A la une 03/11/2011 à 19h29

Grèce : Papandréou renonce à son référendum (et peut-être à son poste)

Pascal Riché | Redchef Rue89

Mis à jour
Vote de confiance pour Papndréou 11/04/11 : Papandréou serait prêt à démissionner pour faciliter une coalition d'union nationale. 11/04/11 - 07:42 Ajout de la réaction de Sarkozy. 11/04/2011 - 13:01 Abandon officiel du référendum.

Coucher de soleil sur l’Acropole, le 3 novembre 2011 (Yannis Behrakis/Reuters)

La messe est dite : le peuple grec n’aura pas son mot à dire sur l’accord passé le week-end dernier à Bruxelles et du même coup sur la cure d’austérité à laquelle il est soumis. Le Premier ministre grec Georges Papandréou, après avoir annoncé un référendum pour début décembre et reçu mercredi le soutien de son gouvernement dans ce projet, y renonce sous la pression.

Jeudi, il a expliqué qu’il avait engagé des pourparlers avec l’opposition de droite en vue d’obtenir leur soutien sur l’accord passé à Bruxelles le week-end dernier. Il a alors déclaré que s’il parvenait à créer une sorte d’union nationale autour du « deal » européen, le référendum deviendrait « sans objet ».

Ce vendredi matin, le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, a indiqué que la Grèce abandonnait officiellement le projet de référendum. Il a aussi confirmé que le gouvernement briguait vendredi soir la confiance du parlement grec « pour obtenir le plus grand consensus possible » politique « avec la formation d’un gouvernement en ce sens ».

Papandréou out ?


Le Parlement grec

Georges Papandréou a obtenu vendredi soir la confiance du Parlement, de justesse (153 voix sur 300), sur l’accord de Bruxelles. Il va oeuvrer pour constituer à un gouvernement d’union nationale. Il n’est pas certain qu’il restera aux commandes. Jeudi soir l’agence Reuters affirmait qu’il avait conclu un accord avec ses ministres par lequel, après le vote de confiance, il démissionnerait et laisserait la place à ce gouvernement de coalition.

La pression de « Merkozy »

Papandréou était sous une extrême pression de ses partenaires européens et des grandes banques pour qu’il abandonne son référendum.

Un « non » risquait de déclencher une nouvelle tempête financière qui aurait pu, selon les autorités de plusieurs pays européens, être fatale à la zone euro.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, surnommés dans cette crise « Merkozy », ont clairement annoncé à Cannes que l’Europe n’accorderait aucun crédit à Athènes tant que l’accord de la Grèce ne serait pas formellement donné au plan de « sauvetage ».

Ce plan prévoit :

  • l’allégement du poids de la dette grecque de 50% ;
  • un nouveau crédit de 130 milliards d’euros ;
  • de nouvelles mesures d’austérité.

Depuis Cannes, où se tient un sommet du G20 dans une atmosphère électrique, les dirigeants suivent pas à pas les soubresauts grecs. Jeudi soir, en apprenant l’abandon probable du référendum, ils ne cachaient pas leur soulagement. Merkel était radieuse, Sarkozy exultait :

« Je crois pouvoir dire que le message qui a été adressé à l’ensemble de la classe politique grecque hier par l’Allemagne et la France a facilité une prise de conscience qui, si elle devait se confirmer, serait saluée unanimement par tout le monde [sic]. »

« Jusqu’à quand fera-t-on souffrir les Grecs ? »

Quelle que soit l’issue de ces soubresauts politiques en Grèce, l’avenir du plan signé à Bruxelles reste très incertain. La voie de l’austérité n’a jusque-là rien résolu, et certains économistes jugent même que seule une politique inverse à celle qui est imposée actuellement permettrait au pays de sortir de l’ornière.

Commentaire de Charles Wyplosz, professeur d’économie internationale à l’Institut des hautes études internationales de Genève :

« Imposer à ce peuple un nouveau plan d’austérité est une très grave bêtise : c’est d’une politique d’expansion budgétaire que les Grecs auraient besoin, pour faire redémarrer l’économie.

Depuis deux ou trois ans, ce pays voit son PIB baisser tous les jours. Jusqu’à quand laissera-t-on la situation se dégrader ? Jusqu’à quand fera-t-on souffrir les gens ? »

Une sortie de l’euro de la Grèce ne serait pas une voie plus facile : le pays plongerait alors dans un grand chaos économique (personne ne sait par exemple aujourd’hui dans quelle monnaie les dettes et les contrats des Grecs, les uns vis-à-vis des autres, devraient alors être honorés : en nouvelles drachmes ou en euros ?). La tragédie grecque est loin d’être finie...

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 19h39 le 03/11/2011
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Référendum ou non, tout cela ne change plus grand chose à l’affaire. La Grèce a montré qu’elle lâchait prise au plus haut sommet. Et le bateau Europe est en train de prendre l’eau à vitesse grand V (suivre en particulier ce qui est en train de se passer en Italie.)

    Quoi qu’il en soit, je conseille à tout le monde de ne pas quitter son fil d’information. Nous sommes désormais en train d’assister à un naufrage en direct sous forme d’une crise systémique majeure.

    –––––

    POUR SUIVRE LES ÉVÉNEMENTS GRECS EN DIRECT (rebondissements en série garantis !) :

    Situation en Grèce, par Okeanos (correspondant à Athènes pour Les-Crises.fr)

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 23h12 le 03/11/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Joli coup de muleta !

    Olé ! Toro !

    Bientôt le peuple grec sera prêt pour les banderillas...

  • zé ninguem
    zé ninguem
    lecteur
    • Posté à 23h16 le 03/11/2011
    • Internaute 103600
      lecteur

    Bien joué Papa André ! Qu’est-ce que tu as bien pu soutiré à la droite grecque
    et au tendem « sauveur de l’Europe » avec cette habile manœuvre ! ?

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h22 le 03/11/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Papandréou pratique la stratégie du fou, technique qui consiste en politique à faire n’importe quoi pour cacher son véritable objectif. En fait, il savait dès le départ que sa propre cause politique et sa carrière était fichues et que la seule et unique chance de s’en sortir était de provoquer un électrochoc dans la classe politique du pays. Il proposera en dernier ressort un gouvernement d’union nationale et ratifiera l’accord de Bruxelles avec une large majorité.
    Comment dit on machiavélique en Grec ? Μακιαβελικός