« Coup bas » 04/08/2012 à 16h07

Techno : à Berlin, les fêtards risquent de clubber plus modestement


En atterrissant vendredi à l’aéroport de Berlin Schoenefeld, tout EasyJet-Setteur fêtard sait déjà ce qui l’attend durant les deux ou trois jours à venir : ne pas voir la lumière du jour s’il réussit à ne pas se faire recaler à l’entrée du Berghain, dont il ramènera un t-shirt pour montrer à ses amis qu’il est un mec (une nana) cool – il est en effet interdit de prendre des photos à l’intérieur – manger une Currywurst en décuvant près de la Spree, et ainsi de suite.

Berlin, c’était mieux avant

Mais dans la capitale préférée des teufeurs, une nouvelle musique plombe les soirées. « Berlin, avant, c’était mieux. » Avant que les touristes ne débarquent en masse et inondent les boîtes, ou encore que les Souabes ne s’installent dans les quartiers branchés et en gonflent les prix, provoquant une véritable Schwabenhass (haine du Souabe). Le même accueil est réservé aux touristes. A croire que les étrangers sont coupables de la décadence de Berlin.

Pourtant, dernièrement, la menace vient de l’intérieur et elle s’appelle GEMA.

Bande annonce du documentaire « Bar25 »

Tout a commencé en avril lorsque la GEMA, l’équivalent allemand de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et editeurs de musique), a annoncé une réforme de la structure tarifaire, supposée « apporter une simplification de la zone tarifaire et conduire à un soulagement significatif des plus petits évènements. »

La GEMA a donc remplacé les onze tarifs existants (dont ceux des discothèques) par deux tarifs : un pour les performances en live, l’autre pour les diffusions sur supports.

A cela s’ajoute une taxe de 10% sur chaque place vendue.

« Un coup bas contre la culture »

Depuis cette annonce, les clubbeurs allemands se mobilisent contre la réforme, que ce soit sous la forme d’une pétition en ligne ou de manifestations régulières, comme celle du 25 juin durant laquelle près de 5 000 Berlinois se sont mobilisés en musique à la Kulturbrauerei face à la réunion des adhérents de la GEMA.

Pour Steffen Hack, gérant du Watergate, il ne s’agit plus d’une réforme mais d’une décision « folle, totalement gaga ». La réforme frapperait son établissement d’une augmentation de la redevance de + 2 000%. Selon lui, il s’agit là d’un « coup bas contre la culture » dont les principales victimes seraient les clubbeurs, qui devraient débourser quelques euros de plus.

Le 10 juillet le Berghain, véritable sanctuaire de la techno, annonçait sur son site qu’il fermerait ses portes si la réforme avait lieu.

Le choix entre le temple et les petits clubs

Pour le blogueur Zaath, la Clubkultur ne serait pas réellement en danger.

« Si le Berghain devait fermer le 1er janvier 2013 (même si je n’y crois guère, voyons ça par la suite), cela serait triste. Certes. Cependant une multitude de petits évènements à l’arrache seront organisés.

Cela ne sera plus dans un immense endroit avec de la techno à fond dans les oreilles mais dans des petits endroits avec de la techno (a priori moins) à fond dans les oreilles.

Chacun aura sa préférence entre faire la fête dans un temple de la techno ou faire la fête dans des endroits plus confidentiels, moins chers, incluant plus de proximité (quoi que) avec les gens, etc. En tout cas, faire la fête nous pourrons, et le principal est bien là. »

Des milliers de labels affectés

La GEMA ne va donc pas tuer la fête mais plutôt la morceler. Il reste tout de même un problème : tout comme la Sacem, l’argent qu’elle reçoit des boîtes de nuit sert à rémunérer les droits d’auteurs. Si des clubs ferment alors il y a moins de revenus. Moins de sous à l’entrée, moins de sous à la sortie.

Les producteurs de musique électroniques se verraient alors bien embêtés s’ils disposaient de moins de rémunérations. Berlin n’est pas devenue la capitale de la techno en Europe qu’à cause de ses lieux de performances mais aussi grâce à ses milliers de labels.

Pour remédier à cette difficulté le Sénat a prévu la création d’un Musicboard, qui devrait aider les acteurs de la nuit à hauteur d’ un million d’euros, et ce à partir de janvier 2013.

D’ici là, un avant-goût du son berlinois pointu avec ce set et d’autres dégotés par le blogueur Zaath.

MERCI RIVERAINS ! mirio
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  • watashi_baka
    • Posté à 16h32 le 04/08/2012
    • Internaute 47330
      ...

    Il manque 2-3 trucs important à l’article

    * La légende veut que les souabes soit radins, d’ailleurs Merkel se vante de gerer le pays comme « schwäbische Hausfraue » (mêre de famille souabe) d’où la règle d’or les coupes dans les budgets et le refus d’aider les autres pays d’Europe. donc les souabes berlinois c’est ceux qui achètent un appart pour faire du fric et qui veulent un truc calme, et ce même si ils ne sont pas originaire de Stuttgart (Ville suffisamment riche et ensoleillé pour qu’il y aie plus de Berlinois à Stuttgart que l’inverse). Dernière chose le Souabe à un accent à couper au couteau mais comme c’est aussi le cas du Berlinois…

    * la GEMA c’est l’horreur, la moitié des vidéos youtubes sont bloqué à cause de la GEMA, grooveshark est bloqué à cause de la GEMA, bref leurs but c’est de pomper autant de fric que possible, par contre je sais pas si c’est ces tarifs exhorbitants qui permettent à la scène allemande d’exister ou si les artistes indé germaniques sont aussi quasi-bénévole.

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