quoi il s’attaque. Les universités, surtout les anglo-saxonnes, sont des machines à faire du fric sur le dos des étudiants (1000 milliards $ de dette étudiante aux USA). Elles attirent les étudiants en s’attachant des chercheurs de valeur, qui deviennent en quelque sorte des champions de l’université qui les paye. Mais fondamentalement, pour beaucoup de domaines, la recherche n’est plus liée à des lieux précis. Internet a complètement changé la donne. La communication est maintenant instantanée, et on n’a plus besoin d’être en des lieux précis (les universités prestigieuses) pour communiquer de manière efficace avec des chercheurs de valeur, on peut le faire de n’importe quel point de la planète. Si en plus les données sont accessibles par tout le monde et gratuitement, d’une certaine façon les universités sont beaucoup moins indispensables, et ça ne peut que gravement impacter les machines à fric.

    • damienl
      damienl répond à helios33
      Chercheur
      • Posté à 18h25 le 01/02/2013
      • Expert 101560
        Chercheur

      Il n’y a pas que chez les anglo-saxons que l’université et la recherche abandonnent petit à petit l’éthos qui était (et devrait) être la leur. De plus en plus, une attitude mercenaire s’installe dans les universités et les centres de recherche. On ne veut plus maximiser les bienfaits pour l’humanité toute entière en partageant librement les connaissances, mais à verrouiller le plus possible les recherches afin d’obtenir un brevet et de lancer une « spin-off » lucrative pour l’université et le chercheur. Au détriment de tous ceux qui devront payer un prix plus élevé pour des découvertes réalisées à l’aide d’argent public. Et qui pourraient être mises dans le domaine public, où elles bénéficieraient à tous et non à l’entreprise privée qui a la chance d’obtenir des droits exclusifs et de retirer une rente de monopole.

      Si les découvertes issues de la recherche publique étaient mises dans le domaine public, le secteur privé pourrait ensuite innover en utilisant librement ces découvertes, avec une saine concurrence entre produits qui devraient chercher à se différencier entre eux, avec des marges raisonnables du fait de la concurrence sur le marché. Une exception pourrait être faite pour les médicaments où les investissements à réaliser restent considérables, mais, dans la plupart des autres domaines, cela serait faisable.

      Dans mon domaine, je sais pertinemment que les données que nous avons récoltées dans mon labo avec de l’argent public pourraient donner lieu à des applications très intéressantes si elles étaient disponibles au plus grand nombre. Seulement, ce n’est pas très rentable de tout mettre à disposition, et il n’y aura donc qu’une seule entreprise qui aura une licence, pour faire un produit unique qui ne sera pas forcément le meilleur.

  • Darknono
    Darknono
    « par exemple : (médecin) » (...)
    • Posté à 11h13 le 02/02/2013
    • Internaute 127126
      « par exemple : (médecin) » (...)

    Tout est dit dans la dernière phrase :
    financement public et main mise du privé.

    Le cas n’est pas isolé :
    les labos fonctionnent de la même façon : la recherche est faîte en université et ils rachètent la molécule.
    Internet était financé par l’armée donc l’Etat.
    Tout comme la culture ou le cinéma en France et pour dire merci Gégé se tire avec la caisse !

    Il paraît que les Français sont parmi ceux qui ont les meilleures connaissances économiques d’Europe.

    Eh Bin, c’est pas gagné !

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