Tous à Ibiza 12/06/2012 à 12h01

Festival Sonar : Barcelone est-elle vraiment une place électro ?

Julien Chabrout | Etudiant


A la sortie de la discothèque le Razzmattaz, à Barcelone (Catalogne) en 2007 (Gabriel Vidal/Wikimedia Commons/CC)

« Les clubbers à Barcelone ? Un noyau restreint de 3 000 à 4 000 personnes qui font la mode musicale. »

Pour Didier Auzy, responsable des programmes à Flaix FM, radio qui diffuse de la musique électronique dans toute la Catalogne, « Barcelone est un mythe » : « Il y a un décalage entre l’image qu’elle a et la réalité. »

Making of
Ce reportage a été réalisé par un étudiant en journalisme de l’Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine (Ijba) dans le cadre du projet Barcelone Kultur Lab (BKL).

Ivan Pareja, responsable marketing au Sutton Club, « la boîte de Barcelone » spécialisée en musique house et rendez-vous de la jeunesse dorée, défend, elle, sa réputation :

« Il y a une culture du clubbing à Barcelone. C’est une ville cosmopolite, avec différents publics et une variété de soirées. »

De nombreux clubs diffusent de la musique électronique pour les touristes, étudiants étrangers et Catalans. Ils font venir les plus grands DJ et producteurs de la planète. C’est le cas du Sutton Club, où le DJ écossais Calvin Harris mixait ainsi fin mai.

Situé sur le port, l’Opium Mar, qui cible les touristes étrangers, offre une programmation semblable. Avec Martin Solveig, Roger Sanchez, Axwell ou encore Erick Morillo entre juin et septembre, les grands noms passeront tous à Barcelone cet été.

« Je fais une musique pour les touristes »

Si la scène musicale électronique existe toute l’année, c’est surtout l’été que Barcelone vit au rythme de la dance, quand les touristes envahissent la ville. « Je fais une musique pour les touristes », avoue Didier Auzy.

Ce Français de 47 ans, installé depuis 2001, à Barcelone aime à rappeler qu’avec 357 000 auditeurs par jour, sa radio s’est hissée au deuxième rang des stations musicales en Catalogne, derrière Los 40 principales. 24 heures sur 24, Flaix FM diffuse de la dance et house.

De la musique « commerciale ». David Guetta, Sean Paul et autres Afrojack passent ainsi en boucle. Une musique « mélodieuse et facile » comme la définit Didier Auzy, qui plait particulièrement aux Espagnols.

Juan Magan, un DJ catalan est ainsi numéro un en Espagne avec son dernier album « The King of dance » sur un rythme dance très latino.

« On ne s’adresse pas aux spécialistes de la musique électronique, mais on essaye de mettre de la musique plus pointue le soir », affirme Didier Auzy, qui note que des DJ comme Armin Van Buuren – le pape de la trance avec DJ Tiesto –, qui a une émission hebdomadaire sur la station, n’ont que peu d’auditeurs.

Juan Magan Ft. Mohombi - « Coconut Tree »

Le dubstep ? « Jamais à Barcelone »

A Barcelone, les fans de musique trance ne sont pas les seuls déçus. Les amateurs d’électro n’ont que le jeudi soir et la soirée « Noise club be cool » du Sala be cool pour danser sur leurs titres préférés.

Autre genre musical, le dubstep, une musique très électronique à la mode en Angleterre, est lui aussi absent et « ne devrait jamais arriver à Barcelone » selon Didier Auzy.

D’autres musiques électroniques sont en revanche bien représentées, comme la techno. Si les DJ Carl Craig et Marco Carola sont à la mode, d’autres soirées moins connues sont aussi prisées des amateurs.

Le Moog, meilleure boîte techno

Ainsi, outre le City hall et le célèbre Razzmattaz, qui a une de ses cinq salles dédiée à la musique techno, c’est le Moog qui est la boîte techno de référence à Barcelone. Et même l’une des meilleures en Europe.

« Il y a un très bon mélange de connaisseurs et de touristes venus faire la fête dans un bon esprit. On adore cette boîte ! » s’enthousiasme David, un Parisien qui est venu mixer dans cette discothèque pour la deuxième fois mercredi dernier.

Aux côtés de deux autres trentenaires, il a fondé son label Minimum syndicat, un mélange d’acid, de techno et de rave qui rappelle les années 90 :

« Il y a une vraie culture techno en Espagne, et ça ne date pas d’hier. Certes, ce n’est pas aussi fort qu’à Berlin, mais rien à voir avec Paris ou Londres de nos jours ».

Le Sonar, pour se faire connaître

A Barcelone, la musique électronique, c’est aussi les festivals. Si la Barcelona summer week, festival house et techno durant quatre jours, ne s’est déroulé qu’en 2009 et 2010 en raison de la mauvaise organisation, c’est le célèbre Sonar qui est censé légitimer la réputation éléctonique de la ville.

Ce festival de musique et d’art électronique organisé par Advanced music se déroule depuis 1993 chaque année en juin.


Miss Kittin au Sonar 2006 (Matt Bidulph/Flickr/CC)

Du 14 au 16 juin, 80 000 personnes – c’est la capacité maximale des salles où se déroulent le festival – pourront ainsi danser jour et nuit en écoutant entre autres Deadmau5, Fatboy Slim, Luciano ou encore Laurent Garnier. D’autres artistes vont aussi se produire, comme Lana Del Rey.

Depuis l’année dernière, les tarifs n’augmentent plus. Pass complet sur les trois jours à 155 euros, entrée de jour à 39 euros… ce festival n’est toutefois pas à la portée de toutes les bourses. Une critique que balaye Georgia Taglietti, la responsable presse et communication du festival, installée depuis presque trente ans à Barcelone.

« Les gens peuvent écouter jusqu’à 26 artistes en une journée. Ce n’est donc pas cher comparé à un concert ! Notre cible, ce sont les 25-35 ans. Nous avons environ 60% de nationaux, beaucoup de Catalans. Le reste, ce sont surtout des Anglais, des Français, des Italiens et des Allemands. Nous avons aussi de plus en plus d’Américains et de Russes. »

Pour les artistes, le Sonar permet surtout de se faire connaître, avant de repasser éventuellement dans les clubs de Barcelone. Si Ivan Pareja qualifie le Sonar de « meilleur festival de musique électronique », ce n’est pas l’avis de Didier Auzy.

En parallèle du Sonar se déroule à Barcelone et dans sa banlieue le Sonar off, version non-officielle où labels et artistes moins connus se retrouvent pendant trois jours dans des clubs underground. De nombreux amateurs de musique électronique sont attirés par la programmation de qualité et par les entrées gratuites.

Avec la crise, plus trop envie de faire la fête

La crise économique qui touche violemment l’Espagne a en effet des répercussions directes sur le milieu. Si le financement des sponsors est en baisse au Sonar, ce sont particulièrement les clients qui sont touchés. Ainsi, le Sonar autorise depuis cette année les clients à payer en deux fois leur abonnement.

En outre, les tarifs en club ont fortement baissé ces dernières années, passant en moyenne 25 à 30 euros en 2006-2007 contre 10 à 15 euros actuellement.

Plusieurs boîtes de nuit ont aussi fermé. C’est le cas du She, il y a un an. D’autres n’ouvrent désormais que le weekend.

« Non seulement il y a la crise économique, mais on fait tout pour empêcher les gens de faire la fête. La police fait systématiquement des contrôles d’alcoolémie au petit matin », regrette Didier Auzy. Avant de poursuivre :

« Les gens viennent en boîte mais désormais ils ne consomment plus à l’intérieur. »

Avec un tarif moyen de 10 euros le verre d’alcool, difficile de consommer énormément sans se ruiner. En outre, la législation espagnole interdit le tabac depuis le 1er janvier 2011 dans les lieux publics fermés.

« On dit tout le temps que le paysage est apocalyptique. Alors les Espagnols n’ont plus trop envie de faire la fête. »

« C’est à Ibiza que ça se passe »

Si la vie nocturne continue à Barcelone, la deuxième ville d’Espagne doit subir la concurrence d’Ibiza. La célèbre île située à un peu plus de 200 km de Barcelone est le rendez-vous incontournable des fêtards à qui les soirées à 50 euros ne font pas peur.

« C’est à Ibiza que ça se passe, pas à Barcelone », assure Didier Auzy, avant d’ajouter : « Fin mai, toutes les maisons de disque sont déjà là-bas. » Ivan Pareja est d’accord. Néanmoins, pour cet Espagnol branché, « beaucoup de patrons de clubs ont d’abord commencé à Barcelone avant de partir pour Ibiza », citant le patron du Pacha Ibiza et Martin Ferrer de l’Amnesia (boîte ouverte dans les années 70 à Ibiza).

C’est d’ailleurs ce dernier, un homme d’affaires, qui a annoncé en début d’année investir plus de 30 millions d’euros pour ouvrir une nouvelle discothèque à Barcelone d’ici l’été 2013, Amnesia Barcelone. Martin Ferrer a acquis la quasi-totalité des commerces du Port Forum de Barcelone pour créer une nouvelle zone de vie nocturne. Avec 4 000 m² rien que pour la discothèque, la distance entre Barcelone et Ibiza devrait un peu se raccourcir.

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  • Alkhazar
    • Posté à 12h58 le 12/06/2012
    • Internaute 171275

    pas bien compris

  • santanono
    santanono
    No Activit y
    • Posté à 13h44 le 12/06/2012
    • Internaute 117553
      No Activit y

    Cet article n’est pas très clair, de plus l’interview de M. Auzy a été coupée : dans la 2eme partie lorsqu’il parle de « The cure », ces derniers sont venus cet année pour le Primavera Sound (un autre festival).

    Ensuite si le Sonar off a autant de succès, c’est que la plus part des DJ participant au Festival SONAR jouent aussi dans les clubs barcelonais et autre chiringuitos (bars de plage)

    Dernier point la scène dubstep existe à Barcelone, bien sur elle n’a pas le succès et le nombre de fans de la scène anglaise. Mais elle fonctionne quand même : I love DUB Step / Razzmaazz 2012

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 15h16 le 12/06/2012
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Tropical Bass !

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  • Appleseed
    Appleseed
    Mangeur de Twix
    • Posté à 16h04 le 12/06/2012
    • Internaute 11691
      Mangeur de Twix

    Mouai, quand on dit que Tiesto et Van Buren représentent la Trance je me marre, Atma, man with no name, shpongle, Hallucinogen ? ça vous parle ? Rien que ça et la crédibilité de l’article en prend un gros coup, on ne parle déjà plus de culture électronique mais de « clubbing » ce qui est loin d’être la même chose !

    En gros le sieur Auzay ne veux pas de la dubstep, qui n’a plus rien d’underground soit dit en passant à part chez certains artistes peu connus du grand public et veux faire rentrer la culture electro dans une petite case, tout en se faisant un max de thune comme la plupart des clubs ou patrons de radio.

    Allez en free, allez en festival qui respectent encore une certaine éthique (Tree of life, Hadra, Boom, Burning man... j’en passe) et qui représentent surtout une culture, pas un sous produit de consommation pour gogos qui ont appris à taper sur trois boutons pour passer à la radio et se faire du flouze à ne plus savoir qu’en faire.

  • opoz
    opoz
    Conseiller occulte
    • Posté à 17h54 le 12/06/2012
    • Internaute 188717
      Conseiller occulte

    Mr Auzy se félicite de programmer de l’euro dance quand le Sonar reste un des festivals de musiques électroniques les plus pointus.
     »... Armin Van Buuren – le pape de la trance avec DJ Tiesto – » euh, c’est plutôt de la house trancey et Sacha et John Digweed en sont les principaux représentants.
    La trance est allemande (le label Eye Q de Sven Väth, Thomas P Heckmann etc.) ou anglo-indienne (Goa Gill, Joti Sidhu, Dino Psaras etc. les labels TIP records, Blue Room etc.).
    Minimum syndicat (miam miam) est proche des acteurs de la scène électro italienne du début des 90’s (Sounds Never Seen de Lory D etc.).

  • injektileur
    injektileur
    dans le vide
    • Posté à 20h01 le 12/06/2012
    • Internaute 148883
      dans le vide

    « c’est à Ibiza que ça se passe »

    je sais pas... j’ai rigolé... sorti de son contexte, ça m’a fait rigoler. C’est vrai que tout le monde devrait absolument passer par Ibiza pour savoir ce que c’est que la fête et la bonne musique...

  • ostia
    ostia
    inadapté
    • Posté à 23h07 le 12/06/2012
    • Internaute 88960
      inadapté

    un article qui parle de clubbing ou d’electro ?

    parce que confondre l’un et l’autre.... lolilol

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