Aujourd’hui le Brésil 30/05/2012 à 10h40

Au Brésil, Dilma Rousseff part en guerre contre les banques

Aujourd'hui le Brésil"

Thierry Ogier



Une pièce de monnaie brésilienne (YASUYOSHI CHIBA/AFP)

(De Rio) C’est peut être le plus grand des travaux de Dilma Rousseff : mettre au pas le secteur financier, accusé depuis longtemps de pratiquer des marges abusives. Dans la foulée, le ministre des Finances, Guido Mantega, a annoncé qu’il donnait un mois aux banques privées pour réduire leurs taux d’intérêt de 30% à 40%.

A sa manière, la présidente brésilienne n’y est pas allée par quatre chemins et n’a pas hésité à confronter directement les banques. Pour l’instant, celles-ci font le dos rond, mais le tour n’est pas joué. Si elle parvient à ses fins, cela se révélera une prouesse qu’aucun de ses prédécesseurs n’a pu réaliser.

Au début, on n’y avait guère prêté attention. Dès sa victoire en octobre 2010, puis lors de son investiture trois mois plus tard, Dilma Rousseff s’était engagée à faire « converger les taux d’intérêt vers la moyenne internationale ».

Un discours au ton jugé presque protocolaire. Avec des accents de mission impossible, dans un pays qui souffre depuis longtemps de taux d’intérêts exorbitants – actuellement de l’ordre de 45% par an pour le crédit consommation, ou de 174% pour les découverts.

Puis à la veille du 1er mai, les téléspectateurs voient Dilma adopter un ton particulièrement agressif :

« Il est inadmissible que le Brésil, qui dispose d’un des systèmes financiers les plus solides et des plus lucratifs au monde, ait toujours des taux d’intérêt qui figurent parmi les plus élevés au monde. »

Et Dilma de condamner « la logique perverse » du système financier qui oblige consommateurs et entreprises à se soumettre à des pratiques jugées abusives.

Sus aux « spreads »

Le coût du crédit au Brésil, qui figure parmi les plus élevés au monde, relève de l’histoire de fou.

Flashback : pour dompter l’hyperinflation, le Brésil lance en 1994 une nouvelle monnaie, le real, accompagné de mesures de stabilisation. Le loyer de l’argent devient très élevé. Les banques, qui perdent une source de revenu facile avec la fin de l’inflation galopante, en rajoutent une bonne couche : le « spread », à savoir la différence entre la valeur à laquelle elle emprunte de l’argent, et celle à laquelle elle prête à ses clients.

Or, ces fameuses marges restent extraordinairement élevées au Brésil : 26,5% en moyenne, selon la Banque centrale.

Le gouvernement s’impatiente, d’autant plus que les taux de base de la banque centrale ont bel et bien chuté au cours des derniers mois. Les critiques contre les banques se multiplient alors, afin qu’elles réduisent leurs marges.

Placée sur la défensive, la Fédération des banques (Febraban) remet une liste de vingt revendications au ministère des Finances pour réclamer des baisses d’impôt ou autres. Et son président Murilo Portugal d’ajouter, satisfait : « La balle est dans le camp du gouvernement ! » – le genre de remarque qui fait bouillir du côté du palais du Planalto.

Autre gaffe : le chef économiste Rubens Sardenberg tente de justifier techniquement la taille des marges bancaires, mais conclut son rapport par une remarque jugée désobligeante.

En fait, il s’était simplement inspiré d’un vieux dicton anglais : « You can lead a horse to water but you can’t make him drink », ce qui signifie que l’on peut bien montrer aux gens comment il faut faire les choses, mais on ne peut pas les y obliger. Pas très spirituel, selon Dilma…

Officiellement, la Febraban se rétracte. Le gouvernement utilise alors les grandes banques publiques, Banco do Brasil et Caixa Econômico Federal, pour tenter de forcer la baisse des taux en faisant jouer la concurrence. Depuis, plusieurs grandes banques ont annoncé une baisse de leurs taux d’intérêt – même si, dans le même temps, certaines n’ont pas hésité à relever leurs tarifs bancaires.

Bras de fer

En tout cas, le bras de fer est engagé. La banque centrale doit continuer à baisser ses taux de base, mais les banques estiment que leur marge de manœuvre est limitée par la montée des impayés. De son côté, le gouvernement affirme désormais ouvertement que leurs marges sont (trop) confortables.

Si cela marche, ce sera un si joli coup que cela deviendra sans doute la marque de Dilma. La mesure qui va marquer son premier mandat, comme le plan real avait collé à la peau de Fernando Henrique Cardoso dans les années 90. Et qui pourrait lui permettre de déblayer le terrain en vue d’une éventuelle réélection.

En revanche, si la mesure dérape et prend des accents populistes, ce bras de fer peut se retourner à terme contre le consommateur lui-même. Sans compter les éventuelles retombées négatives en matière de financement des campagnes électorales pour le parti de Dilma.

Mais pour l’instant, une écrasante majorité de la population brésilienne, lassée de payer des taux d’intérêt parfois qualifiés de « pornographiques », soutient cette offensive contre les banques.

MERCI RIVERAINS ! Lem87
Publié initialement sur
Aujourd'hui le Brésil
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  • Cestclair
    Cestclair
    Il ya un loup
    • Posté à 11h02 le 30/05/2012
    • Internaute 186981
      Il ya un loup

    Les brésiliens pratiquent des taux... grecs...

  • zé ninguem
    zé ninguem
    lecteur
    • Posté à 11h12 le 30/05/2012
    • Internaute 103600
      lecteur

    C’est honteux la façon dont les banques volent la population au Brésil. Les multinationales dans les pays émergeants sont comparativement des enfants de coeurs à coté de bandits. La seule voie possible serait de faire jouer la concurrence avec les banques publiques. Mais ces banques sont dites publiques, mais elles fonctionnent comme les banques privées, dans le même environnement. Dilma s’attaque à fort partie, à mon sens beaucoup plus fort qu’elle. Elle a deux obstacles majeurs : Un contexte international où on a vu et vérifié que la finance est intouchable, et un démocratie jeune et fragile que les élites financières brésilienne savent manipuler avec la force si nécessaire. Le grand stratège Lula n’avait pas voulu engager cette guerre qu’il savait par avance perdue.

    • BobCat
      BobCat répond à zé ninguem
      observateur
      • Posté à 19h20 le 30/05/2012
      • Internaute 71310
        observateur

      « ces banques sont dites publiques, mais elles fonctionnent comme les banques privées ... Dilma s’attaque à forte partie »

      C’est aussi ce qui attend François Hollande, mais au niveau européen.

      Ce qu’il faudrait faire comme parallèle serait la notion de :

      « “ spread ”, à savoir la différence entre la valeur à laquelle elle emprunte de l’argent, et celle à laquelle elle prête à ses clients »

      Voilà la réalité entre la BCE et les banques privées, auprès de qui les lobbies des banques privées européennes (et les chefs d’état corrompus de la droite décomplexée) ont obligé les états à emprunter, au lieu de s’adresser directement à la BCE ! Les taux d’intérêt passent alors de 1% (BCE/Banque privée) à 8% (Banque privée/Irlande) et ...

      « avec un taux d’intérêt officiel à 32%, il va de soi que la Grèce ne peut plus se financer du tout sur les marchés. Et pour longtemps. »

      ...ce n’est pas de moi, c’est de « Karine Berger » Lien

      Vaste partie de plaisir en perspective pour « Möessieu » le Président !

      • zé ninguem
        zé ninguem répond à BobCat
        lecteur
        • Posté à 22h03 le 30/05/2012
        • Internaute 103600
          lecteur

        Je partage votre analyse . Je pense qu’au Brésil c’est plus difficile qu’en Europe. Le capitalisme et la finance y sont « sauvages » comme on dit.

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 11h40 le 30/05/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Dilma mieux que Lula ?
    Ca serait trop bon, pour tous ceux qui se sont un peu vite félicités des courbettes de celui ci à l’économie de marché, et de la prétendue fadeur incompétente de Dilma.
    Le Brésil peut le faire, tout du moins oser se le permettre, on verra un peu plus tard pour le vrai résultat, car il a sa puissance montante pour lui.

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à Joseph Gratteur
      non connue
      • Posté à 11h42 le 30/05/2012
      • 185266
        non connue

      faut d’abord s’armer d’abord contre celle sale race suceuse de sang...

      • Samuel Vimaire
        Samuel Vimaire répond à Bernardo Zorro-
        Dipolmate morporkien.
        • Posté à 11h47 le 30/05/2012
        • Internaute 140339
          Dipolmate morporkien.

        Le symbole religieux ne fonctionne pas, pas plus que les saintes écritures, le pieu doit être en bois.

        Trancher la tête ou enflammer restent les techniques les plus efficaces contre les vampires...

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à Samuel Vimaire
          non connue
          • Posté à 11h50 le 30/05/2012
          • 185266
            non connue

          il parait que quand on les prive de sang ils le vivent très mal aussi...
           : -)

          • Joseph Gratteur
            Joseph Gratteur répond à Bernardo Zorro-
            Working class bléro
            • Posté à 11h53 le 30/05/2012
            • Internaute 164574
              Working class bléro

            L’église est le second problème du Brésil après le capitalisme...

            • Bernardo Zorro-
              Bernardo Zorro- répond à Joseph Gratteur
              non connue
              • Posté à 11h57 le 30/05/2012
              • 185266
                non connue

              bah tu vois une différence entre les deux toi ?

              • Joseph Gratteur
                Joseph Gratteur répond à Bernardo Zorro-
                Working class bléro
                • Posté à 12h00 le 30/05/2012
                • Internaute 164574
                  Working class bléro

                Il y en a au moins l’un des deux qui est charitable -enfin c’est dans leurs arguments de vente, je n’ai pas eu l’occasion de le vérifier -.

                • Bernardo Zorro-
                  Bernardo Zorro- répond à Joseph Gratteur
                  non connue
                  • Posté à 12h08 le 30/05/2012
                  • 185266
                    non connue

                  « charité bien ordonnée commence par soi » ça y est le « problème » est résolu... : -)

          • Samuel Vimaire
            Samuel Vimaire répond à Bernardo Zorro-
            Dipolmate morporkien.
            • Posté à 12h00 le 30/05/2012
            • Internaute 140339
              Dipolmate morporkien.

            Oui, mais ça ne les tue pas, ils tombent dans un état de torpeur et peuvent être réveillés si on leur fait boire à nouveau du sang...

            • Bernardo Zorro-
              Bernardo Zorro- répond à Samuel Vimaire
              non connue
              • Posté à 12h07 le 30/05/2012
              • 185266
                non connue

              quelle ressemblance frappante quand même ! : -)

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à Samuel Vimaire
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 18h46 le 30/05/2012
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              Il paraît que le Vampirisme est une authentique maladie.
              Une carence énorme en fer, je crois, mais je demande à voir

              - Il doit bien y avoir des documents là-dessus : j’vais chercher.

              Problème : Vraie maladie, mais extrêmement rare...
              Vu qu’elle n’est que maladie orpheline, la Sécu s’en fout !

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Samuel Vimaire
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 18h42 le 30/05/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « Le symbole religieux ne fonctionne pas, pas plus
          que les saintes écritures, le pieu doit être en bois
           ».

          Et les « têtes de bois » doivent être pieux !
           ; -))

        9 autres commentaires
      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Bernardo Zorro-
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 18h09 le 30/05/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Tu n’as pas pensé à la gousse d’ail ? .... elle manque à ta trousse !

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à Yvon le Zébulon
          non connue
          • Posté à 18h14 le 30/05/2012
          • 185266
            non connue

          ah oui tiens il semblerait, pourtant je me disais qu’elle devait bien y être au mileiu de tout ce bordel...

          Faut avouer que la gousse d’ail c’est bien trouvé de la part des curés : » Bouffez de l’ail comme ça vous ne vous ferez pas attaquer par des vampires ! (surtout comme ça ils sont pas prêt de baiser les gens qui se gavent d’ail.. ^^)

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à Bernardo Zorro-
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 18h40 le 30/05/2012
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            On devrait y ajouter du concombre aussi...ça fait roter.
            Réussir à baiser après un « renvoi » au concombre, bonjour !
             ; -))

        2 autres commentaires
  • Bernardo Zorro-
    Bernardo Zorro-
    non connue
    • Posté à 11h37 le 30/05/2012
    • 185266
      non connue

    « En revanche, si la mesure dérape et prend des accents populistes, ce bras de fer peut se retourner à terme contre le consommateur lui-même. Sans compter les éventuelles retombées négatives en matière de financement des campagnes électorales pour le parti de Dilma. »

    J’ai topé votre article parce que vous abordez enfin un sujet touchant le coeur de l’information la plus brûlante mais où se trouve le problème ? Comment pourrait elle échouer ? Qui dirige les politiciens ou les financiers ?

    Les banques sont en train de faire crever les peuples du monde entier afin de continuer à s’enrichir à plus de 30% par an mais pourquoi ? Dans quel intérêt laisse t’on s’accomplir cette épuration ? Les banques et l’oligarchie financière n’ont aucune légitimité pour imposer quoique ce soit aux peuples, même à ces crétins d’anglais qui leur ont tout donné et pas assez pour les pourris malgré tout, il serait temps de remettre les choses à l’endroit un peu, la corruption mondiale doit s’effacer devant l’indécence que représente l’agonie des peuples !

    • pablico
      pablico répond à Bernardo Zorro-
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 13h50 le 30/05/2012
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      dans une crise, dans une bagarre, ce qui est bien, c’est de localiser, de trouver dessuite l’ENNEMI
      et pas se perdre comme l’on fait en Europe..pour suivre l’idéologie, en tapant sur tout sauf le coupable agresseur voleur....

      NE PAS SE TROMPER D’ENNEMI !

      • Bernardo Zorro-
        Bernardo Zorro- répond à pablico
        non connue
        • Posté à 13h58 le 30/05/2012
        • 185266
          non connue

        Bravo pablico, savoir discerner son ennemi est indispensable, c’est juste ce qu’il manque aux indignés qui ont tendance à mettre tout le monde dans le même panier par manque de connaissance. A qui profite le crime ? On le sait tous parfaitement...

  • EdkOb
    • Posté à 11h53 le 30/05/2012
    • Internaute 85736

    Bon, il y a beaucoup à dire sur le Brésil.
    Du bon, du nuancé et du médiocre.

    Sauf que là, c’est limpide.

    Il est temps que des politiques saisissent l’ampleur de la guerre économique actuelle, et y réagissent en conséquence sur le même mode.
    Les peuples sont prêts, ils n’ont rien à perdre, les financiers leur ont déjà tout volé.

    Si seulement cela pouvait donner des idées à notre nouveau président...

  • miakhi
    miakhi
    ni frigide ni barjot
    • Posté à 12h03 le 30/05/2012
    • Internaute 168781
      ni frigide ni barjot

    Le moyen d’action ? Des banques publiques.
    A quand des banques publiques en France ?

  • A. Vocado
    A. Vocado
    en questionnement
    • Posté à 12h14 le 30/05/2012
    • 182849
      en questionnement

    En ce moment se joue une autre grande bataille politique au Brésil : la réforme du code forestier. Assouplissant les règles de préservation de la forêt vierge dans les propriétés agricoles d’Amazonie, le nouveau code forestier risquait d’augmenter de près de 50% la déforestation d’ici à 2020 ! ! !
    Lien

    Et Dilma Youssef a posé son veto partiel il y a 4 jours à ce projet terrible de réforme du code forestier de 1965 protégeant l´Amazonie...
    Lien

    Bravo à Dilma Youssef pour ce veto, meme s´il n´est pas total !
    Sinon ca l´aurait foutu mal pour accueillir Rio 2020 en meme temps...

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 12h42 le 30/05/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    Il y a aussi le combat à l extérieur des frontières et notre argent de la BCE :

    « La BCE injecte des milliards aux banques

    Le mécontentement s’est accentué lorsque la Banque centrale européenne a annoncé jeudi 1er mars l’octroi de crédit de plus de 500 milliards d’euros à 3 ans, au taux fixe de 1% aux banques européennes. Pour la seconde fois, la BCE accorde des crédits à taux bas aux banques qui, faute de rembourser les États, réinjectent l’argent dans le système bancaire. Cette facilité s’ajoute aux politiques monétaires accommodantes des États-Unis, du Japon et du Royaume-Uni.
    La chef de l’État brésilienne a dénoncé une “ guerre des monnaies qui s’appuie sur une politique monétaire expansionniste qui fausse les règles de la concurrence ”. Cet afflux financier se dirige droit vers le Brésil, depuis plus d’un an, contribuant à la surévaluation du real et nuisant à la compétitivité de l’industrie brésilienne. Pour éviter la contagion, le gouvernement a introduit une taxe de 6% sur les emprunts des entreprises étrangères à court et moyen terme pour essayer d’enrayer le surenchérissement de la monnaie. Lors de son allocution, Dilma Rousseff a indiqué qu’“ au lieu d’avoir recours à des politiques fiscales pour investir dans leurs propres économies dans le but d’éviter la crise, les pays riches ont répandu 4.700 milliards de dollars dans le monde avec pour seul effet d’empirer les problèmes, mettant ainsi les marchés émergents en danger ”. “

    ‘Un geste fort qui témoigne de la préoccupation de Brasilia à l’égard du ralentissement de l’activité économique, et qui confirme que la banque centrale, théoriquement indépendante, est de plus en plus alignée sur les objectifs de croissance du gouvernement. Avant même l’annonce de la décision de l’institut d’émission, son président, Alexandre Tombini, assurait que la croissance allait retrouver une trajectoire ascendante tout au long de l’année. Sans montrer de préoccupation excessive à l’égard de l’inflation, qui reste relativement élevée au Brésil - le taux d’inflation est supérieur à 6 % -, et à l’envolée des prix du pétrole.
    Dilma Rousseff, est d’ailleurs montée au créneau contre le tsunami monétaire ’ déclenché par les pays riches, cette semaine. Elle a évoqué, lors d’une rencontre avec Angela Merkel, mardi dernier à Hanovre, les périls la ‘ désindustrialisation et la volonté d’associer la consommation intérieure à la relance’.

    Sans une baisse des crédits à la consommation, c’est mort.

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à huutaa
      non connue
      • Posté à 14h00 le 30/05/2012
      • 185266
        non connue

      oui mais le crédit aux états garantie au moins 30% d’enrichissement de plus aux milliardaires et comme ce sont ces derniers qui semblent donner les ordres à nos politiciens si personne ne les y obligé ils préfèreront sans aucun problème comme en Grèce, laisser crever les gens...

      • huutaa
        huutaa répond à Bernardo Zorro-
        Même pas avec des pincettes.
        • Posté à 17h38 le 30/05/2012
        • 183774
          Même pas avec des pincettes.

        C’est bien ce que dit la réaction de Dilma Roussef, elle replace l’économie dans la politique et renvoie bouler les banquiers, c’est le premier point.
        le second point c’est que l’argent donné aux banques européennes par la BCE part dans dans des investissements dans les états émergents et supprime donc tout idée de relance à l’intérieur de la zone euro.

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à huutaa
          non connue
          • Posté à 18h18 le 30/05/2012
          • 185266
            non connue

          elle te donne pas envie cette amérique latine... ? : -)

          Franchement ça bouge, ça évolue beaucoup là bas, même si les américains et les oligarques locaux tentent tout pour conserver la main...

          • huutaa
            huutaa répond à Bernardo Zorro-
            Même pas avec des pincettes.
            • Posté à 20h23 le 30/05/2012
            • 183774
              Même pas avec des pincettes.

            Quand je pense voyage j’´écarte toujours l’Amérique Latine parce qu’aucune image ne me vient. Je ne suis pas inspiré.
            Mais je reconnais de plus en plus que oui elle me donne envie.
            Et dire que ces cons de socialistes se sont tournés vers l’Angleterre de Blair pour refonder le socialisme national.
            Putain, là, les bras m’en tombent.

            • Bernardo Zorro-
              Bernardo Zorro- répond à huutaa
              non connue
              • Posté à 09h30 le 31/05/2012
              • 185266
                non connue

              j’ai lu qu’à partir de 45 ans le cerveau commençait à dégringoler, sachant qu’en europe la moyenne d’age des décideurs doit être de 70 ans je pense de plus en plus que c’est l’age qui nous tue ce qui quelque part semble normal... ^^

              • huutaa
                huutaa répond à Bernardo Zorro-
                Même pas avec des pincettes.
                • Posté à 09h32 le 31/05/2012
                • 183774
                  Même pas avec des pincettes.

                Tu dis ça pour me remonter le moral ?

                • Bernardo Zorro-
                  Bernardo Zorro- répond à huutaa
                  non connue
                  • Posté à 09h40 le 31/05/2012
                  • 185266
                    non connue

                  désolé c’est que ça m’inquiète, d’autant quand je lis l’évolution de certains pseudos sur ce site, ça a l’air vrai ce truc et ça frappe aussi les esprits progressistes, oui je suis pas tranquille, désolé de te faire partager mon angoisse... ^^

                  • huutaa
                    huutaa répond à Bernardo Zorro-
                    Même pas avec des pincettes.
                    • Posté à 09h48 le 31/05/2012
                    • 183774
                      Même pas avec des pincettes.

                    Bon d’accord.

        6 autres commentaires
  • Multicul
    Multicul
    Bobo
    • Posté à 13h37 le 30/05/2012
    • Internaute 187579
      Bobo

    C’est pas Flamby qui ferait ça

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à Multicul
      non connue
      • Posté à 14h02 le 30/05/2012
      • 185266
        non connue

      quand à sarkozy ça fait trois semaines qu’il aurait signé un chèque en blanc aux banques...

      Oui en europe nos politiciens semblent totalement corrompus par le milieu de la finance...

  • Grandloup74
    • Posté à 14h44 le 30/05/2012
    • Internaute 34650

    Les banquiers brésiliens, comme les autres, d’ailleurs, appliquent une stratégie extra nationale qui est celle du profit et des intérêts des puissances financières mondiales. Ils n’ont que faire du bien être des habitants du pays dans lequel ils sévissent. Le Brésil, c’est tout le contraire. Ils sont donc obligés de lutter contre leurs banques, soutenues pas la finance mondiale qui ne veut absolument pas que l’exemple brésilien de réussite sociale aboutisse. Ca pourrait donner des idées à d’autres pays en prouvant que c’est possible. Les états capitalistes, inquiets, (vous devinez lesquels) feront tout pour faire échouer cette expérience. Pour l’instant, par le seul jeu des banquiers. Si la Présidente Brésilienne réussit, je ne serais pas étonné de voir une « révolution » téléguidée, ou autre attentat tout autant téléguidé, survenir afin de donner une mauvaise image du régime, voire le faire capoter. Car le monde soit disant libéral, vous savez, celui qui prône la libre concurrence, ce monde là, n’admet la concurrence que lorsque c’est lui qui l’emporte. Sinon, il ne joue plus et se met à tricher.

  • Gringo65
    Gringo65
    Rabatteur de merlus
    • Posté à 14h53 le 30/05/2012
    • Internaute 93849
      Rabatteur de merlus

    « Guido Mantega, a annoncé qu’il donnait un mois aux banques privées pour réduire leurs taux d’intérêt de 30% à 40%. »

    Une réduction qui a sa place dans la rue des petites perles du Canard...

  • Slee
    Slee
    Homme
    • Posté à 16h22 le 30/05/2012
    • 179176
      Homme

    Le crédit à la consommation est au Brésil le nerf de la guerre pour les banques. Les Brésiliens consomment beaucoup et le plus souvent à crédit. Les banques vont dans un premier temps tenter un bras de fer, mais le Brésil imprime sa monnaie. A terme le Brésil pourra faire peser le poids de la nationalisation du secteur Bancaire comme cela est en cours dans bon nombre de pays d’Amérique latine. L’amérique latine après avoir beaucoup souffert, réorganise une politique keynésienne étendue pour sécuriser les bases fortes de son économie. Accords transnationaux avec la Chine, la Russie, le Mexique, l’Iran mais qui n’est pas en reste non plus du coté de l’Afrique.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h08 le 30/05/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    (De Rio) «  C’est peut être le plus grand des travaux de Dilma Rousseff : mettre au pas le secteur financier, accusé depuis longtemps de pratiquer des marges abusives ».

    Que Diable attendons nous pour en faire autant chez nous ! ! !
    Aujourd’hui, le Brésil est un Pays qui se retrouve une belle période de croissance.

    Il faudra que les Banquiers comprennent qu’ils sont à la disposition du pays et de la politique que l’on y conduit, et que les politiques qui leur ont quelque temps laissé les pleins pouvoirs, sont en mesure de se les faire restituer.

    En ce moment, ce qui se passe dans le monde de la haute finance est tellement à contresens du réalisme économique et social, qu’on en arrive à se demander si les banques ne soudoient pas tout simplement nos élus !

    Il n’y a rien d’acceptable dans le fait de « prêter du Vent » au taux de 6 à 8 % aux Etats - à charge pour les pauvres de ces états à en assurer le remboursement...
    ...alors qu’on pourrait tout simplement leur imposer un taux d’intérêt maximum qui reste dans la limite du raisonnable, c’est à dire de la prise de risque.

    C’est comme ces fameux crédits révolving au taux usuriers de 17 à 19 % consenti aux plus modestes de façon à les enferrer davantage dans la debâcle, et les transformer en esclaves financièrement tenus par le museau de la dette.
    - Christine Lagarde a jadis refusé de toucher à ce truc infâme en prétendant pif en l’air, que ce refus allait dans le sens de l’aide aux plus pauvres incapables d’acheter cash, ne serait-ce que de quoi nourrir leurs familles.

    La même Christine Lagarde qui a dit aux Grecs de penser aux affamés des pays d’Afrique noire et de payer solidairement leurs impôts, au lieu de râler contre les banques. Et dire qu’elle est à présent directrice plein-pouvoir du FMI ....
    - Ministre des finances chez nous sous Sarko, elle avait dit que la crise était terminée et qu’elle était désormais « derrière nous ». Quel talent, quelle compétence !

    • Bernardo Zorro-
      Bernardo Zorro- répond à Yvon le Zébulon
      non connue
      • Posté à 18h20 le 30/05/2012
      • 185266
        non connue

      « Que Diable attendons nous pour en faire autant chez nous ! ! ! “

      Un dirigeant avec des couilles et non un de plus qui se couche devant le pouvoir du pognon...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Bernardo Zorro-
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 18h52 le 30/05/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Quelqu’un dont la main ne tremblera pas : Comme Mélenchon !
         ; -))

        Même si on sait qu’au Brésil, les transexuels (elles) sont nombreux, on peut supposer quand même que Dilma Rousseff est une femme ... mais qui en a !

        Je n’ai quand même pas l’impression que chez nous, nous ayions
        des femmes suffisamment ’couillues’ pour s’attaquer aux banques.
        - Même Martine Aubry ferait comme tout le monde, ...elle suivrait...

        ( Je ne parle pas de Marine qui a juste les couilles de son papa )

         
        • Bernardo Zorro-
          Bernardo Zorro- répond à Yvon le Zébulon
          non connue
          • Posté à 18h56 le 30/05/2012
          • 185266
            non connue

          Ils croulent moins sous le poids du conservatisme en amérique latine, les gens y sont progressistes...

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à Bernardo Zorro-
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 19h00 le 30/05/2012
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            A voir !
            Avec la montée du Tee-Party, j’ai quelques doutes.

            J’en aurais quand même la preuve si Obama est réelu,
            parce que des bâtons dans les roues, on lui en met des tonnes à chaque fois qu’il veut instaurer une législation favorable aux pauvres, même sur le plan de la santé publique.

            • Bernardo Zorro-
              Bernardo Zorro- répond à Yvon le Zébulon
              non connue
              • Posté à 09h28 le 31/05/2012
              • 185266
                non connue

              amerique latine yvon, amérique latine, le tea party ne peut se développer que dans nos vieilles démocraties de rentiers telles les etats unis et l’europe...

              • Yvon le Zébulon
                Yvon le Zébulon répond à Bernardo Zorro-
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                • Posté à 09h31 le 31/05/2012
                • Internaute 65781
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                Oups ! ... le mot « Latine » m’avait échappé, dans ton post.

                Qu’est-ce que je suis distrait lorsque mon esprit est obnubilé !
                 ; -))

        5 autres commentaires
  • inconnuaubataillon77
    inconnuaubataillon77
    euh... cadre ?
    • Posté à 03h41 le 31/05/2012
    • Internaute 167724
      euh... cadre ?

    Bon, les réactions sont unanimes. Il faut tuer les banquiers. Peut être.
    Le spread est censé entre autres représenter le coût du risque, dommage que l’article ne donne aucune indication sur celui-ci, afin de pouvoir déterminer quelle est la marge des banquiers dans cette affaire. Sans cela, aucune conclusion possible, et toute réaction n’est qu’idéologique.
    A t on ces donnees ?

    • doudou9174
      doudou9174 répond à inconnuaubataillon77
      mes deux phares dans la nuit
      • Posté à 09h09 le 31/05/2012
      • Internaute 140131
        mes deux phares dans la nuit

      bien sur qu’il faudrait rentrer dans le détail , mais il faut bien reconnaitre qu’une trés faible partie de la population ( protégé par les polices/l’armée ) [plus] leurs éxécutants en dégradé ( les décideurs, politco/juridico/économico/administratif )
      s’accaparent BEAUCOUP BEAUCOUP TROP , illégitimement par rapport a la trés grande majorité .
      ça 20/25 ans que ce phénoméne c’est amplifié , la population mieux informée par internet ( que les gouvernants ont ORDRE de juguler le plus possible ) ,
      en est réellement consciente sans en savoir la[ véritable ] démesure assassine

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 22h20 le 31/05/2012
    • Internaute 41511
      -

    Jeudi 31 mai 2012 :

    Espagne : les investisseurs ont sorti 97 milliards d’euros au premier trimestre, un record historique.

    Le volume des capitaux retirés d’Espagne par les investisseurs pour les placer à l’étranger a atteint un niveau record au premier trimestre, à 97 milliards d’euros, selon les chiffres publiés jeudi par la Banque d’Espagne qui reflètent l’inquiétude que suscite cette économie.

    Ce chiffre marque un record depuis le début de la série statistique, lancée en 1990, et signifie qu’investisseurs espagnols et étrangers ont préféré se tourner vers l’extérieur pour placer leurs fonds.

    En comparaison, au premier trimestre 2011, l’Espagne avait enregistré un solde positif de 20,89 milliards d’euros de sa balance financière, qui n’inclut pas les placements de la Banque d’Espagne.

    Sur le seul mois de mars 2012, la sortie des capitaux s’est accentuée, l’Espagne enregistrant là aussi un record avec une fuite nette vers l’étranger de 66,2 milliards d’euros, contre un solde positif de 5,38 milliards en mars 2011.

    Au premier trimestre, ce sont avant tout les opérations interbancaires qui plombent la balance financière.

    Ainsi, les investisseurs aussi bien étrangers qu’espagnols ont retiré 75,76 milliards d’euros, notamment en prêts et dépôts, pour les investir à l’étranger.

    Les investisseurs ont également retiré 34,38 milliards d’euros placés dans les portefeuilles, d’actions et de titres de dette du pays, pour les transférer à l’étranger.

    La Bourse de Madrid a ainsi perdu près de 29% depuis le début de l’année, et le volume de dette publique détenue par des investisseurs étrangers n’atteignait plus que 37% en avril 2012, contre 53,7% il y a un an.

    (Dépêche AFP)

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