Tribune 01/02/2013 à 15h28

Accord sur l’emploi : la condamnation de France Télécom ne serait plus possible

Eric Beynel | syndicaliste, porte parole de l'Union syndicale Solidaires

Tribune

L’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 pour la compétitivité des entreprises et la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés comporte 24 pages contenant 28 articles et quatre annexes. Les syndicats et le patronat avaient à peine quitté les salons du Medef que le gouvernement se félicitait de cet accord et demandait aux parlementaires de le transcrire dans la loi tel quel.

Positon surprenante tant ce texte marque un recul général des droits des salariés et est au seul profit du patronat. Mais le gouvernement l’avait-il lu en détail – annexes comprises – avant de se prononcer ?

L’accord mérite d’être examiné de manière approfondie et suscite de multiples inquiétudes et interrogations, entre autres, du point de vue de la santé des salariés et des conditions de travail.

Nous allons essayer de les éclairer sur deux points en nous appuyant sur l’expérience de ce qui s’est passé à France Télécom/Orange ces dernières années.

France Télécom au tribunal : plus possible

Si les dirigeants de France Télécom/Orange ont pu être poursuivis en justice après des suicides, c’est sur la base d’expertises réalisées dans l’entreprise à la demande des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Ce sont aussi ces rapports qui ont permis de faire reconnaître des suicides comme accidents du travail.

Avec l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013, cela n’aurait pas été possible. Le texte aurait interdit les nombreuses expertises qui se sont déroulées dans les différents CHSCT de France Télécom et qui ont permis de mettre en lumière les causes de la souffrance au travail des salariés de cette entreprise.

Des expertises bâclées à prévoir

Pourquoi ? Pour l’instant, les entreprises de plus de 50 personnes possèdent un CHSCT, composé d’élus du personnel, qui peut demander une expertise quand un risque grave est constaté das l’établissement ou en cas de projet important modifiant les conditions d’hygiène et de sécurité ou les conditions de travail.

Or :

  • l’accord prévoit que lorsqu’une entreprise compte plusieurs établissements et CHSCT, chacun d’entre eux ne pourra plus, comme aujourd’hui, décider d’une expertise sur un projet de l’employeur, mais devra participer à la création d’une instance de coordination ad hoc qui fera appel à une expertise unique ;
  • celle-ci devra être réalisée dans un délai 21 jours au lieu de 45.

Une instance ad hoc, sans capacité juridique avec une expertise bâclée en 21 jours sur l’ensemble des sites d’une entreprise, ne pourra jamais être en capacité d’agir. Par cet alinéa, les signataires suppriment purement et simplement un outil important des CHSCT et brisent toute une jurisprudence en faveur de la santé des salariés.

La condamnation de France Télécom ne serait plus possible aujourd’hui.

Les mobilités forcées des salariés validées

Parmi les causes principales de la souffrance des salariés de France Télécom/Orange, s’il en est une qui a été largement mise en lumière par l’action syndicale des CHSCT, c’est bien la mobilité forcée des salariés.

Or, l’accord du 11 janvier 2013 dans ses articles 7 et 15 la prévoit à la fois en mobilité interne et en « mobilité volontaire sécurisée ».

Le droit à une « période de mobilité volontaire » dans une autre entreprise prévu par l’article 7 sera accordé dans les entreprises de plus de 300 salariés et pour ceux ayant deux ans d’ancienneté. Il faut l’accord de l’employeur et un avenant au contrat de travail.

L’exemple des ruptures conventionnelles, qui sont souvent des licenciements déguisés, montre à quel point le patronat sait détourner des mesures de leur objectif, en poussant les salariés dans un dispositif prétendant le volontariat du salarié. Gageons qu’avec ce dispositif, il en sera de même.

Obligé d’accepter de travailler à 300 km

Dans l’article 15, la « mobilité interne » forcée n’est pas introduite comme moyen possible en cas de difficulté ou de baisse d’activité de l’entreprise. Elle est présentée simplement comme la mise en œuvre d’une « organisation courante » dans l’entreprise. Cela recouvre une importante augmentation du pouvoir patronal dans l’entreprise, et balaie d’une phrase des années de jurisprudence sociale.

Actuellement, le lieu du travail et le poste du travail étaient considérés comme parties intégrantes du contrat du travail. Dorénavant la mobilité interne peut être organisée sans bornes si un accord d’entreprise la stipule.

Aucune limite dans les modalités de la mobilité forcée (périmètre géographique, temps du transport, pays) n’est imposée par le texte. Pire, le salarié qui refuse la mobilité prévue dans l’accord sera sanctionné par un licenciement pour motif personnel. L’employeur sera dispensé des obligations légales des procédures de licenciements économiques. L’employeur aura donc les mains libres pour organiser la vie des salariés.

La validation de cet accord met donc en péril à la fois la santé des salariés et la capacité d’agir des instances en charge de s’assurer de sa préservation.

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  • Do it yourself
    Do it yourself
    Pote d'Ernest-Lucien
    • Posté à 16h13 le 01/02/2013
    • Internaute 195948
      Pote d'Ernest-Lucien

    Une grosse entreprise a toujours sous la main, une entreprise rachetée récemment, qui sera fermée très rapidement, juste le temps de chouraver brevets et carnets d’adresses et de commandes... La « ballade » vers cette entreprise, pour le salarié récalcitrant à lâcher l’affaire, ne pourra, en effet, plus être sanctionnée.
    Bien joué !

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 17h23 le 01/02/2013
    • 173412
      expatrie

    Tant qu’on ne regle pas non plus les modalites de salaires/ indemnites/bonus des cadres dirigeants la souffrance au travail et les abus de toute sorte ne feront que se multiplier.

  • patber68
    patber68
    Hasta la victoria siempre
    • Posté à 19h36 le 01/02/2013
    • Internaute 188589
      Hasta la victoria siempre

    Tout cela est bien dit et bien vu.
    Toutefois, tant que des syndicats comme la CFDT, la CFTC, FO, la CGC et même, par moment, la CGT seront prêt a entériner les diverses régressions sociales proposées par le patronat avec l’aval des « inconscients » qui votent pour eux aux diverses élections professionnelles en leur donnant ainsi le pouvoir de nuire il n’y aura pas grand chose à faire.
    Aussi longtemps que la seule force politique de gauche crédible aux yeux de nos concitoyens sera le PS dont la politique est tellement au centre si ce n’est à droite que la différence d’avec l’UMP est à peine perceptible pour le commun des mortels rien ne pourra changer et le libéralisme continuera a s’épanouir jusqu’à la chute finale (il ne peut y avoir d’expansion infinie dans un monde fini).
    De plus, que peut-on attendre d’une nation où la grande majorité des gens trouvent normal de voir l’armée patrouiller, arme au point, dans les lieux publics sous le prétexte de sécurité.
    Moi, personnellement, je fais parti de cette génération pour qui les patrouilles de l’armée étaient les apanages des dictatures comme celles de Franco et de Pinochet. De ce fait, je suis de ceux qui se sentent en sécurité loin des uniformes qu’ils soient policiers ou militaires.

    • Do it yourself
      Do it yourself répond à patber68
      Pote d'Ernest-Lucien
      • Posté à 20h01 le 01/02/2013
      • Internaute 195948
        Pote d'Ernest-Lucien

      Il n’y a plus personne dans les syndicats, comment voulez vous qu’ils aient une légitimité si ce n’est en signant des accords.
      On a dressé les gens les uns contre les autres, on a peur de tout, alors, comme avant on nous inventé un copain imaginaire, maintenant c’est big brother, avec ses potes en treillis/rangers/Famas, ces caméras, ces tv qui débitent une novlangue.
      Ils ont fait un article sur une « rosière » qui loue une chambre de bonne à 80€, je ne déconne pas j’en ai chialé. C’est clair qu’on a plus les yeux en face des trous.

    • MIKY STOUFFS
      MIKY STOUFFS répond à patber68
      médecin U.E.
      • Posté à 23h04 le 02/02/2013
      • Internaute 170502
        médecin U.E.

      Vous n’avez pas connu la guerre d’Algérie ?

  • simla
    simla
    desperate housewife
    • Posté à 08h07 le 02/02/2013
    • Internaute 164811
      desperate housewife

    de mieux en mieux !

    C’était bien la peine d’élire un gouvernement de gauche ! La droite en a rêvé, la gauche l’a fait...bravo !

    • Le funambule
      Le funambule répond à simla
      A l'ouest
      • Posté à 17h50 le 02/02/2013
      • Internaute 196669
        A l'ouest

      La gauche ? Elle est où la gauche ?

      Les socialistes ont bouffé leur chapeau avec leur programme social du jour où ils se sont plié aux règles du marché triomphant. Ils n’ont plus de social que le mariage pour tous. Et encore, pas tous.

      Pour les luttes sociales, les vraies, ils sont à combattre. Comme les autres partis de la droite traditionnelle.

      C’est dommage, mais c’est un fait. Et ça ne date plus d’hier.

      Les socialistes, j’y ai cru en 81. J’avais 19 ans et je votais pour la première fois. Un septennat plus tard, je commençais à douter sérieusement.

      Et je n’ai pas voté Jospin en 2002.

      Voila où ils nous ont emmené les socialos. Revenus pour 5 ans, ils font une autoroute pour la droite de demain et leur font m^me avancer leur projets de démolition sociale.

      La seule chose à espérer, c’est qu’un vrai parti de gauche se crée et fédère ce que la France compte de gens de gauche.

      Parce que cette fois, je crois que plus personne n’est dupe.

      • simla
        simla répond à Le funambule
        desperate housewife
        • Posté à 00h16 le 03/02/2013
        • Internaute 164811
          desperate housewife

        « Plus personne n’est dupe. »..ou alors c’est à désespérer ! ! ! !

      • Nobobo
        Nobobo répond à Le funambule
        Libre malgré la censure 89
        • Posté à 10h19 le 05/02/2013
        • Internaute 197594
          Libre malgré la censure 89

        Oui, la gauche française est nulle, et son incarnation dans Monsieur Hollande est tout à fait réaliste.
        Il faut bien reconnaître que personne n’est dupe, mais il faut surtout ne plus confier aucune responsabilité à cette bande incapable et mensongère. Ni à Hollande, ni à ses sbires, ni à ses alliés écologues extrémistes, ni au Front de gauche pseudo-allié-opposant-c’est comme-tu-veux !

         
        • Le funambule
          Le funambule répond à Nobobo
          A l'ouest
          • Posté à 17h48 le 05/02/2013
          • Internaute 196669
            A l'ouest

          Mais voi, t’(aimes pas la gauche et on le sait. Sûr que ta drouate épaulée par le f haine aurait fait bien mieux. Si on oublie les quinquennat précédents on a le droit d’y croire.

        1 autres commentaires
  • Druuna
    Druuna
    Prout
    • Posté à 10h09 le 02/02/2013
    • Internaute 195244
      Prout

    FRANCE TÉLÉCOM ORGANISE LE DUMPING SOCIAL DANS SES FILIALES
    L’entreprise générale de téléphone est une filiale du groupe France Télécom, Générale de Téléphone s’est formée de deux autres entreprises, Photo Service et Photo Station.

    L’entreprise a instauré un usage de prime de fin d’année pour certains salariés qu’elle refuse de généraliser à tous ceux qui ne perçoivent aucune gratification annuelle.

    Le syndicat FO de l’entreprise a alerté depuis des années, initiant un mouvement de grève en 2008, qui a pourtant aboutit à un échec des négociations sur le sujet.

    Face à ce refus et à l’inégalité salariale flagrante, FO cette fois-ci compte faire entendre ses revendications devant les tribunaux.

    En 2007, ces deux entreprises employaient près de 3.000 salariés avec près de 400 points de vente. Depuis l’effondrement du marché de la photo et la reprise des deux entreprises par France Télécom, on ne compte plus que 1.500 salariés et 280 magasins.

    L’entreprise Générale de Téléphone est aujourd’hui entièrement dirigée par France Télécom et obéit aux règles du marché de la téléphonie.

    France Télécom n’a pas exprimé encore le souhait d’intégrer les salariés GDT dans l’entreprise FT, pourtant, elle aurait à y gagner, puisqu’elle vient d’annoncer ses estimation s de départ à la retraite d’ici 2015, montant qui avoisine les 40.000 départs.

    FT avait également annoncé publiquement avoir besoin de recrutement imminent de 4.000 salariés.

    Outre le fait que les salariés Générale de Téléphone soient embauchés et rémunérés largement en dessous du niveau des salariés FT, une inégalité salariale flagrante subsiste au sein de l’entreprise GDT. Le Groupe FT refusant ainsi tout dialogue avec FO sur ce
    sujet.
    Lien

  • réactionnelle
    réactionnelle
    retraitée
    • Posté à 12h13 le 02/02/2013
    • Internaute 119991
      retraitée

    Mais à quoi pouvions nous nous attendre ? Tout cela n’ira qu’en s’empirant, tant que les personnes concernées n’agiront que par la parole qui ne leur a jamais fait peur. Plus les salariés ont l’impression d’avancer en manifestant et plus on se rend compte paradoxalement qu’ ils reculent. La preuve, cet article est édifiant. Alors les suicides continueront et eux s’en ficheront puisque le droit leur en sera donné.

  • erodote
    erodote
    ancien observateur
    • Posté à 12h56 le 02/02/2013
    • Internaute 187995
      ancien observateur

    Si on ajoute à cela les clauses très discutables de la loi Aubry II , qui obligent un
    salarié à travailler 13 H par jour avec 11 h de repos quotidiens y compris le temps de transport , 6 jours la semaine ( forfait jour ). les dispositions de l’astreinte qui définissent que le temps consacré à cette permanence particulière n’est pas du temps de travail tout en étant du temps alloué à la disposition de l’entreprise . On se demande si Sarkozy avec sa loi compétitivité -emploi , n’était pas un progressiste de gauche .

  • Le funambule
    Le funambule
    A l'ouest
    • Posté à 17h44 le 02/02/2013
    • Internaute 196669
      A l'ouest

    Excellent éclairage qui montrera une fois de plus aux optimistes impénitents de la négociation avec le patronat que celui-ci ne négocie jamais que dans son sens.

    Les objectifs du patronat ?

    Supprimer les « charges » salariales (moi je croyais b^tement que plutôt qu’une charge le salarié était une richesse pour l’entreprise, mais on peut se tromper, la richesse c’est les actionnaires...)
    Précariser le personnel
    Payer le moins possible
    Supprimer toute notion de maladie professionnelle
    Retirer toute responsabilité à l’entreprise en cas d’accident du travail
    Revenir sur les acquis depuis 60 ans et plus
    Détruire le code du travail
    Contractualiser individuellement

    Avec ça, bon courage pour la suite.

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 22h13 le 02/02/2013
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    Positon surprenante tant ce texte marque un recul général des droits des salariés et est au seul profit du patronat. Mais le gouvernement l’avait-il lu en détail – annexes comprises – avant de se prononcer ?

    boarf c’est pas bien grave puisque maintenant on peut tous se marier

    YOUPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPIIIIIIIIIIIIIIIII ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    • Nobobo
      Nobobo répond à la choukette
      Libre malgré la censure 89
      • Posté à 10h14 le 05/02/2013
      • Internaute 197594
        Libre malgré la censure 89

      Mais non, les syndicats qui ont signé ont admis que les « comités enquêtes expertises tribunaux pendant des années » n’étaient pas le solution idéale pour dynamiser l’économie et créer de l’emploi. Et il y a certainement eu contrepartie !

  • libert
    libert
    Retraité Fonction Publique
    • Posté à 15h05 le 03/02/2013
    • Internaute 107755
      Retraité Fonction Publique

    Merci pour cet info.

    Elle éclaire bien la politique de cette gauche « social libéral », qui fait exactement la même politique que la droite « décomplexée » de Sarko.

    La seule différence c’est la vaseline...

  • l'étienne
    l'étienne
    prolopopuliste
    • Posté à 23h50 le 03/02/2013
    • 185157
      prolopopuliste

    A tous ceux qui espèrent encore voir la gauche parvenir au pouvoir je n’ai qu’une chose à dire : LE POUVOIR EST PAR DEFINITION DE DROITE ! ! ! !

  • pmithrandir
    pmithrandir
    http://www.jaiuneidee.net
    • Posté à 10h30 le 04/02/2013
    • Internaute 90097
      http://www.jaiuneidee.net

    Ce vers quoi on se dirige de plus en plus, et qui embête les syndicats, c’est le fait d’employer quelqu’un pour faire un travail, et d’arrêter de l’employé quand ce travail :
    - n’a plus lieu d’être (fin de projet, marché fermé, automatisation...)
    - n’existe plus là ou il était réalisé

    C’en est bientôt fini, et selon moi heureusement, de cette institution qui consiste a garder un salarié non parce qu’il apporte une plus-value à l’entreprise, mais parce que l’on y est forcé.
    Un salarié inutile, doit être licencié. C’est juste une réalité que refuse nombre de syndicaliste.

    Après, les seuls axes de discussion valides sont de savoir :
    - Comment on partage les frais de formations / chômage entre la collectivité et les sociétés
    - Quels sont les délais que l’on mettra en place
    - Quelles sont les contrepartie financière pour le salarié.

    Il va « juste » falloir que les gens apprennent à moins se poser et se croire fixé dans le sols à partir de 30 ans...

    • A déménagé le 25.04.2013
      • Posté à 09h59 le 05/02/2013
      • Internaute 150693

      « Un salarié inutile, doit être licencié. »

      Pourquoi pas fusillé, plus radical, moins de frais.

      « Un poste inutile est supprimé » serait une formule, elle, acceptable.
      La votre implique que l’individu lui-même serait inutile, comme une chose.

      Ce n’est pas un détail sémantique,mais traduit la vision que vous avez, où les êtres humains sont des variables comparables à un stock ou une machine dépassée.

      Votre dernière phrase, elle, suggère qu’il suffirait que les quelques dix milions de précaires et chomeurs se bougent un peu pour s’en sortir, acceptent de quitter leurs habitudes...
      je la laisse sans commentaire.

      • pmithrandir
        pmithrandir répond à A déménagé le 25.04.2013
        http://www.jaiuneidee.net
        • Posté à 10h09 le 05/02/2013
        • Internaute 90097
          http://www.jaiuneidee.net

        Je maintiens, un salarié inutile pour une boite ne doit pas continuer a travailler pour elle.
        En effet, un poste supprimé peut vouloir dire qu’il va etre transféré ailleur, dans un autre service, pour faire la même chose.

        En revanche, un salarié qui est dans un domaine précis, et si la boite arrete de travailler dans ce domaine, elle n’a plus besoin de la personne. Donc, il est normal que cette personne ne travaille plus pour elle.

        Pour ma dernière phrase, j’entends par la que tous les gens que je connais n’envisage qu’une seule chose, se poser a un endroit, chercher un travail(oui, souvent dans ce sens là) acheter leur maison, bref, s’enraciner bien profondement.

        Bizarrement, les salariés qui restent mobiles(ce qui n’empeche pas de faire un achat immobilier, que l’on loue) n’ont pas de soucis pour trouver un emploi.

        Rester dans un emploi prce que la loi oblige a vous garder, c’est :
        - une absurdité économique, puisque vous demandez a toutes les entreprises en garder des personnes dans leur effectifs qui devraient être au chomage, Vous plombez donc leur compétitivité.
        - une stupidité pour le salarié, qui a court terme a un emploi, mais qui professionnellemet n’évoluera pas, voir regressera(uand on ne fait plus rien, on regresse), voir dans les pire des cas, perdra confiance en lui en se dcroyant betement la cause du desinteret de l’entreprise, alors que c’est juste une décision de priorité qui a supprimé son projet.

        Bref, chacun son role.
        L’état assure l’interim entre le passage par deux sociétés, forme les gens, et collecte l’argent pour ca.
        Les sociétés font pleins de bénéfices pour progresser et embaucher encore plus de gens pour progresser encore. Ce qui permet entre autre de payer les deniers à l’état qui lui permet d’assurer ses missions. Ce ne les empeche pas de former leurs salariés, puisqu’elles y gagnent de la culture d’entreprise, et des gens plus motivés.

        En ce moment, on mélange les roles, et forcement, ca se passe pas super bien.

         
        • Cap2006
          Cap2006 répond à pmithrandir
          curieux
          • Posté à 12h45 le 05/02/2013
          • Internaute 83492
            curieux

          Le système actuel sur protège ceux qui ont un emploi... et particulièrement dans les grosses entreprises...

          Laissons les entreprises entreprendre, faire le plus de bénéfices possibles, innover ... prendre ses clients au serieux et leur donner l’envie d’acheter leurs produits ou services... et cela passe par la liberté d’embauche et de débauche... et cela passe par des salariés motivés, en bonne santé physique et psychologique... ça, c’est de la responsabilité des entreprises.
          Sécuriser la vie du salariés, tant ses revenus que son employabilité, tant dans l’accès au logement, à la santé, à l’éducation... çà, c’est le role de la collectivité...

          Les deux ne sont pas forcement en opposition...

          • pmithrandir
            pmithrandir répond à Cap2006
            http://www.jaiuneidee.net
            • Posté à 12h48 le 05/02/2013
            • Internaute 90097
              http://www.jaiuneidee.net

            je suis tout à fait d’accord avec vous.

        2 autres commentaires
      • Nobobo
        Nobobo répond à A déménagé le 25.04.2013
        Libre malgré la censure 89
        • Posté à 10h10 le 05/02/2013
        • Internaute 197594
          Libre malgré la censure 89

        Oui, il faut licencier les inutiles et les incapables, car ils plombent les entreprises ou administrations auxquelles ils appartiennent !
        C’est ainsi que l’on redressera la France et son économie, pour le plus grand bien de la communauté nationale.

         
        • crawl
          crawl répond à Nobobo
          formation
          • Posté à 16h27 le 05/02/2013
          • Internaute 48766
            formation

          Bonne idée ! Commencons par les politiques et les patrons, car ils plombent bien la France en ce moment et on aurait bien besoin d’air frais !

        1 autres commentaires
  • foutard
    foutard
    voudrait bien gagner un peu
    • Posté à 09h53 le 05/02/2013
    • Internaute 28406
      voudrait bien gagner un peu

    De toute façon les travailleurs n’ont que ce qu’ils meritent !
    Il y a 40 ans un tel accord retrograde aurait mis tout le monde dans la rue pour une greve illimitee.
    Aujourd’hui le travailleur ne veut pas perdre 3 sous en greve , et surtout il est pieds et poings lies par tous les credits qu’il s’est mis sur le dos .
    Apprentis capitalistes vous petez plus haut que votre cul et vous y perdez votre libertes ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • Nobobo
    Nobobo
    Libre malgré la censure 89
    • Posté à 10h07 le 05/02/2013
    • Internaute 197594
      Libre malgré la censure 89

    Si cet accord a retiré un peu de pouvoir de nuisance et de blocage aux syndicats qui assassinent l’emploi au nom de la défense du droit du travail, c’est bien !

    • crawl
      crawl répond à Nobobo
      formation
      • Posté à 10h55 le 05/02/2013
      • Internaute 48766
        formation

      A la rigueur, je pourrais entendre ce que vous dites si c’était là la seule conséquence de cet accord, mais en l’occurrence, le vrai problème, c’est qu’il donne encore plus de pouvoir aux employeurs qui ont encore moins de comptes à rendre, ce qui signifie au final que les salariés seront encore plus à la merci des patrons voyous qu’auparavant.
      Et de ces patrons voyous, il y en a à la pelle... Si vous en doutez, allez à l’inspection du travail et écoutez un peu les cas qu’ils traitent, c’est une véritable horreur....
      Donc, non, ce n’est pas bien du tout, et ce d’autant moins qu’il favorise les emplois précaires au détriment du temps plein... C’est un accord qui va accroître la misère de la fameuse « France d’en bas » et bénéficier aux pourris, et ça, on ne peut pas s’en réjouir...

  • crawl
    crawl
    formation
    • Posté à 11h03 le 05/02/2013
    • Internaute 48766
      formation

    Vous oubliez de mentionner le CDII, le fameux CDI « intermittent », qui est déjà testé dans certains secteurs et un cauchemar sans nom, car il peut aisément être dévoyé pour devenir un contrat de travail « à la demande ». Il est particulièrement attractif pour les patrons car il donne tous les avantages de l’astreinte sans les contraintes (ou la paie) liées...
    La formulation de la loi (Lien) à ce sujet est telle qu’elle permet à certains de considérer que l’alternance de périodes travaillées et non travaillées peut être faite sur la semaine, donc, qu’il est possible d’avoir recours à ce contrat pour un temps plein (1600h dans l’année !) o-O (un temps plein sur l’année, mais....intermittent, cherchez l’erreur !)
    Les périodes « non travaillées » correspondent alors à des jours de congé « normaux » plus éventuellement d’autres jours « off » qui sont « rattrapés » par le salarié plus tard, sans paiement d’heures supp (tant qu’ils ne dépassent pas les 1600h). Car il faut savoir que les heures de travail prévues au contrat peuvent être augmentées d’un tiers.

    En clair, on vous embauche pour un temps partiel de 25h et on vous fait travailler au besoin à plein temps (1600h) sans possibilité de refus de votre part (c’est au delà du tiers qu’il faut l’accord du salarié !) autre que le pauvre quota de refus prévu au contrat ! Et à tout moment, on peut vous redescendre à 25h, comme si de rien était, aucune compensation possible...
    C’est une attaque flagrante sur les CDI, à temps plein en particulier, mais pas seulement.. Pourquoi garantir 35h alors qu’on peut se contenter de 25h et être inattaquable ?

    De même, le salaire « peut » (et seulement « peut ») être lissé (mensualisé, quoi), or le plus intéressant pour les employeurs indélicats est justement de ne pas le lisser..
    En effet, à la base, la seule obligation de l’employeur, c’est qu’à la fin des 12 mois de référence, il doit payer les heures qu’il a garanties dans le contrat, point.
    En pratique, cela signifie qu’il peut très bien décider de ne plus donner de travail à un salarié pendant plusieurs mois, du moment qu’il paie à la fin de l’année, il est inattaquable...
    Et c’est là le plus gros défaut du CDII : si la paie n’est pas lissée, les périodes non-travaillées ne sont bien évidemment pas payées, or, comme il s’agit légalement d’un CDI, aucune aide ne peut être débloquée au « salarié » en galère, même s’il n’a pas de travail pendant trois mois ou plus !
    Qui va être assez fou pour faire la moindre objection ou même bouger une oreille face au patron avec cette épée de Damocles en place ?

    Par ailleurs, pour le salarié, la possibilité de « refuser » les propositions faites par l’employeur est strictement encadrée et vite épuisée, ce qui fait que si les heures/périodes de disponibilité n’ont pas été murement réfléchies et négociées en amont, le salarié aura beaucoup de mal à trouver du travail en période non-travaillées.
    Rien que pour cette disposition, cet « accord » est un vrai danger pour les salariés...

  • jiemo
    jiemo
    123 ignition lift off
    • Posté à 11h42 le 05/02/2013
    • Internaute 21993
      123 ignition lift off

    Relire le chapitre « La Nouvelle-Zélande, éprouvette du libéralisme total » (in « le grand bond en arrière » S.Halimi page 466 et suivantes)

    Tout y est clairement expliqué. Ce qui devient factuel cheuuu nous !

    Une question que je me pose depuis le début , QUI EST ou ETAIT DEMANDEUR de cet ACCORD ? En d’autres termes qui est à l’origine de ces réformes ? Le politique ou le Medef ? Les chiffres ou la réalité ?

  • nestor38
    nestor38
    inséré ?
    • Posté à 11h43 le 05/02/2013
    • Internaute 60788
      inséré ?

    Merci pour cet article. Il en manque face à cet accord qui est un des plus grand recul social de ces dernières années, même Sarko n’aurait pas osé. Et voir que des « syndicats » peuvent signer ça, comment peut-on être encore aujourd’hui à la CFDT ?
    Parce qu’il y a aussi le CDII, les accords « maintien dans l’emploi » qui permettront de baisser les salaires et augmenter le temps de travail, la facilitation des plans sociaux...
    En contrepartie de quelques miettes pour que les traîtres des syndicats jaunes puissent signer.
    Mais hélas on ne sent pas non plus une volonté de mobiliser sur ce sujet de la part des bureaucraties syndicales (FO, CGT) alors qu’une fois cet accord entériné par le ps, tellement heureuse de voir la victoire du dialogue sociale (patronale), les possibilités d’action vont être diminuées.

    C’est aujourd’hui qu’il faut se mettre en mouvement contre cet accord.

    • jiemo
      jiemo répond à nestor38
      123 ignition lift off
      • Posté à 11h57 le 05/02/2013
      • Internaute 21993
        123 ignition lift off

      Nestor , je ne pense pas que la mobilisation faible que vous évoquez ne puisse reposer dans les seules mains des bureaucraties syndicales , comme le dit élégamment Foutard plus haut , la mobilisation vient d’en bas , hors la base est tellement empêtrer dans le crédit qu’elle ne peut manifester son mécontentement , d’ailleurs le fait syndical a-t-il encore une existence ? Les salariés ne se syndiquent que très peu et agissent comme leurs patrons , ils délèguent... et attendent les retombées positives quand il y en a !

  • durtol
    durtol
    rentier
    • Posté à 11h59 le 05/02/2013
    • Internaute 197921
      rentier

    dit dont j’trouve que c équitable , la connexion en reseau privé ,(anciennement justice) protège bien des servier ,mieux leurs donne des médailles

    cela dit les gars on peut dire que vous avez de sacré lopettes , (non scusez moi) syndicats

  • Cap2006
    Cap2006
    curieux
    • Posté à 13h00 le 05/02/2013
    • Internaute 83492
      curieux

    L’exemple choisi par l’auteur est assez cocasse...

    Le rôle des centrales syndicales dans les transformations de l’entreprise est un vrai désastre pour les salariés les plus fragiles.
    Les techniques employées pour attiser les aspects douloureux des efforts demandés aux salariés, me paraissent pour ma part assez peu respectueuses de l’interêt même de ceux qu’elles sont sensées protégées...

    Elles encouragent l’immobilisme des personnels... que l’on peut retrouver rapidement en grand décalage avec les besoins économiques...

    Enfin, concernant les cas dramatiques soulevés... je ne suis pas certains que les syndicats s’en soit réellement préoccupés...

  • Eliott
    • Posté à 13h00 le 05/02/2013
    • Internaute 24550

    « Obligé d’accepter de travailler à 300Km »

    sans être excessif cela fait des années que les entreprises peuvent changer le lieu d’affectation du contrat de travail sans que le salarié puisse le refuser sans aucune compensation.

    Les juges se reposent sur la notion de bassin d’emploi qui devient tellement flou qu’en région parisienne on peut se retrouver à devoir passer 4 heures de plus dans les transports...

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