Equilibre 15/08/2012 à 12h21

Les cinq signes qui annoncent une rentrée économique déprimante

Elsa Fayner | Journaliste Rue89

La croissance reste au fond de la piscine en France, pour ne plus remonter. Le PIB a fait du surplace entre le premier et le deuxième trimestre 2012, a annoncé mardi l’Insee.

En cause : les Français consomment un peu moins qu’au début de l’année, les exportations restent peu dynamiques, tandis que les importations s’accélèrent nettement.

C’est le troisième trimestre consécutif de stagnation. L’Hexagone n’entre pour autant pas en récession : il faut que le PIB recule durant deux trimestres de suite pour que le pays y plonge franchement.

Combien de temps la France tiendra-t-elle en équilibre ? La consommation des ménages – composante clé de la croissance – risque d’être encore un peu plus affectée par les mauvaises nouvelles de cette fin d’été.

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Les prix à la caisse augmentent

Les prix ont certes globalement baissé en juillet. De 0,4%, selon les chiffres publiés mardi par l’Insee. Mais l’annonce est trompeuse. Car les soldes d’été sont passées par là.

Sinon, de juin 2011 à juin 2012, les prix ont crû de 1,9%. Et, dès la rentrée, les vêtements, le mobilier, l’électroménager vont voir leur prix repartir à la hausse. Finis les rabais. Les produits frais, qui sont moins chers en été, vont eux aussi devenir plus coûteux à la rentrée.

Enfin, avec l’envolée des cours des céréales sur les marchés internationaux, les associations de consommateurs craignent une hausse des prix dans les supermarchés, raconte l’AFP.

2

Tout ce qui fume s’envole

Les prix à la pompe ont poursuivi leur remontée la semaine dernière. Le diesel – 80% de la consommation française – est revenu à environ 3 centimes de son record absolu de la mi-mars (1,4584 euro), selon les chiffres du gouvernement cités par l’AFP.

Pour l’essence, la hausse a été un peu plus marquée encore. Interrogé mardi 14 sur Europe 1, le ministre de l’Economie a promis des « mesures appropriées ».

Le prix du gaz augmente de son côté de 2% pour le troisième trimestre 2012. C’est moins que les 7% prévus par les fournisseurs. Mais les neuf millions de Français qui utilisent le gaz vont également devoir régler une facture à laquelle ils ne s’attendaient pas.

Le Conseil d’Etat a en effet jugé illégal le gel des prix instauré par le gouvernement Fillon en 2011. Un rattrapage s’impose, étalé sur deux ans :

  • de 38 euros pour un foyer se chauffant au gaz ;
  • et de 5,10 euros pour ceux qui n’utilisent le gaz que pour chauffer l’eau courante, calculent les ministères de l’Economie et de l’Ecologie.

Les paquets de cigarettes, enfin, vont augmenter de 30 à 40 centimes à partir du 1er septembre, a confirmé fin juin le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, sur RMC/BFM TV. Ils vont tous coûter plus de six euros.

3

Pouvoir d’achat en baisse

Pendant ce temps, les salaires augmentent de 2,1%. A peine plus que les prix. Cette tendance au rapprochement entre salaires et prix, constatée depuis début 2011, se confirme.

Résultat : pour plus de la moitié des salariés, le pouvoir d’achat a baissé en 2012, selon le service statistique du ministère du Travail (Dares). Pas facile, dans ces conditions, de consommer plus.

4

Emplois en voie de disparition

Surtout, les emplois disparaissent depuis 2011. Près de 30 000 ont été détruits cette année, selon les estimations de l’Insee et de la Dares.

Ce trimestre, 10 200 postes ont coulé dans l’industrie. C’est le secteur le plus touché. Mais il n’est pas le seul. Plans sociaux, plans de départs volontaires, départs en retraite anticipée : LeMonde.fr a recensé 84 entreprises et près de 60 000 emplois menacés à travers toute la France.

Premières victimes : les intérimaires. Ce trimestre, plus de 20 000 postes intérimaires ont été rayés de la carte. La nouvelle n’est guère réjouissante quand on sait que l’intérim est considéré comme un indicateur avancé de l’état du marché de l’emploi.

5

L’immobilier bloqué

Depuis le début de l’année, le marché de l’immobilier est en chute libre, révèle mardi Le Parisien :

« Les biens à vendre, dans le neuf ou l’ancien, existent bel et bien, les acquéreurs potentiels aussi. Mais le prix du mètre carré et le raidissement des conditions d’obtention des prêts aboutissent à une chute des transactions. »

Des biens peuvent désormais rester jusqu’à un an sans trouver preneur. Dans les zones « tendues » le prix de l’ancien ne baissent pourtant pas.

Quelques bonnes nouvelles

Les prix décollent, les emplois disparaissent, les salaires augmentent à peine plus que les prix et les logements ne circulent plus : tous les éléments d’un blocage durable de la croissance sont en place.

Quelques éléments d’espoir quand même :

  • l’investissement des entreprises est reparti ;
  • les Français gardent des bas de laine bien remplis : en 2011, ils ont épargné 16,8% de leurs revenus, un taux record depuis 1983 d’après l’Insee. Et un niveau très supérieur à la moyenne de la zone euro ;
  • l’intensification des contrôles pour lutter contre la fraude de toutes origines (impôts, emploi, santé) a permis de détecter près de 4 milliards d’euros de fraude en France l’année dernière, selon LesEchos.fr. Des économies pour encourager l’investissement et l’emploi ?
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  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 12h28 le 15/08/2012
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    LA FRANCE EST EN RÉCESSION DEPUIS AU MOINS DEUX TRIMESTRES

    selon l’Insee, la France serait en stagnation pour le troisième trimestre consécutif, évitant l’infamante récession. Le problème, c’est que ces chiffres – simples « premières estimations » de l’Insee – sont faux. Depuis 2008, toutes les « premières estimations » de l’Insee en matière de croissance ont systématiquement été revues à la baisse. Toutes !

    Et les « estimations » suivantes ne valent guère mieux. Ainsi, rien que pour le quatrième trimestre 2011, l’Insee a déjà revu deux fois sa « première estimation » à la baisse : de +0,2 % à +0,1 %, et là encore de +0,1 % à 0 %.

    Mieux, l’Insee dispose légalement d’un peu plus d’un an pour consolider définitivement ses résultats. Or, l’Observatoire des conjonctures économiques a constaté que la correction finale par rapport à la prévision initiale était en moyenne de 0,35 point en dessous.

    Faites les comptes, trois trimestres « estimés » à 0%, on peut raisonnablement conclure que la France est en récession depuis au moins deux trimestres (T1 et T2 de 2012), sinon trois (T4 2011). Mais lorsque l’Insee livrera ses résultats définitifs, dans un an, ceux-là disparaîtront des unes médiatiques derrière les « premières estimations » 2013.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 12h51 le 15/08/2012
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    « Quelques bonnes nouvelles »

    ... qui n’en sont pas !

    - L’investissement des entreprises n’est pas « reparti ». Comme pour la récession, il ne faut pas se baser sur un seul trimestre. Si l’investissement des entreprises a cru de +0,7% au second trimestre 2012. il a baissé de 1,4% au premier. Solde négatif sur l’année en cours et simple reprise technique (reconstitution de stock ; d’ailleurs qui investirait dans un pays en baisse de consommation ?).

    - le problème n’est pas le montant total du bas de laine des Français, mais sa répartition. Ceux qui peuvent se permettre d’augmenter significativement leurs bas de laines, n’ont généralement plus besoin de consommer. Ceux qui ont vraiment besoin de consommer n’ont pas de bas de laine, au mieux des dettes qu’ils peinent à rembourser.

    - l’efficacité des contrôles fiscaux : laissez-nous rire ! Aussi crédible que la lutte contre les paradis fiscaux : -D

  • trouble fêtes
    trouble fêtes
    aconforme
    • Posté à 13h36 le 15/08/2012
    • Internaute 156689
      aconforme

    Avant de venir nous tartiner de votre baratin pour corniauds à décérébrer faudrait-il arrêter de marcher sur la tête avec vos PIB et CROISSANCE qui ne sont que des infections mentales qui rendent malades et aggravent la situation !

    Nous avons la preuve permanente que notre représentation actuelle de la richesse (PIB), et l’usage contre-productif que nous faisons de la monnaie (moyen d’échange transformé en but que nous pensons en terme d’argent), aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des débats publics, de la vache folle à l’Érika, de l’amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants, etc..., il y a toujours un élément commun que l’ON oublie curieusement de rappeler : « ces catastrophes sont des bénédictions » pour notre Produit Intérieur Brut, ce chiffre magique dont la progression s’exprime par un mot qui résume à lui seul la grande ambition de nos sociétés matériellement développées et éthiquement sous-développées : LA CROISSANCE !

    Plus de destructions = plus de PIB.
    Car les centaines de milliards que coûtent à la collectivité ces destructions humaines et environnementales ne sont pas comptabilisées comme des destructions mais comme des apports de richesse dans la mesure où elles génèrent des activités économiques exprimées en monnaie. Les 120 milliards de coûts directs des accidents de la route (qui en génèrent le triple en coûts indirects), pour ne prendre que ce seul exemple, contribuent à la croissance de notre produit intérieur brut. A supposer que nous n’ayons aucun accident matériel ou corporel, ni morts ni blessés sur les routes de France l’année prochaine, notre PIB baisserait de manière significative, la France perdrait une ou plusieurs places dans le classement des puissances économiques et l’on verrait nombre d’économistes (sic !) nous annoncer d’un ton grave que la crise est de retour (ou s’aggrave...). Et la situation serait pire si disparaissait également de ces étonnantes additions une part des 170 milliards induits par les effets sur la santé de la pollution atmosphérique, les dizaines de milliards que coûte la destruction des farines animales, les quelques cent milliards qu’ont généré les destructions de la tempête de l’hiver 1999 et d’une manière générale tout le plomb des destructions sanitaires, sociales ou environnementales qui ont cette vertu de se changer en or par l’alchimie singulière de nos systèmes de comptabilité.

    Dans le même temps, toutes les activités bénévoles qui, grâce en particulier aux associations loi 1901, ont permis d’éviter ou de limiter une partie des effets de ces catastrophes, par exemple en allant nettoyer les plages polluées ou en aidant gratuitement des handicapés, n’ont, elles, permis aucune progression de richesse et ont même contribué à faire baisser le produit intérieur brut en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Autant dire que nous marchons sur la tête et que dans le même temps où l’on célèbre le rôle éminent des associations, nous continuons à les traiter comptablement, non comme des productrices de richesses sociales mais comme des « ponctionneuses de richesse économiques » au titre des subventions qu’elles reçoivent.
    Notre société, malgré ses déclarations de principe, facilite beaucoup plus le « lucra-volat », la volonté lucrative, que le bénévolat , la volonté bonne ; et il arrive trop souvent que ce que l’on pourrait appeler le « male-volat » ou volonté mauvaise, sous ses formes diverses, bénéficie de l’argent des contribuables comme en témoignent les exemples de pactes de corruption en vue de détourner les marchés publics.
    Devons nous nous réjouir d’un fort taux de croissance de notre produit intérieur brut ?
    Oui, s’il s’agit de créer des richesses et des emplois susceptibles d’améliorer le niveau et la qualité de vie d’une collectivité et entretenir ses ressources naturelles plutôt que de les piller.
    Non, si cette croissance est due à l’augmentation des accidents, à la progression de maladies nées de l’insécurité alimentaire, à la multiplication des pollutions ou à la destruction de notre environnement naturel.
    Faute d’établir un minimum de distinction, de nous limiter à une comptabilisation monétaire, sans procéder à une évaluation de la nature des richesses produites ou détruites, nous sommes condamnés à voir nos outils actuels faciliter des comportements dangereux du point de vue du bien commun.

    Lien

    Conséquences désastreuses que ces délires comme le profit, la croissance, la
    compétition ou la consommation structurellement délinquante !
    Le délire irrationnel de la « croissance » est d’intégrer ces catastrophes et ces destructions comme des points positifs, des chiffres qui augmente l’addition et le « total » de la « croissance ». La négation de la réalité, qui aboutit à tous les comportements chaotiques des marginaux capitalistes, devient tellement visible que nous pouvons, aisément, saisir que, pour ces esprits malades, toute catastrophe, toute tragédie collective est un « bénéfice ». Si la répulsion ne vous a pas encore secoué devant les dégâts du fanatisme économique et de sa religion masquée (qui supplante, et de loin, tous les fanatismes religieux !) c’est qu’il vous faudrait vous diriger vers les entreprises de nettoyage ; votre puanteur morale devenant incommodante. Si le taux de croissance est un antiguide antipolitique (il n’y a aucun lien entre « croissance » et « développement » !) que mettre à sa place ? La réponse est toute prête mais il faut, d’abord, procéder au changement de mentalité. Refuser que cette croissance (sic) tirée par la consommation soit la « calculatrice », évaluatrice et combinatoire, du moindre revenu que ce soit, empêcher que les politiques se cachent, désormais, derrière cette mécanique irresponsable mais doivent bien s’avancer avec les nouvelles grilles de REPARTITION vient de nous rendre carrément sociables .
    OU TROUVER ENCORE DU SERIEUX ?

  • Sylvain7
    • Posté à 15h48 le 15/08/2012
    • 31797

    La rentrée s’annoncerait moins déprimante si les gens sérieux ne faisiat pas de la rétention cognitive et tenait compte du fait que PIB et croissance sont des concpets débiles

    Désolé mais c’est bien le mot, qu’on peut compléter par suicidaire.

    « Notre PIB prend en compte dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses d’ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production de napalm, des armes nucléaires, et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants.

    En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaîté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie, ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en compte notre courage, notre sagesse, ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion, ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. » (Robert Kennedy,)

    Oui, il est incontestable que plus, en France, on facture de conséquences de gros carambolages, plus on vend d’armes à des dictateurs sanguinaires, plus les dealers achètent de voitures neuves, plus on vend d’engrais chimiques pour l’agriculture intensive, plus on fabrique et vend de gadgets, plus on vend nos surplus agricoles à des pays africains en ruinant les petits producteurs locaux, etc., etc, plus Bruxelles, plus le FMI, plus les agences de notation seront contents parce que, entre autres, la France sera près, voire en dessous, des « sacrés 3 % »

    Ridicule, insensé, suicidaire. Et si on parlait plutôt de la décroissance de la pauvreté ? Et de la décroissance de nos modes de production et de consommation suicidaire, nucléaire inclus ?

  • mongarsrikou
    • Posté à 16h05 le 15/08/2012
    • Internaute 27719

    les salaires augmentent de 2,1 %, laissez moi rire ! pas dans le privé en tous cas, ou on vous explique gentiment que ceux qui veulent de la rallonge peuvent toujours demander à pole emploi ! avec en plus la refiscalisation des heures supp, mon salaire mensuel va chuter de 5 à 10 %, pas d’augmentations en vue, encore un effort et je serais smicard !

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