TRAVAIL AU CORPS 31/01/2013 à 11h54

Yves, patron de PME : « J’ai besoin de contact avec la bête »

Alexandre Porcu | Journaliste

La « bête », c’est la machine de son entreprise industrielle. Avec 50 heures de travail par semaine et bien des nuits blanches, Yves n’a pas pu voir grandir ses enfants.


Les mains d’Yves (Ava du Parc)

Yves aime prendre en main les outils pour la mise au point des machines :

« J’ai besoin de contact avec la bête. Pour savoir si une machine va bien fonctionner et être fiable, l’un des moyens est de l’écouter pour détecter tout bruit suspect, de la toucher pour sentir une vibration anormale.

Il m’est arrivé de descendre à l’atelier et de demander en arrivant, près d’une machine en cours de mise au point : “Il y a quelque chose qui ne va pas ? Elle ne fait pas le même bruit qu’avant hier”, et effectivement de découvrir une pièce qui se déserrait. »

A 62 ans, Yves a tenu à conserver son ancien rôle de directeur technique, pour garder le contact avec « la bête ». Il est aussi directeur général de l’entreprise, une PME industrielle d’une quarantaine de personnes près de Caen. Le nouvel actionnaire a décidé de ne conserver que la fonction de président.

Le stress du n°2

En 25 ans, l’affaire normande a connu trois propriétaires. Yves les a vus défiler. 25 ans de stabilité aux côtés de présidents aux méthodes et aux caractères radicalement différents :

« Le premier, qui a fondé l’entreprise, était un self-made man. Technique mais caractériel ! Il sifflait quand il voulait m’appeler.

Son successeur était un polytechnicien à la vision plus globale et aux grandes ambitions, qui a toujours manifesté des désirs d’expansion de sa PME, mais qui nous prenait un peu trop pour un grand groupe.

Le dernier devrait avoir plus confiance en ses collaborateurs. »

Si, globalement, Yves a bien réussi à s’adapter, le patron a quand même vécu quelques situations compliquées, notamment lors de la première vente de l’entreprise :

« Personne n’en avait été averti. Un vendredi, le patron a annoncé à l’ensemble des salariés que le nouveau propriétaire nous serait présenté la semaine suivante. »

Questions/Réponses

  • Quels sont vos horaires ?

J’organise surtout mes journées en fonction de la volonté des clients. Ce sont eux qui régissent la vie de l’entreprise. En fait, je ne suis pas soumis à des horaires, mais à une mission. Et je suis payé pour. En moyenne, je travaille cinquante heures par semaine.

  • A quel moment vous débarrassez-vous de votre tenue de travail ?

Je me change dès que je rentre chez moi. Ce n’est pas dans ma nature de me promener en costume.

Pour autant, je dois admettre que, mentalement, mon travail peut me suivre assez loin. Il m’arrive d’emporter du travail à la maison ou de revenir au bureau le week-end. Le travail avec l’export m’amène à avoir des rendez-vous téléphoniques à l’heure où la plupart des gens regardent un film à la télé. C’est souvent le cas avec les Etats-Unis.

Je pense aussi beaucoup à mon travail la nuit. Il m’est même arrivé de trouver des améliorations techniques pour plusieurs machines en rêvant. Depuis, je dors toujours avec de quoi écrire près de moi pour coucher mes idées sur le papier avant de les oublier.

Et puis j’ai déjà eu du mal à dormir car je ne savais pas si l’on aurait des commandes pour le mois suivant. Mais il faut savoir décrocher. Ça vient avec l’expérience. Il faut de l’organisation : trier les vraies priorités et parfois décider de ne s’occuper que des super priorités. On peut alors se dégager du temps pour aller faire un tour, ou même prendre une journée en cas de besoin.

  • Votre travail vous demande-t-il un effort physique ?

Je n’ai pas à porter de charges lourdes. En revanche, en tant que directeur général, je dois m’assurer que les salariés ont les outils pour ne pas avoir à le faire non plus.

Je suis responsable de leur santé. Le moindre accident peut nous amener au tribunal. Même moi, je dois porter des protections auditives – les acouphènes sont très pénibles – et des chaussures de sécurité – je les oublie plus facilement, mais on me le rappelle – lorsque je me déplace dans les ateliers.

  • Votre travail vous demande-t-il un effort mental ?

Ce serait plus de la concentration qu’un effort mental à proprement parler.

Sinon, l’une des difficultés importantes au niveau mental, c’est d’être soumis à des demandes contradictoires : des clients qui veulent des prix le plus bas possible, des salariés qui veulent des hausses de salaire et des délais qui peuvent être difficiles à tenir. C’est une équation à un grand nombre d’inconnues difficile à résoudre.

On sait que de toute façon il y aura des mécontents. Soit les clients, soit les salariés, parfois les deux. Cela peut finir par être difficile à vivre. C’est dans ces moments-là qu’il m’arrive d’avoir recours à de la médication pour dormir.

Sinon, quand ça ne va pas, je prends sur moi… Il m’arrive de m’enfermer dans mon bureau et de ne pas répondre au téléphone pendant quelques heures. Au contraire, je peux faire un tour dans tous les bureaux et ateliers pour discuter avec les gens de tout et n’importe quoi, peut-être pour avoir l’impression de partager mes problèmes avec tout le monde.

  • Avez-vous l’impression de bien faire votre travail ?

Je me fie à ce que disent mon président et mes clients. Ils semblent satisfaits.

Quand un client exprime sa satisfaction, cela me met du baume au cœur. Un jour, j’ai reçu un courrier d’un client américain dans lequel une phrase m’a marqué : « Bitterness of poor quality remains long after the sweetness of low price has been forgotten. » Dans l’idée, on peut traduire cela par : « Le plaisir d’avoir acheté peu cher dure moins longtemps que le regret d’avoir acheté de la mauvaise qualité. »

  • Où votre travail laisse-t-il des traces sur vous ?

Les douleurs d’Yves

Les traces ne sont pas physiques, à part peut-être un peu de prise de poids (rire). Au cours des dix dernières années, j’ai pris deux tailles de pantalon.

J’ai aussi quelques soucis de tension, de cholestérol, etc. Sinon, les douleurs ressenties, qui viennent aussi avec l’âge, proviennent surtout du dos. C’est le cas après dix heures de conduite ou à la suite de longs voyages en avion. C’est l’accumulation des centaines de milliers de kilomètres parcourus qui finit par avoir des impacts sur le squelette. Comme sur le châssis des voitures.

Mon travail peut aussi provoquer une certaine irritabilité. C’est le résultat du stress, qui conduit à des insomnies et des maux de tête. Mais un Aspirine et c’est réparti !

Mon emploi prend surtout beaucoup de place dans ma vie personnelle. Le problème, c’est qu’à force de penser travail, on ne voit pas grandir ses enfants. En plusieurs années, je n’ai pas eu le temps de prendre beaucoup de loisirs.

Cela m’incite à ne pas reporter trop loin mon départ en retraite, certainement dans l’espoir de m’occuper un peu de mes petits-enfants.

  • Quel est votre salaire brut ?

Mon salaire n’a rien d’extraordinaire : certainement celui d’un ingénieur d’une grande entreprise. Globalement, d’une année sur l’autre, il peut être très variable, car une part dépend du résultat de la société.

Donner une valeur ne représente rien, car la majorité des gens n’analysent que le montant brut, sans analyser les contraintes qui vont avec, ni la fiscalisation qui s’attache au salaire. En résumé, je suis locataire de ma résidence principale (1 000 euros/mois), je n’ai pas de résidence secondaire, ni d’investissement immobilier, je ne joue pas à la bourse.

  • Quel est votre contrat de travail ?

Je suis sous mandat social, donc pas en CDI. Concrètement, le conseil d’administration peut me chasser de mon poste quand il le veut. Mais j’ai également conservé mon ancien rôle de directeur technique.

  • Si vous deviez mettre une note à votre bien-être au travail dans votre entreprise, sur 20, quelle serait-elle ?

Je lui donne 16 sur 20. Je fais ce métier parce qu’il me plaît. Sinon je serais déjà parti en retraite (rire).

Mais la note pourrait encore monter si je pouvais déléguer plus. En revanche, cette note pourrait baisser, par exemple à cause d’un ralentissement économique qui mettrait la société en péril.

  • 25862 visites
  • 89 réactions
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  • nada
    nada répond à Zééva
    • Posté à 18h32 le 31/01/2013
    • Internaute 25026

    Belle leçon d’humanité dont sont dépourvu ces gens à vouloir toujours rognés le peu des autres, pour en avoir plus !
    Des RATS !

  • HighwayChild
    HighwayChild
    Guitariste
    • Posté à 13h57 le 31/01/2013
    • Internaute 107732
      Guitariste

    Moi aussi j’aimerais pouvoir mettre 1000 Euros pour une location .....

    • bozox
      bozox répond à HighwayChild
      • Posté à 16h18 le 31/01/2013
      • Internaute 28752

      alors pose ta guitare et va bosser : -)

      • lonesome
        lonesome répond à bozox
        un parmi tant d'autres
        • Posté à 17h54 le 31/01/2013
        • Internaute 165032
          un parmi tant d'autres

        vous avez oublié feignasse à la fin.

  • Druuna
    Druuna
    Prout
    • Posté à 14h31 le 31/01/2013
    • Internaute 195244
      Prout

    Je vois que la rédaction a pris une décision pour ma proposition en conf de rédac de parler de la grève des fonctionnaires d’aujourd’hui et de celle de la Sécu jeudi prochain.

    La décision étant de supprimer tous mes posts y faisant référence...

    Belle moralité.

    Voilà une décision de rédac’chef qui va encore plaire aux journalistes.

    On va encore avoir du turn-over chez Rue89, des débutants stagiaires viendront remplacer les dégoûtés.

    • Zééva
      Zééva répond à Druuna
      Autistement vôtre...
      • Posté à 14h39 le 31/01/2013
      • Internaute 191780
        Autistement vôtre...

      On t’a encore sacqué ?
      Oui mais aussi, t’es pas diplomate pour deux sous ; o)

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à Druuna
      Working class bléro
      • Posté à 14h41 le 31/01/2013
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Le petit nerveux l’avait bien dit « Quand il y a une grève maint’nant personne s’en apercoit ».
      La version socialiste n’est pas de l’empêcher mais de la nier en n’en parlant pas.

      • Druuna
        Druuna répond à Joseph Gratteur
        Prout
        • Posté à 17h09 le 31/01/2013
        • Internaute 195244
          Prout

        Je disais aussi qu’il y a une grève de 55 minutes par jour depuis vendredi dernier au 3646 des CPAM 31 et 09 (parce qu’on ne le dit pas aux ariègeois, mais quand ils appellent la CPAM09 ils atterrissent à la CPAM31...).

        Pour la défense des assurés, même si ce ne peut être le motif officiel de la grève.

        Je parlais aussi de la grève d’avertissement contre la réforme des rythmes scolaire qui aura lieu le 12, à l’appel de la CGT, de FO, de SUD et de la CNT (ça c’est de l’intersyndicale !) Lien

        Mais bon, le journalisme vendu, c’est le journalisme vendu...

         
        • Joseph Gratteur
          Joseph Gratteur répond à Druuna
          Working class bléro
          • Posté à 17h20 le 31/01/2013
          • Internaute 164574
            Working class bléro

          J’ai eu le temps de lire et de toper, me suis fait sucré aussi un commentaire anodin juste pour l’avoir évoqué dans ce fil.
          Il te réserve un traitement particulier et ...à vie.

          • Druuna
            Druuna répond à Joseph Gratteur
            Prout
            • Posté à 18h31 le 31/01/2013
            • Internaute 195244
              Prout

            Non, ils m’encadrent pour la GPA ou le mariage homo.

            C’est à la classe ouvrière qu’ils réservent un traitement particulier.

            Je ne sais pas comment ils font pour pouvoir se regarder dans la glace le matin...

            • Joseph Gratteur
              Joseph Gratteur répond à Druuna
              Working class bléro
              • Posté à 22h03 le 31/01/2013
              • Internaute 164574
                Working class bléro

              Ils terranovisent, ça decomplexe vite. Ce n’est pas vraiment nouveau, ici, non plus.
              Et puis un peu de modestie, tu n’es pas la classe ouvrière à toi tout seul -)

        4 autres commentaires
  • Jerome_B
    • Posté à 15h01 le 31/01/2013
    • Expert 81512

    C’est bien, mais à l’heure de grands débats sur la parentalité, certains père devraient se poser avant tout la question e savoir s’ils veulent vraiment des enfants ou si ça ne les intéresse pas totalement ..... j’ai commencé comme Yves mais aujourd’hui, j’ai choisi la vie, la convivialité, mes enfants, mes amis ..... bon, bien sûr, je ne vais pas devenir riche mais allez savoir pourquoi ...... je m’en fous .......

  • curieux22
    curieux22
    dernière marche avant le saut
    • Posté à 15h04 le 31/01/2013
    • Internaute 192553
      dernière marche avant le saut

    « Mon salaire n’a rien d’extraordinaire : certainement celui d’un ingénieur d’une grande entreprise. Globalement, d’une année sur l’autre, il peut être très variable, car une part dépend du résultat de la société. »

    C’est un normand ! ! ! ! !

    • MIKY STOUFFS
      MIKY STOUFFS répond à curieux22
      médecin U.E.
      • Posté à 16h40 le 31/01/2013
      • Internaute 170502
        médecin U.E.

      Normand, peut-être. Mais il fait bien de ne pas en parler ! On sait, qu’en France, c’est quelque chose qu’on ne dit pas et si on a le malheur de transgresser cette règle, tout le monde vous tombe dessus ! De toute façon, il ne se plaint ni de son travail ni de son salaire, il cumule deux fonctions et l’affaire qu’il dirige semble bien marcher. Il est donc normal qu’il gagne bien sa vie !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h29 le 31/01/2013
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ Yves, patron de PME : « J’ai besoin de contact avec la bête » ]

    Surtout que si « la bête » tombe en panne de façon inopinée, par surprise,
    il serait possible qu’il y ait un certain « manque à gagner » à la clé.

    Yves ne pourrait-il « déléguer » ce contact avec la bête ?
    Je veux dire, faire quelque part un peu confiance à son personnel.
    ( Il ne s’en porterait que mieux, et pourrait voir grandir ses enfants )

    • MIKY STOUFFS
      MIKY STOUFFS répond à Yvon le Zébulon
      médecin U.E.
      • Posté à 16h42 le 31/01/2013
      • Internaute 170502
        médecin U.E.

      Sauf qu’il est ingénieur et veut rester directeur technique.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à MIKY STOUFFS
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 16h53 le 31/01/2013
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Le seul à pouvoir analyser la bête,
        Le seul a être autorisé à prendre une décision,
        Le seul à pouvoir rester maître de la situation...
        ( le tout pour se rendre indéboulonnable )

        Tout le portrait d’un cadre autoritaire, égoïste, et solitaire.
        ( d’ailleurs, il n’accorde pas de temps aux siens non plus )

        Un schyzophrène au pouvoir, et tout marche sur des roulettes ?

         
        • GFmanaic
          • Posté à 17h16 le 31/01/2013
          • Internaute 187729

          C’est vous qui comprenez « le seul », lui veut simplement garder un pied dans la technique. Du coup ce que vous dites par la suite ne se rapporte à rien de réel sinon vos impressions.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à GFmanaic
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 17h25 le 31/01/2013
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            Je préférerais que vous ayiez raison !
             ; -))

        • MIKY STOUFFS
          MIKY STOUFFS répond à Yvon le Zébulon
          médecin U.E.
          • Posté à 18h41 le 31/01/2013
          • Internaute 170502
            médecin U.E.

          Surtout le seul à être, in fine, le responsable !
          Votre jugement moral et psychiatrique de quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré me parait dicté plus par vos a priori que par le réel. Simplement, c’est au début des années 80, qu’on a remplacé les « capitaines d’industrie » (ingénieurs ou autres ayant plus une compétence dans le process ou le produit) par des « managers » obsédés par le trio : coût-rentabilité-bénéfice. À vous de juger si on a gagné au change.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à MIKY STOUFFS
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 18h43 le 31/01/2013
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            Avouez qu’il est tout de même un peu « forcené » du boulot.
            Mais c’est vrai : j’ai jugé avec des à priori négatifs.

            • MIKY STOUFFS
              MIKY STOUFFS répond à Yvon le Zébulon
              médecin U.E.
              • Posté à 19h04 le 31/01/2013
              • Internaute 170502
                médecin U.E.

              Je ne dis pas le contraire. Idem pour les enfants : ce qui compte (à mon humble avis), c’est d’être disponible à des moments privilégiés. On prend les gosses pour des crétins alors qu’on découvre le contraire scientifiquement, régulièrement et que F. Dolto nous avait dit qu’il fallait leur parler ! Puisqu’il retourne à l’usine, parfois, le weekend, qu’il emmène ses enfants, leur explique ce qu’on y fait et comment et son job et leur dise pourquoi il rentre plus tard et pourquoi il est parfois trop pris par ses soucis : il sera étonné de leurs réactions au lieu de « penser les protéger ». La tentation de gâter ses enfants matériellement au lieu d’être à 100% à leur écoute, une heure par semaine, c’est créer le non-dit et briser la confiance.

              • Yvon le Zébulon
                Yvon le Zébulon répond à MIKY STOUFFS
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                • Posté à 19h15 le 31/01/2013
                • Internaute 65781
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                La méthode Dolto, il y a les « pour » et il y a les « contre ».
                ( même dans le monde restreint de la pédo-psychiatrie )

                • MIKY STOUFFS
                  MIKY STOUFFS répond à Yvon le Zébulon
                  médecin U.E.
                  • Posté à 19h21 le 31/01/2013
                  • Internaute 170502
                    médecin U.E.

                  Tout-à-fait d’accord ! Et on peut dire que c’est dépassé ; mais elle fut la première à prêcher le discours/dialogue avec les nouveaux-nés : on sait maintenant que l’enfant entend bien avant sa naissance. (un bébé double, à peu près, son poids de cerveau la première année ! Que va-t-il mettre dedans si ce n’est une quantité effarante d’apprentissages, ce qui ne se produira jamais plus dans la suite ?)

        7 autres commentaires
    • Alexandre Porcu
      Alexandre Porcu répond à Yvon le Zébulon
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 17h21 le 31/01/2013
      • Internaute 193710
        Journaliste

      Bonjour. Je vous rassure, Yves a une confiance totale en ses collaborateurs. Sa passion pour la mécanique le pousse simplement à participer à la mise au point de chaque prototype. De plus il reste le directeur technique.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Alexandre Porcu
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 17h24 le 31/01/2013
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Dont acte !
        Merci de préciser qu’il s’agit juste d’une « passion » pour la bécane.

  • silsilsil
    silsilsil
    Odieux campagnard
    • Posté à 16h58 le 31/01/2013
    • Internaute 121365
      Odieux campagnard

    Je lui donne 16 sur 20. Je fais ce métier parce qu’il me plaît. Sinon je serais déjà parti en retraite (rire).

    La même note qu’Escort Boy. Les chefs d’entreprise trop stresses devraient donc songer a la prostitution.

  • PTrelawney
    PTrelawney
    Dans le brouillard
    • Posté à 17h17 le 31/01/2013
    • 178593
      Dans le brouillard

    « Yves, patron de PME »
    La définition que j’ai d’un « patron » est celle d’une personne à la fois propriétaire et exploitant d’une société.
    Si vous êtes propriétaire d’une société et que vous déléguez l’exploitation de cette société à une personne que vous jugez compétente pour le faire, vous en êtes l’actionnaire principale. Et cette personne est un chef d’exploitation, pas un « patron ».
    Yves a certainement démarré sa carrière dans cette entreprise comme chef de production et la revente successive de la société aux divers repreneurs, qu’ils soient actionnaires, fond de pension ou fond d’investissement ont fait de lui un responsable d’exploitation, voir, au mieux, un directeur générale.
    Yves a donc toutes les responsabilités et les contraintes que lui procurent sa fonction, sans en retirer un seul avantage, c’est à dire : un salaire rémunérateur, une garanti d’emploi, l’indépendance de sa prise de décision, une autonomie dans la gestion de l’entreprise etc.
    Yves est condamné à faire du résultat et à dégager des marges bénéficiaires conformes avec les objectifs sous peine d’être viré sans aucune indemnité ou d’être contraint à liquider l’entreprise.
    Des personnes comme Yves, j’en rencontre beaucoup lors de réunion inter-entreprises. Je les considère plus comme des « soutiers de l’industrie ». Ils sont toujours accrochés à leur téléphone et passent leur temps à régler des problèmes de bugs informatiques, de pannes machines, d’absentéisme, de règlement de factures ou de livraison. Ils sont constamment la « tête dans le guidon » et n’ont jamais le temps ni la possibilité de réfléchir sur le devenir de leur entreprise. De toute façon on ne les a pas missionné pour le faire. Leur activité débordante les empêche d’être désabusés, mais ils flirtent dangereusement avec le « burn out ».
    « En résumé, je suis locataire de ma résidence principale (1 000 euros/mois), je n’ai pas de résidence secondaire, ni d’investissement immobilier, je ne joue pas à la bourse. »
    Là je compatis !

    • Néant Moins
      Néant Moins répond à PTrelawney
      Libre
      • Posté à 17h50 le 31/01/2013
      • Internaute 193419
        Libre

      Un directeur général mandataire, est généralement protégé par des assurances privés, en cas de pépin il n’a pas droit aux allocations chômages. En revanche si celui -ci est remercié les indemnités ; sont copieuses , mais ce n’est pas le sujet principal de l’article.

      Compte tenu de l’ancienneté de Yves, il a prouvé qu’il était un professionnel reconnu..trois actionnaires différents est toujours présent.. Chapeau bas ! !

      • PTrelawney
        PTrelawney répond à Néant Moins
        Dans le brouillard
        • Posté à 09h57 le 01/02/2013
        • 178593
          Dans le brouillard

        « En revanche si celui -ci est remercié les indemnités ; sont copieuses »
        Pour les sociétés comme celle que gère Yves, les actionnaires attendent que l’entreprise soit bien plombée pour se débarrasser du DG et dans ce cas, les indemnités ne sont pas si copieuses que cela.
        C’est même le parcourt du combattant pour les obtenir, car la protection salariale ne joue pas pour un DG. Dans notre association, nous avons beaucoup de cas à défendre et ce n’est pas simple.
        Vous avez raison de dire qu’après trois actionnaires différents, être toujours aux commandes est une prouesse. Mais à quel prix.
        Yves, bien qu’il ait un salaire convenable, est financièrement exploité, car après plus de 30 ans d’activité, il n’est toujours pas propriétaire de son logement, n’a aucun investissement immobilier et à le train de vie d’un ingénieur lambda. Il n’a pas la sécurité d’un salarié normal, alors qu’il a beaucoup de similitudes avec ce dernier. Il n’a pas assuré ses arrières pour bien préparer sa retraite
        Ce n’est pas la finalité d’un patron comme je l’entends.

  • Néant Moins
    Néant Moins
    Libre
    • Posté à 17h43 le 31/01/2013
    • Internaute 193419
      Libre

    Le point de vue de Yves est intéressant car Il n’est pas le patron de société pour laquelle il a un mandat social.
    Il est un salarié, cadre supérieur mais il n’a pas investi ses propres deniers, c’est un directeur opérationnel à l’ancienne.
    Il est ce qu’on a coutume d’appeler un « second couteau », un homme de confiance et l’argent n’est pas le moteur de cet homme. L’article laisse penser qu’ Yves est soucieux de la qualité de travail et des moyens techniques donnés à ses collaborateurs. Aussi il tente d’accéder à un compromis social tantôt acceptable, tantôt à veiller à l’intérêt de l’entreprise en satisfaisant un client dans un environnement concurrentiel.

    L’article pointe le fait que des employés sont parfois très investis dans la société qui les missionnent et qu’un directeur général n’est pas obligatoirement un ennemi.

  • Guilll
    Guilll
    Argloup
    • Posté à 17h48 le 31/01/2013
    • Internaute 45706
      Argloup

    Personnellement une vie pareille serait mon pire cauchemar, mais si travailler énormément rend cette personne heureuse, c’est bien qu’elle puisse le faire ! Chacun ses goûts. Ce que j’apprécie c’est qu’il n’essaye pas de se présenter comme un héros parce qu’il travaille beaucoup : il le fait parce qu’il aime ça. Ce qui est insupportable chez les gens qui travaillent beaucoup, c’est quand ils croient que ça les rend supérieurs aux autres, comme si un travail, parce qu’il est rémunéré, était forcément plus utile à la société que, par exemple, s’occuper de ses gosses, faire son jardin ou jouer d’un instrument.

    Maintenant, le progrès ça serait que les gens à qui le travail à temps plein ne procure aucune plaisir (moi par exemple) aient aussi le droit de vivre leur vie comme ils l’entendent ... hélas c’est pas demain la veille.

  • landouillette
    landouillette
    commercant
    • Posté à 17h54 le 31/01/2013
    • Internaute 163083
      commercant

    le salaire,le salaire,le salaire ! c’est bien francais ca,la honte de gagner du fric. C’est assez éloquent.

  • Lecteur Lambda
    Lecteur Lambda
    faudrait savoir
    • Posté à 09h12 le 01/02/2013
    • Internaute 194588
      faudrait savoir

    Faudrait savoir ! Ce qu’on veut, c’est : Pas de chômage ou pas de patrons ?
    De moins en moins de création ou de reprise de petites PME en France, rien d’étonnant quand on voit les commentaires. Pour certains, rien que de lire le mot patron les met en rage. Est-ce le résultat d’une éducation ou d’une expérience ?
    Mettre tous les patrons dans le même panier relève d’une forme de xénophobie (mot à la mode).
    Comment peut-on associé le patron d’une petite PME aux dirigeants de grands groupes du CAC 40, ou de grosses sociétés dirigées pour faire vivre des fonds de pensions américains.
    Nous avons, et malheureusement il faudra peut-être dire bientôt nous avions, un très gros tissu de PME créées et/ou dirigées par des « entrepreneurs », que ce soit des entreprises familiales et/ou créées par des « ingénieurs ».
    Mais il est devenu à la mode de « casser du patron » et de les accuser de tous les maux de l’économie sans aucune distinction de genre. De quoi décourager beaucoup d’entrepreneurs potentiels, ou de candidats repreneurs de PME en France.
    Faudrait savoir : on veut résorber le chômage, ou faire fuir le travail.
    Qu’est-ce que ça peut bien faire que Yves gagne 5 000 € / mois, si cela permet de faire vivre 40 familles ?
    Attention à ne pas faire trop d’amalgames, le patron n’est pas toujours l’enfoiré qui profite des salariés, ça peut aussi être le passionné d’entreprendre qui aime ce métier juste pour faire vivre la « société ».
    Ne nous trompons pas de cible.
    Faudrait savoir ce qu’on veut.
    Les jaloux des petits patrons n’ont qu’à créer leur propre entreprise. Maintenant, le statut d’auto-entrepreneur ne demande pas d’investissement, donc on ne peut pas invoquer le problème de l’argent. Mais il faut avoir « les couilles » de le faire.
    Les candidats sont peu nombreux. Est-ce la peur de passer au statut de patron ? la hantise de gagner plein d’argent ? , ou ne pas vouloir être traité d’enfoiré ou de schizophrène ?
    Doit-on en arriver à demander aux dirigeants de PME d’avoir honte d’être patron ?
    Faudrait savoir !

    • uberto
      uberto répond à Lecteur Lambda
      mouuuais on verra plus tard
      • Posté à 12h17 le 01/02/2013
      • Internaute 187304
        mouuuais on verra plus tard

      Vous êtes un peu de mauvaise foi sur ce coup ci !
      Même si on peut être d’accord avec ce que vous dites, Yves ne se fait pas trop allumer pour l’instant !
      Il semble plus inspirer de la peine qu’autre chose.

      • Lecteur Lambda
        Lecteur Lambda répond à uberto
        faudrait savoir
        • Posté à 16h29 le 01/02/2013
        • Internaute 194588
          faudrait savoir

        Oui, vous avez raison.
        Je me suis laissé un peu emporter par certains commentaires, alors qu’en moyenne c’est plutôt compatissant.

  • lausort
    lausort
    sans prétention
    • Posté à 09h28 le 01/02/2013
    • Internaute 122426
      sans prétention

    50 heures c’est ce que je fais et faisais en quatre jours en moyenne. et à une certaine époque, pour un salaire dérisoire au regard du travail fourni, je fesais 70 heures de moyenne

  • 2B63
    2B63
    Interculturellement curieuse
    • Posté à 15h19 le 01/02/2013
    • Internaute 137054
      Interculturellement curieuse

    Ne nous montons pas les uns contre les autres comme à la l’époque de notre ancien président...mais n’oublions pas non plus de souligner que certains fonctionnaires (et je ne parle pas des « hauts » fonctionnaires de l’Etat) travaillent bien plus de 50h sans toucher un salaire qui correspond à leur investissement. Dans un seul et même établissement, il y a ceux qui travaillent 35h et ceux qui travaillent le double...sans parler de ceux qui ne se déconnectent jamais. J’en fais partie et je n’en suis pas très fière...au bout de 20 ans de rythme effréné, il n’y a pas que le dos qui lâche, il y a le moral quand on nous annonce une retraite à 67 ans ainsi qu’une vague impression que la génération Y se moque de nous. Malgré ma catégorie, je ne vais pas tarder à demander à pointer !

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