Le libéralisme, un bouc émissaire un peu facile
Qu’il soit néo ou ultra, le libéralisme n’a pas eu bonne presse lors de cette campagne présidentielle. En ces temps de crise, on lui reproche volontiers d’avoir plongé notre pays dans les affres des inégalités, de la croissance molle et du chômage. Marine Le Pen elle-même, au soir du premier tour, traitait le PS de « libertaire » et d’ « ultralibéral ». Un procès injuste.
La France n’est pas sous l’emprise du libéralisme
Le libéralisme est une doctrine qui, en économie comme pour les questions de société, prône qu’il est à la fois plus juste et plus efficace de laisser agir les individus en toute liberté plutôt que de chercher à les contraindre à faire ce qu’ils refusent.
C’est un courant qui se méfie de l’Etat, jugé dispendieux, souvent inefficace en économie, et paternaliste, voire moralisateur, dans la sphère privée. Il est donc surprenant d’entendre certains Français mettre leurs difficultés actuelles sur le compte du « néolibéralisme ambiant », quand la France se distingue au sein des pays développés par son étatisme forcené.
Une part sans cesse croissante de la richesse créée passe en effet par les mains de l’Etat : les recettes publiques ont représenté en 2010 49,5% du PIB, et les dépenses 56% du PIB.
Tandis que, dans de nombreux secteurs, des lois rigides et interventionnistes empêchent les français de profiter des bienfaits de l’économie de marché. Comme les lois Royer-Raffarin ou Galland pour la distribution : pensées pour protéger le consommateur et les petites surfaces, elles ont eu pour principal effet de gonfler les poches des grands distributeurs.
Le libéralisme n’est pas la règle du plus fort
Le cœur du libéralisme depuis Montesquieu et Constant, c’est le rejet catégorique de toute concentration des pouvoirs. Le libéralisme repose essentiellement sur l’idée que le pouvoir corrompt, et que, lorsque les pouvoirs sont concentrés, même si c’est dans un but louable, ceux-ci sont systématiquement confisqués par les classes dominantes à leur avantage.
Prenons un exemple : la BCE prête à des banques privées à 1% et celles-ci refinancent les Etats à des taux bien supérieurs. Il est prévisible et même normal que les banquiers essaient de se faire de l’argent ; ce qui l’est moins c’est que les règlements européens leur offre cette rente complètement injustifiée.
Dans un monde véritablement libéral n’existeraient ni distorsion de concurrence, ni possibilité pour les plus puissants de transformer un avantage momentané en monopole légal. Un tel monde serait moins inégal.
Là où beaucoup dénoncent les excès du libéralisme, il faut donc plutôt voir les fruits d’un capitalisme de connivence qui repose sur des mécanismes de domination légaux et politiques.
Le libéralisme n’est pas synonyme d’austérité
Dans la situation actuelle, être libéral consiste davantage à dénoncer la futilité des politiques de relance budgétaires qu’à se faire le chantre d’une hyper austérité dont on voit bien qu’elle aggrave le mal qu’elle prétend combattre. Pour deux raisons :
- l’Etat sert avant tout de moyen de reproduction à nos élites. Ne serait-il pas temps de juger l’Etat à l’aune des promesses qu’il répète et des moyens colossaux dont il dispose ? Si l’on considère l’éducation par exemple, le fait qu’elle soit gratuite, ou du moins abordable pour une vaste majorité de Français, n’empêche pas que nous soyons l’un des pays riches où la mobilité sociale est la plus réduite ;
- il ne faut pas tout attendre de l’Etat. Ce qui fait vivre une société, ce sont les collectifs que nous créons ensemble et l’énergie que chacun de nous y investit. Quand nous attendons du président de la République qu’il se porte au secours de chaque usine en difficulté ou qu’il rétablisse la croissance d’un coup de baguette magique, nous créons des attentes démesurées, forcément déçues, qui ne font au bout du compte que paver le chemin des extrêmes.
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Working class bléro
Working class bléro
Super Naze et très très daté
L’Etat pervertirait donc un libéralisme, si pur, si beau.
C’est l’Etat qui est irresponsable pas les entrepreneurs jamais. Tonton Reagan et Mamie Thatcher racontaient déjà ces beaux contes de fées dans les années 80 pour se libérer des carcans des politiques, qu’ ils ont réussi à torpiller et dérégementer, d’où le fantastique Etat du monde d’aujourd’ hui.
Le libéralisme ne construit pas d’équipements publics, ne connait pas la redistribution des richesses produites, déteste la loi, ne s’occuppe pas de santé, d’éducation ni même de police ou de secours aux personnes, et encore moins de solidarité ou d’égalité mais il n’oublie jamais de privatiser ses bénéfices et de collectiviser les déficits, et de laisser aux Etats, la gestion des déchets qu’il provoque, le tas est si gros qu’on est un peu dans la merde aujourd’hui.




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