à lire sur DNA-Algérie.com 06/06/2012 à 08h11

L’écrivain Boualem Sansal : « Dès qu’un Algérien va en Israël, on sort les couteaux »

Le mois dernier, l’écrivain algérien Boualem Sansal a fait sensation et suscité la polémique en séjournant du 13 au 17 mai en Israël pour la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem dont il était l’invité d’honneur.

Salué ou critiqué, ce voyage n’est pas passé inaperçu aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. D’un calme olympien, l’écrivain a répondu aux questions du site DNA-Algérie, partenaire de Rue89 :

« Depuis quelques années à travers mes divers voyages, je rencontre des Palestiniens et des Israéliens lors des débats auxquels je prends part à travers le monde. C’est encore plus vrai depuis l’avènement du printemps arabe qui a fait tomber des dictatures en Tunisie, en Egypte où en Libye, là où la parole s’est enfin libérée. Dans la foulée, je me suis dit comment exploiter la dynamique du printemps arabe dans le cadre du conflit israélo-palestinien pour rassembler des intellectuels palestiniens, israéliens, tunisiens, marocains, algériens…

Il fallait rompre le cercle qui consiste à maintenir ce pays en dehors de ces mutations, de ces révolutions qui bouleversent non seulement le Maghreb et le monde arabe mais aussi le monde entier. Je me suis dis pourquoi ne pas rencontrer les Israéliens chez eux. Ils m’invitent, alors j’y vais.

DNA-Algérie : Sauf qu’en Algérie, se rendre en Israël reste un tabou, un acte assimilé à une trahison

C’est un tabou qu’il faut casser. Aucun pays arabe n’est aujourd’hui en guerre avec Israël. Beaucoup de pays arabes entretiennent des relations diplomatiques, économiques avec cet Etat. Il n’y a que l’Algérie qui fait exception. De plus, l’Algérie n’est pas en guerre contre Israël. »

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  • mayalab
    mayalab
    étudiante I.E.P.
    • Posté à 10h14 le 06/06/2012
    • Internaute 143897
      étudiante I.E.P.

    Lui et l’imam Hassan Chalgoumhi, ça fait déjà deux partisans du dialogue du côté arabe. Gardons espoir et prenons patience, ils feront des adeptes, Inch Allah ! D’ici trois siècles on pourra même envisager la paix !

    • mamane
      mamane répond à mayalab
      le futur c'était mieux avant
      • Posté à 06h28 le 07/06/2012
      • Internaute 44657
        le futur c'était mieux avant

      Aaaaahhhh l’imam Hassan Chalgoumhi ! Celui qui dit « faut pas faire manifestation » [pour contester le pouvoir], qui mets des micro et des caméras dans la mosquée de Drancy pour surveiller les musulmans, qui leur dit « faut pas faire de politique » [et encore moins si c’est pour contester le pouvoir], qui dit qu’il ne faut pas faire preuve de solidarité internationale avec l’Afrique et surtout pas la Palestine, etc....

      On voit là tt les qualités qui sont demandés aux musulmans : fermer sont claque merde sauf pour dire « oui missiou ». Quel dommage que tt les musulmans ne soit pas docile et soumis comme lui n’est-ce pas ?

      • patoche999
        patoche999 répond à mamane
        professeur de guitare
        • Posté à 14h33 le 07/06/2012
        • Expert 171862
          professeur de guitare

        Fermer leur claque merde comme vous dites. Ils devraient être habitués dans leurs pays, n’est ce pas ce qu’on leur demandent chez eux, de fermer leur gueule ? En Algérie, que je connais un peu, les dignitaires disent au peuple : Tu ne payes pas d’impôts, mais en retour fermes ta bouche.
        Vous dites aussi » oui missiou » c’est qui le « missiou » ?

      • patoche999
        patoche999 répond à mamane
        professeur de guitare
        • Posté à 14h40 le 07/06/2012
        • Expert 171862
          professeur de guitare

        Surveiller les musulmans dans leurs mosquées, je trouve que c’est totalement justifié.

         
        • Xoloscuintle
          Xoloscuintle répond à patoche999
          Aide-soignante
          • Posté à 09h57 le 10/06/2012
          • Internaute 25906
            Aide-soignante

          Comme on devrais surveiller les chrétiens intégristes de Mgr Lefevbre dans leurs Eglises ? Car eux aussi sont un danger pour la France. Je vous trouves bien énervé pourtant si vous êtes guitariste vous devriez être Zen non ? On dit bien que « la musique adoucie les moeurs » ..Apparemment celà ne marche pas à tous les coups. Mais laissons les peuples s’arranger eux-mêmes a faire la Paix car les politiques de tous bords font tout pour saborder les choses. Et soufflent sur les braises : diviser pour régner ca marche encore. La preuve !

        1 autres commentaires
  • labrisure
    labrisure
    Personnage exceptionnel
    • Posté à 10h21 le 06/06/2012
    • Internaute 48949
      Personnage exceptionnel

    D’aileurs l’un des lecteurs sur le site DNA a écrit en commentaire quelque chose de très pertinent : « Les Arabes font des affaires avec Israel et nous on joue aux vierges effarouchées ! »

    Lien

    • Tariq
      Tariq répond à labrisure
      132 ans
      • Posté à 11h07 le 06/06/2012
      • 178211
        132 ans

      C’est le cas des autres Arabes mais pas de l’Algérie. Ce pays est certainement le plus sincère dans son engagement palestinien. L’heure n’est effectivement plus à la guerre contre Israël mais quand il l’a été, l’Algérie n’a jamais rechigné à l’effort. A chaque fois ( 1967 ou 1973)l’engagement de l’Algérie était massif. C’est à Alger, en 1988, que l’OLP proclame officiellement l’Etat de Palestine...

      L’Algérie ne reconnait pas Israël et réciproquement. On ne peut pas se rendre dans un pays qui n’est pas reconnu par le sien. Heureusement, en Algérie, même si la rue désapprouve majoritairement cet acte, cet écrivain ne risque pas grand chose sur le plan judicaire. Mais allez demander à Israélien qui va sans autorisation dans les territoires palestiniens s’il ne risque rien !

      • Raoul Duke
        Raoul Duke répond à Tariq
        [ un truc trop cool ]
        • Posté à 14h44 le 06/06/2012
        • Internaute 186756
          [ un truc trop cool ]

        « les territoires palestiniens » ? C’est même plus un pays c’est des territoires... Les 6 000 km² de territoire de checkpoints, de champs exploités, de ruines... ? les gens sur place doivent pas être au top, surtout envers les citoyens d’un gouvernement qui abuse de son pouvoir sur eux. Et Israël à tellement plus d’armement... non finalement c’est pas les israeliens en Palestine qui doivent avoir peur, mais les palestiniens en Palestine. C’est pas comme si ils combattaient à armes égales...

        Edit :
        Manifestations contre la guerre

      • lifka
        lifka répond à Tariq
        • Posté à 01h04 le 07/06/2012
        • Internaute 37623

        « Mais allez demander à Israélien qui va sans autorisation dans les territoires palestiniens s’il ne risque rien ! “

        Il risque en premier lieu de se faire lyncher....

        Nir Nachshon, 28 ans, était sur le chemin du retour vers Maalé Adoumim depuis l’hôpital du Mont Scopus, mais une erreur GPS l’a emmené dans ce village arabe bien connu pour ses violences antisémites. Et c’est en urgence qu’il a dû être évacué vers le centre médical d’Ein Kerem, après avoir subi un traumatisme crânien.

        ‘ J’ai réalisé être en territoire hostile ’ dit-il, ‘ après avoir fait un petit tour. J’ai compris avoir fait une erreur mais je ne savais pas à quel point. Ce village fait partie de Jérusalem. Et Jérusalem, c’est notre maison !’

        ‘ Puis, le premier individu que j’ai croisé était un jeune garçon d’une douzaine d’année. Il a commencé à crier Juif ! Juif ! et dans l’instant, des dizaines des gens sont arrivés. Ils ont commencés à lapider la voiture. Ils voulaient m’en extraire et me lyncher. ’

         
        • Tariq
          Tariq répond à lifka
          132 ans
          • Posté à 16h52 le 07/06/2012
          • 178211
            132 ans

          Un soldat de l’occupation, même en civil, n’a en effet que très peu de chance de survie s’il s’égare dans les territoires palestiniens. Je parlais surtout des ONG, des militants pour la paix ou des israéliens lambda qui iraient en Palestine sans autorisation préalable de l’armée. Osez affirmer qu’ils n’encourent pas des poursuites judiciaires ou des peines de prison ferme.

          Puisqu’il s’agit de faire pleurer dans les chaumières, allons-y. Récemment, Netanyahou( sioniste parmi les sionistes) a parlé de pogroms de la part de colons juifs envers des Palestiniens. Pour qu’un homme comme lui qui vit dans le déni, un peu comme vous, évoque des pogroms, terme chargé d’histoire surtout pour les Juifs, c’est qu’en face ils ont été très loin dans la barbarie.

          • lifka
            lifka répond à Tariq
            • Posté à 18h44 le 07/06/2012
            • Internaute 37623

            mais moi aussi, je parlais de civils. C’est déjà arrivé souvent, comme ces deux enfants de 14 ans, ou cet homme lynchés pour s’être égaré en territoires palestinien.

            Kobi Mandell
            14 year-old resident of Tekoa, Bethlehem district, killed on 09.05.2001 next to Tekoa, Bethlehem district, by beating. Additional information : Killed by Palestinians who crushed his skull with rocks.

            Yosef Ishran
            14 year-old resident of Tekoa, Bethlehem district, injured on 09.05.2001 next to Tekoa, Bethlehem district, by beating, and died on 08.05.2001. Additional information : Killed by Palestinians who crushed his skull with rocks.
            Shlomo Nativ
            16 year-old resident of Bat Ayin, Bethlehem district, killed on 02.04.2009 in Bat Ayin, Bethlehem district, by beating. Additional information : Killed when struck by a an axe.

            Ces enfants étaient-ils des soldats ?

            Stanislav Sandomirsky
            38 year-old resident of Bet Shemesh, killed on 21.04.2001 next to Ramallah, by beating. Additional information : Beating to death. His car was found abandoned in Ramallah area.

            Ilya Krivitz
            62 year-old resident of Homesh, Tulkarm district, killed on 20.06.2001 in Silat a-Dhahr, Jenin district. Additional information : Killed at close range when he came to meet another Palestinian.

            Il ne s’agit pas de pleurer, juste d’énoncer des faits indéniables. Pourquoi croyez-vous que l’Etat isarélien interdit aux citoyens israéliens d’y aller ? Et pourquoi à votre avis la barrière de sécurité a-t-elle été construite ?

            Quant aux pogromes, je ne sais pas ce que Netanyahu a dit, mais comment qualifiez-vous les jets de pierre contre des enfants israéliens qui ont encore abouti il n’y a pas si longtemps à la mort d’un bébé ?

            Yehuda Haim Shoham
            Under 1 year-old resident of Shilo, Ramallah and al-Bira district, injured on 06.06.2001 in Shilo Junction, Ramallah and al-Bira district, by stone throwing, and died on 11.06.2001. Additional information : Wounded in the head by a stone thrown at him, died a week later.

            Yonatan Palmer
            1 year-old resident of Kiryat Arba, Hebron district, killed on 23.09.2011 next to Kiryat Arba, Hebron district, by stone throwing. Additional information : Killed after the vehicle he was riding in was hit by thrown stones

            Vous avez dit barbarie ? Et je ne parle pas de ceux égorgés dans leur lit.

        2 autres commentaires
      • patoche999
        patoche999 répond à Tariq
        professeur de guitare
        • Posté à 14h36 le 07/06/2012
        • Expert 171862
          professeur de guitare

        L’engagement de l’Algérie était massif. Houlala.

      • patoche999
        patoche999 répond à Tariq
        professeur de guitare
        • Posté à 14h46 le 07/06/2012
        • Expert 171862
          professeur de guitare

        De toutes façon les Algériens n’aiment personne, à commencer par eux-même. Ce que pense l’Algérie, franchement, qui s’en préoccupe ?

         
        • Tariq
          Tariq répond à patoche999
          132 ans
          • Posté à 16h42 le 07/06/2012
          • 178211
            132 ans

          Les Algériens n’aiment pas ceux qui n’ont ni honneur, ni courage et surtout les Algériens n’ont de leçon à recevoir de personne, surtout pas de la part de ceux qui n’ont pas été fichu de gagner une guerre depuis Napoléon.

          • patoche999
            patoche999 répond à Tariq
            professeur de guitare
            • Posté à 18h14 le 07/06/2012
            • Expert 171862
              professeur de guitare

            Vous pouvez dire tout ce que vous voulez sur la France, mais votre pays est encore au moyen-âge. Quant à l’honneur, ça n’a jamais fait bouffer.
            Ah ces Algériens, quelles grandes gueules !

            • Tariq
              Tariq répond à patoche999
              132 ans
              • Posté à 22h06 le 07/06/2012
              • 178211
                132 ans

              « Ah ces Algériens, quelles grandes gueules »

              De la part d’un Français, c’est assez savoureux. Ca fait 50 ans, il s’agirait de tourner la page. Alors je sais bien que l’Algérie est un miroir dans lequel certains français ne lisent que le mot « défaite » et « humiliation » mais vous avez pardonné à plus fort que vous( Allemands et Anglais) alors vous pouvez bien pardonner à ceux qui vivent encore au moyen-âge, non ?

              • patoche999
                patoche999 répond à Tariq
                professeur de guitare
                • Posté à 13h33 le 08/06/2012
                • Expert 171862
                  professeur de guitare

                Je ne demande pardon à personne.
                Quant à vos raccourcis historiques, franchement ils n’engagent que vous.

        4 autres commentaires
  • Omar Chewel
    • Posté à 19h03 le 07/06/2012
    • Internaute 64497
      Ens

    La Tribune (Algérie) 04 juin 2012
    Sansal, kippa et prix Nobel
    De retour de son voyage à Jérusalem, « ville chargée d’Histoire, cité céleste qui abrite les trois lieux saints de la Cité éternelle », l’écrivain algérien Boualem Sansal en est revenu « riche et heureux ». Il l’a dit lui-même dans une lettre à ses lecteurs dans le HuffingtonPost France, dirigé par Anne Sinclair-Strauss-Khan. Il s’en est également expliqué dans le journal en ligne Dernières Nouvelles d’Algérie. Il dit notamment que « quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise et quoi qu’il écrive, il dérange ». Ecrire, c’est son bonheur intellectuel et sa prospérité personnelle. Faire, c’est son absolue liberté. Dire, cela dépend de ce qu’on dit, et c’est peut-être même son devoir d’écrivain que de dire. Un écrivain, comme il le dit lui-même à DNA, dans un ancien bureau parisien d’Albert Camus chez Gallimard, « n’est pas seulement un homme qui écrit des livres ; il est aussi un personnage dont la parole compte, pèse. » Déranger, mon dieu, c’est le lot de tous les écrivains emblématiques. Le fait même de déranger est la meilleure distinction littéraire qui soit. La plus belle reconnaissance du talent. Et, surtout, la traduction la plus juste de l’esprit de liberté dont un écrivain puisse faire preuve. Aller en Israël n’était pas en soi un geste héroïque. D’autres Algériens, d’autres Arabes et d’autres musulmans, pour des motifs différents s’y sont déjà rendus. D’autres suivront, pour d’autres motifs. Le propos n’est donc pas de discuter de ce qui relève de la liberté, du libre-arbitre, de la dignité et de la conscience d’un homme ou d’une femme. A fortiori d’un écrivain de renom ou d’un homme de symboles. Boualem Sansal est un homme de lettres et un Algérien symbolique, pas comme les autres. C’est cette dimension que ses interlocuteurs israéliens ont saisie dès la lecture en 2008 de son roman « Le Village de l’Allemand ». Livre symbolique comblant d’aise Juifs non Israéliens et Israéliens juifs, tel l’écrivain et historien Serge Klarsfeld, « chasseur de Nazis », qui a fait traduire devant un tribunal Klaus Barbie. Il était donc entendu, et Boualem Sansal l’admet lui-même, que les invitations à visiter Jérusalem « où il y a de l’irréalité dans l’air », allait lui être lancées, depuis 2008. Encore une fois, la question n’est donc pas dans ce que M. Sansal devait faire, écrire ou dire. Elle réside dans ce que l’homme des symboles qu’il est, « dont la parole compte (et) pèse », n’a pas voulu ou pu dire en Israël, sur le sort du peuple palestinien. A ce sujet, l’écrivain s’insurge contre « certains » de ses compatriotes qui « veulent être plus palestiniens que les Palestiniens. » En fustigeant ce qu’il perçoit comme un excès de palestinianité, il prend donc le risque inverse, celui de dédouaner l’Etat hébreu de toute responsabilité.
    De responsabilité directe dans le drame d’éparpillement, cet Exodus en sens inverse, vécu par le peuple palestinien depuis 1948, sur sa propre terre et dans l’exil extérieur. On en juge notamment par sa foi sincère dans le fait que « si le conflit israélo-palestinien tarde à être réglé, c’est parce qu’il y a une surexploitation de ce conflit par des Arabes, des Européens, des Américains. » A aucun instant, ce n’est le fait de l’Etat d’Israël, Etat sioniste et confessionnel, qui a cantonné une partie du peuple palestinien dans des confettis territoriaux. Espaces d’exclusion, de réclusion et de confinement qui sont de réels ghettos et de véritables cloaques. Pourtant, à plusieurs reprises, le romancier algérien dit toute son admiration pour cette plume de courage intellectuel et de dignité morale qu’est l’écrivain israélien
    David Grossmann, rencontré dans la capitale du « pays du lait et du miel » tombés du Ciel. Partageant cette admiration, on s’est mis alors à rêver de voir l’auteur du « Serment des barbares », citer, à Jérusalem même, « Le Vent jaune ». L’Algérien a sans doute lu cette
    première œuvre de son confrère israélien qui parle si bien et si juste des souffrances récurrentes infligées au peuple palestinien par l’occupation israélienne. Boualem Sansal se souvient certainement que « Le Vent jaune » a valu à son auteur l’accusation de trahison, formulée par le Premier ministre Yitzhak Shamir, faucon du Likoud et historique de l’Irgoun et du Lehi (groupe Stern), escadrons de la mort sionistes. A Jérusalem, Boualem Sansal n’a pas parlé, en public, du droit inaliénable des Palestiniens à vivres libres et dignes. Dans un Etat viable, avec des frontières sûres, reconnues et respectées. Dans un territoire non discontinu comme le sont aujourd’hui les Territoires autonomes, qui ressemblent tant à une peau de léopard. A Jérusalem et à Paris, M. Sansal a manié les symboles. Mais, à aucun moment, n’a évoqué les Palestiniens. Sauf à regretter l’absence de confrères de plume des Territoires ou de la diaspora qui n’ont pas été invités à la même table par ses interlocuteurs israéliens. Sauf, également, à évoquer par le truchement d’une incise, le Hamas palestinien qui, tel Dracula, se sucrerait sur le dos de son peuple « dans le huis-clos obscur du blocus israélien. » A Jérusalem, il n’a rien dit qui relèverait de la force des symboles au bénéfice des Palestiniens. Il a, en revanche, de son plein gré, mis la kippa devant le Kotel, le Mur des Lamentations. Ce couvre-chef n’est pas un simple bout d’étoffe. C’est un « dôme », de l’araméen « yira malka », c’est-à-dire la « crainte de Dieu ». Cette calotte est l’un des symboles les plus forts du judaïsme. Avec la ménorah, le chandelier à sept branches, qui rappelle celui que Moïse fit placer dans le Tabernacle, tente qui servit de temple dans le désert pendant l’exode des Hébreux. Et avec aussi l’étoile de David, qui symbolise à la fois les six jours de la Création et l’annonce de la venue du messie de lignée davidique. A Jérusalem, Boualem Sansal a mis la kippa, signe cabalistique annonciateur d’offrandes littéraires divines à venir. Et, parions à ce sujet un Shekel, une gratification nommée Goncourt ou appelée Nobel.
    Noureddine Khelassi