Les grands groupes doivent être au service du pays
PSA, Sanofi, Arcelor-Mittal, Dexia : les grands groupes font la une de l’actualité par les réductions d’effectifs, la fermeture de sites, voire la faillite. Pas de quoi donner d’eux une image positive dans la société.
D’autant que la crise n’affecte en rien les émoluments des patrons du CAC 40 qui progressent encore de 4% cette année, soit deux fois plus que ceux des 80 entreprises qui les suivent.
Pourtant, l’ensemble des grands groupes français constitue une force de frappe clé pour l’économie française. Comment la mettre au service du développement du pays ?
Plus de la moitié des emplois en France
Plus de la moitié – 56% – de l’emploi hexagonal se rattache à un groupe français ou étranger ; et environ 80% de la recherche industrielle en France est réalisée par ces grands groupes.
Quarante entreprises françaises figurent dans le top 500 mondial des plus grandes entreprises, ce qui place le pays certes derrière les Etats-Unis, la Chine et le Japon, mais devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
Ces positions sont d’autant plus intéressantes que certaines de leurs activités et compétences sont orientées vers de grands besoins du futur : les transports, la santé, l’environnement, le vieillissement de la population, l’eau, la ville durable, par exemple.
Comment l’Etat a porté les grands groupes
Cela ne doit rien au hasard. Ces multinationales bénéficient depuis plusieurs décennies d’un environnement caractérisé par :
- un tissu d’entreprises sur le territoire national aux compétences très diversifiées, qui subit cependant un processus de désindustrialisation que la crise accélère ;
- une expérience acquise dans la croissance externe ;
- l’appui de l’Etat.
Ce dernier joue un rôle clé à la fois avec sa diplomatie commerciale (les grands contrats dans les industries de la Défense, par exemple ou encore dans le domaine de l’énergie) ; en accompagnant, depuis les années 70, ces groupes dans leur internationalisation ; en leur ouvrant de nouveaux marchés comme celui des services collectifs (Suez Environnement, Veolia Environnement) ; en les sauvant même dans certains cas : Renault dans les années 80, Air France dans les années 90, Alstom dans les années 2000.
La France est le second investisseur à l’international au monde, le premier au prorata de son PIB. Ce déploiement permet à ces entreprises de capter une part de la demande mondiale à travers des productions sur place, sans que cela ne soit décrit dans la balance commerciale.
Délocalisations, évasion fiscale, ingratitude
Cependant, depuis les années 90, la financiarisation de l’économie, une recherche de l’optimisation des coûts plus que la focalisation sur la créativité, une faible croissance de la zone euro, un désengagement de l’Etat de l’économie, conduisent un certain nombre de groupes à :
- délocaliser une partie croissante de leurs productions ;
- déséquilibrer leurs relations avec leurs fournisseurs à leur profit ;
- amplifier des stratégies de pure optimisation fiscale ou d’évasion réglementaire ou sociale ;
- distendre leurs liens avec le territoire national, au contraire par exemple de leurs concurrents allemands ou coréens.
Les grands groupes français, dans leur ensemble, constituent ainsi à la fois un atout capital pour l’avenir de l’économie du pays et de la maîtrise de son insertion dans l’économie mondiale et un problème pour la nécessaire dynamisation de nos activités de production (au sens large).
Aussi, un nouveau pacte entre la puissance publique et les grands groupes doit être défini, en privilégiant le mode de la concertation et de la coopération.
Pour un pacte Etat et grands groupes
Pour cela, deux étapes préalables sont nécessaires.
Il faut d’abord identifier les leviers que l’Etat possède en faveur des grandes entreprises : fiscalité, aides à la recherche (crédit info recherche, etc), grands centres publics de recherche, appui dans la conquête de nouveaux marchés, influence dans le champ stratégique des normes, stabilisation de l’actionnariat de certains groupes, etc.
Ensuite, il s’agit de définir les points clés pour un tel pacte à construire :
- investissement productif sur le territoire national ;
- attractivité des territoires (attentes de leurs part) ;
- rééquilibrage des relations grands groupes/sous-traitants, en lien avec leur insertion dans la mondialisation ;
- évolution des compétences des salariés ;
- gouvernance des entreprises intégrant la participation des représentants des salariés au conseil de surveillance ;
- rôle des grandes entreprises dans une politique industrielle européenne :
- alliances possibles avec d’autres groupes européens, coopérations renforcées possibles entre Etats membres, etc.
Freiner l’hémorragie des emplois à court terme tout en préparant notre nouveau mode de développement fondé sur une économie de la qualité à haut rendement énergétique : la force de frappe que représente les grands groupes français doit être au service du développement du pays. Tout le monde y gagnera.
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Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
Ah le libéralisme de gauche, qu’est-ce qu’on se marre ! : D
A votre titre j’ai failli y croire mais non au final vous ne dites rien sauf que l’état doit tout faire pour accentuer la compétitivité de nos entreprises sachant que le problème de compétitivité n’est qu’un élément de language des libéraux afin d’accentuer les politiques d’austérité.
Nous sommes compétitifs mais en effet nous ne pouvons pas être payés comme des ouvriers chinois à moins que les prix suivent bien entendu ce qui n’arrivera jamais puisque c’est la marge bénéficiaire de l’actionnaire qui dicte nos politiques économiques.
Mais revenons donc sur les points qu’il est indispensable selon vous de développer même s’il est particulièrement dommage que vous ne nous expliquiez pas pourquoi :
- investissement productif sur le territoire national, oui de l’investissement donc...
- Attractivité des territoires : baisse des taxes et charges donc, classique...
-rééquilibrage des relations grands groupes/sous-traitants, en lien avec leur insertion dans la mondialisation ; Multiplication des entreprises sous traitantes donc.
- évolution des compétences des salariés ; Quand un salarié se fait virer il faut qu’il puisse s’adapter à l’autre sous emploi de merde qu’on lui proposera...
- gouvernance des entreprises intégrant la participation des représentants des salariés au conseil de surveillance ; surveiller les entreprises qui laissent plus de liberté à leurs employés...
-rôle des grandes entreprises dans une politique industrielle européenne : Lobbying en union européenne
-alliances possibles avec d’autres groupes européens, coopérations renforcées possibles entre Etats membres, etc. En gros les états doivent se plier à la volonté des multinationales, ça tombe bien c’est exactement la politique appliquée par l’union européenne soutenue par Goldman Sachs.
Je comprends mieux pourquoi vous ne voulez pas Frederic Lordon en économie, en comparaison ces ridicules personnes qui se nomment économistes et viennent nous débiter la propagande libérale feraient offices de veaux...




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