« Contrat du siècle » pour le Rafale : il n'y a pas de quoi se réjouir !
A la fin de ses vœux à la presse, mardi après-midi, Nicolas Sarkozy a salué l’audience, a commencé à descendre de l’estrade. Son regard a croisé celui de Serge Dassault, qui était là au titre de patron du Figaro. Ce dernier lui a fait comprendre qu’il aurait pu parler des ventes de Rafale à l’Inde. Sarkozy est alors remonté sur scène pour pousser un cocorico :
« Cela faisait trente ans qu’on attendait ce jour, 126 Rafale de dernière phase en Inde ! [...] C’est un signe de confiance pour l’économie française. »
La presse n’est pas en reste. Quelle formidable nouvelle ! Le contrat du siècle ! Douze milliards d’euros ! Des emplois ! Un succès commercial sur un marché extraordinairement difficile !
Nous ne partageons pas cet enthousiasme. Au risque de paraître naïf, nous pensons que la France devrait s’abstenir de vendre des matériels de guerre.
Des armes qui servent
La vente de Rafale à l’Inde est d’autant plus contestable que c’est un pays qui connaît des tensions avec le Pakistan voisin... auquel la France a d’ailleurs vendu des sous-marins. Ce ne sont donc pas des avions de parade que nous leur cédons.
Certes, la situation actuelle est calme. Mais ces armes n’ont pas de date de péremption : les matériels que l’on vend à un pays dont les relations avec ses voisins semblent « stabilisées » peuvent servir, quelques années plus tard, à tuer des innocents.
Parmi les clients de la France, on compte des pays qui traversent des conflits comme la Colombie, Israël ou le Tchad. La France a ainsi vendu des munitions à la Syrie ; elle a vendu des missiles antichars Milan et des réseaux de télécommunication au régime libyen du colonel Kadhafi. Est-on fier de l’usage qui en a été fait ?

Un Rafale s’apprête à se poser sur le porte-avions Charles-de-Gaulles, le 27 mars 2011 (Benoit Tessier/Reuters)
Des marchés corrompus
Ces marchés militaires reposent sur les commissions occultes énormes. Des élites corrompues, dans le monde entier, se sont enrichies grâce à ces ventes. Cet argent détourné est un facteur d’aggravation de la pauvreté dans les pays du sud. Comment peut-on se réjouir de participer à un tel système ? Ceux qui parlent de « moraliser » ces marchés sont des joueurs de pipeau.
Mettre un terme à ces ventes d’armes coûterait cher en emplois, c’est certain. L’industrie de la défense, en France, représente 165 000 emplois directs et autant d’emplois indirects. Et un tiers du chiffre d’affaires du secteur est réalisé à l’exportation. Autrement dit, une reconversion du secteur, si elle devait être décidée, prendra du temps. Pour commencer, il faudrait que la France s’interdise de vendre des armes à des pays impliqués dans un conflit armé et aux pays qui violent les droits humains.
Mais le système des exportations d’armement n’a pas que des vertus économiques : il conduit parfois à des gaspillages gigantesques, comme ce fut le cas avec les mésaventures du Rafale (la Cour des comptes ferait d’ailleurs bien de se plonger dans le dossier Dassault Industrie). Par ailleurs, ces contrats à l’exportation ont toujours des contreparties cachées. Qu’a-t-on promis à l’Inde en échange des 126 Rafale ? Quels seront, par exemple, les transferts de technologie ?
Enfin, il ne faut pas sous-estimer le coût de ces ventes d’armes, pour la France, en termes d’image et de crédibilité diplomatique.
Que fait le Parlement ?
C’est au Parlement, censé contrôler ces ventes d’armes, de se saisir de ces questions. Hélas, personne ne semble très préoccupé par la question au palais Bourbon. L’opacité règne sur ces marchés, comme l’a dénoncé Amnesty international. Et les parlementaires se contentent d’applaudir docilement quand le Président, VRP en chef de nos armements, annonce des contrats juteux.
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Sur Rue89Mélenchon et Dassault : impressions et souvenirs en rafales - Sur amnesty.frLa France doit être plus transparente
- Sur lepoint.frRafale en Inde : on se calme !
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Doctorant
Doctorant
Oulah...
Donc finalement le Rafale, on le raille quand on le vend pas et on le brocarde quand on le vend, en faignant de re-découvrir que les armes c’est pas bien.
Pourquoi alors n’a-t-on pas droit à ce genre d’article à chaque fois que la France vend des armes.
Où étiez-vous quand DCNS a annoncé la vente de 6 corvettes Gowind à la Malaisie il y a quelques semaines. Où étiez vous en juillet lors de l’annonce du contrat pour la rénovation des Mirage 2000 indiens (4 milliards de dollars). Etc..
Non, simplement taper sur le Rafale fait vendre, ayez l’honnêteté de l’admettre.
Pour le reste :
- « nous pensons que la France devrait s’abstenir de vendre des matériels de guerre »
Vendre du matériel surtout aussi stratégique c’est d’abord faire de la diplomatie, tisser des liens et faire des pactes stratégiques. On ne vend pas à un pays le fleuron de son aéronautique, capable de délivrer de l’armement nucléaire, pour le « fun ».
D’autres part si ce n’était pas nous c’était l’Eurofighter. Auriez vous écrit un tel article ?
- « il conduit parfois à des gaspillages gigantesques, comme ce fut le cas avec les mésaventures du Rafale (la Cour des comptes ferait d’ailleurs bien de se plonger dans le dossier Dassault Industrie) »
Déjà fait.
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JE CITE : « Selon elle [la Cour des Comptes], chaque Rafale sorti de chaîne coûte 101 millions. Soit une hausse de 4,7% seulement, toujours par rapport au prix de départ, ce qui confirme les affirmations des militaires. Les détracteurs du Rafale, et ils sont nombreux, n’en n’ont cure : l’avion reste à leurs yeux un gouffre financier. Ils pourront toujours se consoler en regardant ce qui se passe de l’autre côté du channel. Selon le “ National Audit Office ”, le prix unitaire de l’Eurofighter a augmenté de... 75 %, pour dépasser les 250 millions d’euros pièce ! “
Un autre article pour vous informer :
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-‘transferts de technologie ?
On a besoin des transferts de techno pour vendre ! ! cela faisait partie des termes du contrat.
Pour terminer, 18 avions seront construits en France. Le reste ASSEMBLE en Inde, mais la plupart des pièces produites en France.




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