Tribune 03/06/2012 à 09h44

Damien Hirst à la Tate Modern : « vanité » de l’art contemporain

Olivier Amiel | Avocat

Si une image devait suffire à représenter la carrière de Damien Hirst actuellement exposé à la Tate Modern de Londres (jusqu’au 9 septembre), ce serait cette photographie de l’artiste hilare aux côtés de la tête d’un cadavre dans un laboratoire d’anatomie de l’université de Leeds (« With dead head », 1991) présente dans la salle des premières œuvres avec également la toile qui préfigure sa longue série de pois multicolores (« Spot painting », 1986).

Hooligan façon Benny Hill

Tout est dit sur ce cliché de la carrière à venir d’Hirst : provocation crasse et esprit potache très britanniques, ou un mélange d’un Hooligan et de Benny Hill… Cette dernière référence n’est pas si osée quand on revoit les travaux vidéos présentés à la Tate, notamment le clip qu’il a réalisé pour le groupe de rock Blur (« Country House », 1995) qui comporte une poursuite burlesque finale en hommage évident à l’humoriste anglais.

Le clip de « Country House » de Blur


Damien Hirst devant « The physical impossibility of death in the mind of someone living », Tate Modern de Londres, le 2 avril 2012 (Carl Court/AFP)

Si cette exposition a bien un mérite, c’est de retranscrire parfaitement le malaise ressenti dans la plupart des œuvres provocantes de l’artiste qui ont fait sa renommée :

  • une tête de vache découpée et ensanglantée – réelle – avec des mouches qui grouillent tout autour – réelles aussi (« A thousand years »,1990) ;
  • des animaux conservés dans du formol, comme le très célèbre requin (« The physical impossibility of death in the mind of someone living », 1991),
  • les divers alignements de médicaments, de papillons, de cigarettes sur des étagères miroirs…

Gros canular ?

Toutes les explications « fumeuses » sur les œuvres de l’artiste qui serait – à en croire les critiques – obnubilé par la question de la mort, ne suffisent pas à faire disparaître la désagréable impression d’être victime d’un gros canular. Un peu comme si Boronali, auteur quadrupède du « Coucher de soleil sur l’Adriatique », n’avait jamais été démasqué…

Cette nouvelle farce a pu fonctionner grâce à l’aide bienveillante de milliardaires et d’institutions publiques terrifiés à l’idée de passer à côté de l’histoire de la création contemporaine, à l’image de leurs prédécesseurs vis-à-vis de l’art moderne au début du XXe siècle et qui, du coup, se jettent sur tout ce qui fait du « bruit » et de la « fureur ».

La mécanique de la gloire

Pire, il s’agit bien souvent du résultat d’une simple spéculation financière. En effet, une fois enclenchée, la mécanique tourne comme un cercle vicieux :

  • l’artiste provoque gratuitement (pour rire ?) ;
  • une poignée de financiers choisit son poulain dont elle achète les premières œuvres et dont elle promeut l’image,
  • la cote monte,
  • le grand public suit,
  • la cote continue de monter,
  • l’artiste ne rit plus du tout quand il nous assène de justifications très sérieuses de son art et finance lui-même l’institution muséale qui monte une exposition « événement » à sa gloire, la cote finit de monter, la poignée de financiers a bien réussi son opération…

Le coup fonctionne très bien : il faut voir cette foule étonnamment familiale qui attend patiemment pour traverser le corps d’une vache scié en deux ( « Mother and child divided », 1993) ou pénétrer dans une salle remplie de vrais papillons ( « In and out for love », 1991).

« Découvert » ou plutôt « branded » par le publicitaire-galeriste anglais Charles Saatchi, Damien Hirst est ainsi devenu un artiste inabordable, réservé à quelques collectionneurs assez riches, et en même temps une icône populaire.

De simples produits financiers

Certains observateurs relativisent la modernité de cette fable économico-artistique, rappelant que finalement beaucoup d’artistes dans l’Histoire ont eu un lien privilégié et parfois ambigu avec l’argent.

Certes, mais la comparaison est disproportionnée car la dérive du mécénat généreux d’un prince, les ateliers classiques qui formaient de nouvelles générations d’artistes, ou l’apport de collectionneurs comme Ambroise Vollard, Paul Durand-Ruel, Ivan Morozov ou Serguei Chtchoukine, ne peuvent pas être honnêtement et sincèrement comparés à cette transformation contemporaine de l’art en simple produit financier, aux « usines » à produits dérivés dirigées par des artistes comme Murakami, ou à l’inanité de l’apport actuel de personnages plus spéculateurs que collectionneurs.

« Barnumization » de l’art

Dans ce sens, Marc Fumaroli parle de « Barnumization » de la conception dominante de l’art, du divertissement et des loisirs dans nos sociétés modernes… la perte de l’otium pour l’utilitarisme à tout crin, la théorie du « Transfert de l’Empire » (Peter Sloterdijk) entre l’Europe et les Etats-Unis appliquée à la culture. Observateur avisé de cette évolution, l’Académicien français regrette la perte de sens dans l’art contemporain :

« Les enjeux financiers énormes de ces brillantes fumisteries ne prêtent pas à sourire. Autant dire que le marketing et l’art, l’empaquetage et l’empaqueté, en sont venus à se confondre. » (« Paris-New York et retour », éd. Fayard, 2009)

Ce qu’en pensent Buren, Houellebecq

Interrogé par Le Monde à l’occasion de son exposition actuelle au Grand Palais, Daniel Buren rappelle une caractéristique propre à cette nouvelle génération d’artistes contemporains dont fait partie Hirst :

« Dans les années 80, tout s’est retourné. Les jeunes artistes se sont dit : “ Si, dans trois ans, je ne vis pas de mon œuvre, je retourne à la banque !” Ce qui nous a le plus étonnés, nous les anciens, c’est qu’ils y sont arrivés… Il y a ainsi des choses sur lesquelles je me suis bien trompé : jamais je n’aurais imaginé que le cynisme puisse être d’une telle force. »

Dans son dernier roman, Michel Houellebecq se moquait gentiment de ce même milieu dominé par un certain affairisme, avec un personnage qui devient un artiste célèbre en photographiant des cartes Michelin et dont la dernière œuvre picturale restée inachevée devait se nommer « Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art » (« La Carte et le territoire », éd. Flammarion, 2010).

Le face à face est bien trouvé avec Damien Hirst dont la vente aux enchères se passant historiquement de l’intermédiaire de galeristes en septembre 2008 est enseignée aujourd’hui dans les business schools du monde entier, et un Jeff Koons longtemps trader de matières premières à Wall Street.

« For the love of gold »


T-Shirts à l’effigie de « For the love of gold » de Damien Hirst (Olivier Amiel)

Si une image devait enfin représenter le cynisme de l’exposition consacrée à Damien Hirst, ce serait celle de l’installation dans la profonde ancienne salle des turbines, où la Tate Modern a prévu une animation gratuite pour les visiteurs : pouvoir contempler le fameux crâne serti de diamants ( « For the love of gold », 2007), a priori invendable, donc inestimable, mais pourtant « acheté » 50 millions de livres par un mystérieux consortium auquel on apprendra plus tard qu’Hirst appartient lui-même...

Une mise en scène gothique et grandiloquente en guise de « produit d’appel » avec une file d’attente plus importante que devant « La Joconde » et comprenant un stand de souvenirs à la sortie qui fait partie du réseau de boutiques dont l’artiste est l’heureux propriétaire : « Vanité des vanités, tout est vanité »…

  • 21755 visites
  • 51 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • clouscard
    • Posté à 09h56 le 03/06/2012
    • Internaute 170162

    L’art contemporain c’est comme la finance spéculative mondialisée. De la merde, sans vrai travail produit. De l’art pour les gens qui s’ennuient tout en profitant des autres. Ils me font rire avec leurs « machines à caca » et autres vaches coupées en deux.

    • A déménagé le 23-08-2012 1
      • Posté à 10h30 le 03/06/2012
      • Internaute 171874
        non connue

      Même si votre constat est assez valable pour des gens comme Hirst ou Koons, vous généralisez beaucoup trop. Je ne supporte pas non plus les experts du marché de l’art, les commissaires d’exposition, les responsables publics de la culture, les organisateurs de vernissage (et les vernissages aussi d’ailleurs). Pour autant, il y a beaucoup d’artistes contemporains, jeunes ou moins jeunes, qui ne profitent de rien du tout, et qui veulent réellement transmettre quelque chose (je le sais, j’en connais - et je sais aussi que c’est pas un argument, mais bon, puisque c’est vrai). Certains d’entre eux ressentent même un vrai désarroi face au marché de l’art et aux foires d’art contemporain.
      Quand au « vrai travail », ça n’est nullement un critère pour apprécier une oeuvre d’art, et ce depuis longtemps. Ne vante-t-on pas la facilité, l’aisance et la rapidité de Stendhal ou Picasso ? Et de toute façon, tout univers mental nécessite un peu de bonne volonté pour pouvoir être pénétré. Qu’auriez-vous dit en pénétrant dans la galerie de peinture d’un duc en 1750 ? Que c’était de la « merde » produite par des gens qui s’ennuient pour des gens qui profitent des autres ? C’est pas tout à fait faux, mais reconnaissons que c’est un peu péremptoire.

    • lonesome
      lonesome répond à clouscard
      un parmi tant d'autres
      • Posté à 12h34 le 03/06/2012
      • Internaute 165032
        un parmi tant d'autres

      Vous généralisez à partir de votre méconnaissance et d’un article avec un seul point de vue biaisé (l’artiste cynique acoquiné avec le trader...)
      L’art bien sûr est une valeur marchande et ce depuis qu’on a des traces comptables de son échange. Un livre récent le raconte très bien : Lien
      Une analyse récente démontre que Van Gogh et son frère (tout deux un moment associés comme marchand d’art) ont volontairement attendu le succès pour vendre les toiles de Vincent Van Gogh Lien
      Après retreindre sa compréhension de l’art en général et contemporain en particulier au simple registre de l’argent...

      • Lendroitvautlenvers
        Lendroitvautlenvers répond à lonesome
        lucide
        • Posté à 17h06 le 03/06/2012
        • Internaute 149146
          lucide

        Une analyse récente démontre que Van Gogh et son frère (tout deux un moment associés comme marchand d’art) ont volontairement attendu le succès pour vendre les toiles de Vincent Van Gogh. ...................................
        Désolé mais cela ne colle pas du tout votre phrase, il faut lire la correspondance chronologique de Vincent. Ils n’ont jamais été associés comme marchand d’art, vous avez lu ça où ? Ils ont travaillé toujours pour d’autres. Vincent n’a jamais vendu de toiles lorsqu’il travaillait à Paris avant son frère, pas plus que son frère n’a cherché à vendre la peinture de son frère, qui lui a fait après carrière chez Goupil et cela jusqu’à sa mort. Le succès de la vente des toiles ne s’est fait que post mortem, y compris après la mort de Théo. Pour le bouquin de Florence de Mèredieu elle extrapole.

         
        • lonesome
          lonesome répond à Lendroitvautlenvers
          un parmi tant d'autres
          • Posté à 07h35 le 04/06/2012
          • Internaute 165032
            un parmi tant d'autres

          Elle extrapole selon vous mais à partir d’une lecture minutieuse de la correspondance ; à ce titre là on peut tout autant dire que vivianne forrester extrapole aussi à la lecture des lettres tout comme antonin artaud.
          Ce qui me semble important c’est déjà de relativiser l’image d’un van gogh comme artiste maudit et « suicidé de la société ».

          • Lendroitvautlenvers
            Lendroitvautlenvers répond à lonesome
            lucide
            • Posté à 13h49 le 04/06/2012
            • Internaute 149146
              lucide

            selon vous...... Oui selon moi puisque je vous ai dit que vous ne trouverez pas dans toute la correspondance de Vincent Van Gogh ce que vous avez affirmé, et c’est la raison pour laquelle, vous n’avez pas répondu.

            ..............................Ce qui me semble important c’est déjà de relativiser l’image d’un van gogh comme artiste maudit et « suicidé de la société ».
            C’est qui, qui ne relativise pas ?
            Ce qui est important c’est de ne pas se fier aux tiers personnes mais aux intéressés, surtout lorsque cela repose sur des supputations mensongères, formes de ragots même dans les biographes surtout avec les morts....
            La correspondance de Van Gogh suffit à elle même pour savoir. Tout comme avec Baudelaire, je n’ai pas besoin de biographes avant, pour savoir ce que je dois penser de lui, sa correspondance m’a suffit pour savoir que les mensonges colportés dans diverses biographies ne sont que langues de vipères par intérêts sociétal. Et si les gens se fient sur les biographes comme à des concierges sur un tel ou un tel, tant pis pour eux.

            Donc je vous le redis.............Une analyse récente démontre que Van Gogh et son frère (tout deux un moment associés comme marchand d’art) ont volontairement attendu le succès pour vendre les toiles de Vincent Van Gogh................. c’est FAUX !

        2 autres commentaires
  • inspecteur crouton
    • Posté à 10h33 le 03/06/2012
    • Internaute 118828
      modéré

    De l’arnaque pure, ce truc de Damien Hirst.

    Tout comme ce soi disant lever de soleil peint à coups de chiures de mouche multicolores.

    • aimable
      aimable répond à inspecteur crouton
      plasticien
      • Posté à 22h27 le 03/06/2012
      • Internaute 70198
        plasticien

      Il est évident que Damien Hirst soit de l’arnaque pure quant on a pas encore digéré « Impression, soleil levant “ de Monet ( peint quand même en 1872 ) qui selon l’inspecteur Crouton (pour un peu j’écrivais ‘ vieux crouton’) semble être un sous produit .
      A mon avis inspecteur, à l’heure qu’il est vous devez encore en être au paléolithique inférieur.

  • malvinodette
    malvinodette
    Debarassée des Obligations (...)
    • Posté à 10h52 le 03/06/2012
    • Expert 163517
      Debarassée des Obligations (...)

    L’art ne se réfléchit pas, ne se pense pas, il se ressent.
    Alors, tout ce qui est du domaine du ressenti peut se discuter à l’infini...
    Le problème c’est que les financiers y ont mis le nez, ce qui a sans doute dénaturé beaucoup de choses !

    • Pas tripette.
      Pas tripette. répond à malvinodette
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.
      • Posté à 11h11 le 03/06/2012
      • Internaute 117974
        Si j'aurais su, j'aurais po lu.

      L’art ne se réfléchit pas, ne se pense pas, il se ressent.
      Le potage aux vermicelles aussi.

    • JDC2
      JDC2 répond à malvinodette
      Ingénieur
      • Posté à 11h16 le 03/06/2012
      • Internaute 122471
        Ingénieur

      Entièrement d’accord ! ! Je possède quelques œuvres contemporaines (sculpture, peinture) et à chaque fois il s’agit d’un coup de cœur, tout de même réfléchi. Une galerie à Bercelone, où je suis passé pendant une semaine de vacances un grand nombre de fois pour être sûr de mon choix, une sculpture d’un artiste africain dans une galerie de Gouda aux Pays-Bas... Dans la seule idée de me faire plaisir, sans esprit d’investissement, de cote ou de revente.

    • A déménagé le 23-08-2012 1
      • Posté à 11h49 le 03/06/2012
      • Internaute 171874
        non connue

      « Même la jouissance esthétique est à la fois jugement et sentiment. Et vous me permettrez non seulement de rappeler, après ce grand axiome emprunté à Kant, que celui-ci parle d’une capacité de jugement esthétique et de jugement de goût, mais encore de répéter l’antinomie à laquelle il aboutit ainsi :
      Thèse : Le jugement de goût ne se fonde pas sur des concepts, car, sinon, l’on en pourrait discuter (trancher par la preuve).
      Antithèse : Il se fonde sur des concepts, sinon, l’on ne pourrait même pas en discuter (chercher une unanimité). »
      Robert Musil.

      Et sans vouloir faire le malin, les artistes d’il y a deux siècles avaient déjà affaire à des gens d’argent : les galeristes. En France, le noeud du « problème » est peut-être ailleurs : Lien

    • HSEHNAMAP
      HSEHNAMAP répond à malvinodette
      Votre commentaire a été (...)
      • Posté à 11h50 le 03/06/2012
      • Internaute 132226
        Votre commentaire a été (...)

      Ça c’est des conneries. L’art est la mise en ordre du ressentit.
      C’est savoir mettre en ordre l’invisible pour le rendre accessible aux autres.
      Un type qui n’est pas capable de mise en ordre (un type qui ne sait pas sculpter mais qui vend des sculptures par exemple) n’est pas un artiste, ce n’est tout au plus qu’un directeur artistique, un fumiste quoi.

      • Nain Glumeux
        Nain Glumeux répond à HSEHNAMAP
        Nalyseur de proximité.
        • Posté à 19h05 le 03/06/2012
        • Internaute 148099
          Nalyseur de proximité.

        Ça c’est des conneries.

        Oui mais non.
        Oui lorsqu’on veut faire avaler aux gogos qu’un requin empaillé dans du formol est de l’art. Il n’est pas dans l’intérêt de « l’artiste » que le gogo, enfin je veux dire l’esthète amateur d’art, se pose beaucoup de questions. Il vaut mieux alors qu’il « ressente » et surtout s’arrête là.

        Mais non. Perso je suis incapable d’expliquer pourquoi le « Port de mer soleil couchant » de Claude Le Lorrain, les Cellos de Bach, l’intro de « Hey Joe » d’Hendrix ou la cornemuse (sisi), me mettent les poils des bras au garde-à-vous.
        Je ressens et ça me suffit, car avec la théorisation vient le recul qui signe la fin de la magie. Pour moi du moins.

         
        • Lictor
          Lictor répond à Nain Glumeux
          informaticien
          • Posté à 19h59 le 03/06/2012
          • Internaute 68450
            informaticien

          Oui, mais votre absence de théorisation en tant que spectateur, qui peut effectivement être une démarche saine, n’implique pas la symétrie ! En art, produire de l’« émotion brute » demande énormément de technique et de travail en amont.
          C’est encore plus sensible dans le spectacle vivant. Ainsi, une chorégraphie qui va vous prendre à la gorge pendant 1h30 et vous mettre face à un flot d’émotions brutes aura demandé des mois de répétitions à des danseurs qui auront des années de travail dans leur corps et à un chorégraphe qui aura pensé le moindre mouvement, la moindre hésitation de ses danseurs. Ce travail qui pour le spectateur peut être de l’émotion brute aura demandé tout un travail théorique à ses concepteurs.

          Accessoirement, on peut également faire de l’art sensible avec des cadavres. Par exemple, les photos de Witkins m’émeuvent toujours autant à chaque fois que je les regarde.

          • Nain Glumeux
            Nain Glumeux répond à Lictor
            Nalyseur de proximité.
            • Posté à 20h18 le 03/06/2012
            • Internaute 148099
              Nalyseur de proximité.

            En art, produire de l’« émotion brute » demande énormément de technique et de travail en amont.

            Ah mais je ne le nie pas. Cela ne demande pas que de la technique et du travail, qui ne sont que des corollaires du talent.
            Cela nécessite avant tout énormément de talent.
            Du génie parfois.

            Et ce génie avec tout ce qu’il induit de travail ou de douleur, je les sais présents derrière la musique de l’un, le thêatre de l’autre ou la peinture d’un autre.
            Je disais juste que je n’avais pas envie de théoriser l’émotion que je ressens devant certaines oeuvres.
            Pour moi tenter de le faire c’est en extraire la magie et les rendre triviales.
            C’est un ressenti personnel, mais chacun a, et fort heureusement, sa perception ou conception de l’art.

          • lonesome
            lonesome répond à Lictor
            un parmi tant d'autres
            • Posté à 07h44 le 04/06/2012
            • Internaute 165032
              un parmi tant d'autres

            Oui et non, l’artiste solitaire et démiurge est une invention assez récente dans l’histoire de l’art ; rodin par exemple ne taillait jamais ses grands marbres mais le faisait faire par les meilleurs sculpteurs de son atelier ou payant des artisans pour réaliser ces grandes pièces.

        • HSEHNAMAP
          HSEHNAMAP répond à Nain Glumeux
          Votre commentaire a été (...)
          • Posté à 21h49 le 03/06/2012
          • Internaute 132226
            Votre commentaire a été (...)

          Le rapport entre Le Lorrain, Bach, Hendrix, et un joueur de cornemuse ? C’est évident, ils maitrisent ce qu’ils font, ce sont des maîtres.
          Pas besoin de théoriser pour comprendre ça, ni pour comprendre que ce n’est bien évidemment le cas ni de Hirst ni de Koons, qui se contentent de passer des commandes à des sous-traitants.
          L’absence de maîtrise est pour moi disqualificative.
          Il y a des artistes qui ne me procurent strictement aucune émotion, pour lesquels je n’éprouve aucun intérêt, mais que je tiens pourtant pour artiste car je vois bien qu’ils ont la maîtrise de leur travail, de la mise en œuvre de leurs idées.
          « For the love of gold », franchement j’aime bien, je trouve ça beau, ça me plaît, mais je ne considère pas cette pièce comme une œuvre d’art car l’idée qui l’a fait naître et la maîtrise qui l’a rendu possible sont trop déconnectées l’une de l’autre.

          • lonesome
            lonesome répond à HSEHNAMAP
            un parmi tant d'autres
            • Posté à 07h47 le 04/06/2012
            • Internaute 165032
              un parmi tant d'autres

            La technique est une supercherie des médiocres pour faire croire en leur supériorité. L’’artiste solitaire et démiurge est une invention assez récente dans l’histoire de l’art, Rodin mauvais tailleur de pierre à ses yeux faisait travailler ses marbres par des artisans pour en retirer la perfection ; sans parler des ateliers de la Renaissance dont les spécialistes ont du mal aujourd’hui à distinguer parfois qui à fait quoi du maitre ou de l’apprenti.

            • HSEHNAMAP
              HSEHNAMAP répond à lonesome
              Votre commentaire a été (...)
              • Posté à 10h47 le 04/06/2012
              • Internaute 132226
                Votre commentaire a été (...)

              Argument habituel et un peu moyen...
              Le Lorrain, Bach et Hendrix, on peut peut-être trouver mieux comme médiocres... À noter par ailleurs que je ne confonds pas artiste et artisan.
              Rodin savait sculpter et les maîtres de la renaissance savaient peindre. Demandez à Hirst ou à Koons de réaliser seuls une œuvre, même techniquement imparfaite, et on va bien se marrer.

              « L’’artiste solitaire et démiurge est une invention assez récente dans l’histoire de l’art »
              Je ne vois pas de quoi vous parlez, les artistes d’aujourd’hui sont tous entourés d’une armée d’assistants et ne s’en cachent pas, d’ailleurs vous parlez de « Maître » et « d’apprenti », termes intéressants car aujourd’hui les « apprentis » s’appellent « assistants », ainsi donc, comment doit-on à présent appeler les « maîtres » d’après cette nouvelle terminologie ?

        6 autres commentaires
    • Nain Glumeux
      Nain Glumeux répond à malvinodette
      Nalyseur de proximité.
      • Posté à 18h47 le 03/06/2012
      • Internaute 148099
        Nalyseur de proximité.

      L’art ne se réfléchit pas, ne se pense pas, il se ressent.

      Tout à fait vrai, mais j’avoue avoir beaucoup mal à ressentir quoi que ce soit devant un requin empaillé.
      A part peut-être une petite faim, par association d’idées avec des croquettes de poisson surgelées.

      • Lictor
        Lictor répond à Nain Glumeux
        informaticien
        • Posté à 20h00 le 03/06/2012
        • Internaute 68450
          informaticien

        Pourtant, il y a des gens qui vont à la galerie de l’évolution du Jardin des Plantes et qui, à la vue des animaux empaillés, se retrouvent projetés dans un imaginaire riche en émotions et en rêves d’enfance...

         
        • Nain Glumeux
          Nain Glumeux répond à Lictor
          Nalyseur de proximité.
          • Posté à 20h07 le 03/06/2012
          • Internaute 148099
            Nalyseur de proximité.

          Il s’agit de tout autre chose, les animaux empaillés du Jardin des Plantes stimulent mon imaginaire aussi, mais ils ne sont pas présentés comme des oeuvres d’art.
          Après on peut discuter des heures si elles n’en sont pas de facto mais c’est un autre débat.

        1 autres commentaires
  • Antonin Leguar
    • Posté à 15h03 le 03/06/2012
    • Internaute 4883

    Je suis surpris que Rue 89 publie des articles lepénistes ... mais il est vrai que la médiocrité intellectuelle est une des principales caractéristiques de ce site.

  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 15h31 le 03/06/2012
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    Rhââ, mais ça sert à quoi de balancer un énième article pour dire que Hirst est un biznessman ? A part obtenir un énième commentaire qui dit que l’art contemporain c’est de la merde. On n’avance pas là.

  • cheng
    • Posté à 17h04 le 03/06/2012
    • Internaute 49135

    Vous parlez de « barnumization » de l’art, de « mécanique de la gloire », de « simples produits financiers », et pour appuyer votre pauvre démonstration éculée, vous faites appel à Daniel Buren et Michel Houellebecq. Autrement des dérivés directement concernés et glorifiés par ces notions.
    Ces « produits médiatiques » que vous associez à l’art contemporain ne sont pas nécessairement les plus questionneurs, les plus analystes, ni même les plus conscients de ce que l’art contemporain comporte de complexe aujourd’hui.

    Même citer Nicolas Bourriaud aurait été facile, pourtant vous en êtes très loin...
    Alors parlons de diplomatie avec BHL, de littérature avec Michel Onfray et d’art avec Michel Houellebecq, tout ira bien.

    • Spiripotain
      Spiripotain répond à cheng
      promeneur écoutant
      • Posté à 23h55 le 03/06/2012
      • Internaute 49037
        promeneur écoutant

      Oh non, pas Bourriaud !

  • Lalala
    Lalala
    humaine
    • Posté à 19h25 le 03/06/2012
    • Internaute 69457
      humaine

    Qu’est-ce qui différencie la photo de Damien Hirst (Damien Hirst, ’With dead head’, 1991) de la photo située au-dessus (anonyme, Afghanistan, 2010) ?

    Source 1 : http://www.latimes.com/news/nationworld/nation/la-na-afghan-photos-20120418,0,5032601.story.
    Source 2 : http://www.nationalgalleries.org/collection/artists-a-z/H/6043/artistName/Damien%20Hirst/recordId/75997.

    La réponse : « le Noir & Blanc argentique est naturellement beau et artistique » serait probablement ici un peu courte.

    • kirklazaruss
      kirklazaruss répond à Lalala
      • Posté à 21h42 le 03/06/2012
      • Internaute 128109

      La réponse est simplement qu’un militaire n’est pas un artiste.

      • Lalala
        Lalala répond à kirklazaruss
        humaine
        • Posté à 22h57 le 03/06/2012
        • Internaute 69457
          humaine

        C’est le premier argument qui vient en effet.
        Mais :
        1) d’où vient le terme « avant-garde » ?
        2) qu’est-ce qui différencie un militaire d’un artiste ? Beaucoup des artistes des avant-gardes du début du XXe ont été soldats pendant la Première Guerre mondiale. Cessaient-ils d’être artistes pendant leur enrôlement ?
        Votre réponse m’intéresse (je n’ai pas la réponse), c’est la première qui me vienne aussi à l’esprit. Pourtant...
        Est-ce suffisant ?
        Vous êtes catégorique, malheureusement vous ne développez pas votre raisonnement : le militaire n’a pas le droit de produire ce type d’images, l’artiste si. Comment le justifier vous ? Est-ce un principe a priori, un postulat ? Une réponse aussi courte m’incite à penser que vous tenez cette affirmation pour postulat de base n’ayant pas besoin d’être démontré (argument du type « Dieu est Tout Puissant » : c’est comme ça, ça n’a pas besoin d’être démontré, c’est une vérité transcendantale – révélée).

        La guerre n’est pas un art. Pourtant Da Vinci a pris part aux campagnes militaires de son temps et n’a cessé par suite de conceptualiser des machines de guerre. Qu’était-il ?

        A vue de nez, je dirais que l’argument suivant serait : le militaire « doit » faire passer son sens éthique avant son sens esthétique, tandis que l’artiste « doit » faire passer son sens esthétique avant son sens éthique (et ce serait en ça que militaires et artistes se différencieraient, non par leur nom / étiquette, mais par leurs fonctionnement différents). Seulement cela me semble un peu bancal comme raisonnement. Voire dangereux.

        Mais nous avons avancé : d’après ce que vous dites, ce ne sont pas les images qui diffèrent, mais les auteurs et les statuts des personnages dans l’image. Soit une différence purement symbolique, située dans la tête de celui qui regarde. C’est bien ça ? (Espérons que celui qui regarde soit éduqué comme nous, sinon ça risque de générer des problèmes).

        Imaginons alors que la seconde photo soit celle d’un soldat et ait été prise par un GI amateur de Noir et Blanc (ou un soldat de la Wehrmacht vers 1944, disons) ; et la première prise par... l’artiste Joel-Peter Witkin, qui aurait décidé de faire ses mises en scène en couleur cette fois, avec un appareil cheap et un cadrage un peu loose pour coller à l’esthétique contemporaine, et ce avec des figurants déguisés en militaires et policiers afghans [mais dans les deux cas, toujours avec de réels restes humains].
        Vos impératifs catégoriques seraient-ils toujours opérationnels ?

        Ce n’est pas une question piège : j’envie juste votre certitude. Du coup j’apprécierais de savoir sur quoi vous la fondez (comment à vos propres yeux vous la justifiez), de façon à tenter de reproduire votre raisonnement en moi-même.

         
        • kirklazaruss
          kirklazaruss répond à Lalala
          • Posté à 12h18 le 04/06/2012
          • Internaute 128109

          Ouha ! Apparemment la question vous turlupine. J’avoue avoir répondu à la va-vite. Ce que je voulais dire c’est que vous faites le rapprochement entre deux photos, qui sont certes figurativement assez proches, mais qui sont, de fait, on ne peut plus dissemblables. De la même manière qu’un portrait sur une pierre tombale n’a pas du tout la même signification et la même fonction qu’un portrait dans une galerie d’art. La différence n’est pas que symbolique, elle est aussi matérielle. Le contexte de la prise de la photo est différent ; l’énonciation de la photo est différente ; les conventions sont différentes ; de manière concrète les deux photos ne médiatisent pas la même chose. Par contre, rien n’interdit au militaire d’avoir un sens esthétique et donc de prendre une « bonne photo » ; peut être d’ailleurs que c’est le photographe du régiment qui a pris la photo, mais là encore cela ne change pas le fossé entre les deux photos. Pour le dire simplement, ce n’est pas le même monde et donc il n’y a pas les mêmes codes, règles, etc.
          Le problème du militaire c’est qu’il est aux ordres et qu’il représente une nation. Donc s’il fait une photo dans laquelle on voit des potes à lui torturer et jouer avec le cadavre de l’ennemi, ce n’est pas la photo qui saute aux yeux mais l’acte barbare. Je ne cherche pas à justifier le fait que l’artiste puisse faire tout et n’importe quoi, cela c’est encore un autre problème, mais ce qui est certain, c’est que l’on ne peut pas délégitimer la photo de Damien Hirst par le recours à la photo du militaire, tant les deux sont différents. Les images ne font pas sens, comme cela, symboliquement dans nos têtes, mais elles renvoient à des choses concrètes.

          • Lalala
            Lalala répond à kirklazaruss
            humaine
            • Posté à 22h52 le 06/06/2012
            • Internaute 69457
              humaine

            Oui la question me turlupine.

            Tout comme elle turlupine manifestement les millions de gens (journalistes inclus) ayant passionnément suivi les frasques d’Eric Newman, aka Luka Rocco Magnotta pour son nom de scène (bref rappel : il s’est illustré dans un snuff en forme de remake de Basic Instinct & autres ; soit une vidéo de meurtre sadique venant de faire le tour du monde, et vouée à traîner encore un certain temps sur le net, avec ses consœurs passées et à venir – les ados d’aujourd’hui ne risquent pas de la louper, celle-là).
            C’est à peu de choses près la même question (réalité / fiction / qui a le droit de faire quoi, de montrer quoi, comment, etc.).

            Je suis peut-être vieillotte, mais je préférerais que ce soit la photo de Hirst qui soit à même de susciter de tels débats, une telle attention, plutôt qu’un haussement d’épaule désintéressé, rehaussé d’un laconique « bah… c’est de l’Art quoi », donc ça n’a rien à voir, c’est Bien (puisque les mondes de l’art on validé..., c’est que c’est bon à consommer - et pour le bon à penser, on repassera).

            Ce n’est pas tant que je « préferais ». Disons plutôt que ce que la photo de Hirst échoue à faire dénote le fait que la majorité des gens ne comprenne pas grand chose aux images et à leurs statuts / fonctions logiques dans nos sociétés / cultures / civilisations poussiéreuses – c’est-à-dire vieilles et complexes.

            Si nous gérons notre rapport au réel par rapport à des catégories apprises par cœur et incomprises, c’est un problème.
            Ok, pour le contexte (à la Arthur Danto & co), mais encore faut-il comprendre le cheminement logique permettant de switcher d’un contexte à un autre (réussir à dissocier des contextes ayant pourtant la particularité d’être tous aussi médiatiques les uns que les autres – j’ai trouvé les deux sur Google Image) – l’automatisme n’est pas un procédé fiable ; comprendre c’est plus efficace.

            A lire les maigres commentaires, on peut s’étonner : le débat ne porte pas tant sur des œuvres particulières, singulières, que sur le statut de l’Art en général.
            Et plutôt que de susciter des débats autour de… nos rapports aux restes humains (tête, crânes, et autres) dans nos sociétés laïcs et matérialistes, par exemple [comment met-on à jour ce rapport ? ], on s’égare mollement dans un débat clairsemé et sénile à propos de l’Art et de l’Artiste/Auteur, en général. Les commentaires à propos du snuff cité plus haut étaient beaucoup plus passionnés, détaillés et travaillés, quant à savoir : fake ou pas ? Bon ou mauvais ? Meilleur que ’Saw’ ou non ? Meilleur que ’3*******’ ou pas ? [il y a des trucs qui n’ont pas besoin de pub. Je censure.] Les « djeun’s » s’intéressent plus à ce qui fait du buzz (ont-ils le choix ?). La tête de Hirst n’en fait que mollement : c’est de l’Art.

            Par contre, je constate que cette question de la différence entre des images violentes passionne énormément, profondément, complètement (au point de faire presqu’oublier la crise de l’Eurozone).
            Et je ne suis pas sure que cette photo de Hirst soit si banale, si légitime que cela.
            Même s’il y a une grosse étiquette « Art » collée dessus, qu’elle est dans un Grand Musée britannique, qu’elle vaut cher, très cher, et qu’elle est promue par un type dont la cote en tant qu’artiste est… vertigineuse.
            Anyway. On va pas refaire l’erreur médusée de Stockhausen. Mais si la photo de Hirst est tout ce qu’il y a de plus légitime, si elle n’a rien de transgressif, bah... allons chercher de l’encore plus illégitime et transgressif. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut aller très loin comme ça. La mauvaise c’est que le voyage peut s’avérer être des plus répugnants.

            Edit : Le « come back » aux sacrifices humains rituels et esthétiquement ritualisés pour apaiser les angoisses de la communauté, ça le fait moyen. Pourtant, dans la mesure où les œuvres telles que celle de Hirst ne sont pas capables de cristalliser attention et réflexion quant à ces mêmes questions (puisque c’est de l’Art), c’est la forme qui prend le relais.

        2 autres commentaires
    • A déménagé le 23-08-2012 1
      A déménagé le 23-08-2012 1 répond à Lalala
      non connue
      • Posté à 00h03 le 04/06/2012
      • Internaute 171874
        non connue

      La « réponse » : Hirst n’a abattu personne pour faire sa photo. Qui plus est, vous aurez remarqué qu’il met sa propre tête à côté de celle du cadavre, alors que les militaires tiennent les cadavres par les pieds, à l’envers, comme l’on tient des animaux abattus lors d’une chasse.
      L’image de Hirst est une sorte de vanité, qui invite à rire de la mort et de sa propre mort. L’image des militaires est un « triomphe », où les « vainqueurs » pavanent avec leurs trophées. Ça vous va comme différence ?

      • Pivar
        Pivar répond à A déménagé le 23-08-2012 1
        Pyropygiste
        • Posté à 14h36 le 04/06/2012
        • Internaute 160918
          Pyropygiste

        Donc, si les militaires s’étaient contentés de récupérer un cadavre qu’ils n’ont pas tué, qu’ils le mettent à l’endroit en proclamant : « eh les gars, c’est juste pour se marrer un peu de la mort et d’la nôtre hein ! » ce serait une œuvre d’art, c’est ça ?

         
        • A déménagé le 23-08-2012 1
          A déménagé le 23-08-2012 1 répond à Pivar
          non connue
          • Posté à 19h33 le 04/06/2012
          • Internaute 171874
            non connue

          En fait, vous n’avez pas vraiment lu ce que j’ai écrit sur la « mise en scène » des photos, donc je ne devrais pas vraiment vous répondre non plus (au passage, je me fiche que ce soit de l’art ou du cochon, je dis juste que ça n’est pas la même chose). Mais bon.

          Et puis, faire des images avec des cadavres, c’est pas une invention de Hirst non plus. Géricault ça vous dit quelque chose ?
          Si non, voici : Lien

        1 autres commentaires
  • kirklazaruss
    • Posté à 21h28 le 03/06/2012
    • Internaute 128109

    Bonjour,
    Dénoncer la financiarisation de l’art ne peut être qu’une bonne chose. Cependant, l’article s’amuse à traiter Damien Hirst d’imposteur sans véritablement s’intéresser à ce qu’il fait. Et quand je pense qu’une partie de « l’argumentation » consiste à faire parler Daniel Buren et Houellebecq, c’est assez stupéfiant, on dirait qu’on rejoue un match entre la France et l’Angleterre. Si ça se trouve, ils se retrouvent tous les deux ( Buren et Hirst) dans les mêmes soirées. Mais maintenant, s’il faut être violent et peu mesuré, mon imposteur est tout trouvé, ni Hirst ni Buren ni Houellebecq, mais Tim Burton.

    • supertoto
      supertoto répond à kirklazaruss
      post-doc expatrié
      • Posté à 00h44 le 04/06/2012
      • Internaute 100724
        post-doc expatrié

      « mon imposteur est tout trouvé, ni Hirst ni Buren ni Houellebecq, mais Tim Burton »

      Les quatre sont tous de bons candidats, mais c’est vrai que Tim Burton dans le genre « je vends mon atmosphère pseudo-gothique mais familiale quand même parce qu’il faut faire des pépètes » il mérite bien une petite palme. Mais quand même, le maître imposteur reste James Cameron.

      • kirklazaruss
        kirklazaruss répond à supertoto
        • Posté à 12h19 le 04/06/2012
        • Internaute 128109

        James Cameron ! je l’avais effectivement oublié celui là.

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 22h16 le 03/06/2012
    • Internaute 70198
      plasticien

    Que la pratique artistico financière de Hirst soit contestable, ok, idem pour Koons, Cattelan et Cie.
    Mais reste que ses » faiseurs », ou à l’inverse « génies » selon le camp dans lequel l’ on se place, artistes ou pas, mais surtout des individus qui par leur perception du monde contemporain attirent nos regards , nos rejets, nos miroirs,nos peurs, nos révoltes, nos fous rires aussi et dans tous les cas, c’est ticket gagnant . Enfin nous parlons des pratiques contemporaines, enfin nous vivons notre temps sans perpétuellement faire appel aux vieilles lunes genre , « avant c’était mieux “ . Alors oui merci Hirst, Koons et les autres.

    • supertoto
      supertoto répond à aimable
      post-doc expatrié
      • Posté à 00h48 le 04/06/2012
      • Internaute 100724
        post-doc expatrié

      Ah d’accord, c’est ça que vous devez répéter tous les jours pour vous faire embaucher ?

  • Commmodore78
    • Posté à 23h10 le 03/06/2012
    • Expert 104402

    Très bon article, ça fait plaisir ! par contre je ne suis pas sur que Buren soit un très bon choix pour un point de vue critique...
    Buren pourrait aussi etre un Hirst de style français, donc moins vulgaire mais tout aussi vide et vaniteux...

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 23h53 le 03/06/2012
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Inutile de taper sur l’art contemporain, il est comme celui de toutes les époques, l’exact reflet de la société. Bluff, spéculation, « barnumization », transgressions bidons, sélection sociale, rien de plus, rien de moins. Un artiste officiel aujourd’hui, c’est comme un trader. Ce qu’on peut lui reprocher, à cet art, c’est de se prétendre lucide.
    PS : quand je dis « art contemporain », je ne parle pas de la totalité de l’art produit aujourd’hui, heureusement plus varié, honnête dans l’ensemble et passionnant que cet art « contemporain ».

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 10h42 le 04/06/2012
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    Moi je mate la télé, c’est la même chose sans les mouches...

  • Matanapari
    Matanapari
    Woman inside
    • Posté à 10h53 le 04/06/2012
    • 182966
      Woman inside

    L’art n’est pas une marchandise, pour en faire il ne faut pas vouloir vendre, s’en foutre totalement.
    Tout art fait pour la vente n’est plus de l’art, l’artiste en perd le nord et fait de la merde.
    Alors c’est quoi l’art : un regard unique sur le monde. C’est le travail d’une vie, c’est une philosophie de vie, un travail constant qui n’accepte aucun compromis.

     :) ok je parle pour moi, j’emmerde les galeristes qui vendrait leur mère si ça pouvait leur rapporter des brouzouffes !
    Les bourgeois parlent aux bourgeois et ils se vendent des trucs, des fois c’est des croutes...il faut que ça fasse beau ou sensation dans leur salon.

    • DISASTROUS
      DISASTROUS répond à Matanapari
      artiste assez maladroit
      • Posté à 16h00 le 04/06/2012
      • Internaute 89589
        artiste assez maladroit

      « Tout art fait pour la vente n’est plus de l’art ». A vous lire, et pas que vous, l’artiste plasticien devrait vivre d’air et d’eau fraîche. Dans le cas contraire il s’agirait d’un voleur, d’un usurier, aussi crasseux (moralement) qu’un bankster de la pire espèce. En suivant votre paupérissime raisonnement de femme de ménage illettrée, les concerts aussi devraient être gratuits, les livres et même certains films et que sais-je d’autre, puisqu’oeuvres d’art. Pourtant vous trouvez celà normal de payer et pire, payer aussi le type qui vient déboucher vos chiottes et pareillement votre médecin. Comme si l’artiste n’avait pas à régler sa sécu, le loyer de son atelier et encore moins son matériel, lequel est très cher. Posseder une belle pièce est un plaisir de luxe, gratifiant, autant que, pour certains, de s’acheter une Porsche. Et alors ? Et pour tous, vous autant que moi, il y a, heureusement, les musées. Ces derniers rémunèrent les artistes et souvent grassement, sans pour autant n’exposer que de fourbes spéculateurs, auteurs de doûteuses supercheries . Sinon il reste TF1. Je dis ça pour vous rassurer.

      • Matanapari
        Matanapari répond à DISASTROUS
        Woman inside
        • Posté à 20h49 le 04/06/2012
        • 182966
          Woman inside

        C’est mon point de vue et je suis artiste. :) Donc j’assume complètement ma pensée sur le sujet. Dépendre du marché de l’art est une chaine, un boulet. Et je n’aime plus les musées non plus, lol, trop mort. Et je n’ai pas de télé non plus. Vous avez tout faux sur moi, mais y a pas mort d’homme, je garde mon sourire de femme (inside).

    • Lictor
      Lictor répond à Matanapari
      informaticien
      • Posté à 20h25 le 04/06/2012
      • Internaute 68450
        informaticien

      A vous entendre, il n’y a plus beaucoup d’art...

      Par exemple, impossible de faire de l’art avec du théâtre, du cinéma, de la musique ou toute autre forme d’art vivant qui ne se conçoit qu’avec un public, et donc dans une relation commerciale - y compris pour l’art vivant qui se dit gratuit et qui en fait de l’art payant payé par quelqu’un d’autre que le public.

      De même, vous excluez tous les arts populaires, comme la musique.

      Je ne parle même pas des arts appliqués comme le design, là, aucune chance...

      Même les arts premiers ne passeront pas votre grille, la déesse de la fertilité bricolé par le sorcier du village rentrant dans le cadre typique d’une prestation de service...

      • Matanapari
        Matanapari répond à Lictor
        Woman inside
        • Posté à 20h42 le 04/06/2012
        • 182966
          Woman inside

        Je sais que c’est compliqué et que mes idées peuvent choquer, ma position se place sur la marchandisation globale de notre société.

        Je suis pour le revenus universel, car il libère des marchés, des copinages. Le goût pour l’art n’est pas proportionnel avec la taille du porte feuille, je déplore cet état de fait : l’art pour les riches. Je préfère donner une œuvre à une personne de goût que vendre à un con.

        Le design c’est l’art de vendre des merdes en les rendant « jolies », il y a des exceptions, des designers qui ont une conscience et une vrai philosophie de vie mais ils sont très rares.

        Les artistes premiers étaient exsangue de vanité, ils ne signaient pas, ce sont les plus artistes d’entre nous, je tend vers cet accomplissement, le narcissisme n’ouvre pas sur le monde.

         
        • DISASTROUS
          DISASTROUS répond à Matanapari
          artiste assez maladroit
          • Posté à 22h31 le 04/06/2012
          • Internaute 89589
            artiste assez maladroit

          Vous devriez bien vous entendre avec les ayatollahs et autres barbus...
          PS on dit exempts de vanité ; exsangue signifie vidé de son sang, proche de la mort. Un peu comme vous.

          • Matanapari
            Matanapari répond à DISASTROUS
            Woman inside
            • Posté à 14h29 le 05/06/2012
            • 182966
              Woman inside

             :) je parlais de mon point de vue, dommage que vous ne sachiez pas bien lire tous les mots...si vous pensez que créer pour vendre c’est faire de l’art, ça vous regarde, je n’essaie pas de convaincre.

            exsangue : par extension dans ma phrase veut dire expurgé/nettoyé/vidé de sa vanité, c’est une image.

        2 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
Verbes thématiques