Explicateur 26/05/2012 à 13h05

Pourquoi le sauvetage de Bankia va-t-il coûter aussi cher ?

Laurent Mauriac | Cofondateur Rue89


Jose Ignacio Goirigolzarri, PDG de Bankia, lors d’une conférence de presse samedi (Dani Pozo)

19 milliards d’euros, c’est le montant record, à l’échelle du secteur bancaire espagnol, de l’appel au secours adressé ce vendredi au gouvernement par Bankia, la quatrième banque du pays.

Cette somme s’ajouterait à une aide publique de 4,5 milliards d’euros débloquée le 9 mai. Le gouvernement espagnol, qui a nationalisé la banque, s’attendait à une enveloppe supplémentaire ne dépassant pas 9 milliards d’euros, mais s’est engagé à apporter tous les fonds nécessaires à Bankia. La banque a également révélé une perte de près de 3 milliards d’euros en 2011 après un réexamen de ses comptes, et non un bénéfice de 309 millions comme annoncé auparavant.

Pourquoi la facture du sauvetage atteint-elle un montant aussi élevé ? En bonne partie à cause des ravages provoqués par l’éclatement de la bulle immobilière en Espagne : ce marché s’était emballé avant de plonger en 2007.

La banque, très exposée dans ce secteur, croule sous les actifs risqués. Bankia détient un portefeuille immobilier de 37,5 milliards d’euros, mais 85% de ce portefeuille présente une valeur susceptible d’être revue à la baisse, des créances douteuses (crédits risquant de ne pas être remboursés), des logements saisis...

Tout le secteur bancaire espagnol est en crise

Mais l’établissement fait partie de ceux qu’on ne peut laisser faire faillite, ceux qui sont « too big to fail ». Elle détient environ 10% des dépôts bancaires du pays. Elle est donc considérée comme une banque « systémique », ne pouvant pas faire faillite sous peine de contaminer tout le secteur. C’est pourquoi l’Etat s’est porté garant de son sauvetage.

Au-delà de Bankia, c’est tout le secteur bancaire espagnol qui est en crise, ce qui pourrait contraindre l’Espagne à demander une aide internationale.

« A l’heure actuelle, 60% des créances immobilières détenues par les banques sont douteuses », explique sur le site de France 24 Pascal de Lima, économiste spécialiste du secteur bancaire et enseignant à Sciences-Po Paris. Soit au total plus de 180 milliards d’euros, prêtés durant les années d’euphorie immobilière (2000-2007), qui pourraient ne jamais être remboursés aux établissements financiers espagnols.

L’ampleur de ces créances douteuses a une conséquence immédiate sur l’économie : les banques doivent augmenter leurs provisions pour faire face aux impayés et, du coup, elles limitent les prêts aux entreprises et aux particuliers, fragilisant encore davantage l’activité économique du pays.

Quand Bankia était « un point de référence »

Ces derniers jours, les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s ont respectivement dégradé les notes de seize et cinq établissements bancaires espagnols. Le Premier ministre, Mariano Rajoy, a mandaté, en fin de semaine, des « experts indépendants » pour réaliser un audit du secteur financier.

Par précaution, le titre Bankia a été suspendu vendredi, dix mois après son entrée à la bourse de Madrid le 20 juillet 2011. A l’époque, son président, Rodrigo Rato, connu pour avoir été ministre de l’Economie et directeur général du FMI, se félicitait que cette introduction représente « un point de référence pour le secteur bancaire espagnol ».

Moins d’un an plus tard, Rodrigo Rato a dû démissionner. La valeur du titre s’est écroulée ne représentant plus que 40% du prix de départ. Bankia devait dévoiler ce samedi dévoile ses « plans d’assainissement et de recapitalisation » lors d’une conférence de presse de son président, José Ignacio Goirigolzarri

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  • MIKY STOUFFS
    MIKY STOUFFS
    médecin U.E.
    • Posté à 17h17 le 26/05/2012
    • Internaute 170502
      médecin U.E.

    La direction ? R. Rato, ancien Directeur Général du FMI ! ! ! Une autre remarque, Amis Français : retenez bien les chiffres du coût des banques (dans bien des pays européens) et la prochaine fois qu’on vous parle du trou de la sécu, vous saurez quoi répondre !

  • surfeur54
    surfeur54
    Toute vérité franchit trois (...)
    • Posté à 17h45 le 26/05/2012
    • Internaute 71320
      Toute vérité franchit trois (...)

    Moi j’aurais écris ceci 19 milliards d’euros d’arnaque public, c’est le montant record, à l’échelle du secteur bancaire espagnol, du raquette organisé par un système bancaire qui n’a pas peur et qui est adressé ce vendredi au gouvernement par Bankia, la quatrième banque du pays. De qui se moque t’on en France les banques n’étaient pas en faillite et ils ont crié au loup ont leur a sorti des milliards et cela continu de plus belle faut arrêté de prendre les gens pour des cons laissons les banques qui font faillites tombé et ça fera un joli nettoyage au finale car elles ont compris le système pour ramasser un max de fric pour continuer leur magouille en tout genre. Pour moi les banques et les banquiers sont des mafias, des mafieux organisés et les assureurs qui font parti de la même familles ne sont pas mieux non plus puisque banque et assurance ne font plus qu’un maintenant !

  • clive
    • Posté à 17h53 le 26/05/2012
    • Internaute 27908

    « L’ampleur de ces créances douteuses a une conséquence immédiate sur l’économie : les banques doivent augmenter leurs provisions pour faire face aux impayés et, du coup, elles limitent les prêts aux entreprises et aux particuliers, fragilisant encore davantage l’activité économique du pays. »

    Aucune mention des plans d’austérité infligés a la population, c’est quand même une conséquence immédiate, non ?
    Parce que d’autres analystes le font, eux, le lien direct entre le sauvetage des banques (privées) sur fond public pris dans les bilans des états et l’accroissement des dettes publiques.
    Question : faut-il sacrifier l’économie et les peuples pour sauver les banques, ou bien sacrifier les banques pour sauver l’activité économique ?
    Comme le gros des pertes (70%) en cas de défaut ou de faillite des banques serait pour les « investisseurs » les plus nantis, l’argument du « to big to fail » n’est rien d’autre que le sauvetage du capital d’une minorité...on peut même imaginer de ne garantir les avoirs des plus modestes...

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 18h57 le 26/05/2012
    • Internaute 121073
      geek

    La banque un monde à part.
    Une entreprise normale non collectivisée fait faillite on la ferme on licencie ,c’est normal même si c’est du qu’à une minorité d’imbéciles.
    Pareil pour un commerce ,un agriculteur, un artisan.
    Une banque non !
    On doit tout fermer tout vendre ,mettre tout ce beau monde trop payé à la porte.
    Il parait qu’en Murcie on manque de cueilleurs de fruits et de légumes ,pour la première fois de leur vie leurs mains blanches auront du cal comme nous.
    Pareil en France ,dura lex sed lex ,la loi sur les faillites doit être identique pour tous.

  • Erwind
    Erwind
    Hispanisant
    • Posté à 19h33 le 26/05/2012
    • Internaute 187904
      Hispanisant

    C’est un total de 23.5 milliards d’euros que le gouvernement conservateur espagnol engagera pour sauver BFA-Bankia qui ne représente que 10% du système financier espagnol.

    Tout cela pour sauver les « soldats » Rodrigo Rato, José Luis Olivas, Miguel Blesa, que le Partido Popular avait placé à la tête de cet établissement de blanchiment du pacte de corruption entre les dirigeants des communautés régionales de Madrid et de Valencia.

    D’autres cadavres émergent des placards. D’autres établissements ( Popular, Bankinter,..) frappent à la porte du ministre des Finances, Luis De Guindos, pour profiter des largesses du contribuable espagnol.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 19h44 le 26/05/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Pourquoi le sauvetage de Bankia va-t-il coûter aussi cher ? »

    Y’a qu’a voir son siège social avec son coté tour de Pise..

    Comment voulez-vous que ça ne se casse pas la gueule ?

  • cuchulainn89
    cuchulainn89
    prof, simplet et grincheux
    • Posté à 23h27 le 26/05/2012
    • Internaute 187343
      prof, simplet et grincheux

    Le « seul » problème de l’UE, c’est qu’elle ne permet pas aux pays de faire comme en Islande.

    A bonne entendeur.

    • Cestclair
      Cestclair répond à cuchulainn89
      Il ya un loup
      • Posté à 08h36 le 27/05/2012
      • Internaute 186981
        Il ya un loup

      Notez qu’en Islande, ce sont les anglais qui ont payé l’addition, gigantesque à l’échelle islandaise mais finalement bien dérisoire à notre échelle européenne, et assumée politiquement par compassion des autorités britanniques.

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 10h04 le 27/05/2012
    • Internaute 41511
      -

    Dimanche 27 avril 2012 :

    Sur son blog, Olivier Berruyer met en ligne un dessin hilarant :

    « ils vont sauver le monde »

    Lien

    Les surendettés vont sauver le monde :

    Dette totale (dette publique + dette privée) :
    Irlande : 663 % du PIB.
    Japon : 512 % du PIB.
    Royaume-Uni : 507 % du PIB.
    Espagne : 363 % du PIB.
    Portugal : 356 % du PIB.
    France : 346 % du PIB.
    Etats-Unis : 340 % du PIB.
    Italie : 314 % du PIB.
    Allemagne : 278 % du PIB.

    Lien

    • Dede11
      Dede11 répond à BA
      Desinformaticien
      • Posté à 10h57 le 28/05/2012
      • Internaute 98311
        Desinformaticien

      Bonjour,
      Pour un particulier qui a acheté une habitation avec un crédit de 25 ans, comparer son revenu d’un an avec le crédit total de son habitation c’est pour un état comparer sa dette avec son PIB.

      Pour ce particulier il faut comparer le total de ses revenus pendant la durée du crédit avec le montant de son crédit, pour savoir si il est solvable.

      Pour un état c’est pareil, il faut multiplié le PIB par la durée moyenne du crédit.

      Le crédit est la façon, pour les banques, de créer de l’argent. Sans crédit pas d’économie libérale.

  • superbuse83
    superbuse83
    Retraité attentif
    • Posté à 06h24 le 28/05/2012
    • Internaute 54861
      Retraité attentif

    Simple
    Les banques devront conserver au moins le montant des avoirs confiés par ses clients.
    Le manquement à cette règle sera pour ses dirigeants et membres du conseil d’administration passible de 10 ans (minimum) de prison incompressible et confiscation des biens.
    Dès ce seuil minimum atteint la banque sera en dépôt de bilan, les clients reprendrons leurs avoirs.
    Il n’y aura pas de recapitalisation.
    Cela limitera la casse non ?
    Chiche ?

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