Tribune 25/06/2012 à 10h20

L’euro, le cheval de Troie allemand

Pascal de Lima et Gwenaël Le Sausse


Actuellement, la caravelle Santa Euro vogue vers une Terra Incognita alors qu’elle prend l’eau de toute part. La coque est littéralement éventrée du côté espagnol. Une brèche s’aggrave du coté italien, tandis que des fissures se font jour chez les Chypriotes et que nos braves moussaillons de la Troïka sont déjà occupés à colmater, tant bien que mal, les trous portugais et irlandais.

« Un homme à la mer ! » C’est le mousse grec, qui a bien du mal à s’agripper à sa pauvre bouée au milieu des requins de la finance. Pourtant, le capitaine allemand n’en tient guère rigueur et commande de ramer en cadence, et souquer ferme. Refusant d’abandonner le navire tant qu’il en est encore temps, il s’éloigne du rivage dangereusement. Tandis que depuis un mois, le second du capitaine, Français de son état, a sauté dans son pédalo et tente de freiner le navire autant qu’il le peut.

Mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ?

Pris au piège avec la monnaie unique

Cette métaphore maritime a bien sûr pour objectif de poser la question de l’intérêt que peut avoir l’Allemagne à maintenir un euro aussi fort, refuser à tout prix de collectiviser les risques, imposer à ses partenaires des cures d’austérité fatales, alors qu’elle-même sent bien que les choses vont en s’aggravant, que nous entrons à peine dans le cœur du cyclone !

Revenons un peu sur l’évolution de l’euro et sur son utilité du point de vue allemand. Comment l’Allemagne a réussi à prendre au piège ses partenaires avec la monnaie unique ?

Rappelons, en premier lieu, que l’euro a été lancé en 1999 et que depuis, il a été largement surévalué. En effet, un mois après sa mise en circulation, son cours était de 0,85 dollar (le 28 janvier 2002 selon la BCE), pour arriver, à la veille de la crise économique de 2008, le 15 juillet 2008 à 1,6 dollar. Ainsi, hors période de crise, le cours de l’euro entre ces deux dates a augmenté de 86,41% !

Le cœur industriel de l’Europe

De ce fait, le jeu du taux de marge réel a fait grimper en flèche les coûts à l’exportation de toute la zone euro, minant sa compétitivité et accélérant sa désindustrialisation. Mais désindustrialiser implique ensuite d’importer massivement des produits étrangers, pour continuer de consommer les biens qu’on ne produit plus.

Or, l’Allemagne a misé sur une compétitivité-produit plutôt qu’une compétitivité-prix. Elle a donc pu continuer d’exporter massivement et a pris peu à peu le rôle de cœur industriel de l’Europe et de fournisseur de l’ensemble de la zone euro. Dès lors, sa balance commerciale s’est envolée, en même temps que celle de ses partenaires européens s’est creusée.

La comparaison des balances commerciales allemande et française, très liées, est révélatrice. En France, elle dégringole depuis 2003 en faveur de son premier partenaire commercial, l’Allemagne, qui connaît une situation strictement inverse. Ses excédents se sont faits par le creusement des déficits des pays voisins, qu’elle accuse de frivolité budgétaire aujourd’hui.

Une attitude de passager clandestin

Ayant adopté la monnaie unique, les partenaires de l’Allemagne ne peuvent plus dévaluer pour gagner en compétitivité-prix. La zone euro se contente de subir l’égoïsme allemand, au nom de la construction politique de l’Union. D’autant que sa politique d’offre, de désinflation compétitive des salaires, depuis le plan Schroeder, lui a donné un avantage certain sur les pays ayant choisi des politiques de demande. Mais si toute la zone euro avait choisi cette politique de désinflation, nous aurions connu une récession assurée. Derrière le sacrifice des avantages sociaux du travailleur allemand, se trouve à nouveau une forme d’égoïsme commercial, une attitude de passager clandestin qui a profité de l’augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs européens, qu’elle blâme aujourd’hui sous la forme du creusement de leurs dettes.

Un coup d’Etat permanent

Ainsi, l’Allemagne a le beau rôle de reprocher aux pays de Sud leur manque de compétitivité alors que cette politique monétaire lui sert de cheval de Troie, dont le mécanisme d’action est simple :

  • plus l’euro est fort, plus les produits européens sont chers et ont du mal à s’exporter, entraînant une désindustrialisation qui les pousse à importer des produits allemands, qui profitent d’une excellente compétitivité-produit ;
  • les pays de la zone euro sont alors dépendants, commercialement et, aujourd’hui, en pleine crise, financièrement, de l’Allemagne ;
  • le piège allemand se referme sur eux. Ils doivent alors se soumettre à toujours plus de transferts de souveraineté vers les institutions européennes, comme la BCE, largement influencées par le point de vue outre-Rhin. L’euro est l’arme majeure d’un coup d’Etat permanent de l’Allemagne.

En novembre dernier, Arnaud Montebourg avait comparé Angela Merkel à Bismarck. Si, bien sûr, la comparaison est malvenue, elle n’est pas dénuée de fond.

« La dévaluation, ou la mort ? »

En effet, les deux personnages ont la caractéristique commune de mener des combats frontaux (pour l’un économiques, pour l’autre militaires) contre les nations européennes, au nom de la suprématie allemande sur le vieux continent. Et les deux réussissent !

Alors, lorsque les pays du Sud et la France cherchent à briser ce système en commençant par collectiviser les dettes européennes, dues en partie à cette politique monétaire allemande, Angela Merkel vitupère contre les eurobonds. « La médiocrité ne doit pas devenir l’étalon en zone euro ! » Comprenez : « Les intérêts allemands, si privilégiés depuis plus de dix ans, ne doivent pas être atteints ! »

Il s’agit là d’une des explications du refus allemand de voir des membres de la zone euro abandonner la monnaie unique. L’Allemagne préfère subventionner l’économie grecque, pour qu’en retour elle importe des produits allemands, plutôt que de les laisser dévaluer et produire sur leur territoire. Pourtant, on voit bien que la situation n’est pas viable en l’état. Les excédents allemands ne peuvent plus se faire au détriment exclusif des états du Sud, soucieux d’éviter la débâcle politique d’une mort de l’union monétaire.

Les révolutionnaires français proposaient un choix au peuple de France : « La liberté, ou la mort ? » Et si nous proposions, les pays du Sud et la France unis, un choix équivalent à la BCE et la monnaie unique ? « La dévaluation, ou la mort ? »

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  • AutistReading
    AutistReading
    Au snack elle prend pas de kebab
    • Posté à 10h34 le 25/06/2012
    • 184876
      Au snack elle prend pas de kebab

    .

  • Auroralucie
    Auroralucie
    Collectionneuse de rognures d' (...)
    • Posté à 10h57 le 25/06/2012
    • Internaute 124160
      Collectionneuse de rognures d' (...)

    La réponse est là, citée dans l’article :

    « * Plus l’euro est fort, plus les produits européens sont chers et ont du mal à s’exporter, entraînant une désindustrialisation qui les pousse à importer des produits allemands, qui profitent d’une excellente compétitivité-produit ;
    * les pays de la zone euro sont alors dépendants, commercialement et, aujourd’hui, en pleine crise, financièrement, de l’Allemagne ; “

    Très bon article, merci.

    • tlaloc
      tlaloc répond à Auroralucie
      Retraité
      • Posté à 11h53 le 25/06/2012
      • Internaute 47359
        Retraité

      +1

      • Auroralucie
        Auroralucie répond à tlaloc
        Collectionneuse de rognures d' (...)
        • Posté à 12h46 le 25/06/2012
        • Internaute 124160
          Collectionneuse de rognures d' (...)

        La vraie réponse est là :

  • watashi_baka
    • Posté à 11h01 le 25/06/2012
    • Internaute 47330
      ...

    Non, c’est pas un cheval de troie Allemand, c’est un cheval de troie libéral, c’est le parti libéral Allemand (FDP) qui s’oppose à tout sauvetage.
    Et pour ça ils ont 3 arguments

    Dévaluer la monnaie, ca revient à baisser les salaires et à créer un impot exceptionnel de X % du capital de chaque personne

    Les allemands ont accepté des tas de mesures de rigueur, retraite à 67 ans (et il est question de la passer à 69), Salarié à 400 € par mois, limitation stricte des indemnité chomage, université payantes. Taux d’impot très élevé etc…

    Vous imaginez bien qu’ils n’ont pas envie que leurs impots servent à financer la retraite à 60 ans Françaises, l’université gratuite Française etc…

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à watashi_baka
      non connue
      • Posté à 11h19 le 25/06/2012
      • 185266
        non connue

      le beurre et l’argent du beurre donc...

    • fleur
      fleur répond à watashi_baka
      • Posté à 13h44 le 25/06/2012
      • Internaute 14974

      Pas tout à fait exact. La retraite à 67 ans n’est pas encore ratifiée. Elle doit être introduite sur une vingtaine d’années. Si vous voulez un exemple de retraite à 67 ans, prenez la Norvège.
      Les salaires à 400€ ? Ce sont des mini-rétributions avec des conditions spéciales d’imposition et de cotisations et limitées à des emplois bien précis et à un certain nombre d’heures ; donc aucune généralisation possible (d’ailleurs, cela arrange bien des familles, comme 2e salaire qui n’est pas imposable complétement).
      Le taux d’imposítion n’est pas plus élevé qu’en France ; il est construit différemment, mais le résultat revient au même.
      Les universités ne demandent pas partout des frais de scolarité, car cela dépend des Länder, et avant tout des universités, qui sont aujourd’hui autonomes.
      Par contre, ce que vous ne mentionnez pas, ce sont les « sacrifices » au niveau des prestations des caisses maladies, qui sont toutes privées (avec 2 types de privatisation et de cotisations) depuis des années, les restrictions et les contrôles stricts de l’allocation chômage, avec obligation de prendre le travail proposé par l’ANPE, le taux bas des allocations familiales, les salaires et retraites inférieurs pendant 20 ans dans les Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est, etc.
      Ces sacrifices ont été consentis par la population par solidarité avec la partie est du pays, et par conscience de l’intérêt général, qui est très développée. Je ne crois pas qu’il y ait eu ces dix derniéres années de réflexions sur la préséance de l’économie allemande en Europe, et son rôle (peut-être) prédateur ; cette analyse à l’échelle européenne commence seulement.
      La crise se fait sentir aussi en Allemagne dans tous les domaines, à commencer dans la culture (musées, orchestres, théâtres, opéras luttent - souvent sans résultat - pour survivre), pour continuer par les communes qui sont dans le rouge (donc fermeture de piscines, bibliothèques municipales, institutions caritatives ; les crèches prévues ne sont pas ouvertes, etc....) pour finir par les routes qui ne sont plus aussi complètement réparées après les dégâts de l’hiver.
      Il faut se garder de généraliser, car les choses sont toujours complexes.

      • balala
        balala répond à fleur
        • Posté à 16h04 le 25/06/2012
        • Internaute 3552

        Il manque encore un élément à votre description, c’est le faible taux de dépenses pour la petite enfance et l’école. Les Allemands étant en récession démographique, leurs frais de garde et formation des enfants et adolescents sont réduits et peuvent continuer de se réduire. Actuellement ce sont les pays à meilleure démographie qui financent les spécialistes que l’Allemagne importe gratuitement après formation !

         
        • Eden
          Eden répond à balala
          Allosexuel polyglotte
          • Posté à 16h20 le 25/06/2012
          • Internaute 14568
            Allosexuel polyglotte

          L’Allemagne « n’importe » rien du tout, les jeunes européens viennent d’eux-mêmes, dégoûtés par leurs pays qui n’ont pas été foutus de développer une politique économique viable et qui ne leur offrent aucune perspective. Je veux bien me réjouir de la (toute relative) vigueur démographique française, mais près de 30% des jeunes français sont au chômage, et près d’un jeune sur deux n’a pas les moyens de se loger décemment. Vous parlez d’un modèle pour l’Europe...

          • balala
            balala répond à Eden
            • Posté à 16h29 le 25/06/2012
            • Internaute 3552

            Je ne parle pas de « modèle français », mais je maintiens le terme « importation » pour l’Allemagne, qui, après avoir vainement essayé d’importer de jeunes ingénieurs indiens fait maintenant le siège des écoles d’ingénieurs en France et en Espagne, ce qui offre des débouchés à nos jeunes, mais qui fournit aussi gratuitement une main d’oeuvre extrêmement formée (et à grands frais) par d’autres pays européens.

            • Eden
              Eden répond à balala
              Allosexuel polyglotte
              • Posté à 16h50 le 25/06/2012
              • Internaute 14568
                Allosexuel polyglotte

              Je trouve le terme « importer » particulièrement déplacé parce qu’il implique qu’on traite les gens comme des marchandises. Je vis en Allemagne et il ne viendrait à personne l’idée d’utiliser ce terme dans le cadre du recrutement. Finalement, la vision qu’ont beaucoup de Français de l’Allemagne est complètement à côté de la plaque, c’en est presque risible. Il serait temps d’arrêter la parano et les fantasmes, d’autant que les Allemands sont certainement moins faschos que les Français à l’heure actuelle...

        • tlaloc
          tlaloc répond à balala
          Retraité
          • Posté à 18h09 le 25/06/2012
          • Internaute 47359
            Retraité

          C’est juste Avec une population de 85 millions d’habitants l’Allemagne n’a pas plus d’enfants de moins de 12 ans que la France ( 65 millions) d’où en proportion moins de dépenses pour l’éducation.

        4 autres commentaires
  • Bernardo Zorro-
    Bernardo Zorro-
    non connue
    • Posté à 11h08 le 25/06/2012
    • 185266
      non connue

    Enquête dans le temple de l’euro

    Merci pour cet article, il serait temps de parler de cet autoritarisme puant dont fait preuve merkel envers les peuples européens qui ne sont pas les siens et comment nous en sommes arrivés là, attention si vous commencez (enfin !) à creuser à l’opposé de la pensée unique libérale vous allez en faire un sacré paquet de découvertes du genre. Les peuples pour leur survie doivent reprendre leurs destins en mains et arrêter de le laisser dans les mains de ceux qui méprisent le monde et les gens.

  • Eden
    Eden
    Allosexuel polyglotte
    • Posté à 12h45 le 25/06/2012
    • Internaute 14568
      Allosexuel polyglotte

    Ces salauds d’Allemands ont une économie compétitive, des produits de qualité qu’on s’arrache dans le monde entier, des caisses maladie à l’équilibre, un chômage des jeunes 3 fois inférieur à la moyenne européenne, pratiquement deux fois moins de fonctionnaires pour des services nettements supérieurs. Il est vraiment plus que temps de les virer de la zone euro...

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à Eden
      non connue
      • Posté à 12h46 le 25/06/2012
      • 185266
        non connue

      Informez vous avant de défendre bêtement les puissants ceux qui n’en ont pas besoin donc : Le consensus de Berlin

    • Schrödinger
      Schrödinger répond à Eden
      Poli et gentil. Très rue89.
      • Posté à 13h52 le 25/06/2012
      • Internaute 41709
        Poli et gentil. Très rue89.

      Bien installé au fond de ta caverne...

  • affreuxjojo
    • Posté à 12h37 le 25/06/2012
    • Internaute 29421

    L’Allemagne profite de l’Euro fort comme l’explique l’article. Elle achète en monnaie faible l’énergie, les matières premières et des produits à faible valeur. Elle revends en monnaie forte au reste de l’Europe (60% de ses exportations.
    Mais l’Europe profite à l’Allemagne d’une autre façon. L’industrie Allemande conçoit et assemble en Allemagne des sous-produits souvent fait en Europe de l’Est c’est à dire par une main-d’oeuvre à faible coût, et revends ensuite les produits assemblés en Europe de l’Ouest donc dans des pays à plus haut niveau de vie.
    Dans l’affaire l’Allemagne réalise deux plus value : une sur les taux de change , une sur la main-d’oeuvre. On cite l’Allemagne en modèle pour ses réformes et pour ses excédents commerciaux... C’est se moquer du monde. Par définition ces procédés ne peuvent être généralisés.
    Il va de soi que cette manière d’avoir le beurre, l’argent du beurre, plus le sourire de la crémière ne pourras pas durer éternellement. En ruinant l’industrie et l’économie du reste de l’Europe, à terme l’industrie Allemande ruine ses propres clients.

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à affreuxjojo
      non connue
      • Posté à 12h48 le 25/06/2012
      • 185266
        non connue

      ces cons là sont en train de ruiner leurs propres clients... -_-

      • Auroralucie
        Auroralucie répond à Bernardo Zorro-
        Collectionneuse de rognures d' (...)
        • Posté à 12h55 le 25/06/2012
        • Internaute 124160
          Collectionneuse de rognures d' (...)

        Ou comment tuer la poule aux œufs d’or....

      • affreuxjojo
        • Posté à 15h32 le 25/06/2012
        • Internaute 29421

        On peut même ajouter que ce phénoméne est général et est à l’origine de la crise actuelle.
        La recherche de compétitivité (liée à la mondialisation et à la mise en concurrence de l’ensemble des producteurs de la planéte) poussent à la baisse du coût du travail : baisse des salaires, baisse des charges, course à la productivité pour faire plus avec moins de salariés).
        Les revenus directs (salaires) et indirects (prestations sociales ou services publics) des salariés étant fortement poussés à la baisse, on constate un basculement de la redistribution des richesses. Sur l’ensemble des richesses produites en France environ 10% sont ainsi confisquées aux salariés pour être versées aux actionnaires. 180 milliards échappent ainsi aux salariés chaque année.
        Une partie de ces bénéfices a été réinvestie ce qui a conduit à la surcapacité de l’ensemble de l’industrie qui aujourd’hui fait marche arrière et ferme des sites.
        Une autre partie à été distribuée. Sur ces milliards versés aux actionnaires combien sont encore en France ? Entre les investissement à l’étrangers (toujours pour la course à la compétitivité), la fraude et l’évasion fiscale des sommes énormes produites par le travail en France sont évaporées.
        La baisse relative de pouvoir d’achat des salariés (relative à l’ensemble des richesses produites) a été masquée pendant des années par le crédit facile d’une part et par l’endettement des Etats, d’autre part.
        On reproche aux Grecs, au Espagnols ou aux Français d’avoir consommé à crédit. Il serait plus juste de dire que la production (et donc les dividendes des actionnaires) a été subventionnées par les crédits au consommateurs (qui resteront d’ailleurs les payeurs de l’addition puisqu’ils devront payer leurs dettes aux banques).
        La bulle immobilière résulte de cette politique du crédit facile qui masque l’appauvrissement relatif des salariés.
        Récemment, j’ai vu que Decathon supprimait des postes de caissières. A vous d’enregistrer vos marchandise et de les payer par carte. Ces magasins font partie du groupe Mulliez (Auchan, les Suisses etc). Ce groupe a versés ces dernières années plusieurs centaines de millions d’€ aux actionnaires. La famille Mulliez ne vit plus en France pour échapper au fisc...
        La course au profit est un puits sans fonds.
        Les sociétés d’autoroutes (qui gagnent un max) ont supprimé les guichetiers. Les pétroliers ont également supprimés les emplois dans les stations services. Tous ces salariés étaient pourtant les indispensables clients potentiels de leurs activités.
        Le capitalisme est en train de s’auto-détruire. Mais pour l’instant ses tenants en sont les grands bénéficiaires et tentent de faire perdurer un système déséquilibré, non viable et qui cours à sa perte.

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à affreuxjojo
          non connue
          • Posté à 15h51 le 25/06/2012
          • 185266
            non connue

          « La bulle immobilière résulte de cette politique du crédit facile qui masque l’appauvrissement relatif des salariés. » Exactement...

          ET comme vous dites ne pas oublier non plus que les bénéfices, les milliards de bénéfices engrangés chaque année par la finance ne rapportent rien aux états et donc aux peuples, puisqu’ils ne sont pas imposés, une véritable honte, quand je dis que c’est bien fait la World Company...

        1 autres commentaires
    • levasedeklovisse
      levasedeklovisse répond à affreuxjojo
      Patriote
      • Posté à 14h22 le 25/06/2012
      • Internaute 170565
        Patriote

      Une partie des clients ! n’oublions pas qu’ils arrivent aussi à bien vendre dans les pays émergents ( Chine, Brésil etc ..)

      • Bernardo Zorro-
        Bernardo Zorro- répond à levasedeklovisse
        non connue
        • Posté à 14h32 le 25/06/2012
        • 185266
          non connue

        « Les principaux clients de l’Allemagne sont l’Union européenne (UE-27), les États-Unis, la Chine, la Suisse et la Russie » Lien

        Ils doivent leur puissance et leur fortune à leurs partenaires européens contre lesquels ils s’acharnent pourtant obstinément...

         
        • levasedeklovisse
          levasedeklovisse répond à Bernardo Zorro-
          Patriote
          • Posté à 14h41 le 25/06/2012
          • Internaute 170565
            Patriote

          Ah ! la bonne morale à la française !
          Réaction typiquement française ! !
          sinon ils n’y seraient pas aussi pour quelque chose , travail, effort, intelligence, sacrifices, qualité
          Figurez-vous que les gens n’aiment pas trop travailler pour les autres qui se la coulent douce, c’est exactement ça !
          Quelles sont les solutions pour s’en sortir car les allemands ne feront jamais de tels sacrifices ? ?

          • Bernardo Zorro-
            Bernardo Zorro- répond à levasedeklovisse
            non connue
            • Posté à 14h44 le 25/06/2012
            • 185266
              non connue

            pourquoi vous parlez d’autre chose dès qu’on vous contredit ? Vous vous êtes trompé c’est pas grave hein puis ça vous arrive très souvent...

            Hé les mecs va falloir que vous bossiez un peu plus si vous voulez être rassurants pour 2017 ! : D

            • levasedeklovisse
              levasedeklovisse répond à Bernardo Zorro-
              Patriote
              • Posté à 14h58 le 25/06/2012
              • Internaute 170565
                Patriote

              Pour le moment c’est vous qui esquivait les questions je répète donc : Quelles sont les solutions pour s’en sortir car les allemands ne feront jamais de tels sacrifices ? ?

              Sinon, je ne vois pas où est le problème puisque l’Allemagne a effectivement d’autres clients que l’UE pour l’exportation, j’ai donc sur le fond raison et je ne vois pas pourquoi vous pensez que vous m’avez contredit ? ?

              • Bernardo Zorro-
                Bernardo Zorro- répond à levasedeklovisse
                non connue
                • Posté à 15h09 le 25/06/2012
                • 185266
                  non connue

                parce que sans l’europe l’allemagne ne serait rien, et pourtant elle veut lui imposer sa Loi, cette fascination systématique et sans fondement si ce n’est fantasmagorique pour les allemands n’est pas rassurante non plus hein...

                • levasedeklovisse
                  levasedeklovisse répond à Bernardo Zorro-
                  Patriote
                  • Posté à 15h30 le 25/06/2012
                  • Internaute 170565
                    Patriote

                  Oui, vous avez en partie en raison mais que serait l’europe sans l’Allemagne ? ?
                  Je suis d’accord avec vous l’Allemagne a besoin de clients en Europe mais elle ne va pas payer pour tout le monde, elle va faire quelques petits compromis pour faire passer la pillule et c’est tout, c’est bien celui qui a la bourse qui décide en définitive.

                • levasedeklovisse
                  levasedeklovisse répond à Bernardo Zorro-
                  Patriote
                  • Posté à 15h31 le 25/06/2012
                  • Internaute 170565
                    Patriote

                  Vous croyez sincérement que les Allemands vont accepter de travailler jusqu’à 67 ans pour payer notre système de retraite à 60 ans ? ?

                  • Bernardo Zorro-
                    Bernardo Zorro- répond à levasedeklovisse
                    non connue
                    • Posté à 15h45 le 25/06/2012
                    • 185266
                      non connue

                    je pense que le peuple allemand serait prêt à tout remettre à plat en partie mais si pour cela il y avait une volonté politique et médiatique et donc oligarchique pour ça.

                    Le problème des allemands n’est pas son peuple mais le fait qu’elle soit prisonnière totalement des financiers qui ne veulent surtout pas toucher à leurs marges bénéficiaires même s’ils sont prêt à tout détruire pour cela...

              • jino83
                • Posté à 15h50 le 25/06/2012
                • 159282

                La solution pour une bonne partie des pays dans la merde c’est une dévaluation de l’ordre de 50 % de la monnaie .

                Ce qui est très loin de nous faire pointer vers une inflation des prix faramineuse comme veulent le faire croire certain , l’article le rappel l’euro en 13 ans c’est 86% d’augmentation sur le $ .
                Juste bon pour délocaliser des usines en chine ça .

                Mais si on dévalue que ce passe t’il ?
                Prenez 3 produits identique avec 3 qualités différentes
                La 1ere on diras au top , du made in germany au prix fort
                La 2eme un made in Italie , de bonne facture mais pas au top , mais bien moins cher que le top .
                La 3eme un bon made in china qui tient pas la route , mais vraiment pas cher .

                L’Allemagne a fait en sorte que le 2eme disparaisse et pire je pense même qu’ils ce sont mis a vendre la qualité intermédiaire au prix fort grâce a l’image qui les mets au top .

                Si l’Italie reprend sa capacité de vente de produits , c’est directement l’Allemagne qui perd le business , qu’elle a au préalable piqué a tous ses voisins Européens .

                J’ai pris l’exemple de l’Italie parce que dans mon boulot c’est visible en quelques années le matériel de marques fabriqué en Italie a presque disparu au profit de produit de grande marque Allemande dont siemens un ogre (des produits fabriqué dans les pays de l’est mais pas en Allemagne ) qualité moyenne au prix fort ... ou alors des produits chinois moins cher mais ça vaut même pas la peine .

                • levasedeklovisse
                  levasedeklovisse répond à jino83
                  Patriote
                  • Posté à 16h14 le 25/06/2012
                  • Internaute 170565
                    Patriote

                  Je suis d’accord avec vous mais il ne faut pas oublier qu’à un moment si on veut s’en sortir c’est à nous de produire sinon la balance commerciale sera toujours en notre défaveur que nous achetons aux allemands ou aux chinois .

                  • jino83
                    • Posté à 17h05 le 25/06/2012
                    • 159282

                    Pour ce remettre a produire et surtout produire de la qualité , il faut commencer par ré investir les bénéfices dans l’amélioration de la qualité de nos produits au lieu de les offrir en dividendes a des actionnaires .
                    Augmenter les marges pour les actionnaires c’est des effets inévitables dans l’industrie , baisse de la qualité du matériel , du travail , des salaires .
                    Et comme ça suffit pas ( oui on peut quand même pas revenir a l’esclavage a l’ancienne ) alors ça gratte encore ailleurs , les impôts .

                    Tous ça pour contenter des gens qui veulent faire de l’argent avec de l’argent . Ce qui devrait être considérer comme la pire des conneries .

                • Eden
                  Eden répond à jino83
                  Allosexuel polyglotte
                  • Posté à 16h32 le 25/06/2012
                  • Internaute 14568
                    Allosexuel polyglotte

                  Ah ouais, donc les entreprises allemandes (mais aussi finlandaises, hollandaises, etc.) auraient dû commencer à produire de la merde pour ne pas concurrencer méchamment les fleurons de l’industrie italienne ou française ? Si plus personne - même en France - ne veut des produits français, c’est que la France a décroché en termes de compétitivité et de qualité.

                  • jino83
                    jino83 répond à Eden
                    • Posté à 16h47 le 25/06/2012
                    • 159282

                    Produire de la merde pas cher en Europe , ça en feras de la merde toujours plus cher que la chinoise , c’est pas compétitif .

                    Par contre pour la qualité oui je suis d’accord y avait surement quelque chose a faire .
                    Mais la stratégie française a été de vouloir continuer a fabriquer le « moyen haut de gamme “ en faisant de la concurrence aux produits bas de gamme en termes de prix .

                    Résultat le matériel français c’est , le look du haut de gamme avec l’intérieur du bas de gamme ( ou juste au dessus ) .

                    Mauvaise idée , la merde même bien emballer ça ce vend mal .
                    Bon après il y a bien sur des exceptions et justement dans mon domaine il existe 2-3 fabriquant bien français qui font du matériel au top du top , la rolls du traitement de l’air c’est une marque française .
                    Très cher c’est vrai mais quand un client réfléchis a son investissement sur le long terme , il fait le chèque . Parce que dans le temps ce seras bien moins cher en entretien .

        13 autres commentaires
  • Chem Assayag
    Chem Assayag
    Ecrivain, blogueur, agent (...)
    • Posté à 12h38 le 25/06/2012
    • Expert 175360
      Ecrivain, blogueur, agent (...)

    Bonne analyse, mais vous oubliez deux/trois choses :
    - on ne peut pas blâmer l’Allemagne sur le fait d’avoir une stratégie et de s’y tenir.
    - les autres pays européens et singulièrement la France ont perdu en compétitivité produit ce qui alimente le cercle vicieux que vous décrivez
    - il s’agit de rapport de forces, si on ne le comprend pas et on se contente de communiqués lénifiants il ne se passe rien (voir Lien)

    cordialement,

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à Chem Assayag
      non connue
      • Posté à 12h49 le 25/06/2012
      • 185266
        non connue

      « on ne peut pas blâmer l’Allemagne sur le fait d’avoir une stratégie et de s’y tenir. »

      Même quand cette stratégie mène à la ruine générale et au chaos ?

      • Chem Assayag
        Chem Assayag répond à Bernardo Zorro-
        Ecrivain, blogueur, agent (...)
        • Posté à 12h55 le 25/06/2012
        • Expert 175360
          Ecrivain, blogueur, agent (...)

        Les problèmes de cette stratégie deviennent apparents maintenant mais Merkel ne se sent tenue que / SES électeurs et en aucun cas par rapport aux autres pays européens. C’est égoïste et suicidaire mais au royaume du court terme..

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à Chem Assayag
          non connue
          • Posté à 14h03 le 25/06/2012
          • 185266
            non connue

          ok d’accord avec vous mais beaucoup de gens ne voient pas ça du tout encore...

        1 autres commentaires
  • Auroralucie
    Auroralucie
    Collectionneuse de rognures d' (...)
    • Posté à 12h51 le 25/06/2012
    • Internaute 124160
      Collectionneuse de rognures d' (...)

    De toute façon, on s’en fout, les nouvelles normes d’assainissement nous sauveront !

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 13h36 le 25/06/2012
    • Internaute 97292
      1ère version

    L’euro, le cheval de Troie allemand ! Certes, mais l’Allemagne est bien le cheval de Troie des USA. On comprend mieux la fulgurante progression de l’euro par rapport au dollar, quand on sait que la BCE a été créée sur le modèle de la Bundesbank. En fait son fonctionnement en est la copie conforme. Or la banque centrale allemande est toujours, depuis sa défaite de 1945, propriété de la FED. Un euro fort, pour soutenir le dollar. Voilà à quoi sert l’euro ! C’est sa seule utilité. Et c’est la seule raison pour laquelle les dirigeants allemands sont unanimement contre une dévaluation de la monnaie unique.

    La Bundesbank, comme la BCE suivent les théories ordo-libérales allemandes. Théories fondatrices de l’économie allemande après la Seconde Guerre Mondiale. Quand l’Allemagne était sous commandant américain qui prônait la libre concurrence et l’entière autonomie des institutions bancaires.

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à nanabel
      non connue
      • Posté à 14h37 le 25/06/2012
      • 185266
        non connue

      ah l’Allemagne nazie, c’était le bon temps, nous qui l’avons pas vécu forcément on peut pas comprendre... : -)

      • nanabel
        nanabel répond à Bernardo Zorro-
        1ère version
        • Posté à 15h43 le 25/06/2012
        • Internaute 97292
          1ère version

        La république de Weimar, qui a précipité l’Allemagne vers le IIIè Reich, c’était aussi un temps mémorable...... Pendant ce temps là, chez-nous, c’était les années folles.

        Plus tard, les historiens qualifieront les débuts du XXIè siècle, les années dingues.... complètement dingues. Et on pourra dire qu’on les aura vécu.
         ; -)

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à nanabel
          non connue
          • Posté à 15h54 le 25/06/2012
          • 185266
            non connue

          « YVes Calvi oui monsieur j’étais là quand les gens pensaient que Yves Calvi était un journaliste intègre ! Calvi, non mais vous vous rendez compte de cette période de fous furieux ? » : -)

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 06-11-2012
    • Posté à 15h13 le 25/06/2012
    • 182080
      non connue

    Citation de Merkel et interprétation des auteurs de l’aticle :
    « La médiocrité ne doit pas devenir l’étalon en zone euro ! » Comprenez : « Les intérêts allemands, si privilégiés depuis plus de dix ans, ne doivent pas être atteints ! »

    C’est bizarre, mais cette déclaration brutale m’a mis très mal à l’aise puisque je l’ai comprise comme un rappel à l’ordre de la race des seigneurs à l’endroit des néo-untermenschen (les médiocres). Et puis il y a eu un paquet de déclarations nauséabondes de l’autre côté du Rhin, dans la presse et dans la classe politique à propos des Grecs, sur lesquelles on a préféré fermer les yeux. L’Allemagne néo-Bismarckienne devrait nous inquiéter plus que ça.

    Dans l’article sur Valaoritis (Rue89), on trouve ceci (ci-dessous) avec une interprétation de Freud qui mérite d’être creusée :
    « Dans son article sur la crise grecque, il écrit que “ le mishellénisme et l’antisémistisme sont des phénomènes liés l’un à l’autre (...).
    Ce parallèle n’avait pas échappé à Freud.”

  • levasedeklovisse
    levasedeklovisse
    Patriote
    • Posté à 14h25 le 25/06/2012
    • Internaute 170565
      Patriote

    La théorie de la sortie de l’euro et du retour à un protectionnisme intelligent ne serait donc pas si stupide que ça !

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à levasedeklovisse
      non connue
      • Posté à 14h39 le 25/06/2012
      • 185266
        non connue

      non elle est interdite, elle est pas stupide... Ce sont des freins à l’enrichissement personnel de l’oligarchie, aucune chance que ça arrive croyez moi...

      • levasedeklovisse
        levasedeklovisse répond à Bernardo Zorro-
        Patriote
        • Posté à 14h45 le 25/06/2012
        • Internaute 170565
          Patriote

        C’est vrai que quand on vote pour les partisans de l’europe fédéraliste il n’y a pas beaucoup de chance, sinon si un pays important ( Espagne,Italie) se casse la gueule, le chateau de cartes va s’effrondrer tout seul, croyez-moi !

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à levasedeklovisse
          non connue
          • Posté à 14h59 le 25/06/2012
          • 185266
            non connue

          mais j’en suis certain, ce que je vous dis c’est que l’Allemagne qui a bénéficié des capitaux européens pour sa croissance personnelle puisque c’est le premier pays européen à bénéficier de l’europe maintenant ne veut pas remettre cette hégémonie en question, à quoi nous sert elle donc ? Elle prend notre pognon mais ne veut pas nous en donner... Pourquoi devrions nous nous plier à sa volonté ? Moi je suis pour la sortie de l’ue aussi maintenant, quand on voit comme l’europe veut nous faire chier des pierres si on est sain d’esprit on ne peut plus être que pour la sortie de cette vieille pute...

        1 autres commentaires
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