Témoignage 02/10/2012 à 09h08

Heures sup’ : « Voter PS et se retrouver avec 1 200 euros de moins »

Julie Sw.


Nous, les cadres pour beaucoup non syndiqués, on insulte la mesure [suppression des exonérations de cotisations sociales pour les heures supplémentaires, ndlr] sur notre profil Facebook, on « tweete » à nos amis – cadres pour la plupart – qui ont perdu tout simplement de la thune dans la bataille socialiste. Mais aucun syndicat ne descendra dans la rue avec nous.

Heures sup’, nouveaux calculs

Depuis le 1er septembre, les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires (rémunérées 25% au-delà de la 35e heure, 50% après la 43e heure) ont été supprimées pour les salariés.

Le salaire net imposable d’un employé rémunéré au smic et effectuant chaque semaine 4 heures supplémentaires sera de 1 316 euros après la réforme entrée en vigueur au 1er septembre, au lieu de 1 360 euros avant la loi abrogeant le dispositif introduit en 2007 par Nicolas Sarkozy.

Quel que soit le niveau de salaire, 3,22% du salaire net imposable est perdu pour ceux qui travaillent 39 heures par semaine. Cela correspond sur un an à une amputation de 525 euros pour un salarié au smic et 737 euros pour celui qui gagne 1,4 smic (2 000 euros brut).

Voter PS et se retrouver en septembre 2012 avec moins 100 euros par mois sur la fiche de salaire, avec en accompagnement le petit sourire cynique du patron.

Il se marre bien de nous voir fondre sur notre chaise de bureau à la vue du montant de notre salaire de septembre.

Je pense :

« Je perds 1 000 euros par an, je travaille autant pour gagner
moins et je vais me faire ponctionner aussi en 2013 sur ma feuille d’impôt sur ces foutues heures sup’. »

Lui pense :

« Dans la gueule mes cons, et en plus avec ma PME de moins de vingt salariés, je ne suis pas touché par la mesure donc je fais un énorme coup de poker.

Je baisse vos salaires et je suis toujours exonéré pour vos heures sup’ et c’est même pas de ma faute, votre problème.

Voter UMP et recevoir un cadeau du PS, c’est jouissif ! »

Un salaire de 2 100 euros, pas le nirvana

Je parle d’un salaire de 2 100 euros, ce n’est pas le nirvana.

Alors, que dire de cette mesure gouvernementale qui touche un élément
essentiel de mon contrat ? Le code du travail protège les salarié(e)s d’une baisse de leur rémunération dite contractuelle, c’est mon cas, plus maintenant, donc ?

J’ai pris mon téléphone, contacté l’inspection du travail, je suis tombée sur un agent réactif, qui a vite compris, lui aussi. Il se pose des questions pour moi mais me dit : « Pas de jurisprudence sur ce cas, je vais approfondir les recherches et vous rappelle. »

Sommes-nous assez forts pour nous battre ? Cette mesure imposée est un coup dur et ressemble forcément à une mesure ressentie comme injuste.

Je vais ramer plus que ma mère

Non propriétaire, peu ou pas de vacances, peu de consommation superflue,
voiture dont le kilométrage explose le compteur et explose les factures d’entretien, pas de sorties extravagantes, des cadeaux minimalistes pour mon
compagnon... Et j’en passe.

Mon espoir d’accéder à un rang social s’éloigne inexorablement, plus dure
est la sentence pour une personne comme moi, issue d’une famille d’ouvriers.
J’ai travaillé comme une folle pour vivre autre chose que de petites économies comme ma mère avec des enfants à charge et veuve trop tôt. Je vais pourtant bien galérer et j’ai cette impression que je vais encore plus ramer que ma propre mère.

Je viens de recevoir mon appel à cotisation pour le renouvellement à la
section du PS de ma ville. Bah, c’est comme se bâfrer de cassoulet et partir
courir juste après.

  • 44968 visites
  • 603 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • Auria
    Auria
    heureuse
    • Posté à 10h15 le 02/10/2012
    • Internaute 189898
      heureuse

    Je perds 50 euros net , pour à peu prés le même salaire . Bon c’est comme ça et c’est plus juste ; mais c’est pas agréable , ni populaire et oui UMP c’est droite populaire . Mainenant du côté du salarié ça fait une sacré baisse à avaler mais surtout à comprendre . Pour ma part je la comprends et l’accepte ; il se trouve que mon patron comprend aussi alors figurez vous qu’il va augmenter les salaires de bases pour compenser la perte .

  • MarxForEver
    MarxForEver répond à caro
    L'argent n'existe pas
    • Posté à 10h51 le 02/10/2012
    • Internaute 124072
      L'argent n'existe pas

    Pour ma part et au moment de la fermeture de Florange, des records de chômage de masse et de la dépression économique, je trouve carrément indécent (et je reste poli !) de se plaindre d’avoir encore un boulot rémunéré et 2100€/mois. Cet article suinte le nombrilisme adulescent snobinard. ou bien alors l’idéologie (nous ressortir le « travailler plus pour gagner plus », même sous une forme modifiée : fallait oser !) Travailler moins ne fera pas de mal à cette personne : peut-être aura-t-elle alors l’occasion d’ouvrir les yeux sur les gens au milieu desquels elle vit, qui ont beaucoup moins qu’elle et qui vont aller s’agglutiner aux restos du coeur cet hiver en nombres encore jamais atteints ! !

  • Ezellar
    Ezellar répond à Mariska
    Enerve par la colere
    • Posté à 11h05 le 02/10/2012
    • Internaute 193237
      Enerve par la colere

    En fait, Sarko avait exonéré de charges sociales salariales les heures supp des salariés des entreprises de moins de 20 salariés.

    C’était plutôt juste car le temps de travail était de 39 heures dans ces entreprises, dont 4 heures supp obligatoire sans compensation par des RTT, contrairement aux autres entreprises.
    Ces heures supp étaient aussi défiscalisées pour les entreprises et sur la feuille d’impôts.

    Hollande a mis fin à tout ça. Du coup, le salaire versé aux salariés des TPE a baissé de 3%. Mon salaire (assez confortable) de 3031 € est passé à 2890 € et celui de mon collègue est passé de 1605 € à 1545 €.
    Ca c’est le premier coup.

    Mais quand vont arriver les impôts de 2013, ces heures supp vont être taxées. Moi, c’est pas trop grave : j’ai 3 enfants, donc j’ai un taux d’imposition marginal faible.
    Mais pour mon collègue qui ne gagne plus que 1545 € et célibataire, elles vont être taxées à 16% (son taux marginal) ce qui va donc représenter 24 € d’impôts supplémentaires par mois. Il a donc perdu env. 84 €/mois, soit 1000 € / an. CQDF.
    Soit une baisse de 5% de son pouvoir d’achat.

  • Tmal
    Tmal répond à curieux22
    Parti rider...
    • Posté à 13h47 le 02/10/2012
    • Internaute 112672
      Parti rider...

    C’est pourtant simple : dans ce pays chacun est tout à fait d’accord pour supprimer les niches fiscales des autres.

  • Ezellar
    Ezellar répond à Theo05
    Enerve par la colere
    • Posté à 14h46 le 02/10/2012
    • Internaute 193237
      Enerve par la colere

    Oui, ça a changé. N’en déplaise à ceux qui n’y comprennent rien.

    Je suis cadre depuis 7 ans et tous mes contrats étaient sur une base de 35 heures + 4 ou 4,5 heures supplémentaires.
    Mais le contrat stipule aussi que je dois arriver à faire le travail qu’on me donne et sans pouvoir réclamer d’heures supp exceptionnelles.

    En fait, il y a toujours un forfait, mais ce forfait inclue des heures supp.
    C’est bizarre, mais c’set comme ça.

  • Bimbol
    Bimbol répond à Ezellar
    Gratouilleur de mammouth
    • Posté à 14h50 le 02/10/2012
    • Internaute 44940
      Gratouilleur de mammouth

    Un cadre qui se fait payer des heures sup ? ?
    Il parait que ça existe, et effectivement j’en ai vu pour la 1ere fois de ma vie l’année dernière, à la banque populaire.
    Mais c’est vraiment une exception, je n’ai jamais vu ça ailleurs. Pour une raison simple : c’est la seule boite que je connaisse où les cadres pointent.
    En ce qui me concerne dans ma boite de moins de 20 salariés c’est tout le monde aux 35h (comme ça pas de RTT) et on ne déclare pas les heures sup (en même temps, on ne compte pas).
    Du coup perso je m’en fous de cette histoire de taxation des heures sup, si ce n’est que le manque à gagner généré par ceux qui peuvent faire des heures sup doit être compensé par les couillons comme moi qui n’en profitent pas et sont imposés aux taquets.

Verbes thématiques