Travail au corps 11/01/2013 à 11h46

Vincent, chauffeur de taxi rural : « Surtout de la concentration »

Elsa Ferreira | Journaliste


Dans un taxi parisien, en 2010 (ERIC PIERMONT/AFP)

Pour tenir les longues heures au volant de son taxi, le secret de Vincent Grégoire, c’est un régime de sportif. Pas d’alcool, ni de repas gargantuesques : son truc, c’est le thé.

Grève

Les taxis étaient en grève jeudi pour protester contre une mesure qui soumet le transport médical – jusque là assuré par des taxis conventionnés, les ambulances et les véhicules sanitaires – , à un appel d’offre, excluant ainsi les petites entreprises comme celle de Vincent Grégoire. L’Etat, dans la soirée, s’est dit prêt à lâcher du lest.

« Pour décompresser, je me mets en terrasse, je bois mon thé et je fume ma cigarette. Je pense à tout ce qui me passe par la tête : au travail, à mes prochaines vacances, au lait qu’il faut que j’achète pour le petit-déjeuner de ma fille... »

Les problèmes, il « les laisse à la maison ». Jambes près des pédales, bras tendus sur le volant et mains à midi ; Vincent met le compteur en marche. Et se concentre.

Avant d’ouvrir son entreprise de transport, dans le Vaucluse, il était cadre commercial dans le matériel électronique. Déjà, il enfilait les kilomètres.

« Un jour je me suis fait une grosse frayeur : je roulais de nuit et je me suis un peu assoupi. Heureusement, il n’y a pas eu de conséquences ; mais c’est une bonne leçon. »

Aujourd’hui, quand il est fatigué, il va simplement se coucher ; et si le téléphone sonne, « pas sûr que vous allez réussir à me réveiller », dit-il.

« Et quand je suis vraiment à bloc je pars en voyage. Ça n’a pas besoin d’être longtemps ni même loin. La dernière fois, je suis allé en Belgique au salon international de l’autocar. Ça m’a changé l’esprit, c’était sympa ; on y va pas tous, les artisans, à ces salons. »

Un mental mis à mal

Son mental, sa concentration, sont pourtant mis à rude épreuve ces derniers mois. Une réforme, « passée en loucedé » – en douce – se plaint le chef d’entreprise, menace la moitié de ses activités. Car Vincent ne transporte pas que des clients en forme, il conduit aussi des malades qui représentent environ 50% de sa clientèle, indispensable lors des périodes creuses.

Si la mesure est mise en place, c’est son fonds de commerce qui est en danger :

« Je suis artisan, J’ai tous les investissements sur mes épaules. Je n’ai pas le droit au chômage et mes deniers sont engagés. Si il y a un problème, j’aurai raté... je n’aurai même plus de maison. »

Questions/Réponses

  • Quel est votre contrat de travail ?

Je suis artisan, patron d’une petite entreprise que j’ai créée en 2004.

On vit perpétuellement avec le stress d’avoir des clients pour pouvoir payer les taxes, les salaires, ramener à manger à la maison.

Les charges sont lourdes, le prix du carburant est élevé, la TVA augmente. Le législateur pense qu’on peut faire supporter ces hausses aux clients, mais ce n’est pas vrai. A un moment, le client ne va plus prendre le taxi : il va prendre une voiture de location ou il ne va plus venir.

Le stress, je vis avec, je m’y suis habitué. J’ai de la chance d’être en bonne santé, j’ai ma fille, une maison, un métier que j’ai choisi... je pense que je ne suis pas le plus malheureux de la planète.

  • Quel est votre salaire ?

C’est variable, mais en moyenne je gagne 17 000 ou 18 000 euros par an [soit environ 1 450 euros par mois, ndlr]. Par rapport aux contraintes de ce métier, c’est un salaire très faible, il faut avoir vraiment envie. On travaille beaucoup, de jour ou de nuit, et on est responsable de la sécurité de nos clients.

Etre patron, ça ne fait pas une grande différence dans mon entreprise ; on est à peu près tous logés à la même enseigne. Si ce n’est que j’ai certainement plus de travail et de soucis que les autres. Mais le fonds de commerce est à moi. Même si, à mon avis, les fonds de commerce de taxi ont peu d’avenir avec les politiques actuelles...

  • Quels sont vos horaires ?

C’est très variable, on essaie d’être souple. En moyenne, une journée dure douze heures, treize heures.

En général, je commence a 7h30 par une tournée en car de ramassage scolaire. Puis on travaille avec des entreprises, des particuliers, des touristes, des malades...

Je termine après le souper par des communications avec des confrères, avec des chiffrages, des devis. Entre 18 heures et 21h30, je réserve un créneau horaire pour être avec ma fille de 11 ans.

  • A quel moment vous débarrassez-vous de votre tenue de travail ?

Quand on finit de nettoyer la voiture. On quitte notre tenue de travail le plus vite possible parce qu’on sait que la journée du lendemain va arriver rapidement.

Il n’y a pas de tenue imposée, il faut simplement porter une tenue adaptée. Pour les mariages, on met une cravate. Pour l’autocar, on porte un pantalon sombre, une chemise claire et une cravate. Mais ce n’est pas vraiment un uniforme.

  • Quel rôle estimez-vous jouer dans votre entreprise ?

Artisan, c’est très varié. J’ai le rôle de petit chef d’entreprise qui est aussi sur le terrain. Je joue le rôle de commercial, de responsable du personnel, d’acheteur et de médiateur.

Dans la boutique, c’est comme une famille. Il y a un patron parce qu’il faut une direction, mais il n’y a pas vraiment de hiérarchie.

Ça peut arriver que quelqu’un parte, mais on le fait en s’expliquant calmement et j’ai toujours de bonnes relations avec mes anciens salariés. C’est d’ailleurs souvent un soulagement parce qu’on était dans une relation pesante pour tout le monde, où je demandais à un chauffeur de faire un travail qu’il n’aimait pas.

  • Votre travail vous demande-t-il un effort physique ?

Ce n’est pas vraiment un métier physique. Faire le ménage dans l’autocar peut l’être un petit peu, ou porter les bagages des clients.

Il n’y a pas longtemps, j’ai conduit un groupe qui allait au ski. On s’est arrêté devant l’hébergement qui était au premier étage et j’ai déballé toutes les valises. A la fin, j’avais mal au dos. Mais il faut relativiser... dans un taxi, il y a trois ou quatre valises maximum.

  • Votre travail vous demande-t-il un effort mental ?

C’est surtout de la concentration. On fait plein de choses à la fois : il faut penser à la course d’après, avoir une conduite souple, surveiller de ne pas dépasser la vitesse autorisée, rester attentif à ce que quelqu’un ne nous fasse pas une queue de poisson, tout en gardant le sourire et en parlant à la personne qui est à côté de nous.

Ça demande une très grande attention qui peut être fatigante. Mais en moyenne on conduit 150 000 kilomètres par an, on a l’habitude.

Quand je conduis un car de tourisme, je vais marcher pendant que les clients visitent. Ça me vide l’esprit et c’est une bonne fatigue. Dans ce boulot on est assis tout le temps, et je trouve qu’on dors mieux quand on est fatiguée physiquement plutôt que moralement.

  • Votre travail laisse-t-il des traces sur votre corps ou dans votre tête ?

On va avoir un petit peu mal au dos, mais on a de bonnes voitures qui ont toujours moins de deux ans.


Mal au dos, aux lombaires : les douleurs de Vincent

Les courses plus courtes sont moins douloureuses pour le dos, parce que je peux me lever et me dégourdir les jambes.

Je vais parfois avoir mal aux lombaires ou un petit peu mal aux cervicales à cause des positions de conduite. Un bain chaud, c’est une bonne solution. Si c’est très douloureux – c’est rare, ça doit arriver une fois par an – je prend un anti-inflammatoire et je dors dans une bonne position.

Les traces sont surtout dans la vie de tous les jours. Les horaires de notre métier, c’est notre vie privée qui en subit les conséquences. De ce côté-là, ce n’est pas rare qu’il y ait une petite baisse de moral. Mais on continue... et le lendemain on se rend compte que ce n’est pas si mal que ça.

  • Avez-vous l’impression de bien faire votre travail ?

Oui. Je fais beaucoup d’effort pour ça.

Je suis perfectionniste et je crois que mon équipe l’est autant que moi. On fait du mieux possible mais on ne fait pas toujours tout bien. Les clients ne savent pas que parfois on a quinze heures de taxi dans les pattes ; on aurait fait mieux avec seulement quatre ou cinq heures. C’est des petits détails : ça peut être un petit coup brusque sur le volant, on est moins attentif, on fait moins attention aux limitations de vitesse.

  • Si vous deviez mettre une note à votre bien-être au travail, dans cette entreprise, sur 20, quelle serait-elle ?

Sur le travail que nous faisons, je mettrais 15 ou 16, facilement.

Je suis très content de fréquenter les copains qui travaillent avec moi, je suis très content de mes clients ; on se marre bien. Je vis ma région et mes objectifs personnels sont atteints puisque je peux m’occuper de ma famille.

Mais la note sera atténuée parce qu’il y a beaucoup de difficultés. Il y a une grande part d’inquiétude et d’incertitude. Quel mauvais coup va nous faire le gouvernement ? Est-ce qu’on va continuer à s’enfermer dans cette crise, est-ce qu’on va pouvoir continuer notre métier ?

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  • incassable
    incassable
    internaute
    • Posté à 11h59 le 11/01/2013
    • Internaute 102970
      internaute

    1450 € par mois et il est heureux de faire vivre une famille dans une maison avec çà.
    Bon, qu’il arrête de se foutre de notre gueule, il fait combien de black ?

    • egide
      egide répond à incassable
      Littéral
      • Posté à 16h18 le 11/01/2013
      • Internaute 45067
        Littéral

      Il faut être un agent du fisc pour tenir ce discours.
      Dans toutes les professions commerciales où le
      paiement en espèce permet une certaine évasion,
      le fisc français procède à des corrections de l’impôt
      qui entraine les commerçants à s’acquitter de pénalités.

      En l’occurrence, les prestations de délégation de service
      de transports de patients n’entraînent à sous-déclarer
      les gains puisqu’il y a facturation des établissements hospitaliers.

      À mon avis vous tombez dans le piège du gouvernement qui consiste
      à faire passer une nouvelle règle de gestion comme une réforme de l’hôpital. Cette règle de gestion va très à l’encontre des intérêts de la profession qui va voir une partie importante de son activité reprise par des officines low-cost
      qui font faire des bénéfices considérables.

      En plus des taxis floués par cette nouvelle règlementation, les grands perdants seront les patients qui vont subir une très nette dégradation des conditions de transports.

      Contrairement à ce qu’on nous serine, les gagnants ne seront pas les filiales de transports des multinationales du CAC40, mais bien des officines dont les pratique ont déjà fait des ravages dans le transport des voyageurs.

      Ce que la décision de Marisol Touraine va entraîner, c’est la dé-professionnalisation des conducteurs, taxis, ambulanciers, etc...

      Pour vous faire une idée de ce qui va se arriver, renseignez-vous sur ce qui se passe déjà depuis quelques années dans le transport des élèves handicapés,
      Voir les résultats de la requête :
      Transports des élèves hanidcapés

  • alldress99
    alldress99
    Maritale
    • Posté à 12h09 le 11/01/2013
    • 177405
      Maritale

    Génial cette justification sur les clients malades utiles en cas de crise.

    Comme d’hab’, cette réforme « en loucedé » (sans consulter le lobby) visait à mettre fin à des abus sans nom où il est impossible de trouver un tacos en appelant/hélant, mais où les mecs font les ambulanciers sur le dos de la sécu.

    Sortez les violons.

  • era
    era
    • Posté à 12h11 le 11/01/2013
    • Internaute 43913

    Difficile de se prononcer sur cette réforme liée à des tarifs que la Sécurité Sociale ne peut plus encaisser. Mais il est vrai qu’en zones rurales, la seule activité de taxi ne permettrait pas de faire vivre les chauffeurs.

    Après, disons le, une grande majorité truande (transport de 3 malades en même temps en facturant trois trajets à la Secu et non un seul, compteur qui tourne allègrement etc...). A force d’abuser, ceux qui truandent ont tué le système.

    Ce témoignage n’a rien à voir avec les taxis parisiens qui ont tout fait pour qu’on les détestent et qui n’hésitent pas à bloquer les rues pour une revendication corporatiste qui ne les concerne quasiment pas...

  • Bernardo Z
    Bernardo Z
    Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
    • Posté à 12h14 le 11/01/2013
    • Internaute 196411
      Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

    « Mais la note sera atténuée parce qu’il y a beaucoup de difficultés »

    Faudrait savoir, actuellement vous mettez 15 à votre taf c’est qu’il vaut 15 non ? Sinon vous faites de la prédiction à rebours c’est un peu particulier...

    Je pense qu’il faudrait que les taxis s’équipent de véhicules non polluants, que l’énergie soit offerte par les villes, du coup ils baisseraient leurs tarifs (à moins qu’une énième multinationale ne les rachète) et plus de gens, je pense aux personnes âgées notamment, pourraient en profiter.

    • soimeqchau
      soimeqchau répond à Bernardo Z
      Salarié
      • Posté à 12h29 le 11/01/2013
      • Internaute 163695
        Salarié

      Ben pis quoi ! je ne suis pas d’accord pour que mes impôts paient l’essence des taxis ! J’ai un voisin qui est taxi (et on est en province), de toute évidence il gagne bien sa croûte, et je ne dis pas que c’est anormal.

      • Bernardo Z
        Bernardo Z répond à soimeqchau
        Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
        • Posté à 21h20 le 11/01/2013
        • Internaute 196411
          Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

        vous pourriez profiter du service et vous déplacer sans polluer...

  • FRH75
    FRH75
    grrrrrrrrrr
    • Posté à 12h19 le 11/01/2013
    • Internaute 197163
      grrrrrrrrrr

    stop les abus des taxis.. faut pas abuser entre ceux qui te font faire des detours pas possible ceux qui vont droit dans les bouchons ceux qui comptent les bagages et pas les autres.. sans compter celui aui attends au coin de la rue quand tu l’as commandé...et je passe sur les abus des transports des malades
    au moins les nouveaux services les gens sont polis , les voitures sont propres, tu te tapes pas la radio pourrie et ca ne pue pas le chien.. bref ils font correctement leurs metiers ces nouveaux services

  • YuriGagarine
    YuriGagarine
    Etudiant-ingénieur
    • Posté à 12h19 le 11/01/2013
    • Internaute 195784
      Etudiant-ingénieur

    J’y crois pas une seconde aux 1450€/mois ...

  • DonaldDraper
    DonaldDraper
    Penseur
    • Posté à 12h29 le 11/01/2013
    • Internaute 197164
      Penseur

    * « Ça m’a changé » (7ème paragraphe)

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 12h36 le 11/01/2013
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    on va se mettre au niveaux des com’ :

    salauds de chauffeurs de taxi qui s’exilent en Belgique ou en Russie pour payer moins d’impôts ...

  • GrosLama
    GrosLama
    kikoolol
    • Posté à 13h06 le 11/01/2013
    • Internaute 119128
      kikoolol

    « une réforme passée en lousdée »,

    « lousdé » n’existe pas, on écrit « loucedé », c’est du louchébem au départ un langage de boucher qui permettait de discuter en face du client sans qu’il ne comprenne. Malheureusement ce langage est en train de disparaître : (

    Il y avait un très bon article à propos de ça dans le Canard Enchaîné de je ne sais plus quel date.

    • Elsa Ferreira
      Elsa Ferreira répond à GrosLama
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 14h13 le 11/01/2013
        rédacteur
      • Journaliste 195874
        Journaliste

      Merci ! C’est corrigé.

  • O.S.T.I.A.
    • Posté à 13h05 le 11/01/2013
    • Internaute 191710
      ZAD

    Je n’ai jamais pris de taxi dans le Vaucluse, par contre à New York,les taxis sont jaunes, à Londres les taxis sont noirs, à Paris les taxis sont cons (Beigbeder)

    Comme d’autres riverains je doute de son honnêteté concernant son salaire, mais s’il ne ment pas, c’est franchement pas un super métier... Il est représentatif de la profession ce monsieur ?

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à O.S.T.I.A.
      Working class bléro
      • Posté à 13h20 le 11/01/2013
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Non, il est surement patron de sa boite avec ce petit fixe, et à la fin d’année, le bilan fait, s’il est seul actionnaire , ca peut être confortablement multiplié ou pas du tout.si l’année n’ a pas été bonne, ou s’il préfère ne pas investir et garder tout pour lui. Je connais des garagistes ou d’autres commercants qui font comme ça.
      On ne nous dit pas tout.
      Sans compter, carburants, péage, voitures, repas, sur le compte de la boite bien sur...Il peut aussi acheter des voitures et les louer plus cher que leurs coûts à sa boite. Enfin plein de combines parfaitement légales.

      • liberté
        • Posté à 10h10 le 12/01/2013
        • Internaute 6631

        Moi quand j’ai vu le reportage aux infos, j’ai failli pleurer ! ! ! ! ! Surtout quand l’un d’eux a dit, qu’il ne s’en sortait pas et qu’il gagnait très mal sa vie. Bien bon il va falloir à changer de boulot cher monsieur.

      • liberté
        • Posté à 10h10 le 12/01/2013
        • Internaute 6631

        Moi quand j’ai vu le reportage aux infos, j’ai failli pleurer ! ! ! ! ! Surtout quand l’un d’eux a dit, qu’il ne s’en sortait pas et qu’il gagnait très mal sa vie. Bien bon il va falloir à changer de boulot cher monsieur.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à O.S.T.I.A.
      Fou du volant
      • Posté à 15h21 le 11/01/2013
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      ..

  • Galerith
    Galerith
    Pirate
    • Posté à 13h15 le 11/01/2013
    • Internaute 98440
      Pirate

    « Grégoire, c’est un régime de sportif. Pas d’alcool, ni de repas gargantuesques : son truc, c’est le thé.
    “ Pour décompresser, je me mets en terrasse, je bois mon thé et je fume ma cigarette.”

    Son truc, c’est le thé ET la cigarette. Sportif du dimanche.

    • ymerej34
      ymerej34 répond à Galerith
      Salarie associatif
      • Posté à 13h43 le 11/01/2013
      • Internaute 67688
        Salarie associatif

      Oui c’est plutôt le régime de toute personne qui bosse plutôt que d’un sportif ...

  • Stié
    Stié
    Rien
    • Posté à 13h19 le 11/01/2013
    • Internaute 194042
      Rien

    C’est intéressant, l’idée de faire mettre une note, dans ce type d’articles, je trouve. Même si les personnes qui témoignent se plaignent souvent (je ne dis pas ça de façon critique envers eux), évoquent des difficultés, les notes sont quand même souvent élevées, c’est optimiste.

  • ymerej34
    ymerej34
    Salarie associatif
    • Posté à 13h42 le 11/01/2013
    • Internaute 67688
      Salarie associatif

    Pas top cet article, j’attendais justement un article sur la grève des taxis pour comprendre un peu mieux ... Car comme beaucoup j’avoue avoir beaucoup de mal avec les taxis ... En même temps je vis à Marseille, et les deux fois où j’ai pris un taxi, ils m’ont pris pour un touriste et j’ai pu voir les détours hallucinants qu’ils font ... Je ne parle pas de leur grève à répétition contre les auto partages, contre les vélos taxis, et j’en passe ...

    Alors là avec cette grève j’ai découvert que les déplacements médicaux en taxi étaient remboursés ... WHAT ? A quel prix ? etc.

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 14h39 le 11/01/2013
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    -« Pas d’alcool, ni de repas gargantuesques : son truc, c’est le thé. »
    -« La dernière fois, je suis allé en Belgique au salon international de l’autocar. “
    -” Pour les mariages, on met une cravate. Pour l’autocar, on porte un pantalon sombre, une chemise claire et une cravate. »

    - Moi je croyais que c’était plus bandant , le taxi...

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 14h45 le 11/01/2013
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    Attention, ça accroche ! ( copie de Scopitone certainement ) .

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 14h52 le 11/01/2013
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    - Il a combien d’employés, l’ami Vincent ?
    - Quel est leur statut ?

    • Elsa Ferreira
      Elsa Ferreira répond à Waldeck
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 15h24 le 11/01/2013
        rédacteur
      • Journaliste 195874
        Journaliste

      Bonjour Waldeck. Vincent a 4 employés. Salariés, à temps plein. Il a aussi 4 « locataires de taxi » , c’est-à-dire des personnes à qui il loue des véhicules et leur licence, contre le payement d’une redevance mensuelle. Ces locataires gèrent leur clientèle et leurs horaire comme ils l’entendent. Bonne journée !

      • Waldeck
        Waldeck répond à Elsa Ferreira
        Le désenchantement, c'est (...)
        • Posté à 16h18 le 11/01/2013
        • Internaute 36864
          Le désenchantement, c'est (...)

        Merci Elsa pour ce renseignement qui recadre un peu notre sujet,
        sans rien ôter aux mérites de Vincent - ouvrier/patron méritant - on voit qu’il utilise toutes les ficelles qu’offrent les différentes législations et dispositions de l’artisanat, du salariat, pour présenter un profil « modeste travailleur indépendant “ qui lui permet de naviguer léger sur une mer agitée avec un faible tirant d’air et très peu de voile..
        Bravo l’artiste !

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 15h08 le 11/01/2013
    • Internaute 45067
      Littéral

    Toute la vacuité de la présidence Hollande est représentée par cette soi-disant réforme du transport des patients des hôpitaux.

    L’exécutif socialiste est incapable de produire des réformes sérieuses et efficaces de la société et de l’économie françaises.

    Il aurait fallu une profonde réorganisation des financements de l’économie jointe à une révision complète de la fiscalité afin de redonner les moyens d’une retour vers plus d’activité et de pouvoir entreprendre le lourd chantier de la charge des pension de retraite dont le déficit risque de repartir à la hausse dans les années qui viennent.

    Une réforme du secteur bancaire et des assurances, une nouvelle loi fiscale, une rénovation du système des charges sociales voilà ce que serait une véritable révolution française qui ni la droite avec l’UMP, ni la gauche avec le PS n’ont envisagé d’entreprendre tant ces deux formation s politiques qui tiennent le pays sont pris dans les réseaux d’intérêts particuliers de leurs clientèles respectives.

    Aussi fait-on de la politique à la petite semaine, celle qu’on mène à la présidence d’un conseil général d’un département de province.

    le comble de l’habilité politique du président Hollande et de la ministre Touraine  :
    Agir, à la marge sur l’un des postes de dépenses des hôpitaux dont on espère récupérer quelques centaines de millions d’euros d’économie sans pour autant se lancer dans la grande réforme hospitalières attendu en vain depuis des décennies.

    Choisir une corporation qui ne fait pas partie de la clientèle habituelle des socialistes. Les taxis feront l’affaire, en plus, cette une corporation qui a mauvaise réputation et que les gens détestent.

    À la place d’une véritable réforme, on change juste une règle de gestion dont le principe est difficilement critiquable, optimiser les dépenses en utilisant les appels d’offre de délégation de service public. Et le tour est joué. Il faudra des mois sinon des années avant que les protestations des patients qui y perdront au change ne deviennent un problème politique.

    La très néo-conservatrice Marisol Touraine, antisociale a montré l’exemple dès 2008 à la présidence du CG d’Indre-et-Loire avec le recours massif à la délégation vers le privé des services publics.

    Les conservateurs avec le 1er ministre Villepin ont modifié les marchés publics en leur rendant leur opacité d’avant la loi Sapin en inventant le marché public dit d’accord-cadre qui permet de ne pas rendre public les tarifs des prestations de service qui deviennent des secrets commerciaux. Ce type de marché a l’objectif d’obliger le donneur d’ordre à prendre l’offre la moins-disant.
    Cette passation se fait en deux phase. À la première le donneur d’ordre sélectionne une liste de prestataires qui sont ainsi habilités à rendre le service demandés. Quelques semaines plus tard, ces prestataires font des offres et le donneur d’ordre est obligé de céder le marché à l’offre la moins coûteuse.

    C’est ce type de marché dont les taxis ont tout à craindre et qui les privera de la moitié de leur chiffre d’affaire.

    On dit que serait les grosses entreprises filiales du CAC40 qui seraient les bénéficiaires de ce système. Rien n’est plus inexact.

    Cette situation existe déjà dans le transports des voyageurs en l’occurrence le transport scolaire des enfants handicapés.

    Là, les entreprises de transport classiques n’ont pas pu faire face à une concurrence particulièrement déloyale de petites officines qui cassent les prix pour obtenir des marchés.

    Les conditions de travail dans ces entreprises low-cost sont particulièrement éprouvantes pour les salariés, mal payés, pas totalement défrayés et obliger de signer des contrats qui ne reflètent pas la réalité de leur temps de travail.

    Après être devenus créanciers de leurs entreprises, exténués, découragés, sans recours, ces salariés démissionnent écœurés des conditions qu’on leur fait.

    Pour vous donner un idée du marasme dans ce secteur je vous conseille de lire les résultat de cette requète sur google et qui donne une idée de ce que pourrait devenir le transport des patients des hôpitaux français 
    Le transport des élèves handicapés

  • fredpop
    fredpop
    referenceur
    • Posté à 15h26 le 11/01/2013
    • Internaute 96355
      referenceur

    150 000 bornes... ça doit faire un paquet de litres de diesel (subventionnés)... multiplié par le nombre de taxi... Brrrrr... pas étonnant que les maladies respiratoires explosent depuis 20-30 ans dans les grandes agglomérations, notamment chez les gosses, car dans les grandes villes, le kilométrage annuel doit être également conséquent. Et Attali qui veut les multiplier...
    Constamment dans les embouteillages, derrière les pots d’échappement,, je n’ose imaginer l’état des poumons de ses collègues urbains. Ça m’étonnerai qu’ils profitent bien longtemps de leur retraite...

    Ce genre de transport est une aberration écologique, économique et sanitaire, surtout quand un réseau dense de bus/métro existe comme à Paris. On devrait les taxer à fond la caisse. Les transports en commun sont l’avenir quoique l’on en dise.

    PS : Je précise que je parle bien des transports urbains, pas des ruraux. Si un taxi peut palier à la présence de dizaines ou de centaines de véhicule, ce peut être considéré comme une forme de transport en commun...

    • egide
      egide répond à fredpop
      Littéral
      • Posté à 16h20 le 11/01/2013
      • Internaute 45067
        Littéral

      Bien sûr que le bus il va s’arrêter devant le domicile de chaque patient et que des employés vont aller dans les étages récupérer une personne peu mobile  !

      • fredpop
        fredpop répond à egide
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        • Posté à 16h50 le 11/01/2013
        • Internaute 96355
          referenceur

        Je visais surtout la majorité des déplacements du type gare/aéroport. dans les grandes villes.
        Pour les personnes en difficulté ou les déplacements ponctuels, on peut également imaginer un service public spécial ou en partenariat avec le privé habilité via un centre d’appel qui centraliserait et regrouperait les courses en mini-bus / taxi. J’utilise d’ailleurs ce système quand je me rend à la gare TGV Le Creusot-Montceau : un taxi collectif (mini bus, autocar) à la demande, peu onéreux (d’ailleurs, je suis toujours étonné du peu de succès de cette formule, la plupart des voyageurs sont récupérés par leurs proches ou ont leur voiture garée, et se tapent quelques dizaines de km aller-et-retour). A Montpellier, certaines lignes de bus fonctionnent aussi de cette manière.

    • Waldeck
      Waldeck répond à fredpop
      Le désenchantement, c'est (...)
      • Posté à 16h21 le 11/01/2013
      • Internaute 36864
        Le désenchantement, c'est (...)

      -« ce peut être considéré comme une forme de transport en commun... »

      - Oui, ça s’appelle du transport « collectif » .

      • fredpop
        fredpop répond à Waldeck
        referenceur
        • Posté à 16h56 le 11/01/2013
        • Internaute 96355
          referenceur

        oui, voilà, merci !
        Une forme d’auto-partage avec chauffeur, en somme.
        D’ailleurs le concept est à creuser (genre avec abonnement) dans les coins mal desservis. Un peu comme les AMAPs pour les produits agricoles, ce qui garantirait un revenu minimal mensuel au chauffeur.

  • Seingalt
    Seingalt
    amateur professionnel
    • Posté à 16h59 le 11/01/2013
    • Internaute 166244
      amateur professionnel

    Le lobby des taxis remercie Rue89 de leur offrir une tribune. C’est quand même mieux que de devoir jouer les pigeons sur facebook.

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 07h08 le 12/01/2013
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    c’est incroyable le manque de critique de rue89 sur le tissu de conneries et de contre vérité que nous assène cet « artisan taxi »
    Elsa devrait faire cinq ou six « courses » en taxi et entendre les discussions des chauffeurs.

  • Lecteur Lambda
    Lecteur Lambda
    faudrait savoir
    • Posté à 07h10 le 12/01/2013
    • Internaute 194588
      faudrait savoir

    Quand on connait le prix d’une licence de taxi, on se doute bien que ce n’est pas avec 1 450 €/mois que l’on peut se payer ça, en plus d’une maison.
    Il a dû un peu se tromper dans ce qu’il raconte le brave Vincent.
    Si les licences valent si cher, c’est que la demande est forte, et pourquoi la demande est forte, c’est parce que ça rapporte beaucoup.
    Vincent a peut-être voulu dire que chacun de ses taxis (et comme il a 4 salariés, plus 4 loueurs, plus lui qui roule, ça fait 9 taxis) lui rapporte NET 1450 € / mois charges déduite et remboursement du crédit pris pour la licence payé.
    A moins que ce soit un ex-gagnant du Loto qui ai choisi d’investir dans les taxis.

    • jyeden
      jyeden répond à Lecteur Lambda
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 10h02 le 12/01/2013
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      personne ne sait exactement combien coute une licence de taxis
      une grande partie se fait au schwartz
      ça evite de payer sur une plus value
      et sur les droits d’enregistrement
      les taxis n’ont pas besoin d’aller en belgique ou en russie : ils sont « de fait » exo d’impots en France

  • lebowski
    lebowski
    misanthrope
    • Posté à 10h50 le 12/01/2013
    • Internaute 10466
      misanthrope

    Pour ma part je suis chauffeur de taxi salarié dans une (petite) capitale européenne et ma situation n’a rien à voir avec celle de ce témoin, cependant je connais bien les conditions de travail des artisans taxi français ;

    il n’est pas impossible que cet artisan ne gagne « que » 1450 euros par mois tout frais déduits : le coût d’une licence varie de 150000 euros à 400000 euros selon les régions en France et elle s’amortit généralement sur 10/12 ans. Le salaire indiqué est donc après payement des charges de l’entreprise, ce qui est logique.

    Ce monsieur était commercial avant de faire le taxi (comme moi) et il à dut acheter sa maison à ce moment (comme moi !).

    De plus 1450 euros pour 12 à 15 heures de travail par jour, semaine et week-end, c’est pas cher payé.

    Cependant, c’est vrai, certains artisans gagnent bien plus notamment s’ils ont pour clients des personnes qui traversent la moitié de la France pour des soins médicaux spécifiques chaque semaine.

    Le black existe dans le taxi mais très dangereux en raison des nombreux contrôles et surtout des risques en cas d’accident.

    Pour ma part en tant que salarié je gagne 1400 à 1900 euros par mois (payé à la commission exclusivement, pas de fixe dans le pays où je travaille), plus les pourboires (environ 300 euros/mois) pour 12 heures/jour, cinq jours par semaine.
    Ma voiture est mise à ma disposition par l’entreprise qui en supporte l’achat et l’entretien. Donc par rapport à ce témoignage je n’ai pas à me plaindre, d’autant que je n’est pas le souci de la gestion d’une entreprise.

  • emmanuel24
    • Posté à 10h49 le 12/01/2013
    • Internaute 39678

    Je n’ai aucune envie de faire un effort intellectuel pour ces gens qui nous prennent en otage, pour des gens peu aimables, voleurs envers l’état et leurs clients.Ils n’ont jamais la larme à l’oeil pour qui que ce soit, c’est un juste retour des choses, ils voudraient peut-être compter sur la solidarité, qu’ils aillent se faire foutre.

  • porqueno
    porqueno
    OUVRIER CHOMEUR
    • Posté à 10h42 le 13/01/2013
    • Internaute 106887
      OUVRIER CHOMEUR

    et bien quand je lis les niveau des commentaires , c’est typiquement le sujet ou on se permet de parler d’ un air averti en ne sachant absolument pas de quoi on parle ( a part peut être egide ) ce sont des commentaires de citadins bien portants et qui mélangent tout ! quand je lis : « , disons le, une grande majorité truande (transport de 3 malades en même temps en facturant trois trajets à la Secu et non un seul, compteur qui tourne allègrement etc...). A force d’abuser, ceux qui truandent ont tué le système. » les bras m’ en tombent ! savez vous que c’est la sécu qui demande a ce que les taxis ruraux prennent plusieurs patients en même temps ? ET LE MYTHE du taxi qui fait du black ! (toujours en rural vous pouvez rester des semaines voir des mois sans voir un billet de banque parce que le travail consiste a faire a 90 /100 du médical ( pour la plupart )soit des assistances depannages !

    • lebowski
      lebowski répond à porqueno
      misanthrope
      • Posté à 11h18 le 13/01/2013
      • Internaute 10466
        misanthrope

      en effet les commentaires de La Rue sont souvent hors sujet et servent plutôt de défouloir à quelques personnes qui dans le cas présent ne connaissent que les taxis parisiens et les « on-dit » sur le sujet.
      la théorie selon laquelle tous les travailleurs indépendants truandent a la vie dure ici ; tout cela est un peu réac’.....

      • porqueno
        porqueno répond à lebowski
        OUVRIER CHOMEUR
        • Posté à 12h10 le 13/01/2013
        • Internaute 106887
          OUVRIER CHOMEUR

        d’ accord avec toi ils sont également fielleux et condescendants : » » Bien bon il va falloir à changer de boulot cher monsieur. » et dire que la plupart se disent de gauche ! tu gagne pas assez a l’usine ? : change de boulot. Sinon on vit une époque formidable ! tous ces gogos qui prennent des bribes d information « j ai entendu a la télé » et qui pense avoir une opinion sur tout et n importe quoi : sur le trou de la secu , , sur le boulot du voisin , sur les fonctionnaires .et pendant ce temps on nous bassine sur la productivité et la flexibilité du travail .,on jette a la poubelle les acquis sociaux nom de la productivité (le droit a l accès aux soins en fait partie) mais bon, tout va bien ,ils n habitent pas au fin fond du morvan et ne sont pas malades

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