Démission 14/03/2012 à 12h11

« Malsain et destructeur » : un chef de Goldman Sachs accuse

Martin Untersinger | Journaliste Rue89


Un manifestant tient une pancarte où il est écrit « L’avidité tue » devant les bureaux de Goldman Sachs (Jessica Rinaldi/Reuters)

Greg Smith, un haut cadre de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, a annoncé avec fracas sa démission du groupe, en signant une longue tribune dans le New York Times de ce mercredi.

Il déplore la direction prise par la banque sous le mandat de Lloyd Blankfein, PDG de la banque d’investissement américaine, en poste depuis fin mai 2006, qu’il juge « malsaine et destructrice » :

« L’entreprise a tellement changé depuis que je l’ai rejointe après mes études, que je ne peux plus, en mon âme et conscience, m’identifier à ce qu’elle défend. »

Il dénonce notamment la perte de la « culture » de l’entreprise, socle sur laquelle cette banque s’est appuyée, selon lui, depuis sa création en 1869 :

« Cela peut paraître surprenant pour certains, mais la culture a toujours été une composante vitale du succès de Goldman Sachs. Elle inclut le travail d’équipe, l’intégrité, l’humilité et le fait de toujours se comporter correctement vis-à-vis de nos clients. La culture était l’ingrédient secret qui rendait cet endroit fantastique et nous a permis de gagner la confiance de nos clients ces 143 dernières années. »

Pour lui, l’unique but de l’entreprise est devenu le profit, en se détournant de l’intérêt de ses clients :

« J’ai toujours été très fier de conseiller mes clients sur ce que je pensais être bon pour eux, même si cela ramenait moins d’argent à l’entreprise. Cet état d’esprit devient de moins en moins populaire au sein de Goldman Sachs. Je pense vraiment que ce déclin moral de l’entreprise représente la seule et unique menace sérieuse pour sa survie à long-terme. »

Dérives morales

Produits dérivés complexes, clients dénigrés en interne, dérives morales : autant de dévoiements que Greg Smith pointe dans sa tribune :

« Pas une seule minute n’est passée à se demander comment nous pouvons aider nos clients. C’est seulement comment nous pouvons leur soutirer un maximum d’argent. Au cours de ces douze derniers mois, j’ai vu cinq directeurs généraux parler de leurs clients comme des “ marionnettes ”. »

Sur son site, la banque affiche pourtant bien haut ses valeurs :

« L’intérêt de nos clients passe toujours en premier. Notre expérience montre que si nous servons bien nos clients, notre propre succès suit.

L’intégrité et l’honnêteté est au cœur de notre activité. Nous attendons de nos collaborateurs qu’ils appliquent des principes éthiques forts dans tout ce qu’ils font, à la fois dans leur travail pour l’entreprise et dans leur vie personnelle. »

Aller plus loin
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  • 81 réactions
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  • PHOQUE_auff
    PHOQUE_auff répond à I.P
    Rendre l’âme, d’accord, mais à (...)
    • Posté à 13h08 le 14/03/2012
    • Internaute 155053
      Rendre l’âme, d’accord, mais à (...)

    « Pas une seule minute n’est passée à se demander comment nous pouvons aider nos clients. C’est seulement comment nous pouvons leur soutirer un maximum d’argent. Au cours de ces douze derniers mois, j’ai vu cinq directeurs généraux parler de leurs clients comme des “ marionnettes ”. »
    ===============
    Il y a qu’a voir l’etat de la Grece apres les « coups » de cette banque dans le destin du pays...

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 13h24 le 14/03/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    .

  • sanglier intrépide
    • Posté à 14h27 le 14/03/2012
    • Expert 161050

    Ben moi je salue un type qui a des convictions. Ce qu’il dit à propos du succès de Goldman Sachs en 143 ans ne m’étonne pas : « la culture a toujours été une composante vitale du succès de Goldman Sachs. Elle inclut le travail d’équipe, l’intégrité, l’humilité et le fait de toujours se comporter correctement vis-à-vis de nos clients. La culture était l’ingrédient secret qui rendait cet endroit fantastique et nous a permis de gagner la confiance de nos clients ces 143 dernières années. »
    Je suis profondément convaincu que si dans les écoles de commerce, on enseignait l’intégrité, le sens de l’effort et l’éthique, l’économie prospérerait. Mais malheureusement nous sommes noyé par une philosophie utilitariste américaine. Cette philosophie se passe volontiers de tout ce qui peut être plus ou moins « moral ». Morale qu’elle assimile à de « l’idéologie ». Je connais un coach qui axe ses conseils sur l’éthique et la morale. Et ça marche. Une entreprise où règne un esprit positif, de confiance et de bienveillance a des avantages importants pour réussir. Alors que l’entreprise qui sème dans l’esprit de rivalité, de sournoiserie ou d’arrivisme récoltera le tumulte.
    Malheureusement aujourd’hui ça ferait rire le trader moyen. Cette crise a des causes bien plus profondes qu’une mauvaise passe financière. C’est une crise humaine, de valeur et spirituelle. (C’est un certain Benoît XVI qui a dit ça,si je peux me permettre sur ce site).

  • Le flou stoique
    Le flou stoique répond à sanglier intrépide
    Cf fiche n°15673B
    • Posté à 14h50 le 14/03/2012
    • Internaute 58563
      Cf fiche n°15673B

    Si t’avais pas l’air aussi sérieux, je croirais à une blague. Cela fait des dizaines d’années que des gens crèvent de pauvreté pour le profit des entreprises alors ta crise de valeur et de spiritualité elle date pas des années 2000. Y a quand même quelque chose de profondément indécent dans ce que tu dis. J’espère que tu pourras en prendre conscience un jour.