Enquête 16/06/2010 à 15h25

Comment Genealogie.com veut privatiser les archives publiques

François Krug | Journaliste Rue89

Infosignalée par
un internaute


Capture d’écran du site Genealogie.com.

Condamnés à mort sous la Révolution, militaires décorés en 1914-1918 ou immigrés naturalisés au début du XXe siècle : Genealogie.com affirme avoir déjà recueilli 300 millions de données. Des archives accessibles gratuitement auprès des administrations concernées, mais pas toujours disponibles en ligne. L’objectif du site ? Numériser et stocker ces documents, mais en faisant payer leur consultation : l’abonnement va de 19,99 euros pour un mois à 54 euros pour six mois.

Le problème, c’est que certaines administrations se font prier pour fournir leurs archives à un site commercial. Comme les conseils généraux : depuis un an, Genealogie.com lorgne sur leurs registres d’état civil et leurs cahiers de recensement du XIXe siècle et du début du XXe. Et il perd patience.

Genealogie.com met en garde les départements

Résultat : le 4 mai, la société NotreFamille.com, propriétaire du site, a envoyé un courrier à l’ensemble des conseils généraux. Une mise en garde polie, mais ferme.

La société leur apprend que la Meurthe-et-Moselle et le Rhône ont été rappelés à l’ordre par la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) : ils refusent que le site exploite leurs archives, mais la loi leur donne tort.

Voir le document

(Fichier PDF)

Les conseils généraux ont compris le sous-entendu : après ces avis favorables de la Cada, tout nouveau refus pourra être attaqué devant le tribunal administratif. D’ailleurs, la société conclut son courrier comme si l’affaire était close.

Pour les départements n’ayant pas encore numérisé leurs archives, pas de problème : Genealogie.com le fera pour eux. Pour les autres, c’est encore plus simple. Il leur suffit d’indiquer s’ils préfèrent livrer leurs fichiers sur des disques durs ou via un serveur FTP. (Voir le document)

Pétition sur Internet, questions relayées par des députés auprès du ministre de la Culture : l’affaire fait du bruit chez les généalogistes amateurs, et provoque la colère des archivistes. L’un d’entre eux, qui préfère rester anonyme, explique :

« Nous avons déjà dépensé des sommes importantes pour numériser, et cette société espère récupérer ces données à moindre coût. Si cet acteur-là prend une place primordiale sur le marché, est-ce qu’il ne va pas se substituer à nous et décider de ce qu’il est nécessaire ou pas de numériser ? »

« Un Google généalogique »

« Nous ne voulons pas nous substituer au service public », assure le directeur général de Notrefamille.com, Emmanuel Condamine. Selon lui, Genealogie.com offre un service complémentaire :

« Nous sommes un moteur de recherche patronymique, une sorte de Google généalogique [...]. Nous demandons juste à bénéficier, sans exclusivité, de l’application d’une loi qui existe depuis 32 ans. »

La loi sur la « réutilisation des archives publiques » date en effet de 1978. Elle est claire : si les données sont publiques et qu’elles ne concernent pas des personnes encore en vie, on ne peut pas s’opposer à leur « réutilisation ». Y compris à des fins commerciales. Selon la Cada, les départements n’ont pas vraiment le choix :

  • Si les archives ont déjà été numérisées, Genealogie.com doit pouvoir exploiter les fichiers ;
  • si les archives n’ont pas encore été numérisées, le site doit
    pouvoir le faire.

Un partenariat entre l’Etat et les mormons

En 1960, l’Etat avait déjà confié la sauvegarde sur microfilms des registres de l’état civil au privé. Son partenaire ? La Société généalogique de Salt Lake City,
dépendant de l’église mormone. Cet accord surprenant, confirmé en 1987, donnait satisfaction aux deux parties : pour l’Etat, une sauvegarde gratuite de l’état civil ; pour les mormons, la possibilité d’identifier les morts pour les bénir, comme le prévoit leur religion.

Genealogie.com propose lui aussi de sauvegarder gratuitement les archives des départements. Pourtant, aucun d’entre eux n’a encore signé de partenariat avec le site. Pas seulement par refus de confier des archives publiques à une société privée : c’est aussi une question d’argent. Si la loi empêche les départements de s’opposer à la « réutilisation » de leurs archives, elle les autorise à réclamer une redevance.

Genealogie.com se dit prêt à en verser une, mais seulement pour les fichiers déjà numérisés. Pas question, en revanche, de payer pour les archives qu’il numérisera lui-même. D’autant, souligne Emmanuel Condamine, que les départements pourront utiliser à leur guise les images réalisées par Genealogie.com. Et même les fournir à des sites concurrents.

Les conseils généraux hésitent : combien peuvent-ils réclamer à Genealogie.com ? Ils préfèrent attendre les résultats des calculs de l’Agence de la propriété immatérielle de l’Etat, qui travaille en ce moment sur la tarification des archives de l’Etat. « Ça n’engagera en rien les départements, mais ce seront des tarifs pivots », explique Jean-Christophe Moraud, directeur général de l’Assemblée des départements de France, l’association des présidents de conseils généraux.

Certains départements font déjà payer

L’affaire Genealogie.com pourrait en fait embarrasser quelques conseils généraux. Parmi les départements ayant déjà numérisé leurs archives, certains font en effet payer la consultation en ligne, alors qu’elle est gratuite dans les salles de lecture. « Afin de couvrir une partie des frais liés à ce service, une participation vous est demandée », explique le site des archives départementales de la Savoie. Les tarifs ?

Embarras, également, chez les généalogistes amateurs. Beaucoup redoutent une numérisation systématique des archives par Genealogie.com. Mais parmi les 150 associations membres de la Fédération française de généalogie, certaines collaborent avec le site et alimentent sa base de données. Le secrétaire adjoint de la Fédération, Jean-Yves Houard, se veut consensuel :

« Il faut qu’il y ait toujours un accès gratuit aux documents. Notre souci, c’est que les départements arrêtent d’investir et préfèrent attendre que Genealogie.com le fasse : ça représente un travail énorme, est-ce qu’ils vont aller jusqu’au bout ? »

Genealogie.com candidat au grand emprunt

Notrefamille.com affirme vouloir s’en donner les moyens, pour résister à des concurrents comme l’américain Ancestry. La maison mère de Genealogie.com emploie quarante personnes, et elle est déjà cotée en Bourse, sur le marché Alternext, réservé aux PME. Elle vient de boucler une augmentation de capital de 2,5 millions d’euros, et elle participe à l’appel à projets lancé dans le cadre du grand emprunt : l’Etat prévoit de consacrer 750 millions d’euros à la numérisation du patrimoine.

Genealogie.com sait aussi réduire ses coûts. Une fois les documents numérisés, leur transcription et leur indexation peuvent être confiées à des prestataires étrangers, dans des pays francophones, admet Emmanuel Condamine.

Selon lui, le site attire aujourd’hui 1,5 million de visiteurs uniques par mois -grâce à un référencement efficace et aux achats de mots-clés sur Google-, et compte « quelques dizaines de milliers d’abonnés. »

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  • nahera
    nahera répond à psych0Dad
    • Posté à 19h12 le 16/06/2010
    • Internaute 6180

    Le service public n’est pas défaillant dans la mesure où il y a déjà plus de 60 ou 70 départements offrant l’accès à leur état civil via internet gratuitement (les 3 départements cités sont les seuls à faire payer)
    Des archives ouvrent régulièrement leur site web.
    Il y a aussi pas mal de municipalités qui ont fait la même chose.

    Et, comme je l’ai dit plus haut, Généalogie.com se permet de faire payer l’accès à des documents accessible gratuitement par ailleurs. Inutile de dire que sur leur site on ne trouve pas les liens vers les différents d’archives départementales ! ! ! ! (ou c’est bien caché...)

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à nahera
      sociopathe
      • Posté à 19h43 le 16/06/2010
      • Internaute 81504
        sociopathe

      Je ne vois toujours pas le probleme. Si comme vous l’affirmez le service offert par cette entreprise est par ailleurs disponible gratuitement pour quiconque prend la peine de s’adresser aux administrations publiques, alors l’issue ne fait aucun doute : Genealogie.com perd son temps et court a la faillite. Mis a part quelques cretins (qui meritent de toute facon de se faire plumer) personne n’ira sur le site payant.

      Si par contre leur site offre des fonctionalites qui sont absentes sur les sites publics alors je ne vois pas en quoi il est scandaleux de faire payer. Ceux qui peuvent se contenter du service de base continueront de s’adresser a l’administration et ceux qui estiment pouvoir beneficier des ameliorations de genealogie.com paieront pour profiter de ces dernieres.

       
      • nahera
        nahera répond à psych0Dad
        • Posté à 21h24 le 16/06/2010
        • Internaute 6180

        Je répondais juste sur la défaillance des services publics.

        Pour le reste....un des plus grands plaisirs de la généalogie est quand même de chercher, de déchiffrer les documents et de trouver soi même.
        Si tout est indexé et qu’il n’y a plus qu’à cliquer...bof bof...

        • Sid_Mo
          Sid_Mo répond à nahera
          Cadre dirigeant de PME
          • Posté à 23h36 le 16/06/2010
          • Internaute 59795
            Cadre dirigeant de PME

          Sauf que ça aide bien quand on travaille sur les branches collatérales de sa famille et que l’on gère un nombre de noms de famille croissant.

          Je dois reconnaître que quand on trouve tout le travail fait sur un site, le côté excitation est pas le même que lorsque l’on trouve la personne cherchée dans un registre. Mais ça ne change pas la qualité de la donnée et dans mon cas la recherche généalogique n’est que le début du travail. Le deux me vont donc parfaitement. Et je suis TRES content de trouver quelqu’un qui diffuse des travaux qui me servent ! (déformation professionnelle oblige).

          Ensuite, il y a aussi le rapport qu’on entretien avec l’outil informatique. Dans mon cas, c’est l’outil quotidien et ça fait longtemps que je ne cherche plus forcément la sensation du papier d’archive sous la main. C’est une part d’excitation qui elle aussi disparait au profit d’une rationalisation de la recherche. Je ne saurais dire si ça me manque...

          • nahera
            nahera répond à Sid_Mo
            • Posté à 12h20 le 17/06/2010
            • Internaute 6180

            Tout à fait d’accord, ça aide bien. Le même type de recherche sur un site bénévole m’a d’ailleurs débloqué toute une branche. ...Mais j’avoue une tendresse pour le principe du bénévolat ....
            (et pour le site en question, ça m’énerve qu’ils se fassent du fric avec des travaux bénévoles...)

            Mais par exemple, je recherchais l’acte de naissance de mon grand père. je ne trouvais rien dans les villes d’où il aurait pu venir. Par contre je savais qu’il avait été juge. De fil en aiguille, en fouillant dans plein de sites, j’ai découvert un fichier des magistrats, et donc ses date et lieu de naissance....etc...
            Si il m’avait suffi de taper son nom dans un moteur de recherche, je ne suis pas sûre que je me serais posé toutes les questions que je me suis posé
            De même en parcourant les archives tu vois d’autres choses, d’autres noms que ceux que tu cherches directement,

            Pour ce qui est de la sensation du papier....je n’ai encore fait mes recherches que sur internet, parce que (déformation professionnelle aussi...) je privilégie toujours l’informatique, mais je n’aime pas non plus si le travail est trop mâché ! !
            Suppose : ils arrivent à mettre dans un fichier tous les actes d’état civil, tu tapes Nom, prénom et ça te sors les noms des parents, de l’époux et des enfants.... Si il font bien leur truc : tu tapes ton nom et ça te sort ton arbre directement (bon là c’est un peu science fiction d’accord) : mais je pense que ça tue tout le plaisir...

      • la champenoise
        • Posté à 21h59 le 16/06/2010
        • Internaute 27942

        Un des problèmes avec Généalogie.com c’est qu’il vous attire pour que vous déposiez GRATUITEMENT vos recherches généalogiques chez eux, et, ensuite ceux qui veulent les consulter DOIVENT payer !
        Un autre problème tout à fait différent est que l’on retrouve à sa tête, avec d’autres, le propre frère de la secrétaire d’état au numérique. C’est beau la famille ! ! !

      4 autres commentaires
  • Brice54
    Brice54 répond à psych0Dad
    Vigilant
    • Posté à 19h40 le 16/06/2010
    • Internaute 117484
      Vigilant

    Elle ne réclame effectivement pas d’exclusivité. Cela signifie que ce qu’elle demande doit être accordé dans les mêmes termes à une autre société qui demanderait la même chose. Des documents papier ou des microfilms qui seraient confiés à Notrefamille.com pour être numérisés devraient également être mis à disposition de cette seconde société pour qu’elle effectue à nouveau ce même travail. Cela pose des problèmes en terme de protection matérielle des documents concernés.

    Le travail d’indexation nominative, même réalisé à Madagascar, coute cher si l’on veut qu’il soit bien fait (pas de reconnaissance automatique pour des écritures manuscrites). Plus cher que la numérisation des documents.

    L’alternative (si l’on se place dans le seul domaine de la généalogie) : la mise en place d’outils d’indexation collaborative faisant participer les internautes. Certains départements l’on déjà mise en place. Cela peut changer la donne et profondément modifier le rôle des associations généalogiques. Cela suppose également, pour être véritablement efficace, la création d’un portail national qui tirerait partie des données produites localement.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à Brice54
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 23h39 le 16/06/2010
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Pour l’alernative, c’est ce que fait l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours avec ses fidèles pour les registres micro-filmés qu’ils ont choisis de traiter avec la nouvelle « applet » en ligne. Ils ont abandonnés totalement le traitement papier et tout est désormais géré en ligne. Seuls les micro-films sont encore demandés. Toute l’extraction est littéralement « informatisée » et « rationalisée ». Mais c’est une oeuvre de passion et je ne crois que TRES peu au fait de sous-traiter ça à des petites mains payées au lance pierre. Trop d’aller/retour, de patience et de diligence pour que se soit fait comme on réalise un annuaire.

  • batmane
    batmane
    super héroe
    • Posté à 18h06 le 16/06/2010
    • Internaute 72458
      super héroe

    Recyclons nos grands-parents, c’est bon pour la planète.
    Fichtre, tout ceci fait froid dans le dos.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 18h10 le 16/06/2010
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Bravo pour cet article.
    Il faut absolument dénoncer les pratiques de ces sites de généalogie qui exploitent de manière scandaleuse des données publiques, et en plus libres d’accès (sauf à payer une inscription aux archives départementales), pour faire du commerce.
    Les archives font partie du patrimoine d’un Etat.
    Je trouve inadmissible que des investisseurs privés puissent s’en accaparer les données.

  • vivi
    • Posté à 18h13 le 16/06/2010
    • Internaute 33813

    Qu’est-ce qui empêche de prendre un abonnement 1 mois, copier autant de documents que possible et les mettre sur un site en accès libre, puisque les informations sont du domaine public ? (une simple numérisation n’est pas un acte de création susceptible de protection par le droit d’auteur)

    Réaction sur le paragraphe « Certains départements font déjà payer » : les administrations françaises se font une spécialité de faire payer des récoltes d’informations déjà financées par nos impôts. Consulter le registre des sociétés ? Payant. Visionner une vidéo de l’INA ? Payant. Voir une carte sur le site de l’IGN ? Payant.

    Ça n’engage que moi mais je pense que toutes ces informations devraient être disponibles facilement et gratuitement pour tout citoyen français.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 18h16 le 16/06/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    Le groupe notrefamille.com est typique de l’activité numérique en France.

    Des petites entreprises fortement endettées parce qu’elles n’ont d’autres moyens de se développer qu’en acquérant d’autres entreprises semblables afin d’atteindre le graal de la taille critique.

    Constamment à la recherche d’un service vache-à-lait afin d’avoir la rente insubmersible, ces entreprises flairent l’opportunité miraculeuse de la délégation de service public.

    Il est vrai que ce gouvernement fait tout ce qu’il peut pour encourager la mise en coupe réglée de l’économie française par l’organisation d’oligopoles particulièrement dans tous les secteurs rentables où la commercialisation d’un service dont le maitre d’ouvrage est l’état lui-même ou une collectivité locale.

    C’est la version française de la création de valeur. Tout ce qui est gratuit devient payant, surtout l’infrastructure ; tout ce qui est déjà payant devient plus cher. Tout ce qui est commercialisable est délégué à des opérateurs privés.

    L’endettement public fait le reste : R&D du privé subventionné par des crédits d’impôt recherche, prêt bonifié ou garanti par l’état, subventions directes.

    notrefamille.com, au titre de l’exercice 2009, déficitaire d’ailleurs d’environ 23000 €, a dû recevoir plus de 170.000 € de crédit d’impôt au titre de la recherche.

    Ce qui donne une idée de l’état réel de la recherche en France où une partie des sommes allouées vont financer le simple développement des entreprises de service intellectuel complètement sous-capitalisées.

    Pitoyable.

    Et pendant ce temps les vrais créateurs  ?

    • xaxa
      xaxa répond à egide
      • Posté à 18h59 le 16/06/2010
      • Internaute 88669

      « a dû recevoir plus de 170.000 € de crédit d’impôt au titre de la recherche. »

      Le crédit d’impot recherche vient en déduction des impôts dûs. Ce n’est pas une subvention versée.

      Cette société n’a donc rien reçu au titre du CIR, mais peut déduire de ses impôts à venir dans les 3 prochaines années (2010, 2011 et 2012) la part du CIR qu’elle n’a pas encore utilisé.

      Dans votre hypothèse, elle dispose de 170 000 de crédit d’impôt, donc ne paiera des impôts en 2010 que si son résultat net dépasse les 170k + la valeur du CIR pour l’année 2010.

      La partie restante du CIR au dela des 3 ans peut être reversée à l’entreprise (suivant la date d’obtention du CIR puisque c’est une réforme récente)

      • egide
        egide répond à xaxa
        Littéral
        • Posté à 19h12 le 16/06/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        Merci de cette précision.

        En effet le groupe notrefamille.com devait 47000 € d’impôts au fisc.
        À déduire donc de ce crédit d’impôt.

        mais il apparait évident que les crédit d’impôts au titre de la recherche vons s’accumuler chaque année et que cela se traduira fatalement par des versements du fisc à l’entreprise à l’issue des années. À moins que la charge des impôts n’augmente inconsidérément cette année et la suivante.

         
        • xaxa
          xaxa répond à egide
          • Posté à 19h18 le 16/06/2010
          • Internaute 88669

          J’ai du mal à comprendre comment elle peut devoir des impôts et être déficitaire ...

          Sinon, ce n’est pas certain. Le CIR a des conditions d’applications qui ne sont pas systématiquement remplies chaque année. Je ne sais pas comment fonctionne cette société, mais, par exemple, elle peut normalement déduire sa R&D au titre du développement de l’outil d’indexation (et les salaires ou prestations associées). Mais les coûts de numérisation ne sont pas de la R&D.

          Reste que la réforme du CI a été une co...... de première, permettant d’introduire dans le pan défiscalisable la R&D standard, nécessaire à la vie de toute société, quand ce CIR ne devrait que servir à orienter vers des recherches annexes, complémentaires, externe au cycle normal de vie de l’entreprise.

          • egide
            egide répond à xaxa
            Littéral
            • Posté à 13h33 le 18/06/2010
            • Internaute 45067
              Littéral

            Et bien j’ai fait une erreur grossière en consultant les documents comptables de notrefamille.com,

            J’ai confondu résultat financier et résultat net.

            Le groupe est bénéficiare de 904 995 € en 2009.

            François Krug a rectifié mon information erronée.
            Désolé.

        2 autres commentaires
    • bobT
      bobT répond à egide
      saoul
      • Posté à 19h23 le 16/06/2010
      • Internaute 69333
        saoul

      Pendant ce temps la les vrais projets de recherche et d’innovation il sont pas financé ni par les banquiers frileux, ni par les crédits recherche car faut avoir les reins solides pour encaisser 1 ans apres, ni par les myriades « d’agences » public ou semi public qui distribue l’argent public
      aux boites qui distribuent déjà des bénéfices a la pelle...

      Simplement car il faut être « introduit » pour toucher toutes le subventions en question.

      Si tu t’appel Eurocopter, dassault ou encore Lagardere, il n’y a qu’a demander, vous serai servit pendant que c’est chaud et se sera la part du lion en plus !

      Sinon dans cette boite c’est qui les actionnaires soit disant « familiaux » a part le Toussaint Roze ?
      Ba vraiment rien de grave, le frère de NKM qui l’aidera bien a faire plier les conseils généraux sous le prétexte que c’est ca l’économie numérique et que c’est les bouseux qui comprennent rien.

      Un des bigboss et actionnaire de Newsweb une boite (qui fait les version web de certain journaux) appartenant en grande partie a Lagardère (vous savez le Frere a NS)...

      Et du coup en plus avec toutes ces subventions déguisés décrochées grâce a des appuis de choix il se font financer la phase de recrutement client et notoriété » et paye 0 taxes en se payant surement très grassement et quand ont pourra plus leur refusé tellement la pression des amis sera forte le magot des registres ils encaisseront les benef tranquillou en disant que ce sont quand meme des gens tres fort tres visionnaire...
      Il auront forcement fait « adapté » les contraintes pour etre sur d’avoir l’exclusivité ad vitam eternam ou presque et un jour dans quelques années ils irons même jusqu’à trainer en justice les archives public pour concurrence deloyale...

    • François Krug
      François Krug répond à egide
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 19h27 le 16/06/2010
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Je me permets de corriger les chiffres que vous donnez : Notrefamille.com n’est pas déficitaire, mais bénéficiaire, avec un résultat net de 904 995 euros en 2009. Les 23 000 euros que vous évoquez semblent être les « résultats financiers », qui ne sont pas la même chose (ils ne réflètent qu’une partie des comptes d’une entreprise : ses placements, ses amortissements...).

      • egide
        egide répond à François Krug
        Littéral
        • Posté à 19h33 le 16/06/2010
        • Internaute 45067
          Littéral

        Vous avez raison.
        Et votre correction est un devoir.
        Désolé de mon erreur effectivement le résultat net comptable est un bénéfice de 904 995 €.

        Désolé, toutes mes excuses.

  • Humain
    • Posté à 18h38 le 16/06/2010
    • Internaute 21387

    Ils font comme les banques en un sens ! !

    Ils prennent l’argent publique (ici ce sont les dossiers) et font de l’argent avec ! !

    Les banques privées ont fait pareil : ils prennent les déniers publics (les fonds) et font de l’argent en pretant à l’Etat ! !
    (Même Madhoff n’y avait pas pensé !)

    ils ont raison ! On est libéral ou on ne l’est pas !

    Ou alors on somme la loi d’être tout simplement appliquée !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 19h10 le 16/06/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ « Comment Genealogie.com veut privatiser les archives publiques » ]

    Privatisons les profits et collectivisons les dettes et les emmerdes !

    Si j’ai bien compris, c’est l’ensemble du boulot de tout le monde et le pognon récolté par le fisc sur le dos des citoyens, qu’on refile encore au privé :

    ♦ Le réseau autoroutier qui constituait une véritable rente pour l’Etat
    ♦ Les milliers de Km de Voies ferrées qui sillonnent le pays France
    ♦ Toute l’infrastructure des réseaux de distribution d’eau courante
    ♦ L’ensemble du réseau EDF (pylônes, Usines, cables, personnels)
    ♦ L’ensemble des structures de la téléphonie et TV (relais et cables)
    ♦ Et maintenant, main basse sur l’Etat-civil (des milliers d’h de travail)

    Toutes ces choses contruites par les travailleurs et les fonctionnaires,
    offertes sans la moindre vergogne à ces gourmands du capitalisme.

    Nous aurons donc payé deux fois :
    - Une fois en temps que propritaires (financé par nos impôts)
    - Encore une fois, en qualité d’usagers, vu que le montant de nos factures passe désormais dans les banques privées, au lieu de se retrouver (avec les bénéfices d’exploitation) dans la caisse commune.

    Et cette histoire de Fichier d’Etat-Civil :
    Jusqu’ici consultable gratuitement par tous, il sera désormais payant.

    MERDE A CES GENS !
    Rendez nous notre argent : on reprend tout à zéro...
    ...et bien sur, on renationalise toutes ces caisses enregistreuses !

    Sinon, il ne reste plus qu’à céder la Tour Eiffel aux « Bilderberg ».

    • airlane
      • Posté à 19h24 le 16/06/2010
      • Internaute 28372

      On devrait avoir droit à des droits d’auteur ! Vite Hadopi !

  • tvargentine-
    • Posté à 19h08 le 16/06/2010
    • Internaute 17486

    Un article de publi-reportage pour une société qui archive des documents administratifs

    Les résponsables politiques ne doivent pas laisser faire,car c’est un scandale que de laisser ce qui nous appartient pour en faire de l’argent et donc,des bénéfices pour des rentiers !

    Lien

  • VinceDeg
    • Posté à 19h30 le 16/06/2010
    • Internaute 36941

    Ce que cette affaire relève, c’est le retard de l’Etat (des Etats en fait) sur la mise à disposition sur internet d’informations, d’archives, de connaissances, sous forme de bases de données.

    Normalement, ce genre d’archive devrait être numérisé depuis longtemps et accessible librement par internet via une base de données de l’Etat. C’est la même chose pour :
    - les informations géographique de l’IGN,
    - la numérisation de la bibliothèque nationale,
    - la comptabilité de l’état,de toutes les collectivités et établissements publics,
    - les photographies de toutes les oeuvres appartenant au patrimoine public,
    - le patrimoine audiovisuel de l’INA
    - les débats dans les instances représentatives (AN, parlements régionaux...),
    - le dictionnaire de l’académie française,
    - les résultats issus de la recherche publique,
    -etc
    Toutes ces informations devraient être accessibles librement, tant du point de vue fonctionnel comme juridique (domaine public).

    Mais quand je dis accessible, il faut avoir directement accès à la base de données via une API. Parce que l’erreur de l’état, souvent, quand il libère ce genre de données, c’est de ne pas libérer l’accès direct aux bases de données, mais essayer de construire sa propre application web qui affiche ces données (par exemple Lien pour les données de l’IGN), et de garder un copyright plus ou moins foireux sur la ressource de base. Alors qu’à mon avis, il faut directement libérer l’accès à la base de données, et libre ensuite à chacun de construire une application web ou native, éventuellement commerciale, qui aille piocher dans cette base de données, comme le font nos amis de genealogie.com : ils ne vendent pas l’information, juste une présentation de celle-ci. L’état aussi peut construire son application publique, mais que ce ne soit pas la seule forme d’accéder à l’information.

    Donc voilà, à mon avis, l’état fait deux erreurs dans sa stratégie de numérisation :
    1) il se fait doubler par des acteurs privés dans la numérisation de données alors que normalement c’est sa mission : par exemple Google Street a réussi à numériser toutes les rues de France, pas l’IGN.
    2) il se concentre sur la construction d’applications propres, alors que ce n’est pas son métier et il fera rarement mieux que des acteurs privés.

    Maintenant qu’Internet a confirmé son importance cruciale, il faudrait à l’état une vraie stratégie de numérisation et de mise à disposition publique (allô NKM ?).
    - Il faudrait commencer par un inventaire de toutes les données générées par l’état ou un de ses organismes
    - Ensuite, adopter définitivement le principe que les données générées par l’état non pas vocation à être commerciales, et font partie (juridiquement) du domaine public (ça peut faire grincer des dents, par exemple pour l’INA et l’IGN qui ont la détestable habitude de vendre leurs contenus, les instituts de recherche qui collectionnent les brevets et les partenariats public-privé où les résultats ne sont pas divulgués, etc).
    - Cela pourrait amener un débat relativement intéressant sur quelles informations sont considérées comme des biens publics et donc dont la création et l’entretien doivent être financées par l’état. Pour moi, l’état aurait vocation à largement subventionner des organismes indépendants qui créent de l’information et de la connaissance partagée et utile, comme les entreprises de logiciel libre, Wikipedia...
    - Mettre les budgets pour numériser toutes ces ressources publiques existantes, en toute indépendance, en rejetant les compromis foireux avec le secteur privé (cf Google et la Bibliothèque Nationale)
    - Les mettre en ligne sous forme de bases de données ordonnées, dont la structure et les méthodes d’accès sont documentées.
    - Éventuellement, construire une application web foireuse et toute moche par dessus, qui sera amenée à être concurrencée et tant mieux
    - Réfléchir sur la façon de générer du contenu participatif avec les citoyens : peuvent-ils enrichir ces bases de données en les « étiquettant », en rajoutant du contenu ?

    • vivi
      vivi répond à VinceDeg
      • Posté à 06h15 le 17/06/2010
      • Internaute 33813

      Je plussoie avec enthousiasme.

      Ce qu’on a déjà payé une fois, on ne doit pas le repayer.
      Malheureusement si on observe la trajectoire suivie par les administrations ces dernières années, on constate que celles qui se sont mises sur Internet ont toutes rendu ça payant. Je me demande si c’est bien légal.

      Quand on compare ça avec par exemple les États-Unis où les tribunaux, la NASA, l’USGS mettent tout en ligne, voire fournissent des APIs, il y a de quoi être dépité : -(

  • cedriced
    • Posté à 19h51 le 16/06/2010
    • Internaute 15296

    « avec la complicité de l’Etat ».C’est le sous titre qu’il manque. Quand les Conseils généraux interroge l’Etat, il y a un hic entre l’analyse de la Cada et celle de la Cnil. Au final, l’Etat ne s’oppose pas à cette pratique et tend même à vouloir la faciliter au profit d’une société qui par ailleurs a dans son conseil d’Administration un certain Pierre Kosciusko Morizet, le frère de Madame la Ministre. un cas de plus où la frontière entre intérêt privés et collaborations au plus haut niveau fait des siennes. A l’heure où les collectivités locales sont étranglées, le gouvernement tente de faire croire que ce sont es recettes de ces cessions qui permettront aux départements de payer le RSA...sans parler de la perte terrible du patrimoine collectif et le risque d’une marchandisation de la Mémoire. Encore un pan de la société que ce gouvernement aide à privatiser au profit de copains.

  • yannig38
    yannig38
    Utile ?
    • Posté à 20h47 le 16/06/2010
    • Internaute 117485
      Utile ?

    NotreFamille omet de voir certains aspects que vont générer leur exigences.
    Les fichiers numériques sont propriétés de celui qui les a réalisé sans préjuger du droit applicable au contenu de ces clichés.
    Les dits fichiers sont librement accessibles gratuitement via les sites internet des Archives Départementales et/ou Municipales à l’exception de 3 départements que vous citez. Cette société peut y accéder au même titre que tout citoyen. Il lui appartient de développer les outils qu’elle pensent avoir besoin pour se faire sachant que le fait d’aspirer un site complet est un acte répréhensible.

    Il ne faut pas non plus oublier que si Notrefamille obtient gain de cause c’est tout un chacun qui peut exiger la communication de TOUTES les images.

    Maintenant que se passera-t-il le jour ou une association voudra faire elle aussi la numérisation et exploiter ses images. Nous aurons un problème car l’association sera poursuivie par NotreFamille au simple fait que l’association vient piétiner leur périmètre commercial et que cela est interdit aux associations 1901 !

    NotreFamille est tout à fait fondée à exiger la possibilité d’exploiter les fichiers réalisés mais elle se doit de rester dans les même conditions que tout un chacun c’est à dire en utilisant les espaces ouverts à cette fin.

    Les commentaires de certains ont bien fait remarquer que nous serions dans un cadre de monopole de fait si nous acceptons sans rien dire le dictat de NotreFamille.

    En réalité c’est bien le grand emprunt qui est derrière cette gesticulation médiatique de NotreFamille dont nous savons que le frère d’un membre du gouvernement est partie prenante. Je ne crois plus depuis longtemps au Père-Noël et les politiciens ne m’ont toujours pas assurés de leur réel volonté de neutralité. Je n’accorderais donc aucun bénéfice du doute à cette société.

    Sur le 35 les 2 associations ont réalisés le travail de numérisation en partenariat avec le service des archives. Il ne peut être décemment accordé à un marchand de récupérer, même en payant, le fruit de ce travail. Et attention le droit d’auteur est applicable sur le cliché, pas sur le contenu. Les 2 associations ne sont dépositaires que du travail global de numérisation mais si un seul des photographes conteste l’utilisation celle-ci devient impossible sur l’ensemble sauf à isoler les clichés concernés.

    Attention en fin de votre article vous dites que la sous-traitance de l’exploitation est possible hors c’est explicitement indiqué dans les conditions d’octroi du grand emprunt que c’est NON. La totalité du processus d’exploitation doit être fait en France ET par l’entreprise elle même.

    M Toussaint-Roze n’a pas laissé que de bons souvenirs dans la sphère généalogique informatique. Il suffit de se référer aux débats houleux qui existaient sur fr.rec.genealogie dans les années 1990. Je crois pouvoir dire bien au contraire.

    Faire la numérisation est une chose que je connais, je la pratique avec un simple appareil de 2 millions de pixels.
    Faire le traitement d’exploitation je crois que je connais aussi donc ce n’est pas NotreFamille qui va m’apprendre ce que c’est. Si le travail est fait sérieusement il faut du temps hors une entreprise commerciale n’en a pas sauf à vouloir hold-upper les documents.

    NotreFamille aurait le droit d’exploiter financièrement le résultat de son traitement mais en aucun cas les clichés.
    NotreFamille ne pourrait s’opposer à la mise en ligne par le service d’archives des clichés réalisés par elle.
    Maintenant nous voyons clairement que c’est bien l’index qui est la plus-value éventuelle. Mais maintenant quelle qualité aura ce travail ? Si nous avons un simple index des patronymes des parties nous voyons de suite qu’il y aura de gros manques et donc payer pour en fin de compte avoir une simple date que vous devrez aller vérifier ensuite pour avoir l’ensemble des éléments de l’acte est-ce si intéressant que cela pour le chercheur.
    Certains me diront oui mais pour une bonne partie ce sont des faux chercheurs qui attendent dans leur salon que leur généalogie soit faite.

    Le problème est complexe mais nos archives ne doivent en aucun cas être fermées, de fait, par la volonté d’une seule entreprise.

    • Sid_Mo
      Sid_Mo répond à yannig38
      Cadre dirigeant de PME
      • Posté à 23h54 le 16/06/2010
      • Internaute 59795
        Cadre dirigeant de PME

      Merci pour ce splendide travail explicatif !

      Et je suis d’accord sur le fait que la plus-value est l’index. Quiconque a déjà fait de la généalogie ne se satisfera pas d’un index incomplet ou indigent qui oblige à aller se refaire toute le travail de recherche et de vérification parce que la donnée est non fiable. Le fait de payer est alors inutile. Mieux vaut dans ce cas regarder directement l’acte et ne pas passer par le service payant. D’où mon doute sur la solution de sous-traitance ou même le fait d’être payé pour faire ce travail (de part mon métier, je sais que la passion ne s’achète pas).

      Par contre, je découvre en vous lisant l’histoire de l’interdiction de travail de seconde numérisation pour les associations et cela me chagrine fortement ! Je vous rejoins donc sur le fait que dans ce cas, la société doit developper un outil d’interfaçage avec les API des différents conseils généraux. Je leur souhaite bien du courage vu qu’il y en a potentiellement une par conseil général ! De prime abord, par connaissance du métier, je répond impossible sauf si tous les conseils généraux ont choisis un ou deux prestataires uniques.

      Je ne suis pas contre l’exploitation des données par principe vu qu’elles sont dans le domaine public. Je suis contre le monopole. Qu’il soit de fait ou de droit. Sauf celui de l’Etat.

      Personnellement, comme dit dans d’autres commentaires, je n’utilise pas le site. Et je découvre avec vous la réputation sulfureuse ou contreversée que vous prêtez à l’un des interviewé. Je continuerai donc de passer mon chemin. Ils n’ont de toute façon pas de fonctions gratuites, donc dans l’éco-système actuel de la généalogie en ligne, ils sont sans intérêt !

    • vivi
      vivi répond à yannig38
      • Posté à 06h32 le 17/06/2010
      • Internaute 33813

      Juste un point de détail : vous parlez de droit d’auteur mais le droit d’auteur protège une œuvre de l’esprit originale, et on ne peut pas dire qu’une numérisation, consistant essentiellement à obtenir un cadrage et une lumière satisfaisants sur le plan technique, en soit une.

      Ce n’est pas pour dénigrer votre travail, mais une précision juridique.

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 21h04 le 16/06/2010
    • Internaute 64790
      dilettante

    Le présent, et sa projection le futur, ne suffisent plus au système libéral : il lui faut les morts.
    Avec impudence, Sarkoléon a amplifié cette mise à bas du service public, de la notion même d’indépendance de l’état, qui n’est plus régalien, mais marchand, mais vendu.
    Nous ne pouvons pas nous laisser dévaliser, et laisser Badinguet danser devant notre opîme dépouille.
    Ils n’auront pas nos morts sauf à voir la leur : voici ce qu’il faut répondre à ces mercantis impies.
    Ils sont obscènes : soyons leur Saint-Just.

  • puresonic
    puresonic
    Contempteur irascible
    • Posté à 21h48 le 16/06/2010
    • Internaute 55211
      Contempteur irascible

    J’ai toute confiance dans le sérieux de ce site.
    Ils m’envoient régulièrement de mails indiquant
    qu’il ont trouvé 2 personnes correspondant à nom
    nom de famille et 1824 personnes correspondant
    à mon prénom. hum hum.....

  • hogan
    hogan
    actif
    • Posté à 21h48 le 16/06/2010
    • Internaute 25474
      actif

    C’est écoeurant, mon épouse est responsable des archives modernes aux archives départementales de la ...... C’est un boulot titanesque, leurs objectifs sont en mètres linéaires, ils doivent classer chacun plus de 100m par an, il y a actuellement aux AD de la ..... plus de 11 km d’archives. Il faut établir des tableaux de gestion, service versant par service versant, qui prennent un temps fou (elle travaille dans le train), se taper des visites dans des services où vous découvrez les documents dans des caves humides, en tas ! Je vous assure, des tas de cartons comme on ferait des tas de feuilles mortes. Il faut ensuite rapatrier ces archives aux AD, passer plusieurs jours le nez dans la poussière des cartons réceptionnés (parfois 10 m3 d’un coup), et commencer le travail de classement, document après document à partir de mots clés. Et je ne vous parle pas des services qui ne connaissent pas leurs obligations légales en matière d’archivage et qui les détruisent, ni ce certaines AD qui n’ont plus la place de stocker dans leurs magasins.
    Croyez-moi, c’est un travail ingrat, mais absolument vital pour l’ensemble des citoyens.
    Tout pour finir avec ça : genealogie.com est un site de profiteurs qui va faire payer un service public déjà payé par l’ensemble des contribuables. En quoi ils iraient gagner de l’argent avec le travail de mon épouse ? ? ? ? ?
    Et vous savez la meilleure ? ? ? ? Les AD françaises n’ont pas attendu et ont déjà commencé à numériser et vous proposent pour la plupart de faire vos recherches généalogiques en ligne, mais gratuitement ! ! ! ! !
    CQFD.
    Seuls les pigeons iront payer sur genealogie.com.

  • Airinys
    • Posté à 22h01 le 16/06/2010
    • Internaute 52467

    Pourquoi ils ne fourniraient pas gratuitement aux collectivités une copie numérique ? A charge pour elle de les stocker, conserver, organiser, indexer.

    Parallèlement l’entreprise privée peut commercer, et le citoyen conserve le choix.

    Evidemment, on imagine que les archives numériques des collectivités vont être peu exploitables avant des siècles, mais ça c’est pas le problème de l’entreprise privée.

  • Enpassantparlà
    Enpassantparlà
    enpassant
    • Posté à 22h45 le 16/06/2010
    • Internaute 117500
      enpassant

    Pour analyser la portée exacte des « propositions » de Notrefamille.com, il faut garder à l’esprit que :
    - l’état civil et les listes de recensement sont loin d’être les seules archives demandées. Les registres d’entrée en hôpital psychiatrique, les listes de déportés, les dossiers médicaux… tout ce que cette société a repéré comme susceptible de contenir des données nominatives est demandé ;
    - les délais d’accès aux archives ont été réduits en 2008 : les documents demandés peuvent concerner des personnes vivantes (l’état civil de moins de 75 ans est communicable au public) ;
    - jusqu’à il y a très peu de temps, l’indexation de ces documents n’était pas envisageable : même numérisés et centralisés sur un seul serveur, les recherches auraient été presque aussi longues en ligne que dans le monde physique (il s’agit de documents anciens, uniques, et manuscrits : l’océrisation ne fonctionne pas, ou alors si mal que la lecture par l’œil humain reste largement plus rapide). Depuis cinq ans, les plateformes de travail collaboratif permettent d’optimiser l’organisation de l’indexation en ligne ; les archives départementales qui ont investi en ce sens, souvent en partenariat avec les cercles généalogiques ont obtenu des résultats très impressionnants (et avec des bénévoles, loin de faire ça à plein temps - donc, avec du personnel à temps plein dans des pays à bas coût...) ;
    - Notrefamille. com est organisé comme un réseau social (type Facebook) : à l’entrée, il propose aux gentils généalogistes débutants de rentrer les données les concernant, eux et leurs ascendants – c’est à dire les données qui, dans les administrations, ne sont pas encore communicables au public (ni transmissible à Notrefamille.com).

    Si le transfert et la centralisation de ce type de données est autorisé à l’occasion de la demande de NF, cette société – et toutes celles qui demanderont la même chose- auront la possibilité de constituer un fichier des populations et des familles d’une ampleur et d’une exhaustivité dépassant tout ce que l’Etat a jamais pu mettre en place. Elles auraient surtout la possibilité de croiser les données d’indexation obtenues à partir des documents d’archives, et de leur appliquer toutes sortes de traitement informatisées (et le résultat de ces traitements, pour le coup, leur appartiendraient vraiment !).
    Faire cela pour les archives d’Ancien Régime n’est pas vraiment problématique. Mais pour des documents plus récents ? Avons-nous vraiment envie qu’un employeur puisse aller voir s’il n’y aurait pas des éléments d’instabilité familiale chez un candidat – une tradition familiale de divorce, des grands parents un peu internés en HP ? Qu’un assureur puisse voir si par hasard il n’y aurait pas une durée de vie un peu plus courte que la moyenne dans la famille d’un demandeur de prêt immobilier ?
    Certes, ce ne sera pas pour tout de suite – mais dans les dix à vingt ans, c’est techniquement possible si la concentration des données publiques nominatives et leur indexation sont autorisées.

    C’est peut-être pour cela que Notrefamille « oublie » de signaler que l’avis de la CADA est favorable à la transmission de données publiques concernées, mais sous réserve des dispositions de la CNIL. Jusqu’ici, la CNIL a toujours distingué le droit à accéder à un document d’archives ou un document administratif, et le droit à diffuser cette information sur internet (l’impact sur la vie privée des personnes étant totalement différent).

    Les questions de secteur privé ou secteur public, de gratuit ou de payant sont importantes dans cette histoire, et mériteraient un débat complexe (car la loi sur les données publiques n’a pas été faite en pensant aux institutions culturelles et aux documents patrimoniaux ; du coup, il y a des problèmes de fond derrière son application au patrimoine écrit).
    Mais la question vraiment centrale, et que l’article ne soulève malheureusement pas, c’est la question des données publiques PERSONNELLES de plus de 75 ans et de moins de 100 ans (personnes susceptibles d’être vivantes et ascendants immédiats), de leur traitement automatisé potentiel, et de leur interconnexion avec des données personnelles recueillies par d’autres voies. L’enjeu en matière de vie privée et de libertés publiques est phénoménal.

    • Brice54
      Brice54 répond à Enpassantparlà
      Vigilant
      • Posté à 07h58 le 17/06/2010
      • Internaute 117484
        Vigilant

      Vous avez raison : l’un des problèmes importants concerne les informations relatives à des personnes encore vivantes.
      Notre Famille avance qu’elle procédera à l’a l’anonymisation de ce type de données lorsque la situation se présentera (cas des listes nominatives des recensements de population par exemple). Si l’on se fie aux textes, c’est au propriétaire des données d’effectuer ce type de travail (ce que la CADA doit confirmer ou infirmer), ce qui n’est pas une mince affaire (voire carrément irréaliste) quand on part de reproductions numériques (images) de documents papier. Si Notre Famille dispose d’informations sur des personnes vivantes rien ne l’empêche de créer des bases de données qu’elle pourra utiliser ou diffuser au moment opportun (découverte d’une nouvelle faille/ambiguïté/opportunité dans la législation ?).

      Des moyens importants ont été engagés par les collectivités territoriales pour lancer des campagnes de numérisation. Il serait anormal et choquant que Notre Famille puisse récupérer les images produites sans rien débourser ou presque. Notre Famille tente un passage en force et il faut espérer que la montée de bouclier que suscite cette attitude incitera cette société à être moins agressive.

      Il faut revenir à des échanges sains et équilibrés. Cela passe par la mise en place de licences de réutilisation. Des préconisations tarifaires vont être présentées mais les départements resteront libres de les suivre ou non.

      Ce qui sera valable pour Notre Famille sera également valable pour tous ceux qui feront la même demande (il est facile pour Notre Famille d’avancer qu’elle ne demande aucune exclusivité puisque celle-ci ne peut exister en droit...). D’autres sociétés, notamment étrangères et plus ambitieuses encore, attendent peut être dans l’ombre que Notre Famille fasse le le plus gros du travail. Il ne leur restera ensuite qu’à demander à bénéficier du même traitement...

      Quoi qu’il en advienne, le monde des archives risque d’être profondément bouleversé.

      Les collectivités territoriales vont elles continuer à numériser si c’est pour se faire piller ; ne vont elles pas s’engager dans la numérisation des seules archives ayant un intérêt économique si, à l’opposé, elles arrivent à revendre les données à un tarif intéressant ?

      La mise en ligne de documents numérisés ne représente que la partie la plus visible de l’activité des services d’archives. Pour les collectivités territoriales les retour en terme d’image sont importants. La fréquentation des sites ou pages internet des Archives et la satisfaction des usagers permet aux Archives départementales de continuer à bénéficier des moyens financiers et humains dont elles ont besoin pour mener à bien leurs missions (obligatoires et inscrites dans les textes, soit dit en passant) : collecte, classement, conservation et communication des archives (documents écrits mais aussi photographies, cartes et plans, enregistrements vidéos ou sonores...). Si le flux passe par le privé, que se passera-t-il ?

  • _bernardo_
    _bernardo_
    sourd-muet
    • Posté à 02h25 le 17/06/2010
    • Internaute 111480
      sourd-muet

    cool je ne suis pas « référencé »

    ça me soulage quelque part de ne pas ajouter de la plus value à ces bandits

    et dans 1000 ans je ne voudrai toujours pas figurer sur ce site. Sinon je prépare une facture dans mon testament ? ?

  • fée clochette
    fée clochette
    babyboomer
    • Posté à 07h00 le 17/06/2010
    • Internaute 49178
      babyboomer

    la généalogie est pratiquée en majorité par des amateurs sans gros moyens, faire des sites payants est une injustice rendant les recherches une affaire d’argent ; tout le monde n’a pas la possibilité de voyager pour consulter en salle d’archives ; il y aura ceux qui ont les moyens et les autres...les données génalogiques devraient être à la portée de chacun, sans condition

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 13h34 le 18/06/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    Le véritable problème de fond concernant la numérisation des archives et qui est du devoir de la puissance publique de l’exprimer clairement : c’est la définition de normes.

    D’autant que devant la pression des postulants à l’exploitation du contenu de ces archives, il est urgent de répondre prioritairement par des règles et des normes les plus précises de numérisation.

    L’accès équitable de tous au bien commun du domaine public exige cette clarification.

    Pour illustrer cela, je reprends ce que devrait être la norme de numérisation des documents textuels  :

    On ne peut réduire la duplication numérique des archive à la production d’une simple image.

    Malheureusement, c’est ainsi que procède la B.N.F. ne ne fournissant, pour la majorité des textes reproduits des fichiers images.

    Or la valeur et l’intérêt de la numérisation des textes, c’est qu’il soit reproduit sous forme de texte numérisés encapsulé dans un format correspondant à une norme ouverte, donc libre de droit, ne dépendant d’aucun procédé propriétaire afin de répondre à l’exigence d’interopérabilité de ces données.

    Ce format de présentation des données textuelles existe, c’est la «  T.E.I.  » la Text Encoding Initiative, (Initiative pour la présentation des textes numériques), un projet international qui a fondé une norme pour la présentation à des fins d’échanges des textes numériques.
    Voir le site : Lien

    Ce serait une folie couteuse et productrice de désordre, d’injustice et d’inefficacité que de confier à des opérateurs dont les intentions sont évidentes de disposer pour leur seul intérêt commercial des informations afin qu’il les encapsulent dans des formats propriétaires et fermés dont ils seraient les seules véritables opérateurs.

    À cet égard les errements de la B.N.F. et maintenant celui d’Europeana sur ces questions jamais abordées encore moins arbitrées ont des conséquences catastrophiques sur la diffusion de la culture et le rayonnement de la civilisation française.

    Impavide, le ministère de la Culture prépare l’organisation en oligopole de la diffusion des documents du domaine public au profit d’un petit nombre d’opérateurs privés.

  • mimi34
    • Posté à 09h16 le 18/06/2010
    • Internaute 17052

    Généalogie bidon ! J’ai retrouvé l’une de mes filles « fichée » sur genealogie.com, le problème c’est qu’elle ne s’est jamais inscrite, que mon nom et mon prénom sont exacts, que le nom de son père est exact mais pas son prénom (qui est celui de mon nouveau conjoint) et que sa soeur n’apparait pas ! Donc, je ne sais pais à qui ils achètent leurs infos, mais elles sont bidons. Qui plus est le site nous dit que c’est ma fille qui a créer un compte et entré ces données ce qui est totalement faux ! Donc niveau crédibilité = zero ! Je compte tout de même m’adresser à la CNIL pour faire effacer totalement leurs conneries, ça c’est de l’usurpation d’identité !

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