Money 29/11/2012 à 19h51

Amazon a-t-il vraiment besoin de subventions en France ?

Martin Untersinger | Journaliste Rue89

Alors que l’administration fiscale réclame à Amazon près de 200 millions d’euros, le groupe américain va ouvrir une quatrième plateforme logistique en France.

Amazon va ouvrir une quatrième plateforme logistique en France : le leader américain de la vente en ligne va implanter un nouvel entrepôt dans le département du Nord, près de Douai.

Ces derniers mois, Amazon a annoncé plusieurs gros investissements avec à la clé plusieurs milliers d’emplois. Mais ces emplois ont un prix : celui des subventions publiques qui vont être accordées à l’entreprise américaine, malgré ses astuces pour échapper à l’impôt en France.

Les autres entrepôts
Amazon dispose d’entrepôts à Sevrey (Saône-et-Loire), sur les terres d’Arnaud Montebourg, qui a expédié ses premières livraisons en septembre. Mais aussi à Saran (Loiret), depuis 2007 et à Montélimar (Drôme), depuis 2010.

Cette nouvelle base porte à quatre le nombre d’entrepôts Amazon en France (lire encadré ci-contre).

Pourquoi ces investissements ? Amazon se porte très bien, et a les moyens de ses ambitions : son chiffre d’affaires mondial en 2011 était en progression de 41%. En France, on estime qu’il est déjà le premier magasin en ligne avec 12 millions de clients.

La construction de ces entrepôts répond à sa stratégie ambitieuse : livrer toujours plus vite. Aux Etats-Unis, le groupe s’approche des grandes villes pour tenter de faire passer le délai de livraison à une journée, afin de concurrencer tous les magasins.

De nombreux emplois promis

Concrètement, ces implantations donnent de gros avantages économiques aux régions concernées.

La filiale qui gère les entrepôts, Amazon logistique, employait un peu moins d’un millier de salariés fin 2011. Mais ce chiffre est en pleine explosion, la plateforme bourguignonne, ouverte en septembre, affichant ainsi l’ambition d’un millier d’embauches avant la fin de l’année 2012.

Dans le Nord, ce sont 2 500 emplois d’emplois qui sont promis.

Cette manne économique est particulièrement bienvenue dans certaines régions meurtries par la crise. La région de Châlon-sur-Saône a perdu 3 000 emplois lors du départ de Kodak. L’agglomération du douaisis affiche un taux de chômage de 14%.

Le refrain de l’optimisation fiscale

Tous ses emplois créés ou promis ne parviennent pas faire oublier les pratiques d’Amazon en matière fiscale : l’immense majorité des revenus gagnés en France échappent à toute taxation (elle facture par ailleurs ses livres numériques au taux de TVA luxembourgeois réduits, bien plus avantageux que le taux de TVA français, même si ça ne devrait plus durer très longtemps).

Le timing de l’annonce de l’ouverture de la nouvelle plateforme près de Douais n’est pas anodin : l’administration fiscale réclame au vendeur américain près de 200 millions d’euros.

Amazon, riche en subventions

Comme si cela ne suffisait pas, Amazon va largement bénéficier des subsides de l’Etat et des collectivités.

En 2012, 1,125 million d’euros d’aides publiques lui seront attribués par le Conseil régional de Bourgogne, soit 3 400 euros par CDI. L’assemblée régionale a voté cette attribution ce lundi : le PS était pour, plusieurs élus EELV, communistes et du Front national s’y sont opposés. En outre, cela représente, selon le Conseil régional, une « première phase ».

Selon l’agence Sipa, l’Etat pourrait rajouter 1 000 à 2 000 euros d’aides par CDI.

C’est sans compter que la zone d’activité sur lequel sera implanté l’entrepôt a déjà bénéficié d’aides publiques (de la communauté de communes du Grand Châlon) : près de deux millions et demi d’euros fin 2008, 400 000 euros en 2009 [PDF] et 500 000 euros en 2010 [PDF]. Ces sommes doivent être pondérées : les parcelles et les bâtiments construits sont ensuite vendus aux entreprises qui s’installent et Amazon n’est pas la seule à en profiter. Elle a quand même bénéficié de l’investissement public.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, Amazon pourrait également bénéficier d’aides, selon l’agence Sipa.

Des aides publiques « délirantes »

Du côté des politiques, on voit d’un mauvais œil cette contribution publique, notamment Dominique Plancke, élu EELV au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais :

« Il serait délirant d’attribuer des aides publiques à un groupe qui triche avec le fisc [les pratiques fiscales d’Amazon sont légales et courantes parmi les entreprises du Web, ndlr]. »

Et forcément, cela fait aussi grogner les concurrents d’Amazon. Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac, par exemple :

« Il serait fort éclairant de donner la liste des distributeurs disparus dans le monde, à cause des pratiques hégémoniques et du dumping fiscal et réglementaire habituels chez ces entreprises américaines de e-commerce. »

Ou Jacques-Antoine Grandjon, PDG du site Vente-privee.com :

« Amazon va créer des emplois dans un village. C’est très bien. Mais, dans une Europe sans frontières, il n’y aucune raison qu’il paye quasiment zéro impôt. C’est aux politiques de faire en sorte que tout le monde paye la même chose. Sinon, c’est de la concurrence déloyale. »

Ces sorties ont contraint la ministre déléguée à l’Economie numérique Fleur Pellerin à faire l’équilibriste :

« Une collectivité locale qui se voit proposer la création de 1 000 emplois ne peut pas balayer cette offre d’un revers de la main. La question qui se pose est celle du comportement de cette entreprise par rapport à son environnement économique et fiscal. Mais c’est un autre sujet. »

Un sujet qui pourrait être simplifié lorsqu’Amazon n’aura plus du tout besoin de salariés humains ?

L’entreprise américaine a en tout cas récemment acheté Kiva, une entreprise qui fabrique des robots spécialement conçus pour la manutention, capables de soulever et déplacer des colis quasiment sans intervention humaine.

Les robots de l’entreprise Kiva en action
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  • 107 réactions
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  • Pili pili
    Pili pili
    Piment d'oisif
    • Posté à 20h06 le 29/11/2012
    • Internaute 188535
      Piment d'oisif

    3 400 euros par CDI, voire 5400 euros ?

    Soir dit en passant, c’est probablement le meilleur investissement qu’une collectivité puisse faire. Amortissement en 4 mois, soit un « taux d’intérêt » de 300% par an...

    • watashi_baka
      watashi_baka répond à Pili pili
      ...
      • Posté à 20h18 le 29/11/2012
      • Internaute 47330
        ...

      Non,
      Un manutentionnaire chez amazon touche un smic ou à peine plus, donc paye peut être 1000 € d’impot !
      Soit 3 à 5 ans pour rentabiliser l’investissement

      • Vert_de_Terre
        Vert_de_Terre répond à watashi_baka
        pirate > robot > ninja
        • Posté à 20h53 le 29/11/2012
        • Internaute 105517
          pirate > robot > ninja

        Vous vous trompez un peu. Si vous touchez 1500€ de salaire, l’état récupère vers les 1500€ de charge patronales par mois.

        Puis sur votre salaire l’état récupère encore 300€ de TVA + impôts divers.

        L’état reverse ensuite aux régions une partie de cette somme (je ne sais pas exactement combien).

        C’est aussi de l’argent que l’état n’a pas à reverser en chômage et aide sociales diverses. Ça ne me parait pas si idiot que ça au final.

         
        • Soliman
          Soliman répond à Vert_de_Terre
          • Posté à 21h14 le 29/11/2012
          • Internaute 168169

          Les cotisations patronales sont de l’ordre de 50% du salaire brut, les cotisations sociales sont en moyenne de 20%.
          Soit pour un salaire net de 1500€ (1875 brut), 375€ en cotisations sociales et 937€ en cotisations patronales.
          Il n’y a pas de TVA sur les salaires.
          Je n’ai pas vraiment d’avis sur les subventions, je tenais juste à préciser.

          • the ghost
            the ghost répond à Soliman
            expatrie
            • Posté à 12h05 le 30/11/2012
            • 173412
              expatrie

            D’apres d’autres articles economique, il semble que les emplois en dessous de 1.5 smic coutent a l’Etat car les charges patronales sont justement reduites, voir absentes.
            Ou bien c’est juste de l’enfumage pour ne pas augmenter le SMIC en disant que le prix de l’augmentation pour l’etat est trop eleve ?

          • Vert_de_Terre
            Vert_de_Terre répond à Soliman
            pirate > robot > ninja
            • Posté à 10h47 le 01/12/2012
            • Internaute 105517
              pirate > robot > ninja

            Je parlais de TVA sur ce que gagne la personne, lorsqu’elle va acheter des trucs avec son salaire.

        • watashi_baka
          watashi_baka répond à Vert_de_Terre
          ...
          • Posté à 09h33 le 30/11/2012
          • Internaute 47330
            ...

          J’ai un doute, les charges patronnalle, c’est pas censé être des cotisations aux systèmes de chomages, sécu, retraite etc…
          Donc de l’argent qui n’a pas a être inscrit au budget de l’état mais au budget des organismes concernés

        • lerouret
          lerouret répond à Vert_de_Terre
          RETRAITE
          • Posté à 09h37 le 30/11/2012
          • Internaute 193108
            RETRAITE

          Les aides à l’investissement et à la création d’emplois ont été mises en place depuis longtemps par les différents pays Européens et notamment la France dans les années 80. L’Irlande a été la championne du dumping des aides à l’implantation d’entreprises et elle a réussi à attirer de nombreuses multinationales.
          L’expérience a montré que les entreprises ont « usé » le système jusqu’à la corde en pratiquant le chantage avec les collectivités et les Etats. Elle a montré également que les entreprises ne respectent pas les engagements pris sur les créations d’emplois et ne remboursent jamais les primes touchées en cas de délocalisation.
          Il y a urgence à mettre fin collectivement pour les pays développés à cette aubaine pour les entreprises, à l’exception des aides à la création d’entreprises sous certaines conditions.

          • Vert_de_Terre
            Vert_de_Terre répond à lerouret
            pirate > robot > ninja
            • Posté à 10h50 le 01/12/2012
            • Internaute 105517
              pirate > robot > ninja

            Elle ont + ou - remboursé l’état avec dans mon exemple (sur un coin de table) 1800€ de recette fiscale par mois + le « manque à payer » un chômage.

        • patton
          patton répond à Vert_de_Terre
          Cadre
          • Posté à 14h59 le 30/11/2012
          • Internaute 157959
            Cadre

          En effet, le coût du travail en France est tout simplement hallucinant ce qui se fait en grande partie en défaveur du salarié qui n’a que les yeux pour pleurer.

          France : Un salaire net coûte 200% au patron
          Royaume-Uni : 145%

          Les emplois en France coûtent extrêmement chers ce qui n’incite bien entendu par grand monde à embaucher.

          Une fois que le gouvernement et les syndicats auront compris le problème (un jour peut-être) on pourra peut-être réduire le chômage (quand on aura le même niveau que l’Espagne).

          Le principal problème étant de ne pas faire payer aux salariés l’intégralité du fardeau de la couverture sociale (retraites, santé) mais plutôt de répartir l’effort sur les revenus (actifs+retraités)

          • Vert_de_Terre
            Vert_de_Terre répond à patton
            pirate > robot > ninja
            • Posté à 12h06 le 02/12/2012
            • Internaute 105517
              pirate > robot > ninja

            Oui mais non. Largement non.

            Un employé en France gagne 100€. Le patron paye 182€ en moyenne (sources : Lien)
            Le même employé en UK gagne 135€, car les salaires y sont 35% supérieurs. D’après vos chiffres, le patron paye 195.75€.

            Maintenant, si je suis indien, je préfère payer 182€ ou 195€ ? 195€ ? Bien sur ! Vous avez vu les prix des loyers pour vos bureaux ? Le coût de la vie ? On compare ?

            « 45%, 45%, chiffre fétiche, vive le libéralisme... », oh oui, oh oui, vive la reine d’Angleterre !
            Surtout que l’Angleterre continue comme ça, ça nous arrange bien !

        8 autres commentaires
      • Holas
        Holas répond à watashi_baka
        • Posté à 20h58 le 29/11/2012
        • Internaute 86670

        Non ce ne sont pas des emplois en plus mais au mieux une création temporaire ou un déplacement des emplois, au pire une destruction nette d’emplois.
        De plus la plus grosse partie des bénéf vont aux actionnaires/ingénieur américains/producteurs chinois (pas au acheteur eux même), donc augmentation du déficit commercial à la clé (la suite, déflation puis révolte ou agonie)

         
        • Vert_de_Terre
          Vert_de_Terre répond à Holas
          pirate > robot > ninja
          • Posté à 11h07 le 01/12/2012
          • Internaute 105517
            pirate > robot > ninja

          Ah oui, ça c’est sûr, les bénéfices, ça va rarement aux acheteurs.
          Pourquoi, ça devrait ?

          J’achète votre maison, vous me donnerez vos bénéfices ?

        1 autres commentaires
      • Pili pili
        Pili pili répond à watashi_baka
        Piment d'oisif
        • Posté à 21h44 le 29/11/2012
        • Internaute 188535
          Piment d'oisif

        95% de l’argent qui circule, c’est juste de la confiance. Un CDI, c’est de la confiance en plus.
        Des taux d’intérêts moindre, des projets possibles, la possibilité de respirer un peu, de faire un gosse, se faire soigner ses quenottes, arrêter de picoler, colmater un ulcère, éviter un cancer.
        Même à 10 000 euros, c’est une affaire.

    • Alex.2.0
      Alex.2.0 répond à Pili pili
      Article 35 24 juin 1793
      • Posté à 22h11 le 29/11/2012
      • Internaute 187341
        Article 35 24 juin 1793

      Même si je n’aime pas qu’une entreprise prolifique se serve de la gangrène que touche certaine région pour faire un max de bénéfice.
      Cela aidera beaucoup de gens et en plus celà fera au final économiser de l’argent a l’État a moyen terme.

      Après si une fois la « crise “ calmé on peut toujours mettre légalement au pas ces genre d’entreprises pour que l’État récupère ce qu’il a investi ( avec un bonus bien sur :) )

    • OAO
      OAO répond à Pili pili
      Ce qui ne se voit pas
      • Posté à 02h21 le 30/11/2012
      • Internaute 82674
        Ce qui ne se voit pas

      C’est un bon investissement pour la collectivité en question. Au niveau global c’est mauvais, car ces emplois auraient quand même été créés, et en France, proximité oblige. En fait les collectivités sont en concurrence et Amazon fait son marché. L’État devrait interdire les subventions directes des collectivités aux entreprises, ne pas subventionner lui-même, et avec l’argent économisé diminuer globalement les taxes sur les entreprises. Pour un coût nul, cela aurait un impact très positif sur l’emploi. Plus en cadeau bonus une baisse de la corruption.

  • Quand Le Tigre Lit
    Quand Le Tigre Lit
    en rédaction de Sutras du Tigre
    • Posté à 20h33 le 29/11/2012
    • Internaute 189949
      en rédaction de Sutras du Tigre

    Si Amazon était français, le débat serait assez marrant.

    Le Tigre n’a jamais commandé sur ce site, et seulement parce qu’en région parisienne les librairies spécialisées (BD, essais,...) sont légion.

    Y’a un épisode de south park assez sympathique qui vient de sortir sur cette entreprise.

    • J-B
      J-B répond à Quand Le Tigre Lit
      Etudiant. Si si, pour de vrai.
      • Posté à 23h46 le 29/11/2012
      • Internaute 58527
        Etudiant. Si si, pour de vrai.

      « Well, hello there, M. UPS man. »

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Quand Le Tigre Lit
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 06h53 le 30/11/2012
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Moi non plus je n’achète plus de livres chez Amazon (sauf Kindle et livres en anglais, mais je vais peut-être retourner chez Galignani’s) depuis qu’un éditeur de Cahors m’a dit que ça étouffait les libraires et petites maisons d’édition. Depuis, une belle librairie a ouvert dans ma commune, j’ai découvert que des librairies indépendantes comme Sauramps à Montpellier pratiquent aussi la vente en ligne (on paie les frais d’expédition, mais seulement jusqu’à 25 euros), et Gibert et Compagnie sont à une heure en transports.

      La FNAC, en revanche, plus jamais, ce n’est plus ni une librairie ni un magasin de disques.

      • Percy Schramm
        Percy Schramm répond à We want a shrubbery
        Reaktionär
        • Posté à 10h38 le 30/11/2012
        • Internaute 190966
          Reaktionär

        C’est vrai qu’Amazon n’est pas un modèle de vertu, mais dans certains cas, difficile de s’em passer... quand on n’a pas de belles librairies à disposition, quand on cherche des livres plus édités, quand on cherche des livres étrangers, Amazon est souvent la voix de recourt...
        On est comme englué dans un système qui nous emprisonne. On connait les problèmes, on connait les dérives mais il faut beaucoup de volonté pour s’en sortir et emprunter des voies alternatives. Pas simple...
        Mais voir la FNAC se plaindre de cette concurrence, c’est cocasse parce qu’en son temps, la FNAC a fait beaucoup de mal aux petits indépendants. Elle a brisé les reins des petites librairies et des marchands de disques sans avoir été capable de proposer quelque chose d’intéressant en retour. La FNAC est un lieu que je trouve vide, absolument à fuir quand on aime vraiment la culture.

         
        • chinolibrio
          chinolibrio répond à Percy Schramm
          ??
          • Posté à 11h24 le 30/11/2012
          • Internaute 187001
            ??

          La librairie indépendante représente une activité qui génère deux fois plus d’emplois que dans les grandes surfaces culturelles, trois fois plus que dans la grande distribution et, selon les chiffres de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), 18 fois plus que dans le secteur de la vente en ligne (extrait d’un communiqué du syndicat de la librairie française).

          Moralité : les subventions aux librairies indépendantes sont 18 fois plus productives en termes d’emploi ! ! !

          Je ne sais pas dans quelle région vous êtes mais même si vous n’avez pas de « Belle » librairie proche de vous, sachez que tout libraire digne de ce nom (un marchand de journaux n’est pas un libraire même s’il vend des livres) peut et doit vous commander un livre dont vous avez besoin. Certes c’est un peu plus long qu’Amazon ou Fnac.com, mais il faut se battre pour garder un réseau de librairies indépendantes partout.

        1 autres commentaires
  • John Merrick
    John Merrick
    pachyderme que ça
    • Posté à 21h18 le 29/11/2012
    • 179410
      pachyderme que ça

    « Il serait fort éclairant de donner la liste des distributeurs disparus dans le monde, à cause des pratiques hégémoniques et du dumping fiscal et réglementaire habituels chez ces entreprises américaines de e-commerce. »

    M. Bompard, PDG de la FNAC, il serait fort éclairant de voir combien de bouquinistes, disquaires, libraires et bédéistes de quartier vous avez fait crever.

    Tel est pris qui croyait prendre, c’est con hein.

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à John Merrick
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 13h42 le 30/11/2012
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Je vais régulièrement au Quartier latin pour m’approvisionner chez Gibert, Compagnie et l’Harmattan, et j’y vois toujours du monde (y compris aux caisses) alors même que la Fnac bat de l’aile. L’offre est vaste (il est rare que je ne trouve pas chez Gibert ce que je cherche, et dans ce cas c’est disponible soit chez Compagnie, soit à l’Harmattan), on y est bien entendu mieux conseillé et aussi mieux servi : même quand il y a foule chez Gibert, par exemple le samedi après-midi, il est rare que l’on poireaute longtemps aux caisses.

      De disquaire, en revanche, il n’en reste pas plus que de beurre en branche (sauf Gibert Musique).

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 21h21 le 29/11/2012
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Amazon je l’enderrière...

    • l'axe du bien
      l'axe du bien répond à Lionel06
      enfin moi-même !
      • Posté à 00h37 le 30/11/2012
      • Internaute 191947
        enfin moi-même !

      salut Lionel, je me barre pour un temps !

      • Lionel06
        Lionel06 répond à l'axe du bien
        Dessoucheur
        • Posté à 09h05 le 30/11/2012
        • Internaute 30683
          Dessoucheur

        Ne fais pas l’autiste trop longtemps, je vais finir par faire de même...

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 21h23 le 29/11/2012
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    Amazon a besoin de payer ses impôts !

    • John_John
      John_John répond à jpouille
      Entrepreneur
      • Posté à 09h59 le 30/11/2012
      • Internaute 118347
        Entrepreneur

      Faux, c’est l’Etat qui a besoin des impôts d’Amazon pour continuer ses gaspillages. Amazon se débrouille très bien tout seul.

      • karlM
        karlM répond à John_John
        Précaire
        • Posté à 11h26 le 30/11/2012
        • Internaute 21378
          Précaire

        Amazon comme les Autres multinationales néolibérales staliniennes, monopolise l’argent, les politiques, en transformant les lois, normes à l’avantage des ses actionnaires.
        j’ai créé une EI et l’état ne m’a rien donné,
        Vive la concurrence libre et non faussée

      • jpouille
        jpouille répond à John_John
        Fils du vent
        • Posté à 16h17 le 30/11/2012
        • Internaute 31114
          Fils du vent

        Un état sans impôts c’est un état sans éducation, sans police, sans armée, sans pompiers, sans hôpitaux, sans couverture sociale.
        Mais puisque vous êtes entrepreneur et que vous vous faites le chantre du libéralisme à outrance, pourquoi n’allez-vous pas vivre au Honduras où 77% de la population vit sous le seuil de pauvreté ?

  • J-B
    J-B
    Etudiant. Si si, pour de vrai.
    • Posté à 21h59 le 29/11/2012
    • Internaute 58527
      Etudiant. Si si, pour de vrai.

    Ils sont assez flippant les petits Kiva.
    « wisdom of a crowd... of robots »

    Quant aux subventions accordées à Amazon, le sujet est particulièrement sensible à cause de leurs ennuis avec le fisc.
    Mais le même racket « jobs contre subventions » est en place dans toutes les villes de taille moyenne, dans différents secteurs d’activité.

    J’ai en tête les subventions filées à Ryanair pour desservir je ne sais quelle ville de province. C’était indécent. Et ils n’étaient pas blanc-bleu non plus sur le versement des cotisations sociales.

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 22h07 le 29/11/2012
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    « Aux Etats-Unis, le groupe s’approche des grandes villes pour tenter de faire passer le délai de livraison à une journée, afin de concurrencer tous les magasins. »
    En 50 ans, la grande distribution a presque anéanti les petits commerces indépendants de proximité avant de revenir s’implanter en centre ville. Avec de bonnes subventions de la collectivité, Amazon taille à son tour des croupières à la grande distribution traditionnelle avec à la clé des emplois de plus en plus déshumanisés et de moins en moins d’impôts payés ici.
    Le plus triste dans cette histoire, c’est que les élus concernés par l’implantation de ce type d’entreprise n’ont pas conscience qu’au final pour créer égoïstement quelques emplois dans leur zone géographique, on aura détruit massivement de l’emploi sur l’ensemble du territoire et pas forcément contribué à la réduction de notre empreinte écologique.
    L’industrialisation et la concentration à outrance de la distribution avec leurs conséquences visibles m’interpellent car le même phénomène est en train de se produire dans la restauration avec une fois de plus la bénédiction des pouvoirs publics. Lien

    • Pili pili
      Pili pili répond à Xavier Denamur
      Piment d'oisif
      • Posté à 22h17 le 29/11/2012
      • Internaute 188535
        Piment d'oisif

      Je ne pense pas que les petits commerces soient les plus visés.

      C’est clairement la FNAC qui a du plomb dans l’aile, ou les grandes surfaces avec leurs espaces média, condamnées à n’être que le showroom d’articles achetés sur le net.

      Les petites librairies sont toujours très fréquentées et les librairies d’articles d’occasion explosent, par exemple. Et elles aussi vendent par le net. Parfois via Amazon, d’ailleurs...

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à Pili pili
        Restaurateur
        • Posté à 22h33 le 29/11/2012
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        Le panel de références d’Amazon est bien plus large que celui de la librairie et des produits « médias » et devrait petit à petit s’élargir encore.
        Dans mon secteur, l’exemple de Mac Donald est assez similaire, depuis 1974 cette entreprise bénéficie de subventions pour s’implanter et d’aides à l’emploi alors qu’elle ne paye quasiment pas d’impôts en France grâce à une excellente optimisation fiscale, pratique la précarité salariale et alourdit les comptes de la sécurité sociale ? Lien’s…/

         
        • Pili pili
          Pili pili répond à Xavier Denamur
          Piment d'oisif
          • Posté à 22h43 le 29/11/2012
          • Internaute 188535
            Piment d'oisif

          C’est bien pourquoi j’ai tilté sur le terme « CDI ».

          Quand à l’optimisation fiscale, c’est toujours la faute du législateur. Toujours.

        • the ghost
          the ghost répond à Xavier Denamur
          expatrie
          • Posté à 12h09 le 30/11/2012
          • 173412
            expatrie

          Et qu’ils paient leurs employes des clopinettes, se servant beaucoup d’etudiants et de gens qui ont besoin de travailler des heures irregulieres a temps partiel.
          Il est probable qu’amazon le fasse aussi, habitant a l’etranger je commande des livres en francais, et ils sont souvent envoyes le samedi.

        2 autres commentaires
      • inspecteur crouton
        inspecteur crouton répond à Pili pili
        modéré
        • Posté à 23h44 le 29/11/2012
        • Internaute 118828
          modéré

        Vous me paraissez bien naïf, mon cher .

        Une simple discussion avec n’importe quel libraire petit ou gros vous éclairera sur ce qu’ils pensent d’Amazon et des clients qu’ils perdent régulièrement à cause de ce géant qui ne paie pas d’impôts, qui ne paie pas ses salariés, qui ne paie pas de pas de porte en centre ville et qui a de bien meilleures conditions d’achat chez les éditeurs, qui a une gestion de stocks très économique tout en ayant une profondeur d’offre incomparable et qui enfin a un outil redoutablement efficace et qui amortit ses investissements technologiques sur l’ensemble de la planète.

        Amazon avec ses remarquables outils et son extrême concentration détruira infiniment plus d’emplois qu’il n’en créera, mais comme le court terme, le progrès et le libéralisme priment toujours plus, ce n’est même pas la peine d’envisager le moindre regret...

         
        • simla
          simla répond à inspecteur crouton
          desperate housewife
          • Posté à 01h24 le 30/11/2012
          • Internaute 164811
            desperate housewife

          Acheter en ligne, c’est quand même beaucoup moins sympa que d’aller traîner dans une librairie !

          Je ne comprends pas cette frénésie d’achats en ligne quand on vit dans une grande ville.

          • DiaboloSatanas
            DiaboloSatanas répond à simla
            Fou du volant
            • Posté à 11h19 le 30/11/2012
            • Internaute 79165
              Fou du volant

            D’autant que si le libraire n’a pas le livre en rayon , on peut très bien lui commander effectivement..
            Les cons sont légion , c’est comme ça ..

          • c.d.g.
            c.d.g. répond à simla
            ami d un pingouin nommé Tux
            • Posté à 12h27 le 30/11/2012
            • Internaute 83383
              ami d un pingouin nommé Tux

            1) tout le monde vit pas dans une grande ville
            2) Meme si vous habitez pas trop loin d une, il faut y aller (trajet, evntuellement bouchon et parking). SI en plus le libraire na pas ce que vous voulez, il faut y retourner : -(
            3) moi ce que j aime bien chez amazon c est pa sles livre mais le hi tech
            on peut tranquillement faire son choix, comparer et commander

            • inspecteur crouton
              inspecteur crouton répond à c.d.g.
              modéré
              • Posté à 14h22 le 30/11/2012
              • Internaute 118828
                modéré

              Oui mais quand Amazon aura éliminé toute la concurrence (libraires et Fnac, pour le livre), il pourra faire supprimer la Loi Lang, fixera lui même les prix et obligera les éditeurs à ne plus produire que des titres à très forte rotation.

              D’ailleurs même pas, il les éditera lui même. J’espère que vous aimez Guillaume Musso et Marc Lévy...

        • mr_megot
          • Posté à 10h58 le 30/11/2012
          • Internaute 53015
            .

          Ouin, bouh, vous avez parfaitement tout résumé, c’est si triste !

        • c.d.g.
          c.d.g. répond à inspecteur crouton
          ami d un pingouin nommé Tux
          • Posté à 12h25 le 30/11/2012
          • Internaute 83383
            ami d un pingouin nommé Tux

          Amazon va detruire des emplois c est certain. Meme si c est surtout chez la fnac ou darty (ne pas oublier que amazon ne vend pas que des livres) plus que chez le petit libraire (ceux qui ont survecu a la grande distribution vont survivre)
          Par contre amazon cree aussi des emplois. Certains bien paye (leurs ingenieur au USA) ou mal (les manutentionnaires en france). Il faut voir qu amazon permet quand meme aussi a certaines petites societes de vendre hors de leur zone de chalandise puisque n importe qui peut vendre via amazon market ou via le cloud (c est eux qui ont commence a offrir ca)
          Le probleme en france c est que les emplois bien paye genere par amazon ne sont pas en france (logique, c est une societe US) par contre ceux detruit oui.
          C est pas nouveau et pas specifique a amazon. Ils sont pas responsable des millions de chomeurs qu on traine depuis 30 ans

        • salengro
          salengro répond à inspecteur crouton
          quand le verbe se fait chair, (...)
          • Posté à 12h50 le 30/11/2012
          • Internaute 107017
            quand le verbe se fait chair, (...)

          ben oui,

          Amazon, et tant d’autres d’ailleurs, les risques de la vente en ligne étant du même acabit.
          Jusqu’à la possibilité de faire ses courses en ligne, qui pourra en dissuader plus d’un d’aller passer du temps dans une grande surface, à se faufiler dans la cohue, passer du temps à la caisse (après en avoir passé à trouver une place de parking)...etc
          Le temps (dont celui libre, se faisant rare, n’en prend que plus de valeur)...la facilité, la compatibilité avec une société orientée individu...voilà qui a de quoi séduire, au point je pense - mais espérant néanmoins me tromper - que cette méthode de vente/achat est appelée à devenir la norme

          • uberto
            uberto répond à salengro
            mouuuais on verra plus tard
            • Posté à 10h01 le 01/12/2012
            • Internaute 187304
              mouuuais on verra plus tard

            Je suis assez d’accord la dessus. J’ai fréquenté assidument les librairie, mais même si l’on peut le déplorer, je trouve normal que le commerce évolue dans cette direction. L’automatisme touche plusieurs branches d’activité, le tout est de savoir quoi faire du temps qu’il fait gagner, dans quoi peut on l’investir ?

        8 autres commentaires
    • simla
      simla répond à Xavier Denamur
      desperate housewife
      • Posté à 01h21 le 30/11/2012
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      Très juste !

    • Grande Anse
      Grande Anse répond à Xavier Denamur
      Homme sans qualité
      • Posté à 15h40 le 30/11/2012
      • Internaute 143691
        Homme sans qualité

      En somme, Amazone touche des subventions qui lui permettront de se payer (sans devoir rogner ses marges bénéficiaires ni les dividendes de ses actionnaires) les robots qui remplaceront bientôt des emplois provisoires non qualifiés. Jouissif.

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 22h33 le 29/11/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    Combien d emplois tués dans le petit commerce , au regard de ceux crées par amazon , certains politicards le savent , mais ferment leur gueule par lacheté !

  • Denard
    Denard
    Consutologue
    • Posté à 22h45 le 29/11/2012
    • Internaute 143905
      Consutologue

    Pas une référence directe à ce cher ministre du redressement productif qui présidait le conseil régional dans un article mettant en évidence l’incohérence des politiques locales et nationales.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h37 le 29/11/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    L’implantation d’Amazon et de ses cadeaux fiscaux fait indéniablement penser à celle d’Eurodisney à Marne la Vallée
    « La création du parc en 1992 – et son annonce quelques années plus tôt – avait suscité beaucoup d’espérances dans une France touchée par le chômage. Mais peu à peu, il est devenu le symbole, pour l’opinion publique, du management à l’américaine, étant souvent assimilé aux conditions de travail difficiles, à la précarité, aux faibles salaires et à un dialogue social qui laisserait à désirer. En 1998, le parc a d’ailleurs connu une de ses premières grèves d’importance » Wikipédia
    Et pour rappel les cadeaux de l’Etat.
    - un milliard de Francs (153 millions d’euros) pour la prise en charge des infrastructures périphériques jugées nécessaires par Disney ;
    - un milliard de Francs (153 million d’euros) pour la gare du RER. Si la fréquentation ne répond pas aux prévisions, Disney s’engage uniquement à verser une indemnité destinée à financer la promotion du parc ;
    - un milliard de Francs (153 millions d’euros) de subventions indirectes sous forme de baisse sur le taux du prêt consenti par la Caisse des dépôts et consignations.
    Les années passent, les cadeaux restent.

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