C'est quoi l'économie réelle ?

L’opposition entre économie dite « financière » et l’économie dite « réelle » revient régulièrement, avec l’impression que les deux sont décidément déconnectées.
Première définition, par la négative, celle proposée par dt_ytsejam_dt : si l’on considère l’économie comme la description des mécanismes de production/distribution/consommation de biens et de services ainsi que des mécanismes d’échange les mettant en œuvre, toute activité ne répondant pas à ces critères pourraient être considérée comme ne relevant pas de l’économie réelle.
Dans une acception étroite, l’économie réelle ne concerne donc que les échanges marchands (un bien contre de la monnaie, depuis la disparition du troc). Les moyens servant au financement de l’économie, qu’il s’agisse du crédit, des actions ou des obligations, relèveraient ainsi de la sphère financière. Une acception plus large de l’économie réelle cantonne la sphère financière à la spéculation et aux pratiques financières qui ne visent pas directement le financement d’une activité économique. Exemple : les produits dérivés, des contrats fondés sur un « actif sous-jacent » qui est lui-même souvent financier.
Cette distinction recouvre souvent également une dimension morale, note Guillaume Duval : il y aurait d’un côté la « bonne » économie réelle, la seule « vraie » économie, et de l’autre une économie financière irréelle, et au fond parasitaire. Une telle distinction n’en reste pas moins artificielle. La sphère financière, bien qu’elle manipule pour l’essentiel des signes immatériels n’en fait pas moins partie de l’économie réelle. Aucune activité « réelle » n’est envisageable sans une intervention de la sphère financière à tous les stades de cette activité : que ce soit pour fournir de la trésorerie, couvrir les risques de change ou autre, financer le capital de départ avec le capital risque, emprunter en banque ou sur les marchés financiers… Si la sphère financière s’est autant développée, c’est quand même d’abord parce que la complexité croissante de la sphère « réelle » le nécessitait.
► Lire aussi sur le site Alternatives économiques, l’article de Guillaume Duval, La crise : après les banques, l’économie réelle
Merci à oldblindman, dt_ytsejam_dt, Mafeco et Guillaume Duval.
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L’expression est souvent utilisée de manière impropre pour opposer de la production « réelle » aux services financiers qui resteraient « virtuels » (à ce moment, pourquoi ne pas considérer les services commerciaux comme virtuels également ?). Certains économistes s’en servent dans ce sens pour désigner tous les services autres que financiers mais sans sous-entendre que ces derniers seraient moins réels que les autres.
En économie, on utilise plus généralement l’expression « sphère réelle » par opposition à la « sphère monétaire », l’une concernant l’économie de production, l’autre une économie où les valeurs sont exprimées en grandeurs monétaires - on peut penser par exemple à l’opposition salaire nominal/réel.
Pour les notionnels sur produits dérivés, le chiffre donné par la BRD pour décembre 2007 est de 596 000 milliards de dollars ; en outre, la comparaison avec le PIB n’est pas forcément pertinente (stock vs flux).




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