témoignage 19/05/2012 à 15h55

« Targeter », « value », « input » : j’ai découvert la novlangue d’HEC

BusinessStudent | Etudiant

Imaginez l’étonnement d’un étudiant qui, après deux ou trois ans d’études axées sur la pratique typiquement française de la dissertation, assiste pour la première fois à un cours dans l’enceinte d’HEC.

Tandis que des concepts et des mots étrangers valsent rapidement sur un Power Point squelettique, vaguement assorti de schémas aussi complexes qu’inutiles, il craint de ne pas tout comprendre. Mais la voix rassurante de son professeur résonne aussitôt :

« Vous avez tous un login ? Je vous forwarde les slides à la fin de l’heure. »

On croirait à une blague si l’emphase et le sérieux n’accompagnaient pas doctoralement ces mots.

Dire qu’une entreprise se « rationalise over-time » est-ce plus convaincant ou plus consistant qu’une entreprise qui se rationaliserait au cours du temps ? Vaut-il mieux « targeter » que cibler ? Pourquoi faut-il « implementer » une stratégie, plutôt que de la mettre en œuvre ? Est-ce plus efficace d’« incentiver » des employés que de les stimuler ou de les motiver ? L’externalisation s’avère-t-elle plus coûteuse que l’« outsourcing » ? La « willingness to pay » du consommateur a-t-elle plus à nous dire que sa propension à dépenser ?

En somme, ces signifiants sont-ils plus simples, plus courts, plus percutants ? Quelle est la plus-value sémantique ou fonctionnelle de ce patois managérial qu’HEC semble avoir pour mission de répandre ?

Camoufler un discours vide

Voici ce que dira un professeur de stratégie, par ailleurs consultant chez McKinsey, au sujet d’une chaîne de cinéma :

« Cette entreprise a tout intérêt à se rationaliser over-time en targetant de nouveaux prospects. »

Cette phrase est vide de sens dans la mesure où elle peut s’appliquer à n’importe quel contexte.

Bien plus qu’une prosternation ridicule et puérile devant la langue originelle du management, cet abandon systématique du français manifeste donc la volonté de saupoudrer un discours superficiel d’une couche de modernité et de précision. Mais ce n’est pas tout.

Assommer d’un argument d’autorité

Les écoles de commerce n’ont pas vocation à garantir le respect scrupuleux des usages linguistiques, et rien n’est plus normal que de familiariser les futurs managers aux tournures langagières de l’entreprise. Néanmoins, plus qu’une langue vouée aux échanges commerciaux, ce jargon dissimule des enjeux de puissance où l’anglicisme inutile fuse comme un argument d’autorité qui donne nécessairement raison à celui qui l’emploie.

Tel le « novlangue » inventé par Georges Orwell dans son roman « 1984 », il se compose de notions toutes faites, aboutissant à un appauvrissement de la pensée. Des expressions comme « business model », « dead line », « stakeholders », « process », « short term », « value », « data », « focus », « checker », « suppliers », « business unit », « input », affluent par milliers de la bouche des consultants : autant de termes péremptoires qui n’appellent aucun examen critique du signifié.

Sur le « marché linguistique », pour employer une expression propre à Bourdieu, certains ont le monopole d’un certain jargon investi d’un pouvoir magique qui assure leur domination. L’anglo-saxon donne l’illusion d’un surplus sémantique et culturel auquel seront sensibles le locuteur et son destinataire.

Celui qui parle se sentira valorisé par l’emploi de termes neufs et opaques ; celui qui l’écoute acquiescera pieusement.

Se rassurer par un discours d’appartenance

On fait finalement dire aujourd’hui dans un dialecte mystificateur ce qu’on pourrait tout aussi bien désigner dans un français correct. Si l’anglais est utilisé dans les échanges commerciaux, pourquoi ne pas utiliser simplement cette langue dans la majorité des enseignements, plutôt que d’employer un français maltraité ?

Peut-être parce que ce langage utilisé pour enseigner la finance, le contrôle de gestion, la comptabilité, la communication ou encore la stratégie a précisément pour objectif de donner aux futures élites économiques les moyens de se retrouver entre elles autour d’un même système de signes, qui définit leur appartenance à une identité commune.

Une méthode appliquée par les élites

Les résultats sont visibles au plus haut sommet de la sphère politique et du CAC 40. La plupart des anciens d’HEC délaissent ou malmènent le français avec un sens aigu de la communication.

François Hollande, en pleine campagne, se laisse tenter par une obamisation de sa candidature en choisissant un slogan foudroyant : « H is for Hope ». Il rejoint ainsi le tout aussi persuasif « Yes we Kahn » de l’ancien directeur du FMI, passé par la même école. Ou encore certaines déclarations récentes de Nicolas Sarkozy sur la fermeture éventuelle d’une centrale nucléaire : « Si Fessenheim avait été insecure, je l’aurais fermée. Fessenheim est secure, on la laissera ouverte ». What else ?

  • 13937 visites
  • 100 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 11h32 le 19/05/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    Ce sujet, le langage des élites du monde des affaires, mérite plus qu’un simple article.
    Il mériterait une étude comme la LTI de V. Klemperer ou celle d’Hazan.
    Le pouvoir impose toujours ses mots pour écrire l’Histoire.

    • Elred
      Elred répond à spleenlancien
      Pléonasme
      • Posté à 14h09 le 19/05/2012
      • Internaute 132515
        Pléonasme

      Le pouvoir des mots, c’est plus puissant que ce qu’on pourrait penser. « Change les mots qu’un homme utilise et tu changeras ce qu’il pense ».

      Donc oui, ça n’est pas anodin comme sujet.

      Franck Lepage a fait de belles conférences là dessus.

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à Elred
        loin d'ici
        • Posté à 20h12 le 19/05/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Écrit en 1928, le livre de chevet de tous les « communicants », de Goebbels à Séguéla...

        Étienne Chouard insiste également sur ce fait : « on confisque les mots pour se rebeller ou on désigne un problème du nom de sa solution... »

        C’est le principe de la novlangue néolibérale dont les médiamenteurs sont le transmetteur :

        « La Croissance »
        « La Crise »
        « La Réforme »
        « Le Changement »
        « La Troïka »...

        Intéressant dictionnaire de novlangue ICI

         
        • BobCat
          BobCat répond à Le Renifleur
          observateur
          • Posté à 14h25 le 20/05/2012
          • Internaute 71310
            observateur

          « Intéressant dictionnaire de novlangue “

          mdr par le lien !

        1 autres commentaires
  • Cleven
    Cleven
    Etudiant
    • Posté à 11h15 le 19/05/2012
    • Internaute 187447
      Etudiant

    Euh, je suis simple étudiant en école d’ingénieur, et ce qu’ils disent est tout à fait compréhensible pour peu qu’on parle anglais.
    Après c’est juste ridicule d’utiliser à outrance ces mots dans des phrases en français, autant faire les cours en anglais ou tout en français, tout le vocabulaire équivalent existe.

    Bref, c’est pour se donner un genre. Finalement, à HEC ils font pas de choses plus originales qu’ailleurs.

    • Cestclair
      Cestclair répond à Cleven
      Il ya un loup
      • Posté à 13h25 le 19/05/2012
      • Internaute 186981
        Il ya un loup

      Si vous continuez à faire des posts intelligents et contradictoires à la bienpensance rue89, vous serez sanctionné !

      • asozial
        asozial répond à Cestclair
        Bobo Hipster from Gentrified (...)
        • Posté à 17h31 le 19/05/2012
        • Internaute 2273
          Bobo Hipster from Gentrified (...)

        c’est vrai ça, regarde, un bon troll comme Cestclair a juste besoin de 30 mots de vocabulaire - et encore il ne les comprends pas tous mais les éléments de langage de la droite décomplexée n’ont pas besoin d’être compris, juste répétés !

    • Pi.K
      Pi.K répond à Cleven
      Vilain Parisien
      • Posté à 13h28 le 19/05/2012
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Ce n’est pas une question de compréhension. N’importe qui ayant un peu tâté d’économie — donc nécessairement de langue anglaise, puisque l’écrasante majorité de la théorie économique s’écrit aujourd’hui en anglais, en dehors de quelques manuels d’introduction et ouvrages de vulgarisation — est apte à comprendre que des préférences stables over time sont des préférences stables au cours du temps, qu’implémenter et mettre en œuvre sont rigoureusement la même chose, etc.

      C’est une double question de respect de la langue française — dans mes travaux (philosophie économique et politique, économie du bien-être), je restreins l’usage des néologismes aux mots qui n’ont pas de traduction française pertinente (« capabilité » pour rendre compte de capability là où « capacité » serait inadéquat) et l’usage des anglicismes aux jeux de mots qui ne seraient pas du tout compréhensibles en français (midfare pour désigner l’objet intermédiaire entre les biens et le bien-être, welfare) — et de production de sens — parce que faire appel à l’anglais pour masquer la faiblesse intellectuelle d’une phrase, c’est sacrément malhonnête.

      C’est d’autant plus dangereux que ce sont ces conneries auxquelles vont faire appel les gestionnaires, DRH, managers, cadres, dirigeants d’entreprises. On arrive à un stade où les dirigeants d’entreprises sont formés à la crétinerie pure, ce qui est tout de même assez embarrassant. Au départ, ce ne sont pas des gens plus cons ni moins cons que les autres, mais avec les mots, on transmet une conformation intellectuelle, des idées plus ou moins bien ancrées dans la tête des gens, des façons de penser et d’agir qui ne sont pas sans conséquences. Un mec qui a acquis et développé une façon de penser à peu près pertinente sera capable d’apporter des idées pertinentes, de répondre aux diverses situations qui se présentent et se présenteront à lui de façon à peu près pertinente, etc. Le même mec, coulé au moule de la non-pensée noyée dans le vocabulaire pseudo-savant, ça fait un manager débile qui finit par inventer l’open-space, met une pression complètement inadéquate sur ses subordonnés, flingue son service en trois mois et transforme son plantage en powerpoint pour expliquer que, bien que sa boîte ait perdu cinq marchés, trois millions d’euros et 37% de productivité horaire, il serait tout indiqué de lui offrir une promotion avec augmentation de salaire.

      • BobCat
        BobCat répond à Pi.K
        observateur
        • Posté à 16h52 le 20/05/2012
        • Internaute 71310
          observateur

        « restreins l’usage des néologismes aux mots qui n’ont pas de traduction française pertinente “

        Je me souviens d’une discussion avec un de mes professeurs où i létait qustion de : ‘gens qui redressent le torse, prennent un air suffisant, utilisent des mots ronflants, mais quand on tape un peu dans leur ventre, cela sonne creux ... et les mots savants’ remplacent en fait un grand vide”

        Mais il est vrai que l’on n’a pas toujours la traduction exacte d’une notion très bien rendu par un mot étranger :

        J’ai eu l’occasion d’écrire hier, à propos de la jalousie dont semble être atteinte une grande dame récemment exposée dans les média, qu’ elle doit être “insecure” et manquer “d’assertivité”.

        Et quelque temps après, j’ai pu lire une contribution sur un autre forum que le mot “insécure” n’existe pas en français. Effectivement, je n’ai pu trouver ni dans mes dictionnaires papiers, ni sur ceux d’internet, un équivalent français de ce terme anglais.

        Quelqu’un peu-t-il me venir en aide ?

      • BobCat
        BobCat répond à Pi.K
        observateur
        • Posté à 18h36 le 20/05/2012
        • Internaute 71310
          observateur

        Au fait, c’est quoi en français :
        - flashcodes,
        - code QR

        ... ces nouveaus codes barres à 2 dimensions (code barre 2D) qui permettent d’inclure « codés » jusqu’à 7089 caractères
        Edit :
        J’ai trouvé pour QR = Quick Response

        R89 (Geoffrey Dorne) qui a fai un article sur la communication des vagabonds (hobo) aux états-unis, peut-elle nous renseigner ?
        Lien

    • Mumbly
      Mumbly répond à Cleven
      Repos à la montagne
      • Posté à 13h49 le 19/05/2012
      • Internaute 138651
        Repos à la montagne

      « ce qu’ils disent est tout à fait compréhensible pour peu qu’on parle anglais. »

      Est-ce une raison pour transformer le français en farce (culinaire ou comique, j’entends) ? Utiliser la langue pour se donner un genre montre que l’on a pas d’aura, que l’on ne dégage ni prestance ni charisme. Bref, que l’on est insignifiant.

    • Xahendir
      Xahendir répond à Cleven
      étudiant
      • Posté à 14h32 le 19/05/2012
      • Internaute 169622
        étudiant

      Comme vous le dites, soit on parle complètement en anglais soit on parle complètement en français en évitant les termes anglais qui pourraient être traduits, et encore plus les francisations de mots anglais (targeter par exemple).

    • Elred
      Elred répond à Cleven
      Pléonasme
      • Posté à 14h34 le 19/05/2012
      • Internaute 132515
        Pléonasme

      Salut,

      Simple étudiant en école d’ingénieur aussi, je pense tout de même que les mots ont un sens et un certain pouvoir et que faire joujou avec le langage comme ça ne devrait pas être pris à la légère sous prétexte que c’est encore compréhensible.

      Le capitalisme moderne a introduit dans notre vocabulaire tout un tas de mots qui ont une connotation positive pour traduire des idées qui ne le sont pas toujours. Cf Franck Lepage et ses Incultures à ce sujet.

      Le passage vers l’anglais n’est effectivement qu’un effet de mode, mais dénote une dérive tout de même dangereuse pour une langue française déjà bien malmenée depuis quelques dizaines d’années, où les mots perdent leur sens et où les « exploités » sont devenus les « défavorisés » (véridique, il n’était pas mal vu d’utilisé le mot « exploité » pour désigner les pauvres il y a encore 40 ans).

      Orwell et sa novlangue, c’est très actuel mine de rien.

      • BobCat
        BobCat répond à Elred
        observateur
        • Posté à 18h58 le 20/05/2012
        • Internaute 71310
          observateur

        « une langue française déjà bien malmenée depuis quelques dizaines d’années »

        Nos cousins du Québec sont plus jaloux que les « français de l’hexagone » quant à la préservation de la langue, et ont fait l’effort de traduire correctement beaucoup de franglais introduits ou imposés par les snobs dans le jargon d’internet ou des affaires.

        C’est à eux notamment que l’on doit la traduction :
        - toile (d’araignée mondiale) pour « web »
        - courriel (courrier électronique) pour « email »
        - Clavarder : « chatter » ou « tchatter » pour parler de discussions (bavarder) entre claviers interposés, via Internet.
        ...

  • Loescalade
    Loescalade
    Etudiant
    • Posté à 11h17 le 19/05/2012
    • Internaute 153210
      Etudiant

    et c’est encore encore pire dans les jeux vidéo ! : (

    • Elred
      Elred répond à Loescalade
      Pléonasme
      • Posté à 14h11 le 19/05/2012
      • Internaute 132515
        Pléonasme

      Une des raisons pour lesquelles je ne joue aux jeux vidéo qu’en anglais en ce qui me concerne.

    • Xahendir
      Xahendir répond à Loescalade
      étudiant
      • Posté à 14h48 le 19/05/2012
      • Internaute 169622
        étudiant

      Quoi ? Tu n’aimes pas dps pendant qu’un war tank et qu’un hunter gère les mobs avec son pet ?

      (je suis un peu rouillé, j’ai arrêté il y a quelques années)

  • GaiusMarius
    GaiusMarius
    Latiniste en voie d'extinction
    • Posté à 11h50 le 19/05/2012
    • Internaute 137924
      Latiniste en voie d'extinction

    C’est en plus du terrorisme intellectuel : je ne cesse de dire à mes élèves de placer une fois un deux dans leurs conversations une phrase bien grandiloquente et vide de sens, et de mesurer les résultats : la plupart des interlocuteurs acquiescent pensivement là où il n’y a rien à comprendre, parce qu’ils ont peur de passer pour des cons en demandant de préciser le contenu.

    • Elred
      Elred répond à GaiusMarius
      Pléonasme
      • Posté à 15h33 le 19/05/2012
      • Internaute 132515
        Pléonasme

      Franck Lepage - Incultures

  • DISASTROUS
    DISASTROUS
    artiste assez maladroit
    • Posté à 11h55 le 19/05/2012
    • Internaute 89589
      artiste assez maladroit

    C’est capital de se donner un air d’appartenance à je ne sais quelle secte secrète de seigneurs, futurs maîtres du Monde, quand on demeure, en réalité, un clampin aussi nul que le vulgus pecus abhorré. Celà passe, en priorité, par le langage. Tel chef de rayon du supérette auquel je demandais l’emplacement d’un produit genre gel à déboucher les chiottes, me rétorqua d’un air savant « Nous ne sommes pas référencés » Traduction « Y en a pas »

  • noname nobrand
    noname nobrand
    used to be "outsider"
    • Posté à 12h25 le 19/05/2012
    • 180845
      used to be "outsider"

    les medias n aident pas non plus, comme le casual cooking sur rue89 ; -)

    bon apres en cuisine les cook anglais se tapent un paquet de mot francais depuis un bon bout de temps.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 12h27 le 19/05/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Intéressant.
    Moi qui suis non anglophone, il m’arrive de ne rien comprendre à ces discours franglais qui se veulent « in » et en fait ne sont qu’un mode d’exclusion.
    La langue française est en voie d’appauvrissement et surtout son esprit.
    Pour aller plus loin, lire les articles sur le site de l’ONU, les journées de la langue française et son dictionnaire

    A bas le franglais !

    • Cestclair
      Cestclair répond à caro
      Il ya un loup
      • Posté à 13h21 le 19/05/2012
      • Internaute 186981
        Il ya un loup

      Mais tu es gauchophile et pratiques si bien la gauchelangue ...

    • Patriote89
      Patriote89 répond à caro
      A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN
      • Posté à 14h14 le 19/05/2012
      • 184607
        A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN

      Non à l’immigration culturelle ! !

      • caro
        caro répond à Patriote89
        délinquante avérée
        • Posté à 14h31 le 19/05/2012
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        dans ce cas, il ne s’agit pas de « immigration culturelle », mais de « colonisation » de la langue française par la langue anglaise

         
        • mandareen
          mandareen répond à caro
          entre autres
          • Posté à 15h11 le 19/05/2012
          • Internaute 32452
            entre autres

          sur le plan linguistique, si on peut parler de danger de « colonisation » de la langue au Québec (qui a mis en place des stratégies pour lutter), appliquer cette expression au cas qui nous intéresse me semble déplacé.
          Je ne crois pas à un complot des anglosaxons pour envahir la langue française. Ce sont ces cons de cadres sup qui, voulant avoir l’air international (et donc américain), se piquent d’être tellement bilingues qu’ils en perdent leur français (et leur interlocuteur).

        • Jojo le Trublion
          Jojo le Trublion répond à caro
          Abruti Catho
          • Posté à 19h43 le 19/05/2012
          • Internaute 186888
            Abruti Catho

          Petite question les mots arabes dans la langue francaise( wallah, immotep et autre ) c est aussi de la colonisation ? ou plus de l enrichissement dans la diversité ?

          • Halimdor
            Halimdor répond à Jojo le Trublion
            Gaucho-anarcho-socialo-islamo- (...)
            • Posté à 20h18 le 19/05/2012
            • Internaute 186711
              Gaucho-anarcho-socialo-islamo- (...)

            Tiens, c’est vrai que les mots arabes comme « wallah » ou « immotep » sont utilisé et enseignés dans les prestigieuses écoles de commerce comme HEC, ce qui donne une certaine justification de leur usage en lieu et place du français...
            Merci de m’avoir ouvert les yeux !

        3 autres commentaires
    • BobCat
      BobCat répond à caro
      observateur
      • Posté à 20h34 le 20/05/2012
      • Internaute 71310
        observateur

      Merci pour le « dictionnaire »
      Je l’ai enregistré sur mon disque dur.

  • thierry reboud
    • Posté à 13h02 le 19/05/2012
    • Internaute 20923

    Rien de bien nouveau sous le soleil, les Diafoirus du monde entier et de tous les siècles s’y entendent comme personne à jargonner : à l’époque de Molière, le latin était plus à la mode mais le principe est le même. Dans le cas d’HEC comme dans d’autres, le jargon ne sert bien souvent qu’à présumer d’une compétence qui reste à vérifier et surtout, comme le note Caro juste au-dessus, à exclure ceux qui ne font pas partie du cercle sacré des initiés.

    • Baracuda
      Baracuda répond à thierry reboud
      Dans les remous
      • Posté à 19h13 le 19/05/2012
      • Internaute 93411
        Dans les remous

      J’en « fréquente » quelques uns, de différentes générations...

      Pour la grande majorité d’entre eux, un simple coup de fil pour parler de la météo a quelqu’un d’anglophone reste insurmontable.

    • BobCat
      BobCat répond à thierry reboud
      observateur
      • Posté à 20h36 le 20/05/2012
      • Internaute 71310
        observateur

      « à l’époque de Molière, le latin était plus à la mode »

      Il y avait aussi la préciosté, d’où « les précieuses ridicules »

  • Cestclair
    Cestclair
    Il ya un loup
    • Posté à 13h18 le 19/05/2012
    • Internaute 186981
      Il ya un loup

    François Hollande est lui-même ancien d’HEC - mais il n’a pas passé le concours d’entrée, il est entré après un diplôme de droit par la petite porte... ce Hollande est décidément un type habile : jamais d’obstacle difficile, sauf contourné... hé hé hé... c’est plus simple...
    Il n’y a pas laissé de souvenir éblouissant, un petit mec un peu terne, contrairement à Strauss-Kahn qui y faisait la fête, avec beaucoup de leadership... rien d’étonnant !

    Concernant le langage, chaque groupe dans la société a aujourd’hui ses codes, ses termes, ses habitudes, alors on comprend bien qu’un campus aussi soudé ait aussi son langage propre.

    Il est facile de dénigrer et de moquer ces particularités, mais il faut reconnaitre que si tout cela est bien creux l’on peut saluer cette école pour la place que réussissent à prendre ses élèves dans l’économie et dans la politique !
    Je souhaite donc à HEC de continuer son « discours creux » (selon rue89) et de mettre toujours plus d’hommes (et de femmes) au top de la société !

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Cestclair
      Fou du volant
      • Posté à 13h56 le 19/05/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Triste tropisme..

    • caro
      caro répond à Cestclair
      délinquante avérée
      • Posté à 14h27 le 19/05/2012
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      Hollande n’est pas entré par la petite porte à HEC, mais par la voie « royale ». Après une licence de droit et Sicences Po, il pouvait entrer sans concours, c’est le cas pour les étudiants titulaires d’un diplôme du second cycle de l’enseignement supérieur français.
      « Petit mec » un peu terne, responsable de l’UNEF à Sciences Po ou soutien de Mitterand à HEC ou sorti 7e de l’ENA, ce qui lui permet d’intégrer « la Cour des Comptes ». Excusez du peu ...
      C’est clair que votre antigauche vous fait raconter n’importe quoi pourvu que vous abaissiez vos « ennemis »

      • DiaboloSatanas
        DiaboloSatanas répond à caro
        Fou du volant
        • Posté à 14h31 le 19/05/2012
        • Internaute 79165
          Fou du volant

        Oui , mais l’antigauchiste a bien été obligé de reconnaitre la qu’Hollande est en fait un type très intelligent.

        Il progresse et commence a se rendre compte que lui et ses crétins d’amis de droite sont tombés sur un os : -)

      • Baracuda
        Baracuda répond à caro
        Dans les remous
        • Posté à 19h03 le 19/05/2012
        • Internaute 93411
          Dans les remous

        « Petit mec » un peu terne, responsable de l’UNEF à Sciences Po ou soutien de Mitterand à HEC ou sorti 7e de l’ENA, ce qui lui permet d’intégrer « la Cour des Comptes ».

        Il a tout d’un mec de droite en fait !
        Même la tronche !

        Tu comprends que ça puisse vexer quand ça se retourne contre eux ! ! !

         
        • nijolly
          nijolly répond à Baracuda
          Hemoroïdes? Un pape sur 3 en (...)
          • Posté à 20h21 le 19/05/2012
          • Internaute 70904
            Hemoroïdes? Un pape sur 3 en (...)

          « Il a tout d’un mec de droite en fait !
          Même la tronche ! “

          Si vous pouviez laisser le délit de sale gueule à la PME de Montretout, vos interventions seraient plus interessantes.

          • Baracuda
            Baracuda répond à nijolly
            Dans les remous
            • Posté à 09h33 le 20/05/2012
            • Internaute 93411
              Dans les remous

            C’est quoi la PME Montretout ?

        2 autres commentaires
    • BobCat
      BobCat répond à Cestclair
      observateur
      • Posté à 21h06 le 20/05/2012
      • Internaute 71310
        observateur

      1 . « François Hollande ... n’y a pas laissé de souvenir éblouissant ... contrairement à Strauss-Kahn qui y faisait la fête ... »

      A quoi cela ser d’y faire la fête et de finir comme votre idole DSK ?

      2 . « on comprend bien qu’un campus aussi soudé ait aussi son langage propre “

      Soit !
      Ainsi soit-il, Amen !
      la ‘téci’ de même, a son parler propre à elle, !

      3 . ‘la place que réussissent à prendre ses élèves dans l’économie et dans la politique’

      est dûe aussi aux réseaux, mais aujourd’hui, le cadres issus de l’université n’ont rien à envier à ceux sortis des grandes école, et cela commence a se svoir en entreprise ! !

      4 . ‘et de mettre toujours plus d’hommes (et de femmes) au top de la société

      tels Eric Woerth, Valérie Pecresse, Henri Proglio ... tous connus pour beaucoup aimer le nerf de la guerre ...

  • piflechien
    piflechien
    animal domestique
    • Posté à 14h03 le 19/05/2012
    • Internaute 42424
      animal domestique

    « autant de termes péremptoires qui n’appellent aucun examen critique du signifié ». Mais, ça existe aussi en français. Ce sont nos « élites » françaises qui ont l’habitude d’user de l’argument d’autorité. Le fait qu’elles soient obligées d’utiliser l’anglais est que leur propre langage est discrédité, parce qu’elles savent bien que ce n’est que la langue de l’autorité. Mais pour les anglophones, il ne s’agit pas de paraître, il s’agit simplement de communiquer dans leur langue.

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 14h06 le 19/05/2012
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    « Camoufler un discours vide »

    le reste de l’article en devient presque superflu ...

    je vous tope

  • Patriote89
    Patriote89
    A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN
    • Posté à 14h09 le 19/05/2012
    • 184607
      A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN

    Baah, quel mauvais goût !

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 14h11 le 19/05/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    Dans un registre similaire, la langue de pub vaut également son pesant de conneries.

    • Xahendir
      Xahendir répond à Le Renifleur
      étudiant
      • Posté à 14h52 le 19/05/2012
      • Internaute 169622
        étudiant

      .

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à Xahendir
        loin d'ici
        • Posté à 19h25 le 19/05/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Dans la Publicité, on « n’écrit pas une lettre » ; on « printe un word »...
        (Authentique)

         
        • Xahendir
          Xahendir répond à Le Renifleur
          étudiant
          • Posté à 19h28 le 19/05/2012
          • Internaute 169622
            étudiant

          Je vous crois sur parole, je ne connais pas ce secteur.

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à Xahendir
            loin d'ici
            • Posté à 19h42 le 19/05/2012
            • Internaute 136986
              loin d'ici

            J’ai un peu fréquenté en qualité d’« observateur avisé » et j’ai été émerveillé par tant de génies (sans bouillir bien sûr).
            Lire ou visionner « 99 francs » de Begbeder/Kounen.

            • Xahendir
              Xahendir répond à Le Renifleur
              étudiant
              • Posté à 20h34 le 19/05/2012
              • Internaute 169622
                étudiant

              J’ai lu (et détesté).

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à Xahendir
                loin d'ici
                • Posté à 22h35 le 19/05/2012
                • Internaute 136986
                  loin d'ici

                Ah bah moi j’ai vu et apprécié...

        4 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
Verbes thématiques