Retour en Chine 17/06/2012 à 10h37

Un Suisse fait don de la plus grande collection contemporaine chinoise

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Uli Sigg avec une partie de sa collection (Laura Ning)

L’histoire de l’art contemporain chinois retiendra le nom d’Uli Sigg. Non pas tant parce que ce Suisse a été ambassadeur à Pékin dans les années 90, mais parce que ce grand collectionneur a fait don à un musée de Hong Kong de la plus grande collection au monde d’œuvres contemporaines chinoises.

C’est un geste exceptionnel à plusieurs titres :

  • Le nombre d’œuvres et leur valeur. Uli Sigg a fait don de 1463 œuvres de quelque 250 artistes différents au futur musée M+ en cours de construction à Hong Kong, pour une valeur évaluée à 163 millions de dollars (130 millions d’euros).
  • Le geste. Agé de 66 ans, Uli Sigg a choisi de permettre au public chinois de voir sa collection, une véritable anthologie de l’art contemporain chinois sur trois décennies au lieu de la disperser dans les ventes aux enchères internationales.
  • Hong Kong plutôt que le continent. Le collectionneur suisse a fait le choix de Hong Kong, région autonome, plutôt qu’un musée de Pékin, Shanghai ou Canton où l’œuvre serait passée à la moulinette du politiquement correct et de la censure.

D’abord comme homme d’affaires, puis comme diplomate, Uli Sigg a séjourné à Pékin dans les années 80 et 90, alors que l’art contemporain était largement underground, mal vu par les autorités, et totalement inconnu à l’étranger.

Pour une poignée de dollars

Amateur d’art, il a collectionné massivement des œuvres qui se vendaient à l’époque pour une poignée de dollars alors que certaines sont désormais échangées à plusieurs centaines de milliers de dollars.

Uli Sigg a ensuite contribué à faire connaître l’art chinois en présentant les œuvres d’une vingtaine d’artistes de sa collection à la Biennale de Venise en 1999, en dehors de tout contrôle étatique chinois. Pékin a d’abord été furieux, avant de réaliser que ces artistes avaient donné un coup de jeune à l’image post-Tiananmen du régime communiste, et que, de surcroit, le ciel ne lui était pas tombé sur la tête.

Depuis, la Chine populaire a ouvert un pavillon officiel à la Biennale de Venise (merci Uli Sigg), trop officiel pour être vraiment intéressant, mais elle a compris le parti qu’elle pouvait tirer en plongeant dans le monde de l’art qui est aussi, et parfois surtout, un vaste marché.


Uli Sigg avec une partie de sa collection (Laura Ning)

Ces artistes underground, souvent contestataires, des années 90, sont devenus les stars de ce marché mondial dans lequel l’argent chinois a fait à son tour irruption. A l’image de Fang Lijun, Yue Minjun, Zhang Xiaogang, Zeng Fangzhi, Sui Jianguo, Wang Guangyi, Xu Zhen... D’où la valeur phénoménale de la collection amassée par le diplomate suisse amateur d’art...

Certans restent néanmoins dans le viseur du pouvoir chinois, comme Ai Weiwei, emprisonné pendant trois mois l’an dernier, et dont plusieurs œuvres font partie de la collection d’Uli Sigg. Si ce dernier avait fait don de sa collection à un musée du continent, de telles œuvres n’auraient jamais été montrées, censurées comme tout ce qui déplait.

Accéder aux œuvres

Uli Sigg, qui avait rendez-vous avec Ai Weiwei lorsque l’artiste a été arrêté l’an dernier à l’aéroport de Pékin, a été clair sur le principe :

« Il est très important pour moi que des Chinois puissent accéder à ces œuvres ».

Ce sera donc à Hong Kong, l’ancienne colonie britannique revenue sous souveraineté chinoise en 1997, mais qui garde une assez large autonomie et une liberté d’expression. Désert culturel autrefois, Hong Kong tente de rattraper son retard, avec, en particulier, cet important investissement que constitue le musée M+ qui héritera donc en 2017 de la plus belle collection d’art contemporain chinois qui soit.

Car, ce n’est pas le moindre paradoxe, aucun musée chinois ne possède aujourd’hui de collection d’art contemporain chinois digne de ce nom. Les deux plus importantes ont été constituées par Uli Sigg et par un couple belge, les Ullens, qui ont ouvert un centre d’art à Pékin mais ont commencé à disperser leurs œuvres, faute d’avoir pu trouver un accord avec les autorités chinoises.

A côté de ce don, Uli Sigg a conclu un accord avec le musée M+ pour lui vendre 43 œuvres pour un montant de 22,7 millions de dollars (18 millions d’euros).

Il ne reste plus aux bureaucrates de Pékin qu’à réfléchir sur les raisons qui ont fait que ce pan entier d’histoire de leur art national échappe aux plus grands musées placés sous leur autorité, pour aller se réfugier dans ce bout de Chine un peu plus libre, à Hong Kong.

PS : pour ceux qui veulent aller plus loin, cette vidéo, en anglais, dans laquelle Uli Sigg donne un véritable cours d’histoire de l’art contemporain chinois.

Leçon d’histoire de l’art contemporain chinois, par Ulli Sigg, mars 2012, Washington DC
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  • 34 réactions
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  • Emma T.
    Emma T.
    Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
    • Posté à 13h04 le 17/06/2012
    • Internaute 40366
      Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

    Une excellente idée de se rappeler que l’art n’est pas un commerce mais qu’il appartient à jamais aux civilisations qui l’ont fait venir au monde.

    Puissent nos multiples coffres-forts internationaux se rappeler qu’ils n’en sont que les dépositaires.

  • Matthieu des bois
    Matthieu des bois
    Forestier
    • Posté à 13h10 le 17/06/2012
    • Internaute 71470
      Forestier

    haaaaaaaaaaaa Merciiiiiiiiiiiiiiiii
    Merciiiiiiiiiiii au grand généreux donateur ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Un Suisse, un ambassadeur, quel geste , quelle grasse quelle classe !
    pas comme ces petits merdeux toujours a raler que ci que ça...
    Non la classe, 165 millions d’euros mes couillons, 165 millions d’euros il offre. Qu’il a gagné avec ses petites menottes, au fond de la mine, puis la nuit en faisant les 3/8 dans l’usine de surgelé puis les poubelles, un peu d’intérim pour quand il avait 5 minutes de libres, et ça pendant 500 ans pour pouvoir se payer toutes ses OEUVRES d’ART CONTENTPOURRIEN.
    Quelle déférence devant les voleurs de ce monde... pathétique

    • nicolas.boulay
      • Posté à 13h17 le 17/06/2012
      • Internaute 94389
        ingé

      Faudrait savoir lire. Certaines oeuvres qui valent des centaines de milliers de dollars aujourd’hui, en valant quelques dizaines à l’époque (x10000 donc).

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h53 le 17/06/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Un Suisse fait don de la plus grande collection contemporaine chinoise »

    Faire don de ce qu’on a volé aux autres : voilà qui ne manque pas de panache !

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Yvon le Zébulon
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 14h32 le 17/06/2012
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je peux vous assurer, pour en connaître certains, que ce n’est pas comme un « voleu » que les artistes en questions regardent Ulli Sigg (que je ne connais pas personnellement, pour que ça soit clair). Il a acheté leurs oeuvres à une époque où il n’y avait pas de marché et il fallait être bien audacieux pour penser que ça irait aussi vite et aussi haut qu’au cours de la dernière décennie. Et c’est lui qui leur a ouvert le monde extérieur en les présentant à Venise. Pour ces deux raisons, auquelles il faut ajouter ce don d’aujourd’hui, je pense que son rôle fut plus que positif.

      • Matthieu des bois
        Matthieu des bois répond à Pierre Haski
        Forestier
        • Posté à 14h59 le 17/06/2012
        • Internaute 71470
          Forestier

        On est rassurés merci. L’art est sauf Ce brave donateur aussi, mais c’est dans un journal de gauche que l on lirait ce genre article. bourgeois va.
        Mais vous êtes tellement dedans que vous ne vous rendez plus compte du superflu de ce don. Il aurait mieux fait de vendre ça au plus offrant puis de filer les sous aux nécessiteux chinois.

         
        • Pierre Haski
          Pierre Haski répond à Matthieu des bois
          Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
          • Posté à 15h17 le 17/06/2012
            éditeur
          • Journaliste 9
            Cofondateur

          Absolument pas d’accord. Le patrimoine culturel d’un pays a une valeur collective, et quand l’Etat ne remplit pas ce rôle, d’autres s’en chargent. A vous suivre, on devrait vendre Versailles à McDonald, et la Joconde aux Chinois, et utiliser l’argent pour augmenter le RSA. Valeur bourgeoise l’art ? C’est un peu retro comme argument.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à Pierre Haski
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 16h25 le 17/06/2012
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            « A vous suivre, on devrait vendre Versailles à McDonald, et la Joconde aux Chinois »,

            Ça aurait pu arriver si Sarkozy avait été réelu.
            Nombre d’immeubles de prestiges français ont été ainsi cédés aux Émirats - notamment au Qatar - contre monnaie sonnante et trébuchante, destinée soit-disant à renflouer nos caisses.

            Vendre la France à la découpe, nous étions bien parti pour !

        • mat742
          mat742 répond à Matthieu des bois
          étudiant
          • Posté à 15h27 le 17/06/2012
          • Internaute 50687
            étudiant

          C’est triste de voir que même quand un « bourgeois » fait un don. Il y a toujours des personnes qui viennent critiquer son acte.
          Ces oeuvres auraient été détruites si des gens comme ça n’existait pas.

        • Emma T.
          Emma T. répond à Matthieu des bois
          Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
          • Posté à 16h29 le 17/06/2012
          • Internaute 40366
            Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

          « Il aurait mieux fait de vendre ça au plus offrant puis de filer les sous aux nécessiteux chinois. »

          Tout est dans votre « ça ».

        4 autres commentaires
      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Pierre Haski
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 16h20 le 17/06/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Le marché de l’Art ( depuis qu’en France il n’est plus soumis à l’impôt ) revêt à mes yeux une certaine dose de suspiscion, car la probabilité la
        mieux intégrée, est que ce type de négoce permet souvent de soustraire
        à la vigilance d’organisme comme TRACFIN, des sommes colossales
        qui passent ainsi de main en main, de façon plutôt déconcertante.

        Je n’accuse pas M. Ulli Sigg (que je ne connais pas non plus), mais de
        façon plus générale, une « caste » souvent bien avisés, qui par ce biais
        parvient à blanchir des revenus dont l’origine est souvent suspecte.

        Ils ne sont inquitétés en aucune manière, cela restant tout à fait « légal ».

        PS : Je pense comme Matthieu des bois (ci-dessous) qui estime que
        pour oeuvrer dans le sens du bien public, il aurait du faire le choix de
        vendre ses oeuvres, et faire un peu de « social » avec le fruit des ventes
         ; -))

        L’Art ne perdrait pas de son « aura » pour autant, bien au contraire.

      • Pili pili
        Pili pili répond à Pierre Haski
        Piment d'oisif
        • Posté à 16h41 le 17/06/2012
        • Internaute 188535
          Piment d'oisif

        Tout à fait d’accord.
        Il convient aussi de rappeler que l’estimation de cette collection (130M€, la vache..) est liée à la loi du marché, aussi hystérique quand un artiste est connu qu’aveugle ou aléatoire avant. Et que c’est cette surestimation par le marché qui est le premier obstacle à un musée qui voudrait constituer une collection.

        Le geste de ce collectionneur est donc celui d’avoir isolé des œuvres artistiques du marché, après les avoir choisies avec talent (enfin je crois, et puis c’est un autre sujet).

  • Ô triste riz digne
    Ô triste riz digne
    Autist-Hulk valseront à Vienne
    • Posté à 15h12 le 17/06/2012
    • Internaute 48716
      Autist-Hulk valseront à Vienne

    1) « Il est très important pour moi que des Chinois puissent accéder à ces œuvres ».
    Ce que je ne comprends pas c’est la raison qui pousse maintenant ce collectionneur à céder sa collection et pourquoi est-ce pour lui important que ce soit destiné aux Chinois.

    2) Car, ce n’est pas le moindre paradoxe, aucun musée chinois ne possède aujourd’hui de collection d’art contemporain chinois digne de ce nom.

    Hypothèses avancées : Communisme et art contemporain (et même art tout court) n’ont jamais fait bon ménage au cours de l’histoire (sauf peut-être avec le Constructivisme/Suprématisme des années 20-30 en URSS). L’art adossé à une idéologie a toujours produit de médiocres créations. Il y a peut-être aussi une question d’éducation artistique.

    3) Il ne reste plus aux bureaucrates de Pékin qu’à réfléchir sur les raisons qui ont fait que ce pan entier d’histoire de leur art national échappe aux plus grands musées placés sous leur autorité, pour aller se réfugier dans ce bout de Chine un peu plus libre, à Hong Kong.

    Selon moi, que ce soit Hong Kong ou une autre ville, cela ne devrait pas changer vraiment la donne car Hong Kong appartient à la Chine et les oeuvres pourront être transférées à tout moment dans un musée d’une autre ville selon les désidératas des dirigeants chinois.
    Hong Kong peut-être aussi une vitrine destinée à attirer davantage de touristes occidentaux et de faire preuve d’une certaine ouverture.

    4) Ces oeuvres chinoises contemporaines que détient ce collectionneur suisse, ont-elles déjà été exposées à Paris ?

    • aimable
      aimable répond à Ô triste riz digne
      plasticien
      • Posté à 15h48 le 17/06/2012
      • Internaute 70198
        plasticien

      « Ces oeuvres chinoises contemporaines que détient ce collectionneur suisse, ont-elles déjà été exposées à Paris ? »
      Ben que voui, et il y à déjà qq temps. Elles ne provenaient peut-être pas de l’unique collection d’Ulli Sigg, mais l’ensemble des artistes cités sont pour la plus part fort connus en France ( et ailleurs )
      Par exemple,lors de l’ouverture inaugurale du Palais de Tokyo, je crois vers 2002, l’oeuvre « no comment “ de Wang Du y figurait en bonne place... de même nombreuses sont des galeries françaises qui défendent depuis 10 à 15 ans cette ligne chinoise.

      • Ô triste riz digne
        Ô triste riz digne répond à aimable
        Autist-Hulk valseront à Vienne
        • Posté à 17h31 le 17/06/2012
        • Internaute 48716
          Autist-Hulk valseront à Vienne

        En fouillant un peu sur le Net, j’ai reconnu les tableaux d’un artiste chinois (Zhang Xiaogang) que j’avais aperçus et beaucoup appréciés, il y a déjà quelques années, à la Maison de la Chine, rue Bonaparte, Paris.

    • wagaf
      wagaf répond à Ô triste riz digne
      Ingénieur
      • Posté à 16h57 le 17/06/2012
      • Internaute 113016
        Ingénieur

      « Selon moi, que ce soit Hong Kong ou une autre ville, cela ne devrait pas changer vraiment la donne car Hong Kong appartient à la Chine et les oeuvres pourront être transférées à tout moment dans un musée d’une autre ville selon les désidératas des dirigeants chinois. »
      Loin d’être sûr vu la manière dont HK est gérée. D’autant plus que dans un contexte économique globalement bon pour la Chine, le pouvoir aura dans les prochaines années plutôt intérêt à desserrer les boulons.

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 15h27 le 17/06/2012
    • Internaute 70198
      plasticien

    « Car, ce n’est pas le moindre paradoxe, aucun musée chinois ne possède aujourd’hui de collection d’art contemporain chinois digne de ce nom. »
    Normal Pierre, il en faut du temps pour que les esprits évoluent - Il semble me souvenir que qq milliers d’oeuvres contemporaines de la fin du XIXeme (que l’on a appelé impressionnistes et autres « iste “ révolutionnaires de l’époque) ont roupillé qq décennies au fond de réserves minables, dont celles en trop du musée du Luxembourg et ce malgré de généreux dons et donations. Rien n’y fit !
    De même, si au USA cet art de fin XIXeme début XXeme est lui très prisé c’est précisément grâce aux Ulli Sigg de l’époque, tel les Stein et autres amateurs d’art contemporain.
    Reste que merci pour cette info passée à ma connaissance aux oubliettes dans la presse spécialisée.

  • parade
    parade
    peintre
    • Posté à 15h36 le 17/06/2012
    • Internaute 127502
      peintre

    C’est un acte aussi généreux qu’intelligent....Remettre à un pays ce qui fait partie de son patrimoine. Ce monsieur n’ a lésé personne en offrant ce qui a fait son plaisir pendant de nombreuses années.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 15h40 le 17/06/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    perso, je trouve le geste de Uli Sigg fort beau et désintéressé. Il est normal que les oeuvres d’art retournent dans leur pays d’origine.
    J’espère que dans le contrat une clause stipule que le donateur interdit la dispersion des oeuvres ...

    • Karavi
      Karavi répond à caro
      obsolescence programmée ((
      • Posté à 16h55 le 17/06/2012
      • Internaute 113192
        obsolescence programmée ((

      « Un geste fort beau et désintéressé »...

      N’exagérons rien...
      Cela a permis à Uli Sigg de donner des conférences, de se faire plus largement connaître, et de se donner satisfaction...

      Alors, même si ce geste semble un peu être pour la gloire, n’oublions pas :
      « A côté de ce don, Uli Sigg a conclu un accord avec le musée M+ pour lui vendre 43 œuvres pour un montant de 22,7 millions de dollars (18 millions d’euros). »
      23 millions de dollars pour un bien qui ne vous a presque rien coûté.. ! Oui, effectivement, quelle générosité.. ! !

      Il faudrait peut-être penser au vrai problème qui est celui des artistes et intellectuels emprisonnés, et de leurs familles...
      Ce n’est sûrement pas ce Uli Sigg, avec ses 23 millions de dollars ,qui les fera sortir de prison...

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 16h27 le 17/06/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Merci à ce citoyen Suisse, qui en a les moyens, par ce geste de remettre les autorités chinoises à leur juste place, celle de Tian’anmen, c’est à dire le dénigrement de l’expression démocratique et artistique là où se situent les droits de l’Homme.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à padiran
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 16h29 le 17/06/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      On se demande simplement de quel droit, et à quel titre, de tels « trésors »
      appartenant par principe au peuple chinois tout entier, peut se retrouver
      dans le patrimoine d’un riche citoyen Suisse : Y aurait-il eu jadis pillage ?

      • padiran
        padiran répond à Yvon le Zébulon
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 16h49 le 17/06/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Tu as eu la réponse par Pierre Haski. Les créateurs de ces « oeuvres » étaient de parfaits inconnus et celles ci ne valaient même pas un bol de riz. C’est certainement lui qui en les achetant et en les exposant a créé leurs cotes.
        En tout état de cause, il permet de par son geste de faire connaitre au monde entier un art contemporain chinois, ce qui est quelque part subversif pour les autorités en place, rendons lui grâce de ce geste.

         
        • Karavi
          Karavi répond à padiran
          obsolescence programmée ((
          • Posté à 17h02 le 17/06/2012
          • Internaute 113192
            obsolescence programmée ((

          Les pauvres artistes ont touché un bol de riz parce qu’ils étaient inconnus ; en bon homme d’affaire, il s’est accaparé de leurs œuvres, et a, comme vous dites, « créé leur cote », pendant que les familles des artistes crèvent peut être de faim...
          Je ne trouve pas ça très moral...

          • padiran
            padiran répond à Karavi
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 17h24 le 17/06/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            C’est le lot de tout artiste inconnu, qu’il soit en Chine ou ailleurs, que ses oeuvres soient achetées ne serait ce que pour vivre et ensuite être reconnu. Le marché de l’art est ainsi fait, de milliers de créations qui ne seront jamais mises en lumière ou qui seront exposées et « valent » ensuite le prix qu’un riche collectionneur et prêt à y mettre. La morale n’ a rien a voir la dedans.

          • parade
            parade répond à Karavi
            peintre
            • Posté à 21h44 le 17/06/2012
            • Internaute 127502
              peintre

            votre indignation vous honore,mais ne pensez vous pas que cela a été et reste le cas de nombreux artistes ? il faut que la chance se conjugue au talent pour qu’un artiste sorte de l’ombre et vive de ses créations...Modigliani désespéré et alcoolique cédait ses dessins pour quelques pièces ou un verre d’absinthe ....Van Gogh remerciait son frère Théo ,et lui demandait de lui envoyer ses vieilles chemises,alors que la moindre de leurs oeuvres vaut une fortune.

        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à padiran
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 17h11 le 17/06/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          [ Les créateurs de ces « oeuvres » étaient de parfaits inconnus et celles ci ne valaient même pas un bol de riz ].

          En fait, c’est un peu ce qui m’agace un peu avec l’Art et sa valeur.
          Dès qu’il s’agit de l’oeuvre d’un pauvre, ça ne vaut pas un bol de riz
          ...mais que Régine lance un parfum qui pue, et ça devient « génial ».

          Grâce à ce millionnaire Suisse, le bol de riz vaut une vraie fortune.
          Van-Gogh aussi de son vivant, ne vendait aucune de ses oeuvres.
          Une fois mort, le marché de l’Art s’en est saisi, et c’est autre chose.

          • padiran
            padiran répond à Yvon le Zébulon
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 17h36 le 17/06/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Voir ma réponse à Karavi ci dessus. La création ne peut se résumer à un marché car elle contient trop de subjectivité. C’est une foi que l’artiste est reconnu que cela devient un marché
            Pour en revenir à Uli Sigg, il a su avant tout le monde détecter non pas un artiste, mais un courant artistique contemporain en Chine. De plus il a osé en faire des expositions. Créer un parfum Tartempion avec une promotion avec Delon ou Hallyday est à la portée de n’importe quel crétin qui sort d’une école de marketing, prendre des risques en achetant des oeuvres à des crèves la faim qui se confrontent aux autorités de leur pays est autre chose.

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon répond à padiran
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 19h15 le 17/06/2012
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              Tu as raison sur le fond,
              mais pour ne citer que ma vision personnelle des choses,
              je n’ai aucune véritable « oeuvre d’art » dans ma propre maison.
              ( Oeuvre, dans le sens où l’objet a une valeur en $ reconnue )

              * Oh si, j’oubliais : J’ai quelques tableaux faits de ma main...
              ...car figure toi que j’ai un joli « coup de pinceau » ou de fusain
              .

              Je doute cependant qu’ils puissent valoir le moindre centime,
              et valoir autre chose que le prix affectif que je leur donne.

              PS : Je ne suis pas un spécialiste de l’art contemporain,
              et je dois t’avouer qu’un objet « tordu » ne me séduit pas + que ça.

              J’aime par contre énormément les statues et masques africains, ainsi que les sculptures sur bois des iles samoa, mais je suis convaincu que leurs créateurs crèvent aujourd’hui de faim,
              malgré les quelques oeuvres qui trônent sur mes étagères.
               ; -))

              En gros, ce que j’aime, c’est l’objet chargé d’histoire ou de légende, et ça peut aller de la lampe à huile à une vieille clepsydre.
              et pourquoi pas la vieille carte marine souillée par mille mains.

              • padiran
                padiran répond à Yvon le Zébulon
                Chroniqueur Grolandais
                • Posté à 19h43 le 17/06/2012
                • Internaute 5159
                  Chroniqueur Grolandais

                Tu vois qu’un objet n’a que la valeur qu’on lui donne et pour en revenir à l’art contemporain chinois c’est d’abord une façon de reconnaître la « dissidence » dans le pays car les artistes qui ne sont pas dans la ligne du parti sont bien souvent embastillés.

                • Yvon le Zébulon
                  Yvon le Zébulon répond à padiran
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                  • Posté à 20h25 le 17/06/2012
                  • Internaute 65781
                    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                  [ c’est d’abord une façon de reconnaître la « dissidence » dans le pays car les artistes qui ne sont pas dans la ligne du parti sont bien souvent embastillés ]

                  Ce n’est pas tout à fait sous l’angle de la lutte politique que j’argumentais sur l’appréciation des arts et des artistes...
                  ...mais puisqu’il s’agit de contrer l’arbitraire de dictateurs,

                  Pourquoi pas ?
                  Ça peut aussi être vu comme un acte d’appui à la contestation

        8 autres commentaires
      • Pas tripette.
        Pas tripette. répond à Yvon le Zébulon
        Si j'aurais su, j'aurais po lu.
        • Posté à 16h46 le 17/06/2012
        • Internaute 117974
          Si j'aurais su, j'aurais po lu.

        appartenant par principe au peuple chinois...
        Non, on parle là d’art contemporain et par « principe » il appartient au créateur de l’œuvre. Si ce dernier préfère vendre c’est son droit et même son intérêt s’il veut préserver et faire connaître son travail.

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Pas tripette.
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 17h14 le 17/06/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Les naïfs et les non-initiés bradent parfois au prix d’un plat de pâtes, une oeuvre qu’ils possèdent et dont ils n’ont aucune idée de la véritable valeur : Profiter de leur faiblesse n’est pas si cool !

          • Pas tripette.
            Pas tripette. répond à Yvon le Zébulon
            Si j'aurais su, j'aurais po lu.
            • Posté à 18h51 le 17/06/2012
            • Internaute 117974
              Si j'aurais su, j'aurais po lu.

            Profiter de leur faiblesse n’est pas si cool !

            Mais bon sang de bon soir avez-vous lu l’article ?
            Des œuvres qui se vendaient à l’époque pour une poignée de dollars, c’est ce qui est écrit. A part le titre d’un western je ne sais pas ce qu’est une poignée de dollars, mais c’était le prix demandé. Demandé.
            Monsieur Sigg a su choisir et acheter, il a fait connaître ces œuvres « totalement inconnues à l’étranger » dont la valeur marchande s’est depuis envolée. Plus tard il a fait don d’une grosse partie de sa collection dans les conditions évoquées.
            Maintenant à contrario, imaginez le devenir de ces créations dans une Chine qui les jugeait si mal, imaginez le devenir de ces artistes sans la notoriété qu’a apportée la découverte des acquisitions de Monsieur Sigg...
            Enfin bref, lisez l’article.

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