Tribune 30/11/2012 à 15h58

Pourquoi pas une licence globale pour les manuels scolaires ?


Tribune

Au printemps 2012, nous avons proposé à l’Association des régions de France (ARF) le contrat suivant : nous nous engagions à écrire un manuel scolaire, à le mettre en page et à le mettre en ligne sous la forme d’un fichier PDF, en échange de quoi les régions nous donnaient 20 000 euros, correspondant à la rémunération des auteurs, illustrateurs, maquettistes et éditeurs de ce texte.

Ce manuel pouvait alors être imprimé par des imprimeurs commerciaux ou par les rectorats, voire localement par chaque lycée, grâce à l’action des régions. Il pouvait aussi être utilisé par tous les lycéens et étudiants francophones dans le monde.

Nous proposions également d’imprimer nous-mêmes ce manuel pour un coût supplémentaire de 8 euros par exemplaire. Naturellement, cette impression était inutile pour les enseignants et élèves qui préfèreraient lire ce manuel sur une tablette, une liseuse ou un ordinateur.

Nous n’étions pas seuls à proposer ce type de contrat, qui intéressait plusieurs maisons d’édition, en particulier LeLivreScolaire.fr. Les régions n’ayant pas donné suite à notre proposition, nous avons publié ce manuel de manière traditionnelle à l’automne.

Quatre mille exemplaires ont déjà été vendus, et les régions qui financent les manuels scolaires des lycéens ont donc déjà dépensé, pour acheter ce manuel, plus de trois fois ce que nous leurs demandions. Et elle devront faire de même à la rentrée prochaine, puis à la rentrée suivante…

En outre, elles ont privé de l’accès à ce texte tous ceux qui, en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique et en Océanie, auraient pu y accéder gratuitement. Même si cette opération a échoué, nous pensons que ce « modèle économique » est le meilleur pour les régions, et plus généralement pour les contribuables.

Dissocier le texte du support

Un livre est composé de deux choses : un texte et un support. Le texte est une suite de symboles et d’illustrations qui peuvent exister sur différents supports. Le support est un ensemble de feuilles reliées et couvertes d’encre.

De l’invention de l’écriture à celle de l’ordinateur, le texte et son support étaient indissociables, ce qui nous a donné la mauvaise habitude d’utiliser le mot « livre » pour désigner l’un et l’autre.

Mais texte et support sont des objets très différents du point de vue économique. Le support est un bien rival : chaque exemplaire supplémentaire coûte. Le texte, en revanche, est non rival. Une fois écrit, il peut être dupliqué à l’infini à un coût quasi nul ; il n’y a donc aucun obstacle à laisser tout le monde en profiter gratuitement.

La vente à l’exemplaire de bien non rivaux est absurde : les consommateurs n’ont aucun intérêt à payer chaque exemplaire, les créateurs n’ont aucun intérêt à priver ceux qui n’ont pas les moyens ou l’envie de payer leurs créations.

C’est pour cela que les créateurs de biens non rivaux réfléchissent à d’autres moyens de financer leur création : se faire payer une fois et laisser le fruit du travail en libre accès à tous.

Si la licence globale pour la musique – payer une redevance de 100 euros par an pour pouvoir accéder à toute la musique au lieu d’acheter 20 euros chaque CD – peine à se mettre en place, essentiellement parce qu’elle contrarie les intérêt d’un tout petit nombre de musiciens très populaires et de leurs maisons de disques, il nous semble que, dans les cas des manuels scolaires, déjà payés par l’impôt, ne pas mettre en place une telle licence globale et continuer à payer le texte à l’exemplaire est une mauvaise utilisation de l’argent public.

La vente à l’exemplaire

Il reste cependant un problème à résoudre pour les communes, les départements et les régions qui achètent les manuels scolaires : comment éviter de financer cent manuels, si cent auteurs en font la demande ? Les structures doivent-elles évaluer eux-mêmes les projets qu’elles souhaitent financer, mettant ainsi en péril la liberté de choix des enseignants ?

Non, bien entendu, car cette question en recoupe une autre, qui a déjà longuement été discutée : dans un monde dans lequel tout le monde paie une redevance et accède à toute la musique sans coût supplémentaire, faut-il rémunérer davantage les artistes populaires que les artistes confidentiels ?

Avec la vente à l’exemplaire, un musicien qui vend un million d’albums, par exemple, a un revenu mille fois supérieur à un autre, qui en vend mille. La vente à l’exemplaire est un formidable générateur d’inégalités.

Toutefois, certains proposent de réduire cette différence de rémunération, tout en en gardant le principe : ainsi, Richard Stallman avance-t-il l’idée de rémunérer les créateurs de manière proportionnelle à la racine cubique du nombre d’exemplaires diffusés, et ce rapport de un à mille deviendrait alors un rapport de un à dix.

Rémunération modulaire

Pour mettre en place une licence globale pour les manuels scolaires, il est donc nécessaire pour les communes, les départements, les régions et l’Education nationale de compter le nombre d’élèves utilisant chaque manuel et de moduler la rémunération des auteurs d’une manière ou d’une autre, l’essentiel étant que les textes soient accessibles à tous gratuitement.

Les services de statistiques de l’Education nationale sont déjà capables de compter le nombre de lycéens dans chaque série, option et spécialité. Ajouter les manuels utilisés parmi les variables mesurées a certainement un coût très inférieur à l’économie que permettrait la mise en place d’une telle licence globale.

Seule notre incapacité collective à penser l’économie des bien immatériels nous empêche de changer de modèle économique.

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  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 16h07 le 30/11/2012
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Un piege a Yeti cet article ?

    • Bien sous tous points
      Bien sous tous points répond à psych0Dad
      Je suis ton père
      • Posté à 21h37 le 01/12/2012
      • Internaute 195762
        Je suis ton père

      J’ai pas lu, mais je me doute que cette licence, si elle existait, aurait un quota minimum à respecter, en terme d’ignorance à induire.

      Bah oui, forcément, si vous voulez une continuité parfaite du présent.

      Lien ( rien à voir, le Yeti )

  • Aga33
    Aga33
    Libre
    • Posté à 16h41 le 30/11/2012
    • Internaute 195741
      Libre

    Il y a plusieurs années que j’y avais pensé mais surtout dans le but de réduire le poids effarant des cartables.
    Et pourquoi décentraliser le coût ?
    On pourrait imaginer une sorte d’agrément délivré par l’Education Nationale aux manuels et c’est le ministère lui-même qui assumerait le coût voire qui serait le commanditaire des manuels.

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 16h43 le 30/11/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    Les ouvrages scolaires sont de véritables vaches à lait pour les grands éditeurs...

  • mimi68
    mimi68
    Dresseur d'octets
    • Posté à 17h09 le 30/11/2012
    • Internaute 109662
      Dresseur d'octets

    Pourquoi prendre le risque de faire un truc intelligent ? L’existant fonctionnera, lui, toujours aussi mal.

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 17h22 le 30/11/2012
    • Internaute 81504
      sociopathe

    La grande majorite des profs que j’ai eus au college et au lycee n’utilisaient pas les manuels. La seule exception notable etait en langues, ou la on utilisait presque toujours le livre. En maths par exemple le livre etait parfois source d’exercices, mais ce n’etait pas un support de cours. Si on pouvait faire sans manuels il y a 20 ou 30 ans, alors on peut d’autant plus aujourd’hui, vu la quantite phenomenale de documentation qu’on trouve gratuitement en ligne.

    • harvestjo
      harvestjo répond à psych0Dad
      pas terrible
      • Posté à 09h17 le 01/12/2012
      • Internaute 115190
        pas terrible

      La qualité des professeurs étant assez variable, dans et entre les établissements (sans parler de ceux qui ne sont pas remplacés lors de leurs absences) le long d’une scolarité devenant de plus en plus longue, la seule base commune à tous les élèves est le manuel scolaire.

      En cas de difficulté pour voir les points de révisions important pour les examens (notamment le bac), le manuel scolaire devient un précieux guide face au dédale que peut être internet pour les moins initiés.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 19h07 le 30/11/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    En outre, elles ont privé de l’accès à ce texte tous ceux qui, en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique et en Océanie, auraient pu y accéder gratuitement.
    et
    Le texte, en revanche, est non rival. Une fois écrit, il peut être dupliqué à l’infini à un coût quasi nul ; il n’y a donc aucun obstacle à laisser tout le monde en profiter gratuitement.

    J’aimerai avoir plus de précisions parce que soit le manuel n’est pas écrit donc difficile d’avoir fait dépenser plus de 60 000 € ou bien le manuel est bouclé donc écrit et à partir de là difficile de jeter la pierre aux régions.
    Si vous refusez une diffusion par internet aux pays du tiers monde ou émergents car vous n’êtes pas satisfait de votre chiffre d’affaires la manœuvre est un peu grosse.

    Deuxième point vous présentez la licence globale comme une source directe finançant la création et comme une rétrocession forfaitaire.
    Les deux points sont faux.
    La licence globale en effet est un forfait pour l’utilisateur final, je paie 100 € par an pour accéder légalement à mes téléchargements.
    Du coté redistribution le principe reste sur la vente au numéro, le partage de la licence globale se faisant se faisant au prorata du nombre de fichiers téléchargés,
    la licence globale ne concerne que la distribution et elle est l’alternative à la distribution des biens culturels numériques.
    Pas de création pas gâteau, la création n’est pas un droit et son financement est de votre seule responsabilité.

    Rappelons aussi que les manuels scolaires ne sont soumis à aucun agrément qu’on peut en trouver des flopées, des légions et ce aussi sous forme de livres que sous forme numérique avec un accès libre et gratuit.
    Il ne manquerait plus que nous payons par impôt votre désir d’éduquer les masses.

    Une précision :
    En économie, la notion de biens rivaux désigne les biens dont la consommation par un agent empêche la consommation par d’autres agents (par exemple une pomme, qui ne peut être mangée qu’une fois par une seule personne). À l’inverse, les biens non rivaux sont ceux qui peuvent être consommés par plusieurs agents simultanément sans entrainer de perte (par exemple, la télévision hertzienne, qui peut être captée et regardée par des millions de gens au même moment). La plupart des biens non rivaux sont immatériels.

    Les anglo-saxons désignent cette notion par l’expression récente « rivalry » qui a notamment été employée par Lawrence Lessig, professeur de droit à l’université Stanford et créateur du projet Creative Commons.

    Lessig constate qu’une partie du malaise observé autour des biens immatériels en général et de la distribution de contenu sur Internet provient de la disparité de nature entre biens matériels et immatériels : quand on vend le bien matériel, on ne l’a plus. Quand on vend le bien immatériel, on le possède encore : pour un des intervenants au moins, il n’y a pas eu échange, mais duplication. Or l’économie a jusque-là essentiellement travaillé sur un paradigme unique qui était celui de l’échange. »

    • Zunzun
      Zunzun répond à huutaa
      Touche à tout
      • Posté à 22h38 le 30/11/2012
      • Internaute 100123
        Touche à tout

      « Il ne manquerait plus que nous payons par impôt votre désir d’éduquer les masses. »

      Nous l’avons fait, puisque l’auteur indique en avoir vendu un certain nombre aux régions. Nombre certes modeste, mais faire de la concurrence à Nathan ou Belin dans ce domaine revient à en faire à Apple et Samsung dans celui des smartphones.

      En considérant uniquement les manuel imprimés, ils ont proposé aux régions de leur faire payer 20k€ + 8€ par manuel ou ~40€/manuel (selon les chiffres de l’auteur, mais c’est un prix extrêmement élevé pour un manuel scolaire). Nous avons donc payé leur désir d’éduquer les masses le triple du prix qu’ils en demandaient initialement.

      • huutaa
        huutaa répond à Zunzun
        Même pas avec des pincettes.
        • Posté à 22h53 le 30/11/2012
        • 183774
          Même pas avec des pincettes.

        Je parle création, pas distribution. en dehors de la complainte du créateur incompris comme dit plus haut les manuels scolaires papier ou gratuits en numérique ce n’est pas ce qui manque.
        La définition des dépenses dans les collectivités territoriale est une autre question.
        Ces deux rigolos veulent accaparer la licence global pour financer leur lubie.

        « Seule notre incapacité collective à penser l’économie des bien immatériels nous empêche de changer de modèle économique » fermez le ban..

      • Gilles Dowek
        Gilles Dowek répond à Zunzun
        • Posté à 12h17 le 02/12/2012
        • Internaute 195779

        Ce manuel a été publié chez Eyrolles sous le titre Informatique et sciences du numérique - Spécialité ISN en terminale S. Nous en avons vendu 4000 exemplaires (à 19€). Ce n’est pas beaucoup, mais ce n’est pas si mal puisque cette spécialité concerne 10 000 lycéennes et lycéens cette
        année.

  • Mila Saint Anne
    Mila Saint Anne
    internaute
    • Posté à 19h18 le 30/11/2012
    • Internaute 14402
      internaute

    Sans vouloir dénigrer la bonne volonté des auteurs de ce manuel, un .pdf à l’époque du web 2.0 c’est un peu suranné non ?
    Effectivement, LeLivreScolaire propose quant à lui un manuel réellement numérique, modifiable, éditable, republiable, etc...

    Ceci explique certainement en partie le refus des collectivités d’investir dans un ouvrage au format trop rigide et dépassé.... L’autre bonne raison, c’est que la publication des manuels scolaires relève du secteur privé, qui n’a pas à être financé avec mes impôts locaux.

    Il y a de nombreuses lurettes que je ne me sert plus guère des manuels.

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à Mila Saint Anne
      sociopathe
      • Posté à 20h12 le 30/11/2012
      • Internaute 81504
        sociopathe

      > un .pdf à l’époque du web 2.0 c’est un peu suranné non ?

      Non. Si le manuel a entre autres vocation a etre imprime, le PDF constitue un excellent choix de format.

    • farchouette
      • Posté à 21h43 le 30/11/2012
      • Internaute 19543

      Le format livre a l’intérêt de donner des aides facilement (formulaire, pages de rappel, sans avoir à passer par un moteur de recherche, outil que les élèves-et leurs parents-maîtrisent mal), de plus, toutes les salles de classe ne sont pas équipées de suffisamment d’ordinateurs, toutes les familles ne disposent pas de l’accès à internet ou de l’usage d’un ordinateur par enfant. la lecture sur écran n’est pas la même que sur page, j’ai expérimenté une activité informatique en classe de cinquième avec consignes en pièce jointe (lues sur écran) et les mêmes consignes sur papier et ce sont les consignes papier qui ont été le plus lu, ce sont les questions sur papier auxquelles les élèves ont le mieux répondu (difficultés à passer d’une fenêtre à une autre, à maîtriser le format de celle-ci, etc.) même si nos élèves sont nés à l’ère 2.0, j’ai encore 2 ou 3 élèves par classe pour qui les ordinateurs ne sont pas un objet usuel. Enfin, les stimulations visuelles des écrans génèrent une fatigue nerveuse, des troubles du sommeil, mais on a peut-être fait des progrès en la matière sur les écrans format tablette, je peux l’entendre. De plus, si l’idée est d’imprimer aux frais des collectivités ces manuels pour un rapport qualité prix intéressant, il faut se rappeler que si ceux-ci ne sont pas imprimés sur un support suffisamment solide, ils ne tiendront pas une année. La durée de vie d’un manuel en couverture cartonnée en collège est pour les Maths, ma matière, environ 5 ans, ensuite, ils partent en lambeaux, la mode étant aux cartables et aux couvertures souples. je reste attachée aux manuels pour ma part même si je suis aussi capable d’aller chercher ailleurs (dans d’autres manuels d’autres éditeurs par exemple, dans des sites coopératifs) des idées d’activité, des séances d’exercices sur un thème plus pointus, etc.

      • Mila Saint Anne
        Mila Saint Anne répond à farchouette
        internaute
        • Posté à 13h07 le 01/12/2012
        • Internaute 14402
          internaute

        Utiliser un ordinateur pour faire lire un document quand on doit parallèlement faire des choses sur ce même écran c’est forcément pas pratique et j’aurais fait comme ces élèves.
        Les élèves maîtrisent mal les outils ? Utilisons les avec eux pour qu’ils apprennent à s’en servir. C’est dans ce monde là qu’ils vont vivre. L’usage du numérique ne devrait plus en être au stade de l’expérimentation, mais de l’usage naturel d’un outil au service de la pédagogique. Ce devrait quand même être le premier but d’un manuel qui se veut être un outil pédagogique. Or étrangement ce mot est absent de l’article. Moi je dis qu’il y a un loup !
        Et donc, au risque de me répéter, la plus-value pédagogique d’un manuel au format .pdf est proche du zéro absolu !

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant en collège
    • Posté à 06h54 le 01/12/2012
    • Expert 31637
      Enseignant en collège

    La démarche mériterait d’être creusée, sans oublier toutefois que si, pour les lycées, le financement dépend des régions, pour les collèges, ce sont les départements qui rentrent en jeu et pour les écoles primaires, les communes. Avec toutes les inégalités que cela suppose. Mais c’est déjà le cas aujourd’hui.

  • PeioJ
    PeioJ
    lecteur
    • Posté à 10h57 le 01/12/2012
    • Internaute 195751
      lecteur

    A quand des manuels sous licences Creatives Commons ?

    Les régions, les départements, mais aussi l’Education Nationale via les CRDP pourraient financer la création de manuels sous licence Creative Commons.

    C’est un solution compatible avec le « prix unique du livre » (qui est, dans le cas des manuels scolaires, un frein à la diffusion du savoir), compatible avec le numérique, compatible avec le droit d’auteur et sa rémunération (une rémunération forfaitaire pour la conception est plus juste dans ce cas là qu’une rémunération au pourcentage des ventes)

    Cela rendrait de la créativité aux enseignants, qui auraient enfin officiellement le droit de modifier, améliorer ou adapter le contenu d’un manuel sans le pirater.

    • Mila Saint Anne
      Mila Saint Anne répond à PeioJ
      internaute
      • Posté à 13h09 le 01/12/2012
      • Internaute 14402
        internaute

      Les manuels (ou sites de ressources pédagogiques) sous licence Creative Common, cela existe depuis belle lurette !

      • PeioJ
        PeioJ répond à Mila Saint Anne
        lecteur
        • Posté à 13h57 le 01/12/2012
        • Internaute 195751
          lecteur

        Bien sûr que cela existe, mais l’incitation à la production de manuels libres par les pouvoirs publics est inexistante. C’est là qu’est le problème.

        L’Education Nationale dispose de toutes les ressources nécessaires pour cela (tous les grands noms du matériel pédagogique sont des salariés de l’Education Nationale qui travaillent sur leur « temps libre » pour des éditeurs privés)

        Les associations existent et travaillent, mais sans soutien financier des pouvoirs publics, et surtout en devant réinventer l’eau chaude ou en devant régler des droits de reproduction prohibitif à cause du système de copyright imposé par le privé...

  • Baztien
    Baztien
    rebooting
    • Posté à 12h30 le 01/12/2012
    • Internaute 195754
      rebooting

    Pour prolonger la réflexion, une idée de dispositif à mettre à place :
    Lien

  • Mila Saint Anne
    Mila Saint Anne
    internaute
    • Posté à 14h36 le 01/12/2012
    • Internaute 14402
      internaute

    Pour prolonger le débat :
    Lien

  • yt75
    • Posté à 14h45 le 01/12/2012
    • 172880

    Pour les manuels scolaires oui pourquoi pas, mais ne pas oublier que pour le contenu en général, rien de plus Orwellien que la licence globale :
    Lien
    Soit mesures précises = délires Orwellien
    Soit mesures non précises et rien de plus qu’une taxe copie privée en plus, favorisant les œuvres à fortes diffusions. (ou ministère de la culture gardien omnipotent des subventions et de ce qu’il faut faire)

    Ce qui est nécessaire est de laisser tomber l’esprit « fichiers et copies », pour passer à licence ATAWAD ou autrement dit « si j’ai acheter ça ça marche et puis c’est tout », et cela dans un contexte non monopolistique garantissant la confidentialité des bibliothèques :

    Lien

    Et ce qui ne serait en rien en contradiction avec une licence globale pour les manuels scolaires d’ailleurs, bien au contraire.

    D’autre part il faudrait arrêter de prétendre que ce « problème » est nouveau, il n’en est rien :
    Lien

  • VinceDeg
    • Posté à 15h53 le 01/12/2012
    • Internaute 36941

    Deux grosses pistes réflexions face à cet article. En fait je vais les mettre dans deux commentaires séparés parce que ça risque d’être long, désolé.

    1ère réflexion. Il y a deux modes de financements tout à fait différents que vous envisagez et que vous regroupez sous le terme de « licence globale “. Le premier mode de financement est de payer à priori pour le travail (on vous donne 20 000 € et trois mois pour écrire un bouquin)  ; le deuxième est de payer pour l’œuvre à postériori en fonction de l’ampleur de sa diffusion (de son ‘utilité’ ?).

    Bien que ces deux modes de financement permettent au public d’accéder à l’œuvre gratuitement et en libre diffusion, il est important de les différencier parce qu’ils sont idéologiquement très différents. Le premier rémunère le travail humain de création, sur commande (comme par exemple on paye un concepteur de site web ou un photographe de mariage). Le deuxième rémunère l’œuvre à travers le nombre de ses copies et au final ne fait qu’imiter le système actuel des droits d’auteurs, à ceci près que l’état se fait intermédiaire et que l’enveloppe globale dédiée à la création est fixée. Pour comprendre la différence entre les deux en l’appliquant à la recherche fondamentale, imaginez que les chercheurs ne soient plus salariés de l’Université, mais qu’ils soient rémunérés uniquement en fonction du nombre de citations de leurs articles scientifiques déjà parus (et en accès libre), et ce pendant 20 ans après leur rédaction !

    Ce que l’on appelle ‘licence globale’ ne correspond qu’à cela : payer en fonction de la diffusion des œuvres existantes, via un organisme collecteur (ce qui se rapproche un peu du fonctionnement d’organismes actuels tels que la SACEM...). Même si cette licence globale permet enfin de copier librement les œuvres, et qu’elle est séduisante parce qu’elle permet de rémunérer les œuvres ‘les plus utiles’, elle peut aussi être très dangereuse, et d’aggraver la situation actuelle de répartition en fonction des modalités de comptage et de redistribution choisies.

    Enfin, cela fait l’impasse sur deux ou trois autres possibilités de financement de la création. La première, par exemple pour le cas des livres scolaires : considérer que l’écriture fait aussi partie des missions de service public des professeurs, déjà salariés de l’état, et évenutellement libérer du temps en retirant des cours à certains professeurs volontaires. Pourquoi un professeur serait-il payé d’avantage pour un travail qu’il fait sur son temps salarié ? La deuxième solution, plus générale et en pleine expansion actuellement : la création désintéressée et gratuite de la part de l’auteur, pour le plaisir de la création, pour la gloire, pour le sentiment d’utilité publique. Enfin, les auteurs peuvent se rémunérer sur des services annexes, mettre en accès gratuit le contenu mais se réserver l’exclusivité de la vente de supports physiques, et le don de la part du public peut aussi se développer, qui pour le coup ne rémunère que ce qu’il a vraiment aimé (pas vraiment applicable aux bouquins scolaires, je vous l’accorde).

    Mon opinion, c’est que dans le cas précis des ressources scolaires, la licence globale est une grosse connerie. La meilleure solution serait de libérer du temps de travail des professeurs pour qu’ils travaillent en collaboration, et que l’éducation nationale mette en place un organisme avec des salariés qui s’occupent d’organiser / éditer / mettre en page et en ligne tout ça.

    • Gilles Dowek
      Gilles Dowek répond à VinceDeg
      • Posté à 12h29 le 02/12/2012
      • Internaute 195779

      Ces deux modes de financement sont effectivement distincts mais, comme vous le remarquez, il permettent l’un et l’autre au public d’accéder au manuel gratuitement et en libre diffusion, et c’est ce qui nous importe.

      Comme nous essayons de l’expliquer à la fin de l’article, le second (rémunération a posteriori en fonction de l’ampleur de la diffusion) a l’avantage de laisser la liberté aux enseignants de choisir le manuel qu’ils souhaitent utiliser, alors que si les régions ou l’Éducation Nationale choisissaient de faire écrire un ou des manuels, cette liberté serait moindre.
      C’est un point dont, semble-t-il, il faut tenir compte dans le cas particulier des
      manuels scolaires.

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