Porte-monnaie 07/02/2012 à 15h00

Sophie, moins de 500 euros par mois, étudiante et voleuse

Anthony Cerveaux | Journaliste

A 25 ans, Sophie est très prise par ses études et galère pour s’en sortir : elle a recours à l’aide de ses amis et à la fauche. Rue89 décortique ses comptes.


Une carotte dans une assiette (Malias/Flickr/CC)

Un dimanche pluvieux dans le Nord de Paris. Sophie (le prénom a été modifié) arrive près de la station de métro convenue pour le rendez-vous, un peu débraillée, sortie de chez elle précipitamment. Premiers mots : « J’ai pas d’argent, donc on peut prendre un café chez moi si tu veux ? » Franche et pas trop complexée, Sophie :

« Mes revenus ? Ils changent tous les mois, mais on va dire qu’en ce moment, c’est plutôt difficile. Après, je refuse de vivre au niveau de mes ressources sinon je mangerais des pâtes et je ne sortirais jamais. »

De la recherche et du militantisme

La jeune fille de 25 ans a grandi dans un village de province dans une famille d’origine modeste :

« Mes parents sont fonctionnaires, ils n’ont pas fait d’études mais ils étaient un peu plus cultivés que leur niveau social. »

Après le bac, elle hésite entre plusieurs filières, renonce à faire une classe prépa pour se lancer dans une formation en sciences humaines qui la passionne. « Ça m’a convaincue dans l’idée que je voulais faire de la recherche », explique-t-elle.

L’autre aspect de sa vie, c’est le militantisme, à l’extrême gauche. La fréquence de cet engagement fluctue au gré de l’actualité sociale. Elle ne cache pas qu’avec Nicolas Sarkozy, elle a été servie.

Sérieuses difficultés financières

Arrivée à Paris l’année dernière, elle commence par loger chez des proches. Boursière, elle parvient alors à s’en sortir. Mais cette année, elle a dû prendre son propre appartement. Sans l’aide régulière de ses parents qui n’ont pas les moyens, et parce qu’elle n’a pas touché la bourse cette année, elle est en proie à de graves difficultés financières. Elle lâche, un peu fataliste :

« Les problèmes de thunes dans les études, c’est atroce parce que tu ne peux pas travailler sans y penser.

Après, ça a plus ou moins toujours été comme ça dans mon cursus. Avant, je travaillais beaucoup à côté de la fac. Mais cette année, si je travaille en plus des cours, dans un cursus où je veux faire une demande pour un contrat doctoral, mes études risquent de passer à la trappe. »

« Je dépends beaucoup de mes amis »

Car Sophie est depuis cette année étudiante dans une grande école parisienne dont elle préfère taire le nom. « Pour ne pas que ça nuise à mon cursus », s’excuse-t-elle.

Alors, comment survit-elle ?

« Je dépends beaucoup de mes amis. J’ai une copine dans la même situation, et on s’entraide dès que l’une de nous ne peut plus et que l’autre est un peu mieux. Il est aussi arrivé qu’un copain à moi, qui avait de l’argent, me paie mon loyer quand je ne pouvais plus. »

Menacée d’expulsion

Un réseau de solidarité étonnant qui est, selon la jeune fille, en partie lié à ses études :

« J’ai atteint un niveau culturel qui me permet de bien m’entendre avec des gens d’un milieu social plus aisé. Et puis j’ai des amis gentils et généreux. »

Malgré cette soupape, elle demeure sans aides fixes du Crous, car comme elle le dit elle-même : « Je ne rentre pas dans les cases classiques pour une demande de bourse. » En attendant, elle vivote. Elle a deux mois de loyer de retard. Son propriétaire, bienveillant au départ, la menace maintenant d’expulsion.

« Si je vole, je pourrai manger de bonnes choses »

Pour le reste, comme beaucoup de jeunes étudiants, elle se débrouille ou elle « combine », c’est selon :

« En ce moment, je mange du riz et des pois cassés et quand j’en ai marre, je vais dans un supermarché et je vole un fromage.

Je sais que si je paie, je vais pas manger de bons produits qui sont les plus chers, alors que si je vole, je pourrai manger des choses bonnes. »

Le vol, chez Sophie, c’est parfois un moyen de survie, souvent une façon de s’élever au-dessus de sa condition :

« Le vol, ça me permet de me prendre des soutifs, des chaussettes, du shampoing ou du dentifrice ; typiquement les trucs qui coûtent cher mais qui sont indispensables. Et puis aussi une veste ou un pantalon un peu plus chers que je ne pourrais pas me payer autrement. »

« Quand t’as pas d’argent, tu vas pas faire les magasins »

Selon elle, voler est plus facile quand on est une fille. Mais au moment du passage à l’acte, le genre importe peu :

« Les moments où je vole le plus, c’est quand j’ai un peu d’argent, parce que j’ai confiance en moi et je sais que si je me fais attraper, je pourrai payer alors que quand je peux pas, le risque c’est qu’ils appellent directement la police.

Et puis de toute façon, quand t’as pas d’argent tu vas pas faire les magasins, alors que quand tu en as… »

Hormis le loyer, elle n’a pratiquement aucune dépense mensualisée. Ses revenus variant au fil des mois, elle choisit ce qu’elle peut s’accorder, et ce qu’elle « glane ».

Ressources totales : environ 485 euros

  • Aide personnalisée au logement : 205 euros
  • Aide des parents : 100 euros tous les trois mois (soit 33 euros par mois)

« Je m’entends très bien avec mes parents, ils sont très gentils, et nous ont toujours tout donné. Leur vie, c’est nous : ma sœur, mon frère et moi. Alors quand je suis vraiment en difficulté, ils peuvent me verser un peu d’argent. Mais pour eux aussi, c’est pas facile, et pour ne pas les inquiéter, je ne leur dis pas toujours ma situation. »

  • Aide du Crous : 50 euros par mois

En septembre, elle a bénéficié d’une l’aide d’urgence du Crous de 600 euros, « pour m’aider à payer l’inscription à l’université », explique-t-elle.

  • Cours de français : environ 30 euros par mois

« De façon très irrégulière, je donne des cours de français à un chercheur allemand. Mais pas trop en ce moment. »

  • Travail saisonnier : 167 euros par mois (1 000 euros en juillet et août)

Son salaire de juillet (1 000 euros) est directement parti dans son loyer d’août et septembre. « Il ne reste plus rien », précise-t-elle.

Dépenses fixes : 625 euros par mois

  • Loyer : 450 euros + 50 euros de charges

« C’est un appartement de 18 m² dans le Nord de Paris. Le propriétaire a été cool au départ, il ne m’a demandé aucune garantie ni caution. »

  • Electricité : 15 euros
  • Taxe d’habitation : elle ne sait pas pour l’instant

« Il doit y en avoir une mais j’essaierai de me faire exempter. »

  • Transports : environ 15 euros par mois

« Je prends des carnets de tickets à tarif réduit quand j’ai du liquide, sinon je marche. Je n’ai pas pris la carte Imagine R [abonnement pour les jeunes aux transports en Ile-de-France, ndlr] car je n’ai pour l’instant pas l’argent pour mensualiser les paiements. »

  • Mutuelle étudiante : 18 euros
  • Téléphone : entre 15 et 20 euros

« Je suis à la carte chez le moins cher des opérateurs. Du coup, quand j’ai pas d’argent pour en acheter, j’ai pas de forfait. Comme pour la carte Imagine R, le problème d’un forfait c’est la mensualisation ».

  • Internet : 0 euro

« Mon ordinateur est mort. J’ai pas les moyens de m’en acheter un. C’est une copine qui en a plusieurs et qui m’en a prêté un. Je ne lui ai pas demandé, elle me l’a gentiment proposé. Concernant Internet, je capte un WiFi non-sécurisé sur lequel je me connecte. »

  • Repas payants : 60 euros

« Le matin je déjeune très rarement, en revanche tous les midis je mange au resto universitaire. »

Dépenses aléatoires : autour de 100 euros

  • Nourriture : de 40 à 80 euros

« C’est ce que je dépense quand j’ai un peu d’argent. Quand j’en ai pas, il peut arriver que je lâche 12 euros et plus rien pendant trois semaines. Et si je veux des petits trucs en plus, je les vole. Même si j’essaie au maximum d’éviter parce que ce sont des moments où je stresse plus car si je me fais prendre, je ne peux pas payer...

Le problème aussi quand je suis juste niveau nourriture, c’est que je pense encore plus à manger. C’est dû à la peur d’avoir faim. Alors je mange du bouillon, ça remplit l’estomac ! »

  • Vêtements : 20 euros

« Quand j’ai un peu d’argent, je peux m’acheter un pantalon ou des chaussures, parfois un peu chers par rapport à mon budget, parce que j’ai quand même envie d’être bien habillée, me sentir bien avec les autres et pouvoir aussi un peu draguer. C’est pas un mythe : l’apparence, surtout à Paris, est très importante, ne serait-ce que pour le premier contact.

Sinon globalement, je vole aussi pas mal les sous-vêtements, chaussettes, T-shirts… Ou je vais dans des fripes ou sur les marchés. »

  • Loisirs : entre 10 et 20 euros

« En fait, j’ai très peu de loisirs payants hormis un verre assez rarement dans un bar. Je ne vais jamais au cinéma, je ne fais pas de sport. Je regarde les films ou séries en streaming, je lis beaucoup et je milite plus ou moins selon l’actualité sociale. Et je vois beaucoup mes amis, on est très souvent les uns chez les autres. Voilà comment je m’occupe. »

  • Livres : 0 euro

« J’en vole beaucoup, sauf quand vraiment je veux un livre particulier depuis longtemps. Alors là, si je peux, j’aime bien l’acheter. »

  • Epargne : 0 euro

« J’ai essayé à un moment donné mais c’est pas tellement dans mon tempérament. »

Vol : entre 100 et 150 euros par mois

Sur le deuxième semestre 2011, Sophie a réussi à limiter l’écart entre ses revenus et ses dépenses. Quand son découvert est vraiment trop important, elle se serre encore plus la ceinture :

« Si nécessaire, j’ai plus aucune dépense, je sors plus, je mange chez des amis, je fraude, je vole si j’ai vraiment besoin d’un truc, en attendant une aide d’urgence ou de mes parents quand je peux vraiment plus. »

Pas forcément très à l’aise après cette mise à nu de sa vie, et le chiffre négatif (-400 euros) assez important qui ressort de la différence entre ses ressources et ses dépenses, Sophie finit par confier :

« Si je devais équilibrer mon budget, il faudrait que je travaille 20 heures par semaine au moins, mais dans le cursus que je suis actuellement, mes études passeraient à la trappe. Je décide de ne pas vivre à la hauteur de mes moyens, sinon je rate mes études et je vis comme un moine. Alors je me débrouille. De toutes façons, je sais que tant que je n’aurai pas un vrai travail, j’aurai des problèmes d’argent… »

Sophie envisage de profiter de son statut d’étudiante dans une grande école pour faire un prêt bancaire si la situation devient trop tendue.

MERCI RIVERAINS ! fabache
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  • GrosRobert
    GrosRobert
    Bac +5
    • Posté à 23h21 le 08/02/2012
    • Internaute 128868
      Bac +5

    Le portrait d’un parasite. Voleuse, profiteuse, assistée... bel exemple.

  • Aude_sur_rue89
    Aude_sur_rue89
    Cherchologue
    • Posté à 00h23 le 09/02/2012
    • 173741
      Cherchologue

    Que de commentaires !
    Si Sophie en a choqué plus d’un, elle aura au moins eu le mérite de susciter l’attention.
    Mais bon, compassion pour la frangine fauchée ou dénonciation du démon qui n’a pas de morale, il est clair que le débat est mort-né. On a tous fait notre choix depuis longtemps.

    Ce qui me fait marrer moi c’est l’importance donnée aux chiffres.
    100€/mois volés, ça a l’air de choquer.
    100€ c’est beaucoup alors ?
    J’aurais aussi tendance à dire oui. Peut-être parce que je n’ai touché que des salaires précaires. Et en même temps, si j’avais une voiture par exemple, 100€ ce serait anodin comme dépense non ? Ou pour une fan de Lady Gaga, 100€ ça doit être le prix de sa place non ? (oui, bon, mauvais exemple, la pauvre enfant est, à la vue de ses goûts musicaux, atteinte de débilité profonde... roooh elle était facile et mesquine celle là, allez je vous demande pardon, je le referai plus)

    Bref on ne parle pas tous le même langage. Et on enrage parce qu’on ne se comprend pas. Moi la première.

    Plus qu’à aller se coucher. Là-dessus on devrait tous tomber d’accord non ?
    ...non ? ... y en a qu’on pas de lits non plus... ? ’tain ils font chier les pauvres aussi.. y a toujours un truc qui va pas avec eux !

  • Ulysse191
    Ulysse191
    Artiste et dans la Pub
    • Posté à 01h00 le 09/02/2012
    • Internaute 88155
      Artiste et dans la Pub

    J’sais pas mais perso, je trouve ce genre de comportement très décevant.

    Oui, la crise est là. Oui, le gouvernement actuel ne favorise pas le pouvoir d’achat. Oui, c’est compliqué de vivre avec peu d’argent. Mais comment fait la majorité des gens ? Elle se comporte normalement (certes, vivote souvent) mais au moins, agit en respectant autrui et les lois.

    Cela n’excuse pas le vol, ni le streaming (ça, ça passe encore) ni les abus en tous genres envers l’entourage...Dans le genre « je profite des autres », elle fait fort ! Tout en essayant de justifier ses actes en prétextant que ses ami(e)s font la même chose...

    Qui plus est, une partie de la culture acquise a été volée, en dérobant « beaucoup » de livres. Pour Moi, ça, c’est révélateur d’une flagrante immaturité.

    Tout à fait le genre de « parasitisme » (à tous les coups, comme ceux qui insultent quand on ne donne pas d’argent..) qui pullule en ce moment.

    Evidemment, en insistant bien sur son engagement politique, cela tend à donner une « justification » » à son comportement bien lâche et abject.

    Et comme de bien entendu, elle s’est lancée dans des études sans avenir.

    Evidemment, comme certains clodos ne peuvent s’empêcher d’acheter une bouteille de mauvais vin dès qu’ils ont un peu d’argent, Sophie, elle, ne parvient même pas à épargner car « ce n’est pas dans “mon tempérament”.

    Elle aurait dit “je n’ai pas les moyens”, ça aurait été bien mieux vu (et logique et dommage, pour le coup) mais là, elle donne le bâton pour se faire battre.

    Et puis, Paris. Paris...Quand on n’a pas les moyens, on n’y va pas. Ce n’est pas une obligation, que je sache.

    Son proprio a été cool et là, n’en peut plus. Il a cru en quelqu’un qui l’a arnaqué, quoi qu’on en dise. Et à lire l’article, on voit nettement que le parti pris est celui de le descendre, lui le propriétaire qui devient méchant. Pose-toi les bonnes questions, “Sophie”...Et apprends donc à te vendre.

    Elle ferait mieux de se trouver un vrai job et de faire comme tout le monde ; la situation actuelle n’excusant pas tout.

    P.S : Non, je ne suis pas de droite. Je précise car je sens déjà les réflexions pleuvoir...J’en ai juste marre de tous ces “assistés/parasites/profiteurs” en tout genre.

    • Aude_sur_rue89
      Aude_sur_rue89 répond à Ulysse191
      Cherchologue
      • Posté à 01h24 le 09/02/2012
      • 173741
        Cherchologue

      Ben non justement non, Sophie n’appendra pas à se vendre puisqu’elle rejette visiblement la société dans laquelle elle se débat (sûrement pas de la bonne façon, là-dessus je suis d’accord) qui est basée sur ce modèle de charisme, consommation et de promotion à outrance.

      Désolée, j’avais dit que je ne rentrerai pas dans le débat et que j’irai me coucher mais là, je vois bien qu’il y a encore un souci d’incompréhension avec ton dernier conseil qui tombe pile à côté de ce que j’ai moi_même compris.

      • Kolyse
        Kolyse répond à Aude_sur_rue89
        psychédélique
        • Posté à 06h41 le 09/02/2012
        • Internaute 124863
          psychédélique

        Je me retrouve bien dans le billet d’humeur d’Ulysse 191.

        La Sophie que nous présente Anthony Cerveaux est assez minable : une profiteuse de l’amitié.

        Aucun engagement dans des associations : quand il lui tombe une larme, elle devient solidaire autour d’un thé bio.

        Au fond elle est très narcissique : son miroir est son nombril.

      • Ulysse191
        Ulysse191 répond à Aude_sur_rue89
        Artiste et dans la Pub
        • Posté à 23h32 le 09/02/2012
        • Internaute 88155
          Artiste et dans la Pub

        C’est tellement « hype », actuellement, de dénigrer la société de consommation...Elle est vraiment anti-société mais en même temps, profite bien du système. Paradoxal, non ? ? ?

        Enfin bref, c’est, je pense, caractéristique de la « nouvelle génération » des jeunes de 20 ans.

  • ethnoe
    ethnoe
    Etudiante
    • Posté à 05h45 le 09/02/2012
    • 181089
      Etudiante

    Même cursus et même difficultés .. Je travaillais la nuit (surveillante) et j’allais à l’école le jour quand je préparai mon entrée en doctorat dans une grande école de sciences sociales. Difficile de gérer la fatigue et de rester concentrée.
    Doctorante, aujourd’hui, je viens de faire mes courses et je vais pouvoir manger exceptionnellement un avocat et boire du lait de soja .. C’est toujours pas facile mais enfin.

    • Ulysse191
      Ulysse191 répond à ethnoe
      Artiste et dans la Pub
      • Posté à 00h47 le 11/02/2012
      • Internaute 88155
        Artiste et dans la Pub

      Déjà, oubliez le lait de soja, inutilement cher, et vous verrez, vous ferez des économies... ; -)

  • ethnoe
    ethnoe
    Etudiante
    • Posté à 05h45 le 09/02/2012
    • 181089
      Etudiante

    Même cursus et même difficultés .. Je travaillais la nuit (surveillante) et j’allais à l’école le jour quand je préparai mon entrée en doctorat dans une grande école de sciences sociales. Difficile de gérer la fatigue et de rester concentrée.
    Doctorante, aujourd’hui, je viens de faire mes courses et je vais pouvoir manger exceptionnellement un avocat et boire du lait de soja .. C’est toujours pas facile mais enfin.

  • Kolyse
    Kolyse
    psychédélique
    • Posté à 06h34 le 09/02/2012
    • Internaute 124863
      psychédélique

    La question qui me tarabuste c’est de savoir comment le journaliste ou pseudo-journaliste Anthony Cerveaux a bien pu dégoter un pareil témoignage (à moins qu’il ne l’ai inventé de toutes pièces et que Sophie n’existe que dans sa tête, Sophie Fiction, Sophie Fantasme du Cerveaux) ?

    Personne ne l’a relevé encore, mais la phrase : « “ J’ai atteint un niveau culturel qui me permet de bien m’entendre avec des gens d’un milieu social plus aisé ” est de la même teneur nauséabonde que celle du ministre Guéant : “ Toutes les civilisations ne se valent pas” !

  • MotPassante1
    MotPassante1
    Militante du quotidien
    • Posté à 11h33 le 09/02/2012
    • 180318
      Militante du quotidien

    C’est moche de voler, on y brule son âme ! surtout pour voler des sous tifs et des bouquins, ça me choque ! Pour manger, il reste les Restos du coeur, et même les restos tout court qui propose des repas gratos dans les grandes villes, et pour les fringues, on a les friperies, les puces ou Emmaus !

    Ce récit est à pleurer dans les chaumières, mais au lieu de faire un bilan négatif, il serait de bon ton de se mettre un coup pied aux fesses, et arrêter de se complaire dans la misère !

    Et si elle trouve un boulot chez un commerçant, elle va faire quoi ? voler dans la caisse c’est ça ? je n’aime pas les gens qui préfèrent les solutions de facilités, et il y a des solutions pour ne pas basculer du mauvais côté de la barrière.

  • Faux_Saint
    Faux_Saint
    Jeune cadre... jusque quand ?
    • Posté à 13h54 le 09/02/2012
    • Internaute 140790
      Jeune cadre... jusque quand ?

    Que nous fais Rue89 avec ces deux derniers « porte monnaies » diagnostiqués (le facteur qui travaillait au black à côté et cette Sophie) ?
    Légitimer le vol ? Banaliser moralement la fraude ?

    Il faut préciser que ce sont les honnêtes gens - et surtout les moins privilégiés - qui paient pour ces « cow-boys » aux allures de Monsieur Tout-Le-Monde : les services publiques dans le cas du facteur qui nous fait de l’évasion fiscale, et la cherté des produits pour le cas de la chapardeuse de supérettes (cherté répercutée sur les prix au détail, pour ne pas affecter la marge qui revient aux pourvoyeurs de fonds propres).
    Bref, c’est toujours les plus petits qui paient in fine...

  • godwin_point
    godwin_point
    discriminé/stigmatisé car oui j (...)
    • Posté à 16h21 le 09/02/2012
    • Internaute 171154
      discriminé/stigmatisé car oui j (...)

    conclusion : une égocentrique narcissique profiteuse minable.

    Et y en a encore pour pleurer sur des assistés comme ça ? Plutôt que sur les SDF ou les gens qui essaient de vivre dignement et honnêtement sans gagner plus d’argent (mais qui renoncent à paris,à la mode...) ?

  • radioactif
    radioactif
    Vendeur de bananes
    • Posté à 19h45 le 09/02/2012
    • 181138
      Vendeur de bananes

    Ce cas pose plusieurs questions.

    Pourquoi n’a-t-elle plus de bourse alors qu’elle en avait une avant ? Aucun critère n’est évoqué, mais à 25 ans, on peut raisonnablement penser qu’elle a un peu trop traîné pendant ses études et épuisé ses droits à bourse. Fallait mieux bosser. Dommage, avec sa Grande Ecole (en sciences humaines : EHESS, qui a des programmes un peu partout, Sciences Po , qui au passage n’est pas une Grande Ecole, et qui aurait abondé sa bourse si elle n’avait pas épuisé ses droits).

    Pourquoi ne pas partir de Paris ? La province ne pue pas, et elle se serait logée pour bien moins cher. D’ailleurs, 500€/mois de loyer, il n’est pas difficile de trouver moins cher à Paris, voire loger chez l’habitant. Faut faire des sacrifices avant d’en arriver au vol...
    Strasbourg, Lille et Lyon offrent beaucoup de possibilités pour bien moins cher. Y compris en sciences humaines.

    Pourquoi n’avoir travaillé qu’un mois en été ? Et pas deux ou trois (en fonction des facs) ? C’est bizarre pour quelqu’un censé être dans le besoin...

    Pourquoi ne pas avoir un job étudiant, même s’il n’est que 5 ou 10h par semaine ? Ca aiderait grandement à mettre de l’emmental râpé premier prix dans les pâtes.

    Bref, ce sont surtout des goûts de luxe (certainement amplifiés par ses fréquentations) et pas mal de flemme. Mais ça fait mieux d’hurler au capitalisme malfaisant, ça donne bonne conscience et évite de se plonger en son propre abîme.

    • A déménagé le 30.01.2012
      • Posté à 15h24 le 10/02/2012
      • 181187

      Je suis perplexe. Je me demande : que cherche Rue 89 en publiant un tel article ? Quel est le parti pris ? (parce que publier un tel « témoignage » n’est pas neutre... Si ?)

      Sinon j’ai quelques noms à communiquer à la rédaction si ça les intéresse, ils pourront faire du sentimentalo-misérabilisme à tout va avec des gens qui adorent ça !

  • glb
    glb
    en exil
    • Posté à 21h37 le 10/02/2012
    • Internaute 166001
      en exil

    j’ai connu une misère très dure pendant mes études.
    Le PIRE était le regard de mépris dans les yeux des étudiants mieux nantis :
    Trop pauvre,classe sociale inférieure.
    Je n’ai jamais oublié ce regard par la suite .Leur duplicité m’est alors devenue insupportable ,car je savais à quoi m’en tenir sur leur « amitié » à mon égard.
    .

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