En images 10/03/2013 à 11h47

Brandksy : un publicitaire détourne les œuvres de Banksy

Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89


Branksy vs Facebook

Les « street artists » n’ont jamais eu la réputation d’être tendres avec la société de consommation, et par extension avec les marques. Le Britannique Banksy, comme il l’explique dans son livre « Wall and Pieces », en a fait un combat personnel.

Christophe Pilate, directeur artistique et co-fondateur du collectif créatif From Paris, fait mine d’aller dans son sens. Son idée : créer un Tumblr où il poste des photos des œuvres du célèbre grapheur en y rajoutant le logo de grandes marques (« brand » en anglais). Ce qui donne « Brandksy ».

Au premier abord, on pourrait croire que ces montages s’inscrivent dans la même philosophie que les originaux. Mais l’objectif de Christophe Pilate est tout autre :

« Je travaille dans une agence de publicité parisienne, et c’est en voyant un texte de Banksy expliquant son point de vue sur la pub et les marques que j’ai réagi. Au début j’étais d’accord avec lui, mais je me suis dit que ma réaction était un peu trop facile et qu’il fallait proposer une alternative de publicitaire à ses idées. C’était en quelque sorte une manière pour moi de répondre au nom de la publicité. »

Hommage ou critique ?

Le publicitaire a donc exercé son droit de réponse. Avec légèreté et une pointe d’auto-dérision, il pointe du doigt l’artiste – dont il est fan – qui fait sa pub en dénonçant la pub. Une critique par l’absurde pour défendre son métier et ses collègues. Et un peu lui-même peut-être.

« Si on considère que le travail de Banksy est exactement celui d’une agence de pub, j’ai voulu avoir la même démarche que lui en utilisant son travail pour contester ses propos au sujet du métier de la pub et de celles et ceux qui le composent. Donc en effet il y a une sorte d’absurdité dans ce projet, et c’est peut-être ce qui a fait son buzz sur Internet… »

Pas sûr donc que l’artiste apprécierait. Le pamphlet de l’artiste, daté de 2004, est sans équivoque :

« Les gens se foutent de vous tous les jours. Ils s’immiscent dans votre vie, prennent une pauvre photo de vous puis disparaissent. Ils vous toisent depuis de grands immeubles et vous font vous sentir minable. Ils font des commentaires désobligeants depuis des bus qui laissent penser que vous n’êtes pas assez sexy et que tout se passe ailleurs.

Ils sont à la télé, à faire que votre copine se sente nulle. Ils ont accès à la technologie la plus sophistiquée que le monde ait jamais vu et vous agressent avec. Ce sont “les publicistes” et ils vous rient au nez.

Vous, par contre, avez interdiction de les toucher. Marques déposées, droits de la propriété intellectuelle et loi sur le copyright signifient que les publicistes peuvent dire ce qu’ils veulent où ils le veulent en totale impunité.


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  • 17698 visites
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  • Soliman
    • Posté à 12h18 le 10/03/2013
    • Internaute 168169

    Je n’ai pas compris où ce publicitaire veut en venir.
    Ses détournements sont plutôt au ras des pâquerettes et son discours ne veut rien dire.

    • Oignon
      Oignon répond à Soliman
      Etudiant
      • Posté à 14h28 le 10/03/2013
      • Internaute 95253
        Etudiant

      c’est ce qu’on pourrait croire au début, mais c’est plus subtil que ça, car il cherche à mettre l’auteur de ces oeuvres en face de sa propre contradiction : remettant en cause des publicitaires, il utilise des techniques de buzz dignes des plus grandes marques, ce qui était déjà peut être en soi ironique de sa part...

      • tanas
        tanas répond à Oignon
        ordinatrice
        • Posté à 16h16 le 10/03/2013
        • Internaute 98928
          ordinatrice

        Euh, je partage l’opinion de Soliman : « vouloir mettre l’auteur en face de sa propre contradiction » = coller (et même plutôt mal coller) des logos sur des photos de ses oeuvres ?
        Ce gars (le publiciste) est à Banksy ce que les pâtes-à-gâteaux-prêtes-à-cuire-Alsa sont à la cuisine.

         
        • Oignon
          Oignon répond à tanas
          Etudiant
          • Posté à 17h18 le 10/03/2013
          • Internaute 95253
            Etudiant

          Bah écoutez c’est votre avis, personnellement je trouve ça habile dans la provocation, après c’est pas l’idée du siècle, mais l’originalité pour moi réside dans la personnalité du publisciste, qui évite de se caler dans la position somme toutes classique des marques qui reprennent des clichés autrefois subversifs (voir en ce moment la mode du révolutionnaire, par exemple le Che ou autre...) pour au contraire se défendre en tant que personne.

        1 autres commentaires
      • Soliman
        Soliman répond à Oignon
        • Posté à 21h57 le 10/03/2013
        • Internaute 168169

        Justement je ne vois pas bien la contradiction dans la démarche de Banksy.
        Il transmet son point de vue par ses graff mais n’incite pas à acheter du Banksy, l’expression est chez lui la finalité tandis que chez un publicitaire ce n’est qu’un moyen pour que le spectateur s’identifie à ce qu’il veut lui vendre.
        Et pour ce qui concerne la forme du détournement c’est tout de même d’un niveau médiocre pour quelqu’un qui fait profession de communiquant.

         
        • Oignon
          Oignon répond à Soliman
          Etudiant
          • Posté à 22h48 le 10/03/2013
          • Internaute 95253
            Etudiant

          On en parle pourtant ici, ce qui montre que ce n’est pas si médiocre

          • Van Hai
            Van Hai répond à Oignon
            • Posté à 02h43 le 11/03/2013
            • Internaute 199405

            on en parle ici car c’est de l’affliction et que ça mérite de revenir à son « auteur ».

            Tu parles « des techniques de buzz dignes des plus grandes marques », Je ne vois aucun rapport entre le street art tel qu’il est appliqué depuis 50 ans maintenant et le fait de coller des logos sur des oeuvres prises en photo (de plus les images sont mauvaises) ce qui en soit est déjà misérable.
            Si ce mec avait au moins eu le courage d’aller poser ses logos au pochoir sur les oeuvres originales je lui aurait trouvé une once de crédibilité...
            Le détournement d’images révolutionnaires etc... ou tout styling basé sur une iconographie du genre est un autre discours. Là on parle d’un mec qui a glané des images sur google et qui y a collé des logos glanés eux- aussi sur google. C’est merdique et révoltant. Point final.

          • Melinster
            Melinster répond à Oignon
            Pédant galvanisé
            • Posté à 09h07 le 11/03/2013
            • Internaute 61559
              Pédant galvanisé

            L’opportunisme des médias, c’est un autre débat.

            Avez-vous réellement besoin d’exemples de médiocrités qui inondent nos médias pour illustrer mes propos ?

            Si ce dont on parle le sort de la médiocrité, on est mal barré !

        • Commmodore78
          Commmodore78 répond à Soliman
          • Posté à 03h08 le 11/03/2013
          • Expert 104402

          Faux, Banksy incite à acheter du Banksy, sous forme d’image capitalisable, un plan marketing qui se compte ensuite sur le marché de l’art ou de l’édition, en capitalisant sur la renommée de l’artiste.
          Banksy incite à acheter du Banksy, il est un produit comme un autre, et il est lui-meme ce qu’il prétend dénoncer. Il ne vaut guère mieux que ceux qu’il dénonce. Mais ceci dit, cela n’empèche pas d’apprécier son esthétique. C’est un peu comme la photo de Che Guevara sur tous les t-shirts : une image de rebelion qui est devenu un produit de consommation courante. Mais après, rien n’empeche d’aimer l’oeuvre si on apprécie

          • Melinster
            Melinster répond à Commmodore78
            Pédant galvanisé
            • Posté à 09h09 le 11/03/2013
            • Internaute 61559
              Pédant galvanisé

            Un peu facile de prêter des intentions par simple copié/collé de votre environnement culturel.

            Un simple dérivé d’anthropomorphisme en somme. Du sociomorphisme ?

            • Commmodore78
              Commmodore78 répond à Melinster
              • Posté à 15h50 le 11/03/2013
              • Expert 104402

              banksy et moi et ses clients avons le meme environnement culturel, et qui est probablement le votre également

          • Van Hai
            Van Hai répond à Commmodore78
            • Posté à 14h48 le 11/03/2013
            • Internaute 199405

            d’un côté tu as un artiste qui part peindre le mur de séparation entre Israël et Palestine et de l’autre un crevard qui prend une des 9 images peintes et y impose le logo club med. C’est vrai que c’est courageux hein ?

            La pub dans le travail de Banksy tient une place peu importante, ses détournements ont plus de liens avec de la poésie, des associations d’idées, des rencontres improbables. Citer la photo du Che sur des t-shirts est certainement la métaphore la plus ridicule possible. Ou alors peut-être penses-tu que le photographe qui a pris cette image en est le fautif ?

            « Mais après, rien n’empeche d’aimer l’oeuvre si on apprécie » oh merci j’avais justement besoin de ton autorisation pour m’y mettre. Tu es très doué pour rédire les sujets à ton assiette, je te propose d’aller poster quelques coups de gueule au sujet de la bidoche de cheval dans les lasagnes.

        8 autres commentaires
      • Melinster
        Melinster répond à Oignon
        Pédant galvanisé
        • Posté à 09h04 le 11/03/2013
        • Internaute 61559
          Pédant galvanisé

        Réelle volonté de Banksy face à sa contradiction ou copié collé du regard moderne qu’on lui a, encore, collé aux fesse pour le rentrer dans une case ?

        La contradiction n’est qu’artificielle quand l’interprétation n’est pas capable de sortir du paradigme mercantile, ce pourtant où voulait en venir Bansky (à mon sens).

         
        • Commmodore78
          Commmodore78 répond à Melinster
          • Posté à 16h06 le 11/03/2013
          • Expert 104402

          celui qui lui a collé aux fesses, c’est surtout lui-meme et son agent. L’artisan de son buzz phénoménal, disproportionné à mon avis au regard de la qualité de ses oeuvres, est surtout due au travail, à l’art de communiquant et de marchand, de son agent, qui a su trésoriser un maximum sur son oeuvre. Le génie de ce buzz est surtout un fait de com’
          Son marchand est un génie, plus que Banksy lui-meme qui a principalement repris une pratique du pochoir et du détournement qui existait en Europe et en France depuis plus de 20 ans.
          C’est les as de la médiatisation qui sont les vrais artistes dans cette histoire.
          Lorsque je le critique, je vise surtout l’entourage d’agents et de marchands qui ont su se faire un beurre énorme sur cet artiste, ils sont vraiment à mon sens des génies de la com.
          J’ai travaillé dans des galleries à New York et à Los Angeles il y a 3 ans, au moment du grand « boom » financier du mouvement « street art », et croyez moi il faut entendre parler les marchands d’art de ces artistes pour comprendre que tout cela n’est qu’un immense plan marketing basé sur la médiatisation et la mercantilisation des bons sentiments... sur le dos du public, à qui on vend ces bons sentiments sur fonds de révolte adolescente et d’idées de grande consommation.

          Maintenant, avant de m’attirer les foudres de ses fans, je reconnaitrai plusieurs points positifs à son art : si il peut vous encourager à aller faire des pochoirs intéressants dans les rues de vos villes, c’est super. Ce mouvement des pochoirs était très développé dans les années 80, puis a très malheureusement disparu après la mode du tag où l’on écrit seulement son nom partout « à l’arrache », ce qui a fini par tuer l’art du pochoir. Mais rappelez-vous les rues de Paris dans les années 80, il y avait de très nombreux pochoirs aussi bons que ceux de Banksy.
          Son mérite est d’avoir relancé ce style qui était un peu tombé dans l’oubli, mais à mon avis, cet art de rue est meilleur quand il est anonyme, comme gratuit.
          Une signature, sur une oeuvre de street art, ça rime avec : facture

        1 autres commentaires
    • PhDams
      PhDams répond à Soliman
      en recherche de...
      • Posté à 09h47 le 11/03/2013
      • Internaute 68073
        en recherche de...

      Je pense qu’il n’a lui-même pas bien compris la philosophie de Banlsy et de nombreux street artistes qui s’en réclament... Eux sont plutôt dans une mouvance « Brandalism » : Brandalism in UK, des artistes casseurs de pub

      ...ou alors, il veut juste se faire sa place au soleil Bansky...
      Mais pour ça, il y avait plus malin... mettre Bansky en mouvement !

  • A déménagé le 25.04.2013
    • Posté à 12h21 le 10/03/2013
    • Internaute 150693

    « Au début j’étais d’accord avec lui, mais je me suis dit que ma réaction était un peu trop facile et qu’il fallait proposer une alternative de publicitaire à ses idées. “

    Au début j’étais d’accord avec lui, mais je me suis rappelé ensuite que je faisais un métier de pute et qu’il me fallait donc défendre mon mac. Comme je suis un gros nul (sinon je ferai pas pubard) et une feignasse de première, je me suis dit que le plus simple c’était de faire comme d’hab :

    Piquer les idées des autres pour en faire toute autre chose et faire ma thune avec.

    • Endeur
      Endeur répond à A déménagé le 25.04.2013
      insulaire continental
      • Posté à 13h28 le 10/03/2013
      • Internaute 197078
        insulaire continental

      Pas mieux.
      Mais du coup, que penser du journaliste qui fait de la publicité au publicitaire ?
      Il semble évident que le publicitaire interrogé se fout ouvertement du journaliste en face : « Au début j’étais d’accord avec lui, mais je me suis dit que ma réaction était un peu trop facile et qu’il fallait proposer une alternative de publicitaire à ses idées. »
      Et le mec à partir de là pond quand même un article.

      • pillowcase
        pillowcase répond à Endeur
        geek
        • Posté à 15h05 le 10/03/2013
        • Internaute 195800
          geek

        Banksy se fait connaitre comme le font tous les artistes, en parlant de son travail et en expliquant sa démarche. C’est gonflé et prétentieux de la part de ce publicitaire d’y voir une démarche marketing/buzz. Ou alors c’est juste dela pauvreté intellectuelle, le mec analyse tout à l’aune de sa propre demarche.

         
        • sylvain24
          sylvain24 répond à pillowcase
          • Posté à 17h40 le 10/03/2013
          • Internaute 33981

          D’autant plus que Banksy vient du street art, et le but du street art n’était pas vraiment de vendre, au contraire même il s’agit de produire une oeuvre qui appartienne à tout le monde, qui soit libre de droit, etc.
          Mais il avait déjà quelque peu montré les dérives du street art avec son film (qui lui ouvre sur un vrai ensemble de questions).

          • Commmodore78
            Commmodore78 répond à sylvain24
            • Posté à 03h02 le 11/03/2013
            • Expert 104402

            Oui mais Banksy est lui meme devenu un produit très très bankable, et a fait fortune dans les ventes de galleries en capitalisant sur son nom. Donc au final il a beaucoup vendu sur son image de « rebel ».
            Mais si cela a pu créer des vocations, pourquoi pas, ça change du tag laid et si ça peut donner aux gens l’envie de créer, pourquoi pas :)

            • Alenek
              Alenek répond à Commmodore78
              • Posté à 12h45 le 11/03/2013
              • Internaute 158354

              Il a vendu mais ne s’est jamais fait acheter .

              • Commmodore78
                Commmodore78 répond à Alenek
                • Posté à 16h09 le 11/03/2013
                • Expert 104402

                se faire acheter reviendrai à tuer son image, et ainsi son fond de commerce.
                Ne pas se faire acheter fait partie de l’image qu’il...vend... ;) intéressant comme paradoxe ?

                Mais il ne faut pas tuer la poule aux oeufs d’or :)

        4 autres commentaires
  • mudkipz
    mudkipz
    near miss
    • Posté à 12h59 le 10/03/2013
    • Internaute 195180
      near miss

    L’idée était pas trop mal à la base mais la réalisation est franchement pas terrible.

  • tArTeL¤RdRe
    tArTeL¤RdRe
    click toride
    • Posté à 13h09 le 10/03/2013
    • Internaute 192571
      click toride

    Pipi est grominable.

  • miscanthus
    miscanthus
    Triploïde
    • Posté à 13h11 le 10/03/2013
    • Internaute 195439
      Triploïde

    Pilate devrait se rappeler que le code de la propriété intellectuelle n’a pas été conçu au départ pour défendre les marques et entreprises mais les artistes.

    Je serai Bansky, je porterai plainte au nom du droit moral de voir son œuvre respectée, quitte à donner l’argent récolté à des projets utiles.

    • Commmodore78
      • Posté à 02h59 le 11/03/2013
      • Expert 104402

      en meme temps, quand on fait du « street art » on met son art dans la rue, et on l’impose aux autres comme une pub... donc c’est normal de se le faire piquer et de le partager. C’est un peu comme de l’opensource ;)

      • miscanthus
        miscanthus répond à Commmodore78
        Triploïde
        • Posté à 11h19 le 11/03/2013
        • Internaute 195439
          Triploïde

        Le droit d’auteur ne dépend pourtant pas du support ...

         
        • Commmodore78
          • Posté à 16h12 le 11/03/2013
          • Expert 104402

          Le droit d’auteur intervient quand l’oeuvre est à vendre... l’est elle ?

          • miscanthus
            miscanthus répond à Commmodore78
            Triploïde
            • Posté à 17h45 le 11/03/2013
            • Internaute 195439
              Triploïde

            Non, le droit d’auteur protège toute œuvre originale, qu’elle soit à vendre ou non (droits moraux et patrimoniaux).

        2 autres commentaires
  • Van Hai
    • Posté à 14h21 le 10/03/2013
    • Internaute 199405

    La preuve ultime que le publicitaire est à l’art, ce que le morpion est à l’orgasme. C’est d’une pauvreté crasse, ce Christophe Pilate entre dans la même catégorie que le mec qui a tenté de breveter la marque Jean-Sébastien Bach en Allemagne ou la boîte de t-shirt qui a enregistré Anonymous. Des gagne-petits à l’opportunisme sordide. La publicité est une plaie, une sous-culture au service de la consommation. Je remercie l’auteur d’avoir linké quelques extraits du pamphlet de Banksy.

  • Commmodore78
    • Posté à 02h56 le 11/03/2013
    • Expert 104402

    Un juste retour des choses, Banksy n’est que de l’enfumage médiatique pour gogos. Il est lui meme une marque et a fait fortune sur sa soi-disant « rébellion ».
    Banksy est un produit marketing, rien d’autre, un produit de grande consommation.
    Si il était cohérent avec sa démarche, il ne signerait pas ses oeuvres, il resterait anonyme, mais il met son nom, son logo, sa marque. Il est un produit de consommation comme la société qu’il prétend dénoncer. Il se consomme et se vend sous forme de livre d’art, ou de ventes aux enchères dans les galleries pour des millions de dollars, le tout servi par ses propres campagnes de pub/marketing autour de son nom et de son buzzz. C’est un artiste de la com et du buzz, du buzz qui rapporte du fric, beaucoup de fric.
    Après, on peut apprécier son esthétique, mais ne vous laissez pas enfumer par son « message » bidon. Millionaire grace aux indignés, elle est pas belle la vie ?
    Si il était vraiment anarchiste ou révolté, il ne vendrait pas en gallerie, et ne signerait pas ses oeuvres.

    • PhDams
      PhDams répond à Commmodore78
      en recherche de...
      • Posté à 09h59 le 11/03/2013
      • Internaute 68073
        en recherche de...

      C’est clair que son message serait vachement plus fort s’il vivait dans la rue et qu’il mendiait pour avoir de quoi payer sa bouffe et et sa peinture ! ! !

      Sinon, ces artistes-là, casseurs de pub, qui le reprennent, s’en inspirent et ne signent pas... il trouvent grâce à vos yeux ?

      • Chapalo soldier
        Chapalo soldier répond à PhDams
        Soifard
        • Posté à 10h10 le 11/03/2013
        • Internaute 48067
          Soifard

        « C’est clair que son message serait vachement plus fort »

        Vous remarquerez qu’on entend plus ces professions de foi depuis qu’il est entré dans cette démarche marchande pourrie. Au moins est-il cohérent et a t-il retourné sa veste avec détermination...

         2 autres commentaires
      • Commmodore78
        Commmodore78 répond à PhDams
        • Posté à 16h24 le 11/03/2013
        • Expert 104402

        tout à fait, mais je pense que Banksy a continué et repris le travail des casseurs de pub, qui sont antérieurs à son travail et dont il s’est complètement inspiré.
        Sauf qu’eux ne vendent pas leurs oeuvres pour des millions.
        Le mouvement « adbuster » existe depuis bien longtemps, et Banksy n’a dans ces grandes mesures fait qu’adapter et médiatiser leurs oeuvres et leurs idées. Aucun mal là dedans, sauf quand ses oeuvres se vendent ensuite 1 million de dollars...là ça donne comme un malaise.

        Ca me rappelle les affiches des beaux-arts pendant mai 68... une esthétique dejà crée, et des slogans les memes qu’aujourd’hui... bref, on imagine pas les manifestants de mai 68 qui ont crées ces affiches les avoirs signées à l’époque avec un nom pour ensuite avoir une cote sur le marché de l’art et faire carrière. Pas de manière intentionnelle en tout cas. C’est pourtant ce qui s’est passé bien plus tard, lorsque des collectionneurs (fans de street art, notons le) se sont mis à racheter ces affiches en vente aux enchères, pour spéculer sur leur rareté et le caractère précurseur de leur style. Les memes marchands qui spéculent sur le street art de nos jours, bien que celui-ci passe un peu de mode récemment.

         
        • PhDams
          PhDams répond à Commmodore78
          en recherche de...
          • Posté à 16h32 le 11/03/2013
          • Internaute 68073
            en recherche de...

          Merci pour ces précisions...

          C’est clair que Banksy n’a pas tout inventé... c’est pourquoi j’avais précisé ceci dans le post mis en lien à mon com : « Le terme brandalism a été inventé par l’écrivain peu connu Sean Tejaratchi, puis repris par le célèbre inconnu Banksy »...
          Mais de par son exposition médiatique, Banksy a permis de rendre ce terme accessible à plus de gens !

          Je ne connais pas le mouvement adbuster... auriez-vous des liens éclairant sur le sujet ?

        1 autres commentaires
    • Van Hai
      Van Hai répond à Commmodore78
      • Posté à 14h14 le 11/03/2013
      • Internaute 199405

      mais laisse-moi rire, lorsqu’un artiste sors un manifeste sous forme de livre ou de film auto-produit c’est un produit issu du buzz médiatique ? tu dois être construit à l’envers, si les médias buzzent autour de lui c’est leur affaire, lui se contente de transmettre son message et de composer son travail. « Millionaire grace aux indignés, elle est pas belle la vie ? » toi t’es vraiment une lumière. T’as raison on devrait lui interdire de créer, ah mais c’est juste, ce qu’il fait est déjà interdit,... alors on devrait lui demander d’imposer des prix raisonnables lors de ventes aux enchère auxquelles il ne peut pas grand chose, vu qu’il dissimule encore son identité réelle. On va lui demander de contrôler son importance médiatique ses tarifs et son impact sociologique afin de plaire à tout le monde ça c’est bien. Allez va télécharger ton blockbuster quotidien et laisse les artistes faire leur taff.

      • Commmodore78
        Commmodore78 répond à Van Hai
        • Posté à 16h41 le 11/03/2013
        • Expert 104402

        que dire, si tu aime la métaphore animalière, j’hésiterai entre pigeon et mouton...
        Peut etre est-tu tombé dans le panneau, mais je peux te garantir que son imagé médiatique est très finement controlée et que tout est finement planifiée.
        Le fait que ses oeuvres soient soi-disantes interdites fait partie de l’image.
        Les médias qui buzzent autour de lui sont ses propres agents.
        On pourrait dire que la société de consommation produit à la fois ses méchants et ses gentils, pour vendre les deux en meme temps.
        La contestation fait partie du package, du blockbuster.
        Le blockbuster, c’est justement lui, Banksy.
        et c’est un filon très juteux, beaucoup d’artistes s’engagent sur le meme filon, à la soupe...

        Désolé que tu sois tombé dans le panneau, mais Banksy fait partie intégrante de la société de consommation qu’il dénonce. Il est lui-meme de la pop-culture, commercialisé, médiatisé, packagé.

         
        • Van Hai
          Van Hai répond à Commmodore78
          • Posté à 02h33 le 13/03/2013
          • Internaute 199405

          allez, ok c’est un coup monté, une conspiration de la société de consommation, une nébuleuse de l’art de rue tenu par des mafieux à casquette, Ce mec n’a aucune raison d’exister et je suis un mouton tombé dans le panneau. Ca va ? tu es un peu plus conforté ?

        1 autres commentaires
    • sindealer
      sindealer répond à Commmodore78
      directeur artistique
      • Posté à 14h34 le 11/03/2013
      • Internaute 125427
        directeur artistique

      « Banksy est un produit marketing, rien d’autre »
      C’est ça la force du capitalisme : tout ce qui peut être de près ou de loin contestataire est transformé en produit consommable. Si le Che avait su qu’il finirait sur des Tshirts à 15€...

      • miscanthus
        miscanthus répond à sindealer
        Triploïde
        • Posté à 01h57 le 13/03/2013
        • Internaute 195439
          Triploïde

        Le plus drôle concernant les t-shirt du Che, c’est qu’ils ont été vendus par des firmes tout ce qui a de plus capitalistes, qui ont pompé la photo réalisée par Alberto Korda sans jamais lui verser un sol.

  • shepard_fairey
    • Posté à 09h57 le 11/03/2013
    • Internaute 199424
      hehehe

    « je me suis dit que ma réaction était un peu trop facile et qu’il fallait proposer une alternative de publicitaire à ses idées »

    Une alternative publicitaire… poser un logo sur une image me semble être une alternative quelque peu pauvre et plutôt dévalorisante du métier de créatif publicitaire…

  • Chapalo soldier
    Chapalo soldier
    Soifard
    • Posté à 10h07 le 11/03/2013
    • Internaute 48067
      Soifard

    Sur Wiki on a un petite aperçu de indépendance morale de Bansky vis-à-vis de ce monde dégueulasse que sont la propriété intellectuelle et l’acte marchand :

    - Keep it Spotless, 214 x 305 cm, vendu 1 230 000 € chez Sotheby’s à New York, le 14 février 2008
    - The Rude Lord, une peinture détournée, vendue 463 000 € chez Sotheby’s à Londres le 12 octobre 2007

    • Van Hai
      • Posté à 14h14 le 11/03/2013
      • Internaute 199405

      c’est facile de brandir une valeur marchande à la place de la valeur morale. Je vous ferais remarquer que Sotheby’s est une entité qui vend de collectionneur à collectionneur, rien de plus. s’il est vrai que ces chiffres font leur effet, replacez donc la vente dans son contexte. Il s’agit d’une cote, que l’on soit d’accord ou pas avec ce système, on ne peut pas confondre l’artiste et sa démarche avec lui. C’est facile et dénote encore une fois le peu de discernement du public face à l’art. Est-ce qu’une marque de bagnole est responsable lors d’une vente d’un de ses vieux modèles passé de main en main ?

      • Chapalo soldier
        Chapalo soldier répond à Van Hai
        Soifard
        • Posté à 14h53 le 11/03/2013
        • Internaute 48067
          Soifard

        « dénote encore une fois le peu de discernement du public face à l’art »

        Massez vous massez vous il en restera quelque chose... Les collectionneurs sont devenus de purs spéculateurs et l’art contemporain n’a de valeur que marchande... C’est un marché, et c’est tout...

        Pour le cas de bansky qui bade la propriété intellectuelle pour mieux vendre ses œuvres par la suite dans les grands centres agrées, il est clair qu’un tartuffe, tout artiste qu’il est reste un tartuffe. Que vous, grand amateur d’art autoproclamé, sépariez l’artiste de sa démarche montre bien que les amateurs d’art ne s’intéressent plus à cette démarche, seule à même de justifier la création, mais juste à l’objet non manufacturé et à sa petite côte...

         
        • Van Hai
          • Posté à 15h42 le 11/03/2013
          • Internaute 199405

          « l’art contemporain n’a de valeur que marchande »
          c’est valable pour une multitude d’artistes et de production artistique, je le conçois.

          De quelle démarche parlez-vous ? Se munir d’un pochoir et d’un spray et peindre des oeuvres sur des murs publics et privés ? les seules oeuvres vendues par Banksy sont une attaque ouverte au marché de l’art dont vous faites état avec un détournement d’une oeuvre de Damien Hirst (artiste surcoté) et un autre détournement d’un portrait classique qui fait un doigt d’honneur à son spectateur. Sinon les reste c’est des forcenés qui ont démonté leurs murs afin de les vendre.

          « grand amateur d’art autoproclamé » vous me faites rire, défendre un des derniers artiste dissident du marché de l’art est inconcevable. Préférez la reproduction d’un cliché de Doisneau,... penchez-vous plus sur son travail et tous les paradoxes qui y figurent, les vrais, pas ceux des cours d’assise ou de la bienséance populiste. Tentez d’y voir une oeuvre acculée dont son auteur se démène afin de ne pas y succomber comme les autres. L’art n’est fait que pour troubler, ceux qui désirent la limpidité choisiront autre chose.

          (un petit exemple de la problématique de l’oeuvre de Banksy est cité ici : Lien )

          • Chapalo soldier
            Chapalo soldier répond à Van Hai
            Soifard
            • Posté à 16h00 le 11/03/2013
            • Internaute 48067
              Soifard

            Je suis personnellement intéressée par le street art, en tant qu’il porte une démarche... Des mecs reconnus aujourd’hui qui continuent à battre le pavé des grandes ou moins grandes métropoles chaque nuit pour continuer une œuvre commencée 20 ans plus tôt, et marquée du sceau de la fragilité, voila qui m’inspire...

            Une personne, douée à n’en pas douté, qui dit tout et son contraire, et passe d’un art noble à l’art des salles de vente m’énerve un brin...

            J’ai lu l’article que vous faites passer... On y apprend juste que Banksy est très attaché au respect de Sa propriété intellectuelle... Sa démarche, digne d’un groupe industriel, illustre bine le changement de paradigme chez lui.

            • Van Hai
              • Posté à 02h44 le 13/03/2013
              • Internaute 199405

              Je pense que l’organe de validation de ses oeuvres n’a qu’un seul but, éviter la spéculation sur son dos et obtenir que les oeuvres restent là où elles sont.

              J’étais graffeur entre 89-94, donc j’y suis également sensible. Ce qui m’énerve c’est que systématiquement on brandisse les spéculateurs du marché de l’art lorsqu’on tente de parler de création, c’est tout le temps le même truc populiste de mecs outrés par le fric et le pouvoir, qu’on soit en politique ou dans le caniveau, le mec qui réussi à mendier plus que l’autre finit par passer pour un tricheur.

              Je pense que son orientation a changé en effet, et qu’il adapte sa provocation au milieu dans lequel il est, il est passé de gosse classe ouvrière à riche et fameux, On lui reprocherait également de garder le même message s’il avait décidé de rester ce qu’il est malgré son changement de statut. COmme tout artiste victime/bénéficiaire de son succès, Je suis curieux de voir où il ira, son film m’a laissé un bon espoir, il est très conscient de l’impasse.

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