Rubrique-à-Brac 10/09/2012 à 11h02

BD : « Dessous » de Corman, une des plus belles surprises de la rentrée

Rubrique à Brac"
Paka Mata | Blogueur


« Dessous » de Leela Corman

Ahhhh ! La belle, la magnifique découverte en cette rentrée BD : le tout premier livre de Leela Corman, une auteur née en 1976 dont on sait peu de choses, si ce n’est qu’elle travaille ponctuellement pour le New York Times, New York Press... et aussi comme danseuse du ventre.

C’est donc sans trop savoir où l’on met les pied qu’on se plonge dans « Dessous ».

Un lointain écho de Satrapi et de David B.

Au premier abord, le trait est épais, rond, envoutant. Au vu de l’ambiance générale, on serait tenté de situer Leela Corman entre une Marjane Satrapi et un David B.


Extrait de « Dessous » de Leela Corman (page 19) (Corman/Ed. ça et là)

A l’image de « Persepolis », qui relate la condition d’un pays à travers les yeux d’une fillette, ou de « L’Ascension du Haut Mal » qui explore la vie d’une famille et de toute une époque en gravitant autour de l’auteur et de son frère, « Dessous » raconte l’histoire de deux sœurs du Lower East Side de New York, au début du XXe siècle. Et le quotidien de toute une génération d’immigrants juifs, fraichement débarqués sur le sol américain.

Mais la comparaison s’arrête là. Car on ne retrouve ni l’innocence de Satrapi, ni l’onirisme de David B.

Le lecteur hypnotisé

Le récit fouille une réalité plus rude, plus austère. L’une des deux sœurs devient l’apprentie d’une faiseuse d’ange rongée par un féminisme primaire. L’autre est employée puis se prostitue dans une maison close.

Le reste est à l’avenant. Le père a été forcé d’épouser une femme qui le déteste pour fuir l’enfer de la Russie. La mère tient une boutique de tissus et se fait trousser dans l’arrière-boutique.


Extrait de « Dessous » de Leela Corman (page 124) (Corman/Ed. ça et là)

La force de ce roman graphique qu’on encaisse comme une claque, c’est d’arriver à sublimer la dureté du propos et d’hypnotiser le lecteur par son rythme, son univers, et l’intensité des personnages. Un peu comme ces deux sœurs, dont la beauté ne saute peut-être pas au visage, mais dont la sensualité finit par vous fouetter les sangs.


Extrait de « Dessous » de Leela Corman (page 128) (Corman/Ed. ça et là)

Publié initialement sur
Rubrique à Brac
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  • 8 réactions
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  • margot
    • Posté à 11h34 le 10/09/2012
    • Internaute 10060

    « un féminisme primaire »

    Mais qu’est-ce que c’est donc ?

  • lonesome
    lonesome
    un parmi tant d'autres
    • Posté à 12h23 le 10/09/2012
    • Internaute 165032
      un parmi tant d'autres

    Le style graphique et le style narratif me font penser à un auteur un peu oublié de nos jours qui avait fat les beaux jours de la revue A SUIVRE, le très discret Altan : Lien

    • LienRag
      LienRag répond à lonesome
      • Posté à 21h53 le 10/09/2012
      • Internaute 34767

      Bien vu en effet...
      Mais bon, dire « à mi-chemin entre David B. et Satrapi » quand Satrapi fait ouvertement du David B., cela ne fait pas beaucoup avancer le Schmilblick.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 14h02 le 10/09/2012
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    de mon avis, cette BD est une totale médiocrité, tant sur le scénario que l’exploit graphique qui très loin, à des années lumières de Satrapi ou David B. Le découpage est pauvre, les plans sont mal fichus, ça s’enchaine très mal. Je pense que le NewYork Times et Press ont besoin d’un nouveau directeur artistique.Le circuit indépendant a de bien meilleurs artistes.
    Corman est en dessous de ces deux dessinateurs cités, dont votre comparaison tombe bien à l’eau dans votre article. Et ça coule même. On a mis un bloc de béton attaché à la chaîne. Vous ne savez pas comparer des styles graphiques. Vous ne lisez pas les bandes dessinées.

    Non, ce n’est pas la la BD de la rentrée, c’est la BD a oubliée car le sujet est déjà traité par des auteurs avec encore plus de talents, dans diverses collections d’éditeurs ( ceux qui font vraiment que de la Bande dessinée, et non pas da littérature à côté )

    Votre article me donne pus l’envie de me plonger dans « Avengers vs X-Men » ou le « Before Watchmen “ ( équilibre Marvel vs Dc ) , de relire du Will Eisner dans sa période la plus sombre, le Yocell de Kubert ... ( mince ! On attend quoi pour une nouvelle édition maintenant qu’il est décédé ) , au mieux attendre le” Bat-man Year two » que prépare Miller !

    • mr_megot
      mr_megot répond à Julien83
      .
      • Posté à 18h13 le 10/09/2012
      • Internaute 53015
        .

      Votre commentaire me donne envie de m’arracher une couille pour vous la lancer au visage...

    • non renseigné
      non renseigné répond à Julien83
      ici et maintenant
      • Posté à 21h54 le 10/09/2012
      • Internaute 188652
        ici et maintenant

      « Le circuit indépendant a de bien meilleurs artistes »
      Ho ho ho, ça sent l’offre de placement de produit. Eisner, Miller et les habituels comics de rentrée, c’est ça le circuit indépendant ?

      • Julien83
        Julien83 répond à non renseigné
        chroniqueur BD au Mague, (...)
        • Posté à 05h26 le 11/09/2012
        • Internaute 37797
          chroniqueur BD au Mague, (...)

        Mais ça ne veut rien dire vraiment « indépendant », les auteurs Indies ont tous rejoint les grands groupes éditeurs, et dessinent pour des cacahuètes des BD « ovnis » pour l’Association (en crise, en perte de vitesse, dont on attend l’intégrale de « L’Ascension du Haut Mal » , Trondheim a fondé sa propre collection chez Delcorut « Shampooing », Sfar a sa collection chez Gallimard, Satrapi ne dessine plus du tout depuis « Poulet aux prunes », elle a fait un blog à un moment donné sur un site américain .. Et les « anciens », se préoccupent des droits d’auteur. quand il y a retirage des bouquins. Voilà ce que devient le circuit indie au moins en France. Aux USA il se défend un peu mieux, avec entre autre un Comic Con parallèle, .. (j’avais un site, je l’ai paumé là .. )
        Mais c’est vrai aux USA il n’y a pas que Marvel & DC, Dark Horse, Legendary Pictures.
        Les auteurs Indépendants . ils ont tous besoin de manger quand même, alors un détour par un grand éditeur ... ils ne le refusent pas.
        Allez la rentrée c’est Trondheim : doublé entre le western et une fille prénomée Zizi, le nouveau Tardi (avec les couleurs de sa fille ) etc ..
        etc ...

    • anini
      anini répond à Julien83
      terrienne de souche !
      • Posté à 14h32 le 11/09/2012
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      La BD n’est pas trop mon domaine donc il m’est impossible de me prononcer On m’a prêté l’ascension du haut mal , très intéressant paraît-il mais je ne m’y suis pas encore plongée ! à lire votre catégorisme vous permettant de rayer d’un trait péremptoire l’oeuvre d’un dessinateur, votre seule affirmation de médiocrité sans peut-être l’avoir lue n’est pas une critique valable .

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