Vie de bureau 04/09/2012 à 19h23

L’entretien d’évaluation, ça m’aide ou ça m’enfonce ?

Elsa Fayner | Journaliste Rue89

Ce huis clos entre supérieur et salarié peut être stressant : bien mené, il permet de mieux faire passer ses envies ; dévoyé, il pourrit (encore plus) l’ambiance.

Certains salariés aiment bien les entretiens d’évaluation. C’est le cas de Vincent – le prénom a été changé – qui en avait marre de rester planté derrière son écran. Le jeune homme réalise des études pour les collectivités qui veulent se chauffer écolo. Lors de son entretien individuel, il a demandé une formation pour se « rapprocher du terrain ». Cette année, en septembre, il compte bien proposer lors de son entretien de sauter le pas et quitter définitivement son fauteuil :

« Je n’ai aucune perspective d’augmentation ici, mais je profite de l’entretien individuel pour demander à travailler sur de nouveaux projets, à être moins supervisé dans mon travail et à suivre des formations. »

D’autres n’aiment pas du tout ces entretiens d’évaluation. Pour Stéphane, qui travaille dans l’administration depuis dix ans, ces entretiens sont instrumentalisés pour « coller » à la volonté de la direction de limiter les avancements :

« Les supérieurs mettent des mauvaises appréciations dans le simple but de justifier l’absence d’avancement. »

Bien préparés, bien menés, ces entretiens annuels facilitent le dialogue et peuvent être utiles à tous. Mais s’ils sont dévoyés, ils deviennent facteurs de stress et d’ambiance pourrie.

Deux entretiens... tout mélangés

La loi ne les rend pas obligatoires, mais les encadre. Elle prévoit en réalité deux entretiens distincts :

  • le premier, l’entretien d’évaluation, doit permettre d’évaluer la performance du salarié en fonction d’objectifs – quantitatifs ou qualitatifs – fixés par la hiérarchie. Cela permet notamment de fixer les primes individuelles ;
  • depuis 2003, un autre rendez-vous, « l’entretien professionnel », est prévu, lui, pour discuter des perspectives des salariés qui ont au moins deux ans d’ancienneté, notamment en ce qui concerne leurs besoins en formation.

Dans la réalité, bien souvent, tout est mélangé. Le salarié et son supérieur direct se rencontrent une fois par an autour d’un questionnaire. Ils replongent leur nez dans les objectifs fixés l’an passé, en définissent de nouveaux, se demandent si le salarié sait décider, négocier, s’il est stable émotionnellement, autonome, disponible, ou encore s’il a de bonnes compétences techniques. En retour, le salarié fait part de ses envies d’évolution professionnelle, de rémunération, de formation. Et tout le monde est heureux. Ou pas.

Le stress d’un rendez-vous couperet

Dans les entreprises qui organisent ces petites causeries, les salariés sont plus nombreux à trouver que leur travail est reconnu à sa juste valeur que dans les sociétés qui ne le font pas. Enfin, légèrement plus nombreux : 3% de plus.

Voir le document

(Fichier PDF)

C’est ce que constate le Centre d’analyse stratégique, qui a mené en 2011 une étude sur le sujet. L’enquête a été commandée après les nombreuses critiques de représentants du personnel, mais également de certains psychologues et cliniciens. En cause : le stress engendré par les entretiens d’évaluation.

Les 80 employeurs membres du Club des entrepreneurs confirment. Alors, ils ont réfléchi pour que leurs « collaborateurs n’y aillent pas à reculons ». Leur solution : organiser un entretien par trimestre : « lisser » l’évaluation sur l’année. Pour « dédramatiser » le rendez-vous :

« Il faut que ce soit un dialogue permanent entre le collaborateur et le manager, pas un couperet en fin d’année. Cela permet également de corriger le tir progressivement et d’associer le salarié aux résultats de l’entreprise. »

Chez Didaxis, par exemple, que dirige Guillaume Cairou, les entretiens ont lieu une fois par trimestre « car les objectifs de l’entreprise sont définis trimestriellement ». Mais est-ce suffisant ?

Il est illégal d’évaluer votre courage

Plus que le rythme, ce qui peut stresser les salariés, ce sont davantage les critères d’évaluation eux-mêmes. Parfois flous, imprécis, voire surréalistes. Chez IBM, par exemple, Jean-Michel Daire, délégué syndical CFDT, raconte quelques-uns des comportements évalués :

  • innover pour que la compagnie progresse, et le monde avec elle ;
  • fonder toutes les relations sur la confiance et la responsabilisation ;
  • oser prendre des risques ;
  • démontrer son leadership.
    Des entretiens obligatoires ?
    Le code du travail ne contient aucune disposition obligeant l’employeur à instaurer des entretiens d’évaluation dans son entreprise. L’employeur peut toutefois être dans l’obligation d’organiser de tels entretiens en application d’une convention ou d’un accord collectif. Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit être consulté.

Airbus fait dans le même registre avec :

  • agir avec courage ;
  • générer de la valeur pour le client ;
  • favoriser le travail d’équipe et l’intégration au niveau mondial ;
  • faire face à la réalité et être transparent ;
  • développer mes talents et ceux des autres.

Chez l’avionneur, la CGT a porté l’affaire devant la justice. Elle considérait comme illicites des éléments de ces entretiens d’évaluation visant à apprécier le comportement des cadres. La cour d’appel lui a donné raison [PDF].

En 2008 déjà, le tribunal de grande instance de Nanterre a débouté Wolters Kluwer France, qui utilisait des critères « flous basés sur des valeurs » pour évaluer ses employés. Parmi elles, l’intégrité, la responsabilité ou le travail en équipe.

Un cas de jurisprudence, qui conforte l’avis rendu par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) en 2005 : l’appréciation des aptitudes professionnelles doit se faire sur la base de « critères objectifs et présentant un lien direct et nécessaire avec l’emploi occupé ».

Un collègue sympa, ça se calcule comment ?

D’autres entreprises ont fait un choix radicalement opposé. Elles n’évaluent que sur des critères quantitatifs, à l’aide de savantes opérations mathématiques pour mesurer la performance de chacun.

« Bilan de compétences... le consultant en action », sur Vodkaster

Extrait de « Violence des échanges en milieu tempéré », de Jean-Marc Moutout (2003)

Pas facile non plus en fait, comme le constate Nicolas Mottis, du département comptabilité-contrôle de gestion de l’Essec :

« La tendance est arrivée des Etats-Unis dans les années 90. Il s’agit de limiter l’arbitraire managerial par des critères financiers. Mais ça donne lieu à des débats infinis sur les critères à retenir.

Les managers se rendent bien compte qu’il est très difficle de mesurer la contribution des salariés. Ça ne se capte pas dans un critère financier, ça s’observe, ça se ressent. Ça fait dire : “Avec lui, on peut bien travailler.” Mais comment évaluer ça ? »

Pour Nicolas Mottis, c’est justement au moment de l’entretien individuel qu’il est possible « de ne pas refuser ce débat » et de faire toute sa place au subjectif :

« Il faut construire un langage commun, une vision commune. Ça ne se règle pas en douze secondes avec des critères chiffrés. Mieux vaut dire à quelqu’un ce qui ne va pas, l’accompagner pour qu’il progresse, plutôt que lui coller une mauvaise note. »

Pour le chercheur, cela implique de :

  • définir, au niveau de la direction générale, ce qui prime dans l’entreprise, et de le faire savoir ;
  • former les managers à l’évaluation de ces critères-là ;
  • accepter de dépenser du temps et de l’énergie pour un long entretien ;
  • annoncer la couleur dès le début de l’entretien : « le manager peut dire qu’il n’y pas de critères parfaits, expliquer ce qu’il essaie de mesurer, faire part de ses hésitations, plutôt que d’asséner des vérités qui n’en sont pas » ;
  • donner une part importante dans l’évaluation aux projets collectifs : « Le service achats ne fonctionnera bien que s’il a de bonnes interactions avec le service production » ;
  • valoriser l’expérience des managers : « Seuls les gens qui ont un peu tourné peuvent évaluer. Car ce jugement-là ne se forge pas vite. »

Surtout, pour Nicolas Mottis, l’entretien d’évaluation n’est qu’un moment dans le développement d’une politique générale :

« Est-ce que l’organisation a les moyens d’accompagner et de former quelqu’un qui n’a pas les compétences, de lui permettre de faire des progrès ? Tout dépend de la gestion des ressources humaines, du budget alloué à la formation, du comportement du management. »

Quand les dès sont pipés...

Pour Stéphane, déjà cité plus haut, c’est bien ça le problème : chez lui, pense-t-il, les supérieurs mettent de mauvaises appréciations dans le simple but de justifier l’absence d’avancement.

« Ça donne lieu à des entretiens sportifs. Moi, je suis ancien, je peux dire à mon chef de service : “Tu me mets l’appréciation qui va bien et je te fais pas de recours !” Mais ça pourrit l’ambiance tout ça... »

C’est le même processus qui avait été dénoncé chez IBM en 2002. Chez l’informaticien, l’entretien d’évaluation donne lieu à une note, qui elle-même conditionne l’augmentation salariale et l’avenir dans la société. Or, selon les syndicats, la maison mère, aux Etats Unis, avait défini à l’avance des quotas pour chaque note.

La directrice des ressources humaines Dominique Calmant avait réfuté à l’époque le terme de « quotas », tout en reconnaissant l’existence de « fourchettes », dans une déclaration reprise par Le Monde [PDF].

Voir le document

(Fichier PDF)

Jean-Michel Daire, de la CFDT, assure que le système continue aujourd’hui, ce que dément la direction, contactée par Rue89.

Un rapport d’expertise – confidentiel – que nous nous sommes procuré atteste cependant de la permanence de ce procédé. Le cabinet Syndex s’appuie sur le témoignage d’anciens managers, chez IBM Paris-Est, pour déplorer que :

« L’existence de quotas, notamment d’un certain nombre de ’’mauvaises notes’’ devant être attribuées dans chaque équipe, sape l’objectivité et la transparence du dispositif. »

Cela suscite également, selon le cabinet d’experts :

« Une forte défiance dans les modalités de l’évaluation du travail, un enjeu transversal qui rejoint les questions de confiance, de sens et de reconnaissance. »

Autant d’éléments considérés comme des « facteurs de risque » qui, associés à d’autres, sont jugés dangereux.

Bref, l’entretien d’évaluation est à l’image de l’entreprise et de ses pratiques sociales. Quand c’est l’occasion de s’expliquer sur des situations vexantes, insatisfaisantes, ou de réussite pour savoir comment le manager et le salarié les ont vécues et comment cela pourrait être amélioré, alors la causerie peut aider. Moins quand il s’agit de profiter du huis clos pour enfoncer un peu plus un « collaborateur ».

MERCI RIVERAINS ! Daydee, sabrina, Pierrestrato
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  • 105 réactions
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  • Hulk
    Hulk répond à Boutauvent
    Gros con de droite
    • Posté à 00h24 le 05/09/2012
    • Internaute 191680
      Gros con de droite

    Un supérieur, c’est moi.

    Par exemple.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Hulk
      Testeur de temps libre
      • Posté à 00h50 le 05/09/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Ravi de savoir que tu vas nous le prouver dans les meilleurs délais...
      Ça nous changera de tes commentaires rarement à la hauteur du défi !

       
      • Hulk
        Hulk répond à Boutauvent
        Gros con de droite
        • Posté à 01h12 le 05/09/2012
        • Internaute 191680
          Gros con de droite

        Nul besoin de le prouver, c’est ontologique. Tout petit déjà je régentais mes petits camarades et j’expulsais les petites filles des organes de décision.

        • Hulk
          Hulk répond à Hulk
          • Posté à 15h29 le 05/09/2012
          • Internaute 191990

          même de la cuisine ? ? ?

        • Mon-Al
          Mon-Al répond à Hulk
          roturière : -)
          • Posté à 20h12 le 05/09/2012
          • Internaute 24219
            roturière : -)

          A force de rabaisser les filles, on va finir par croire que tu as un problème avec la gent féminine dans son ensemble !

          • Hulk
            Hulk répond à Mon-Al
            Gros con de droite
            • Posté à 21h53 le 05/09/2012
            • Internaute 191680
              Gros con de droite

            La « gent féminine », je ne sais pas ce que c’est. Je ne connais que des bonnes femmes.

        • Reading Autist
          Reading Autist répond à Hulk
          Nous sommes tous des Autists (...)
          • Posté à 22h36 le 05/09/2012
          • Internaute 192099
            Nous sommes tous des Autists (...)

          Tu veux dire que vous élaboriez vos stratégies de joueurs de billes devant les pissotières ?

          Ah les petits pouvoirs des petits bonshommes.

      5 autres commentaires
  • Autist. Reading
    Autist. Reading
    Anti TSCG
    • Posté à 21h49 le 04/09/2012
    • Internaute 191933
      Anti TSCG

    .

    • Tassin
      Tassin répond à Autist. Reading
      Inquiet
      • Posté à 12h18 le 05/09/2012
      • Internaute 70606
        Inquiet

      Ahah, excellente idée de poster ce morceau ça colle parfaitement au sujet !

    • O.S.T.I.A.
      O.S.T.I.A. répond à Autist. Reading
      ZAD
      • Posté à 14h25 le 05/09/2012
      • Internaute 191710
        ZAD

      « Personne ne suce mieux qu’une jeune stagiaire qui rêve d’avoir un CDI
      Ici c’est la pression tout le temps, concours de bites permanent
      On devrait tous bosser à poil, ça nous ferait gagner du temps »

      en plein dans le mille fuzati comme toujours

  • Si toyen
    Si toyen
    Légèrement improbable
    • Posté à 22h13 le 04/09/2012
    • Internaute 124868
      Légèrement improbable

    Attention, message d’un « blasé-réaliste assumé ».... Je travaille dans l’administration depuis presque 20 ans, donc les éval’, ça me connais ! Depuis 5 ans, mon « DRH » (sans déconner, drh...) ne comprends pas que je ne m’intéresse pas à ma note. C’est clair qu’être noté par quelqu’un qui ne me voit pas bosser, qui s’en fout, et qui n’est ni mon prof ni mon instit’, ça ne me fais ni chaud ni froid. Tout ça pour éventuellement gagner 1,83 € de plus par mois ou 0,67 € de moins. Bon, c’est pas non plus gravissime, ça ne dure que 10mn par an !

    • LeTicien
      LeTicien répond à Si toyen
      Informaticien
      • Posté à 22h59 le 04/09/2012
      • Internaute 91779
        Informaticien

      En fait dans ces boites c’est le critere du bien vu mal vu (par l’encadrement la direction ect) qui compte. Comme l’hypocrisie implique de ne pas le dire, disons de ne pas avouer que c’est a la gueule du client et bien on invente des criteres bidons qui sont bidouilles a l’avance pour correspondre au desideratas de la direction.

      Un bon cheffaillon c’est celui qui te dit :
      - tu viens d’arriver je peux pas d’augmenter
      - tu vas partir tu comprendras que je ne peux pas donner des sous a quelqu’un qui quitte le service.
      - il y a longtemps que tu es dans le service la priorite est aux nouveaux arrivants

  • Pili pili
    Pili pili
    Piment d'oisif
    • Posté à 22h55 le 04/09/2012
    • Internaute 188535
      Piment d'oisif

    - Alors, est-ce que tu penses avoir atteint tes objectifs ?
    - Non, je suis encore dans cette boite de merde à faire ce job à la con.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Pili pili
      Fou du volant
      • Posté à 23h09 le 04/09/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Le chef , a part et dans son fort intérieur : ( et moi donc..)

    • Hulk
      Hulk répond à Pili pili
      Gros con de droite
      • Posté à 01h17 le 05/09/2012
      • Internaute 191680
        Gros con de droite

      Ces propos subversifs sont intolérables et ne seront pas tolérés.
      Je signale à la milice riveraine, pro sabre et goupillon.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h53 le 04/09/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    « L’entretien d’évaluation, ça m’aide ou ça m’enfonce ? »
    Cela me rappel curieusement le sujet de Rue89 Qu’est-ce que je risque si je baise au travail ? où j’avais répondu
    « Rien, sinon une promotion et des primes substantielles si tu es DRH et que tu baises tout le personnel »
    Dans 90% des cas c’est ça et puis il y a les 10% de petits veinards qui progressent

  • 392U
    392U
    Loading
    • Posté à 00h24 le 05/09/2012
    • Internaute 192187
      Loading

    Dites, c’est légal ces quotas de notes qu’IBM a implémenté ?
    Ca me rappelle quelque chose...

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 08h15 le 05/09/2012
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    -« Bien préparés, bien menés, ces entretiens annuels facilitent le dialogue et sont utiles à tous. Mais s’ils sont dévoyés, ils deviennent facteurs de stress et d’ambiance pourrie. »

    Tout est dit !

    Mais hélas, l’encadrement (direction, management...) - et hélas aussi certains partenaires sociaux - n’ont pas su saisir cette opportunité qui aurait pu mettre fin à des dispositions archaïques et contre-productives héritées du 19ème siècle , fondées sur le rapport de force.

    La même chose avec les négociations sur la réduction du temps de travail (RTT & 35 heures), où beaucoup de patrons se sont sentis obligés de faire de la résistance en trainant des pieds pour se conformer aux consignes du CNPF et du RPR de l’époque.

    Et après cela, ces valeureux patrons iront pleurnicher en se disant brimés et bridés - pas comme leurs collègues allemands - oubliant que chez les patrons allemands, le dialogue et la négociation dans l’entreprise sont un fait historique et un mode de management incontournable.

  • nadfab
    nadfab
    Drole
    • Posté à 08h23 le 05/09/2012
    • Internaute 192067
      Drole

    Les arriérés de la pensée sont idéologiquement contre donc cela peut se passer mal d’entrée. Si le hiérarchique le mène bien, c’est un bel outil nécessaire.
    Lien

    • Elsa Fayner
      Elsa Fayner répond à nadfab
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 08h55 le 05/09/2012
        rédacteur
      • Journaliste 61001
        Journaliste

      Merci, riverains, pour ce lancement de débat, avec exemples et cas personnels.

    • Waldeck
      Waldeck répond à nadfab
      Le désenchantement, c'est (...)
      • Posté à 09h31 le 05/09/2012
      • Internaute 36864
        Le désenchantement, c'est (...)

      -« Si le hiérarchique le mène bien, c’est un bel outil nécessaire. »

      Pour la personne évaluée également. Le C.R. est signé des deux parties, et ce qui y est inscrit peut avoir une valeur tangible ultérieurement en cas conflit avec l’employeur ( mise en cause, procédure de licenciement, intimidation, harcèlement...) et être produit devant les instances juridiques compétentes. Il peut être également produit l’année suivante à l’évaluateur pour mettre en évidence l’absence de prise en considération des problèmes évoqués.

      L’évaluation est un outil formidable pour les 2 parties. Malheureusement, généralement seules les personnes chargées d’évaluer ont reçu une formation (... c’est pour cela qu’il est difficile à un évaluateur d’évaluer un subalterne lui même évaluateur...).

      • nadfab
        nadfab répond à Waldeck
        Drole
        • Posté à 09h35 le 05/09/2012
        • Internaute 192067
          Drole

        tout à fait d’accord

  • Bobbif
    Bobbif
    freelance
    • Posté à 09h01 le 05/09/2012
    • Internaute 82455
      freelance

    Ces entretiens peuvent aussi être vus comme un bon moyen, pour le candidat, de jauger la société auprès de laquelle il postule. A titre personnel, j’ai refusé une offre d’emploi après avoir, avec succès, passé une série de tests qui m’ont semblé profondément débiles. Tellement débiles que ça m’a fait douter des qualités d’écoute de la DRH (que des tests écrits genre QCM, aucun entretien vraiment personnel)...

    • Waldeck
      Waldeck répond à Bobbif
      Le désenchantement, c'est (...)
      • Posté à 09h37 le 05/09/2012
      • Internaute 36864
        Le désenchantement, c'est (...)

      On ne peut pas vraiment comparer un entretien d’embauche avec un entretien d’évaluation ( quoi que ...)

  • simla
    simla
    desperate housewife
    • Posté à 09h15 le 05/09/2012
    • Internaute 164811
      desperate housewife

    Et pourquoi pas évaluer les patrons ? ? ? ?

    • Waldeck
      Waldeck répond à simla
      Le désenchantement, c'est (...)
      • Posté à 09h35 le 05/09/2012
      • Internaute 36864
        Le désenchantement, c'est (...)

      -« Et pourquoi pas évaluer les patrons ? ? ? ? “

      Ils vous diront qu’ils sont eux-mêmes évalués par les actionnaires ( mais oublieront de vous préciser qu’en cas d’évaluation défavorable, suivie d’une éjection, ils ont le parachute doré et la retraire-chapeau qui va bien !)

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 09h41 le 05/09/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    .

    • Waldeck
      Waldeck répond à Le Renifleur
      Le désenchantement, c'est (...)
      • Posté à 10h00 le 05/09/2012
      • Internaute 36864
        Le désenchantement, c'est (...)

      Du vécu !

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à Waldeck
        loin d'ici
        • Posté à 18h08 le 05/09/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        La réalité dépasse souvent la fiction...

        « Expliquez-moi de quoi vous avez besoin, je vous dirais comment vous en passer »
        Michel Gérard Joseph Colucci

  • Sebek
    Sebek
    Assis debout
    • Posté à 09h47 le 05/09/2012
    • Internaute 148937
      Assis debout

    Cet entretien est vraiment utile à partir du moment où il est réalisé honnêtement par les deux parties.

    J’ai la chance de travailler dans une boîte qui fait la démarche de suivre ses empl... collaborateurs, pardon, de façon proche et laisse à des « employés-managers » le soin de réaliser ces entretiens annuels, principalement parce qu’ils sont plus au fait de ce qui se fait dans l’entreprise, qu’un n+3 qui ne vous voit jamais. En ce qui me concerne, tout se passe bien : on étudie ce qu’il faut améliorer et à partir du moment où le type en face sent une volonté d’aller de l’avant, il ne refuse jamais d’avancement.

    Petit plus pour ceux qui, comme moi, taffent dans le développement : un refus malhonnête d’avancement après un tel entretien peut conduire sans souci à chercher une autre boîte. C’est pas les postes qui manquent en informatique, surtout dans certaines branches.

  • pmithrandir
    pmithrandir
    http://www.jaiuneidee.net
    • Posté à 11h52 le 05/09/2012
    • Internaute 90097
      http://www.jaiuneidee.net

    J’ai toujours trouvé ces entretiens interessants, parce qu’ils permettent de se remettre en question.
    Disont le aussi, ils sont peut être plus respecteux dans le milieu de l’IT ou on démissionne sans sourciller.

    J’ai vu 3 méthodes d’évaluation.
    Une PME Francaise :
    On obtenait une grille assez précises avec des rubriques et des actions à faire ou pas.. chaque ligne était en relation avec un pourcentage de prime perdu / gaggné. Selon le nombre d’erreur, et leur gravité, on perdait la ligne, ou la section entière, voir la prime.
    Tous les 6 mois, on faisait le total, et on avait eniron ce pourcentage de prime, le chef d’équipe ayant la possibilité de moduler en plus ou moins le montant selon l’appréciation générale.
    La prime représentait 1 demi salaire tous les 6 mois au maximum, mais en vrai environ 80% de cette somme.

    La société canadienne (150 personnes) : ici, l’évaluation était faites par les chef d’équipes(fonctionnel et technique) ainsi que par les subalternes et les collègues. Une évaluation a 360°.
    On remplissait tous un fichier anonymement sur nos collègues et après, le chef pouvait faire le bilan. C’était parfois un moment ou on réglait nos comptes entre nous aussi.(genre le leche botte qui se fait démolir par les autres)

    Un grand groupe :
    J’ai des objectifs précis pour les 6 mois à venir.
    Certains sont chiffrés : Avoir 15 personnes dans l’équipe, certains sont plus vagues : améliorer la qualité du produit.
    En fonction de tout ca, j’aurais une notre de 0 a 5 qui correspond a un pourcentage de réussite. ce pourcentage est utilisé dans le calcul de la prime finale, pour un peu moins d’un salaire tous les 6 mois si on gaze bien.

    Je trouve l’entretien interessant, bien qu’un peu rébarbatif, entre autre parce qu’il permet de suivre régulièrement ce qui se passe. Mais :
    - il se prépare, j’arrive touours avec un objectif, et des billes pour le défendre
    - je ne suis pas en train de pleurer auprès de mon chef, je pars quand je veux puisqu’il y a du boulot ailleur pour moi.
    - Je n’inclue pas ma vie personnelle dans la discussion. Dire « oui, mais je dois nourrir mes enfants », c’est larmoyant, mais ca ne dit pas ce qu’on apporte de plus à l’entreprise. Je préfère arriver en disant : » j’ai travailer et j’ai produit ca, pour tel bénéfice pour la compagnie ».

  • totor101
    totor101
    em...deur
    • Posté à 12h08 le 05/09/2012
    • Internaute 124415
      em...deur

    les pov’petiots !
    ils donnent des notes à longueur d’année et ne veulent pas être évalués ...
    Serait-ce qu’il sont certains que la méthode de notation se fait à la tête du client ? ? ? ?

  • Buzzcocks
    Buzzcocks
    Anarchiste
    • Posté à 12h11 le 05/09/2012
    • Internaute 137500
      Anarchiste

    Une fois, je sortais du bureau et je croise mon big chef qui fumait en bas de la tour. et il me dit « Buzzcocks, j’aime bien bosser avec toi, car au moins, on se marre ».

    Quelques mois après, je le retrouve en entretien, on parle de mes qualités, de mes défauts, des perspectives, bref, du classique....
    Alors qu’en fait, il s’en fout d’avoir un collaborateur hyper pointu techniquement, qui parle trois langues et qui a permis l’année écoulée de finaliser le projet obligataire des contrats pipolios sur courtage agence.
    En fait, il cherche juste un mec marrant qui lui fait oublier sa femme castratrice et ses mômes, d’affreux jojos pénibles comme tout.

  • arbobo
    • Posté à 12h17 le 05/09/2012
    • Internaute 5537

    Juste un mot pour préciser que tout ceci se retrouve désormais chez les fonctionnaires, dans le positif comme le négatif.
    la fonction publique d’état s’est convertie à ce système depuis quelques années, la notation annuelle obligatoire étant remplacée par un bilan plus fin, mais... avec les mêmes qualités et défauts que ceux décrits ici dans l’entreprise.

    la différence c’est qu’on a ici un cadre impulsé par l’Etat, c’est pas rien.
    Souvent les encadrants ne savent pas trop comment faire, et pour cause, ils ne savent déjà pas tellement manager (trop étranger à la culture de l’institution, trop étranger à leurs formations, aussi).
    L’autre différence, c’est que dans la fonction publique les conséquences liées à l’entretien sont encore plus variées que dans l’entreprise, sauf peut-être les multinationales et très grands groupes.

    Plusieurs choses sont liées à l’entretien, banalement on a d’abord la reconnaissance du travail accompli, la fixation d’objectifs raisonnables, prévoir des formations pro (c’est parfois l’occasion de faire enfin entendre et valider le besoin de telle formation dont les demandes répétées en cours d’années étaient restées lettre morte), mais se jouent aussi les évolutions de poste ou vers un autre poste (j’y reviens plus bas), et aussi en filigrane la prime et les autres gratifications.

    or l’Etat a importé une logique libérale dont il ne sait pas trop se dépêtrer : il « faut » que la campagne d’évaluation débouche sur une hiérarchie. Si le chef de service estime que l’année écoulée justifie un niveau de prime uniforme (en coefficient sinon en montant), il sera retoqué. On est prié d’utiliser au maximum le gradient proposé, donner moins à certains, donner plus à d’autres, et avoir un paquet au milieu (la fameuse « courbe en cloche »). Certes, donner les mêmes primes à tous est parfois un moyen lâche d’acheter la paix sociale en occultant des différences réelles, mais imposer un gradient ne correspond pas forcément non plus à la réalité.
    Idem pour les gratifications indirectes : les réductions d’ancienneté.

    Là il faut expliquer pour ceux qui sont dans le privé : en dehors des primes (qui sont purement annuelles et sans garanties pour l’année suivante),
    le rythme de progression d’un échelon à l’autre, qui s’assortit d’une augmentation de salaire, est établi pour chaque corps, mais s’il est prévu qu’on change d’échelon au bout de 36 mois, et qu’on obtient par 2 fois une réduction de 3 mois (ou une fois une réduction de 6 mois, ça existe, on peut aussi en accorder de 1 mois), on est mécaniquement augmenté au bout de 2 ans1/2 : la réduction d’ancienneté est une forme d’avancement/augmentation dont les effets sont différés dans le temps.

    Il y a aussi la taille gigantesque de la fonction publique, qui permet une grande mobilité surtout depuis quelques années : changement de poste, changement de ville, changement d’administration... par exemple on peut faire le même métier dans un ministère ou dans une direction départementale, au rectorat ou dans un tribunal.
    C’est aussi ce qui se joue à l’entretien, soit qu’on pousse vers la sortie (la mobilité forcée, y compris d’un service à l’autre, ça existe dans la fonction publique), soit au contraire qu’on ignore le souhait de départ d’un agent.

    Pour le reste, les blocages, les flous entre entretien pro/notation, les conflits qui s’enkystent, le stress à l’approche de l’entretien... pour tout ceci les fonctionnaires vivent la même chose que les salariés. Par exemple, l’évaluateur qui, par crainte que le contrôle lui échappe, ne laisse pas vraiment parler son subalterne.

  • Ken-zo
    Ken-zo
    voyageur
    • Posté à 12h55 le 05/09/2012
    • Internaute 116800
      voyageur

    Mon supérieur direct (un incompétent notoire @ 4800 € par mois) m’a fixé comme objectif cette année « l’encadrement du personnel intermédiaire » (son job quoi !). Résultat : si je réussis, il s’accapare les lauriers, si j’échoue, il s’en lave les « qlaouis » et pourrait même (certainement) me reprocher cet échec.

    Moralité : l’entretien d’évaluation est une minable parodie (hypocrisie, délation, flagornerie, colportage de ragots...etc.) auquel je refuse dorénavant de participer !

  • l'aut' là ...
    • Posté à 12h55 le 05/09/2012
    • 177201
      rigolo

    Vécu au taf.

    « le chef : alors sur ce point là, je t’ai mis bien vu que tu n’es jamais en retard et jamais malade.
    moi : et comment je fais pour avoir très bien ?
    le chef : comment ca ?
    moi : ben je ne peux pas faire mieux que de n’être jamais malade et jamais en retard, alors comment je fais pour avoir très bien ?
    le chef : heu .... point suivant ...

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 12h56 le 05/09/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    ces tests de drh ne servent à rien et selectionnent en majorité les candidats les plus nazes je ne sais pas sur quels critères ringards ils sont basés , mais en tout cas ils sont complètement inefficaces

    • batteleur-
      batteleur- répond à alain georges
      legalitaire
      • Posté à 17h56 le 05/09/2012
      • 185175
        legalitaire

      bien sur qu’ils sont efficaces pour brimer, dévaloriser et rabaisser, c’est si facile de faire des reproches, de pointer le petit defaut de chacun, comme personne n’est parfait ...

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 13h44 le 05/09/2012
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Dans 80% des cas, je doute que :
    1°) l’entretien soit mené par une personne compétente,
    2°) que cette même personne, compétente ou pas, soit de bonne foi ou ne soit pas soumise aux pressions de sa hiérarchie ou à celles non moins fortes de ses « meilleurs amis », les chefs de service des « gentils-évalués »,
    3°) et bien sûr, qu’il puisse y avoir une quelconque transparence...

  • ker
    ker
    • Posté à 14h02 le 05/09/2012
    • Internaute 12793

    Comment fais t’on pour fermer un compte sur rue89 ?

  • ker
    ker
    • Posté à 14h11 le 05/09/2012
    • Internaute 12793

    Il parait que je suis grossier parce que j’ai dit que Jeremy qui recoit 3500 euros par mois pour extraire de milliers de tonnes de CO2 et condamner a une mort certaine des millions de paysans somalien est un gros encule.

    Ca me parait pourtant etre un simple constat, peut etre meme fut ce un brin trop flatteur !

    J’ai envie qu’on retire mon compte de ce site de merde vendue au socio traitre du nouvel obs, comment faire ?

    Rue89 a t’il le droit de conserver tous nos commentaires ?
    Pour se faire virer :
    Faut il faire l’apologie de la shoah et dire qu’adolphe hitler etait un grand incompris ?
    Dire que Marine le pen est une excellente candidate ?
    Qu’il est dommage que Ben Laden n’est pas pu faire sauter la centrale de Chinon ?
    Dire que les blancs ont envahi et massacre la terre entiere parce qu’ils avaient honte de leur petit penis ?
    Faire l’apologie de la haine et du crime ?
    Bon en fait je veux simplement que ce compte soit supprime...

    A quand l’analyse du budget du dealer de delarue ?

  • mr Klein
    mr Klein
    jacobin
    • Posté à 18h36 le 07/09/2012
    • Internaute 188953
      jacobin

    J’ ai plus que des doutes sur cette mode de l’évaluation...Ainsi que sur la technicité des personnes qui mènent l’entretien...Il s’agit d’un métier et une formation de 3 ou 4 jours (comme celle qui a été dispensée à ma camarade pour lui permettre de mener les entretiens d’évaluation dans son service ) me paraît extrêmement dangereuse...Dans la mesure où elle donne l’illusion à celui qui a le pouvoir de disposer d’un savoir faire...

    Je ne dis pas que l’entretien d’évaluation est à tous coups inutile...Je pense seulement que dans une proportion qui reste à évaluer.... Le métier du cadre n’est pas de mener un entretien...

  • PATRICK75015
    PATRICK75015
    autodidacte droit social (...)
    • Posté à 15h27 le 05/09/2012
    • Internaute 113226
      autodidacte droit social (...)

    Moi j’ai lu le « Principe de Peter » que je recommande bien entendu à tous !
    Fort des acquis de cette lecture, j’ai pris le parti de toujours bien veiller à rester sur un poste juste en-dessous de mon niveau d’incompétence (voir ce mot dans le Principe de Peter).
    Ce qui fait que j’en ai toujours su plus sur le boulot et ses finalités que mon N + 1 ; ça me mettait à l’aise y compris vis-à-vis de mes propres collaborateurs que je devais évaluer (sans aucun problème avec eux d’ailleurs).
    D’autre part, ça m’a toujours permis de porter sur tous ces managers et leurs propres managers un avis autorisé, ce qui est extrèmement déstressant au quotidien.

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 17h47 le 05/09/2012
    • Internaute 121073
      geek

    Du temps de perdu,généralement le chef a moins de compétances que vous s’il veut faire ce bilan.
    Sinon il vous connait pas besoin d’un aparté inutile pour vous ,si lui ne fout rien ,d’ailleurs il vaut mieux qu’il ne fasse rien cet incapable mauvais à tout ,vous avez du travail en cours qui urge.

  • Allegoria
    Allegoria
    assistante
    • Posté à 17h50 le 05/09/2012
    • Internaute 124597
      assistante

    Ah le fameux entretien qui est tellement utile en période de crise pour justifier la non-augmentation ou presque.
    Ca commence par « vous êtes l’une des meilleures » puis par « vous pourriez être la meilleure » et ensuite ça tourne à « vous avez été malade cette année ». Ajoutez à cela les intouchables chouchoutes qui même si elles s’absentent bien plus n’ont droit à aucune remarque négative et à un sourire des patrons après la remise des enveloppes.
    J’ai vu une collègue se prendre au jeu de l’entretien et dire gentiment un jour à son patron quelques vérités, 3 mois après elle était licenciée pour faute grave totalement fabriquée.
    Une collègue m’a raconté que ses boss étaient tous contents de son travail mais ils critiquaient le fait qu’elle ne souriait pas assez (si si).
    Une autre a subi un avortement médical et son arrêt maladie lui a été reproché.
    Si l’entretien dure longtemps c’est généralement que l’augmentation ne sera pas au rdv. En 5-10 minutes c’est bon au-dela dire adieu à l’augmentation. Pourtant si on ne veut pas dire adieu au bonus éventuel il faut sourire même pendant 1 heure...

  • soleil_levant
    soleil_levant
    Manutentionnaire
    • Posté à 18h05 le 05/09/2012
    • Internaute 92088
      Manutentionnaire

    J’ai été embauché en 2006 dans une entreprise dont je tairais le nom. Il s’agit de mon premier vrai travail. En six ans, j’aurais donc eu sept entretiens d’évaluation. Qu’est-ce que j’en pense de ces entretiens ?

    Le monde impitoyable du travail m’a vite mis devant le fait accomplit : l’hypocrisie règne en maître absolue et il faut être très doué pour déceler la vérité du mensonge. Les responsables et même les collègues de travail vous mentent ou détournent des vérités. Ah, d’ailleurs, les collègues de travail... Il paraît qu’ils savent se souder quand cela est nécessaire... je n’ai aucun lien d’affinité avec ces derniers, tant je me suis rendu compte rapidement que, trop souvent, le tube de vaseline est nécessaire, et vous me pardonnerez l’expression. Si ils veulent vous mettre plus bas que terre, ils le feront, même si vous êtes leur ami, qui va faire la fiesta avec eux tous les samedis soirs. Au travail, les collègues de travail restent des collègues de travail. Ce n’est pas le lieu où on se fait des amis.

    Donc, l’hypocrisie régnant en maître dans le monde du travail, comment peut-on prêter foi aux discours qui vont sont tenus lors des entretiens d’évaluation ? Comment avoir une quelconque raison de penser que votre responsable vous dît la vérité, tant, en France, à l’inverse des pays anglo-saxons, l’évolution dans une entreprise ne se fait pas sur le mérite, mais sur le léchage de cul ou le pistonnage ? En six ans, je n’ai évolué qu’en sous-niveau. Je suis donc resté au même niveau. J’ai donc décidé que je ferais le travail qu’on me demanderait, sans pousser mes limites. Je laisse aux autres, à ceux qui le veulent, de faire plus que ce qui leur ait demandé, afin d’être bien vu, et de monter de niveau. Tant mieux pour eux... moi, si je ne dois jamais évolué, je n’évoluerais jamais, et ce n’est pas pour autant que je vais me pendre. Je ne compte pas non plus aller voir ailleurs.

    C’est malheureux de dire cela, parce que, normalement, tout employé doit penser à sa carrière professionnel, et viser toujours plus haut. Mais il arrive un moment où on se dit que tout ce qui compte, c’est que l’entreprise verse le salaire. Après...

    Bref, les entretiens d’évaluation ni n’aident, ni n’enfoncent. Ils existent parce qu’ils sont obligatoires. Les augmentations sont déjà décidés avant que vous ayez vu votre responsable. A vous de vous maîtrisez pour que cet entretien ne soit pas tendu, car ce n’est tout de même pas le but, même si vous savez que vous n’aurez rien. Essayez de déceler la vérité du mensonge, essayez aussi de vous montrer plus malin que votre interlocuteur (ce n’est pas facile) et puis c’es tout.

  • Mazure
    Mazure
    Ou pas
    • Posté à 19h40 le 05/09/2012
    • Internaute 136864
      Ou pas

    Oui, un entretien, c’est nécessaire, ça formalise le moyen terme dans l’entreprise, voire le long terme, la « carrière ».

    Après, c’est tout simplement les dogmes libéraux appliqués, ni plus, ni moins.
    Une courbe en cloche qui rationalise la cohésion sociale et le favoritisme exacerbé des élites opposé à la manipulation des « arriérés » (pour paraphraser nadfab) qui ne comprennent rien des enjeux d’un tel entretien.

    Je vois cet entretien signé comme un contrat supplémentaire avec mon entreprise, un avenant.
    Cela implique souvent de demander « plus » ou « mieux » à l’employé, sauf que la non-atteinte d’objectif signifie donc au pire, une faute.

    C’est à dire que faire la même chose d’une année sur l’autre est négatif, sachant qu’il y a quand même une année de recul, d’expérience, et c’est un frein, c’est mal vu par la hiérarchie.

    Et comme cela implique que les DRH, au sens large, s’appliquent eux-mêmes cette évaluation, tout est fait en sorte que, en cascade, les « performances » soient meilleurs et que les « indicateurs » croissent !

    Dans l’état actuel des choses, c’est un système pervers misant sur la croissance, et partant donc d’un constat a priori négatif.

  • tetane
    • Posté à 22h11 le 05/09/2012
    • Internaute 37012

    Ah, les entretiens d’évaluation : j’y suis justement dedans jusqu’au cou.
    C’est certainement l’exercice « moderne » et « pseudo-empathique » le plus hypocrite que je connaisse.

    C’est l’occasion d’être jugé de façon parfaitement partiale : votre interlocuteur a alors cette énorme prétention de parfaitement vous connaître et d’être en position de décider qui vous êtes.

    C’est un symbole et un monument de la connerie « managériale ».

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