Gast ! 11/07/2012 à 18h43

Le Web, sauveur et bourreau des langues en danger

Aurélie Champagne | Journaliste Rue89

La e-résistance contre l’appauvrissement de notre patrimoine linguistique, criant sur le Net, se dote d’un nouvel outil : la plateforme de collecte de données de Google.

Google au secours des langues en voie de disparition, qui l’eût cru ? Global, anglo-saxon et uniforme, le groupe ne projette pas précisément l’image d’un défenseur de la diversité culturelle et linguistique. C’est peut-être la raison pour laquelle il a décidé, à rebours de cette image, de faire cause commune avec l’Unesco, qui a inclus les langues au sein du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2003 et lancé la même année un atlas des langues en voie de disparition.

Aujourd’hui, les 7 milliards d’humains qui peuplent la terre parlent entre 6 000 et 7 000 langues. D’ici 2100, la moitié d’entre elles auront disparu, prédit l’Unesco. Des linguistes estiment qu’une langue meurt en moyenne tous les quinze jours.

Une plate-forme de données linguistiques

Pour prêter main forte aux langues en danger Google a créé une plate-forme de collecte de données linguistiques.

Vidéo de présentation du projet Google pour les langues en danger

Sur la plate-forme de Google, on trouve en vrac :

  • le koro, langue du nord-est de l’Inde pratiquée par un millier de locuteurs ;
  • le reyesano, langue bolivienne pour laquelle on ne recense plus que douze locuteurs ;
  • le poitevin (quelques locuteurs) ;
  • le yugh en Russie (deux ou trois locuteurs).

Il s’agit d’« un énorme travail de recensement », explique Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, porte-parole de Google France.

« Pour Google.org, l’idée est toujours de mettre à disposition notre expertise et notre technologie. Le but est d’être une ressource pour les chercheurs. »

Un budget resté secret

Les trois causes de la mort des langues

Dernièrement, une linguiste, Colette Grinevald rappelait les trois principales causes de mortalité des langues :

  • « Le meurtre » : lorsqu’une communauté est décimée, sa langue disparaît avec elle.
  • « La discrimination » : l’éradication des langues minoritaires par certaines politiques linguistiques.
  • « Le suicide liguistique » : le renoncement à transmettre une langue à ses enfants, pour ne pas les défavoriser en les excluant de la société.

Depuis le lancement de la plate-forme, le 21 juin, Google a réuni :

  • 479 documents papier,
  • 1 927 fichiers audio,
  • 291 vidéos concernant 3 050 des 7 000 langues en danger recensées sur la plate-forme.

Google garde secret le budget alloué à l’opération.

« Google ne donne pas d’argent mais fournit sa technologie pour développer sa plate-forme », note Rozen Milin, à la tête du programme Sorosoro pour la protection des langues.

« Ensuite, ils comptent sur les internautes pour la remplir de contenus. S’il n’y a pas de contrôle, on risque d’obtenir un contenu qui ne sera pas très fiable, où il y aura des conneries.

La dernière fois que je suis allée sur la plate-forme pour voir ce qu’on mettait sur le breton, il y avait tous les livres d’André Breton. »

Le risque Wikipédia

Face au risque de compiler des erreurs et des contenus douteux, comme aux premières heures de Wikipédia, Google souligne la possibilité pour l’internaute de « signaler des contenus douteux : on travaille avec des associations, des experts ».

D’ici quelques mois, Google entend céder la gestion de sa plateforme à des universitaires : le First peoples’ cultural council et à l’Institute for Language Information and Technology (Ilit) de l’Eastern Michigan University.

La domination anglaise

Quelques chiffres
  • 500 langues sont parlées par moins de 100 locuteurs.
  • 96% des langues ne sont parlées que par 4 % de la population mondiale.
  • 68% de la population mondiale parle des 85 plus grandes langues.
  • L’anglais compte 328 millions de locuteurs de langue maternelle, et le mandarin 845 000 000.

(Source : Sorosoro.)

Sur le Web :

  • 90% des contenus sont rédigés en seulement 12 langues ;
  • dont 45% en anglais (alors que c’est la langue maternelle de seulement 5% de la population mondiale).

« On est complètement conscient de ça », insiste la porte-parole de Google France.

« C’est en partie pour cela que la plate-forme est en sept langues et aussi que nous voulions créer l’Institut culturel [qui administre la plate-forme depuis Paris, ndlr] dans un environnement non anglo-saxon. »

Si l’anglais s’est imposé sur Internet au détriment des autres langues, le Web est à contrario devenu un endroit de résistance et de militantisme pour de nombreuses langues en danger.

« Un dialecte et une armée »

Mais cette e-résistance aura du mal à rivaliser avec les méthodes d’antan, plus violentes. « Le lobbying est longtemps passé par le plastic », ironise Rozen Milin (elle parle du plastic qui fait boum). Avec des résultats :

« La langue corse, par exemple, est aujourd’hui enseignée dans 50% des classes et Sarkozy a octroyé des programmes de télévision en Corse. »

La survie d’une langue repose sur le fait d’avoir « un dialecte et une armée », répétait pour sa part le linguiste spécialiste du yiddish Max Weinreich, et toute la communauté scientifique avec lui.

A défaut de plastique ou d’armée, avoir une télévision en langue minoritaire, avec des relais sur le Web, constitue une arme de poids.

Le programme Sorosoro – dont le nom signifie « souffle » et « parole » en araki (langue du Vanuatu parlée par 8 personnes) – était financé jusqu’à récemment par la Fondation Chirac. Il met à disposition ses ressources sur son site Internet. Rozen Milin :

« L’idée est d’envoyer des équipes de tournage pour collecter la substantifique moelle de la langue et de la culture en danger, en partenariat avec des linguistes qui eux, effectuent un travail de description linguistique. [...]

On rassemble une trentaine d’heures de rush par langue, on filme dans des zones reculées. Une fois transcrit, traduit et dérushé, on dépose cette matière à l’Inathèque, qui fait office de dépôt légal. Les dernières missions effectuées en Guyane portent sur la langue Kali’Na et en Nouvelle Calédonie, sur trois langues kanaks. »

Modifier son clavier

En marge de ces opérations plus ou moins institutionnelles, Global Voices souligne les enjeux de faire vivre les langues menacées sur le Web, au fil de blogs et de forums de discussion, comme AfricanLocalisation le propose pour les langues africaines.

Divers outils permettent aussi de faire vivre des langues minoritaires sur Internet via des modifications du clavier Qwerty et des applis Facebook et Twitter.

Certaines initiatives ciblent l’impérialisme des langues dominantes sur les réseaux sociaux. IndigenousTweets recense par exemple la présence de langues minoritaires dans les tweets.

Et en France ?

Breton, occitan, Franco-provençal... « En France métropolitaine et dans les DOM, on compte environ 70 langues en danger », explique Rozen Milin.

Pour cette ancienne directrice générale de TV Breizh, comme pour la communauté scientifique, la disparition des langues est tout sauf une fatalité :

« Le breton avait encore 500 000 locuteurs il y a trente ans, comme le gallois. Aujourd’hui, il n’en compte plus que 200 000 qui ont pour la plupart plus de 60 ans, et il est classé par l’Unesco comme “ langue sérieusement en danger ”. Pendant ce temps, le gallois, lui, a gagné 100 000 locuteurs. »

MERCI RIVERAINS ! hoshiko, sergio2, rumpus, Hurz
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  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 18h56 le 11/07/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    ce n est pas gogol qui va sauver la france de l aculturation dans laquelle elle est plongée depuis un bout de temps , faut pas rever.

    • acid_venom
      acid_venom répond à alain georges
      3615 ta vie
      • Posté à 19h22 le 11/07/2012
      • Internaute 113795
        3615 ta vie

      Oui c’est sûr !
      Complaisons nous dans le défaitisme le plus total et passif possible et tant que nous y sommes, fermons aussi toutes ces écoles publiques comme privées qui ne servent à rien puisque les gens sont de plus en plus imbéciles, manipulables et conditionnés de toutes façon.
      Comme ça, on pourra peut-être payer les retraites tiens, euh non pardon j’ai oublié d’être pessimiste c’est vrai...

    • pablico
      pablico répond à alain georges
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 19h25 le 11/07/2012
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      c’est vrai, quand par hasard on entend un vieux document culturel télé, on est surpris par la richesse du langage d’alors... cela surprend..

      avec nos 120 mots différents journaliers...
      triste mine.

    • sandy keelow
      sandy keelow répond à alain georges
      développeur
      • Posté à 22h37 le 11/07/2012
      • Internaute 131307
        développeur

      à voir !
      Il faut savoir que google propose non seulement des recherches mais des traductions dans un grand nombre de langues y compris fictives comme le klingon !
      Par ailleurs certains ouvrages anciens en français ne se trouvent que sur google car l’état français ne s’est jamais donné les moyens de la numérisation (ils ont mis des sous mais c’est pas la même chose...)

    • Hazukashi
      Hazukashi répond à alain georges
      Stagiaire
      • Posté à 10h02 le 12/07/2012
      • Internaute 188575
        Stagiaire

      Bof, les langues, ça évolue, ça meurt, les vitrifier dans une banque de donnée, c’est bien pour le coté musée, mais c’est tout...

      Plus personne sur ce site ne parle gaulois, à ce que je sache, et tout le monde s’en fout.

      Sic transit gloria mundi.

      Mon antre

  • hoshiko
    • Posté à 19h29 le 11/07/2012
    • Internaute 28938

    « Breton, languedocien, occitan » : euh, alors, si je puis me permettre, le languedocien est un dialecte de l’occitan. Aucun dénigrement, l’occitan que je parle, c’est le languedocien.
    Lien
    Je ne mets le lien vers wikipedia que pour appuyer mes propos : je parle occitan depuis aussi longtemps que français et catalan (c’est-à-dire depuis que je sais parler), j’ai aussi étudié ces langues (ainsi que d’autres) à l’école et à la fac (et même encore maintenant). J’en connais l’histoire, les origines, la classification, etc... Ne prenez pas cela pour de la pédanterie, je sais juste que je risque qu’on me pourrisse à coups de « wikipedia ne dit que des c*nneries ». :)

    • Aurélie Champagne
      Aurélie Champagne répond à hoshiko
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 20h08 le 11/07/2012
        rédacteur
      • Journaliste 131894
        Journaliste

      Merci, Hoshiko. Vous avez raison, je corrige.

    • taLuFt
      taLuFt répond à hoshiko
      La Rue Meurt
      • Posté à 10h42 le 12/07/2012
      • 185429
        La Rue Meurt

      Il me semble qu’il y a des débats houleux chez les Occitans notamment au sujet de l’unicité de la langue, non ?

      • hoshiko
        hoshiko répond à taLuFt
        • Posté à 11h35 le 12/07/2012
        • Internaute 28938

        Oui, effectivement.
        Et même certains linguistes discutent du fait que si le gascon est un dialecte de l’occitan alors il faudrait dire de même du catalan.
        M’enfin, je ne connais personne (et j’en connais quelques uns, des Occitans/occitanistes/occitanophones, certains bien relous) qui oserait dire que le languedocien n’est pas un dialecte de l’occitan, parlé dans le centre de l’espace géographique occitanophone Lien

         
        • taLuFt
          taLuFt répond à hoshiko
          La Rue Meurt
          • Posté à 12h59 le 12/07/2012
          • 185429
            La Rue Meurt

          Oui je comprends pour le languedocien, ma remarque doit concerné les parlers périphériques de l’aire occitanophone (limousin ?). J’aime beaucoup l’occitan/catalan et leur histoire bien que je n’en parle pas un mot (mais pour un francophone, c’est relativement accessible, au moins à l’écrit) mais je crois malheureusement que l’avenir est bien sombre pour ces langues du midi... Si je compare avec le berbère, pour laquelle les berbérophones s’inquietent, l’occitan est bien moins dynamique et vivant et c’est bien dommage (j’avais été choqué des contestations contre l’annonce des stations de métro en occitan à Toulouse par exemple...) !

          • hoshiko
            hoshiko répond à taLuFt
            • Posté à 13h38 le 12/07/2012
            • Internaute 28938

            Effectivement, le problème se pose plutôt sur les autres dialectes (voir plus bas ma réponse à MarxForEver).
            Si vous voulez apprendre l’occitan et/ou le catalan, il est assez facile de se procurer des méthodes de langues (genre la méthode « my taylor is rich » pour l’anglais) en livre+CD.
            Le problème de l’occitan, c’est que :
            1. l’espace occitanophone est vaste (grosso modo le tiers sud de la France). Donc l’identité est assez diluée (à l’inverse du chti par exemple).
            2. Il y a pas mal de dialectes qui peuvent être assez différents tant à l’écrit qu’à l’oral (à l’inverse du catalan/valencien/baléare). Même si très aisément intercompréhensibles.
            3. Toujours à l’inverse du catalan, il n’y a pas vraiment de revendications politico-économiques* sur l’occitan.
            4. C’est une langue romane (i.e. assez proche du français), donc de nombreuses personnes ont avalé l’idée du patois de français (à l’inverse du breton et encore plus du basque).

            Pour l’annonce des stations de métro à Toulouse, ça a été la même chose lors de la pose des doubles plaques de rues. Ce n’est pas que les toulousains détestent l’occitan, c’est plutôt une pensée « y’a que des vieux paysans qui le parlent, on va passer pour des péquenots alors qu’on a Airbus, etc... » Ce qui est doublement faux : 1. il y a maintenant plus de jeunes qui l’apprennent dans les villes (écoles, collèges, lycées, facs, + autres cours) que de vieux qui le parlent dans les campagnes. 2. demandez aux non-français qui travaillent chez Airbus, ils trouvent l’occitan charmant quand ils connaissent. Et ils sont intéressés quand ils ne connaissent pas.
            Mais bon, c’est vrai que la plupart viennent de pays où il est normal de parler la langue de l’état et celle de la « région » (Royaume-Uni, Allemagne et Espagne. Sans parler des Indiens et Chinois qui y sont de + en + nombreux).
            * c’est en train de changer doucement, notamment avec l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée.

            • taLuFt
              taLuFt répond à hoshiko
              La Rue Meurt
              • Posté à 14h36 le 12/07/2012
              • 185429
                La Rue Meurt

              Ravi de lire que l’avenir de l’Occitant n’est pas si sombre finalement ! Sur certains aspects, vos problèmes recoupent ceux du berbère notamment sur un espace géographique TRES important (quaisment toute l’Afrique du Nord) et des différences parfois importantes entre les parlers.

        3 autres commentaires
    • Papy râleur
      Papy râleur répond à hoshiko
      Retraité
      • Posté à 11h24 le 13/07/2012
      • Internaute 121401
        Retraité

      Le languedocien n’est pas un dialecte de l’occitan mais une des nombreuses langues d’oc. L’occitan est une invention récente — environ 1970 — qui a regroupé certaines langues d’oc comme le languedocien, le provençal, le béarnais, le perigourdin etc... C’est uniquement un classement en fonction de phonèmes et de leur région (pays) d’origine. Et les vieux du sud de la Drôme — ou j’habite — comprennent peu ou pas les vieux du sud Ardèche et pourtant il n’y a que le Rhône entre eux et (et surtout) une vieille tradition de protestantisme en Ardèche et de catholicisme dans la Drôme. Pourtant ces deux idiomes sont de langue d’oc et classé dans l’occitan scolaire ! Je crois que l’occitan est pour cette raison un appauvrissement de la langue d’oc, comme le « zyva » est un appauvrissement du français !
      Et c’est peut-être pour ça que l’idée de Google a de la valeur, par la variété qu’elle permet, du moins je l’espère ! ! !

      • hoshiko
        hoshiko répond à Papy râleur
        • Posté à 11h57 le 13/07/2012
        • Internaute 28938

        « Et les vieux du sud de la Drôme — ou j’habite — comprennent peu ou pas les vieux du sud Ardèche et pourtant il n’y a que le Rhône entre eux »
        Oui, on dit toujours ça. C’était d’ailleurs l’argument de Claude Allègre à l’époque. Mais bizarrement, les jeunes à qui on a dit à l’école que tous ces dialectes (oui, j’y tiens) font partie de la même langue (occitan) se comprennent en parlant pourtant chacun le sien.
        Je parle même parfois occitan avec ma cousine catalane (qui me répond en catalan) et on se comprend parfaitement.

        Pour moi, ce que vous appelez « langues d’oc » sont les dialectes de l’occitan. Comme le français est un dialecte de langue d’oïl.
        En quoi l’occitan serait un appauvrissement ? C’est au contraire dire « tous les dialectes sont égaux et font partie de la même langue » (contrairement au français qui est vu comme supérieur aux autres dialectes d’oïl).

         
        • Papy râleur
          Papy râleur répond à hoshiko
          Retraité
          • Posté à 12h17 le 13/07/2012
          • Internaute 121401
            Retraité

          D’accord pour le dialecte, ce n’est qu’une question de mots ! Mais lorsque mon fils a appris l’occitan à l’école les vieux du sud Ardèche ou nous vivions à l’époque et ceux du sud Drôme ou vivaient mes parents ne le comprenaient pas, par contre à Montpellier ou nous allions souvent ou à Perpignan ou vivait ma belle sœur il se faisait comprendre aisément ! C’est de cette façon que je pense que l’occitan est un affaiblissement, par le fait qu’il est le seul enseigné et correspond au dialecte du Languedoc et non au dauphinois ou au cévenol du nord ! Et je ne parle pas de l’Auvergne qui est aussi de langue d’oc ! ! !

        1 autres commentaires
  • James Andros
    James Andros
    Bouffeur de pommes
    • Posté à 19h41 le 11/07/2012
    • 179324
      Bouffeur de pommes

    C’est bien de collecter et de préserver, mais une langue ça doit vivre !

    Pour celles où ils ne restent plus qu’une poignée de locuteur, qui va se donner la peine d’apprendre cette langue et de la transmettre ? ?

  • Jupiter Capitolin
    • Posté à 19h43 le 11/07/2012
    • Internaute 189743
      Burp

    La Toile, bourreau des langues en danger...

  • donaldo
    donaldo
    indignado
    • Posté à 19h46 le 11/07/2012
    • Internaute 159867
      indignado

    « C’est une langue belle avec des mots superbes
    Qui porte son histoire à travers ses accents
    Où l’on sent la musique et le parfum des herbes
    Le fromage de chèvre et le pain de froment

    Et du Mont-Saint-Michel jusqu’à la Contrescarpe
    En écoutant parler les gens de ce pays
    On dirait que le vent s’est pris dans une harpe
    Et qu’il en a gardé toutes les harmonies »

  • m'enfou
    m'enfou
    futur chomeur
    • Posté à 20h10 le 11/07/2012
    • 184287
      futur chomeur

    Si la langue SMS disparait ’et les kevin qui vont avec) je ne verserais pas une larme .

  • Rêve-générale
    Rêve-générale
    Etudiant
    • Posté à 20h18 le 11/07/2012
    • Internaute 69409
      Etudiant

    Edit : Message supprimé car erreur déjà signalée par hoshiko, merci pour la correction ;)

  • demilune
    • Posté à 21h22 le 11/07/2012
    • Internaute 22444

    Tout ce qui est vivant finit tôt ou tard par mourir, c’est un fait inéluctable. Il fut une époque où le latin était une langue vivante, c’est aujourd’hui une langue morte qui a donné naissance à de nombreuses autres langues. Les langues évoluent, s’adaptent, s’enrichissent ou s’appauvrissent et finissent par disparaitre. Une langue qui à un moment donné écrase toutes les autres finira elle aussi par tombé dans l’oubli.

    • Yp2
      Yp2 répond à demilune
      Sale gauchiste d'IEP
      • Posté à 09h45 le 13/07/2012
      • Internaute 71496
        Sale gauchiste d'IEP

      Tout à fait. Sélection naturelle.
      Je vais en choquer certain, mais je suis partisan du même traitement pour les êtres humains.

      ...

      ...

      Non, je déconne. C’est évidemment ignoble.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 21h57 le 11/07/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Et sans aller très loin, il existe des patois qui se perdent alors que leur conservation permettraient de garder les histoires locales, immense patrimoine immatériel . Le Contentinais fait parti de ces langues régionales Cotentinais

    • FDCraie
      FDCraie répond à padiran
      Censuré.
      • Posté à 12h40 le 12/07/2012
      • Internaute 121689
        Censuré.

      C’est un tantinet con ce que le « Contentinais » sait....

    • Bretagne
      Bretagne répond à padiran
      Sceptique
      • Posté à 17h38 le 12/07/2012
      • Internaute 74906
        Sceptique

      Cotentinais ou Haguais, j’ai connu Côti-Capel, Albert Lohier, c’était l’oncle de mon meilleur ami avec qui je naviguais en Manche et en Bretagne à la voile, sa famille est en Hague pour partie.

      ça n’avait rien à voir avec ce père Mabille, collabo, nationaliste normand et proche du FN ! tout ce que je déteste : l’ethnorégionalime.

      Côti-Capel était prêtre ouvrier ou plutôt prêtre marin, il a été militant au PS, mais s’en est séparé parce qu’il vomissait le nucléaire. Il est mort en 1986.

      Me souviens pas où j’ai mis ses livres et j’ai une cassette audio d’une très belle émission sur France culture où il disait ses poèmes en patois, très doux, il y était question de LA Mê (la mer) et de LA MAUVE ( la mouette) ...

      • Yp2
        Yp2 répond à Bretagne
        Sale gauchiste d'IEP
        • Posté à 10h19 le 13/07/2012
        • Internaute 71496
          Sale gauchiste d'IEP

        Ah zut. Encore des nazis.

        Ils sont partout décidément. Même chez les normands.
        Il paraîtrait même qu’il y a eu des nazis allemands.Il paraît.

  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 22h05 le 11/07/2012
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    ... y compris en saluant les résultats obtenus par le terrorisme corse. Bravo RozenN Milin ! M’enfin bon, quand on accepte le fric de Chirac, c’est évident qu’on est pas du genre scrupuleux. Passons ...
    J’ai regardé la vidéo de Colette Grinevald (coquille sur rappeLait dans l’encadré), et j’ai trouvé ça assez pathétique, réactionnaire, avec les gentils sauvages respectueux des traditions et les méchants citadins qui pratiquent le « suicide linguistique ». Et sans aucun recul sur l’évolution du monde (qui ne se limite pas à la déforestation amazonienne).
    Toute fière qu’elle est de raconter l’histoire des touristes en pays maya qui ne trouvent pas le N° de leur chambre écrit en dialecte local. Incroyable qu’elle puisse y trouver un motif d’espoir ! Ca montre pourtant clairement les limites des dialectes locaux dans la méchante société moderne où les gens préfèrent courir le vaste monde plutôt que de fournir les soins palliatifs(*) à leur patois local.
    (*) 1 partout, Colette. A toi de jouer.

  • bandeapart
    bandeapart
    citoyen
    • Posté à 22h16 le 11/07/2012
    • Internaute 189930
      citoyen

    On peut à juste titre se demander ce que ce programme sorsoro peut devenir lorsque l’on sait que Rozen Milin avait été parachuté par TF1 à la tête de tvbreizh , (la grande télévision bretonne) a grand renfort de moyens entre 1998 et 2003. Cette télévision si elle n’a jamais obtenu l’adhésion massive des bretons, a été après 2003, une calamité sur la région bretonne pour la filière régionale et à provoqué la fermeture de nombreuses structures de production dans l’ouest. Si cette chaîne a été une aventure au départ, dix ans plus tard elle diffuse en grande partie des séries américaines et françaises périmées et n’a plus rien à voir avec les belles promesses de l’époque. Aujourd’hui le nom de Rozen Millin en Bretagne n’est pas précisément attaché à la sauvegarde de la langue, ni de la culture bretonne. Mais ceux qui ont eu affaire a elle s’en souviennent. Derrière le sourire d’apparat, un rapport dur, souvent à sens unique avec les auteurs et les producteurs, sans négociation, à la TF1. Voila qui promet pour la sauvegarde du patrimoine linguistique et la protection des cultures dîtes fragilisées...
    Lien

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 22h27 le 11/07/2012
    • Internaute 2277

    Je vais poster ici les deux commentaires que j’avais postés il y a quelques semaines sur Al Jazeera quand ils ont publié une série d’articles sur le même sujet :

    De taal is gans het volk : la langue, c’est le cœur des gens.

    et

    Flamands, Bretons, même combat.

    Kenavo. Tot ziens.

    • sandy keelow
      sandy keelow répond à Jean-Jacques Louis
      développeur
      • Posté à 23h50 le 11/07/2012
      • Internaute 131307
        développeur

      Flamands/bretons même combat : ça m’ferait mal min fieu !
      Les flamands obligent les wallons à parler flamand ça n’a absolument rien à voire avec ce qu’on veut en Bretagne (c’est même presque l’opposé...)

    • acid_venom
      acid_venom répond à Jean-Jacques Louis
      3615 ta vie
      • Posté à 20h06 le 12/07/2012
      • Internaute 113795
        3615 ta vie

      Nan mais n’importe quoi lol Et renseigne toi un peu gars avant de sortir des énormités pareilles parce que là tu fais juste un amalgame entre une victime et un bourreau !
      Contrairement aux néerlandophones, je crois pas que les bretons punissent les écoliers qui parlent français pendant la récréation comme c’est le cas dans certaines écoles à Bruxelles si je me plante pas...
      J’ai un pote chinois (et bilingue français pour le coup) qui m’a dit Bruxelles est une ville géniale et accueillante du moment qu’on tombe pas sur des flamands, auquel cas il basculait aussitôt en anglais pour tenter de désamorcer la pseudo-crise...

  • mandareen
    mandareen
    entre autres
    • Posté à 22h32 le 11/07/2012
    • Internaute 32452
      entre autres

    si je puis me permettre, je crois que la citation à peu près exacte, c’est plus « la différence entre une langue et un dialecte, c’est un drapeau et une armée »

    • sandy keelow
      sandy keelow répond à mandareen
      développeur
      • Posté à 23h56 le 11/07/2012
      • Internaute 131307
        développeur

      Pendant mon service mililtaire on avait le drapeau breton en dessous du drapeau français et on avait un bagad, que conclure ? ...

  • Tadorne
    Tadorne
    Ingénieur
    • Posté à 22h46 le 11/07/2012
    • Internaute 52463
      Ingénieur

    Cela va paraitre bizarre mais je pense que la langue qui est le plus en danger d’extinction c’est l’anglais !
    Le vrai anglais, le bel anglais est en péril car il est remplacé par une sorte de « globish » avec un vocabulaire et une grammaire appauvris. Il est même triste de voir que des profs d’anglais d’un certain âge, ceux qui ont appris le bel anglais traditionnel, ne se font plus comprendre quand ils vont aux USA, par exemple.

    • Zélaïde
      Zélaïde répond à Tadorne
      breathing
      • Posté à 23h37 le 11/07/2012
      • Internaute 155556
        breathing

      Les origines de l’anglais sont multiples : germanique, scandinave, latine, celte ... et la langue fut davantage « détériorée » ou « enrichie » avec les influences des territoires du commonwealth, sans oublier tout le lingo technologique moderne ... de plus c’est une langue très malléable, on colle deux mots ensemble pour en créer un nouveau, la grammaire est simple, les noms deviennent du jour au lendemain des verbes ... c’est peut-être aussi une évolution naturelle, le terrain et la nature de la langue était propice à son développement ...
      En tout cas je trouve que cette initiative est excellente et même si beaucoup de conneries risquent d’y figurer dans un premier temps, il y aura suffisamment de passionnés pro et amateurs pour y remédier ensuite ...
      Il y a au fond peu de différences entre les langues européennes (pensée binaire) et il est primordial de conserver tout ce qu’il nous reste de biodiversité linguistique pour comprendre d’autres façons de percevoir le monde.

    • MarxForEver
      MarxForEver répond à Tadorne
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 01h10 le 12/07/2012
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      Ce n’est pas bizarre du tout, mais au contraire parfaitement exact. Une fois, une revue hollandaise soi-disant éditée en anglais m’a retourné un de mes manuscrits d’article avec de bonne grosses railleries écrites en rouge et en gros, nous enjoignant à moi et à mon co-auteur d’aller apprendre l’anglais. Moi, je suis bilingue et mon co-auteur était anglais et prof à Oxford ! La raison du courroux des correcteurs : ils ignoraient qu’il existe un subjonctif en anglais.

      • Artenam
        Artenam répond à MarxForEver
        Ecrire avec des sabots c'est (...)
        • Posté à 13h01 le 12/07/2012
        • Internaute 85103
          Ecrire avec des sabots c'est (...)

        Et moi avec ! Un vrai subonctif, vrai de vrai ?

         
        • MarxForEver
          MarxForEver répond à Artenam
          L'argent n'existe pas
          • Posté à 14h08 le 12/07/2012
          • Internaute 124072
            L'argent n'existe pas

          En anglais, le subjonctif est plutôt primitif : -)

        1 autres commentaires
    • çavapasser
      çavapasser répond à Tadorne
      toubib
      • Posté à 20h13 le 12/07/2012
      • Internaute 162231
        toubib

      puisque tu évoques le globish, je te fais part d’un probléme que je rencontre en Chine.(vrai pour toute l’Asie)
      Comme on le sait, beaucoup de mots du vocabulaire anglais ont les mêmes racines latines que le vocabulaire français.Nous autres Français, lorsque nous baragouinons anglais, par facilité nous utilisons plus volontiers ces (généralement) vrais amis, quitte à leur infliger des intonations « façon British » pour essayer que « ça passe ».
      Mais pour les Chinois, les racines latines c’est de l’ hébreux ! et ils utilisent donc d’autres mots anglais que nous-Français, et ça (plus la prononciation) ça ne facilite pas les échanges en anglais avec ma belle famille !
      Cette histoire d’absence de références à des racines latines communes explique aussi pourquoi les Français considérent que les Chinois parlent mal l’anglais.
      Ils ne parlent pas le même anglais que nous...
      c’est criant à Hong Kong, où pourtant l’anglais est la langue (avec le mandarin et le cantonnais) et aussi à Singapour.Et parait-il en Inde.

      • Tadorne
        Tadorne répond à çavapasser
        Ingénieur
        • Posté à 23h48 le 12/07/2012
        • Internaute 52463
          Ingénieur

        « beaucoup de mots du vocabulaire anglais ont les mêmes racines latines que le vocabulaire français »

        Oui mais malheureusement de moins en moins. Le globish a tendance à remplacer ces mots d’origine latine par des tournures de phrases avec go ou get suivi de plein de prépositions.
        Un exemple : un jour je lisais dans un journal US : « they get down by the cops »
        On m’a traduit, car j’aurai été incapable de le faire : « ils ont manifesté contre les flics »
        Un bon anglais aurait dit : « they had protested against the cops »
        Donc le verbe « to protest » d’origine latine a été remplacé par un salmigondis de mots n’ayant aucune sémantique propre mais dont le sens très caché vient de leur association.

      • gontran deluxe
        gontran deluxe répond à çavapasser
        vote inutile
        • Posté à 10h50 le 13/07/2012
        • 179407
          vote inutile

        Il est inexact de dire que « beaucoup de mots du vocabulaire anglais ont les mêmes racines latines que le vocabulaire français ». En réalité, plus de la moitié des mots anglais sont issus directement du français.

  • sandy keelow
    sandy keelow
    développeur
    • Posté à 22h58 le 11/07/2012
    • Internaute 131307
      développeur

    TV Breizh n’est pas très bien placée car peu de leurs programmes sont en breton ils étaient surtout appréciés pour les rediffs d’arabesque ; -)
    Pour ma part je pense qu’internet a donné un gros coup de boost par rapport aux anciens médias (TV-cab-sat) je pense que le fait que par exemple wikipedia existe en breton c’est carrément énorme pour la survie de la langue...
    Pour ma part le breton est ma langue maternelle mais déjà rendu au collège on n’était plus qu’une poignée à le continuer (il ya 25 ans environ) moi ça m’arrangeait parceque j’avais tout le temps 20 ou 19 mais bon...
    Il y’a toujours un intérêt à savoir une langue de plus, même si on ne la pratique pas (qui pratique le latin ?), le breton a de nombreux points communs avec l’anglais mais aussi avec l’allemand et même... avec le japonais et oui (fait que j’ai découvert grâce à internet)

  • AutistReading
    AutistReading
    Au snack elle prend pas de kebab
    • Posté à 22h56 le 11/07/2012
    • 184876
      Au snack elle prend pas de kebab

    C’est le projet Babel ?

    • sandy keelow
      sandy keelow répond à AutistReading
      développeur
      • Posté à 23h04 le 11/07/2012
      • Internaute 131307
        développeur

      J’ignorais votre penchant biblique ^^
      En fait il me semble qu’il y’a toujours plus de similtudes que de différences entre les langues, pour qui sait observer...
      Comme entre les gens en fait...
      Le caractère hautement déficient de l’enseignement des langues en France est un autre problème ^^

      • AutistReading
        AutistReading répond à sandy keelow
        Au snack elle prend pas de kebab
        • Posté à 01h53 le 12/07/2012
        • 184876
          Au snack elle prend pas de kebab

        « il y’a toujours plus de similtudes que de différences entre les langues »

        Ce n’est pas une raison pour cultiver les différences.
        Entre les langues, comme entre les gens...

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