Tribune 10/01/2013 à 21h07

Si vous voulez des CDD, alors payez : les mauvaises idées de la négociation sur le travail

Mireille Bruyère | Economiste Atterrée
Julie Valentin | Economiste Atterrée

Tribune

Le document gouvernemental « pour une meilleure sécurisation de l’emploi » [PDF] fixe le cadre de la négociation en cours entre partenaires sociaux.

Il place le maintien de l’emploi au cœur des débats. Ce cap sera-t-il maintenu ?

Et pour un licenciement, c’est combien ?

Le patronat a présenté ses propres propositions. Celles-ci posent comme centrale la question de la sécurisation… des ruptures et des suppressions d’emplois.


Scène du film « The Damned United » (Capture d’écran YouTube)

Dans la dernière version de son texte, le Medef propose ainsi une « tarification » du licenciement sans cause réelle et sérieuse lorsque les parties optent pour la conciliation prud’homale :

  • Pour un salarié ayant moins de deux ans d’ancienneté, compter deux mois de salaire ;
  • entre deux et huit ans d’ancienneté, prévoir quatre mois de salaire ;
  • et ainsi de suite jusqu’à douze mois de salaire pour une ancienneté supérieure à vingt-cinq ans.

L’idée sous-jacente est la suivante : les entreprises créeraient plus d’emplois si elles connaissaient parfaitement à l’avance ce qu’il leur en coûtera de licencier. Cette thèse est celle du besoin de garanties pour agir.

Or, c’est précisément ce qui est nécessaire aux salariés : des garanties sur le maintien de leur emploi pour consommer, pour se former, pour s’impliquer dans leur entreprise. Le droit du licenciement et les moyens de le faire valoir en justice en font partie.

L’idée : si vous voulez des CDD, alors payez !

La seconde idée qui se dégage des discussions autour des négociations est l’effacement de la loi comme cadre des actions devant les logiques de réparation ou d’incitation.

La proposition de modulation des cotisations en fonction du recours aux contrats courts en témoigne. D’une certaine manière, cette proposition pourrait signifier : si vous voulez des CDD, alors payez !

En effet, il ne s’agit pas de modifier la législation qui définit les circonstances autorisant le recours aux CDD ou de créer une procédure permettant de la faire respecter. La proposition entend réduire l’usage des CDD en le rendant plus coûteux.

Côté patronat, le texte proposé met en avant les difficultés que rencontrent les salariés en contrat court dans les projets les plus essentiels de leur vie (se loger, se former, obtenir un prêt bancaire, etc.). Il envisage alors les dispositions que doit prendre le gouvernement pour les atténuer (création de logements et de garanties financières dédiés). La compensation est ainsi reportée sur l’Etat.

Les employeurs n’hésitent pas à payer

Plus profondément depuis la crise, la question du maintien en emploi semble dominée par celle de la compensation financière des suppressions ou des ruptures de CDI.

En effet, certains plans de départ volontaire voient affluer les candidats tandis que le nombre des ruptures conventionnelles excède désormais celui des licenciements pour motif économique. Cela témoigne du prix parfois élevé que les employeurs sont prêts à payer pour supprimer leurs emplois ou renouveler leurs effectifs.

Cela relativise l’argument du coût du travail comme seul aiguillon des décisions d’embauche.

Mais c’est aussi un indice de la dégradation des conditions de travail de ces salariés prêts à lâcher leur emploi en période de crise.

Employeurs et salariés seront pénalisés

Les employeurs et les salariés ne perçoivent pas que leurs décisions renforcent in fine les raisons qui les poussent à se désengager :

  • Les employeurs ne saisissent pas qu’ils contribuent à façonner un environnement économique où la rentabilité de leurs investissements productifs et leurs débouchés sont plus fluctuants. En effet, le recours aux contrats temporaires, à la rupture conventionnelle et la multiplication des plans de départ rend plus instables les revenus et donc la consommation des salariés ;
  • De leur côté, les salariés entrent dans le jeu de la négociation sur leurs ruptures sans en mesurer les implications sur leurs collectifs de travail et, par suite, sur leur pouvoir de négociation et sur la valeur de leurs qualifications. C’est précisément dans un tel cas que le politique doit reprendre la main pour assurer les conditions de la stabilité et de la qualité de l’emploi.
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  • thierry reboud
    • Posté à 21h24 le 10/01/2013
    • Internaute 20923

    Ce que souligne très bien ce texte rejoint quelque chose que les syndicalistes au ras des pâquerettes vivent dans les entreprises, et qu’ils vivent avec la rage au ventre : en être réduit à négocier de meilleures conditions de licenciement sans jamais pouvoir remettre en cause le bien-fondé des licenciements, le cas échéant les responsabilités patronales (notamment les décisions fautives sur lesquelles, éventuellement, on avait mis en garde) ou les éventuelles solutions alternatives.

    On est trop souvent réduit à négocier la défaite.

    • Communisty Manager
      Communisty Manager répond à thierry reboud
      Franc-Tireur
      • Posté à 00h01 le 11/01/2013
      • Internaute 196465
        Franc-Tireur

      Pour pouvoir remettre en cause les décisions du patron, il faudrait que le patron ne soit plus le patron, et que l’entreprise ne soit plus sa propriété mais celle des salariés de l’entreprise.

      Pour aller directement au point godwin, il faut abattre le nazisme, pas demander que les camps de travail soient mieux représentés dans le système nazi.

      Sinon, on n’a que des défaites à négocier.

      C’est ce qui fait la différence entre FO et même la CGT qui sont basés sur la lutte des classes et visant à la victoire des exploités sur les exploiteurs, et la CFDT basé sur la collaboration de classe et visant à la cogestion de l’exploitation par les exploiteurs et les exploités.

      On est trop souvent réduit à négocier la défaite parce qu’on ne vise même pas la victoire.

      • thierry reboud
        • Posté à 20h26 le 11/01/2013
        • Internaute 20923

        C’est un point de vue, ça n’est pas le mien.

        Pour ma part, et même si je ne considère pas que ce soit une panacée, j’ai tendance à penser qu’il y aurait des leçons à prendre dans la cogestion (du type allemand, pour faire vite).

    • MarxForEver
      MarxForEver répond à thierry reboud
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 03h23 le 11/01/2013
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      C’est même pire que cela : aucune des grandes déclarations dont s’étaient fendus les dirigeants pendant la crise des subprimes, Obama et s_rko en tête n’a été suivi d’effet : les banques et entreprises « too big to fail » sont toujours « too big to fail », aucune des mesures de régulation promises la main sur le coeur n’a été implémentée etc... C’est ainsi qu’une crise déclenchée par les spéculateurs se conclut encore par des mesures contre les travailleurs. En toute irresponsabilité, les dirigeants essaient de remettre le couvercle sur la crise des subprimes exactement comme ils ont essayé de le remettre sur le referendum du TCE. Sauf que précisément , le contexte de la finance folle qui conduisit à la crise des subprimes est resté inchangé. Ainsi par leur volonté d’aveugement, nos dirigeants ne font que hâter la survenue certaine de la prochaine crise qui sera la dernière puisqu’il n’y a plus de prêteur en dernier ressort dans le système. Gouvernants et patrons sont dans une forme de suicide collectif.

      Pas sûr que ce soit une défaite, car dans le même temps d’autres gens travaillent discrètement à la mise en place d’un autre tissu économique, débarassé des dinosaures thatchériens, duquel je reçois ces derniers jours des signaux fort encourageants.

      • pateris
        pateris répond à MarxForEver
        serial lecteur
        • Posté à 10h56 le 11/01/2013
        • 174584
          serial lecteur

        Non seuulement ça, mais ces chères agences de notation qui font la pluie et le bon temps ont décidé que prendre des milliards dans nos poches pour les jeter au CAC40 déjà gavé de subventions, c’est bien, mais attention, qu’on ne touche pas aux salaires !
        Tant que ça va directement dans la poche des patrons et des actionnaires sans innover (berk, c’est vulgaire !), tout va bien…

      • egorom16
        egorom16 répond à MarxForEver
        à côté de la plaque... peut (...)
        • Posté à 22h27 le 11/01/2013
        • Internaute 197010
          à côté de la plaque... peut (...)

        Le Triangle de Weimar : vingt ans après sa création arriverais enfin à ce qu’ils voulaient ? ? ? ? ? rendre obligatoire par le suicide collectif de toutes les nations à la création d’une europe fédérale ? ? ? ? et que Lien l’austérité ne serais pas autant une erreur que çà ? ? ? noooooo je deviens parano là

    • pmithrandir
      pmithrandir répond à thierry reboud
      http://www.jaiuneidee.net
      • Posté à 09h45 le 11/01/2013
      • Internaute 90097
        http://www.jaiuneidee.net

      Dernièrement, une salarié est venue demandée de l’aide face à une situation qu’elle vivait au travail. Son patron lui a parlé franchement en lui proposant 2 choses :
      - soit une rupture conventionnelle simple et efficace, proche du licenciement évoqué dans l’article.
      - soit un licenciement, avec 2 années de procédures longue et crevante aux prud’homme.

      Sa première réaction a été de remettre en question la décision en elle même de licenciement. elle voulait rester dans la boite. 1ère erreur.
      La seconde a été de se mettre en arrêt maladie pour déprime : 2nde erreur

      La réaction du patron a été simple, il est passé directement à l’option du licenciement.

      Les conseils qui lui ont été prodigué ont été les suivants :
      - ne pas remettre en question le licenciement, ca ne sert à rien la décision est déjà prise.
      - essayer de toujours négocier et de sortir par le dialogue de cette situation
      - ne jamais jouer à l’autruche.

      Là, comme elle n’a rien fait de tout cela, elle se retrouve en déprime, sans indemnité(en général, le préavis de 3 mois non travaillé +1-3 mois dans son cas, moins de 2 années dans la boite soit 4 à 6 mois de salaire), sans travail, bref dans la merde.
      Dans le cas contraire, elle aurait une indemnité, pas de problème, une bonne image auprès de son ancien patron, voir même peut être des contacts dans d’autres boites ou une recommandation.

      Choisissez votre camp, mais moi je choisis vite le mien.

    • crawl
      crawl répond à thierry reboud
      formation
      • Posté à 11h11 le 11/01/2013
      • Internaute 48766
        formation

      Très juste, et le PDF « document d’orientation » en est un parfait exemple, dès les premières « orientations » quand je lis :
      -« trouver des leviers pour que le CDI demeure ou redevienne la forme normale d’embauche,... »
      -« traiter la problématique du temps partiel subi, en identifiant les moyens d’encadrer les temps partiels portant sur un faible nombre d’heures,... »
      J’hallucine ! Car il s’agit là de l’application de la loi, et non d’une « négociation entre partenaires salariaux » !
      En somme, l’état constate que les employeurs ne respectent pas la loi (le CDI n’est plus la norme alors qu’il est clairement défini comme tel dans le code de loi, ce qui induit qu’ils recourent de manière abusive aux autres contrats, et quand au temps partiel subi, il n’est pas légal non plus, et là, non seulement le principe est entériné et approuvé, mais il ne poserait souci QUE pour les « faibles heures ») mais de surcroît il demande aux « partenaires sociaux » de trouver des solutions, alors que la vraie problématique relève de deux choix : soit il s’agit de faire appliquer et respecter la loi (rôle et fonction régalienne...), soit il faut modifier la loi pour qu’elle corresponde mieux aux pratiques en cours et redéfinisse le droit du travail (rôle de l’état et de l’assemblée).

      En fait, c’est à l’état de diriger les travaux, en consultant les syndicats employeurs et salariés, et non à ces derniers de « négocier » ce qui vaudra de droit, car les enjeux dépassent largement le cadre des intérêts de leurs seuls adhérents, mais bien de la nation entière !
      Bref, les syndicats de salariés sont totalement piégés par ce texte, car l’avantage est aux patrons, ici...
      Et je ne parle même pas de ce énième désengagement de l’état « PS », on commence à avoir l’habitude (sénateurs PS qui laissent l’UMP faire passer le MES via une « abstention dynamique et agressive », le prez-PS qui fait semblant de renégocier le TSCG mais se couche à plat ventre devant Merkel, qui amenuise le droit de regard de l’état sur des entreprises « sensibles » (EADS, Alcatel) qui vont probablement à moyen terme se faire dépecer au profit d’intérêts étrangers...

    • Kukaracha
      Kukaracha répond à thierry reboud
      Etudiant
      • Posté à 15h18 le 11/01/2013
      • 184425
        Etudiant

      Mais sur le principe, les moyens de production ne sont-ils pas privés ? L’institution qui les encadre n’est-elle pas la propriété de l’actionnaire ? Si c’est le cas, ce n’est pas tellement une démocratie, non ?

      Donc ce que vous remettez en cause, c’est ce principe d’appartenance et d’autorité, c’est bien ça ?

      • thierry reboud
        • Posté à 20h24 le 11/01/2013
        • Internaute 20923

        Oui.

        Après, on peut toujours discuter de l’ampleur de la remise en cause.

    • Jean35
      Jean35 répond à thierry reboud
      en recherche d'emploi
      • Posté à 11h15 le 14/01/2013
      • Internaute 166012
        en recherche d'emploi

      Pour cette fois (voir mon désaccord concernant votre assimilation entre le Mali et le Centrafrique et votre souhait de rester l’arme aux pied quand nos adversaires déclarés menacent cette fois de s’emparer en quelques jours de plusieurs milliers de nos ressortissants de plus), je partage votre avis mais malheureusement général qu’en matière de droit du travail, de la famille ou des affaires, dès qu’une rupture de contrat est décidée, on ne plus que négocier les conséquences de la défaite.
      En ce qui concerne les licenciements individuels, la loi ne donne aucun droit aux représentants du salarié (sauf pour leur propre cas) ; on déconseille même au salarié de se faire accompagner en entretien préalable au licenciement (voir une de mes précédentes interventions).
      On a en France une situation relativement libérale où les syndicats admettent que les entreprises achètent la paix sociale (cette fois le droit de toujours perpétuer ou reconduire les CDD). Il est par contre bon que soit rejetée la facilité de ne pas même faire intervenir un juge de Prud’Hommes, ce qui aurait accentué l’arbitraire de certaines situations.
      Je crois qu’à accepter cette « fatalité » tant et plus, sans jamais entamer de mouvement collectif envers des abus de certains licenciements individuels (voir de certaines décisions collectives de transfert de sites comme j’en ai aussi connu), les syndicats ne se coupent des salariés qu’ils sont censé représenter. Est-ce qu’au niveau national, une centrale ou le gouvernement reprendra cette lacune du droit ?
      Sinon, pour ma part, je considère que la loi aurait dû alors me permettre de me faire accompagner d’un avocat, plutôt que d’un représentant du personnel, certes de bonne volonté et réconfortant, mais incapable de peser face à une décision délibérée, même injuste.

  • Listéria
    Listéria
    particulier
    • Posté à 21h33 le 10/01/2013
    • 180828
      particulier

    C’est le problème majeur de cette négociation. Plutôt que de faire de l’amusage de galerie avec des clichés vieux de vingt ans, on pourrait se demander comment on fait pour relancer l’emploi.
    Visiblement Hollande n’est pas encore sur ce projet.

  • amarré
    • Posté à 21h36 le 10/01/2013
    • 174877

    On liquide le « marché du travail » (la formule est déjà horrible) pour revenir au « marché des esclaves » ?

    • jyeden
      jyeden répond à amarré
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 06h18 le 11/01/2013
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      faudrait pas non plus que les esclaves se croient tout les droits ! ! ! ! il y en qu’abuse ! !

    • simla
      simla répond à amarré
      desperate housewife
      • Posté à 06h38 le 11/01/2013
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      On peut dire ça !

      Je suis un peu férue de Moyen-âge et je lis en ce moment « le dimanche de Bouvines » où j’ai relevé un passage très intéressant : Au lendemain de l’an mille, une théorie des trois ordres fut mise en forme (par l’église) : les hommes ont été séparés en trois catégories : l’une de celles-ci la plus importante a vocation de travailler, d’entretenir par son labeur les gens des deux autres, à savoir les religieux (occupés à prier pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête..) et les chevaliers qui font la guerre pour nous défendre.

      Et bien, on n’est pas si éloignés de cet état de choses...la masse travaille pour qu’une poignée d’élus s’enrichisse de plus en plus, bien sûr, on n’entretient plus les religieux, ils ont suffisamment fait fructifier leur magot...mais avec nos impôts on paie bel et bien une partie des guerres auxquelles on participe et pour lesquelles ont ne nous demande pas notre avis d’ailleurs...

      Bref, l’ordre des choses n’a pas tellement évolué, sauf qu’à présent, la masse laborieuse a droit à quelques hochets : ipad, écran plat, etc...
      et voilà qu’on voudrait nous les enlever ?

      • piflechien
        piflechien répond à simla
        animal domestique
        • Posté à 10h51 le 11/01/2013
        • Internaute 42424
          animal domestique

        C’est mon analyse également. La société française n’est ni libérale, ni socialiste, mais tout bonnement féodale, et il y a beaucoup de travail à faire avant de sortir des modes de pensée par lesquels nous sommes conditionnés.

         
        • pateris
          pateris répond à piflechien
          serial lecteur
          • Posté à 10h59 le 11/01/2013
          • 174584
            serial lecteur

          Si elle était vraiment libérale, on ne gaverait pas le CAC40 de subventions sans rien demander en échange, on laisserait faire la main invisible du marché.

          • piflechien
            piflechien répond à pateris
            animal domestique
            • Posté à 11h25 le 11/01/2013
            • Internaute 42424
              animal domestique

            Et on ne renflouerait pas la Société Générale non plus. Tout ce patchwork pour masquer la réalité d’un pouvoir féodal et mafieux.

            • pateris
              pateris répond à piflechien
              serial lecteur
              • Posté à 11h32 le 11/01/2013
              • 174584
                serial lecteur

              Et pas de « prime à la casse » pour mettre sous perfusion un secteur incapable d’innover…

          • kevangel
            kevangel répond à pateris
            Chercheur
            • Posté à 14h02 le 11/01/2013
            • Expert 24356
              Chercheur

            Et l’Etat ne s’occuperait pas d’obtenir des contrats pour des entreprises privées.

            • pateris
              pateris répond à kevangel
              serial lecteur
              • Posté à 15h47 le 11/01/2013
              • 174584
                serial lecteur

              Ça, ce n’est pas ce qui me choque le plus (enfin, à moins de jouer les VRP à plein temps pour les copains, suivez mon regard), puisque in fine, l’état en bénéfice aussi, et donc je, tu, nous, il…

        5 autres commentaires
    • alberich
      alberich répond à amarré
      fumiste
      • Posté à 14h21 le 11/01/2013
      • Internaute 84604
        fumiste

      Esclave au moins t’es nourri logé ^^

      • pateris
        pateris répond à alberich
        serial lecteur
        • Posté à 15h48 le 11/01/2013
        • 174584
          serial lecteur

        C’est pour ça qu’il faut que les frais soient à la charge de l’état. Le pied !

  • Wonder_SR
    Wonder_SR
    Obsédé de la virgule
    • Posté à 22h00 le 10/01/2013
    • Internaute 110525
      Obsédé de la virgule

    « La seconde idée qui se dégage des discussions autour des négociations est l’effacement de la loi comme cadre des actions devant les logiques de réparation ou d’incitation. »

    « La proposition de modulation des cotisations en fonction du recours aux contrats courts en témoigne. »

    Négociation sécurisation négociation propositions question sécurisation suppressions version « tarification » conciliation discussions négociations actions réparation incitation proposition modulation cotisations fonction proposition législation proposition dispositions création compensation compensation suppressions (aiguillon) décisions dégradation conditions décisions multiplication.

    J’ai bien mangé, je vais me coucher.

    • Communisty Manager
      Communisty Manager répond à Wonder_SR
      Franc-Tireur
      • Posté à 23h22 le 10/01/2013
      • Internaute 196465
        Franc-Tireur

      Ces économistes sont atterrés.
      Moi aussi...

      On dirait le sketch de Coluche sur les technocrates...

      • Bob Moog
        Bob Moog répond à Communisty Manager
        Voltage Controlled
        • Posté à 11h13 le 11/01/2013
        • Internaute 136928
          Voltage Controlled

        Moi ça me fait plus penser à la scène chez le notaire dans Les Trois Frères.

  • silsilsil
    silsilsil
    Odieux campagnard
    • Posté à 22h01 le 10/01/2013
    • Internaute 121365
      Odieux campagnard

    En tout cas, une tendance nette ressort de ces négociations. Le salarié n’est pas considéré comme une personne mais comme un outil, aussi bien par le patronat que les syndicats.

    Coté patronat, on a l’impression que le salarié est interchangeable, que chaque individu est semblable aux autres, que recruter/licencier devrait être comme faire du shopping. Pourtant, beaucoup d’entreprises vivent des situations très difficiles à cause du turn-over et des réorganisations incessantes.

    Coté syndicats, seul le maintien de l’emploi et les augmentations de salaire semblent compter. Qu’un salarié soit bien à son poste, gagne en compétences et puisse se rendre plus attractif sur le marché du travail n’a visiblement aucune importance.

    • A déménagé le 22-01-2013
      A déménagé le 22-01-2013 répond à silsilsil
      non connue
      • Posté à 22h45 le 10/01/2013
      • Internaute 127750
        non connue

      Je ne comprends pas bien quand même ; c’est avec l’ancienneté que s’acquiert l’expérience et la compétence, et l’expérience montre que jamais ce qui n’est pas demandé est octroyé ; il n’est donc pas étonnant que les syndicats défendent à minima un maintien alors que le patronat se sert de la baisse pour corriger ses pertes. D’ailleurs plus ça va mal en emploi et salaire et plus la bourse monte.
      Est ce en étant licencié et obligé sans arrêt de vivre dans l’insécurité qu’on se rends « attractif » ou est ce en acceptant de travailler à moins que sa valeur ?

      • silsilsil
        silsilsil répond à A déménagé le 22-01-2013
        Odieux campagnard
        • Posté à 08h55 le 11/01/2013
        • Internaute 121365
          Odieux campagnard

        C’est hélas absolument faux ! L’ancienneté et la compétence ne sont pas lies. Beaucoup de salaries n’ont jamais accompli de travail valable durant leur vie professionnelle.

        L’expérience et la compétence ne s’acquièrent qu’avec les bonnes opportunités.

    • Noélie Buisson-Descombes
      Noélie Buisson-Descombes répond à silsilsil
      Militante débutante, (...)
      • Posté à 00h08 le 11/01/2013
      • Internaute 167514
        Militante débutante, (...)

      Sans parler du fait que ceux qui n’ont pas de boulot en trouvent. Y sont pas dans les syndicats. Ou que les précaires puissent voir venir un peu. Y sont pas dans les syndicats non plus.
      Les exclus ont toujours tort.

      • MarxForEver
        MarxForEver répond à Noélie Buisson-Descombes
        L'argent n'existe pas
        • Posté à 01h10 le 11/01/2013
        • Internaute 124072
          L'argent n'existe pas

        Ce que vous dites là est totalement faux. Au sein de ma centrale, je m’intéresse plus particulièrement aux problématiques de pauvreté et de chômage. Nous avons une section chômeurs. Les chômeurs peuvent venir nous trouver pour n’importe quel problème. Etre encarté chez nous n’est pas requis. Nous les encourageons à se syndiquer chez nous ou ailleurs mais leurs faibles moyens ne leur permettent souvent pas de régler une cotisation.

        Le fait véritablement regrettable dans ces négociations est que le MNCP en soit complètement tenu à l’écart.

         
        • kavulours
          kavulours répond à MarxForEver
          instable par nature
          • Posté à 10h13 le 11/01/2013
          • Internaute 21868
            instable par nature

          le MNCP comme l’APEIS et les autres organisations de chomeurs ont peu d’influence sur les confedérations syndicale qui ont le plus grand mal a appréhender ce lupenprolétariat . D’autant plus de mal qu’il n’établissent pas les relais auprès de ce public pour pouvoir recruter (pourquoi n’ya t’il pas de représentations syndicales dans les ANPE)

          • Frangipane-y-est
            Frangipane-y-est répond à kavulours
            Plante verte, rouge et noire.
            • Posté à 13h40 le 11/01/2013
            • Internaute 191696
              Plante verte, rouge et noire.

            Je confirme. Ai été au chômage 3 et 6 mois, jamais entendu parler du MNCP ! Je suis en rogne !

        • Jean35
          Jean35 répond à MarxForEver
          en recherche d'emploi
          • Posté à 11h45 le 14/01/2013
          • Internaute 166012
            en recherche d'emploi

          Je suis désolé, mais « s’intéresser aux problématiques de pauvreté et de chômage », c’est un peu tard, que ce soit collectivement ou à titre individuel.
          Je ne connais pas votre obédience (en supposant que vous faîtes partie de ces deux qui ont refusé l’accord) mais bien souvent à l’échelon local vos représentants entérinent des décisions collectives sans prendre en compte les cas individuels. Ils acceptent par exemple des transferts de site avec des conditions de dédommagement uniformes (pour un pays donné), sans tenir compte des cas réellement impactés. J’ai vu dans une filiale d’un groupe international des disproportions flagrantes (1 à 10 ou 20) entre les indemnités allemandes et françaises pour des transferts de sites analogues et, dans le site français, dédommager au même niveau des salariés que le transfert rapproche de leur domicile au détriment de ceux qu’il allonge (et bien sûr dédommagés à titre temporaire seulement).
          En matière individuelle, j’ai répondu à Thierry Reboud, sur un sujet qui pourrait aussi vous concerner : il y a toujours une négociation en cours qui empêche vos représentants locaux d’intervenir, y compris à titre collectif en faveur d’un salarié. J’en conclue qu’à part un rôle de secrétaire certes un peu réconfortant dans des situations très pénibles, il vaudrait mieux dans beaucoup de cas se faire accompagner en entretien préalable à un licenciement d’un avocat que d’un représentant du personnel.

        3 autres commentaires
    • Communisty Manager
      Communisty Manager répond à silsilsil
      Franc-Tireur
      • Posté à 00h19 le 11/01/2013
      • Internaute 196465
        Franc-Tireur

      Vous avez raison de dénoncer le manque d’ambition des syndicats, qui se contentent de parer au plus vital, mais il faut dire que pour l’instant même pas dix pour cent des salariés sont syndiqués.

      50% de salariés syndiqués pourraient peut-être être plus gourmand, plus audacieux, mais il semblerait que pour l’heure 90% des salariés en France ne soient même pas intéressés par le vital...

      • kavulours
        kavulours répond à Communisty Manager
        instable par nature
        • Posté à 10h34 le 11/01/2013
        • Internaute 21868
          instable par nature

        je dirai plutot que le syndicalisme loin d’etre un droit, reste percu comme une acte de rebellion par un patronnat de droit divin.
        tout le monde sait ce qu’il peut en couter a un déléguer du personnel en terme de carrière .
        D’autre part cette pression rend presque impossible aux interimaires et autre intermittents de s’engager dans des syndicats qui les représentent si peu .
        Enfin une loi permettant le rembourssement des cotisations syndicales par un credit d’impot ameliorerai sans doute le taux de syndicalisation

        je ne crois pas que 90 pc des salariés se désinteresse du syndicalisme
        je crois plutot a une volonté communes des gouvernement et des patrons de brider cette liberté dans un pays ou le droit de greve est assimiler a une prise d’otage et ou les négociation n’aboutissent jamais afin que le gouvernement en place finissent pas legiferer en faveur « des forces vives » .....par opposition aux assistés que nous sommes
        Heureusement cette fois ci nous avons un gouvernement de gauche ........humour quand tu nous tiens ...

         
        • PaulTron
          PaulTron répond à kavulours
          Ce champ sera visible par tous (...)
          • Posté à 10h57 le 11/01/2013
          • Internaute 168564
            Ce champ sera visible par tous (...)

          la cotisation est déjà en partie remboursée par les impôts, comme un don à une association.

          • Bob Moog
            Bob Moog répond à PaulTron
            Voltage Controlled
            • Posté à 11h17 le 11/01/2013
            • Internaute 136928
              Voltage Controlled

            Encore faut il avoir la chance de payer des impôts.

            • PaulTron
              PaulTron répond à Bob Moog
              Ce champ sera visible par tous (...)
              • Posté à 11h52 le 11/01/2013
              • Internaute 168564
                Ce champ sera visible par tous (...)

              si en plus vous avez la nationalité russe : -)

          • kavulours
            kavulours répond à PaulTron
            instable par nature
            • Posté à 11h20 le 11/01/2013
            • Internaute 21868
              instable par nature

            ok pour l’argent , mais quid de la peur ? ?

            • PaulTron
              PaulTron répond à kavulours
              Ce champ sera visible par tous (...)
              • Posté à 11h51 le 11/01/2013
              • Internaute 168564
                Ce champ sera visible par tous (...)

              Quand on se syndique on apprend à se défendre et donc à ne pas subir ni la peur ni les vexations.
              Il faut donc inverser le problème, ce n’est pas se syndiquer qui amène la peur de représailles ou de licenciement, car vous les risquez du simple fait d’être employé. Par contre, se syndiquer aide à se défendre et à ne pas subir cette « peur », même si elle restera présente et souvent bien plus forte. Mais pour un patron, se faire un syndicaliste, relève du pénal, lui aussi a donc peur d’aller trop loin.

              • kavulours
                kavulours répond à PaulTron
                instable par nature
                • Posté à 13h11 le 11/01/2013
                • Internaute 21868
                  instable par nature

                habitué des contrat d’usage je peux vous garantir que si mon employeur apprenait mon appartenance a un syndicat mon téléphone cesserai vite de sonner

        • pateris
          pateris répond à kavulours
          serial lecteur
          • Posté à 11h02 le 11/01/2013
          • 174584
            serial lecteur

          Et surtout, le simple mot de syndicat est généralement suivi de noms d’oiseaux. Enfin, sauf le Medef, qui ne pourrait être corporatissssssssse. Si des négociations échouent, c’est forcément la faute des autres. Choisis ton camp, camarade.

        • Communisty Manager
          Communisty Manager répond à kavulours
          Franc-Tireur
          • Posté à 13h00 le 11/01/2013
          • Internaute 196465
            Franc-Tireur

          Si les intérimaires ne se syndiquent pas, ils ne risquent pas d’être représentés par les syndicats.

          Faut monter un syndicat d’intérimaires, avant d’élire un représentant aux instances confédérales.

          Et demander à l’Etat de favoriser le syndicalisme, c’est n’avoir pas compris que l’Etat n’est pas dans le camp des travailleurs.

          Ceux-ci doivent s’organiser indépendamment de l’Etat et du patronat.

          Faut espérer qu’ils n’attendront pas d’être tous licenciés pour passer par-dessus la peur d’être mal vu comme syndiqués...

          • kavulours
            kavulours répond à Communisty Manager
            instable par nature
            • Posté à 13h26 le 11/01/2013
            • Internaute 21868
              instable par nature

            .................alors pourquoi ne le font ils pas ? ?
            vous vous demandiez pourquoi 90 pc des francais n’étaient pas syndiqués !
            je vous répond que le gouvernement n’organise pas les conditions d’un dialogue social serein .
            Que le rapport de force reste la seule base de négociation ce qui conduit a des conflits et a de simili negociation
            que le gouvenement ne soit pas dans le camp des travailleurs je le sais ....
            Mais alors il ne faut pas s’etonner de l’etat du dialogue social en france
            le fond du probleme est que ce pays a une forte culture du chef d’etat et d’entreprise , et qu’un chef ca negocie pas ca commande ....

            • Communisty Manager
              Communisty Manager répond à kavulours
              Franc-Tireur
              • Posté à 22h17 le 11/01/2013
              • Internaute 196465
                Franc-Tireur

              Il ne peut pas y avoir de dialogue social serein entre le renard et la poule.

              Et si le fermier fait exprès de ne pas fermer la porte du poulailler, il est temps que les poules se regroupent pour combattre.

              Ou alors attendre que le fermier ferme la porte, en regardant les copines se faire croquer une à une...

              Le fond du problème, c’est que les esclaves croient être les partenaires sociaux des négriers et qu’ils voudraient pouvoir dialoguer avec les négriers en ce qui concerne les conditions de leur esclavage....

        11 autres commentaires
    • MarxForEver
      MarxForEver répond à silsilsil
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 01h31 le 11/01/2013
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      Que signifie de parler de « les syndicats », alors que déjà 2 refusent de signer ces accords.

      C’est le gouvernement qui adopté le rapport Gallois, pas la CGT ou FO. C’est lui aussi qui a fixé les cadres de négociations. C’est lui encore qui a décidé de privilégier ce système typiquement libéral de faire primer le contrat sur la loi, ce qui affaiblit les salariés. C’est enfin lui qui refuse d’assumer ses responsabilités en faisant croire qu’il revient à d’autres de prendre les décisions détestables qui découlent de ses choix néfastes.

      • CramSi
        CramSi répond à MarxForEver
        Navigue sur la toile
        • Posté à 09h31 le 11/01/2013
        • Internaute 193187
          Navigue sur la toile

        Merci pour ce rappel salutaire.

      • A déménagé le 22-01-2013
        • Posté à 10h25 le 11/01/2013
        • Internaute 127750
          non connue

        Sans oublier le double langage ; d’un côté « nous avons besoin d’interlocuteurs et il faut en face de nous des syndicats » et de l’autre « les syndicats ne sont pas représentatifs puisqu’ils ne comptent que xxxx adhérents » alors que leur représentativité est bien le résultats d’élections professionnelles. A cette aune les partis politiques ne sont pas légitimes face aux 64 millions de français, combien d’encartés ?
        Ce n’est pas le fait d’être encartés ou pas d’un syndicat qui fait la différence, c’est le rapport de force qui paralyse par crainte de perdre au pire son emploi (premiers virés) ou de subir les représailles.
        N’oubliez pas chez SIMCA puis plus tard Peugeot les ouvriers quasi obligés de prendre la carte du syndicat maison lié à la sinistre CFT sous peine d’être « suspects ».
        C’est ce genre de syndicat qu’ils aiment. Dans nombre d’entreprises le collège « cadre » n’obtient même pas le quorum pour avoir des élus et qu’est ce que ça change ?

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