Droit de réponse 20/09/2012 à 18h45

Droit de réponse de Thierry Breton sur les entretiens d’évaluation chez Atos

Elsa Fayner | Journaliste Rue89

Suite à notre article intitulé « Atos : chez Thierry Breton, 20% des salariés doivent être mauvais », nous avons reçu le droit de réponse suivant du PDG d’Atos et ancien ministre de l’Economie et des Finances, Thierry Breton.

« Suite à l’article intitulé “Chez Thierry Breton, 20% des salariés doivent être mauvais”, mis en ligne le 18 septembre dernier, la société Atos dément vigoureusement donner ou avoir jamais donné des instructions implicites ou explicites pour que soit mis en place un système d’objectifs, ou a fortiori de “quotas”, de notation de ses salariés en France ou ailleurs. Il est faux et mensonger d’écrire que “20% des salariés doivent être mauvais”. Cette allégation ne repose sur aucun fait de même que l’insinuation selon laquelle le système d’évaluation de la performance des salariés viserait à pousser certains d’entre eux à quitter l’entreprise.

Au contraire, Atos entend accompagner le développement et la carrière de l’ensemble de ses collaborateurs et ce, de manière adaptée au profil et à la contribution de chacun. C’est du reste l’un des objectifs principaux de son programme social global “Wellbeing at Work” (Bien­-être au travail), qui vaut aujourd’hui à Atos d’être la seule entreprise de son secteur à détenir à la fois la note A+ du Global Reporting Initiative pour son comportement social et environnemental et à avoir été récemment acceptée au “Dow Jones Sustainability Index”, sélection des entreprises européennes reconnues comme étant les plus avancées en matière de responsabilité sociale et environnementale. Votre interprétation de propos généraux tenus lors d’une réunion téléphonique ouverte à de très nombreux collaborateurs relève de toute évidence du procès d’intention et ne correspond en rien à la réalité de l’entreprise. »

Philippe Mareine, secrétaire général d’Atos

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  • Elsa Fayner
    Elsa Fayner
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 18h42 le 20/09/2012
      rédacteur
    • Journaliste 61001
      Journaliste

    Les informations reprises dans l’article proviennent de l’enregistrement des propos de Laurent Kocher, mis en ligne par la direction sur l’intranet d’Atos pour les managers, m’a expliqué le DRH France, Jean-Michel Estrade.

    Durant la conférence téléphonique enregistrée, le DG France y explique :

    « Ma conviction personnelle, c’est que nous avons besoin de remettre ensemble (...) une logique différente, qui consiste à dire que, statistiquement (...) dans une organisation de grande taille, on doit pouvoir constater qu’il y a une part significative mais pas majoritaire de gens qui ont atteint leurs objectifs en les dépassant largement, 4 ou 5, pour fixer un ordre de grandeur de l’ordre de 20% des gens, qu’il y a une majorité de gens qui effectivement ont atteint leurs objectifs et l’ordre de grandeur que l’on peut constater en général c’est de l’ordre de 60%. Et puis qu’il y a aussi une part significative de gens qui n’ont pas forcément atteint leurs objectifs et, là, on est en général, plus proche de 20% que de 3. »

    J’en conclus dans l’article qu’il s’agit de mettre en place une telle répartition des résultats chez Atos (« nous avons besoin de remettre ensemble une logique différente, qui consiste à dire que... »). Je ne vois pas comment comprendre les choses autrement.

    J’en conclus également qu’il faut que 20% des salariés aient des notes basses (« n’ont pas forcément atteint leurs objectifs »).

  • Franck_75
    Franck_75
    Lecteur
    • Posté à 00h15 le 21/09/2012
    • Internaute 192743
      Lecteur

    Bonjour,
    Je viens tout juste de quitter Atos après huit années passé dans cette SSII, je suis donc très bien placé pour en parler : j’ai constaté, comme mes collègues, que le management s’est considérablement dégradé ces dernières années, en particulier depuis l’arrivée de Mr Breton.
    Certains managers sont en permanence à la limite du harcèlement moral.
    Par exemple, de très fortes pressions sont mises sur les personnes qui osent se mettre en arrêt maladie. En 2011, mon manager m’a « passé un véritable savon » (devant témoins) et a contesté la véracité de mon arrêt maladie de huit jours pour burn-out, arrêt maladie pourtant délivré par un médecin assermenté ! Deux mois plus tard, je me suis présenté aux élections pour être délégué du personnel et comme par hasard, on m’a dégagé illico-presto du client chez lequel j’étais. Ce client était pourtant très satisfait de mon travail.
    Je me suis donc retrouvé planté en inter-contrat à Bezons pendant des mois. Dans la salle des inter-contrats où j’étais : ambiance morbide (et je pèse mes mots), 3 PC (ou plutôt 3 épaves) pour 6, 8, 10, voire même 14 personnes dans une salle minuscule. Des employés parfois assis par terre car pas assez de chaises ... et ce sentiment que 50% des mes collègues en inter-contrat sont en dépression et/ou défoncés aux médicaments. Voici un petit aperçu de ce que j’ai pu voir chez Atos ... et je pourrais aussi parler de toutes les combines et magouilles que j’ai pu voir en clientèle : des employés Bac+2 au salaire minable facturés comme ingénieurs au client... des sous effectifs chroniques ... la galère pour se faire payer ses heures sup ou ses notes de frais ... etc ...
    Et quant à cette phrase de Philippe Mareine, secrétaire général d’Atos, je cite : « Atos entend accompagner le développement et la carrière de l’ensemble de ses collaborateurs et ce, de manière adaptée au profil et à la contribution de chacun »
    Etant chez Atos, je suis passé de Technicien Micro à Administrateur Systèmes sans aucune augmentation significative de salaire (et c’est pas faute d’avoir réclamé). De nombreux collègues ont subits des expériences similaires.
    Donc oui Mr Mareine, chez Atos on est accompagné et ont peut évoluer, mais le plus souvent sans le salaire qui va avec ! Et de toutes façons, comme mon manager nous l’a encore si bien redit cette année, je cite : « à 40 ans on est trop vieux chez Atos » !

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