Ebooks 19/07/2012 à 16h01

Google Play, la nouvelle librairie en ligne et en français

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Capture d’écran de la page d’accueil de Google Play en français

Pour certains, c’est une guerre, pour d’autres, une jungle. Google lance à son tour sa plateforme de librairie en ligne en français, Google Play, qui vient concurrencer celles d’Apple, d’Amazon, de la Fnac et de très nombreuses autres.

Cette concurrence acharnée sur le marché français peut sembler d’autant plus surprenante que les ventes d’ebooks en France sont encore faibles comparées aux scores américain et britannique.

Mais les éditeurs et vendeurs d’ebooks parient sur un développement comparable en France avec, comme souvent, un démarrage lent suivi d’un rattrapage rapide, syndrome Minitel oblige...

Signe des temps, on trouve dès l’ouverture de Google Play les livres des principaux éditeurs français, comme sur les autres plateformes, là où ils étaient encore très réticents, voire ouvertement en guerre, contre le géant américain.

Google bénéficie également de l’immense catalogue de livres libres de droits qu’il a numérisés depuis des années, et qu’il peut offrir, gratuitement, en produit d’appel, grâce à un accord conclu avec le Syndicat national de l’édition français.

Lire dans le « cloud »

Il suffit donc d’un ordinateur, ou d’un système de lecture Android sur tout autre support, pour acheter et lire un de ces livres sur le « cloud », c’est-à-dire qu’il n’est pas téléchargé mais stocké ailleurs. Cela permet de lire en passant d’un support à l’autre, selon sa volonté, en retrouvant le livre à la bonne page, avec ses annotations, surlignage etc.

Cette multiplication des standards et des librairies en ligne complique singulièrement la tache des éditeurs d’ebooks. Rue89 en a fait l’expérience avec son premier livre numérique, « Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde, conversations avec Pierre Rabhi » (en coédition Rue89-Versilio), qu’il a fallu adapter à chaque standard, selon ses spécificités techniques.

Les tablettes comme des pains

Parallèlement aux librairies en ligne, les liseuses et tablettes permettant la lecture d’ebooks se multiplient elles aussi rapidement, dans le sillage du Kindle d’Amazon, leader des supports exclusivement dédiés à la lecture, et de l’iPad, tablette aux usages multiples, dont la lecture.

Google, toujours lui, s’apprête à lancer la tablette Google Nexus 7, et Microsoft lance sa propre tablette, Surface. Dans le même temps, la rumeur publique américaine annonce la naissance prochaine d’un mini-iPad, format 7 pouces, intermédiaire entre l’iPhone et l’iPad, destiné à occuper le marché complet et couper l’herbe sous les pieds des concurrents d’Apple.

Entre Amazon, Apple, Google et, en France, la Fnac, ainsi que quelques outsiders, tout le monde mise sur l’essor de l’ebook. Et tout le monde veut sa part du gâteau qui s’annonce.

  • 13647 visites
  • 31 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 16h50 le 19/07/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    qu ils se bouffent tous entre eux et ensuite qu ils disparaissent ! on n a pas besoin de ces multinationales pleines de vices

  • Aloysius Chabossot
    Aloysius Chabossot
    personnage
    • Posté à 17h11 le 19/07/2012
    • Internaute 190102
      personnage

    Moi qui suis profondément attaché au papier, je crois cependant en l’essor de l’ebook, en complément. Il est possible qu’à terme, le livre papier ne soit plus produit que pour des éditions de prestige, tandis que l’ebook aura remplacé le livre de poche mais aussi les grand format. Mais en France, il reste encore du chemin à faire, et tant que les éditeurs penseront qu’on peut vendre un fichier au prix du papier, la partie ne sera pas gagnée.
    Pour ma part, venant de l’édition « traditionnelle », je m’édite désormais tout seul comme un grand, en numérique, car là, personne ne cherche à me faire rentrer dans une case... Vive la liberté !
    Si vous voulez jeter un oeil

    • A déménagé le 02.01.2013
      • Posté à 12h19 le 20/07/2012
      • Internaute 74652

      Intéressant point de vue.
      Peu de personnes ont les moyens d’acquérir 1500 manuscrits dont 200 illuminés comme le Duc d’Aumale.
      Cependant certains aficionados continuent à acheter les éditions libraires originales, se précipitent pour les dédicaces des auteurs (par ex. : quelle est la valeur des « Versets Sataniques » dédicacée par Salman Rushdie ? Quelle serait la valeur « d’American Psycho » avec une dédicace de de Bret E. Ellis ?)

      Par contre la Pléiade comme « cadeau » de départ il n’y a pas plus nul (c’est un pied dans la tombe).

      En résumé le livre électronique n’a aucune valeur sentimentale ni littéraire au sens noble... juste un prix net d’achat débité sur Carte Bleue

    • alain georges
      alain georges répond à Aloysius Chabossot
      tête contre les murs
      • Posté à 19h21 le 19/07/2012
      • 185805
        tête contre les murs

      la liberté de n etre lu par personne

      • Aloysius Chabossot
        Aloysius Chabossot répond à alain georges
        personnage
        • Posté à 23h19 le 19/07/2012
        • Internaute 190102
          personnage

        Ce n’est pas faux, même si en l’occurrence il s’agit là plus d’un risque que d’une liberté.

      • A déménagé le 02.01.2013
        • Posté à 11h18 le 20/07/2012
        • Internaute 74652

        ... au moins les bouquins d’Aloyiusus Cabossot ne seront ni victimes d’autodafés, ni de censure, ni de corrections éditoriales d’un éditeur.
        Tu parles « d’un risque » !
        Mais je maintiens que l’entreprise est originale.

         
        • alain georges
          alain georges répond à A déménagé le 02.01.2013
          tête contre les murs
          • Posté à 15h05 le 20/07/2012
          • 185805
            tête contre les murs

          aloysius est super sympa , mais c est aussi la liberté d etre piraté par tous, voir pour ça l industrie du disque qui ne s en remet pas.

          • A déménagé le 02.01.2013
            • Posté à 07h37 le 21/07/2012
            • Internaute 74652

            Remarque pertinente !
            Mais ne mélangeons pas les médias entre littérature et musique.
            J’aimerais savoir comment Aloysius fait pour protéger ses droits ? etc.

        2 autres commentaires
    • Mazelfresh
      Mazelfresh répond à Aloysius Chabossot
      globalisée, marginalisée
      • Posté à 09h51 le 20/07/2012
      • Internaute 120958
        globalisée, marginalisée

      Bah je suis d’accord avec vous sur le principe. Sauf à partir du moment où on met des CRM dans les livres, que l’on vous empêche de le prêter à quelqu’un ou même, tout simplement, de le donner ou hériter à votre famille.

      Vos parents lisaient de bons bouquins, mais il va falloir que vous payez pour avoir le droit de lire aussi...

      • Aloysius Chabossot
        Aloysius Chabossot répond à Mazelfresh
        personnage
        • Posté à 10h56 le 20/07/2012
        • Internaute 190102
          personnage

        Je crois que de plus en plus d’éditeurs n’utilisent plus les DRM, car ils sont facile à faire sauter et donc ne servent à rien, et que par ailleurs ils freinent les ventes, pour les raisons que vous évoquez.
        Quant à les transmettre à sa descendance, quoiqu’il arrive, je n’y crois pas trop, car il est plus que probable que tous ces formats de fichiers, et les lecteurs qui vont avec, soient obsolètes d’ici quelques années !

         
        • Mazelfresh
          Mazelfresh répond à Aloysius Chabossot
          globalisée, marginalisée
          • Posté à 12h05 le 20/07/2012
          • Internaute 120958
            globalisée, marginalisée

          oups au temps pour moi, je voulais bien dire DRM...un peu trop de marketing en ce moment pour moi :)

          Pour le deuxième point vous avez raison, c’est pas pour autant que c’est moins dommageable...

        1 autres commentaires
  • Adrianu
    • Posté à 17h20 le 19/07/2012
    • Internaute 122167

    J’ai testé ça hier et j’ai trouvé que de toutes, c’était l’application la mieux foutue (je suis un grand lecteur numérique). Elle est fluide, tout ça mais le problème reste le même : l’offre. Comme toujours, elle est limitée et beaucoup trop chère pour du numérique. Autre problème, mais qui est constaté sur tous les « gros » du secteur, l’impossibilité d’importer des livres d’ailleurs ou d’ouvrir des pdf. C’est dommage et ça coince l’utilisateur dans une application. Et au final, ça n’incitera pas les nouveaux venus à quitter Kindle ou Kobo. Et c’est dommage.

    • Phil L.
      Phil L. répond à Adrianu
      Auteur
      • Posté à 20h04 le 19/07/2012
      • 180174
        Auteur

      La question de l’ouverture à d’autres formats, comme du prix, est lié au business model du secteur de l’édition. De la même manière que les prix du mp3 en ligne (ou, rarement, du FLAC, au moins équivalent au CD en qualité) sont toujours peu ou prou équivalent à du CD physique, ou que ces mêmes mp3 ont été assaillis de DRM pendant quelques longues années.

      Partant d’un système de distribution classique, sur la base d’un réseau commercial reconnu et stable (disquaires, libraires…), les maisons d’édition et de production doivent à présent trouver le moyen de monétiser leurs revenus dans la nouvelle économie numérique. La différence fondamentale entre l’économie classique et l’économie numérique est que, dans le cas des biens, le passage du matériel à l’immatériel engendre de fait le passage d’une économie dite « de rareté » à une économie dite « d’abondance », au sens très clair où la multiplication de biens immatériels ne coûte quasiment rien. Dès lors, comment préserver ses revenus ?

      Je recommande de lire par exemple ce témoignage d’une musicienne de carrière, Janis Ian, pour comprendre un peu la situation de départ : Lien

      Pour l’instant, ces secteurs sont à un degré hybride : ils vendent encore majoritairement leurs produits sous forme immatérielle (mp3, ebooks, etc.) de la même façon que leurs produits matériels (CD, livres…), c’est-à-dire avec un prix fixe à l’unité. Certains nouveaux acteurs comme Spotify ou Deezer ont trouvé une alternative mutuellement intéressante pour le distributeur et le consommateur : moyennant un forfait, on peut écouter ce qu’on veut ou presque. Cela illustre une tendance lourde, commune à la plupart des biens et services immatériels (online) : la monétisation se fait davantage sur une base continue et régulière (forfait, abonnement, modèle « free-to-play » avec boutique intégrée, etc.) que sur un acte d’achat unique classique. Exemples : quadruple-play (tv-internet-fixe-portable), logiciels divers, streaming, jeux, etc., devenus des coûts fixes, mensualisés. Quelque part on trouve une logique de B2B qui s’est étendue au B2C, une forme de pérennisation du tissu contractuel plus propice à la stabilité des producteurs.

      Monétiser son activité sous une forme plus continue semble en effet particulièrement adapté à l’intégration de facto de logiques classiques au monde numérique : fidélisation par contact permanent avec le client, service après-vente (devenu « assistance », « support » en anglais), exposition maximum des évolutions produit (mises à jour, nouveaux produits) à la base existante de clients… C’est peu ou prou le modèle de Google ou Facebook avec la pub, à ceci près que la monétisation n’intervient pas directement auprès de l’utilisateur, mais en revendant ses informations à des régies marketing, ce qui donne en plus une illusion de « gratuité ». La relation entre auteur et lecteur pourrait être à terme profondément transformée à travers ce lien bidirectionnel permanent. Mais tout cela n’est pas évident à faire, malgré tout, et beaucoup de gens préfèrent reculer… pour mieux sauter (espérons pour eux).

      Étonnamment, le livre, pourtant du « simple texte », est le plus en retard des médias. Peut-être, plus vieux que les autres médias, le livre est-il plus rigide à changer, l’industrie plus ancrée dans ses pratiques. Peut-être, dans une forme de rivalité malsaine avec internet, le livre a-t-il été artificiellement préservé de cette concurrence pourtant synonyme de plus de diffusion, quel qu’en soit le mode. Peut-être pensait-on qu’internet, c’était bon pour les articles, les blogs, les commentaires, les tweets et les fiches techniques, mais pas pour sa Sainteté le Livre. Peut-être, parce qu’il est un objet à la fois à lire et sur lequel on peut écrire, plier, insérer des feuilles, le livre était-il tout simplement plus difficile à adapter en forme numérique de façon satisfaisante, pour ses propriétés finalement plus mécaniques que pour son contenu.

      Ce qui semble certain, c’est qu’il finira par exister avant tout sous forme numérique et parfois aussi, pour les titres populaires et des indépendants, sous forme papier. À mesure que la technologie progressera, deux évolutions peuvent ramener l’objet livre, physique, dans nos intérieurs, sorte de retour en grâce.

      • Les technologies de l’impression 2D et 3D ne cessent de progresser. Il sera probablement possible d’imprimer un livre de qualité décente chez soi pour un coût relativement modique, d’ici une décennie (dans un premier temps, imprimer des pages 2D que la machine relie à la fin ; à terme pourquoi pas imprimer l’objet en 3D directement).

      • Les écrans évoluent, et l’image de science-fiction d’un écran souple n’est plus très loin de la commercialisation. Outre le journal « unique » qui se met à jour en temps réel et affiche plusieurs publications, on pourrait voir fleurir des livres électroniques ayant la forme, la souplesse d’un livre classique, avec des pages-écrans. On posséderait tous quelques formats types, chacun pouvant afficher n’importe quel livre bien entendu : format poche, format relié, format scolaire… Cela rentre dans une évolution plus générale appelée « internet des objets » (internet of things), correspondant à la fragmentation des ordinateurs dans l’environnement physique, cessant d’être des « boites » pour s’intégrer par petites touches dans une myriade d’objets dès lors « connectés ».

    • Aloysius Chabossot
      Aloysius Chabossot répond à Adrianu
      personnage
      • Posté à 23h21 le 19/07/2012
      • Internaute 190102
        personnage

      Avec le logiciel calibre, vous pouvez facilement convertir un pdf en un mobi ou un epub. Ca marche plutôt bien.

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 19h00 le 19/07/2012
    • Internaute 64790
      dilettante

    Je lis sur Kindle (vive l’édition numérique qui permet d’adapter la taille des caractères à une vue défaillante !).
    Mais, pour lire d’autres formats, c’est un métier : il faut passer par plusieurs applications tierces pour convertir un .pdf, par exemple, au format Kindle.
    Vivement qu’un type sorte un utilitaire simple, pour convertir les fichiers e-books, comme ça existait pour les images il y a quelques années...

  • incassable
    incassable
    internaute
    • Posté à 19h04 le 19/07/2012
    • Internaute 102970
      internaute

    Comme d’hab, y a pas mes auteurs préférés ...

    • A déménagé le 02.01.2013
      • Posté à 16h32 le 20/07/2012
      • Internaute 74652

      Désolé pas de références (help wanted !) ... mais il semblerait qu’avant une numérisation des œuvres littéraires chacun des ayant droit (privés ou éditeurs) devront se manifester dans les 6 mois.

      Ça me ferait vraiment chier par exemple que Grasset - les Cahiers Rouges avec une telle collection originale passe à la vente de fichiers numériques.

      Il y a le plaisir de savoir si l’œuvre est « disponible » ou bien « en cours de ré-édition » ... une partie du plaisir pour un lecteur n’est pas dans « l’instantanéité » mais dans l’effort de vouloir ce que l’on veut acquérir pour sa bibliothèque.

      J’aime avoir certains ouvrages « sous la main » .. faire des annotations au crayon HB2 en marge, lire les Notes de bas de pages, être renvoyé au Notes de fin d’ouvrage, découvrir une bibliographie de références d’autres auteurs, les nomenclatures précises des sources, etc. ... et le pied ! et revenir à la page de lecture initiale avec mon marque page et passer au paragraphe suivant.

      In fine : Google peut mettre à dispo la librairie du Smithsonian ... ça ne m’intéresse pas, je ne suis pas un « chercheur » ....je suis un lecteur.

  • Poison pané
    Poison pané
    pécheur
    • Posté à 19h08 le 19/07/2012
    • Internaute 169124
      pécheur

    Le livre nucléaire...Bof ! Pour ma part j’ai du mal à installer ma pratique de la lecture sous la dépendance de l’énergie électrique. L’énergie électrique, à plus forte raison d’origine nucléaire c’est déjà un projet de société c’est à dire un discours qui interfère avec le contenu du livre avant même que vous l’ayez commencé. Je reste très attaché à « l’apparente neutralité » du support papier. En outre, le ebook est un livre que l’on peut vous couper d’un jour ou l’autre, comme une ampoule : autodafé blanc sans cris ni fumées.

    • wagaf
      wagaf répond à Poison pané
      Ingénieur
      • Posté à 04h58 le 21/07/2012
      • Internaute 113016
        Ingénieur

      Ah ? Et pour qui votent les électrons ?
      Et votre PC il fonctionne comment ?

      Pour l’autodafé blanc c’est vrai mais seulement pour les livres avec DRM. Ironie : le premier cas est 1984 d’Orwell qui s’était désinstallé tout seul de tous les Kindle qui l’avaient (à la demande d’Amazon pour d’obscures raisons de droit d’auteur), mais le tollé a été tel qu’il est peu probable que l’événement se reproduise dans nos pays en temps de paix.

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 19h22 le 19/07/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    au japon le marché des tablettes n a pas décollé

    • Phil L.
      Phil L. répond à alain georges
      Auteur
      • Posté à 20h12 le 19/07/2012
      • 180174
        Auteur

      Au Q1 2012, les tablettes au Japon se sont vendues en augmentation de 130% par rapport au Q1 2011, déjà une année forte de croissance du marché japonais. Soit 2,3x plus en un an. Les japonais ont des services dignes de « smartphones » depuis le début des années 2000, la transition vers la tablette est assez naturelle pour eux — tout est question de stratégie commerciale des opérateurs, qui ont a présent la bonne méthode.

      • mlepoivre
        mlepoivre répond à Phil L.
        libre penseur
        • Posté à 15h33 le 21/07/2012
        • Internaute 115796
          libre penseur

        oui, enfin, les japonais veulent en ce moment arrêter le nucléaire...ca va pas favoriser a l’avenir le marché des tzblettes et e books

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 19h25 le 19/07/2012
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    C’est bien gentil de parler de support, et tous les fantasmes que l’ebook semble générer - y compris sur rue89, où on attend vivement que des articles un peu plus fournis (reposant sur des études, en particulier), changent le disque de l’idéologie commerciale.

    Chez les imprimeurs aussi jadis, il a du y avoir quelques guéguerres.

    Il serait intéressant de parler de contenu, par exemple.

    Je ne peux pas parler du livre d’entretiens que P.Haski, en bon représentant de commerce, essaye de nous vendre dans chacun de ses articles, puisque je n’ai pas de tablette (il faudrait pour ça que j’en achète une - vous pensez bien que j’ai que ça à faire -, et donc, en possédant une... etc.).

    Cependant je vais voir, sur mon Android, Google Play, et je ne vois là rien que de très commercial (non, je n’attendais rien d’autre), comme dans l’espace réel la Fnac nous y a habitués (avec ses bouquins figurant en numéro un des ventes le jour même de leur sortie......). Là Google Play m’invite simplement à cliquer sur « Lumière sur Marc Lévy ».

    Alors je dirais que chaque support modifie les manières de lire ainsi que les contenus, et se trouve donc moteur de changements culturels qui peuvent être très importants (comme la naissance du protestantisme suite à l’imprimerie, par exemple).

    Raison pour laquelle n’interroger ni ces manières ni ces contenus est assez scandaleux. Surtout quand c’est pour nous vendre du Marc Lévy (ou des articles déjà publiés sur le site dans une sorte de best-of à lire sur la plage si vous arrivez à augmenter suffisamment la luminosité de l’écran).

    Les révolutions technologiques qui fantasment sur la généralisation des jeunes filles isolées et perdues dans leurs rêves et leur mélancolie, c’est tout de même assez moyen.

    L’ebook est vraiment aussi révolutionnaire que les vendeurs de supports et d’ebooks le prétendent, je ne comprends pas qu’ils ne cherchent pas à vendre des ouvrages qui rendraient vraiment nécessaire l’achat d’une tablette.

    Parce que jusque là, à part chercher à refourguer des gadgets produits en quantité industrielle et des fichiers informatiques avec une marge bénéficiaire bien plus grande qu’en publication papier, je ne vois pas ce que les ebooks et leurs supports de lecture dédiés apportent.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 20h13 le 19/07/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Le seul renseignement qui manque à cet article, c’est le prix de ce type d’accès à la lecture d’ouvrages en ligne. Les « libres de droits » sont-ils accessibles gratuitement, et dans le cas contraire, quelles sont les conditions de facturation de ce type de lecture. Pierre Haski n’a pas dit un seul un mot là-dessus !

    Coût de la lecture en ligne directement « piochée » par le fournisseur d’accès qui transmet les recoltes de sous, ou bien une facture hors internet ?

    Faut-il un abonnement particulier au réseau Google pour pouvoir en bénéficier ?
    - Ma crainte, c’est la facturation surprise qui vous tombe sur la tronche alors que vous n’avez coché aucune case autorisant ce prélèvement d’argent.
    S’il faut s’inscrire en « lachant » son numéro de carte bancaire, c’est d’officie Niet !

    Trop de risques de ce coté là, surtout pour un truc qui est en période d’essai.

    EN BREF : Google play ... c’est gratuit, ou c’est payant à la page lue ?
    parce que dans le cas N° 2, il y aura pas mal d’arnaque dans l’air à prévoir.

    • James Andros
      James Andros répond à Yvon le Zébulon
      Bouffeur de pommes
      • Posté à 09h26 le 20/07/2012
      • 179324
        Bouffeur de pommes

      Les libres-droits sont normalement gratuit, mais les autres livres sont payant (et plutôt cher).

      Pas question d’abonnements on achète juste le livre.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à James Andros
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 09h49 le 20/07/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        J’imagine qu’un % de la vente de livres en ligne est attribué à l’auteur,
        sinon, de quoi pourrait bien vivre certains écrivains (professionnels).

        Comment savoir en se rendant sur ce fameux site Google Play,
        que le livre qui vous est proposé est gratuit - et non facturable ?
        - Il y a une coche pour ça : Et si ça devait bugguer un jour....
        ....est-ce que je risquerais de me retrouver avec une facture de 250 € ?

        Quitte à acheter un livre, je préfère de loin la version sur papier.
        Au moins, il serait concrêtement présent, et personne ne m’empêcherait de le prêter aux autres comme je le fais généralement...
        ...une fois lu, et surtout si je l’ai trouvé captivant.

        Lisible seulement sur écran, ça limite les possibilités.
        On n’a pas réellement l’impression d’être propriétaire de quoi que ce soit
         ; -))

        PS : Amener sa liseuse à la plage, OK, mais je signale quand même que ces outils là sont sensibles au soleil, à l’eau de mer, et au sable fin.

  • Vert_de_Terre
    Vert_de_Terre
    pirate > robot > ninja
    • Posté à 22h17 le 19/07/2012
    • Internaute 105517
      pirate > robot > ninja

    Je lis sur Papier, une super tablette, qui émule même le bruit des pages, l’odeur du papier et de l’encre, le toucher du papier, le poids du livre...

    C’est vraiment génial.

  • grosnaze
    • Posté à 23h33 le 19/07/2012
    • Internaute 27732

    Fait dans le plus grand silence et indifférence générale
    ainsi en 2012 Google Livres dépasse les 20 millions d’ouvrages numérisés. Depuis 2004, plus de 15 millions de livres provenant de plus de 35 000 éditeurs, 40 bibliothèques, 100 pays et 400 langues, ont été numérisés.

    Pour comprendre l’ampleur du problème on consultera bêtement
    Lien

    Sachant qu’une fois numérisé un livre ou un ouvrage ne coute quasiment plus rien il est sans valeur marchande Hadopi atomise ridiculise et qui détient ce truc énorme a son seul profit ? Google

    Un super pirate légal qui ne fera pas payer l’ouvrage mais l’accès genial kim dotcom ridiculise

  • trumper
    trumper
    sourd sans doutes
    • Posté à 04h54 le 20/07/2012
    • Internaute 188397
      sourd sans doutes

    Euh, L’affichage de Google Play est en Français mais les livres qu’on y trouve ne sont qu’en anglais, apparemment. De plus, Google signale qu’on ne peut pas acheter depuis la France, pour l’instant.
    A moins que je n’aie rien compris au bidule.

  • A déménagé le 02.01.2013
    • Posté à 08h28 le 20/07/2012
    • Internaute 74652

    Pour ceux qui le voudront : Le livre, son passé, son avenir - podcast 52 mn

    14/07/2012
    Invité(s) :
    Roger Chartier, historien français rattaché au courant historiographique de l’école des Annales. Il travaille sur l’histoire du livre, de l’édition et de la lecture.
    Olivier Donnat, sociologue au Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture et de la Communication.

    Les questions de Finkielkraut sont longues et parfois très loin de relancer le débat, cependant il y a une bonne analyse des invités (ils sont très bons !) sur « la lecture de l’écran » dans le sens général.

  • mlepoivre
    mlepoivre
    libre penseur
    • Posté à 15h29 le 21/07/2012
    • Internaute 115796
      libre penseur

    L’ensemble de ce qui est dit ici est souvent juste, mais j’aimerais aborder le problème d’un point de vue presque philosophique lié au rapport hommes/machines : ce problème, c’est l’obsolescence de l’homme, à travers celle du livre papier ; et le livre numérique porte lui même sa propre obsolescence...C’est un concept du philosophe allemand Gunther Anders. La technologie du livre numérique en gros accentue le décalage entre l’homme (le simple lecteur) et la puissance des instruments qu’il utilise. Inconsciemment, le lecteur (plus particulièrement l’amateur de littérature) se sent rabaissé par cette machine, même si les fonctionnalités de celle ci peuvent le séduire : il se sent « honteux » comme lecteur limité et lent devant la perfection de cet appareil multi performant. il se rend compte que ces appareils ont des propriétés de stockage infini et de transmission instantané et que lui de son coté met toujours autant de temps pour lire Balzac. De ce point de vue, le numérique n’apporte pas de progrès, et risque même d’accentuer notre impression de lenteur, notre propre limite humaine. Si l’on aborde la question sur le plan de la seule lecture humaine , le livre numérique est un vaste bluff technologique.
    Cette impression vaut surtout quand il s’agit de littérature bien sur. Comme si cette techologie était trop puissante, trop forte quant à sa finalité.Pas évident par exemple de lire de la poésie sur un tel support même si c’est matériellement possible (mais bon plus grand monde ne lit de la poésie aujourd’hui). Mais c’est comme si la parole poétique perdait son poids, sa charge symbolique, son sens, en passant dans cette technologie. Pas facile a expliquer : l’esprit présent dans cette technologie ( qui est l’esprit de la rationalité techno-scientifique) rend dérisoire l’esprit de la langue à l’oeuvre dans la poésie...
    Certes ce point de vue paraitra technophobe, et je l’assume...Après tout, pourquoi ne pourrait on pas avoir le droit de critiquer certaines technologies ?

Verbes thématiques