RIP 01/10/2012 à 15h23

Mort d’Eric Hobsbawm, historien des bandits (et du communisme)

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

L’historien britannique Eric Hobsbawm, mort ce lundi à l’age de 95 ans, a rejoint le Parti communiste à l’âge de 14 ans, en 1936, et a déclaré il y a quelques années qu’il lui restait toujours un « rêve de révolution d’Octobre » quelque part...

Il a conservé jusqu’au bout cet attachement au communisme, alors que la plupart de ses camarades du Parti l’avaient déserté à chacun des soubresauts du soviétisme, Staline, Budapest (1956), Prague (1968), Kaboul (1979)... Lui était resté, malgré sa désillusion avec Moscou, en s’estimant lié « par un cordon ombilical » à l’espoir d’une révolution mondiale.

Mais Eric Hobsbawm était surtout un grand historien, le plus grand du XXe siècle pour ses disciples, qui avait « inventé » le concept de « long XIXe siècle », allant selon lui de 1789 au début de la Première Guerre mondiale en 1914. Il avait consacré une trilogie à cette période, traduite dans le monde entier.

« Banditisme social »

Mais Hobsbawm, pour moi, reste surtout attaché à un livre, « Les Bandits », lu dans les années 70 lorsqu’il fut publié par les mythiques éditions Maspero, et qui fait que je ne peux pas voir un fait-divers exactement comme avant.

Dans un avant-propos à la reparution de son livre, il explique sa démarche :

« C’est au début des années 50 que l’auteur du présent ouvrage a été frappé par le fait plutôt curieux que certains bandits qui rendent la justice et redistribuent la richesse sociale font l’objet des mêmes récits et sont à l’origine des mêmes mythes partout en Europe. Voire, comme cela lui fut confirmé par la suite, partout dans le monde. Suivant à la lettre l’injonction du Dr Samuel Johnson, pour qui il faut “ laisser l’observation brasser de son large regard toute l’humanité de la Chine au Pérou ”, les lecteurs de ce livre seront ainsi amenés à se rendre dans ces deux pays, et même sur tous les continents habités. »

Et il raconte (dans un livre disponible en accès libre sur le Web) :

« Par monts et par vaux, des bandes d’hommes (traditionnellement, les femmes en faisaient rarement partie) ne reconnaissant ni la loi ni l’autorité, armés et violents, soumettent leurs victimes par l’extorsion, le vol, ou de quelque autre façon. En défiant ainsi ceux qui détiennent ou prétendent détenir le pouvoir, le droit et l’accès aux ressources, le banditisme défie l’ordre économique, social et politique. Telle est la signification historique du banditisme dans les sociétés et les Etats marqués par des divisions de classes. Le “ banditisme social ”, sujet de ce livre, constitue un aspect de ce défi. »

Une vision marxiste de la part d’un homme qui est « tombé dedans » très jeune, marqué par une enfance particulière.

« Un homme qui a continué à brandir le drapeau »

Né en 1917 (l’année de la révolution bolchévique !) à Alexandrie (Egypte) de parents juifs, Eric Hobsbawm a grandi à Vienne puis à Berlin, avant que sa famille ne se décide à fuir l’antisémitisme et à se réfugier à Londres. En 1980, il déclarait :

« Toute personne ayant vu de ses yeux l’ascension d’Hitler ne peut pas ne pas avoir été façonné par ces événements. Cet enfant est toujours en moi. »

La vie et l’œuvre d’Eric Hobsbawm ont fait l’objet de bon nombre de polémiques et de controverses, pour beaucoup liées à son engagement communiste et sa lecture marxiste de l’histoire.

En avril dernier, rappelle la BBC, il déclarait qu’il souhaitait qu’on se souvienne de lui comme :

« Un homme qui, non seulement, a continué à brandir le drapeau, mais qui a montré qu’en le brandissant, on peut arriver à faire quelque chose, au moins quelques bons livres lisibles... »

Pour les anglophones, l’une de ses dernières interviews, en janvier denier, à la BBC.

Interview d’Eric Hobsbawm à la BBC

Janvier 2012

  • 7082 visites
  • 45 réactions
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  • Rose.Arno
    Rose.Arno
    Enseignante
    • Posté à 15h35 le 01/10/2012
    • Expert 136988
      Enseignante

    Historien du communisme : Après avoir planché sur Staline, on comprend qu’il ait voulu se rafraichir l’humeur avec de simples escrocs, voleurs et assassins.

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à Rose.Arno
      Bisounours de combat
      • Posté à 15h39 le 01/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      répugnante comme d’habitude... Puis alors la technique linguistique associant « simple » et « assassins », bravo !

      • Rose.Arno
        Rose.Arno répond à Bad Lieutenant
        Enseignante
        • Posté à 07h49 le 02/10/2012
        • Expert 136988
          Enseignante

        Oh ! Mon p’tit caporal qui vient du froid !

        L’utilisation de l’adjectif simple semble vous chagriner. Je comprends qu’il occupe une place particulière dans votre cœur mais il n’en demeure pas moins adéquat pour différencier l’homme ordinaire du Petit Père des Peuples.
        Qui aimait se faire raconter par le menu les détails de l’exécution de ses proches tombés en disgrâce.
        Qui a livré 60 000 juifs à ses bons amis allemands.
        ( L’histoire de l’historien dont il est question ici aurait été beaucoup plus courte si il avait eu la mauvaise idée de chercher refuge chez les marxistes plutôt que chez les vilains capitalistes...)
        C’est marrant, plus à l’Ouest, ce genre de comportement finit plutôt dans un bunker sous les gravats mais plus à l’Est, ça finit dans un mausolée.

        Bon, Staline ne doit pas être complètement mauvais si un justicier aussi valeureux que vous l’êtes prend la peine de le défendre.

         
        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à Rose.Arno
          Bisounours de combat
          • Posté à 09h46 le 02/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          diffamation, désinformation, mensonges...

          Vous savez parler normalement sinon ? Votre vie est si minable pour que vous soyez si odieuse et frustrée ?

          • Rose.Arno
            Rose.Arno répond à Bad Lieutenant
            Enseignante
            • Posté à 10h59 le 02/10/2012
            • Expert 136988
              Enseignante

            Le sadisme de Staline et la livraison de 60000 juifs aux Allemands sont des faits.

            Vous avez probablement du mal avec ceux ci, et préférez vous rapporter aux contes homonymes.

            • Bad Lieutenant
              Bad Lieutenant répond à Rose.Arno
              Bisounours de combat
              • Posté à 14h19 le 02/10/2012
              • Internaute 190065
                Bisounours de combat

              oui oui on sait bien que vous détestez staline, mort depuis des decennie,s dire que c’est ça qui vous a rendu si abominable... brrr...

              Vous aussi je suis content de ne jamais avoir rencontré des gens comme vous dans la vraie vie, c’est rassurant quand même vous êtes peu à être totalement remplis de peur comme ça...

              Peu nombreux mais fortunés et donc influents bien entendu...

              Tchao troll...

              • Rose.Arno
                Rose.Arno répond à Bad Lieutenant
                Enseignante
                • Posté à 14h57 le 02/10/2012
                • Expert 136988
                  Enseignante

                Vous aussi ? Absolument pas, j’aurais été aux anges de vous rencontrer, et ça aurait illuminé ma journée. ( It would’ve made my day)
                C’est la faute à pas de chance, hein ?

                Encore une fois, je pense que vous avez, et vous n’êtes pas le seul, tendance à utiliser le mot peur à tort et à travers.

                Si ça peut vous rassurer...

                • Bad Lieutenant
                  Bad Lieutenant répond à Rose.Arno
                  Bisounours de combat
                  • Posté à 15h02 le 02/10/2012
                  • Internaute 190065
                    Bisounours de combat

                  « Echelle de mesure pour tous les jours. - On se trompera rarement si l’on ramène les actions extrêmes à la vanité, les médiocres à l’habitude et les mesquines à la peur. » F. Nietzsche

                  • Rose.Arno
                    Rose.Arno répond à Bad Lieutenant
                    Enseignante
                    • Posté à 23h54 le 02/10/2012
                    • Expert 136988
                      Enseignante

                    Faites gaffe quand même : vous êtes plein de bonne volonté, mais à soulever des charges hors de votre capacité, vous allez vous faire un claquage....

                    • Bad Lieutenant
                      Bad Lieutenant répond à Rose.Arno
                      Bisounours de combat
                      • Posté à 10h41 le 03/10/2012
                      • Internaute 190065
                        Bisounours de combat

                      moi je la comprends parfaitement et vous vous pouvez l’expliquer cette définition ?

                      Ben non forcément... : -)

                      • Rose.Arno
                        Rose.Arno répond à Bad Lieutenant
                        Enseignante
                        • Posté à 11h32 le 03/10/2012
                        • Expert 136988
                          Enseignante

                        Il va sans dire que cela dépasse de très loin mon intelligence mononeuronale. (Vous êtes bien cruel de me le rappeler.)
                        Et ce malgré votre usage effréné de cette citation.
                        Attention vous allez faire disjoncter le dico.

                        Vous faites quand même un peu penser à Monsieur Jourdain expliquant la prose....

                        • Bad Lieutenant
                          Bad Lieutenant répond à Rose.Arno
                          Bisounours de combat
                          • Posté à 20h04 le 03/10/2012
                          • Internaute 190065
                            Bisounours de combat

                          votre message est totalement contradictoire, tout comme votre esprit, je développe ou c’est bon vous voyez ?

        9 autres commentaires
      • GWERN
        GWERN répond à Bad Lieutenant
        Ex militant du vaste mouvement (...)
        • Posté à 09h49 le 02/10/2012
        • Internaute 60684
          Ex militant du vaste mouvement (...)

        On pourrait même raccourcir ( pour elle et d’autres ici ) « historien des bandits communistes » !
        C’est moins compliqué pour leur intellect !

         
        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à GWERN
          Bisounours de combat
          • Posté à 10h30 le 02/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          j’y avais pensé en effet... ^^

        1 autres commentaires
    • séraphinlampion
      séraphinlampion répond à Rose.Arno
      Turluron
      • Posté à 10h05 le 02/10/2012
      • Internaute 104431
        Turluron

      J’espère pour vos élèves que vous n’enseignez pas l’histoire...

      • Rose.Arno
        Rose.Arno répond à séraphinlampion
        Enseignante
        • Posté à 11h07 le 02/10/2012
        • Expert 136988
          Enseignante

        Séraphin Lampion n’est plus que l’ombre de lui même en joyeux turluron.

  • kodiak
    kodiak
    myope
    • Posté à 09h53 le 02/10/2012
    • Internaute 148655
      myope

    « Joignez-vous dans la bataille où nul ne peut échouer. Car celui qui mourra aura agi pour l’éternité. » - William Morris.

    (cité dans le film de Ken Loach : « Land and freedom“- dernier plan ci-dessus)

    Bye.

  • Bad Lieutenant
    Bad Lieutenant
    Bisounours de combat
    • Posté à 15h36 le 01/10/2012
    • Internaute 190065
      Bisounours de combat

    « L’Age des extrêmes » échappe à ses censeurs par Eric Hobsbawm

    « Les Etats créent les nations, pas l’inverse » Eric Hobsbawm

    « J’utilise le terme “nationalisme” dans le sens défini par [Ernest] Gellner : “Le nationalisme est essentiellement un principe qui exige que l’unité politique et l’unité nationale se recouvrent (1).” J’ajouterai que ce principe implique aussi que le devoir politique des Ruritaniens envers l’Etat qui englobe et représente la nation ruritanienne [contrée imaginaire en Europe centrale] l’emporte sur toutes les autres obligations publiques, et dans les cas extrêmes (comme les guerres) sur toute autre obligation de quelque ordre que ce soit. Ce trait distingue le nationalisme moderne de toutes les autres formes, moins exigeantes, d’identification nationale ou d’identification à un groupe que nous rencontrerons par ailleurs.

    “ Comme la plupart des gens sérieux qui ont étudié le problème, je ne considère pas la ‘nation’ comme une entité sociale fondamentale ni immuable. Elle appartient exclusivement à une période particulière, et historiquement récente. Ce n’est une entité sociale que pour autant qu’elle est liée à un certain type d’Etat territorial moderne, l’‘Etat-nation’, et parler de nation ou de nationalité sans rattacher ces deux notions à cette réalité historique n’a pas de sens. J’insisterai en outre avec Gellner sur la part de l’artefact, de l’invention et de la création délibérée appliquée au social dans la genèse des nations. ‘Les nations considérées comme le moyen naturel, donné par Dieu, de classer les hommes, les nations représentant un destin politique... inhérent, sont un mythe ; le nationalisme, qui parfois prend des cultures préexistantes et les transforme en nations, parfois les invente, et souvent oblitère les cultures préexistantes, cela, c’est une réalité.’ Bref, pour les besoins de l’analyse, le nationalisme vient avant les nations. Ce ne sont pas les nations qui font les Etats et le nationalisme ; c’est l’inverse. (…)”

  • Zeki
    Zeki
    Curieux de tout
    • Posté à 15h39 le 01/10/2012
    • Internaute 64085
      Curieux de tout

    Merci pour le lien vers le livre en lecture libre... c’est très appréciable.

  • l'axe du bien
    l'axe du bien
    enfin moi-même !
    • Posté à 15h46 le 01/10/2012
    • Internaute 191947
      enfin moi-même !

    merde, j’ai un gros bouquin de lui chez moi, pas encore lu ! ! !

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 16h00 le 01/10/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    UN BON HISTORIEN EST UN HISTORIEN MARXISTE !
    De la nécessaire libération de l’histoire de France

    la situation de l’histoire en France, sachant qu’on a défini ce matin l’histoire comme une discipline essentielle pour savoir ce qui est, pour former des enfants à évaluer leur propre position sociale, pour réfléchir et être en situation soit de maintenir la société telle qu’elle est, soit éventuellement de la changer parce qu’elle pourrait ne pas paraître satisfaisante.
    Je ne voudrais pas idéaliser ma discipline et expliquer qu’elle a été autrefois particulièrement progressiste et un instrument précieux de la volonté transformatrice, mais ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que l’histoire constitue une discipline clé dans la tentative des classes dirigeantes pour empêcher les enfants et la population de connaître la situation telle qu’elle est.
    Je fais partie des historiens - ils sont officiellement devenus rares - qui pensent que l’histoire est l’histoire de la lutte des classes. Je sais bien que cela fait très ringard (des colloques sont consacrés à des « concepts
    datés » comme les concepts « résistancialistes » qui expliquent par exemple que pendant la guerre le patronat a collaboré avec l’Allemagne. On y explique que ce sont des vieux concepts du temps où la société était en conflit, alors, on nous l’a dit ce matin, qu’elle ne l’est plus parce qu’on n’est pas le Brésil).

    Annie LACROIX- RIZ
    Lien

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à huutaa
      Bisounours de combat
      • Posté à 16h05 le 01/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      la matière historique aurait tout pour passionner les foules du coup on préfère n’en garder que le pire à enseigner à nos enfants, on sait jamais ils pourraient comprendre aussi à force de penser...

      Je suis parfaitement en accord avec cette façon d’appréhender cette matière ! Redonnons vie à l’histoire ! Euh... donnons lui vie plutôt...

      • huutaa
        huutaa répond à Bad Lieutenant
        Même pas avec des pincettes.
        • Posté à 16h18 le 01/10/2012
        • 183774
          Même pas avec des pincettes.

        Tu sais il y un rapport direct entre la baisse des budgets pour l’apprentissage de l’histoire et des sciences sociales avec la tentation autocratique.
        Tout ce qui pourrait te faire réfléchir est amputé et nous serons tous des rose arno et nos ancêtres des gaulois.

         
        • Rose.Arno
          Rose.Arno répond à huutaa
          Enseignante
          • Posté à 16h39 le 01/10/2012
          • Expert 136988
            Enseignante

          Trop bon !

        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à huutaa
          Bisounours de combat
          • Posté à 19h26 le 01/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          et je pense d’ailleurs que l’on a le cas bien avancé avec l’exemple américain...

        2 autres commentaires
    • ker
      ker répond à huutaa
      • Posté à 20h58 le 01/10/2012
      • Internaute 12793

      Visiblement, le bon petit peuple est trop con pour reflechir par lui meme, il lui faudra toujours des maitre a penser, de Marx a Badiou, pour lui apprendre a lire correctement l’histoire.

      • huutaa
        huutaa répond à ker
        Même pas avec des pincettes.
        • Posté à 22h10 le 01/10/2012
        • 183774
          Même pas avec des pincettes.

        Penser par sois même tout un programme hein Ker.
        Ton erreur, annie Lacroix ne parle pas d’une histoire marxiste elle parle bien d’historien marxiste et c’est pas pareil.
        Tu as une vidéo avec ton mec en forme ?
        Dejà Melenchon marxiste me fait un sourire.

    • Stolypine
      Stolypine répond à huutaa
      Cadre
      • Posté à 16h57 le 02/10/2012
      • 175370
        Cadre

      Annie LACROIX- RIZ est surtout connue pour être une négationniste.

      • huutaa
        huutaa répond à Stolypine
        Même pas avec des pincettes.
        • Posté à 17h07 le 02/10/2012
        • 183774
          Même pas avec des pincettes.

        Connue chez qui ?

         
        • Stolypine
          Stolypine répond à huutaa
          Cadre
          • Posté à 17h11 le 02/10/2012
          • 175370
            Cadre

          Connue des ukrainiens dont elle nie le génocide en 1932-1933

          • huutaa
            huutaa répond à Stolypine
            Même pas avec des pincettes.
            • Posté à 17h30 le 02/10/2012
            • 183774
              Même pas avec des pincettes.

            Ouf vous m’avez fait peur.

          • kodiak
            kodiak répond à Stolypine
            myope
            • Posté à 17h51 le 02/10/2012
            • Internaute 148655
              myope

            Vous parlez du massacre et de la répression des Uniates ?

          • GWERN
            GWERN répond à Stolypine
            Ex militant du vaste mouvement (...)
            • Posté à 19h38 le 02/10/2012
            • Internaute 60684
              Ex militant du vaste mouvement (...)

            Voilà ce qu’en dit wikipédia sur ce sujet Ukraine 1932-33 et son interprétation par Annie Lacroix-Riz :
             » La controverse sur le Holodomor
            Dans un article sur la « famine génocidaire » en Ukraine en 1933 (Holodomor), Lacroix-Riz utilise des sources diplomatiques provenant des chancelleries allemandes, italiennes et françaises pour remettre en cause la thèse du caractère organisé du « Holodomor » ukrainien. Ses articles sur ce sujet furent au cœur d’une importante controverse.
            À propos de la famine en Ukraine de 1932-33, elle écrit : « L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à “six millions de morts”... » et dénonce une « opération de propagande », un « bobard », une « campagne de presse ». Cet article a suscité en 2006 de vives réactions, dans les associations de la diaspora ukrainienne, dont le Congrès mondial ukrainien. À la suite de ces propos, une association d’Ukrainiens, soutenue par l’historien Stéphane Courtois, a organisé une pétition pour « appeler les plus hautes autorités de l’État à tout mettre en œuvre pour lutter contre le révisionnisme stalinien », que l’on peut interpréter comme une demande de suspension comme professeur d’université. Il s’en est suivi une contre-pétition, dont les premiers signataires sont principalement des communistes dits orthodoxes.
            Dans une interview de septembre 2007, l’historienne réplique en accusant ses contradicteurs de vouloir surtout dédouaner les « autonomistes » ukrainiens, antisémites auxiliaires des Einsatzgruppen :
            « Daniel Laurent : Certains de vos détracteurs vous taxent de négationnisme, allant même jusqu’à dire que de nier le génocide stalinien en Ukraine revient à nier aussi le génocide nazi des Juifs, ce qui est passible de poursuites judiciaires. Comment vous situez-vous dans ce débat ?

            Annie Lacroix-Riz :
            Que les lecteurs lisent l’ensemble de la critique des ouvrages parus et des textes d’archives originaux, diplomatiques et militaires que j’ai consacrés à la question de la campagne sur le thème de “la famine de 1933 en Ukraine” (écrits non publiés, mais diffusés sur Internet). Et qu’on cesse de prendre les criailleries des associations “ukrainiennes” ou présumées telles pour des propos scientifiques. Ce que celles-ci me reprochent, et elles l’avouent dans leurs sites, c’est avant tout de montrer, dans divers travaux, publiés, eux, tel Le Vatican, l’Europe et le Reich, que les mouvements “autonomistes” ukrainiens dépendaient financièrement de Berlin bien avant la Deuxième Guerre mondiale, qu’ils ont contribué à l’extermination des juifs et des Russes d’URSS (Raul Hilberg l’a exposé avant moi et plus longuement) et que Szepticky, évêque de Lemberg (autrichienne) puis Lwow (polonaise), a été le soutien de la stratégie autrichienne puis allemande en et contre la Russie, tsariste puis bolchevique, depuis les premières années du xxe siècle, sous l’égide du Vatican. Qu’il ait béni la division nazie “Galicia”, et que les “ autonomistes ” ukrainiens aient participé en masse aux massacres de juifs et de Russes aux côtés de l’occupant allemand sont des affirmations qui rendent les associations “ukrainiennes” hystériques. Elles reposent sur des faits établis. »
            Elle a fortement critiqué l’utilisation pédagogique du documentaire M6 Staline, le tyran rouge, consacré à la dictature de Staline, qu’elle qualifie de « vulgate anticommuniste ».
            Selon Stéphane Courtois, coordinateur du Livre noir du communisme : « Mme Lacroix-Riz ignore les témoignages de base (...) elle ne tient aucun compte des règles de travail élémentaires de l’historien (...) À aucun moment elle ne s’interroge (...) De surcroît, Mme Lacroix-Riz ignore tout autant les nombreux travaux tirés des archives soviétiques synthétisés par Nicolas Werth (...) elle ignore tout autant les nombreux ouvrages en anglais ».
            René Rémond, coordinateur de L’Histoire de la France religieuse dit « elle en est restée à la problématique politique de la Guerre froide. Elle continue à évoluer dans une perspective manichéenne, où un camp représente le bien, la liberté, la paix, c’est celui de Moscou ; et l’autre, qui est le contraire, l’empire du Mal (...) ».
            Voilà les éléments du débat : complexe comme d’hab !

        4 autres commentaires
  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 16h02 le 01/10/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    « Franc-Tireur », d’Eric Hobsbawm
    Un itinéraire dans le siècle

    Au XXe siècle, sous la bannière des luttes sociales et de la révolution, des millions de personnes se mobilisèrent en Europe. Né à la fin de la première guerre mondiale, l’historien Eric Hobsbawm a traversé le siècle, ses engagements, ses espérances, ses déceptions. Il revient sur son itinéraire, toujours convaincu qu’« il faut continuer à dénoncer et à combattre l’injustice ».
    par Jean-Louis Robert, février 2006

    Les historiens sont bien placés pour savoir combien les Mémoires sont un genre difficile. Ils sont eux-mêmes accoutumés à les lire d’un regard critique, doutant, par principe méthodologique, des écrits de l’auteur, tant à propos des informations factuelles que des réflexions analytiques ou psychologisantes. A des Mémoires, ils appliquent donc leurs grilles de lecture coutumières : quelles étaient les visées de l’auteur ? En quoi est-on fondé à penser que, pour tel ou tel propos, il dit la vérité, et quelle vérité il occulte ou déforme, délibérément ou involontairement, etc. ? Les modes d’approche se sont complexifiés, et l’on peut chercher aussi, au travers des mots employés, des procédures d’écriture, les systèmes mentaux et symboliques présents chez le mémorialiste.

    En historien averti, Eric Hobsbawm devait donc bien connaître cette façon de faire lorsqu’il a décidé d’écrire Franc-Tireur (1), son autobiographie. Aussi, pour resituer son itinéraire et ses souvenirs, les mêle-t-il à une analyse du siècle écoulé, contextualisée, critique et remarquablement érudite. Jeu double donc, interne et externe, que ce livre qui apprend ainsi beaucoup aux lecteurs sur la façon dont un historien lit l’histoire d’une vie, fût-elle la sienne.

    Lien

  • MAP_connection
    MAP_connection
    Anticapitaliste croqueur de (...)
    • Posté à 16h17 le 01/10/2012
    • Internaute 116143
      Anticapitaliste croqueur de (...)

    Repose en paix, Camarade !

  • Autist. Reading
    Autist. Reading
    Anti TSCG
    • Posté à 17h10 le 01/10/2012
    • Internaute 191933
      Anti TSCG

    .

  • Geodesic_
    Geodesic_
    La presse gratuite n'existe pas
    • Posté à 18h39 le 01/10/2012
    • Internaute 154174
      La presse gratuite n'existe pas

    Pour compléter : Hobsbawm, un itinéraire dans le siècle
    Ainsi qu’une rediff d’un là-bas si j’y suis avec lui : Aux armes, historiens !

  • kodiak
    kodiak
    myope
    • Posté à 07h20 le 02/10/2012
    • Internaute 148655
      myope

    Je serais curieux en retournant dans ma chère Fac de Paris X de vérifier combien d’étudiants d’histoire, disons jusqu’en Licence (bah allez, maîtrise) connaissent le nom et mieux que vaguement les idées de Eric Hobsbawm.

    « Allez, camarades, les Jeux sont faits, rien ne va plus : “Je gage que cet article nécro n’arrivera pas à 35 commentaires... Les paris sont ouvert !” : ’-((

  • Camille Pollet
    Camille Pollet
    Enseignant
    • Posté à 19h34 le 01/10/2012
    • Internaute 187234
      Enseignant

    Ses travaux d’histoire économique (je n’ai pas tout lu) font encore largement autorité, malgré la relative ancienneté de certains d’entre eux.

    • kodiak
      kodiak répond à Camille Pollet
      myope
      • Posté à 07h19 le 02/10/2012
      • Internaute 148655
        myope

      Merci de l’info. Un peu douce-amère malgré tout. Car je pense à ce cher Élisée Reclus (1830 - 1905) avec sa monumentale oeuvre aux racines de la discipline géographique moderne. En fait un des co-monteurs des sciences sociales actuelles. On n’en célèbre et étudie plus que les aspects « géographe voyageur » et ceux de l’observateur avisé des sociétés humaines (mais là déjà on édulcore sec).

      « Oublié » son engagement anarchiste précoce, son bannissement après la Commune. Passés à la trappe sa prescience avérée et explicite des méfaits de l’urbanisme effréné, ses plaidoyers pour un respect écologique avant la lettre, son antiracisme, son ouverture culturelle. Idem de son combat pour l’amour libre et le droit féminin...

      Le milieu académique va mettre la même formule en route pour mister E.Hobsbawm, le Socialiste qui n’a pas baissé pavillon. Spécialement ici en France où il aura fallu une lutte acharnée de quelques uns pour qu’il soit édité tant les éditeurs sont timorés et tant les ex adulateurs du communisme détestent qu’on leur tende des miroirs comme à des laiderons qu’ils sont.

      Seuls quelques vieux pépés insignifiants se rappelleront bientôt que dans les livres non spécialistes mais généraux de ce gars là on débusque une explication historique et une vision de la destinée collective qu’on peinerait à trouver dans d’autres ouvrages plus ronflants. Il sera : un modeste tâcheron de la science historique de l’économie aux thèses un peu vieillottes mais si utiles.

      Pourvu que je me trompe !

      • GWERN
        GWERN répond à kodiak
        Ex militant du vaste mouvement (...)
        • Posté à 09h53 le 02/10/2012
        • Internaute 60684
          Ex militant du vaste mouvement (...)

        Il y a au moins un » individu » qui se souvient de Reclus : vous !
        Ne désespérons pas trop alors !

  • Charliech
    Charliech
    nuit
    • Posté à 23h51 le 01/10/2012
    • Internaute 193118
      nuit

    .

  • Garde-Chiourme
    Garde-Chiourme
    Etudiant. CQFD.
    • Posté à 09h27 le 02/10/2012
    • Internaute 136535
      Etudiant. CQFD.

    Je ne vois cette nouvelle que maintenant donc j’arrive en retard. Ceci étant, il faut saluer non la mort mais la vie d’Eric Hobsbawm, qui a à son crédit parmi les meilleurs travaux marxistes du dernier demi-siècle, que ce soit ses monumentaux tomes d’histoire du XIX° ou son travail sur le nationalisme.

    RIP donc.

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 10h25 le 02/10/2012
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    A écouter aussi :
     » Entretien avec Eric Hobsbawm par Médiapart » en 5 parties sur Dalymotion

  • Charliech
    Charliech
    nuit
    • Posté à 13h39 le 03/10/2012
    • Internaute 193118
      nuit

    Son livre « le bandits » presqu’entier sur le site de son éditeur : Lien

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