Les low-cost aussi peuvent mourir : l'Indien Kingfisher en danger
(De New Delhi) Première compagnie low-cost d’Inde il y a encore quelques années, Kingfisher Airlines pourrait bientôt disparaître. Le groupe a annoncé la semaine dernière des pertes de près de 70 millions d’euros entre juillet et septembre et a du annuler plus de 200 vols ces derniers jours, lançant finalement un appel au gouvernement indien pour le sortir de cette mauvaise passe.
Le Premier ministre indien a finalement accepté de considérer la mise en place d’un « plan de secours » pour Kingfisher, le weekend dernier, affirmant que les compagnies d’aviation privées devaient être « gérées de manière efficace » mais que [le gouvernement » devait « trouver des moyens de les aider lorsqu’elles rencontrent des difficultés ».
Hausse des prix du carburant et roupie faible
Vijay Mallya avait fait appel au ministre des Finances et au ministre de l’Aviation la semaine dernière, demandant l’injection de fonds dans le groupe par l’intermédiaire de prêts accorder par les banques à des taux d’intérêt préférentiels.
L’homme d’affaire a cité la hausse du prix du carburant comme catalyseur de cette crise, mettant également en cause les taxes d’aéroport élevées et une dévaluation de la roupie par rapport au dollar. Sur Twitter, il a écrit :
« En Inde, les compagnies aériennes sont surtaxées. Est-ce le rôle de Kingfisher de voler sur certaines routes à perte, lorsque les gouvernement régionaux imposent de lourdes taxes, ou devons nous simplement prendre en compte la profitabilité ? »
Lancé en 2003, Kingfisher n’a pas enregistré de bénéfice net depuis 2005 et traine une dette totale de près d’un milliard d’euros.
Les problèmes du groupe se sont aggravés ces derniers mois, l’avionneur rencontrant des difficultés à attirer du nouveau capital, provoquant des retards dans le paiement de fioul et autres dépenses.
Des rumeurs faisant état de nombreuses démissions dans les rangs des pilotes de Kingfisher ces derniers mois ont été minimisées par la direction.
En septembre dernier, le groupe avait déjà annoncé l’arrêt de Kingfisher Red, sa branche low-cost, affirmant vouloir quitter ce marché, devenue de plus en plus compétitif depuis quelques années en Inde, avec l’émergence de nombreuses compagnies concurrentes.
« Ceux qui sont en train de mourir doivent mourir »
De nombreuses voix se sont élevées pour s’opposer au sauvetage de Kingfisher, un groupe entièrement privé appartenant a un des plus gros conglomérats indiens, par le gouvernement.
Les partis d’opposition se ont se sont prononcés contre toute intervention de l’Etat.
Le PDG de Spicejet, compagnie low-cost indienne concurrente, s’est opposé à ce que « l’argent des contribuables » soit utilisé pour sauver Kingfisher de la banqueroute, tandis que l’industriel Rahul Bajaj a de son côté affirmé froidement que dans une économie de marché :
« ceux qui sont en train de mourir doivent mourir ».
Vijay Mallya a toutefois nié catégoriquement avoir chercher à obtenir des fonds publics, lors d’une conférence de presse, mardi, affirmant avoir seulement demander aux banques de lui accorder 100 millions d’euros de fonds de roulement pour permettre à Kingfisher de se relancer.
Le premier « préteur » du groupe, la State Bank of India, avait posé comme condition à cette aide la mise en place d’un « business plan crédible » par le groupe et l’apport de capitaux propres par les propriétaires du groupe.
Un secteur en crise
Si Kingfisher Airlines est la compagnie aérienne plus touché par la crise que traverse le secteur de l’aviation en Inde, elle est loin d’être la seule. Hormis le groupe Indigo, qui se développe à vitesse grand V et a récent ouvert des vols vers Singapour, Bangkok et les Emirats Arabes Unis, aucune compagnie indienne n’engrange actuellement de bénéfices, malgré une augmentation de 19% du nombre de passagers depuis l’année dernière.
Air India, la compagnie aérienne publique indienne, a demandé mardi à l’Etat une aide de près d’un milliards d’euros, deux ans à peine après son dernier renflouement par New Delhi.
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Geek expatrié en Inde
Geek expatrié en Inde
Kingfisher a été l’un des pionniers de l’aviation low-cost indienne. A sa tête, Vijay Mallya a racheté Air Deccan qui a révolutionné le secteur en Inde car la première à proposer des prix low-cost avec pour rêve que « chaque Indien puisse voler au moins une fois dans sa vie ». Ils ont aussi proposé de nombreuses routes où Air India n’allait jamais.
Le vrai problème reste un gouvernement trop cupide, qui plombe le secteur par de très très lourdes taxes et les compagnies indiennes qui volent à perte. Vers l’Asie, elles sont concurrencées par des low-cost thai ou malaysiennes (air asia) qui elles n’ont pas autant de charges aéroportuaires. Il faut sauver Kingfisher, mais les indiens ne voudront jamais que le gouvernement y investisse une seule roupie. Les banques, puissantes, doivent jouer leur rôle de financement et des options de fusion avec d’autres compagnies aériennes doivent être envisagées pour en garantir la solvabilité. Enfin, la roupie, qui est à son plus bas niveau depuis 2ans (mon salaire a perdu 20% de sa valeur en €) plombe toute l’économie indienne et n’améliore pas l’inflation qui est déjà de 8%/an.




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