Tribune 10/11/2012 à 10h22

Histoire (pas si) drôle du pouvoir économique

Pascal de Lima et Gwenaël Le Sausse


Tribune

Qu’il est loin le temps béni où les gouvernements français avaient une prise sur l’économie, l’époque où on se permettait de plaisanter sur le pouvoir économique, ce même pouvoir que tous les gouvernements occidentaux craignent aujourd’hui.

Souvenez-vous de Vincent Auriol promettant, goguenard, « les banques je les ferme, les banquiers je les enferme » ! Autres temps, autres mœurs. Nos « hyperprésidents », même lorsqu’ils ont une majorité politique à tous les étages, ne peuvent rien face aux délocalisations et aux agissements immoraux, mais légaux, de certains patrons voyous.

La République ne peut plus qu’« inaugurer les chrysanthèmes » selon la boutade de de Gaulle qui avait décidément le génie du verbe. Il l’a montré à nouveau au cours de sa conférence de presse du 28 octobre 1966, en proclamant que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille », la corbeille désignant la Bourse.

Comment le « plus illustre des Français » aurait-il pu imaginer un seul instant que cette même France qui riait de sa boutade en 1966, vivrait cette situation tragicomique pour de bon, un peu plus de trente ans après sa mort ?

On a couru après le « triple A », on court maintenant après le financement des marchés financiers et leur bénédiction pour nos plans d’austérité. Benny Hill n’aurait pas fait meilleure course.

L’émancipation du pouvoir économique

Plus sarcastique, Lénine expliquait que « les capitalistes [lui] vendraient la corde avec laquelle [il] les pendr[ait] ». Il avait raison de désigner leur cupidité comme leur principale faiblesse. A faire de l’économie le pilier central de la société, ils ont scié la branche sur laquelle ils s’étaient assis.

Cette idée, on la retrouve chez Karl Polanyi dès 1944 lorsqu’il théorise le désencastrement de la sphère économique vis-à-vis de la sphère politique dans son livre « La Grande Transformation ».

Selon cette thèse, le pouvoir économique s’est émancipé du contrôle politique peu à peu, au fil du XIXe siècle et au début du XXe siècle. La crise de 1929 représente l’échec du marché autorégulateur, qui avait remplacé le contrat social dans la sauvegarde de la paix sociale.

Réaction violente des populations

La « Grande Transformation » est alors la reprise en main, antidémocratique, par les totalitarismes communiste, fasciste et nazi, de la sphère économique. Il s’agit d’une réaction violente des populations soucieuses de reprendre le contrôle de leur vie.

Le marché dit « autorégulateur » avait considéré les hommes, la monnaie et la terre, comme des marchandises, auxquelles on peut allouer un prix selon la loi de l’offre et la demande. La conséquence de cette vision déshumanisée de la société s’est fait sentir après la crise de 1929, lorsque les citoyens, déboussolés, sans emploi, constataient que la société était devenue « de marché ».

Perdue par le déracinement de l’exode rural, le douloureux mode de vie ouvrier, l’affaiblissement des institutions traditionnelles, la société a lancé à l’Etat un appel à la hauteur de son désarroi.

Cet ultime soubresaut du pouvoir politique s’est terminé en 1945 par la défaite du fascisme mussolinien et du nazisme, puis en 1989 de l’échec du communisme soviétique. Le déficit d’institution réapparaît, la voie est libre pour le marché.

Le régulateur social redevient le marché

En France par exemple, le marché n’a plus d’adversaire politique. Le RPR et le PS se convertissent au libéralisme économique, chacun au pouvoir, dès les années 80.

Il est vrai que leurs politiques ne font que suivre le mouvement initié par le couple Reagan-Thatcher. La mondialisation ultralibérale est triomphante, aller contre elle est délicat. Le pouvoir économique est libéré pour de bon de sa tutelle politique par les politiques eux-mêmes.

Dès lors, le régulateur social redevient le marché. Milton Friedman, théoricien de ce nouveau désencastrement, poursuit notre histoire drôle par sa boutade :

« Si vous confiez à un gouvernement la gestion du Sahara, dans cinq ans, il y aura une pénurie de sable ! »

Evidemment, l’Union européenne n’est pas en reste dans cette évolution. Elle a facilité la manœuvre en transférant la souveraineté des Etats-nations européens vers des instances supranationales, hors du champ de vision et de compréhension des citoyens.

Sous les coups de boutoir de la communauté européenne, la France a perdu, l’un après l’autre ses leviers d’action sur l’économie. D’abord l’arme douanière, en 1968, ensuite l’outil monétaire, en 1992, avec l’euro du traité de Maastricht, enfin le levier budgétaire il y a quelques jours, avec le Pacte budgétaire qui instaure un contrôle européen sur notre politique budgétaire.

C’est la fin de l’indépendance budgétaire française, vieille de sept siècles, arrachée par Philippe le Bel avec sa Chambre des comptes.

Derrière le rire des clowns...

Il y a quelques mois on nous disait que l’ennemi c’était « le monde de la finance », avant d’aller se repentir à la City pour rassurer lesdits ennemis.

Comme Raoul Volfoni des « Tontons flingueurs », on promettait de flinguer. « J’vais lui montrer qui c’est Raoul. » Ils ont vu. Les flingueurs ont été les flingués et Florange va fermer, l’Etat continue de financer sa dette publique auprès de marchés financiers privés. Bref, la messe est dite.


Un clown triste (Stephen Brace/Flickr/CC)

Et c’est bien là la morale de cette histoire finalement pas si drôle ; l’histoire de la perte de la capacité d’action de l’Etat en matière économique. On le sait, derrière les rires des clowns, comme Canio dans Pagliacci, se cachent souvent des larmes. Alors face à ce constat, nous reste une question : préférons-nous en rire ou en pleurer ?

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • 49 réactions
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  • Pi.K
    Pi.K
    Vilain Parisien
    • Posté à 12h41 le 10/11/2012
    • Internaute 105016
      Vilain Parisien

    Il faut mettre ça en valeur sur la page d’accueil ! À défaut d’être très approfondi (le problème commun des tribunes journalistiques : il y aurait tant à dire et il y a si peu de place), c’est une incitation à aller plus loin.

    • MarxForEver
      MarxForEver répond à Pi.K
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 12h23 le 11/11/2012
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      Effectivement, le sujet mériterait un examen plus approfondi. Par exemple, en prenant un peu plus de recul historique, on pourrait aboutir à une conclusion exactement inverse : nous ne sommes pas à l’époque de l’émancipation du pouvoir économique mais à celle de la colonisation du pouvoir politique par l’économie. Par exemple, à l’époque de la monarchie (dont je ne suis pas fan), le pantouflage n’existait pas puisque le pouvoir appartenait aux seuls aristo et que les banquiers n’en étaient pas.

      • Pi.K
        Pi.K répond à MarxForEver
        Vilain Parisien
        • Posté à 10h41 le 12/11/2012
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        C’est discutable : à la Renaissance, avec la montée de la bourgeoisie commerciale et bancaire, les pouvoirs royaux et aristocratique étaient déjà limités. Prenez « Les Époux Arnolfini » (Van Eyck 1434) : ce ne sont pas des nobles, mais un riche marchand et sa jeune femme, en plein XV° siècle (du point de vue flamand)/Quattrocento (du point de vue italien). De même « Le changeur et sa femme » (Metsys 1514) : à peine un siècle plus tard, les éléments essentiels de la bourgeoisie urbaine sont là. Monnaie et pesée des métaux au premier plan, à côté d’une Bible enluminée ; à l’arrière-plan une indication de la ville avec des gens qui discutent.

        Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’avant Louis XIV, la monarchie est surtout symbolique, dans la mesure où le pouvoir royal est très faible et soumis au bon vouloir de l’aristocratie, sur le mode « Souviens-toi de qui t’a fait roi » (sous-entendu : ne viens pas nous embêter sinon on change de dynastie royale).

  • avaroa avaroa
    • Posté à 14h03 le 10/11/2012
    • Internaute 51355
      AS

    pleurons en choeur l’homme qui accepte son statut de marchandise !

    aucune rébellion ? chacun est responsable individuellement de cette situation abjecte en laissant faire l’inacceptable !
    je suis persuadée que les racketteurs légaux se frottent les mains de toute cette inertie générale !

    • Vivre libre ou mourir
      Vivre libre ou mourir répond à avaroa avaroa
      Europe ? SALOPE !
      • Posté à 19h05 le 10/11/2012
      • 182797
        Europe ? SALOPE !

      Faux, si nous étions en anarchie avec un réel pouvoir populaire en effet chacun serait responsable mais nous sommes soit disant en démocratie dans laquelle voter est soit disant le choix de la direction politique que nous aurions choisi, ce sont donc les politiciens les premiers responsables de ce bilan désastreux, parce qu’ils ne font rien, parce qu’ils sont totalement corrompus...

      • Bob Moog
        Bob Moog répond à Vivre libre ou mourir
        Voltage Controlled
        • Posté à 11h44 le 11/11/2012
        • Internaute 136928
          Voltage Controlled

        Les politiciens oui mais surtout les médias qui abrutissent le peuple en allumant systématiquement des contre feux. Par ailleurs, dès qu’un politicien tente une contre analyse, il est systématiquement ringardisé.

         
        • Vivre libre ou mourir
          Vivre libre ou mourir répond à Bob Moog
          Europe ? SALOPE !
          • Posté à 11h46 le 11/11/2012
          • 182797
            Europe ? SALOPE !

          pareil, même panier de crabes, ça les arrange bien tous d’être aussi cons... -_-

          • Bob Moog
            Bob Moog répond à Vivre libre ou mourir
            Voltage Controlled
            • Posté à 13h20 le 11/11/2012
            • Internaute 136928
              Voltage Controlled

            En même temps je commence à me demander si les journaleux ne sont pas tout simplement complètement cons pour manquer de clairvoyance à ce point. Les politiques sont cyniques, ce qui me parait finalement peut être plus « excusable » que la simple connerie à l’état brut.

            Par contre au moindre plan social comme par exemple chez Sud Ouest, là les journaleux commencent à se poser quelques questions, probablement vite étoufées par la prochaine grève de chez Air France qui leur empêchera d’aller trainer dans les souks de Marrakech à Noêl.

        2 autres commentaires
      • MarxForEver
        MarxForEver répond à Vivre libre ou mourir
        L'argent n'existe pas
        • Posté à 12h42 le 11/11/2012
        • Internaute 124072
          L'argent n'existe pas

        Le cadre de orange qui se paye des séjours en République Dominicaine et qui insultait une guichetière SNCF fait (malheureusement) partie du peuple. Nous savons bien qu’il y en a beaucoup d’autres de cet accabit.

        La corruption n’est malheureusement pas que chez les politiques. En ce moment, entre les pigeons, les syndicats de médecins ultra-conservateurs, les pdg accros aux subventions d’Etat, il ne se passe pas une semaine, sans qu’une nouvelle vatégorie de profiteurs ne sorte du bois.

        L’égoïsme ambiant, le refus des clases supérieures de partager le sort commun ne sont pas le fait des politiques. Les politiques en seraient plutôt le reflet.

        Il faut donc pousser le peuple à l’examen de conscience.

        De plus, exempter les générations précédentes de leur responsabilité dans la crise actuelle reviendrait à s’exempter nous-mêmes de responsabilités envers l’avenir.

         
        • Bob Moog
          Bob Moog répond à MarxForEver
          Voltage Controlled
          • Posté à 13h28 le 11/11/2012
          • Internaute 136928
            Voltage Controlled

          « De plus, exempter les générations précédentes de leur responsabilité dans la crise actuelle reviendrait à s’exempter nous-mêmes de responsabilités envers l’avenir. »

          Carrément. moi qui suis né en 73 je considère que la génération de mes parents s’est goinfrée honteusement, et continue de le faire, sous prétexte qu’ils ont subi une guerre que nous n’avons pas déclarée. Ma génération à moi a été trop conne pour se rebeller, et à préféré suivre le mouivement comme des moutons. Quant à la prochaine, j’espère qu’ils seront un peu plus péchus, notre rôle à nous étant de les motiver en espérant qu’il ne soit pas trop tard.

        • Vivre libre ou mourir
          Vivre libre ou mourir répond à MarxForEver
          Europe ? SALOPE !
          • Posté à 20h01 le 11/11/2012
          • 182797
            Europe ? SALOPE !

          c’est bien pour cela que le peuple n’est pas encore prêt à vivre en anarchie mais cela devrait être son but permanent, s’y préparer...

        2 autres commentaires
      • avaroa avaroa
        • Posté à 20h09 le 11/11/2012
        • Internaute 51355
          AS

        oui j’adhère en effet à votre argumentation mais je me retrouve devant une pensée stupide ; dans une démocratie le politique se doit être au service du citoyen ! or depuis trop longtemps les citoyens sont au service des politiques sans en tirer aucun profit !

         
        • Vivre libre ou mourir
          Vivre libre ou mourir répond à avaroa avaroa
          Europe ? SALOPE !
          • Posté à 10h27 le 12/11/2012
          • 182797
            Europe ? SALOPE !

          Puis là en voyant faire les socialistes, rien du tout donc, on ne peut que déplorer l’arnaque que représentent nos élections soit disant démocratiques...

        1 autres commentaires
  • jccman
    • Posté à 16h17 le 10/11/2012
    • Internaute 71353

    Bon, ben comment on fait pour changer tout ça ?

    Les recettes sont plus ou moins connues, il exsite queques bouquins là-dessus. Mais comment faire pour mettre en place tout ça ? Car pour que ça marche, j’ai l’impression qu’il faudrait appliquer les mêmes changement dans tous les pays. C’est pas gagné...

    • Vivre libre ou mourir
      Vivre libre ou mourir répond à jccman
      Europe ? SALOPE !
      • Posté à 19h02 le 10/11/2012
      • 182797
        Europe ? SALOPE !

      vous avez raison baissons les bras et continuons de nous faire escroquer...

      • jccman
        • Posté à 19h15 le 10/11/2012
        • Internaute 71353

        Je n’ai pas écrit ça. Donc comment faire pour ne plus se faire escroquer ?

         
        • Vivre libre ou mourir
          Vivre libre ou mourir répond à jccman
          Europe ? SALOPE !
          • Posté à 21h16 le 10/11/2012
          • 182797
            Europe ? SALOPE !

          Il faut commencer par le début, informer tout le monde de ce fait, que les gens aient pleinement conscience des avantages et surtout des inconvénients d’obéir aux banques directement, parce que là on le constate pleinement ils sont intouchables.

        • Bob Moog
          Bob Moog répond à jccman
          Voltage Controlled
          • Posté à 11h49 le 11/11/2012
          • Internaute 136928
            Voltage Controlled

          Et pourtant je suis contre la violence et encore plus contre la peine de mort. Mais il y a un moment où nous n’aurons sans doute plus le choix.

        2 autres commentaires
    • Harry Haller
      Harry Haller répond à jccman
      loup des steppes
      • Posté à 10h58 le 11/11/2012
      • Internaute 188849
        loup des steppes

      On connaît les recettes mais il manque l’ingrédient le plus rare : le courage politique. Avoir du courage politique, c’est s’imposer à soi-même une certaine exigence morale ou des principes(si vous préférez), c’est à dire qu’ après avoir discerner le vrai, du faux, il faut agir dans le vrai indépendamment des circonstances (du moins le plus possible). Les politiques d’aujourd’hui adaptent leur morale/ leurs principes à notre temps alors qu’il faut adapter notre temps à une morale ou à des principes. C’est pas gagné...c’est vrai et alors ? Comme l’écrit Edgar Morin : « Subordonner la morale à la réussite, c’est abandonner dès le départ l’exigence morale. Le propre de l’exigence morale, c’est de pouvoir animer l’action sans espoir de victoire. Il faut se préparer à cette éventualité. »
      Ou alors se résigner.

    • Le Gaspésien
      Le Gaspésien répond à jccman
      • Posté à 17h16 le 11/11/2012
      • Internaute 119587

      La découverte ou l’ignorance

      Lien
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  • Vivre libre ou mourir
    Vivre libre ou mourir
    Europe ? SALOPE !
    • Posté à 19h01 le 10/11/2012
    • 182797
      Europe ? SALOPE !

    Vous oubliez la corruption dans votre démonstration, c’est elle qui empêche que les politiciens ne s’opposent au pouvoir financier sinon les socialistes ont tous les pouvoirs, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, c’est juste qu’ils sont bien trop compromis au sein de l’oligarchie pour oser repousser la main qui leur tend tant de billets, le libéralisme ayant fait décupler les pots de vin...

  • juju222
    juju222
    étudiant
    • Posté à 19h56 le 10/11/2012
    • Internaute 152191
      étudiant

    Bel article ! J’aime beaucoup la vision d’ensemble. Maintenant nous verrons ce que sera le nouveau sursaut des populations, peut être qu’il se fera avec plus de conscience cette fois-ci. Nous sommes décidément à une époque vraiment intéressante.
    Je suis curieux de voir combien de temps les gens continuerons à accepter de souffrir.

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 20h43 le 10/11/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    - Le troc, les brocs, les coopet alternatives, les bourses aux fringues, aux jouets : utilisons ou vendons déjà ce qui a déjà été « manufacturé » à outrance, c’est un début.

    - Fuir les offres de crédit et casser sa télévision : -)

    - Utiliser de l’argent liquide pasque quand faut larguer les talbins : on se rend conte de ce que l’on dépense... A l’inverse de la Carte Bleue.

    - Ensuite au boulot, c’est au cas par cas mais bon, le système démerde existe partout...

    - Utiliser au minimum sa bagnole si on ne peut pas s’en passer pasqu’on habite à la pampa...

    - Utiliser son terrain pour faire pousser des légumes, faire des conserves, des confiotes...

    Faire la jaffe et ne pas acheter toutes ces merdes préparées...

    Quelque part, revenir au « bon sens » de nos aïeux qui vivaient avec trois fois rien alors qu’aujourd’hui, l’inutile est devenu l’essentiel !

    Y’en a qui ont certainement pleins d’idées sur « comment mieux vivre »...

    Bien cet article.

    • Pili pili
      Pili pili répond à Le Renifleur
      Piment d'oisif
      • Posté à 22h46 le 10/11/2012
      • Internaute 188535
        Piment d'oisif

      Ben oui, le changement c’est dedans.

      Si on avait sur nous-même le dixième d’esprit critique de ce qu’on a vis à vis du pouvoir régalien...
      D’ailleurs c’est pour ça que même le libéralisme n’en veut pas, des missions régaliennes. Les flics, les juges, les militaires et les comptables, c’est bien pratique comme souffre douleur pour détourner le populo des bons réflexes, comme celui de se poser des questions.

    • Bob Moog
      Bob Moog répond à Le Renifleur
      Voltage Controlled
      • Posté à 11h55 le 11/11/2012
      • Internaute 136928
        Voltage Controlled

      Tu as raison mais le système actuel fait en sorte que si tu refuses d’acheter le dernier iphone, tu crèves de faim dans les mois qui suivent.

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à Bob Moog
        loin d'ici
        • Posté à 13h37 le 11/11/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Ah bon ?

        Merde : je suis mort depuis ma naissance alors !

         
        • Bob Moog
          Bob Moog répond à Le Renifleur
          Voltage Controlled
          • Posté à 13h46 le 11/11/2012
          • Internaute 136928
            Voltage Controlled

          Je suis crevé et donc n’ai pas les idées très claires aujourd’hui. Ce que je voulais dire c’est que même si tu décides de vivre hors système, ce qui est aussi mon cas, le système s’arrange toujours pour te rattraper à un moment ou un autre. Bien sur qu’il faut privilégier la débrouillardise et l’entraide, mais à terme ça ne suffira pas. Si on reste dans la marginalité, on finira par être considéré comme ces aborigènes qui regardent les avions passer et attendent qu’un coton tige tombe. Et c’est exactement ça qu’« ils » veulent.

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à Bob Moog
            loin d'ici
            • Posté à 14h20 le 11/11/2012
            • Internaute 136986
              loin d'ici

            Sans vivre en autarcie totale (j’en connais) on peut se prémunir de l’aliénation générale distillée en premier lieu par les médias et conserver un esprit critique.

            Il ne s’agit pas non plus de se marginaliser par rapport au voisinage quoique, si les voisins sont trop cons, il peut être utile de se barrer... Pasque tous les buter, ce ne serait pas convenable !

            « Pour vivre heureux, vivons cachés » disait je ne sais plus qui : il a raison.
            Alors d’un coté, j’ai personnellement une vie publique où je « parait » être le stricte contraire de ce que je défend et de l’autre une « vie normale » pour reprendre un propos présidentiel.

            Nous vivons dans une « société du paraître », de « l’a priori » ou l’image prime sur la cervelle, ne l’oublions pas.

            Alors, l’une des astuces consiste a offrir au regard des autres « aliénés » l’image et le discours neutre et normalisé qui les rassure... Ni trop, ni trop peu.

            A partir de là, on est peinard...

        2 autres commentaires
    • MarxForEver
      MarxForEver répond à Le Renifleur
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 12h15 le 11/11/2012
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      C’est exactement tout ce que je fais : -)

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à MarxForEver
        loin d'ici
        • Posté à 14h02 le 11/11/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Moi aussi sauf le jardin pasque ça me gonfle...

  • trouble fêtes
    trouble fêtes
    aconforme
    • Posté à 20h42 le 10/11/2012
    • Internaute 156689
      aconforme

    Il y a bien longtemps qu’il ne se fait plus d’économie mais « des affaires », « du fric », « du flouze »...
    L’utilisation du terme « économie » n’est qu’un coup de force sémantique de la bourgeoisie patriarcale du XVIII° siècle qui perdure, et n’a rien d’économique. Économiser veut dire épargner, protéger thérapeutiquement, soigner, sauver la vie, pas du tout ce que les délires du capitalisme nous leurrent ; en fait, sa logique est celle de la puissance qui finit par détruire l’économie. Toute activité qui porte atteinte à la continuation de la vie et de la planète se devrait d’être bannie pour « anti-économisme irrécupérable » !

  • Alain Cohen-Dumouchel
    Alain Cohen-Dumouchel
    Gauche Libérale
    • Posté à 20h57 le 10/11/2012
    • Internaute 76708
      Gauche Libérale

    Sur le fond :
    La « prise sur l’économie » du gouvernement français n’a jamais été aussi haute avec des dépenses publiques qui s’élèvent à 57% du PIB ! Du temps d’Auriol on était à 25%

    Sur la forme :
    Publier une tribune pour expliquer qu’un mur noir est blanc, est un procédé vieux comme le monde. Ce qui est fascinant c’est que ça marche sur certains esprits, un peu comme l’hypnose en fait.

    • Pili pili
      Pili pili répond à Alain Cohen-Dumouchel
      Piment d'oisif
      • Posté à 22h49 le 10/11/2012
      • Internaute 188535
        Piment d'oisif

      Sauf que du temps d’Auriol, si une émeute éclatait chez les ouvriers on envoyait l’armée.
      Aujourd’hui on verse des compensations, alors ça coûte plus cher.

      Le libéralisme s’occupe de tout, sauf de la paix sociale que l’État assure, mais à crédit.

    • gnozd
      gnozd répond à Alain Cohen-Dumouchel
      art
      • Posté à 22h59 le 10/11/2012
      • Internaute 130277
        art

      Allez, développez un peu, moi qui suis un « certain esprit », j’ai soif de découvrir vos lumineux enseignements.

      • Vivre libre ou mourir
        Vivre libre ou mourir répond à gnozd
        Europe ? SALOPE !
        • Posté à 10h19 le 11/11/2012
        • 182797
          Europe ? SALOPE !

        laissez tomber, Huutaa l’a explosé sur le fond la dernière fois et il continue de nous intoxiquer avec son libéralisme de gauche, on ne peut rien face à ces gens qui payent les rédactions pour venir diffuser leur obscurantisme mais faut pas s’étonner que le niveau général moyen ait tant de mal à décoller... -_-

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à Alain Cohen-Dumouchel
      Working class bléro
      • Posté à 06h25 le 11/11/2012
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Les avoirs des banques sont quasiment égaux à la dette des Etats. A qui profite le crime ?

    • Harry Haller
      Harry Haller répond à Alain Cohen-Dumouchel
      loup des steppes
      • Posté à 11h40 le 11/11/2012
      • Internaute 188849
        loup des steppes

      Expliquer qu’un mur noir est blanc ne marche pas si bien que ça, vous pouvez vous en rendre compte à chaque fois que vous publiez vos tribune sur Rue 89.
      Ici on nous explique qu’un mur gris foncé est presque noir, et c’est marche car c’est plutôt vrai.

    • Le Renifleur
      Le Renifleur répond à Alain Cohen-Dumouchel
      loin d'ici
      • Posté à 13h45 le 11/11/2012
      • Internaute 136986
        loin d'ici

      Et hop : un nez rouge : -)
      Celui-là, vous allez avoir du mal à le censurer :
      va falloir trépigner sévère !

    • affreuxjojo
      • Posté à 18h31 le 11/11/2012
      • Internaute 29421

      Vous mélangez tout.
      En bon libéral, vous partez du principe que l’Etat et le pouvoir économique sont deux entités totalement distinctes et que ces deux pouvoirs s’opposent forcément.
      Vous parlez de 57% de prélévements par l’Etat. Et alors ? Si une part de plus en plus large de ces prélévement revient aux marchés (ce qui est la cas via le remboursement de la dette), on voit mal ou est l’opposition entre l’Etat et le pouvoir économique de la finance. L’Etat n’utilise pas ses pouvoirs régaliens contre le pouvoir économique. Au contraire, il les mets à son service.

  • Liberté Capillaire
    Liberté Capillaire
    Capillotractée
    • Posté à 23h44 le 10/11/2012
    • Internaute 116598
      Capillotractée

    De Lima continue de recycler les idées de ses collègues à son profit sans jamais en faire mention... Il a au moins le mérite de parfois choisir avec goût.

  • A déménagé le 16.01.2013
    • Posté à 09h22 le 11/11/2012
    • Internaute 191715

    En réalité, le politique a toujours les pleins pouvoirs, une armée aux ordres, des services secrets, le pouvoir d’éliminer des ennemis, etc. mais il préfère servir les banques et trahir les peuples

  • Darknono
    Darknono
    « par exemple : (médecin) » (...)
    • Posté à 11h07 le 11/11/2012
    • Internaute 127126
      « par exemple : (médecin) » (...)

    « l’Etat continue de financer sa dette publique auprès de marchés financiers privés » :
    N. Sarkozy avait dû sacrement se démener un week-end d’hiver récent quand le journal de France Culture annoncait que la France n’avait pas réussi à financer ses intérêt de la dette pour le mois suivant et que c’ était logiquement la 1ere étape d’une faillite de l’ Etat.

    + une part des retraites payées par l’ Etat, gagnées quotidiennement en spéculant en bourse.

    Je rabache : le problème vient du niveau de richesse financière et contrairement à ce qu’ écrit une Anglo-saxone dans « le deni français », les USA et le R-U sont également touché par cette richesse imaginaire.
    Je rabache : un directeur d’Ecole supérieure de la finance a dit récemment dans « C dans l’air » que les pays dits non riches pouvaient se demander de quel droit nous inventons notre richesse ’financière).

    ...

  • niouze
    niouze
    aucune
    • Posté à 12h09 le 11/11/2012
    • Internaute 65299
      aucune

    « On le sait, derrière les rires des clowns, comme Canio dans Pagliacci, se cachent souvent des larmes. Alors face à ce constat, nous reste une question : préférons-nous en rire ou en pleurer ? “
    nop se défendre !

  • PjMiTh
    PjMiTh
    explorateur de l inconscient
    • Posté à 12h29 le 11/11/2012
    • 183514
      explorateur de l inconscient

    mais qu’est ce qu’on attend... ?

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 13h01 le 11/11/2012
    • 173412
      expatrie

    Vous oubliez une chose importante, pour que ca marche il faut nous dresser les uns contre les autres, c’est maintenant fait, nous avons tellement d’enemis, plus pauvres, sdf, chomeurs, retraites misereux, etrangers, etc... que nous n’avons vraiment plus le temps de penser a ceux qui en profitent pour nous tondre.

  • marabbeh
    marabbeh
    au comptoir du café du commerce
    • Posté à 16h57 le 11/11/2012
    • Internaute 20412
      au comptoir du café du commerce

    Votre démonstration est caricaturale et simpliste. Ce n’est ni la faute du PS ni celle de l’Europe si le pouvoir économique prend le pied sur le pouvoir politique. Justement la construction européenne est une réponse à la puissance croissante des grandes entreprises multinationales. La France seule ne peut pas faire le poids.
    Vous développez un mélange d’idées du FN et de la LCR, deux partis qui semblent faits pour s’entendre.

    • Dupont georges
      Dupont georges répond à marabbeh
      Et l'ANI? On en parle?
      • Posté à 17h56 le 11/11/2012
      • 181137
        Et l'ANI? On en parle?

      « Justement la construction européenne est une réponse à la puissance croissante des grandes entreprises multinationales »

      En théorie oui, mais en pratique l’UE est inféodée aux multinationales.

  • zinzolin09
    zinzolin09
    Mauvais esprit
    • Posté à 10h59 le 12/11/2012
    • Internaute 70144
      Mauvais esprit

    Les responsables politiques sont entièrement responsables et probablement complices.
    Ce n’est pas qu’ils ne peuvent pas mettre les banques au pas, c’est qu’ils ne veulent pas. Hollande a le Sénat, l’Assemblée Nationale et la plupart des Régions à sa botte... et il n’aurait pas de pouvoir ?
    Qui peut croire cela. Pour des raisons que je préfère ignorer, il a, comme ses semblables, baissé culotte devant la finance, les banques et Merckel. Est-il payé, est-il menacé, lui a-t-on fait des promesses de lendemains libéraux qui chantent pour lui ?

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 11h41 le 12/11/2012
    • Internaute 41511
      -

    Lundi 12 novembre 2012 :

    L’Equateur veut rapatrier son or : Quito a demandé que l’or soit ramené sur le territoire équatorien.

    Lien

    La Roumanie veut rapatrier son or : 93,4 tonnes d’or roumain sont stockées en Russie.

    Lien

    Et l’Allemagne aussi rapatrie son or …

    Ça semble être l’opération à la mode en ce moment. Une sorte d’effet domino qui pousse les pays du monde, les uns après les autres, à rapatrier leur or afin de le garder précieusement sur leurs propres territoires.

    Après la France, le Venezuela et la Suisse, c’est au tour de l’Allemagne de réclamer son or à la FED. Sous la pression populaire et politique interne très médiatisée, la Bundesbank a décidé de rapatrier, depuis les sous-sols de la réserve fédérale américaine, un total de 150 tonnes de son or, et ce sur une durée de trois années, afin d’en évaluer la teneur et l’authenticité.

    La Bundesbank a surtout « cédé » sous cette pression, puisque la banque centrale allemande refusait initialement d’effectuer un audit qui représenterait, selon elle, une grande première dans l’historique de rapports de confiance établis avec son homologue américain.

    Il est en effet à noter que jamais aucun contrôle n’avait été fait, ni par la Bundesbank elle-même, ni par l’intermédiaire d’autres organismes mandatés dans ce but. La Bundesbank s’est toujours simplement contentée des rapports écrits que lui fournissait régulièrement la FED.

    Ce temps est désormais révolu. Il y a quelques semaines, la Cour des Comptes allemande avait publié un rapport exigeant un audit en bonne et due forme sur les quantités réelles d’or allemand confiées à la FED. Depuis, la question a fait ravage dans l’opinion tant publique que politique en Allemagne. Et à juste titre, d’ailleurs.

    Rappelons en effet que la banque centrale allemande arrive deuxième (après la FED) dans le classement des réserves d’or mondiales, avec plus de 3 400 tonnes.

    En ces temps de crise et d’incertitude, il s’agit là d’un beau pactole de valeur refuge qui mérite que les allemands se passionnent autant dans leur besoin de le protéger.

    Lien

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