Vie de bureau 09/01/2013 à 12h30

Sourire continuel et stress refoulé : le syndrome de l’hôtesse de l’air

Rozenn Le Saint | Journaliste

Vendeurs, infirmiers, téléconseillers… Priés de rester aimables, ces « ouvriers émotionnels » ont des astuces pour garder leur calme. Même pendant les soldes.

Les soldes. A peine les grilles des magasins levées, des hordes de clients se précipitent dans les rayons ruiner des piles de vêtements pliés avec soin. Que les vendeurs remettront en ordre, encore et encore, et toujours avec le sourire… plus ou moins forcé.

Les zygomatiques fatiguent le soir des soldes, à 19 heures, constate Guy, directeur d’un magasin Celio à Paris. Mais il faut pourtant sourire, c’est même « le ba.a-ba du métier », ajoute-t-il. Et ce, « même si on vient de se faire plaquer ou de perdre quelqu’un ».

Le contrecoup de ce qu’on pourrait appeler « le syndrome de l’hôtesse de l’air » survient le soir : après avoir explosé son capital d’amabilité et de patience au travail, difficile de rester zen, en rentrant chez soi.

Muscles, tendons et nerfs en souffrance

Les exigences émotionnelles, comme le fait de « devoir cacher ses émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur » sont retenues par le ministère du Travail [PDF] comme l’un des six indicateurs pour mesurer les risques psychosociaux. Simuler cause du stress.


L’avion a quatre heures de retard, les hôtesses sont agressées, mais sourient (Pascal Riché/Rue89)

Mais les métiers du sourire présentent d’autres risques. Les clients agressifs, en premier lieu. Une étude d’Eurofound [PDF] montre que l’exposition à « la mauvaise conduite des clients » peut provoquer du stress et des problèmes de santé psychosociaux, mais aussi des troubles musculo-squelettiques, ces douleurs qui affectent principalement les muscles, les tendons et les nerfs.

Par un mécanisme biologique complexe, le stress au travail peut en effet provoquer une sollicitation des muscles et des tendons.

C’est le lot quotidien de ces « ouvriers émotionnels », terme inventé par la sociologie américaine et repris par Matthieu Poirot, psychologue social, enseignant et consultant en management :

« Avec le basculement de l’industrie au tertiaire, les ouvriers ne vendent plus forcément leur force physique. Le fait d’être en colère envoie des substances dans le corps comme l’adrénaline, que les ouvriers émotionnels ne peuvent relâcher dans l’immédiat.

Ce processus neurobiologique les place en situation de dissonance émotionnelle qui génère un inconfort psychologique et de l’agressivité. Ils offrent plutôt leur capacité à supporter physiquement des émotions qui ne sont pas les leurs. »

« Beaucoup de divorces » à Disneyland Paris


L’hôtesse de « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? », de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker, 1980 (Allociné)

Un tel stress n’est pas sans incidence sur la vie de couple, selon Djamila Ouaz, responsable CFDT de Disneyland Paris :

« J’entends parler de beaucoup de divorces dans l’entreprise. Nous sommes des vendeurs de rêve, mais tout n’est pas beau et rose dans l’envers du décor.

Pourtant, malgré les clients qui vous insultent parce qu’ils en ont marre de faire la queue, il faut garder les mêmes formules de politesse. Nous ramenons le stress à la maison. »

C’est l’une des raisons qui a poussé Jonathan Ben-Moyal à démissionner il y a un mois d’un poste polyvalent chez McDonald’s.

« Depuis, ma compagne me dit tous les jours que j’ai l’air moins stressé. Elle a raison à 300%. Je n’en pouvais plus de ces phrases répétitives à longueur de journée… “Bonjour, menu normal, maxi, sur place ou à emporter ? Merci ! Au revoir !” »

Mais comment font ceux qui restent ?

Alcoolisme chez les hôtesses de l’air

Octavia Dumoulin, chef hôtesse pour l’agence Pénélope, conserve son ton enjoué, presque amusé, même lorsqu’elle raconte l’incorrection de certains hommes d’affaires :

« Parfois, ils ne nous disent même pas bonjour, nous font passer devant eux pour regarder nos fesses et faire des commentaires. Dans ce cas, je reste aimable et positive, en me décalant sur le côté et en leur disant simplement “après vous”. On est obligé d’adopter cette zen attitude…

Pour autant, je reste très polie en dehors du travail. »

Pour Matthieu Poirot, la dégradation des relations des « ouvriers émotionnels » avec les autres est évidente, mais il souligne une part de déni :

« La personne qui ne décompresse pas le soir en faisant du sport, par exemple, somatise. Elle prend sur elle, fait des insomnies, de la tension artérielle, grossit. Il y a beaucoup de problèmes d’alcoolisme chez les hôtesses de l’air, notamment. »

D’ailleurs, la sociologue américaine Arlie Russell Hochschild, pionnière sur les conséquences du « travail émotionnel », s’est d’abord appuyée sur l’exemple de cette profession, forcée de sourire et de diffuser un sentiment de sécurité, même en zones de turbulences.

1

Trapèze et roller derby pour se défouler

Certaines ont trouvé des parades, voire le bon équilibre, comme Marine :

« Quand je travaillais sur les vols longs courriers, mon ex et ma mère s’étaient appelés pour se dire qu’ils en avaient marre, que j’étais irascible…

C’était dû à la fatigue plus qu’au fait de devoir sourire.

Maintenant que je suis sur du court et moyen courrier, ça va mieux, même si j’ai quand même besoin de me défouler en pratiquant le trapèze et le roller derby ! »

2

Faire une pause après les injures

Le syndrome de l’hôtesse de l’air peut aussi toucher les téléconseillers, archétypes des « ouvriers émotionnels » obligés de « sourire au téléphone » toute la journée. Même quand ils sont victimes d’injures, parfois racistes, à l’autre bout du fil.

C’est le cas de Félicien Okoyo, délégué syndical CFTC à Teleperformance, au léger accent étranger.

« On me dit régulièrement que je prends le travail d’un Français...

Nous revendiquons un temps de pause après chaque appel très désagréable pour souffler. »

3

Debriefer avec les collègues

Le consultant Matthieu Poirot a également préconisé l’instauration de temps d’échange avec les collègues pour décompresser à un leader des centres d’appel qui lui avait commandé une étude.

Même conclusion de Catherine Mercadier. Cette ancienne infirmière devenue formatrice à l’Institut de formation en soins infirmiers de Toulouse a rédigé une thèse de sociologie sur le travail émotionnel des soignants à l’hôpital :

« La première fois qu’un bébé est mort dans mes bras, j’ai pleuré à chaudes larmes, mais je ne pouvais pas annoncer le décès aux parents dans cet état. Une sorte de surmoi professionnel nous aide à affronter ces situations.

Pour tenir le coup à long terme, il est important que des groupes de parole avec un psychologue soient mis en place au sein de l’hôpital. Cela commence à se développer, mais pas encore suffisamment. »

Le but est d’éviter l’épuisement professionnel. Une étude sur les métiers de soignants, menée par Madeleine Estryn-Béhar, montre que la mauvaise qualité du travail d’équipe multiplie par six les possibilités de « burn out ». Or, pour l’ancien médecin du travail aujourd’hui consultante en ergonomie :

« Le fait d’échanger avec les autres professionnels permet d’être reconnu pour sa compétence et soutenu. Ainsi, on rentre à la maison fier de soi et disposé à transmettre le message à ses enfants que cela vaut la peine de faire des efforts pour accéder à un métier intéressant… »

Emotionnel ou non.

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  • alldress99
    alldress99
    Maritale
    • Posté à 12h53 le 09/01/2013
    • 177405
      Maritale

    Et envisager de rappeler aux clients qu’ils sont face à des humains, c’est... Non, trop compliqué, incompatible avec « l’expérience utilisateur et le meilleur service possible » qu’on veut délivrer.

    Puis ça rappellerait aux gens, riches et pauvres, qu’ils se comportent comme des animaux alors qu’ils s’estiment avoir atteint le sommet du développement. Ca va pas avec la mentalité de petite star unique qu’on inculque aux gens.

    • Jacques Bolo
      Jacques Bolo répond à alldress99
      Auteur-Editeur-Libraire
      • Posté à 13h15 le 09/01/2013
      • Internaute 37329
        Auteur-Editeur-Libraire

      Un pb de cette intéressante série d’articles, c’est qu’elle est peut être un peu trop empathique envers les interviewés. Un client qui se plaint du service n’a pas forcément tort et lui aussi est irrité par les formules stéréotypées (cf. hot ligne). Il faudrait un peu plus de questionnement contradictoire.

      Si un journaliste adoptait cette attitude avec un homme politique, on dirait, à juste titre, qu’il sert la soupe. Ce qui leur fait d’ailleurs adopter, depuis quelques années, une attitude arrogante qu’on aimerait davantage fondée sur la rigueur des questions que sur le pouvoir que l’élite médiatique (quasiment inamovible) possède !

      Bref : journalistes, encore un effort pour être professionnels ! ! !

      • Racaille la Rouge
        Racaille la Rouge répond à Jacques Bolo
        zig-zag
        • Posté à 13h20 le 09/01/2013
        • 174747
          zig-zag

        Le probléme des personnels des SAV c’est qu’ils doivent gérer l’incompétence de l’entreprise qui elle se fout royalement de ce qu’ils ou elles subissent.
        Chronopost ,opérateur de téléphonie,La Redoute etc...

         
        • Jacques Bolo
          Jacques Bolo répond à Racaille la Rouge
          Auteur-Editeur-Libraire
          • Posté à 13h46 le 09/01/2013
          • Internaute 37329
            Auteur-Editeur-Libraire

          Oui, ...mais il ne faut pas oublier que « l’entreprise », c’est justement d’autres personnes qui ne sont pas plus malines (qui préfèreraient qu’il n’y ait pas de pb pour ne pas avoir à payer d’autres personnes pour s’en occuper).

          il faut toujours tirer le fil...

        • myosotis_lys
          myosotis_lys répond à Racaille la Rouge
          Précaire
          • Posté à 20h11 le 09/01/2013
          • Internaute 89449
            Précaire

          En général, la personne que vous avez au téléphone n’est pas celle qui est à l’origine de votre problème. Elle ne fait que résoudre votre problème et vous contacter à la fin.

        2 autres commentaires
      • Solent
        Solent répond à Jacques Bolo
        • Posté à 14h14 le 09/01/2013
        • 184857

        « Bref : journalistes, encore un effort pour être professionnels ! ! ! »

        Une bonne illustration de cet article par un énième « donneur de leçon aux journalistes “ qui sévissent sur tous les supports.
        J’espère que ces pauvres journalistes font une pause après avoir lu ce genre de commentaire...

         
        • Jacques Bolo
          Jacques Bolo répond à Solent
          Auteur-Editeur-Libraire
          • Posté à 13h22 le 10/01/2013
          • Internaute 37329
            Auteur-Editeur-Libraire

          MDR !

        1 autres commentaires
      • Frangipane-y-est
        Frangipane-y-est répond à Jacques Bolo
        Plante verte, rouge et noire.
        • Posté à 08h45 le 10/01/2013
        • Internaute 191696
          Plante verte, rouge et noire.

        La question n’est pas de savoir si un client est dans son droit pour se plaindre ou pas mais plutôt : pourquoi 4 clients sur 5 sont strictement incapables de garder leur calme pour exposer factuellement leur problème, sans en venir aux insultes, aux formules blessantes ou au ton méprisant ?

        J’ai, parfois, à mon grand bonheur, des gens qui savent se maîtriser et faire la part des choses, et dans ces cas-là, trust me, je suis bien plus efficace et j’ai mille fois plus envie d’aider cette personne qu’un trou de balle qui s’excite, fait des amalgames et injurie tout le monde.

        Bon, dans la pratique, j’aide ces gens au même niveau, mais crois-moi que le ressenti n’est pas le même, quand on est en première ligne.

         
        • Borice
          Borice répond à Frangipane-y-est
          Socialo-bonapartiste
          • Posté à 10h23 le 11/01/2013
          • Internaute 129480
            Socialo-bonapartiste

          J’ai l’impression qu’il y a aussi un problème de complexité croissante. : produits / technologies / conditions de vente / ristournes / crédit / publicité etc etc (c’est pour ça que je suis barré chez Free mobile : une seule page de CGV).

          D’une manière générale, je constate aussi que c’est souvent des 2 côtés l’impolitesse. Après, j’ai été des 2 côtés de la barrière, et j’essaye de pas débarquer dans les magasins à 1 minute de la fermeture et de faire sortir 50 trucs au vendeur pour rien prendre, de lui demander de me faire l’article en lui disant que de toute façon j’achéterais sur internet parce que moins cher, d’agresser une caissière parce que le pot de rillettes est 10cts plus cher que dans le supermarché voisin, de taper l’esclandre pour le SAV d’un truc ultra high tech fabriqué en Chine comme si le vendeur était ingénieur systeme etc... mais des fois, quand on voit la merde qu’on nous vend, faudrait passer son temps sur le net pour trier...

          • Frangipane-y-est
            Frangipane-y-est répond à Borice
            Plante verte, rouge et noire.
            • Posté à 11h48 le 11/01/2013
            • Internaute 191696
              Plante verte, rouge et noire.

            Les motifs de plainte sont nombreux, je suis d’accord...Mais encore une fois, tout dépend de la façon dont on l’expose. Ce qui est sûr, c’est que s’énerver, exposer des motifs non factuels, c’est aller droit dans le mur et c’est irrespectueux.

        2 autres commentaires
    • myosotis_lys
      myosotis_lys répond à alldress99
      Précaire
      • Posté à 20h10 le 09/01/2013
      • Internaute 89449
        Précaire

      Ouais, mais l’entreprise considère que son client est roi. Mes responsables trouvent normal qu’ils s’excitent sur tout le service clientèle. Faut garder le sourire, même quand on se fait traiter de salope, de bonne à rien et j’en passe. Les gens sont parfois cons.

      • Frangipane-y-est
        Frangipane-y-est répond à myosotis_lys
        Plante verte, rouge et noire.
        • Posté à 08h46 le 10/01/2013
        • Internaute 191696
          Plante verte, rouge et noire.

        Je confirme. Ma direction a tendance aussi à baisser son froc, même si le client est de mauvaise foi. C’est dans ces cas-là que tu te sens vraiment lâché par tes responsables...
        Le client d’abord....la vérité, ensuite, peut-être, éventuellement. Y a pas de justice quand il est question de thunes !

         
        • myosotis_lys
          myosotis_lys répond à Frangipane-y-est
          Précaire
          • Posté à 20h25 le 10/01/2013
          • Internaute 89449
            Précaire

          Et bien j’exécute ce qu’on me dit et pis je leur sors deux mois après : je vous l’avais prévenu ! Parce que bon, à part superviser, les responsables voient pas grand chose avec leurs clients, alors que les petites mains, si. J’ai un cas comme ça en ce moment, je me réjouis d’avance : -D

        1 autres commentaires
    • Zibel
      Zibel répond à alldress99
      (soulagée mais vigilante depuis (...)
      • Posté à 13h43 le 11/01/2013
      • Internaute 4355
        (soulagée mais vigilante depuis (...)

      Moi qui n’ai pris aucun cours de com’, il m’arrive souvent, à l’hosto, de rappeler aux malades que « je suis là pour soigner les gens, pas pour me faire insulter, et je ne vous permet pas de me parler comme ça ».
      La plupart du temps, ça fait tomber l’agressivité, à défaut de résoudre le mécontentement (parfois légitime !)...

  • Holywa
    Holywa
    Etudiante
    • Posté à 12h55 le 09/01/2013
    • Internaute 196590
      Etudiante

    On parle ici des attitudes des clients, mais il ne faut pas oublier les attitudes entre collègues !

    J’ai travaillé plusieurs étés en village vacances, où les relations professionnelles ressemblent plus à une cours de récré qu’à des relations adultes. Et il faut vraiment prendre sur soi (et je devais aller me cacher pour craquer) pour ne pas montrer ses émotions aux vacanciers (en tant que barmaid, toujours écouter, être agréable et avoir le sourire !) qui ne sont là que quelques jours face aux histoires cachées qui prennent de l’ampleur sur la saison !

  • Quand Le Tigre Lit
    Quand Le Tigre Lit
    en rédaction de Sutras du Tigre
    • Posté à 12h56 le 09/01/2013
    • Internaute 189949
      en rédaction de Sutras du Tigre

    Dans le travail répétitif, à signaler l’excellente compil de nouvelles de Pouy, l’une d’elle racontant comment une employée d’un péage autoroutier pète un cable, prend une arme et dézingue tous les chauffards malpolis (pléonasme).
    Réjouissant.

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 12h57 le 09/01/2013
    • Internaute 84604
      fumiste

    Encore un lamento sur les petites mains.

    Pour changer il ne pourrait pas s’écrire le stress du directeur financier qui à 24 H de la paye n’a pas le moindre rond pour payer les salariés et pourtant va les trouver ?

    Dans le genre pathos on peut aussi évoquer un autre qui s’est fait casser la gueule pour un retard de 3 jours alors que lui-même n’était pas payé depuis des mois .

    Mais c’est moins sexy qu’une infirmière ou une hôtesse de l’air n’est-ce pas ?

    • Lionel06
      Lionel06 répond à alberich
      Dessoucheur
      • Posté à 13h55 le 09/01/2013
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      Pauvres patrons. Snif...

    • djodjo57
      djodjo57 répond à alberich
      le cul sur une chaise
      • Posté à 14h03 le 09/01/2013
      • Internaute 197018
        le cul sur une chaise

      Le sujet n’a rien à voir avec le stress des responsabilités. D’autres articles feront surement votre bonheur.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à alberich
      Fou du volant
      • Posté à 14h19 le 09/01/2013
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Et au Japon , les patrons se font assassinés et mangés c’est encore pire .
      Pauvres patrons . Snif. C’est trop injuste ..
      Lien

      • Moby Dick37
        Moby Dick37 répond à DiaboloSatanas
        Se jouer des tempêtes ...
        • Posté à 14h51 le 09/01/2013
        • Internaute 114534
          Se jouer des tempêtes ...

        Avoue que bouffer un patron de restaurant , ça ne manque pas de gueule !

      • yabon
        yabon répond à DiaboloSatanas
        Cyborg marxien en service
        • Posté à 21h29 le 09/01/2013
        • Internaute 98602
          Cyborg marxien en service

        Oui, mais l’assaisonnement n’est pas encore à la hauteur en Europe de l’ouest.

      • simla
        simla répond à DiaboloSatanas
        desperate housewife
        • Posté à 03h34 le 10/01/2013
        • Internaute 164811
          desperate housewife

        Bien fait !

    • Nzrad
      Nzrad répond à alberich
      Remboursez !
      • Posté à 15h52 le 09/01/2013
      • Internaute 192590
        Remboursez !

      A un détail près : de retour d’Afrique où il a trouvé de quoi payer ses salariés, le classieux directeur anthracite se décharge en gaudrioles sur le cul des hôtesses. Lesquelles n’ont rien d’autre à piétiner que les rollers qu’elles chaussent en derby. C’est quand même les petits qui trinquent au finish.

      • DiaboloSatanas
        DiaboloSatanas répond à Nzrad
        Fou du volant
        • Posté à 17h03 le 09/01/2013
        • Internaute 79165
          Fou du volant

        On sent le vécu j’en ai connu des comme ça aussi : -)

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à alberich
      Working class bléro
      • Posté à 16h42 le 09/01/2013
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Quand les cadres souffrent, les employés trépassent.

  • PBD.
    PBD.
    fourmi communiste
    • Posté à 12h58 le 09/01/2013
    • Internaute 190827
      fourmi communiste

    J’ai été caissier en supermarché, donc à peu près les conditions décrites dans l’article : Sourire et politesse obligatoires, travail à la chaine (on répète toujours les mêmes mots et les mêmes actions à longueur de journée), stress permanent (quand on a une longue file de clients faut aller vite).
    J’étais en plus en contrat d’intérim, j’avais un contrat par semaine donc je pouvais ne plus avoir de travail d’une semaine à l’autre.

    Personnellement je me réconfortais en fumant du cannabis et en buvant plus qu’il ne faut. C’est des métiers usant (dos, jambes...) donc j’avais pas toujours envie de faire du sport les soirs et les week-ends...

    On parle souvent du nombre de morts liés au communisme, mais combien de vies ont été brisées par la pression du libéralisme ?

    • Jacques Bolo
      Jacques Bolo répond à PBD.
      Auteur-Editeur-Libraire
      • Posté à 13h20 le 09/01/2013
      • Internaute 37329
        Auteur-Editeur-Libraire

      Il me semble quand même qu’il y a une différence (spécialement en ce qui concerne la promesse des lendemains qui chantent).

      Et ici, le pb me paraît être tout simplement le travail : c’est répétitif, fatiguant, et par rigolo tous les jours (dans tous les systèmes).

      Il faut avoir une approche moins revendicative que documentaire. C’est sans doute ça le biais dans la perception de ces articles (et dans leur rédaction).

      • jijm
        jijm répond à Jacques Bolo
        ri
        • Posté à 16h01 le 09/01/2013
        • Internaute 192074
          ri

        .

      • jijm
        jijm répond à Jacques Bolo
        ri
        • Posté à 16h01 le 09/01/2013
        • Internaute 192074
          ri

        Je crois que ce qui est dit dans l’article et par PBD, est que l’on ne demande des choses qui sont hétérogène au travail lui même, à savoir « sourire » dans tout les cas, être bien plus qu’aimable, laisser le petite film sur le bout de la paille lorsqu’on sert un sirop, porter un uniforme a l’effigie de la boîte dans laquelle on travaillé, faire du chiffre, vouvoyer le manager qui te tutoie ou l’inverse, toute ces petites normes que les boite imposent qui n’ont rien a voir avec le travaille lui même , un travail de hotline c’est de conseiller pas se laisser insulter par un petit chose qui se crois roi, le travaille de caissier mc do est de faire payer de servir la bouffe, pas de sourire et de porter un déguisement, sans mes frites n’en seront pas moins molle. Oui, dans cette article on parle bien de ce qui est hors travail mais qui est imposé, et cela est bien une des conséquences du libéralisme.

    • Moby Dick37
      Moby Dick37 répond à PBD.
      Se jouer des tempêtes ...
      • Posté à 14h39 le 09/01/2013
      • Internaute 114534
        Se jouer des tempêtes ...

      Bon , heureusement , il y a des personnes plus détendues que d’autres des deux côtés de la barrière, et il m’est arrivé d’avoir de francs moments de rigolade avec certain(e)s caissier(e)s qui ne sont pas dépourvu(e)s du sens de l’humour .

      • PBD.
        PBD. répond à Moby Dick37
        fourmi communiste
        • Posté à 15h20 le 09/01/2013
        • Internaute 190827
          fourmi communiste

        C’est sur que comme partout, il y a des gens cons et les autres, mais les clients agréables sont bien vite oubliés quand un con vient après...

    • TFE
      TFE répond à PBD.
      stagiaire
      • Posté à 18h55 le 09/01/2013
      • Internaute 87746
        stagiaire

      une caissiere qui sourit ? dans mon supermarche, les caissieres ne regardent meme pas le client en disant bonjour quand il passe devant sa caisse

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 13h09 le 09/01/2013
    • 49273
      Petit agité

    Tiens c’est marrant, j’ai pas mal travaillé dans la restauration et notamment livreur pendant un bout de temps. J’ai toujours été poli et souriant pour qu’on me file des bons pourboires mais ça ne m’a jamais tendu.

    Par contre c’est vrai que j’avais tendance à souhaiter un « Merci, bon appétit ! » à la buraliste quand j’allais acheter des clopes. Autre problème gravissime à classer au rang des maladies professionnelles et dont on ne parle jamais dans les médias.

    • Majesté
      Majesté répond à Deamon7
      ex-spermatozoïde
      • Posté à 13h20 le 09/01/2013
      • Internaute 77564
        ex-spermatozoïde

      C’est peut-être différent quand vous choisissez librement d’être courtois ainsi que la manière de l’être.

      Je suppose (ça ne m’est jamais arrivé) que quand on vous impose de manière très stricte une attitude précise et des phrases-type à répéter à la virgule près, sans aucune possibilité d’y échapper, ça doit être infernal.

      Quand vous étiez livreur, si quelqu’un vous avait manqué de respect, rien ne vous obligeait à être poli avec lui en retour.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à Majesté
        Petit agité
        • Posté à 13h33 le 09/01/2013
        • 49273
          Petit agité

        Oui et puis je pense aussi que j’avais la chance de ne pas bosser dans des franchises ultra-formatées, plutôt des vieux commerces à la cool, et même si j’étais un livreur exceptionnellement rapide et efficace, je n’avais pas à gérer des dizaines de clients par heure.

        Et puis je fumais pas mal de pètes à cette époque aussi.

        PS : Ceci dit j’ai fait d’autres boulots genre répondre au téléphone ou appeler, ça c’est chaud.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h12 le 09/01/2013
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Sourire continuel et stress refoulé : le syndrome de l’hôtesse de l’air »

    C’est aussi le syndrome des caissières, dans les grandes surfaces !
    ( Ça ne doit pas être facile tous les jours.... même presque jamais )

    • PBD.
      PBD. répond à Yvon le Zébulon
      fourmi communiste
      • Posté à 13h24 le 09/01/2013
      • Internaute 190827
        fourmi communiste

      En effet, c’est jamais facile (voir mon commentaire plus haut).
      P.S : Ne pas dire caissière, il y a aussi des caissiers (l’avantage du travail est qu’au moins on est avec des femmes souvent jolies). :)

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à PBD.
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 13h50 le 09/01/2013
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Moi, ce que je déteste lorsque je passe à la caisse,
        ce sont les gros merdeux pathétiques qui ne se prennent pas pour de la merde et trouvent le moyen de mettre la caissière ( moins souvent le caissier ) à cran, et qui les emmerdent avec leurs tickets de réduction quand ils ne leur balancent pas leur carte Gold à la figure....
        ....et qui en plus ont « oublié » de peser un produit...et qui gueulent.

        Ces gens devraient savoir combien de centaines de kilos passent dans le bras de l’employé de caisse, en 8 h de travail : Plus d’une tonne...
        ( et souvent sur un seul bras : bonjour les douleurs articulaires le soir )

    • John Merrick
      John Merrick répond à Yvon le Zébulon
      pachyderme que ça
      • Posté à 14h10 le 09/01/2013
      • 179410
        pachyderme que ça

      C’est (d’experience) un des pires jobs possibles.

      Ca va vite, les clients sont stressés parce que personne n’aime faire ses courses, vous vous tapez le bruit et l’odeur des porcs qui ne savent pas qu’en été on prend des douches plus d’une fois par semaine, les alcolos qui puent la vinasse, les vieux qui attendent en trépignant 15mn avant l’ouverture du magasin, des horaires pourris et un salaire de misere...

      Il y a certes les gens normaux et polis (la majorité ? pas sur...) mais ce n’est pas ceux que vous retenez a la fin de votre journée.

      Il faut toujours etre gentil et poli avec une caissiere. Pardon, un(e) steward/hotesse de caisse.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à John Merrick
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 14h19 le 09/01/2013
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « Il faut toujours etre gentil et poli avec une caissiere.
        Pardon, un(e) steward/hotesse de caisse
         ».

        Personnellement, c’est l’attitude que j’adopte, comme si à moi tout seul
        je pouvais compenser la malveillance morale de certains autres clients

        Un bonjour, un sourire, un mot aimable, ... c’est bon à prendre.
        Mais elles n’ont hélas pas trop le droit de causer aux gens....
        ....vu que le Directeur du magasin les considère comme des machines.

        ( elles sont surveillées de loin au nombre d’articles enregistrés )
        Même une envie de « faire pipi » doit leur causer quelques ennuis.

    • Percy Schramm
      Percy Schramm répond à Yvon le Zébulon
      Reaktionär
      • Posté à 15h52 le 09/01/2013
      • Internaute 190966
        Reaktionär

      On pourrait aussi appeler ca le « syndrome miss France »...

    • simla
      simla répond à Yvon le Zébulon
      desperate housewife
      • Posté à 03h36 le 10/01/2013
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      On dit hôtesse de caisse à présent.

  • Racaille la Rouge
    • Posté à 13h17 le 09/01/2013
    • 174747
      zig-zag

    Il faut dire aussi que la grossiérté et les injures sont monnaies courantes,le portable a grandement développé cette impolitesse.Les gens veulent étre traiter comme des rois(merci la telé-realité)Dans les tabacs c’est le pompom les gens aboie leur marques de clopes sans bonjour ni au revoir.L’autre jour comme je le faisait remarqué à un jeune homme il m’a dis ; Je suis pressé je travaille.Pas la dame derrière le comptoir ! elle adore passé 8 heures assise pour le plaisir de vous vendre des clopes ! de plus attendre 5mn est devenu une agression surtout à Paris.Il y a un grand manque d’empathie avec le boulot des autres.Les gens ont besoin d’étre assisté en permanence et sont incapable de lire des infos basics. Nous pour nous de-stesser faisons le concours de la question la plus con : La barre est trés haute ! Courage à toutes les vendeuses pendant la période des soldes ...c’est l’horreur ! et courage aussi aux vendeuses de tabac -PMU ça a l’air cauchemardesque.J’ai l’impression que les gens qui ont de petit moyen sont encore plus méprisant (Maltraité eux méme ? ? ?) Tous cela est en boucle,car quant vous sortez de ce genre de boulot vous non plus n’avez plus de patience....

    • .666
      .666 répond à Racaille la Rouge
      Juif errant
      • Posté à 16h32 le 09/01/2013
      • 181210
        Juif errant

      Entièrement d’accord avec toi, encore que des buralistes à tête de rottweiler et des commerçants qui avalent un parapluie tous les matins, j’en connais à la pelle.
      Il n’y a que l’humour pour dépasser la misère.

  • djodjo57
    djodjo57
    le cul sur une chaise
    • Posté à 13h51 le 09/01/2013
    • Internaute 197018
      le cul sur une chaise

    Ma copine a quitté son emploi de préparatrice en pharmacie pour ces raisons justement. Beaucoup trop de clients cons, impolis et imbus d’eux-mêmes qui passent parfois leurs nerfs sur une personne dont ils savent très bien qu’elle ne pourra rien dire en retour. Et quand tu vois que certaines personnes sans un bonjour jettent leur carte de crédit du genre t’es qu’une merde grouille toi, ça donne des envies de meurtre je pense. Heureusement maintenant elle ne travail plus au contact de clients et se sent bien mieux.

  • John Merrick
    John Merrick
    pachyderme que ça
    • Posté à 14h02 le 09/01/2013
    • 179410
      pachyderme que ça

    A défaut de pouvoir poliment mettre son poing dans la gueule des cons, il reste la méthode inverse, ô combien jouissive, de la politesse hypocrite et de l’humilité factice.

    Il m’en souvient de cette employée de la RATP insultée par un gros débile (la vidéo a tourné il y a quelques temps) se vantant de son salaire et la traitant de smicarde minable, elle avait rétorqué « ohhh.. touchez ma bosse Monseigneur », j’avais trouvé cela excellent.

    Pour les téléopérateurs, qui ont déja bien un boulot de merde payé avec des cacahuetes, un management en général execrable et des journées hyper fatigantes, il me semble qu’ils ne sont pas non plus tenus de prendre des insultes sans broncher et sont tout a fait en droit de clore un appel qu’ils jugent irrespectueux (en le notifiant a leur interlocuteur, « Navré Monsieur mais cette conversation empruntant, a mon grand dam, une voie que je ne juge pas acceptable, je me vois forcé de terminer cet appel... », - attention tout de meme d’avoir bien raccroché avant de lacher un « ... espece de gros connard »).

    Ce sont des salariés, pas des chiens.

    • PBD.
      PBD. répond à John Merrick
      fourmi communiste
      • Posté à 14h21 le 09/01/2013
      • Internaute 190827
        fourmi communiste

      Dans certains téléopérateurs (tous ?) il est interdit de raccrocher, pour éviter justement que l’employé puissent se permettre de « broncher »...

    • VorH
      VorH répond à John Merrick
      Vide
      • Posté à 18h17 le 09/01/2013
      • 176290
        Vide

      Hélas, travaillant en centre d’appel, je me dois de vous détromper.
      Le droit de raccrocher dans le cas où le client est impoli n’existe pas dans tous les centres. Il faut d’abord demander l’aval d’un superviseur qui écoutera la conversation, et donnera son autorisation pour que l’on raccroche. Or, dans les faits, la réponse du superviseur (quand il y en a un qui daigne répondre) est : « Sois directif, débrouilles toi ! ! ! » Ce qui fait que le TC qui raccroche, c’est celui qui a des mois voire des années de boulot derrière, qui n’en peut plus, et qui considère qu’il vaut mieux prendre le risque d’être viré (car c’est un motif de licenciement) que de subir le connard en ligne une seule minute de plus.

      J’en suis à presque 4 ans de téléconseil. Arrêtée pour dépression. Je ne supportais plus ni les clients, ni le dédain de l’entreprise vis-à-vis de ses salariés. J’ai craqué. Depuis, mon caractère s’est amélioré. Je dors mieux, plus de crises de larmes, plus d’accès de violence, je suis redevenu la personne enjouée que j’étais avant.
      Le fait que ce boulot soit répétitif, ennuyeux, etc... Oui, ça fait partie du travail. C’est normal.
      Que les clients vous hurlent dessus, vous insultent, vous dise que vous êtes incompétent, que vous êtes stupide (dixit une personne qui m’a soutenu que non, 2+2, ça ne fait pas 4, mais 3), c’est déjà une honte, ça montre bien l’état des mentalités de ce pays. On en vient à haïr les autres.
      Que l’entreprise se fiche de vous, vous faisant bosser sur des postes dangereux pour votre santé parce que pas conçu pour ce type de travail (merci le médecin du travail pour cette info ! ! !), vous payant une misère, fixant des primes dérisoires, çà, c’est inadmissible.
      Et vous savez quoi ? C’est un centre d’appel tout ce qu’il y a de plus banal, hélas...

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 14h41 le 09/01/2013
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    La solution ?

    Faites comme Nicole Kidman et ses consoeurs : un sourire figé au botox.
    Finies les crampes aux zygomatiques !

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