Hommage 15/01/2013 à 12h01

Qatar : la prison à vie pour un poète critique, amoureux de Rimbaud

Taoufik Ben Brik | journaliste

Neuf poètes, six hommes et trois femmes, habillés de complets et de robes de soirée, étaient assis autour du bureau de Jalloul Azzouna, président de la Ligue tunisienne des écrivains libres.

Ils sirotaient leur café tout en devisant. L’un des six costumes s’était lancé dans une longue tirade sur le poète qatari Mohamed Al-Ajmi, alias Ibn Al-Dhib, le louveteau ou fils du loup, condamné par la justice de Doha à la perpétuité, le 29 novembre 2012.

Koulouna Tounès, « Nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive », son dernier poème qui retrace les heurs et malheurs du printemps arabe, avait été jugé coupable d’hérésie par le tribunal des cheikhs en Djellaba. Sans recours. On l’accuse d’avoir critiqué l’émir et fait l’éloge du printemps arabe.

  • il a été condamné parce qu’il a qualifié le principe héritier, Tamim Ibn Hamad Al-Thani, l’enfant aîné de Cheikha Mouza, la préférée du Cheikh du Qatar, de morveux « Joueur de Playstation », dit un costume noir ;
  • pas du tout. C’est le Cheikh en personne qui a ordonné son arrestation. Ibn Al-Dhib s’est permis de moquer le club fermé des Emirs du golfe, rétorque la robe immaculée ;
  • tu te goures, ma belle. De source sûre, c’est pas l’histoire classique du « poète et du tyran ». Ibn Al-Dhib a eu le culot d’inciter les Qataris à renverser le cheikh, dit le costume délavé ;
  • quoi qu’il en soit, on tient notre poète, notre casus-belli. C’est justement ce qu’on cherche pour qu’on croque ce « Cheikh » qui n’arrête pas de s’immiscer dans nos affaires, dit le costume bon marché…

La police des poètes n’est pas de ce monde

Le costume noir veut continuer… Et là, c’est autour de Jalloul Azzouna, un sans costume de présider le comité de soutien pour la libération d’Ibn Al-Dhib.

« N’oubliez pas qu’Ibn Al-Dhib est poète avant d’être prisonnier. Quand j’ai demandé à Ibn Al-Dhib, il y a deux années de cela, quel poète a-t-il aimé et le mieux fréquenté, histoire de trouver son “juste ton”, il m’a donné en guise de réponse une première clef : c’est Rimbaud... Arthur Rimbaud à l’instant précis où son Bateau ivre a accosté avec sa gueule de bois dans le silence d’Aden, quand l’auteur des voyelles n’a plus rien dit. Pour moi, a-t-il ajouté, il est là son vrai poème ! »

Son Incarcération, dans le silence des geôles, voici son poème tant désiré. Désormais, il est reconnu, par tous les siens, les poètes du monde, comme LE POETE.

Poète, Ibn Al-Dhib ? Qui, devant une telle réponse, pourra en juger ? Je m’en vais seulement ici conter ce qui fait pour nous autres, Arabes des Moualaqat, que c’est plutôt le silence du poète en effet, non le poème comme l’avait Chuchoté Char, qui reste l’unique « Zir », l’antique « amour réalisé » d’un « désir demeuré désir »… Et alors, il faut qu’en vérité je vous le dise : par chance ou par malheur, c’est selon, pour les Arabies poétiques, la police des poètes n’est pas de ce monde.

Doha, cimetière des poètes

Si nos polices politiques savaient lire, elles sauraient qu’il n’y a pas dans notre « génie » de Boileau qui tienne, il n’y a même pas de Sainte-Beuve, il n’y a même pas, figurez-vous, d’Emir ou de Cheikha Mouza…Mais il y a le Coran ! Notre police des lettres, à nous les Arabes, ne se dit pas huilée comme dans le sottisier qui la définit « efficace » :

« Quant aux poètes, décrète Allah, dans une sourate qui porte le même nom, seuls les égarés les suivent. Ne vois-tu pas qu’en tout val ils dérivent, et qu’ils disent ce que point ils ne réalisent… »

Depuis ce bannissement sans appel, la République des poètes arabes reste une vaste léproserie. Ibn Al-Dhib y est avant même d’avoir commis son « poème du Jasmin ».

Quelque chose comme une quarantaine perpétuelle qui frappe ces « dérivants en tout val ». Ibn Al-Dhib l’exclu, le paria. Ils l’ont rejeté tout en le conservant à l’abri des normes, là où il va développer d’immondes excroissances, d’innombrables tumescences et n’avoir que la haute solitude pour espérer finir un jour de plaisir… dans un cachot à Doha, une non ville, cimetière des poètes.

Tout ce que je dis là, n’importe comment, c’est pour que l’on sache, bon sang, qu’un poète arabe le devient tout comme Ibn Al-Dhib, dès l’instant où il voue son silence à l’instance sans visage qui annule sa voix, au texte divin qui maudit son inscription dans le graphe, son incursion dans la nuit de la lettre, ce « métal du diable », comme le dit Niffarî un immense soufi du Xe siècle… C’est alors que le poète arabe se met à la recherche du châtiment pour son crime poétique. Il attendra, humble et infatigable tel un parieur du Loto, une absolution qui, loin d’effacer son péché, l’accueille et le protège.

« Ennemi public n°1 »

Ibn Al-Dhib est l’élu de la providence. En l’embastillant, Cheikha Mouza l’a promu, « Ennemi public n°1 ». Poète tout court.

Tout poète arabe, et pas seulement Ibn Al-Dhib, rêve du fier destin de la sainte catin Marie-Madeleine, face au divin pécheur venu rendre impossible la lapidation, avant qu’il ne l’étreigne et ne monte avec elle dans sa chambre de pécheresse. Qui pourra dire ce qu’ils se sont dit sans blasphémer ou tout au moins sans déroger à la pudeur ? Sachant tout cela de l’incomparable sort de la poésie arabe, j’ai lu les poèmes incriminés d’Ibn Al-Dhib dans la pudeur de celui qui ne violera à aucun prix l’intimité de Dieu et de la catin.

Moncef Mezghani, poète et ami du poète dira :

« Je ne dirai que ce que Ibn Al-Dhib m’a autorisé à dire sur quelques uns de ses complices. Premier compère d’Ibn- Al Dhib, Abu Nawas… »

Je rajoute : Abû Nawâs, poète de toute les ivresses y compris celle qui vous fait perdre les boussoles des vies trop humaines limites. Il a titillé des vertiges théologiques qu’il a toujours déclarés par ailleurs indignes de « foi » :

« Seigneur ! Admettons que le nombre de mes péchés ait été immense

C’est que j’ai su, pardi, que plus grande encore était ta clémence… »

Mettant l’Eternel au pied du mur, rendant futile et « illogique » tout repentir, il a fait de la récidive sa voie royale pour s’en tenir à son éternité à lui, toute faite de plaisirs terriens.

Et il communique ainsi à ses compagnons de délices ses dernières volontés :

« Si je meurs enterre-moi sous un cep de vigne

Ainsi ses racines abreuveront encore mes os ! »

Héros ou brigand

Mais la poésie d’Ibn Al-Dhib devient « hors norme », lorsqu’elle est envoutée par ce monstre désigné sous le vocable de « su’ lûk »… « Ibn Al-Dhib est le dernier sû’ lûk. », dit Moncef Merzghani.

Mot étrange même dans la langue arabe qui l’a mis au monde, sû’ lûk tangue entre toutes les équivoques : héros ou brigand, rebelle ou ermite de l’égotisme, justicier de grands chemins ou violeur de la loi tribale, gueux ou prince, sans doute tout cela à la fois ! Et les rares su’lûk répertoriés dans les manuels scolaires qu’une tradition littéraire hypocrite a daigné nous transmettre répondraient tous de l’honorabilité du rétif dont se pare Ibn Al-Dhib notre captif : Ta’ abatta Charran et le grand Chanfarâ pour ne citer que les plus curieux.

Ces deux-là sont dans toutes les nostalgies d’Ibn Al-Dhib. Le premier était la calamité de sa mère qui lui a donné le sobriquet impayable, Ta’ abbata Charran qui veut dire « [en sortant] il a dissimulé sous le bras la Malfaisance ».

Le second, Echanfaraâ, le plus grand dans son genre, du haut de sa nudité antique, est la voix du désert, l’espace qui n’attend que ses « éclats de vers » pour dire combien les silences y sont diserts. Devenu paria pour tous « les enfants de la Oumma », comme il nous a appelés dès l’ouverture de son hymne à la solitude, il s’est juré, dit la légende, de tuer cent individus sur le tas du bétail de gens sans histoire. Mais il a été lui-même tué après avoir occis « seulement » quatre vingt-dix-neuf ! L’un de ses pourfendeurs, bien plus tard, croyant reconnaître son crâne pouffant de rire franc et définitif des piètres triomphes, le piétine, se blesse et passe de vie à trépas. Vœu de poète ne saurait mentir.

Eh bien, l’indécis et « l“avare de soutien ” apprendront peut-être dans ces bris de vécu, de vœux impies et d’imprécations que trimballe Ibn Al-Dhib, que rien n’a changé dans le désert poétique de ces Arabies essoufflées à force de taire leur silence, qui n’ont même plus, que ce soit à Doha ou à Tunis, à Aden ou à biled El Waq El Waq, le désir de border leurs voyous, d’en étreindre l’âme frêle et de l’accompagner jusqu’à son cachot, là où il “ copule ” surement avec sa muse : Cheikha Mouza, son poème.

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  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 12h45 le 15/01/2013
    • Expert 51226
      professeur

    Bel article montrant combien la dictature religieuse rejette toute forme de culture et d’art.
    Ce qui fait paradoxalement de tout artiste, généralement emprisonné et/ou opprimé, une grande figure nationale.
    On notera que le jasmin représenté sur la photo issue de Flickr, n’est pas le jasmin traditionnel des parfumeurs mais ce qu’on appelle ici en France, le jasmin des poètes, c’est à dire le seringat (ici représenté sous sa forme simple car il peut aussi avoir des fleurs doubles suivant les variétés). Un arbuste qui sent divinement bon mais hélas, un peu oublié ces dernières années des jardiniers comme des jardineries, même si très facile à cultiver.

    • faded yasser
      faded yasser répond à lally
      pour la justice
      • Posté à 14h10 le 15/01/2013
      • Internaute 155078
        pour la justice

      Taoufik est un grand militant destiné à lutter toujours contre le pouvoir, après ZABA il affronte courageusement les obscurantistes de Ennahda et leurs sponsors wahabistes au qatar et en Arabie saoudite.
      Pour quand on entendera les grandes gueules du PS au pouvoir actuellement qui n’ont jamais cessé de nous gonfler avec leurs batailles des DH en Syrie, en Iran à Cuba et au Venezuela se mobiliser pour ce grand poète qatari.
      On dirait que nos dirigeants sont prets à fermer les yeux sur les crimes des ces petromonarchies du moment qu’ils financent et arment les terroristes qui detruisent la farouche Syrie et du moment qu’ils achetent des hotels particuliers à coup de dizaines de millions sur les champs.

      • Kolyse
        Kolyse répond à faded yasser
        psychédélique
        • Posté à 15h48 le 15/01/2013
        • Internaute 124863
          psychédélique

        J’ai trouvé ça, ça peut aider :

        Mohamed Ibn Dhib,
        poète du Qatar, né en 1976, condamné à perpétuité en novembre 2011 pour ce poème écrit et diffusé le 16 janvier 2011 dont voici une traduction qui nous a été transmise par le poète Tahar Bekri :

        Nous sommes tous la Tunisie

        Premier Ministre Mohamed Ghannouchi*
        Si ton Pouvoir est constitutionnel
        Nous ne pouvons pleurer ni Ben Ali ni son époque
        Nous considérons cela comme un moment historique
        Une dictature d’un régime oppresseur et tyrannique
        Contre laquelle La Tunisie a soulevé une révolution populaire
        Nous ne médisons que celui qui est vil et bas
        Nous ne louons que par conviction personnelle
        Toi le révolutionnaire allume la révolution avec le sang du peuple
        Sculpte le salut des peuples pour toute personne vivante
        Dis-leur d’un mot le linceul trahi par sa propre paume
        Toute victoire est précédée d’événements tragiques
        Réjouis-toi pays dont le maître est ignorant
        Il croit que la dignité arrive grâce aux forces américaines
        Réjouis-toi pays dont le peuple est affamé
        Dont le gouvernement se vante de sa finance
        Réjouis-toi pays dont le citoyen dort avec une nationalité
        Et se réveille sans nationalité
        Réjouis-toi régime oppresseur héréditaire
        Jusqu’à quand serez-vous esclaves du narcissisme
        Jusqu’à quand le peuple ne connaîtra pas la valeur de l’individu
        Celui-ci nomme celui-là derrière tous des oubliés
        Pourquoi ne cherche-t-il pas un gouvernant
        Qui le libère du pouvoir arbitraire
        Apprends à celui qui est autosatisfait et gouverne son peuple
        Avec haine qu’à sa place quelqu’un d’autre peut gouverner
        Sans croire que la patrie est à son nom et celui de sa famille
        La patrie est au peuple et les gloires de la patrie sont populaires
        Répétez et la voix est la même et le destin est le même
        Nous sommes tous la Tunisie face à l’élite oppressive
        Les gouvernements arabes et ceux qui les gouvernent
        Tous sans exception des voleurs
        La question qui brûle l’esprit de celui qui s’interroge
        Ne trouvera pas de réponse auprès des officiels
        Puisque vous importez tout de l’occident
        Pourquoi n’importez-vous pas le droit et la liberté ?

        Trad. Tahar Bekri

        *Mohammed Ghannouchi, Premier ministre du 1er Gouvernement provisoire tunisien après le départ de Ben Ali, le 14 Janvier 2011.

        Écouter Mohammed Ibn al-Dhib déclamer son poème :
        Lien

        Lire les deux articles du 29/11/2012 parus sur Désobeissance civile :
        Lien

        Tahar Bekri : poète né en 1951 à Gabès en Tunisie. Vit à Paris depuis 1976. Ecrit en français et en arabe. A publié une vingtaine d’ouvrages ( poésie, essais, livres d’art ). Sa poésie, saluée par la critique, est traduite dans différentes langues (russe, anglais, italien, espagnol, turc, etc.). Elle fait l’objet de travaux universitaires.
        Son œuvre, marquée par l’exil et l’errance, évoque des traversées de temps et d’espaces continuellement réinventés. Parole intérieure, elle est enracinée dans la mémoire, en quête d’horizons nouveaux, à la croisée de la tradition et de la modernité. Elle se veut avant tout chant fraternel, terre sans frontières. Tahar Bekri est considéré aujourd’hui comme l’une des voix importantes du Maghreb. Il est actuellement Maître de conférences à l’Université de Paris X-Nanterre.

        Le site de Tahar Bekri : Lien

        SIGNER LA PÉTITION EN LIGNE POUR QUE JUSTICE SOIT FAITE et que Mohammed soit libéré :
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      • Louvois
        Louvois répond à faded yasser
        • Posté à 08h13 le 16/01/2013
        • Internaute 36794

        C’est vrai. Ah, si c’etait un poete palestinien emprisonne par les affreux sionistes il y aurait deja des defiles de soutien dans les rues de Paris. Moralitem il faut savoir choisir ses ennemis.

         
        • marc23
          marc23 répond à Louvois
          • Posté à 10h40 le 16/01/2013
          • Internaute 12037

          Réflexion malvenue et même grossière et insultante pour le poète prisonnier à vie.
          Le Qatar et Israel violent les droits de l’homme ; ce sont tous les deux des amis « intimes » de nos gouvernants libéraux de droite ou du PS et doivent tous les deux être combattus, ainsi que l’Arabie dite Saoudite ou le Bahrein....

          • Louvois
            Louvois répond à marc23
            • Posté à 13h23 le 16/01/2013
            • Internaute 36794

            Au fait il y a une cour supreme au Qatar come celle qui en Israel defend les droits de tous - Juifs et Arabes ?

          • We want a shrubbery
            We want a shrubbery répond à marc23
            Fonctionnaire à chat. Ni!
            • Posté à 18h57 le 16/01/2013
            • Internaute 100046
              Fonctionnaire à chat. Ni!

            N’empêche que même avec Nethanyahu Israël n’a jamais foutu un poète en taule pour délit de poésie...

            • faded yasser
              faded yasser répond à We want a shrubbery
              pour la justice
              • Posté à 21h22 le 17/01/2013
              • Internaute 155078
                pour la justice

              Israel, les poètes les tuent.Ghassan Kanafani est un poète et écrivain palestinien qui a été assassiné en 72 par le Mossad et ce pour venger les morts de Munich

        • A Pied
          A Pied répond à Louvois
          Prof
          • Posté à 11h19 le 16/01/2013
          • 174047
            Prof

          Pfff...

        5 autres commentaires
  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 12h50 le 15/01/2013
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Le Qatar préfère sans doute le foot à la poésie ...

    • trouble fêtes
      trouble fêtes répond à Mon-Al
      aconforme
      • Posté à 13h17 le 15/01/2013
      • Internaute 156689
        aconforme

      Au même titre que leurs supporteurs !

      • Frangipane-y-est
        Frangipane-y-est répond à trouble fêtes
        Plante verte, rouge et noire.
        • Posté à 18h50 le 15/01/2013
        • Internaute 191696
          Plante verte, rouge et noire.

        Les nôtres, aussi...

         
        • trouble fêtes
          trouble fêtes répond à Frangipane-y-est
          aconforme
          • Posté à 19h54 le 15/01/2013
          • Internaute 156689
            aconforme

          Ben non, je vous les laisse...
          Car comme aconforme je suis apropriété, c’est plus approprié et plus propre pour l’homme ; nu, je suis nais, nu, je partirais ! *< ; o))

          « Un jour, être pauvre,
          Détaché de tout
          Sans pleurer de rien,
          Sans rire de tout,
          Comme un enfant qui repose
          Dans la vérité des choses.
          S’écarter de tout, sortir,
          Se tenir debout
          Comme un enfant sort du ventre et hurle,
          S’écarter de tout.

          Un jour, être pauvre,
          Détaché du reste,
          De l’autre coté du mur.
          Pas le moindre geste,
          Pas la moindre trace de haine,
          Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
          Le moindre sentiment d’oubli.
          De l’autre coté du mur,
          Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
          Le calme au fond du lac.

          Un jour, être pauvre
          Sur un quai désert,
          Être un bateau vide.
          Tout le monde à terre.
          Comme un enfant qui repose
          Dans la vérité des choses,
          S’éloigner de tout, apprendre
          A tenir debout
          Sur la mer immense et douce, apprendre,
          A tenir debout. »
          - G. Manset ; « Un jour, être pauvre ».

        1 autres commentaires
  • Jolanissa
    Jolanissa
    Mat du couloir ?!
    • Posté à 13h10 le 15/01/2013
    • Internaute 192784
      Mat du couloir ?!

    Le pays de l’or noir n’est pas celui des cerveaux brillants.

  • miles.v
    miles.v
    Matheux
    • Posté à 13h10 le 15/01/2013
    • Internaute 80105
      Matheux

    Merci pour ce rappel salutaire, tant cette information, concernant pourtant un partenaire de plus en plus important de la France, a été passée sous silence par les médias traditionnels.
    Pour citer mon cas personnel, il me semble anormal qu’écoutant France Info quotidiennement et allant plusieurs fois par jour sur les sites du Monde, Libé et Rue 89, j’ai appris le sort réservé à Ibn Al-Dhib dans la planche hebdomadaire de Lefred Thouron dans l’Équipe magazine !

    • tonimarus45
      tonimarus45 répond à miles.v
      • Posté à 13h28 le 15/01/2013
      • Internaute 22823

      bonjour–je me demande si monsieur normal si promt a donner des leçon de democratie, aux chinois, aux russes, aux iraniens,a touche un mot de cette affaire a l’emir du quatar (qui preside aux destinees d’un pays ou les lois sont bien plus repressives que ce qu’elles etaient par exemple en libye) quand il l’a reçu en grande pompe......non ! ! ! c’est vrai j« avais oublie que c’est notre ami
      –-comme disait l’autre “”“ce sont des putains de dictateurs ,mais ce sont les notres” » »

    • Bernardo Z
      Bernardo Z répond à miles.v
      Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
      • Posté à 14h44 le 15/01/2013
      • Internaute 196411
        Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

      ça commence à être un sacré parcours du combattant dans les médias traditionnels pour avoir la moindre petite information, va falloir qu’on mette en place une vigie, le premier qui entend une vraie info à la radio ou à la télé le dit ici ! : D

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 13h30 le 15/01/2013
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Le Qatar, encore un pays d’accueil pour Gérard Depardieu, notre poète multi-cartes

    • simla
      simla répond à padiran
      desperate housewife
      • Posté à 02h05 le 16/01/2013
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      Vu son goût pour les divins breuvages....ce serait un mauvais choix !

      • padiran
        padiran répond à simla
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 09h07 le 16/01/2013
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Allah peut être accommodant avec ses prestigieux ressortissants.

  • Communisty Manager
    Communisty Manager
    Franc-Tireur
    • Posté à 13h34 le 15/01/2013
    • Internaute 196465
      Franc-Tireur

    Oh ben l’armée française en lutte contre l’intégrisme islamique va aller le libérer.

    Et comme tous ceux qui en font la demande, ce nouveau Khayyam se verra donner la nationalité française.

  • Aux landes 2
    Aux landes 2
    Toujours là
    • Posté à 13h35 le 15/01/2013
    • Internaute 196865
      Toujours là

    Mais puisqu’on vous dit que l’islam est une religion de tolérance !

    • Bernardo Z
      Bernardo Z répond à Aux landes 2
      Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
      • Posté à 14h46 le 15/01/2013
      • Internaute 196411
        Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

      Une religion ne peut pas être tolérante, telle qu’elle soit. Un dogme n’a rien à voir avec la liberté de penser, tel qu’il soit.

      • Kolyse
        Kolyse répond à Bernardo Z
        psychédélique
        • Posté à 04h21 le 16/01/2013
        • Internaute 124863
          psychédélique

        Et pendant l’Inquisition en Espagne était-ce tolérant ? Oui, vous avez bien raison toute religion à ses heures d’intolérance sévère. Giordano Bruno, en Italie, ce poète du Qatar chrétien avant l’heure, a été lui brûlé !

         
        • Bernardo Z
          Bernardo Z répond à Kolyse
          Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
          • Posté à 20h43 le 16/01/2013
          • Internaute 196411
            Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

          certains nazis se sont également fait exécuter injustement... N’hésitez surtout pas à me donner un PG, ça fera mon millième je pense... : -)

        1 autres commentaires
    • lonesome
      lonesome répond à Aux landes 2
      un parmi tant d'autres
      • Posté à 21h23 le 15/01/2013
      • Internaute 165032
        un parmi tant d'autres

      il me semble que le poète condamné est lui-même musulman. Ce n’est pas la religion qu’il condamne dans son pays mais le manque de liberté.

      • Kolyse
        Kolyse répond à lonesome
        psychédélique
        • Posté à 04h29 le 16/01/2013
        • Internaute 124863
          psychédélique

        Le poète condamné l’a été pour avoir écrit un poème politique contre la tyrannie et pour la liberté démocratique (pas un mot sur la religion). C’est pour ce poème qu’on l’a mis en prison à vie, le Qatar redoutant la survenue d’un printemps arabe. Le poète condamné est une sorte de Maïakovski arabe levant le poing et haranguant la foule (ceci dit la situation sociale du Qatar est bien différente de celle de la Tunisie). Poursuivons c’est une sorte de Pussy Riot que le Poutine qatarien envoie au goulag dans la Sibérie d’un désert de sable !

        extrait du poème en question :
        « Tunisie
        Réjouis-toi pays dont le citoyen dort avec une nationalité
        Et se réveille sans nationalité
        Réjouis-toi régime oppresseur héréditaire
        Jusqu’à quand serez-vous esclaves du narcissisme
        Jusqu’à quand le peuple ne connaîtra pas la valeur de l’individu
        Celui-ci nomme celui-là derrière tous des oubliés
        Pourquoi ne cherche-t-il pas un gouvernant
        Qui le libère du pouvoir arbitraire
        Apprends à celui qui est autosatisfait et gouverne son peuple
        Avec haine qu’à sa place quelqu’un d’autre peut gouverner »

         
        • marc23
          marc23 répond à Kolyse
          • Posté à 10h46 le 16/01/2013
          • Internaute 12037

          Les Pussy riots ne sont pas des poètes, loin de là, le Qatari n’a pas créé de scandale dans un lieu de culte et lui est condamné à vie et pas pour deux ans. Il n’y a aucune comparaison à faire entre les deux, ce qui fait que nos media parlent toujours des droits de l’homme en Russie et jamais au Qatar, qui ne fait JAMAIS l’objet d’AUCUN reportage.

        1 autres commentaires
  • inspecteur crouton
    • Posté à 15h04 le 15/01/2013
    • Internaute 118828
      modéré

    - « Je vous le dis comme je le pense. »

    Certains poètes sont très appréciés, au Qatar.

  • Kolyse
    Kolyse
    psychédélique
    • Posté à 15h32 le 15/01/2013
    • Internaute 124863
      psychédélique

    Evidemment entre Coran et Cioran, il y a un écart, un abime même où se trouve la Poésie comme une planète lointaine où se trouve Rimbaud !

    Merci pour ce bel article !

    • islamiste
      islamiste répond à Kolyse
      Don't panic, I'm not me ...
      • Posté à 23h17 le 15/01/2013
      • Internaute 83149
        Don't panic, I'm not me ...

      Bravo, ça vol haut ici, dictateur qui fait des conneries c’est forcément à cause du Coran. C’est simple, demande aucune jugeotte, permet de cracher sur l’islam donc c’est bon.

      • Kolyse
        Kolyse répond à islamiste
        psychédélique
        • Posté à 04h15 le 16/01/2013
        • Internaute 124863
          psychédélique

        Vous revoilà pour me mettre en prison comme le poète Quatar ?

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 17h23 le 15/01/2013
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    C’est vraiment pas génial poète critique comme métier de nos jours . Soit t’es poète dans une dictature et t’es torturé en prison a vie et tout ça , soit t’es poète dans une démocratie libérale et alors absolument personne ne te lit , tout le monde s’en fiche de ta gueule et de ce que tu écris et tu peux bien crever dans la rue personne ne s’en apercevra ..
    Faites plutôt storyteller ou publicitaire pour encenser les dictateurs ou la marchandise si vous voulez épater votre concierge et tirer des filles..

  • calam
    calam
    poussière parmi tant d'autres
    • Posté à 18h23 le 15/01/2013
    • Internaute 34507
      poussière parmi tant d'autres

    Une pensée à Ibn Al Dhib

    L’ombre d’une ombre

    La dèche hante les veillées tardives
    Une bougie à la lueur chancelante
    Souffle au vent d’une voix furtive
    La peine de ces joues ruisselantes
    Où les larmes devancent les mots
    Donner tout son sens à l’attente
    Où se cherchent grands et marmots
    Sur ces quatre murs à la chaux ternie
    Se projettent des silhouettes floues sans vie
    La parole s’est évaporée sans préavis
    Partie avec l’histoire qui n’est pas finie
    La bougie s’est tue avant que ne parte la cire
    Un silence sans lumière ne peut ni lire ni décrire
    Que sans nos ombres nous ne sommes plus nous mêmes
    N’étant plus nous mêmes nous mîmes un temps infini
    À comprendre qu’il y avait une sortie un schème
    nous nous prîmes par les mots
    formâmes une chaîne à briser le mutisme
    Laissant le désert et la sobriété au chameau
    Bâtîmes une expression fraîche pleine d’ardeur
    À délier la langue de sa torpeur
    En écopant le trop plein des maximes
    En puisant dans la source effervescente
    Nos espoirs, nos contradictions, nos ententes
    comblant ainsi nos manques
    D’histoires d’ombres parlantes

    • Kolyse
      Kolyse répond à calam
      psychédélique
      • Posté à 04h35 le 16/01/2013
      • Internaute 124863
        psychédélique

      « Sur ces quatre murs à la chaux ternie
      Se projettent des silhouettes floues sans vie
      La parole s’est évaporée sans préavis »

      Au fond c’est un peu la version du mythe de Platon dans la caverne d’Ali Baba

      Bravo pour ce poème comme un jardin au fond d’un grain de sable !

  • jeanletanneur15
    jeanletanneur15
    Graveur
    • Posté à 20h16 le 15/01/2013
    • Internaute 187223
      Graveur

    Oh ! Malheureux ,t’a oser dire çà. Tu sais si tu dit la vérité on va te ....

  • aa77
    aa77
    Bâti
    • Posté à 21h09 le 15/01/2013
    • Internaute 49074
      Bâti

    De plus, ils sont venus investir en la jeunesse de nos banlieues. cette banlieue ne relèvera jamais la tête hors de l’eau avec des clochards pareils. Le pétrodollar ne fait pas tout mais sait faire plier nos gouvernants occidentaux !

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 23h57 le 15/01/2013
    • 185805
      tête contre les murs

    puisqu on vous dit que ce mécène du psg c est le meilleur des mondes,le foot avant tout n est ce pas ?

  • abouZacharia
    abouZacharia
    libre penseur en liberté
    • Posté à 13h48 le 16/01/2013
    • Internaute 193255
      libre penseur en liberté

    Rimbaud c’etait pas celui qui a été photographé à moitié bourré ou camé sur les rives de l’Aden ?

  • We want a shrubbery
    We want a shrubbery
    Fonctionnaire à chat. Ni!
    • Posté à 18h53 le 16/01/2013
    • Internaute 100046
      Fonctionnaire à chat. Ni!

    « Au printemps, je vais quelquefois m’asseoir à la lisière d’un champ fleuri.
    Lorsqu’une belle jeune fille m’apporte une coupe de vin,
    Je ne pense guère à mon salut.
    Si j’avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu’un chien. »

    Omar Khayyam

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