« Solidarité » 03/06/2012 à 18h26

Femmes de ménage : à la fac, il y a les « privilégiées » et les autres

Franck Dépretz | Animateur de Fakir

Pour faire le ménage à la fac de Lorraine, il y a de plus en plus d’employés du privé aux horaires et conditions de travail déments, qui triment dans l’indifférence.

Fakir

C’est article a initialement été publié dans Fakir, « journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné ! »

Nous reproduisons cet article sur Rue89 avec l’amicale autorisation de l’auteur.

(De Nancy) On a les rêves qu’on peut. « Bosser mes sept heures d’un coup, j’en rêve de ça. » Après une demi-vie passée à racler le sol, Camélia n’espère ni voyages ni piscine, juste des journées moins morcelées :

« C’est stressant, t’es tout le temps en train de courir. Pour arriver à la fac, j’ai dû me lever à 5 heures. A peine je termine, un peu avant 8 heures, que je me dépêche de repartir pour arriver une heure plus tard chez un particulier. »

Là, c’est sa pause. Mais un « chantier » l’attend encore :

« Un gros, qui dure quatre heures, le plus gros d’ailleurs, il commence à 17 heures. »

Au boulot, donc, de 5 heures du matin à 21 heures, pour à peine le smic :

« Je suis toujours fatiguée. Tout le temps, je prends des médicaments. Et souvent, je dois aller chez le kiné. A cause du balai qu’on tient toute la journée, ça me fait souffrir la main droite, c’est au niveau du canal carpien. Il faut que je me fasse opérer de toute façon. »

Mais elle repousse à chaque fois cet arrêt, pour ne pas – bien sûr – perdre des « chantiers ».

« Et le pire, ce qui me fatigue le plus, c’est la route qu’il faut faire à chaque fois. Bientôt je vais faire autant de voiture que de travail. Je sors, je travaille, je repars, je retravaille, je mange... C’est que ça : aller travailler, manger, dormir. Et même en faisant tout ça, je m’en sors pas, je gagne pas assez. »

Et encore, elle a le permis, une voiture. Et encore, elle n’a plus à récupérer ses enfants à l’école.

La précarité, ça se fabrique

Voilà comment vivent, parmi nous, à l’université de Lorraine, au milieu des profs et des étudiants, les femmes de ménage. Et les hommes, aussi. Ainsi de Didier, qui n’a qu’un seul chantier, deux heures par jour et 315 euros par mois :

« J’espère que quelque chose arrivera, tôt ou tard. »

Dans son amphithéâtre tout juste serpillé, je suis le seul spectateur à l’écouter. Lui est assis derrière l’immense bureau du professeur, en plein milieu de la scène. Emmitouflé dans son pull et dans son bonnet qui lui couvre les oreilles, il m’explique, la voix vibrante, que :

« Moi, je mets du mien. Je m’ouvre, mais il faut que le monde extérieur me rende aussi.
– Et en retour, alors, tu voudrais quoi ?
– De la solidarité. Qu’on me dise : “Didier, on aimerait bien que tu sois récompensé, on sait très bien que tu fais deux heures par jour. On peut pas te laisser comme ça, enfin, c’est impossible.” »

Elle n’a rien de naturelle, cette précarité. Elle est socialement, historiquement, construite. Ce sont des lois qu’on a votées au Parlement, qui l’ont permise, encouragée, sur les temps partiels, la réduction des déficits, etc. Ce sont des « marchés » que l’université a passés avec des boîtes privées – plutôt que d’employer son propre personnel. Ce sont des choix comptables, tranquillement effectués au fond de bureaux, devant des écrans d’ordinateurs, dans des décors aseptisés, qui ont fabriqué, en silence, ces existences en lambeaux.

Bien sûr, jamais ces tâches, récurer les chiottes, vider les poubelles, etc., ne furent sur-valorisées (« Si tu travailles bien à l’école, tu feras balayeur, mon fils ! ») mais au moins ce métier assurait-il un emploi stable, un revenu garanti, sans l’angoisse permanente du lendemain. C’est assez récent, même, cette dégradation muette. D’ailleurs, dans les couloirs de ma fac, on trouve encore les traces de cet ancien monde…

Les « privilégiées » payées par l’université

« Pourquoi que vous voulez faire une interview de nous ? C’est pour les stars, les interviews. Europe 1, tout ça, ils font jamais de sujets sur nous. »

Les fous rires s’enchaînent, ce midi, devant la loge du concierge. C’est la pause pour l’équipe de nettoyage. Elles sont treize filles, employées directement par l’université – et qui cohabitent, donc, avec les précaires venus d’ailleurs.

« Femme de ménage, c’est un métier comme un autre, énonce Mireille, la “chef” On peut très bien s’y plaire, même si c’est sûr qu’on ne le choisit pas. »
Et pour s’y plaire, il faut l’« ambiance », la « bonne ambiance » comme elles disent, « on s’entend plutôt bien » : ce petit plus qu’on ne peut chiffrer, pas compter – et qui compte pourtant, énormément. Elles fument leurs clopes en groupe, idem pour le casse-croûte, dans un local à elles.

Quant à leurs horaires, ils sont presque normaux : ces femmes arrivent à 6 heures, repartent à 13 heures – sauf exception. Et leur travail, elles ont le sentiment de « bien le faire » : « Quand on passe, tout est nickel, de A à Z, les tables, les chaises » – quand les autres salariées regrettaient, elles, de « bâcler ».

Et puis, il y a leurs « avantages ». Rien d’extraordinaire, en fait : juste un peu plus de congés payés, 47 jours en tout, les après-midi de libres, les week-ends aussi, une mutuelle. Mais alors que la vie se durcit pour les classes populaires, pour leurs familles, pour leurs enfants, bientôt, la norme deviendra un privilège…

Enfin, « nous autres, agents d’entretien, on ne fait pas que du nettoyage » :

« Quand une vitre est brisée durant la nuit, qui le voit en premier le matin ? Quand les étudiants se perdent dans les couloirs ou quand ils ont un problème, bien souvent, vers qui ils se tournent en premier ? C’est nous. Pour faire de l’accueil ou de la sécurité, donc, il n’y a que les femmes de ménage. »

Ces travailleuses se sentent, un peu, associées à un projet plus global :

« Déjà, les autres [celles du privé, ndlr], on ne leur parle pas beaucoup de leur environnement professionnel, ils savent très peu ce qu’il se passe à la fac. Nous, on a des réunions exprès. Ça fait même partie des missions de service public qu’on a. Eux, ils n’ont pas tout ça. »

Deux mondes qui s’ignorent


Un balai posé contre un mur (Esther Gibbons/Flickr/CC)

En apparence, les deux équipes font le même métier. Balai, seau, serpillière, elles manient les mêmes outils. Mais derrière cette façade, tout change : le salaire, les horaires, le statut. Les conditions de travail ne se sont pas doucement « dégradées » : brutalement effondrées. Et tout ça, sans une bataille, sans un conflit avec la direction, sans une lutte par médias interposés, sans un syndicat qui y met son nez, sans un tract distribué, sans un meeting organisé, sans une délégation reçue, sans le bureau d’un décideur occupé.

Au milieu d’elles, vraiment à leurs côtés, déambulent les étudiants, les enseignants, plutôt marqués à gauche ici, qui manifestent à l’occasion – contre la réforme des retraites, contre la loi LRU, contre le CPE auparavant – mais qui n’ont, en l’occurrence, pas fait signer la moindre pétition, pas marqué la moindre solidarité.

Deux mondes sociaux se touchent et s’ignorent. La plongée peut se poursuivre sereinement : « Je fais de mon mieux pour repousser l’externalisation », témoigne Mireille, la chef, la seule syndiquée.

« Ça devient de plus en plus rare que j’aie à embaucher des nouvelles, et, quand bien même ça arrive, c’est toujours pour des postes de contractuels, en CDD. Mais chaque fois, je fais en sorte que ce soit les plus jeunes possible. Ça ne servira pas à grand-chose. Les départs en retraite ne sont plus remplacés. Qu’on attende encore un peu, et il n’y aura plus que des entreprises extérieures pour gérer l’entretien. »

Finir à 2 heures du mat’, reprendre à 4 heures

C’est ce que redoute Cécile : elle « y pense pas mal », surtout les jours qui précédent le renouvellement. « Faut pas se leurrer, un jour ou l’autre ça arrivera. » Et elle craint de retomber dans sa « galère » d’avant, quand elle enchaînait les lignes de bus et les mini-jobs :

« Je me levais à 4h15 pour arriver ici. Du coup, ça me permettait de faire un autre boulot, après, pour une boîte qui fabrique des prospectus. Ma deuxième journée commençait à 16 heures et finissait à 2 heures du mat’.
– Tu finissais à 2 heures ! Et tu te levais à 4 heures...
– C’est ça. Autant dire qu’en rentrant, je dormais direct. Je faisais que ça, en fait : travailler et dormir. Même manger, je négligeais. Au bout de trois ans, j’étais morte de fatigue, je tremblais et tout. J’ai dû aller à l’hôpital. Une semaine, j’y suis restée. Ma famille m’a forcée d’arrêter après ça. Aujourd’hui, c’est même pas la peine, je serais incapable de recommencer. »

« Quand je serai vraiment à bout, j’irai voter »

« Vous le connaissez, lui ? » je demande à Cathy. Mon doigt pointe une affiche, annonçant la venue de Mélenchon à Nancy. A Sciences-Po, pas ici. « C’est qui ? » me répond-elle.

« De toute façon, la politique j’ai pas le temps pour. Les politiques, ils promettent mais font jamais rien. Les ouvriers, les gens comme nous, ils s’en moquent bien. »

Avant d’énoncer que, quand même :

« On parle toujours de gauche, de droite, mais jamais du Front national. Jamais on a été gouverné par eux. Peut-être qu’y aurait du changement. En bien. Peut-être qu’ils feraient pour l’ouvrier, pour la France.
– Vous aviez voté pour Le Pen en 2002 ?
– J’avais eu l’espoir, oui, mais je vote jamais. Un jour peut-être, quand je serai vraiment à bout, j’irai voter. »

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  • MarxForEver
    MarxForEver répond à Collectiste
    L'argent n'existe pas
    • Posté à 20h45 le 04/06/2012
    • Internaute 124072
      L'argent n'existe pas

    Monsieur,

    Vous vous étiez insérés à un endroit du fil de discussion et à une heure où la teinte avait remarquablement viré au brunâtre. Une méprise était donc possible.

    100% d’origine universitaire, je n’ai pas choisi l’enseignement mais en ai gardé un certain nombre de traits culturels remarquables. Ainsi, je ne me présente pas par le nom de l’établissement dont je suis issu. Chez nous il n’est pas d’usage de s’attacher au prestige d’un établissement pour commenter un propos.

    Vous conviendrez que colporter l’image d’un étudiant populo crasseux ou laisser penser que vous adhéreriez à une telle vision ne correspond absolûment pas à l’objectif de création d’un citoyen éclairé qui sous-tend la démarche de la gauche depuis la Révolution.

    Personne ne se rengorge devant l’état des tribunes d’un stade après un match ou d’une salle de concert après un concert. Il est généralement convenu que c’est l’effet normal d’une fréquentation par une foule.

    D’autre part, croire que l’état de délabrement des universités se résumerait à des histoires de papiers gras et de toilettes, c’est se cantonner dans la superficialité. Ces problèmes hygiéniques forment un tout avec les problèmes de sécurité : amphi invalidés par les commissions de sécurités, labos de chimie qui explosent, fuites de produits polluants, stockages dangereux. Certains établissements, même parmi les plus récents, sont reconnus comme un danger pour leur personnel, leurs étudiants et leur voisinage.

    Ainsi, quelles que soient vos qualités, je maintiens que ce propos incriminant les étudiants dans une problématique qui les dépasse manifestement était infondé et stigmatisant. Devant l’ampleur du problème, la solution proposée était hors-sujet.

  • kkadim
    kkadim répond à MarxForEver
    service public rhone alpes
    • Posté à 08h54 le 05/06/2012
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    vous avez raison de recentrer un peu le débat ; j’ai vécu la même évolution : au départ une personne employée par l’entreprise, avec les mêmes conditions salariales que les autres ( comme par exemple la possibilité de promotion, l’évolution vers d’autres fonctions...) ; puis départ à la retraite et l’annonce, par simple note de service, que son poste était supprimé et qu’un contrat était passé avec une société de nettoyage. au départ elle trimait dur, et nous (enfin les employés de base, parce qu’à ces heures matinales nos supérieurs n’étaient pas là encore) donc nous fermions les yeux sur ses retards ( elle avait un autre chantier à l’autre bout de la ville ). heureusement elle a pu changer de chantier depuis, et se rapprocher. nous parlons parfois, mais bon chacun a son travail, qui devient de plus en plus dense, pour nous comme pour elle, mais tout ce qui est dans cet article je l’ai entendu de sa bouche. et tout celà pour quoi ? Pour des « gains » de producitivité, qui ne profitent ni au personnel, ni aux usagers. mais là encore chacun navigue comme il peut, elle et nous, sans prise sur les décisions.

  • Ô triste riz digne
    Ô triste riz digne répond à Collectiste
    Autist-Hulk : mariage pour eux
    • Posté à 22h56 le 03/06/2012
    • Internaute 48716
      Autist-Hulk : mariage pour eux

    Pourquoi mettre à contribution les étudiants qui obtiennent seulement de mauvais résultats ? Pourquoi pas lorsqu’ils obtiennent aussi de bons résultats ?

  • miakhi
    miakhi répond à Collectiste
    ni frigide ni barjot
    • Posté à 11h38 le 04/06/2012
    • Internaute 168781
      ni frigide ni barjot

    Tout à fait d’accord.
    Après la suppression des allocs de la famille pour un enfant absentéiste,
    il faut mettre à l’amende les étudiants de Fac qui ne réussissent pas.
    Et c’est comme ça qu’on réduira la dette.

    Par contre, dans le privé, pas de souci.
    Si un étudiant ne réussit pas, on lui refinance des études avec des « petits boulots » : on le passe en apprentissage dans une boîte trouvée par le réseau.
    Parce que les chiottes, dans les écoles privées où va l’élite de la nation, n’ont pas besoin d’être nettoyés. Ces êtres supérieurs ne s’en servent pas.

  • Squall Lionheart
    Squall Lionheart répond à Collectiste
    Un message que les riverains (...)
    • Posté à 16h19 le 04/06/2012
    • Internaute 103509
      Un message que les riverains (...)

    Faire bosser les étudiants qui ont des mauvais résultats en leur demandant de participer pour le ménage, vraiment une idée stupide. Les étudiant qui ont des difficultés, on leur donne moins de temps pour étudier, comme ça au moins on est sûre qu’ils ne remonteront pas la pente.

  • Partageux
    Partageux
    Chroniqueur de la pauvreté
    • Posté à 19h01 le 03/06/2012
    • Internaute 188355
      Chroniqueur de la pauvreté

    L’emploi ne cesse de se dégrader. La régression sociale se généralise. On peut prendre des exemples dans tous les métiers : il n’y a plus de secteur protégé.

    Bien sûr on a commencé par les petits comme ces femmes de ménage. Et personne n’a levé le petit doigt. Qu’est ce que se fout de femmes de ménage !

    On a continué avec des métiers demandant plus de qualification. Et personne n’a réagi. Qu’est ce qu’on se fout des ouvriers ou des employés qualifiés !

    Maintenant un maître de conférence peut être traité de la même manière. C’est sûr, les étudiants qui se voient proposer des queues de cerise avec un contrat précaire pour des « vacations » à l’université couinent comme des cochons qu’on égorge... Mais on ne les entendait pas quand les femmes de ménage ont commencé à souffrir.

    Maintenant tout est à refaire. Et il y a une leçon à tirer de trente années de régression sociale. C’est la nécessité de l’universalité de tout ce qui sera arraché. Plus question de revendiquer des statuts plus favorables pour telle ou telle catégorie de personnel. On devra se battre pour obtenir la même chose pour tous. Depuis le bancroche improductif jusqu’au chercheur de haut vol.

    Lien

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 19h12 le 03/06/2012
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Y a une fac a Nancy ?
    A Strasbourg, ça encore je savais. Mais a Nancy , ou a Metz ..
    Ça alors . On en apprend tous les jours . Merci Rue89 .

    • myosotis_lys
      myosotis_lys répond à DiaboloSatanas
      Précaire
      • Posté à 19h14 le 03/06/2012
      • Internaute 89449
        Précaire

      Oui, elle est bien notée d’ailleurs. Y en a une à Metz, plus récente. Les deux « fusionnent » pour faire l’Université de Lorraine.

    • Mon-Al
      Mon-Al répond à DiaboloSatanas
      roturière : -)
      • Posté à 19h16 le 03/06/2012
      • Internaute 24219
        roturière : -)

      Genre une université aux champs ? : -)

    • MarxForEver
      MarxForEver répond à DiaboloSatanas
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 21h46 le 03/06/2012
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      A Nancy, il y a
      - 2 universités
      - L’Ecole Nationale du Génie Rurale, des Eaux et Forêts (ENGREF)
      - le Centre National de Formation Forestière
      - l’Ecole Nationale d’Architecture
      - l’Ecole Nationale d’Agronomie et des Industries Agro-alimentaires (ENSAIA)
      - l’Ecole Nationale d’Agriculture
      - une Ecole Nationale de Chimie (ENSIC)
      - une école de cinéma
      - un centre IRIS
      - un centre INRA
      - le centre national de pédologie
      - une technopôle

      Nancy est une des villes les plus dynamiques de France. En prime on y recense 200 ateliers d’artistes pour 105000 habitants, ainsi qu’un nombre de bars et salles de concerts très respectables.

      Il faut sortir de temps en temps.

      • Rivendell
        Rivendell répond à MarxForEver
        Toléré par [censored] Guéant.
        • Posté à 22h39 le 03/06/2012
        • Internaute 102483
          Toléré par [censored] Guéant.

        « Il faut sortir de temps en temps. »

        Sous-entendu : de Paris.

      • Ô triste riz digne
        Ô triste riz digne répond à MarxForEver
        Autist-Hulk : mariage pour eux
        • Posté à 23h00 le 03/06/2012
        • Internaute 48716
          Autist-Hulk : mariage pour eux

        + 1 formidable salon du livre courant septembre (le 2e après paris)

         
        • MarxForEver
          MarxForEver répond à Ô triste riz digne
          L'argent n'existe pas
          • Posté à 23h10 le 03/06/2012
          • Internaute 124072
            L'argent n'existe pas

          Et le NJP avec son magic circus !

        • Jinxy
          Jinxy répond à Ô triste riz digne
          Etudiant
          • Posté à 14h16 le 04/06/2012
          • Internaute 50803
            Etudiant

          Si vous parlez en termes d’affluence, le 2e évènement sur le livre, c’est en fait le festival d’Angoulême, tous festivals confondus. En ce qui concerne les événements dits généralistes (littérature, BD, occasion etc.), c’est le festival « La comédie du Livre » (de Montpellier) qui remporte la palme.

        2 autres commentaires
      • AnarchoStalinien
        AnarchoStalinien répond à MarxForEver
        Plus de provocations !
        • Posté à 23h11 le 03/06/2012
        • Internaute 171029
          Plus de provocations !

        Beaucoup ne connaissent de Nancy qu’une image d’Epinal !

      • Gérard Manhut Aussichot
        • Posté à 00h10 le 04/06/2012
        • Internaute 167544

        QUOI ! ! ! ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

        Et LA PRINCIPALE ? ? ? ? ? ?

        MAI Music Academy International

        Music Academy International Nancy

        Avec comme profs de guitare ( entre autres ) des pointures comme :
        Patrick Rondat et Yannick Robert ! ! !

        Ah, là, là....

         
        • MarxForEver
          MarxForEver répond à Gérard Manhut Aussichot
          L'argent n'existe pas
          • Posté à 00h44 le 04/06/2012
          • Internaute 124072
            L'argent n'existe pas

          Autant pour moi !

          C’est çà de ne fréquenter que des zicos qui n’ont jamais appris à jouer ; -)

          • Gérard Manhut Aussichot
            • Posté à 00h57 le 04/06/2012
            • Internaute 167544

            C’est bon pour une fois, hein

            A la prochaine, c’est écoute forcée de l’intégrale de Mireille Matthieu SANS pause entre les morceaux.

        • Bob Moog
          Bob Moog répond à Gérard Manhut Aussichot
          Voltage Controlled
          • Posté à 18h30 le 04/06/2012
          • Internaute 136928
            Voltage Controlled

          Patrick Rondat c’est pas le chevelu qui s’est fourvoyé jusqu’à aller jouer avec jean Michel jarre ? Quelle pitié.

        3 autres commentaires
      • Pas lolo
        Pas lolo répond à MarxForEver
        fasciné
        • Posté à 06h27 le 04/06/2012
        • Internaute 29635
          fasciné

        En fait, les écoles d’ingénieurs sont regroupés dans ce qu’ils appellent un Institut national polytechnique, genre d’association assez lâche, comme à grenoble.
        En plus de l’ENSIC il y a l’ENSEM (electromécanique), l’école des Mines de Nancy, une école de brasserie et une autre de géologie me semble-t-il.

        Il y a également l’ICN, école de commerce relativement bien cotée (il y a vingt ans en tout cas) qui avait la vertu d’avoir des frais de scolarité bien en deçà de ses homologues.

      • KayOo
        KayOo répond à MarxForEver
        dans la Forêt Vierge.
        • Posté à 10h36 le 04/06/2012
        • Internaute 121002
          dans la Forêt Vierge.

        Et une ESC où les étudiants ont fameuse réputation : p

      • labrisure
        labrisure répond à MarxForEver
        Personnage exceptionnel
        • Posté à 13h28 le 04/06/2012
        • Internaute 48949
          Personnage exceptionnel

        Si Nancy est l’une des villes les plus dynamiques de France, ça fait peur pour le reste.

        Et au

         
        • MarxForEver
          MarxForEver répond à labrisure
          L'argent n'existe pas
          • Posté à 16h04 le 04/06/2012
          • Internaute 124072
            L'argent n'existe pas

          Il ne vous a sans doute pas échappé que nous vivions à l’époque de la déterritorialisation des activités. Aujourd’hui, on peut émettre ou recevoir du monde entier depuis n’importe quel point du territoire français. Ce phénomène a permis aux métropoles provinciales de prendre leur indépendance culturelle. La France n’est désormais plus un pays centralisé culturellement.

          Les villes de l’est (Strasbourg, Nancy, Dijon, Lyon, Marseilles) bénéficient de leur géographie qui les place dans le couloir où circule le plus grand flux d’idées, de personnes et de marchandises de l’UE.

          Pour sa part, Nancy forme aussi une connurbation avec Metz et Luxembourg.

          A l’inverse, Paris est aujourd’hui à l’écart. Par voie de terre, elle est très éloignée des flux d’activité de l’UE. Elle n’a pas de port maritime. Il ne lui reste que l’avion. De plus l’agglomération parisienne est asphyxiée.

        1 autres commentaires
  • myosotis_lys
    myosotis_lys
    Précaire
    • Posté à 19h13 le 03/06/2012
    • Internaute 89449
      Précaire

    Je suis de Nancy et je suis allée à la fac ici. Je ne sais pas quels locaux elles nettoient, mais c’est toujours propre à la fac. Le ménage y est fait très tôt et tout est propre jusqu’au soir. C’est du boulot et elles sont respectées par les étudiants, j’ai l’impression.

    Elles sont courageuses. J’ai bossé un peu pour cette boîte qui fait les prospectus (comme quoi tous les chemins mènent chez les esclavagistes LOL), c’est pas des tendres.

  • lexcalvin
    lexcalvin
    vendeur de 747 à la sauvette
    • Posté à 19h20 le 03/06/2012
    • Internaute 120064
      vendeur de 747 à la sauvette

    « On parle toujours de gauche, de droite, mais jamais du Front national. Jamais on a été gouverné par eux. Peut-être qu’y aurait du changement. En bien. “

    mais si mais si voyons :)

    la France a été gouvernée par des fascistes pendant quelques années au XXeme siecle, et ça n’a pas marché

    L’Espagne a été gouvernée par des fascistes pendant ‘quelques’ années au XXeme siècle et ça n’a pas marché

    Le Chili a été gouverné par des fascistes pendant ‘quelques’ années au XXeme siècle et ça n’a pas marché

    Pour que ça marche, j’aime

    le progrès social, la liberté d’expression, la répartition du profit entre ceux qui le créent, la défense des salariés contre l’instinct de mort des capitalistes, les élus optant pour l’intérêt commun et non des dominants.

    je n’aime pas

    la torture, la police politique, la propagande, l’emprisonnement arbitraire, la novlangue, la destruction du droit du travail, l’interdiction des syndicats etc

    Je constate que la précarité forge de mieux en mieux de la bête à extrême droite. Des pauvres qui votent pour un parti tenu par un oligarque milliardaire ... Des crocodiles qui votent pour un maroquinier.

    Bonsoir.

    • EdkOb
      EdkOb répond à lexcalvin
      • Posté à 19h35 le 03/06/2012
      • Internaute 85736

      Qui « fabrique » cet électorat FN ?

      Autrement formulée, la question peut se poser ainsi : « Qui lâche les plus précaires, après avoir voté des lois favorisant la précarité ? »

      Poursuivons.

      Les précaires, loin d’être stupides, savent bien qui sont les politiques à l’origine de cette descente sociale.

      Donc, peut-être très naïvement, elles / ils posent l’hypothèse FN.

      Vu que tous les autres les ont depuis longtemps oublié, abandonné, laissé tomber.

      Et c’est là que l’héritière de Saint-Cloud intervient, elle et son bagout.

      Les démunis qui votent FN ne sont pas plus « détestables » que les classes moyennes qui votent PS.
      Les classes moyennes (même si ce « moyennes » ne signifie pas grand chose)sont sensées être plus érudites, plus cultivées, plus instruites que les classes populaires.

      Oui, certes, plus instruites. C’est à se demander à quoi sert ce savoir, hein ?

      Ces classes moyennes ont approuvé tous les traités européens, traités qui ont fabriqués la précarité et l’appauvrissement programmé et inéluctable des plus démunis, de plus en plus nombreux et surtout nombreuses, car ce sont les femmes qui sont les plus nombreuses à être les victimes des politiques libérales, de droite comme de gauche (du PS).

      Et ce sont ces mêmes classes « moyennes » qui disent pis que pendre de tous ces précaires qui vont voter FN ?

      Mais que faisaient donc tous ces instruits, en votant tous les traités libéraux, sinon fabriquer de la précarité ?

      • MarxForEver
        MarxForEver répond à EdkOb
        L'argent n'existe pas
        • Posté à 22h28 le 03/06/2012
        • Internaute 124072
          L'argent n'existe pas

        Mieux instruit ne veut pas dire mieux informé. Pour les instruits comme pour les autres, les informations viennent d’un même système médiatique. En plus, à l’époque du vote des traités, il n’y avait pas internet pour donner la parole aux constestataires.

        Je me souviens encore de Clinton serrant la pince à Hu Jin Tao sur le perron de la Maison Blanche après la signature du traité de libre-échange USA/Chine (= début des délocalisations), certifiant à tout le monde que la Chine allait rendre tout le monde riche grâce à ses 1 milliards de consommateurs. Tous les médias l’ont répété en boucle.

        Je me souviens aussi des économistes de 1991, qui nous expliquaient que maintenant que le capitalisme régnait, on allait tous connaître 50 ans de prospérité (c’est réellement le chiffre qu’ils disaient). Tous les médias l’ont répété en boucle.

        Et les gens y ont cru. En 1991, j’étais allé au service d’orientation universitaire, la conseillère me sortit : « choisissez la filière que vous voulez, il n’y aura plus de chômage quand vous aurez fini vos études » ( ! !)

         
        • Frédéric Maurin
          Frédéric Maurin répond à MarxForEver
          prolétaire
          • Posté à 08h44 le 04/06/2012
          • Internaute 45400
            prolétaire

          C’était l’époque de la Chute du mur de Berlin, de la « Fin de l’Histoire » et des « dividendes de la Paix ». Le traité de Maastricht était voté à l’arraché et nos forces allait défendre la souveraineté du Koweït. J’avais 20 ans moi aussi. Fakir n’existait pas encore...mais déjà le Manifeste en tête...
          Lien

          • Frédéric Maurin
            Frédéric Maurin répond à Frédéric Maurin
            prolétaire
            • Posté à 08h45 le 04/06/2012
            • Internaute 45400
              prolétaire

            ...et les femmes de ménages étaient encore « personnel non enseignant de l’Education Nationale » et non pas « forces vives d’entreprises privées ».

        • EdkOb
          EdkOb répond à MarxForEver
          • Posté à 22h45 le 04/06/2012
          • Internaute 85736

          « Mieux instruit ne veut pas dire mieux informé. »

          Exact. Je dirais même plus con que les précaires qui ne peuvent pas faire autrement que se battre tout le temps pour bosser pour pouvoir manger.
          Et qui n’ont pas le temps de lire la presse « intelligente » qui a vanté et vante la gloire du libéralisme, même la version « douce » propagée par le Nouvel Observateur et Libération.

        3 autres commentaires
      • Anabase
        Anabase répond à EdkOb
        chti
        • Posté à 22h38 le 03/06/2012
        • Internaute 48813
          chti

        la précarité, c’était aussi Chirac, qui a pris en son temps prétexte du chômage, pendant la première cohabitation.

      • lexcalvin
        lexcalvin répond à EdkOb
        vendeur de 747 à la sauvette
        • Posté à 18h21 le 04/06/2012
        • Internaute 120064
          vendeur de 747 à la sauvette

        Accessoirement j’ai voté non à tous ces traités de banquiers, et une majorité de français aussi, en 2005. Tout espoir n’est donc pas perdu :)

        Accuser les classes moyennes pour monter les gens les uns contre les autres ... comme c’est original. C’est vrai qu’il est dur d’expliquer en quoi le FN est un parti de nantis qui traite de bobo tout ceux qui sont critiques à son sujet.

        Qui a besoin en Europe de billets de 500 € ?

        Ah oui, les capitaines d’industrie qui délocalisent, mais à qui nous devons dire merci pour nous jeter quelques miettes du haut de la table.

        Si vous voulez savoir ce qui arrivera à la France si l extrême droite gouverne, il suffit d’aller observer nos voisins à 2h de Paris en Taxi Jet. Sinon on peut prendre la 308 break, ça marche aussi.

         
        • EdkOb
          EdkOb répond à lexcalvin
          • Posté à 23h04 le 04/06/2012
          • Internaute 85736

          Le « non » de 2005 a été nié et détruit.
          Je ne suis pas aussi optimiste.

          Il y a actuellement au pouvoir, des représentants de ce déni de volonté populaire. Donc, pas mieux que sous Sarkozy.

          Et le tout alimente le vote FN.

          Ou le vote FdG qui est bien isolé dans la reconquête des citoyens précaires. Voir l’acharnement du PS à refuser de discuter avec le FdG, préférant se tourner vers le PC pour isoler le Parti de Gauche de Mélanchon ET, suprême saloperie (car c’en est une), appeler à voter « républicain » (donc UMP) en cas de duel UMP-FN.

          Bref, la garce du PS (oui, c’est Aubry) préfère dire qu’elle vote UMP contre le FN, au lieu de chercher un terrain d’entente avec Mélenchon pour éviter ce piège, tout en sachant que Mélenchon ne pose pas de préalable n ide conditions.

          Dire qu’il n’y a pas très longtemps, je soutenais Aubry en tant que membre du PS pour le poste de première secrétaire.

          Je suis un con repenti, de la pire espèce (c’est le moment des aveux !), celle qui ne se fera plus avoir.

          • lexcalvin
            lexcalvin répond à EdkOb
            vendeur de 747 à la sauvette
            • Posté à 23h18 le 04/06/2012
            • Internaute 120064
              vendeur de 747 à la sauvette

            Vous parlez de volonté populaire puis de volonté des oligarques ... il faudrait savoir.

            Que l’Europe et le socialisme français soient des fumisteries, personne n’en doute, pour autant je ne vais pas voter FN parce qu’un pit bulldozer de cité m’a mordu.

            En l’occurence, dans la cité j’ai bien plus de problèmes avec l’ordure blanche (trad. du white trash us) ivrogne ; décadente, ex ouvrière, qui vote FN à fond mais se déclare apolitique quand on la questionne, qu’avec les reubeu, noirs et autres boucs émissaires.

            Si les gens votent contre leurs intérêts par manque d’information, je ne peux rien pour eux.

            Le plus succulent restant de discuter avec ces fameux électeurs FN, et de les retourner en 10 mn devant la bêtise de leurs arguments. J’en ai qui croient que TF1 & Sarkozy sont de gauche, c’est dire ...

            Quant à Aubry, c’est la digne fille de son papa, un des politiciens les plus maléfiques qui soient, n’ayant rien à voir avec la gauche ou le socialisme théorique.

            L’inventeur de la « désinflation compétitive “ ... un grand européen convaincu. Européen de l’Europe des affaires bien entendu.

            Si les partis politiques qui se disent de gauche n’était pas tant remplie d’imposteurs, peut être que la réflexion serait plus aisée.

        2 autres commentaires
    • John_John
      John_John répond à lexcalvin
      Entrepreneur
      • Posté à 11h48 le 04/06/2012
      • Internaute 118347
        Entrepreneur

      C’est con qu’en France le FN soit moins facho qu’un certain « parti de gauche » ...

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