Vie de bureau 16/08/2012 à 19h26

Quand les patrons forcent les salariés à déconnecter hors du bureau

Elsa Fayner | Journaliste Rue89

Répondre aux mails et appels pro la nuit ou en congés, c’est souvent la règle. Des boîtes ont compris l’intérêt de laisser leurs salariés souffler, quitte à les y obliger.


Un téléphone dans une mare de sang (Tim Psych/Flickr/CC)

Pascal – c’est un pseudo – a eu une idée qui peut paraître toute simple. DRH dans une entreprise de 1 000 salariés du secteur paramédical, il a voulu interdire e-mails et SMS pendant les vacances, pour « imposer une vraie coupure » :

« Je voulais également former les personnels à un usage pertinent des ordinateurs, portables, tablettes. Pour leur permettre d’avoir un peu de recul sur leur job, et d’apporter une véritable valeur ajoutée à l’entreprise. C’était un moyen de les sortir du rôle de simples cadres urgentistes incapables de produire une réflexion à moyen et long terme parce qu’ils sont noyés sous une avalanche de mails et SMS. »

La réponse des directeurs fut claire et négative.

La proposition n’était pourtant pas saugrenue. Les salariés sont de plus en plus accros aux nouvelles technologies et estiment que, puisqu’ils peuvent être joints, ils doivent être joignables en permanence. Aux Etats Unis, seuls 2% des salariés débranchent leurs appareils électroniques durant les vacances, selon un sondage réalisé par Leslie A. Perlow, professeur de leadership à la Harvard Business School (sondage, non disponible en ligne, effectué auprès de 1 600 salariés).

Pour la chercheuse, une seule solution : que les entreprises encadrent, voire imposent la désintoxication.

Une soirée par semaine sans téléphone

L’auteure de « Dormir avec votre smartphone » a joint les actes à la parole. Elle a d’abord contacté le Boston Consulting Group, cabinet international de conseil en management et en stratégie d’entreprise :

« J’ai choisi cette entreprise parce que les consultants qui y travaillent me disaient qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement pour eux que de rester connectés jour et nuit, que les clients payaient suffisamment cher pour ça, qu’eux-mêmes étaient fort bien rémunérés et qu’ils ne voyaient pas d’autre solution que de quitter l’entreprise si cela ne leur convenait pas. »

Dans une équipe de six personnes, il a été décidé que chaque membre serait injoignable électroniquement durant une soirée par semaine, à partir de 18 heures. Tout le monde n’a pas apprécié et certains n’ont pas voulu choisir leur soir, craignant de ne pas savoir comment occuper ce temps libre.

Un filet de sécurité avait pourtant été prévu : un collègue devait lire les e-mails de la personne déconnectée. En cas de demande vraiment pressante, un contact pouvait être établi.

L’expérience a tellement bien marché qu’en quatre ans, 86% des consultants du nord-est des Etats Unis travaillant pour cette entreprise s’y sont mis, se flatte aujourd’hui Leslie A. Perlow :

  • la moitié de ceux qui se déconnectent ont désormais hâte de venir travailler le matin, contre 27% de leurs collègues qui ne débranchent pas ;
  • plus de la moitié sont satisfaits de l’équilibre entre leurs vies personnelle et professionnelle, contre 38% ;
  • 65% des déconnectés jugent que leur équipe fait son maximum pour être efficace. Ce que ne pensent que 42% de leurs collègues ;
  • 58% se voient rester dans l’entreprise à long terme, contre 40% de ceux qui n’ont pas suivi l’expérience.

Volkswagen coupe Internet

En Allemagne, ce sont les syndicats qui ont poussé Volkswagen à couper le cordon. Et pas seulement un soir par semaine. Début 2012, l’entreprise a signé un accord pour bloquer l’accès aux BlackBerry professionnels de 18h15 à 7 heures du matin, selon le Wolfsburger Allgemeine Zeitung.

Cela permet aux salariés de se connecter durant leur journée de travail et leurs trajets, une demi-heure avant d’arriver au bureau, et une demi-heure après l’avoir quitté. Pas plus.

Seuls 1 150 des 190 000 salariés de la marque en Allemagne sont concernés pour le moment. Mais c’est la première expérience d’une telle envergure en Europe.

  • Fin 2011, le chimiste allemand Henkel – qui fabrique le savon Fa, le dentifrice Vademecum ou la lessive Le Chat – a certes décrété une trêve des mails, mais uniquement entre Noël et le jour de l’an ;
  • tandis qu’Intel, en Grande-Bretagne, ou Canon, en France, ont tenté des « journées sans e-mails » ;
  • l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton, de son côté, a carrément annoncé la mort des mails dans son entreprise, Atos Origin... mais pour les remplacer par des messageries instantanées et une interface de type Facebook.

Vous êtes priés de vous déconnecter SVP

En France, les entreprises restent peu nombreuses à essayer de dépasser l’annonce marketing. En 2010, les syndicats de France Télécom ont signé un accord avec la direction, qui stipule qu’« il n’y a pas d’obligation de répondre à la messagerie professionnelle les soirs, les week-ends et pendant les congés », relatent Les Echos. L’envoi de messages différés est ainsi « recommandé pendant ces périodes ».

C’est également suite à des suicides que Thalès Avionics a réagi. Le phénomène n’avait pas pris la même ampleur que chez France Télécom, mais l’entreprise s’est inquiétée, raconte un responsable du management à Toulouse, qui préfère garder l’anonymat.

Le leader européen des équipements électroniques pour avions a donc décidé de relâcher la pression :

« La direction a rédigé une note pour rappeler le droit du travail et demander au management de surveiller strictement les heures auxquelles le salarié se connecte au réseau entreprise. Prochainement, des messages d’alertes apparaîtront sur les PC lorsque le salarié se connectera hors de l’enceinte de l’entreprise et en dehors des heures de travail (avant 7h20, après 19h30, le week-end, pendant les congés, etc.). »

Repenser la manière de travailler

La CFDT dénonçait fin avril 2012 une démarche hypocrite :

« En envoyant ces alertes, la direction pense encore se dédouaner. Nous pensons qu’elle a tort car elle a obligation de faire au moins respecter les 11 heures de repos quotidien [imposées par le code du travail, ndlr]. La direction doit prendre les mesures pour bloquer les connexions des salariés qui ne sont pas en mission ou en déplacement. »

Pour le responsable du management interrogé, tout est question de culture d’entreprise :

« Chez Thalès Avionics, les salariés ne peuvent pas pénétrer dans l’entreprise avant 7h15 le matin et après 19h30 le soir, ni pendant leurs vacances. L’accès leur est refusé.

Le vendredi est une journée sans mails par ailleurs. On va voir les collègues pour parler, on lève ses fesses.

Mais il faut surtout que les managers donnent l’exemple. Mon patron de domaine ne répond jamais à ses mails en vacances. De mon côté, j’ai débranché mes mails pro pendant mes congés. Et, dans l’année, quand un collaborateur envoie un mail à 1 heure du mat’, je vais le voir le lendemain pour lui expliquer que ça ne sert à rien. »

Même imposée, la déconnexion ne suffit de toute façon pas, prévient Leslie A. Perlow, de la Harvard Business School, qui a répliqué dans quatorze pays son expérience de soirées « unplugged ». Pour elle, la démarche vaut avant tout parce qu’elle oblige à « repenser collectivement la manière de travailler », à donner les moyens à chacun de pouvoir accomplir sa tâche sans avoir à rester branché sans limitation de durée.

A Rue89, ça fait cinq ans que l’on y pense. Nuit et jour, par tchat.

Votre entreprise ou un chef d’équipe tentent l’expérience ? Racontez-nous.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
  • 43783 visites
  • 128 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas répond à Hulk Martel
    Fou du volant
    • Posté à 12h33 le 17/08/2012
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Ben oui ça c’est clair que c’est ce que vous allez faire mais comment assurer le contrôle social par la suite sans obliger les gens a se rendre tous les matins a leur travail idiot en leurs faisant croire qu’ils sont indispensables ?
    Tu y as pensé a ça ?

    • Hulk Martel
      Hulk Martel répond à DiaboloSatanas
      Educateur specialise
      • Posté à 12h41 le 17/08/2012
      • Internaute 191322
        Educateur specialise

      On versera leur allocation en vingt fois, chaque matin de semaine.

  • inspecteur crouton
    • Posté à 22h56 le 16/08/2012
    • Internaute 118828
      modéré

    A-t-on pensé aux cellules psychologiques pour accompagner ces mesures de sevrage hautement traumatisantes ?

  • GFmanaic
    • Posté à 23h00 le 16/08/2012
    • Internaute 187729

    Bienvenue au festival de celui qui aura le commentaire le plus cynique qui soit.
    Ici, interdit de répondre que les pires horreurs que vous voyez écrites ne vous correspondent pas.
    Vous DEVEZ être malheureux en fermant cette page.

  • Guillaume H.
    Guillaume H.
    chimiste in the U, S and A
    • Posté à 23h25 le 16/08/2012
    • Internaute 36087
      chimiste in the U, S and A

    En même temps aux US, on part pas en congés plus d’une semaine d’affilée...et si tu te trouves dans une boite qui monte mais qui n’est pas encore assez bien structurée, certains postes sont souvent uniques et les backup rares donc tu ne coupes jamais vraiment.

  • MarxForEver
    MarxForEver
    Fioraso murdered Zola
    • Posté à 23h28 le 16/08/2012
    • Internaute 124072
      Fioraso murdered Zola

    Si les entreprises se mettent à couper les connexions internet à leurs employés, Rue89 va vite manquer de riverains !

  • MarxForEver
    MarxForEver
    Fioraso murdered Zola
    • Posté à 23h43 le 16/08/2012
    • Internaute 124072
      Fioraso murdered Zola

    La réflexion de cet article n’est pas complètement nouvelle. Cet hiver, la médecine du travail suisse avait rendu public un rapport montrant que le téléphone portable et les e-mails, non seulement nuisaient à la santé des employés mais aussi à la productivité des entreprises (superficialité dans le traitement des dossiers, manque de communication entre collègues, manque de concentration etc...). Ils préconisaient d’imposer aux salariés un délai de 24h entre la réception d’un message et la réponse.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à MarxForEver
      Fou du volant
      • Posté à 12h22 le 17/08/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Tout ça c’est du slow fooding de bouillie pour les chats.
      Ha ! Ha ! Les apprentis sorciers qui réalisent soudain quel genre de monstres ils ont engendrés . Je pouffe.
      Un jour , le DRH d’une grosse boite va découvrir caché dans une bibliothèque un vieux grimoir de Jacques Ellul et ce sera la révélation. pauvre type.

      « À l’ouest, l’homme se revendique libéral, à l’est, il se réclame de la révolution, mais, dans les deux cas, argumente Ellul, tout cela n’est que discours de légitimation. En réalité, l’homme est aliéné. En premier lieu par le travail41 ; ensuite, par voie de conséquence, par les outils qu’il s’est lui-même forgé au fil du temps : “l’idéologie du travail n’est que l’expression primaire et préalable de l’idéologie technicienne” 42. Et c’est parce que ces outils cessent d’être uniquement des moyens pour se muer en finalités à part entière que, d’une part, il est poings et pieds lié à leur “utilité” (qu’Ellul appelle nécessité) et que d’autre part, “ce n’est plus le travail humain qui est créateur de valeur mais la technique”.

      Lien

  • L'effaceur
    L'effaceur
    Libre
    • Posté à 00h39 le 17/08/2012
    • 180667
      Libre

    Mouais, il aurait fallu dire ça à mon ancien patron parce qu’en plus devoir se taper des ****** qui téléphonent à 1 heure du matin le dimanche soir parce que sa boite mail est pleine et qu’il n’est pas informaticien, ce n’est pas à lui de la vider de temps en temps et la nana qui appelle à 6h le lundi matin parce qu’elle ne retrouve pas un fichier et qu’elle est pas fichu de chercher elle même alors qu’elle bosse dans cette boite depuis 25 ans...
    Ou encore le nana qui vous nique le week-end parce qu’une imprimante demande à être éteinte et rallumé tout en sachant qu’il a accès aux 3 autres imprimantes qui sont à sa disposition.

    Interdiction d’éteindre son téléphone, on doit être joignable h24 congé ou pas.

    Au final, on se casse : pas assez accro à l’argent et de toute façon, plus on en gagne et plus l’état en réclame alors pourquoi se casser...

  • Jacky Blangier
    Jacky Blangier
    Receleur de particules
    • Posté à 00h58 le 17/08/2012
    • Internaute 188997
      Receleur de particules

    Le prolo produit-il plus quand il est harcelé, ou vaut-il mieux lui foutre la paix pendant ses vacances pour qu’il soit en pleine forme et ponde encore plus de dividendes à la rentrée ?

    Magnifique débat qui nous montre une fois de plus que la seule raison d’exister d’un salarié est de produire de la valeur pour son patron et/ou ses actionnaires.

    On se pose le même genre de questions dans les élevages de poules.

    Pour mesdames et messieurs les DRH qui se prétendent humanistes : le cynisme a une certaine limite : le bon gout.

    Les larbins du Capital seraient bien inspirés de la fermer à tout jamais.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Jacky Blangier
      Fou du volant
      • Posté à 13h44 le 17/08/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Si tu crois que tes anathèmes vont les Impressionner mon pauvre..
      Quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils décident , y compris le contraire de ce qu’ils disaient la veille , le message a peine caché contenu dedans est toujours le meme : on est les plus forts et on vous emmerde.

  • Rivendell
    Rivendell
    Toléré par [censored] Guéant.
    • Posté à 09h35 le 17/08/2012
    • Internaute 102483
      Toléré par [censored] Guéant.

    Comme d’hab’, il suffit de quelques esprits forts (ou d’un seul) dans l’entreprise pour changer la donne.

    Un chef de service de mon entreprise a ainsi imposé que les numéros de portable personnels des employés de son service soient conservés dans des enveloppes sous scellés. On ne les ouvre qu’en cas d’urgence absolue (souvent d’ordre privé : gosse malade alors que le papa ou la maman est en déplacement, etc.). Les mails ? Si ça fait plus d’un écran, vous nous envoyez ça par courrier, sinon on ne lit pas. Je peux vous dire que le client réfléchit deux fois plus lorsqu’il écrit une lettre à la place d’un mail. Reflexe bizarre, étant donné qu’on enregistre l’un comme l’autre, mais bon.

    Du coup, il y a bien deux - trois soumis ou carriéristes aux dents longues qui filent leur numéros de portable aux clients et lisent leur mails chez eux, mais aujourd’hui c’est la règle dans toute la boite : on gagne un temps fou à ne pas avoir à lire des tonnes de mails écrits à la va-vite avec la terre entière en copie, et ça clarifie le partage des taches, en indiquant clairement quand une affaire est de notre côté, et quand on attend un retour du client, cette barrière étant floutée quand il y a une myriade de mails par jours.

    • Elsa Fayner
      Elsa Fayner répond à Rivendell
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 09h41 le 17/08/2012
        rédacteur
      • Journaliste 61001
        Journaliste

      Merci, super témoignage !
      De manière générale, chers riverains, si vous pouvez étayer vos propos par des situations concrètes et personnelles, ou par des informations sourcées, votre commentaire n’en sera que plus convaincant.

  • Gonzague le Chomeur
    • Posté à 10h19 le 17/08/2012
    • 181650
      Chomeur

    Il y a deux articles la, qui coup sur coup est une plaidoirie patronale qui ne me semble pas nécessairement pouvoir avoir un angle dans la mesure ou dans cet article, et de ce que j’en ai vue, franchement ce n’est pas l’employé qui le souhaite.

    Comme la rupture conventionnelle. Au sortir du sarkozysme, ce fut le cas alors qu’il me semble que ces situations n’ont été que le résultat d’un choix, mais pas de ceux qui dans la grande majorité ne choissisent pas.

    Et lorsque l’on ne remplace pas, que l’on intensifie le travail par la charge, (en plus les salaires viennent de prendre 30% en moins lisé) du coup je ne suis pas certain au chômage structurel et endémique qui selon moi est un coktail qui ne peut avoir simplement la raisonance de l’intensification par choix volontaire de l’individu.

    Et le système d’encadrement qui est basé sur le chefariat, intensifie les choses surtout si la gestion des tâches n’a plus de corrélation avec la capacité d’un individu, mais de celui qui le pense.... Tout un programme.

    Ce qu’il faut pouvoir constater, dans cette analyse est aussi qu’elle ne concerne que les gens cadre puisque par définition, les gagnants de l’annualisation fut cette catégorie !

    Après le mécanisme de larbinage oblige a la présence réèlle ou virtuelle.....

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 10h29 le 17/08/2012
    • 173412
      expatrie

    Il est sur et certain que recevoir des mails de boulot pendant les vacances est stressant. Mais prendre son ordinateur ou sa tablette est un choix, surtout si c’est celle du boulot !

  • mtp
    mtp
    gestionnaire de projet
    • Posté à 10h44 le 17/08/2012
    • Internaute 132791
      gestionnaire de projet

    Co fondateur d’une petite start up, je viens de tenter l’expérience durant mes 15 jours de vacances : je n’ai pas décroché mon tel, j’ai regardé mes mails une fois par semaine (20 min), et j’ai passé un coup de fil à mon associé la veille de reprendre le travail, cela demande juste de bien s’organiser avant de partir. Résultat : je n’ai jamais passé d’aussi bonnes vacances et j’ai put faire une réelle coupure avec mon travail et laisser derrière moi tous les soucis. Je suis revenu décontracté, reposé, et prêt à reprendre le travail sur-motivé ! je conseil à tout le monde de faire de même c’est le top

    • Elsa Fayner
      Elsa Fayner répond à mtp
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 14h48 le 17/08/2012
        rédacteur
      • Journaliste 61001
        Journaliste

      Merci beaucoup pour ce témoignage !

  • destroyedlolo
    destroyedlolo
    Skieur fou
    • Posté à 11h09 le 17/08/2012
    • Internaute 96738
      Skieur fou

    Ayant un téléphone pro, je suis aussi plus ou moins dans la même situation mais, après une mise au point auprès des plus intrusifs, ça se passe plutôt bien : les seules fois ou je suis déranger pendant les W.E., c’est lorsqu’il y a vraiment une crise (ou la, il me semble normale d’intervenir). Mais de toute façon, j’ai clairement dit que je n’étais soumis a aucune obligation donc si je suis injoignable, je suis injoignable, point (spécialement l’hiver avec le ski :) ).

    Quant au mail, aucune connexion en dehors des heures (de toute facon, vu le temps qu’il faut pour démarrer le bousin ...).
    Mais j’y trouve aussi mon intérêt vu que je bosse régulièrement de la maison sans que personne n’ait quoi que ce soit a y redire : c’est du donnant/donnant.

  • Jacky Soulié
    • Posté à 11h33 le 17/08/2012
    • Internaute 24828

    Déjà que je déteste que l’on m’appelle (même si ce sont des amis qui le font) et que je me dis « Qui peut bien être cet emmerdeur ? », je ne m’imagine même pas laisser allumé un téléphone professionnel. J’enlèverai illico la batterie dès la sortie du boulot et je foutrais le dossier clients en spams.

  • Profdepipo
    Profdepipo
    Tous mes voisins se barrent, de (...)
    • Posté à 14h03 le 17/08/2012
    • 180037
      Tous mes voisins se barrent, de (...)

    C’est difficile aussi quand tu bosses chez toi (c’est mon cas la moitié du temps) de faire comprendre que les horaires ne sont pas élastiques. Surtout quand tes élèves ados ont une adresse pro sur laquelle ils peuvent te joindre. C’est pas facile de leur faire comprendre que le travail envoyé à 23h19 ne sera pas corrigé à 8h01 le lendemain...

    Quand je reçois des mails professionnels après 20h, je ne lis plus, même si je suis encore en train de travailler. J’organise mon temps comme je veux, mais ça n’est pas une raison pour que les autres se croient tout permis.

    • Elsa Fayner
      Elsa Fayner répond à Profdepipo
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 14h49 le 17/08/2012
        rédacteur
      • Journaliste 61001
        Journaliste

      Merci pour votre témoignage ! Je ne pensais pas les profs concernés.

      • Profdepipo
        Profdepipo répond à Elsa Fayner
        Tous mes voisins se barrent, de (...)
        • Posté à 17h49 le 17/08/2012
        • 180037
          Tous mes voisins se barrent, de (...)

        Comme nous faisons une partie de notre travail chez nous et que de plus en plus les collèges sont équipés de sites intranet avec annuaire et adresses mail pour profs et élèves, les contacts « électroniques » se multiplient.
        On n’est pas non plus harcelés, mais certains (collègues, chefs, élèves) considèrent quand même qu’un mail envoyé est lu dans la minute, quelle que soit l’heure, quel que soit le jour.

        Je n’ose imaginer ce que ça donne pour ceux qui font du télétravail...

  • lafleur42
    lafleur42
    (-)
    • Posté à 14h29 le 17/08/2012
    • Internaute 165240
      (-)

    Cet article me parle particulièrement parce que je pars en vacances pour 2 semaines dans quelques heures. Au programme, un vrai décrochage : pas d’ordinateur, juste mon téléphone portable en cas d’urgence... je ne compte pas répondre aux appels pros. Ils laisseront un message, je les consulterais quand ça me tentera et surtout, je rappellerai uniquement si je juge que c’est nécessaire.
    J’aime l’idée de décrocher et j’en ai besoin. Malheureusement, quand personne ne peut nous remplacer (ce qui est mon cas car je travaille seule) et qu’on a une programmation d’automne très chargée avec beaucoup d’organisation à terminer, on ne peut pas disparaitre de la face du monde pour 2 semaines (même si j’en meure d’envie !).
    Allez, on se revoit dans 2 semaines la Rue !

    • Elsa Fayner
      Elsa Fayner répond à lafleur42
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 14h50 le 17/08/2012
        rédacteur
      • Journaliste 61001
        Journaliste

      Belles vacances !

  • Poème en prose
    Poème en prose
    Philosophe freelance
    • Posté à 15h39 le 17/08/2012
    • Internaute 76347
      Philosophe freelance

    On peut comprendre que certaines professions doivent recourir à l’astreinte, quoique bien souvent est mis en place un système 24H/24 (médecins, assistances diverses) qui permet aux gens de souffler.
    Quand on voit néanmoins qu’un rappel à l’ordre est nécessaire pour dire aux employés de ne plus travailler, on peut se poser la question de l’état d’esprit qui règne : un cadre de volkswagen qui -normalement- a une éducation poussée et un salaire confortable ne soit pas capable de mettre un terme à sa journée de travail est inquiétant. Un « petit » employé n’a pas cette tendance me semble t-il.
    Faut-il réduire le salaire des gens pour les forcer à se rendre compte qu’ils peuvent et doivent faire une pause ? On en conclurait que les sociétés achètent les gens avec tout leur temps libre et les inciter à être opérationnels en permanence. On en concluerait également qu’une journée de travail n’est pas suffisante pour effectuer les tâches demandées.
    On peut être passionné par son travail au point que celui occupe l’esprit à toute heure, et il n’y a qu’un pas vers l’aliénation et le mépris de l’individu lorsque le temps de la vie est consacré à une seule tâche. Les cas de suicides professionnels et de « burn-out » en sont l’exemple extrême.
    Enfin, pour ne pas avoir à répondre à ses courriels ou au téléphone au milieu de la nuit , il faudrait que personne n’appelle...

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 15h39 le 17/08/2012
    • Internaute 53190
      retraité

    Nous n’avons vraiment rien à perdre que nos chaines.

  • Mazure
    Mazure
    Ou pas
    • Posté à 12h42 le 18/08/2012
    • Internaute 136864
      Ou pas

    Dites-moi, je suis naïf, les entreprises, elles font ça parce qu’elles ont enfin compris que le stress est contre-productif ? Ou alors parce que les dirigeants eux-mêmes en ont marre d’être appelés en weekend ? Ou bien encore parce que les entreprise sont tenues légalement à ce que les employés ne travaillent pas plus qu’un certain nombre d’heures dans une année ?

  • cosaque
    cosaque
    ancien jeune
    • Posté à 15h31 le 19/08/2012
    • Internaute 102623
      ancien jeune

    c’est un gag ou une pub du MEDEF ? ?
    iL faut en tenir une « couche » pour garder son téléphone pro. durant les vacances !
    A méditer : nul n’est irremplaçable.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
Verbes thématiques