Transidentité 23/07/2012 à 11h35

« Laurence Anyways » : le cinéma caricature-t-il les trans ?

Anaïs Bordages | Etudiante

Mis à jour le mardi 24 juillet 2012 à 17h00
Correction : si Hélène Hazera nous a bien dit que les gays étaient "bito-centrés", elle n'a jamais dit que le film de Xavier Dolan l'était.

Melvil Poupaud dans « Laurence Anyways » de Xavier Dolan (MK2 Diffusion)

« La Cage aux folles », « Priscilla, folle du désert », « Chouchou », « Tout sur ma mère » : depuis les années 30, des dizaines de films, tantôt comiques, tantôt militants, ont abordé la « transidentité », sans jamais réussir à entièrement la cerner. Dernier en date : « Laurence Anyways », en salles ce mercredi.

Dans ce nouveau film, le québécois Xavier Dolan reprend un thème qui lui est cher, l’amour impossible, et le décline sous la forme d’une relation entre un homme qui veut devenir une femme, et sa petite amie. Si le film a quasiment fait l’unanimité chez les critiques, il a pourtant reçu un accueil plus que mitigé chez les trans.

« Laurence Anyways », essai transformé ?

Dans « Laurence Anyways », Melvil Poupaud incarne un bobo trentenaire qui décide d’avouer à sa copine qu’il veut être une femme. Le film, qui raconte leur amour impossible, s’étale sur dix ans, et se déroule dans les années 1990, celles du sida, de Céline Dion et des épaulettes à paillettes. Bref, un pari plutôt risqué.

Bande-annonce de « Laurence Anyways »

Lyrique, épique, bordélique, le film de Dolan est long, très long. Mais si les trente dernières minutes sont parfaitement inutiles, impossible de lui en tenir rigueur. En 2h41, on a l’occasion de retrouver toutes les obsessions du jeune cinéaste, entre onirisme musical, ralentis hypnotiques et travellings à répétition. Quant à Suzanne Clément, récompensée à Cannes par le prix d’interprétation féminine, elle y est sublime, froudroyante de vérité.

Si le film apporte une perspective intéressante, c’est parce qu’il se focalise moins sur la difficulté d’être trans que sur celle d’être en couple. Ainsi, Melvil Poupaud, dont le rôle devait à l’origine être joué par Louis Garrel, fait preuve d’une douceur inébranlable, et s’efface au profit des gens qui l’entourent, seconds rôles de génie entre Nathalie Baye, mère froide et autoritaire, et Monia Chokri, l’héroïne du précédent film de Dolan.

Alors que Laurence semble vivre son choix de façon très apaisée, c’est son entourage qui déraille : ici, la transphobie fait plus souffrir que la transidentité.

« Bito-centré »

Selon Hélène Hazera, membre de la commission trans d’Act Up Paris, ce long-métrage reste pourtant invraisemblable, malgré le talent de son réalisateur :

« Aucun trans ne se ramène au bureau en mini-jupe du jour au lendemain. Ça n’arrive nulle part ! C’est méprisant. »

Selon elle, Xavier Dolan ne connaît pas son sujet, et l’interprète avec un regard gay plutôt que trans.

« La vision des gays est bito-centrée, il n’y a que les bites qui existent. »

Alors, le cinéma ne sait-il que caricaturer les trans ?

Pathologie et répulsion

Transidentité
Le terme « transidentité » est préféré à celui de « transexualité ». Ce dernier a une connotation négative, car il renvoie à l’idée de « trouble de l’identité sexuelle », pathologie psychiatrique qui figure encore aujourd’hui dans le manuel médical DSM (« Diagnostic and statistical manual of mental disorders »).

En France, il a fallu attendre 2010 pour que les trans ne soient plus officiellement considérés comme atteints d’une maladie mentale.

Pourtant, le grand écran a souvent véhiculé l’image du trans agressif, pervers, monstrueux. Dans « Le Silence des agneaux », le psychopathe qui tue ses victimes avant de les dépecer est en fait un transexuel qui veut se confectionner un corps de femme. Bon appétit.

Extrait du « Silence des agneaux » (1991)

Cette image négative ne risque pas de s’arranger avec la nouvelle série « Hit & Miss », dans laquelle Chloë Sevigny incarne une tueuse à gage transexuelle qui économise pour se faire opérer. Une idée qu’Hélène Hazera juge scandaleuse :

« Ça vous plairait vous, si vous apparteniez à une minorité, de voir qu’on vous dépeint en tueuse à gages ? Je trouve ça monstrueux. »

Pour autant, cette série sombre et graphique est aussi polémique qu’elle est captivante. Sans doute parce que, comme le précise Hélène Hazera, « la transidentité est le truc sur lequel les gens projettent le plus de fantasmes ».

Bande-annonce de « Hit & Miss »

Enfin, autre scène marquante qui n’a certainement pas fait de bien aux communautés trans : dans « Ace Ventura, pet detective » (1994), Jim Carrey se rend compte, horrifié, qu’il a embrassé une femme qui s’avère être transgenre.

Toujours aussi subtil, il se met aussitôt à vomir, puis brûle ses vêtements avant de se jeter en pleurs sous sa douche. La scène, sur fond de Boy George, est censée être comique. Certains ont du rire jaune.

Extrait (en anglais) de « Ace Ventura, pet detective » (1994)

A partir de 2’33

Les folles du cabaret

L’autre visage bien connu des trans au cinéma est celui de l’humour, voire du grotesque. Tout le monde se souvient de Christian Clavier dans « Le Père Noël est une ordure », Robin Williams dans « Mrs. Doubtfire », Dustin Hoffman dans « Tootsie » ou encore Gad Elmaleh dans « Chouchou ».

Les personnages sont sympathiques et touchants, mais caricaturaux et pas vraiment sérieux. Arnaud Alessandrin, docteur en sociologie et coresponsable de l’Observatoire des transidentités :

« Le risque est de laisser croire qu’il n’y a aucune difficulté avec la transidentité, que les trans sont juste des gens qui se déguisent et travaillent dans un cabaret. »

Malgré tout, certaines « scènes de trans » au cinéma sont devenues cultes. Parmi elles, le monologue d’Agrado dans « Tout sur ma mère », touchant car plein d’autodérision.

Extrait de « Tout Sur Ma Mère » (1998)

Ou, encore, la scène du bar dans « Priscilla, folle du désert ».

Extrait de « Priscilla, folle du désert » (1994)

« Il y a autant d’identités qu’il y a de trans »

Vous l’aurez remarqué, on parle plus souvent d’hommes voulant être femmes que de femmes voulant être hommes.

Si les « male to female » ont été majoritaires au cinéma, depuis quelques temps, la représentation des trans s’est pourtant diversifiée. A l’aube de l’an 2000, l’oscarisée Hilary Swank incarnait dans « Boys don’t cry » Brandon Teena, une fille devenue garçon, réprésentant ainsi l’autre face des trans, les « FtM », ou « female to male ».

Puis dans la série américaine « The L Word », les téléspectateurs ont pu suivre la longue transition du personnage de Max, des injections de testostérone à la barbe naissante, en passant par les difficultés de se faire accepter.

Extrait (en anglais) de « The L Word »

Où en est on en France ?
Le 12 juillet dernier, le Sénat a décidé que la discrimination envers les transexuels serait désormais réprimée. Il a ajouté le critère de « l’identité sexuelle » à l’article du code pénal qui réprime les discriminations, afin de reconnaître la transphobie comme l’une de ces discriminations interdites.

Pourtant, selon Arnaud Alessandrin, « il n’y a qu’en France que la résistance se fait à ce point sentir. En Argentine, on peut changer d’état civil de manière déclarative. En France, la personne doit prouver qu’elle a été “stérilisée”, c’est-à-dire opérée chirurgicalement, et suivie par un psychiatre pendant des années. Et encore, pas n’importe quel psychiatre, il faut que ce soient des psychiatres hospitaliers. »

Selon Arnaud Alessandrin, nous sommes entrés dans une période de complexification, où le cinéma sait désormais rendre compte des identités multiples se rangeant sous le mot-parapluie « trans » :

« Il y a autant d’identités différentes qu’il y a de trans. Il y a ceux qui se déguisent, ceux qui changent de sexe, ceux qui n’en changent pas, ceux qui deviennent des hommes, ceux qui deviennent des femmes.

Un peu comme dans la communauté lesbienne où il y a les “butch”, les “femmes”, les “queer”... »

Or, cette complexification est bénéfique pour le spectateur :

« Cela permet de se faire une première approche, voire de se faire une idée complexe sur le sujet. Il y a juste cinq ans, les gens n’avaient même pas entendu le mot “trans”.

Maintenant, il y a des films sur l’intersexuation, comme “XXY”, des films sur une transition qui se passe bien, comme “Transamerica”, des films sur les gens qui sont trans sans avoir subi d’opérations, comme “Laurence Anyways”. »

Selon Hélène Hazera d’Act Up Paris, pour que le cinéma puisse enfin rendre justice aux trans, il reste un pas indispensable à franchir :

« Les réalisateurs sont incapables de prendre des trans pour jouer des personnages de trans. C’est tout aussi grotesque que les films de Griffith, dans lesquels les Noirs étaient joués par des Blancs. »

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  • 58 réactions
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  • Rivendell
    Rivendell
    Toléré par [censored] Guéant.
    • Posté à 11h57 le 23/07/2012
    • Internaute 102483
      Toléré par [censored] Guéant.

    « Pourtant, le grand écran a souvent véhiculé l’image du trans agressif, pervers, monstrueux. Dans “ Le Silence des agneaux ”, le psychopathe qui tue ses victimes avant de les dépecer est en fait un transexuel qui veut se confectionner un corps de femme. Bon appétit. »

    Et moi je trouve scandaleux que dans ce même film, on fasse passer un cinquantenaire pour un cannibale. C’est juste dégradant pour l’image des petits vieux. Et les exemples de ce type sont nombreux.

    Et vive les bureaux des pleurs.

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 12h02 le 23/07/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    beaucoup de scénars actuels sont une vaste caricature, car il faut réveiller le gogo amorphe aux électrochocs sinon on fait pas d entrées.

  • PsychoSpoon
    PsychoSpoon
    en attente
    • Posté à 12h19 le 23/07/2012
    • Internaute 147756
      en attente

    La transidentité n’attirerait pas autant de monde vers les écrans si ça n’était jamais que ça, malheureusement, il faut du spectaculaire et du glauque, sinon les gens s’en foutent... (Au passage dans Tootsie c’est Dustin Hoffman, pas Sean Penn) @ Rivendell je ne pense pas que la population des cinquantenaires soient aussi démocratisée sur les écrans pour que leur représentation négative puisse exercer une réelle différence sur le point de vue des gens, évitons la caricature...

  • mmevan
    mmevan
    fonctionnaire
    • Posté à 12h21 le 23/07/2012
    • Internaute 81540
      fonctionnaire

    Dans « Tootsie » c’était plutôt Dustin Hoffman. Sean Penn, c’était dans « this must be the place ».

  • Cédric Courage
    Cédric Courage
    Éditeur
    • Posté à 12h35 le 23/07/2012
    • Internaute 129209
      Éditeur

    J’aimerai savoir où vous avez lu une quasi-unanimité chez les critiques... Pas besoin d’être trans pour voir les limites de sa direction d’acteur style première L option théâtre pour adolescents mal dans leurs peaux...

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 12h36 le 23/07/2012
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    DOLAN qui se veut surdoué -moi, je suis le plus grand réalisateur de tous les temps- (au point d’avoir boudé Cannes parce qu’il n’était pas dans la Sélection officielle ) est surtout sur-estimé depuis son premier film par une bande de « critiques », toujours les mêmes.
    Je n’ai aimé aucun de ses précédents films et aucune envie de voir celui-ci. L’abondance des papiers , interviews, bande-annonce, extraits ...me suffit.
    Ceci étant, il ne me semble pas que « Laurence anyways » caricature les transexuels, notamment grâce au jeu de Melvin Poupaud. Et comparer ce film à une satyre réussie comme « Priscilla » serait un non-sens.

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 13h06 le 23/07/2012
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Et celui la ? Il est réussi ou pas ?

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 13h16 le 23/07/2012
    • Internaute 111221
      fée

    « Ça vous plairait vous, si vous apparteniez à une minorité, de voir qu’on vous dépeint en tueuse à gages ? Je trouve ça monstrueux. »

    L’immense majorité des tueurs à gages du cinéma sont des hétéros. Est-ce monstrueux vis-à-vis d’eux ?

  • super_lapin
    super_lapin
    couillon de la classe moyenne
    • Posté à 14h17 le 23/07/2012
    • Internaute 135884
      couillon de la classe moyenne

    question technique :
    est ce qu’on ne confonds pas Transsexuels et Travestis dans cet article ?

    Dans « Priscilla, folle du désert », ce sont des travestis, pas des transsexuels , non ?
    Et dans Mrs Doubtfire, c’est un type qui se fait passer pour une mamie pour voir ses enfants, ça n’a un peu rien à voir avec le changement de sexe

    • Aelfwine
      Aelfwine répond à super_lapin
      Humaine
      • Posté à 15h34 le 23/07/2012
      • 172690
        Humaine

      C’est vrai que ça mélange un peu... Cela dit, dans « Priscilla », deux des personnages principaux sont travestis, mais celui interprété par Terence Stamp est bien transsexuel, je crois.

      • Mischa Cazeaux
        Mischa Cazeaux répond à Aelfwine
        independant
        • Posté à 22h29 le 23/07/2012
        • Internaute 48035
          independant

        Je confirme pour Bernadette (jouée par Therence Stamp)

    • HandsomeBob
      HandsomeBob répond à super_lapin
      Pas là, non, un peu plus par là (...)
      • Posté à 10h12 le 24/07/2012
      • Internaute 40160
        Pas là, non, un peu plus par là (...)

      Tootsie ne parle pas non plus de transsexualité. Juste un acteur qui se déguise en femme pour trouver du boulot.

  • stephanie9
    stephanie9
    Enseignante
    • Posté à 14h21 le 23/07/2012
    • Expert 118475
      Enseignante

    Je n’ai pas vu le film. Tout d’abord parce que, trans, je ne vais pas au cinéma voir des « films transsexuels », mais de bons films ! Comme je suppose que les Riverains hétéros ne vont pas voir des films hétérosexuels, mais de bons films ; de même, j’imagine, pour les gauchers, les Noirs, les hétéros. J’attends donc le retour de mes amis cinéphiles avant d’y aller, ou pas… Je ne reprends pas non plus ce que dit Madame Hélène Hazera, qui, elle, semble avoir vu le film : ses propos sur la question trans me semblent très pertinents

    En évoquant « le bureau des pleurs », le Riverain Rivendell, lui, fait dans l’ironie. Selon lui, donc, les minorités « pleurnicheraient » (il va de plus en plus se rendre compte qu’elles se battent pour leurs droits, en réalité, mais c’est un autre débat…). Et si on le suit, sans raison. Après tout, on a bien le droit de représenter une trans en cannibale ou en danseuse de boîte de nuit, sans pour autant être malveillant ; il doit bien y en avoir quelques-unes sur la planète (plus de danseuses que de cannibales, mais là, je m’avance, en l’absence de statistiques fiables…) ☺

    Là où il y a problème, c’est lorsque toutes les trans sont représentées comme des tueuses psychopathes, des malades mentales, de pauvres créatures en souffrance, des prostituées (il y en a, mais bien moins qu’autrefois, et rarement par vocation), des meneuses de revues, des barmaids. Toutes respectables (hormis les psychopathes), mais catégories numériquement très minoritaires. Les trans que je connais, même si ce n’est pas une statistique, sont (liste non exhaustive) journaliste, militaire de carrière, enseignante, infirmière psy, ouvrière d’usine, commerciale, chef d’entreprise, retraitée ; et malgré les discriminations, elles s’intègrent de mieux en mieux.

    En réalité, avant même les problèmes de changement d’état civil (question-clé, ceci dit), le premier problème que nous rencontrons, en début de transition, ce sont les représentations – généralement erronés, souvent folkloriques – que vous avez dans la tête. Et là, ce sont la télévision et le cinéma qui les façonnent. Si les minorités protestent, c’est qu’elle sont caricaturées. Les Noirs et les Arables, au cinéma et à la télé, n’y échappent pas non plus, mais même si ça commence doucement à évoluer ! Mais les trans, en France et même au Québec, sont TOUJOURS représentées négativement, ou, au mieux, de façon caricaturale. Et ça se traduit, inévitablement, par des préjugés, des incompréhensions, des discriminations…

    Pourtant, des séries américaines nous offrent des portraits de trans crédibles, réalistes, inspirées de la vie réelle (allez voir ces épisodes de Cold Case ou Porté disparu, ça vous changera des clichés !). Regardez aussi Boys Don’t Cry, un film (avant d’être un film sur la transidentité et l’intolérance dans une petite ville américaine, c’est une magnifique leçon de cinéma !) qui vous donnera une idée plus réaliste de ce que c’est être trans, du moins quand ça tourne mal… Et, en plus, ça vous montrera qu’il y aussi des trans hommes, mais qu’on en parle moins (parce que ça moins fantasmer un certain d’hommes ? Très certainement !).

    Prenons un exemple inversé. Il y a, dans le groupe des mâles blancs hétérosexuels, des gens très biens (j’y ai même des amis proches, c’est dire !). Dans ce groupe, il y a aussi des voleurs, des violeurs, des cogneurs de femmes, des agresseurs d’enfants, et des assassins. Il y a de tout parmi vous, des gens bien (majoritaires) et d’autres pas. Imaginez une société où, à la télévision et au cinéma, à chaque fois qu’on parle de vous (les mâles blancs hétérosexuels), on ne représente que des individus et des situations extrêmes… Vous croyez que ça vous faciliterait la vie avec vos autres concitoyens ? Ca ne vous énerverait pas ? Alors, oui, on peut tout montrer sur une minorité (pas de tabous !), mais pas tout le temps, et pas toujours pour les mêmes ! C’est juste ça que disent les trans, et en général les minorités.

    Ah, un dernier point. Plus ça va, et plus ça m’énerve d’entendre le terme transsexuel ! Etre trans, ça n’a rien de sexuel ! Ca n’a rien à voir avec le sexe biologique, rien à voir avec la sexualité. C’est un genre, masculin ou féminin. La preuve : nombre de femmes trans sont en couple avec des femmes… Rien à voir, donc, le sexe et le genre. Sauf si elle insiste auprès de vous pour être appelée trans ou transsexuelle, dites : transgenre. Genre. Dites : genre. Et arrêtez de croire aux clichés, sur les transgenres en particulier, et sur la vie en général.

    P.S. : L’auteure de l’article – qui a fait un papier intéressant et plutôt ouvert – semble n’avoir pas encore intégré que, pour une transgenre, on utilise non le sexe biologique mais le genre revendiqué et affiché. TOUJOURS ! Hormis en début de transition, où on peut se tromper et hésiter en toute bonne foi, il n’y a aucune erreur possible dans la vie réelle. Mon ex-ministre (que va faire le nouveau ? Suspense…) et mon recteur utilisent le masculin à mon égard, et chacun a compris leur intention ; mes élèves et mes collègues emploient évidemment le féminin. Il n’y a nul besoin d’avoir eu son Bac cet été pour savoir qui est transphobe et qui ne l’est pas ! ☺

    • Pivar
      Pivar répond à stephanie9
      Pyropygiste
      • Posté à 22h05 le 23/07/2012
      • Internaute 160918
        Pyropygiste

      L’art n’a pas à faire de l’idéologie, encore moins lorsqu’il s’agit de politiquement correct. Je suggère à tout le monde la lecture du « Petit chaperon rouge » revisité à la sauce politically correct d’Umberto Eco. On s’y approche :

      Lien

      Qualifier de transphobe (encore un néologisme crétin) quelqu’un qui vous appelle Monsieur parce que vous êtes un homme est vraiment une aberration. Ce n’est pas parce que je me considère comme grand que je suis grand. Si les autres disent que je suis petit, je ne m’insurgerais pas. Vouloir que les autres nous voient tel qu’on veut être est d’une prétention...

      • missjulia
        missjulia répond à Pivar
        Motion Designer Freelance
        • Posté à 23h44 le 23/07/2012
        • Internaute 190355
          Motion Designer Freelance

        Pivar, si je suis bien ton fabuleux raisonnement, si je décide de te qualifier d’indigent décérébré, ce n’est que l’expression de ma liberté d’opinion envers toi, n’est ce pas ?

         
        • Pivar
          Pivar répond à missjulia
          Pyropygiste
          • Posté à 00h36 le 24/07/2012
          • Internaute 160918
            Pyropygiste

          Exactement. En revanche, c’est une insulte et ça ne vous honore pas. Et il me semble que « Monsieur » n’est pas une insulte. Pas encore.

          Mais sinon : auriez-vous un argument, ou bien me faites vous l’honneur de vous créer un compte juste pour m’aborder, petite coquine ? (ou petit coquin, je ne veux pas être qualifié de transphobe)

          • taLuFt
            taLuFt répond à Pivar
            La Rue Meurt
            • Posté à 16h33 le 25/07/2012
            • 185429
              La Rue Meurt

            Si on appelle « Monsieur » une femme, est ce une insulte ? Oui, en quelque sorte.

            Donc, si on appelle volontairement « Monsieur » quelqu’un qui s’identifie comme une femme, c’est pas loin d’être une insulte également.

            Et ne jouez pas au naïf. Au delà du terme, il y a la façon de le dire. Si cette personne le vit mal, c’est qu’il doit y avoir une raison !

        2 autres commentaires
      • lambertine
        lambertine répond à Pivar
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 11h18 le 24/07/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Je ne suis pas trans, juste hétéro, mais je souscris à ce que vous dites : les minorités sont très souvent caricaturées dans la fiction. Très souvent, mais pas toujours, et il y a parfois plus d’humanité dans les séries souvent méprisées que dans bien des longs métrages encensés par la critique. J’avais dans l’idée de parler ces ces épisodes de Cold Case et de FBI (à propos, votre pseudo est le prénom de l’« héroïne » trans d’un de ces épisodes. Est-ce volontaire ?) que j’ai trouvés extrêmement touchants, et justes (mais ai-je raison pour « justes » . Je ne suis ni trans, ni mère, ni amoureuse de trans...)

      • lambertine
        lambertine répond à Pivar
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 11h22 le 24/07/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Bien sûr que si, l’Art peut (il ne doit pas, mais il peut) faire de l’idéologie. Même « politiquement correcte » (je déteste cette expression, mais bon... faut faire avec quand d’autres l’utilisent.)

      • Queerie
        Queerie répond à Pivar
        Really
        • Posté à 13h49 le 24/07/2012
        • Internaute 190378
          Really

        Pivar, peut-être vous serait-il enrichissant de vous documenter un peu sur le champ scientifique que sont les études de genre. On y gagne en compréhension de ce genre de problématiques.

         
        • Pivar
          Pivar répond à Queerie
          Pyropygiste
          • Posté à 15h53 le 24/07/2012
          • Internaute 160918
            Pyropygiste

          Autant demander à un athée de se documenter un peu sur la Bible. Or j’ai lu la Bible, et les gender studies. Ce sont des lectures très divertissantes, mais ce n’est que de la croyance, et non pas de la science.

          • Queerie
            Queerie répond à Pivar
            Really
            • Posté à 00h07 le 25/07/2012
            • Internaute 190378
              Really

            Les études de genre sont un champ d’études qui regroupe des biologistes, des généticiens, des épistémologues, des anthropologues, des historiens, des économistes, des juristes, des théoriciens politiques, des philosophes, des psychanalystes, des psychologues, etc, etc. En parler comme d’une croyance, c’est sous-entendre qu’aucune des disciplines scientifiques pratiquées par les sus-cités n’est crédible, ou qu’elles ne reposent que sur la foi. Vous considérez bien l’anthropologie, la génétique, la sociologie, l’histoire, etc, comme des sciences, n’est-ce pas ? Le genre est une réalité sociale, un fait social. L’étudier, c’est étudier la société dans laquelle nous vivons, ce qui permet de mieux la comprendre et de rendre la vie dans cette société plus accetable pour ses membres.

            • Queerie
              Queerie répond à Queerie
              Really
              • Posté à 00h14 le 25/07/2012
              • Internaute 190378
                Really

              Et pour compléter votre parallèle, il me semble que personne ici ne prétend que la Bible soit un livre scientifique qui énonce des vérités sur la façon dont le monde s’est formé. Cependant, la Bible est le livre fondateur et des religions chrétiennes (et, si on prend seulement l’Ancien Testament, des « religions du Livre » monothéistes). Religions qui ont historiquement formé le socle socio-culturel de l’aire de civilisation occidentale dans laquelle nous vivons, influençant aussi bien l’art, les formes familiales, le Droit, la littérature... Pour comprendre la façon dont la société fonctionne, dont les rapport entre ses membres sont codifiés, il peut donc également être utile de connaître les bases de ce qui est dit dans la Bible, à moins de passer pour un ignorant...

        3 autres commentaires
    • Jupiter Capitolin
      Jupiter Capitolin répond à stephanie9
      Burp
      • Posté à 03h14 le 24/07/2012
      • Internaute 189743
        Burp

      ’’En évoquant « le bureau des pleurs », le Riverain Rivendell, lui, fait dans l’ironie. Selon lui, donc, les minorités « pleurnicheraient » ’’

      Faut savoir que vous êtes sur la Rue, le lieu où TOUTES les minorités pleurnichent, même si elles ne sont pas des minorités, le jeune, le vieux, le petit, le grand, le bizarre, le pas bizarre, TOUTES la horde des pleurnichards plus ou moins légitime.
      Rue89 est devenu le bureau des pleurs (il ne faut pas le prendre pour vous spécifiquement).

    • lambertine
      lambertine répond à stephanie9
      Nulle part... ou ailleurs
      • Posté à 14h31 le 24/07/2012
      • Internaute 91509
        Nulle part... ou ailleurs

      PS : Même dans les épisodes de séries cités, les transgenre ont un destin tragique (avec un certain espoir pour Stéphanie). Qu’en est-il dans la réalité ?
      (Et, zut, je ne peux m’empêcher de penser à une petite fille qui vit dans un corps de petit garçon, et dans ce qu’on appelle chez nous, des « Instituts Médico-Pédagogiques ». Par qu’il DOIT accepter d’être un garçon, et que, s’il ne le fait pas, c’est qu’il est cinglé, bien entendu...)
      ... et merde, je dis « il »...

      Et j’ai une question à poser à Stéphanie : dans la vraie vie, est-ce que les « amoureux » des trans sont aussi ouverts que dans ces séries (qui, s’ils réagissent mal au début, finissent par revenir vers leur amour, même si c’est trop tard) ?

  • SaintBernard
    SaintBernard
    Travailleur social
    • Posté à 14h35 le 23/07/2012
    • Internaute 93965
      Travailleur social

    Cet article est aussi écrit par quelqu’un ne connaissant pas le sujet ...

    Le transsexualisme est TOUJOURS une maladie mentale en france ( classement de la CIM 10), c’est le classement de la sécurité sociale pour les Affections de Longues Durées ( ALD) qui ne classe plus les trans dans les pathologies mentales mais dans les autres.

  • comité de sécurité des commentaires
    • Posté à 15h00 le 23/07/2012
    • Internaute 148442
      où est AUTIST?

    quelles références !
    parler de trans et cinéma sans évoquer hedwig...

    c’est les vacances même chez les stagiaires.

  • A déménagé le 02-11-2012 2
    • Posté à 15h28 le 23/07/2012
    • Internaute 142094
      non

    « La Cage aux folles », « Priscilla, folle du désert », « Chouchou », « Tout sur ma mère » : depuis les années 30, des dizaines de films, tantôt comiques, tantôt militants, ont abordé la « transidentité », sans jamais réussir à entièrement la cerner. Dernier en date : « Laurence Anyways », en salles ce mercredi.

    c’est fou ça !
    le cinéma n’arrive pas à cerner l’intégralité d’un phénomène...

    • comité de sécurité des commentaires
      • Posté à 14h57 le 24/07/2012
      • Internaute 148442
        où est AUTIST?

      cet article n’est qu’une commande de promo pour un film j’espère correct, même si j’ai de gros doutes.
      selon le même principe ou pourrait se demander le cinéma sait traiter la guerre en prenant la 7 ème compagnie ....

  • pierce69
    pierce69
    Professeur
    • Posté à 15h36 le 23/07/2012
    • Expert 50821
      Professeur

    Au fond, à quoi ça sert que le genre fasse partie de l’identité d’une personne ? Ecrit-on sur le passeport : de race blanche ou de confession musulmane ? alors pourquoi devrait-on écrire « homme », « femme » ou tout autre mention. Le genre d’une personne, c’est son affaire privée et ça ne regarde qu’elle.

    • commequidirait
      commequidirait répond à pierce69
      Dilettante
      • Posté à 18h55 le 23/07/2012
      • Internaute 50450
        Dilettante

      Magnifique, nous voilà dans le relativisme universel... Celle-ce j’avoue ne jamais avoir eu l’honneur de la lire auparavant ! ! Vous ne seriez pas en train de confondre égalité et identité des fois ? ! A mon sens, il ne faudrait même pas distinguer être humain et animal parce que cela a quelque chose de scandaleusement discriminitoire : utilisons le terme être vivant (les végétaux en font partie évidemment). Cela dit, attention les minéraux pourraient s’insurger ! !
      Vous êtes docteur es bien-pensance ?

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 15h38 le 23/07/2012
    • Internaute 64790
      dilettante

    Mais, franchement, qu’est-ce qu’on s’en fout, de tout cet enculage de mouches ! Le cinéma, ça n’est pas la réalité : oh, les gars, faut revenir sur terre !
    A part les films réalistes, bien entendu : mais il n’en est pas question dans cet article...
    Que ce soit polars, comédies, action, voire le genre fresque ou road-movie, il faut des caractères, forcément outranciers. Alors, les pédés, les gros, les cruches, les bombasses, les abrutis, etc, ne sont que des synthèses de traits grossis et agglutinés, pour en faire des personnages.
    Faut pas se frapper pour autant. Et faut pas se sentir visé non plus : sinon, c’est qu’on est soi-même une caricature.

  • Alfange d'une âme enténébrée
    • Posté à 18h00 le 23/07/2012
    • 184682
      Tranchant sifflant
  • castor74
    castor74
    auxiliaire de vie
    • Posté à 18h15 le 23/07/2012
    • Internaute 76554
      auxiliaire de vie

    c est vrai que la transexualitè est traiteè de manière tres maladroite au cinema, souvent par des personnes qui n y connaissent rien a rien il oublient un peu pêu trop vite a mon avis que la part de feminitè qui dort en chaque homme est plus ou moins forte,j admire la perseverance et le courage de ceux et de celles qui vont jusqu au bout pour etre en accord avec ce qu ils ou elles ressentes,dans le monde politiquement correct ou nous vivons des qu on est different on est montrè du doigt ceux qui legifèrent sur le sujet ne connaissent rien a rien de ce douloureux problème

  • pascalvanves
    pascalvanves
    secrétaire de rédaction
    • Posté à 18h23 le 23/07/2012
    • Internaute 87263
      secrétaire de rédaction

    sur une réaction citée vous jugez le fil de Dolan « caricatural »... et ben, c’est du journalisme ça...

  • Douillard1
    Douillard1
    étudiant
    • Posté à 18h40 le 23/07/2012
    • Internaute 50172
      étudiant

    « depuis les années 30, des dizaines de films, tantôt comiques, tantôt militants, ont abordé la “ transidentité ”, sans jamais réussir à entièrement la cerner. »
    C’est un peu vite dit, ARTE a diffusé il y a peu un film magnifique mais assez dur avec une transsexuelle comme héroÏne : L’Année des treize lunes de Fassbinder. Allez je vous file l’intro, avec la 5ème de Mahler :

  • commequidirait
    commequidirait
    Dilettante
    • Posté à 19h06 le 23/07/2012
    • Internaute 50450
      Dilettante

    Le cinéma de fiction n’a pas exclusivement pour vocation de rendre compte de façon exhaustive et objective d’une réalité (en l’occurrence les transsexuels), il y a le genre documentaire pour cela (à l’écran, les livres, la radio). Ce sont encore une fois des fictions et la règle contemporaine du genre veut qu’on recherche (malheureusement peut-être, ça se discute) le sensationnel et l’extraordinaire.
    Je trouve que cela n’a rien de particulièrement étonnant ni scandaleux.

  • sliwa
    sliwa
    xénophile
    • Posté à 19h31 le 23/07/2012
    • Internaute 147010
      xénophile

    Haro ou pas, j’irai voir ce film. « Les Amours Imaginaires » de X. Dolan sorti en 2010 restent un bon souvenir dans ma mémoire.

  • in god we trust
    in god we trust
    Federal Organisation
    • Posté à 21h11 le 23/07/2012
    • Internaute 117369
      Federal Organisation

    Un Homme vit PAR PASSION dans le GENRE FEMININ

    Et par courage aussi

    Parceque c ’ est une étape qui dures longtemps , mais la réussite est garantie

  • la.vraie.Lalla
    • Posté à 21h56 le 23/07/2012
    • Internaute 25564
  • Asia_
    Asia_
    Chercheuse
    • Posté à 22h02 le 23/07/2012
    • Internaute 118338
      Chercheuse

    Parole de trans,la trans-identité pour les nuls.
    Contrairement au travestit,le la transsexuel/le ne cherche pas à se faire remarquer.
    Comme toute minorité,elle est sujette à la vindicte populaire,et l’idéal et de faire sa transition dans une région,le placard,et de s’installer dans autre afin d’avoir le confort d’une vie privée,et éviter la discrimination rampante,sournoise.
    A touts les patrons,ne vous passez du talent d’une personne sous prétexte qu’elle est trans.

    • Jupiter Capitolin
      Jupiter Capitolin répond à Asia_
      Burp
      • Posté à 03h18 le 24/07/2012
      • Internaute 189743
        Burp

      Mouaih, y’a des fois, je me demande à quoi elle ressemble la majorité... À une minorité qui s’ignore ?

  • Mischa Cazeaux
    Mischa Cazeaux
    independant
    • Posté à 22h18 le 23/07/2012
    • Internaute 48035
      independant

    Selon Hélène Hazera d’Act Up Paris, pour que le cinéma puisse enfin rendre justice aux trans, il reste un pas indispensable à franchir :

    « Les réalisateurs sont incapables de prendre des trans pour jouer des personnages de trans. C’est tout aussi grotesque que les films de Griffith, dans lesquels les Noirs étaient joués par des Blancs. »

    Gros oubli, la série DIRTY SEXY MONEY ou Candis CAYNE joue la maitresse (et grand amour) de William BALDWIN, faisant d’elle la premiere transgenre à jouer dans un show de prime time d’une chaine non cablée.

    Ci dessus interview d’elle sur ce sujet (en anglais)

  • Chele
    • Posté à 23h06 le 23/07/2012
    • Internaute 15104

    Citation à propos de Hit and Miss : « Ça vous plairait vous, si vous apparteniez à une minorité, de voir qu’on vous dépeint en tueuse à gages ? Je trouve ça monstrueux. »

    C’est pas possible d’être grave à ce point.
    Comme si l’hétéro de base s’imaginait que les transgenres passaient leur temps armé(e)s de fusils à lunettes et de couteaux de boucher à buter leurs concitoyens.
    Comme si Mia, le personnage de Hit and Miss, était dépeinte négativement sous prétexte qu’elle est flingueuse. Nan, elle n’est pas dépeinte négativement. Et il y a une raison fondamentale à ce métier exercé.
    La série n’a pas du tout pour sujet une transgenre qui aime flinguer les gens et ce n’est pas non plus l’histoire d’une transgenre en pleine transformation physique. C’est une série sur ce que cela signifie d’avoir des enfants, d’être parent. En quoi cela peut faire de vous une autre personne (pour ceux qui ont un cerveau), comment cela peut vous faire évoluer en tant qu’être humain, vous faire parfois vous dépasser, vous obliger à essayer de régler vos problèmes profonds (et le problème profond de Mia, ce n’est pas du tout la transidentité). Mais pour ça, faudrait regarder la série.
    Elle aurait dit quoi, la minorité, si pour coller à une certaine réalité historique (et parfois encore actuelle) d’une partie des personnes trangenres et pour jouer la facilité, on avait fait de Mia une prostituée ou une artiste de cabaret ? Elle aurait râlé, la minorité.
    Mais ça, ou bien une Mia prof de danse, dentiste, vendeuse de chaussures, ça n’aurait plus eu aucun sens dans l’intrigue. Le fait qu’elle soit flingueuse permet de montrer clairement, sans y passer 3 épisodes, son rapport à la violence. Et comment le fait d’avoir des enfants modifie profondément ce rapport à la violence. Et non, ce n’est pas une caricature sur « comment le fait de devenir mère fait de vous une personne tellement plus douce ». Non, dans le cas présent, c’est « j’ai intérêt à affronter qui je suis si je veux m’en tirer dans l’éducation de cette famille qui me tombe dessus sans que j’aie rien demandé » + « putain, ce que je suis/fais à des conséquences graves sur mon entourage ». Et ça rejoint la question de l’identité de genre où les personnes concernées font ce boulot monstrueux de s’interroger profondément sur ce qu’ils sont. Mia fait tout simplement le job 2 fois.
    Mia a commencé à évoluer dans son identité de genre et évolue brusquement aussi en tant qu’individu en devenant parent. Et la seconde évolution renverse infiniment plus de choses chez Mia que la première évolution.
    Le personnage aurait pu être un mâle hétéro ayant subit des violences / exerçant des violences, qui devient parent et qui s’en trouve transformé en tant que personne. Et tout ce qui concerne l’identité de genre, ce que c’est que d’être ou de devenir une femme, aurait basculé à la trappe.
    Ou ça aurait pu être le journal de la transformation d’une transgenre et ça n’aurait parlé qu’à une minorité de gens.
    Mais ce que c’est que d’être parent, ça parle à beaucoup de gens.
    Et ça permet d’amener doucement, à une heure de grande écoute, à la télé, médium qui rentre dans tous les foyers, un personnage transgenre dont on hésite pas à vous rappeler avec régularité que c’est bien une personne en pleine mutation physique. Les quelques scènes d’amour sont très chastes. Par contre, il y a de nombreuses scènes de nudité frontales (devant le miroir, sous la douche…). Il y en a d’ailleurs beaucoup trop à mon avis, car le risque d’exhibitionnisme est sans cesse frôlé - et ce alors que la série dans son entier est le contraire d’une volonté exhibitionniste.

    Oui, Mia est clairement une sociopathe. Mais, c’est un personnage de fiction, pas une personne réelle évoluant dans un documentaire.
    Et si on veut créer des personnages intéressants, qu’on a envie de suivre, on est obligés de les pousser vers les extrêmes, c’est la dramaturgie qui veut ça ; sinon, on écrit des épisodes sur les bisounours et on se fait chier comme des rats morts, auteurs et spectateurs.
    Pour moi, le personnage de Mia est extraordinairement riche parce qu’elle n’est pas unidimensionnelle. C’est tout son intérêt et sa beauté. Je le dis tout de go, même si la série a des défauts factuels, Mia est extraordinairement réussie et je l’ai aimée. C’est tout ce qui compte.

    Quelle chaîne française est capable d’offrir une petite sœur à Mia ? Aucune, même Canal.
    Nan, on aurait plutôt un unitaire bien lénifiant avec un gentil personnage bien con et bien chiant. Tiens, imaginons le truc de tf1, là, avec Mimi Mathy, ah oui, Machine ange gardien. Ou bien la série de Victor Lanoux en brocanteur, j’ai oublié le titre. Et bien, on garde les « intrigues », on garde les acteurs, mais dans le nouveau concept, ils sont tous les 2 transgenres. On saupoudre de dialogues éducatifs sur le sujet et… on obtient la même soupe à la créativité nulle. Mais là, on aurait une communauté transgenre contente d’être dépeinte sous un profil tellement gentil. A part celles et ceux qui ont du goût et qui tomberaient de leurs chaises, mortellement atteint(e)s par une barre de connerie enfoncée dans leur cortex pré-frontal.

    Tiens, encore une connerie : « Les réalisateurs sont incapables de prendre des trans pour jouer des personnages de trans. C’est tout aussi grotesque que les films de Griffith, dans lesquels les Noirs étaient joués par des Blancs. »

    D’ailleurs, c’est une honte qu’on ait choisi Anthony Hopkins pour jouer Hannibal Lecter. Signons une pétition pour que ce soit de vrais tueurs en série qui jouent des tueurs en série. Et montons un syndicat des cannibales pour faire respecter leur représentation à l’écran. L’abus actuel d’acteurs est intolérable.

    Pour info, pour Hit and Miss, les producteurs ont décidé d’auditionner des MtF pour jouer Mia. Le résultat a été désastreux. Le sujet était déjà casse-gueule, mais alors choisir délibérément une actrice piteuse sous prétexte que son cariotype est XY quand son identité de genre est femelle, alors là, c’aurait été d’une connerie insondable.
    (Les moins fainéants trouveront au moins 1 interview d’une transgenre MtF qui a auditionné, n’a pas été choisie et est contente du boulot de Chloë).

    Note : Je me suis tartinée la traduction des sous-titres de 5 des 6 épisodes de Hit and Miss pour la petite amie (MtF) d’un ancien collègue de bureau.

    Pour terminer : si les minorités ne sont pas contentes, elles n’ont qu’a écrire leurs scripts toutes seules.

    Chele : minoritaire au sein d’une minorité.

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