Tribune 29/05/2012 à 11h10

« Au secours, hurla-t-elle à voix basse » : écrire à l’eau de rose

par Didier D., écrivain


Mis à jour le mardi 29 mai 2012 à 15h05
A la demande de l'auteur, qui craint pour son emploi, nous avons anonymisé le nom de ce dernier ainsi que celui de l'éditeur, son employeur.


Des couvertures de livres à l’eau de rose

Voilà bientôt huit ans que je « rewrite » – que je récris si vous préférez – des romans pour une célèbre collection (que nous appellerons ici, pour ne pas nuire à son prestige en en dévoilant les dessous, « H. »), au rythme de trois par mois – deux petits (d’environ 150 pages) et un gros (entre 300 et 350 pages).

(Je préfère ne pas faire le calcul du nombre de pages rewritées en huit ans, ce serait effrayant. Quoique, pourquoi faire sa chochotte ? A peu près 60 000. SOIXANTE MILLE. Une vingtaine de « A la recherche du temps perdu ». Maman !)

L’ennemi du rewriter, c’est l’adverbe

Le plus terrible, on s’en doute, c’est les gros. On n’en voit pas la fin. D’autant que ce sont généralement des « historiques », c’est-à-dire que leur palpitante intrigue se passe dans l’Angleterre élisabéthaine, ou victorienne, ou encore au temps des Croisades ou de la conquête de l’Ouest, et qu’à ce titre, le style se veut « littéraire » (contrairement aux petits, contemporains, parlés, décontractés du gland), ambition dont l’effet le plus remarquable est l’emploi immodéré d’« assurément », d’« or donc », de « céans », d’« aussi », de « derechef ».

De toute façon, l’ennemi du rewriter, historique ou pas, c’est l’adverbe. Les traductions brutes de décoffrage qu’il reçoit en sont truffées comme une dinde de marrons. Ce sont des torrents de « cependant », « toutefois », « néanmoins », « alors ». Mais surtout des « mais ». Sur ces pages traduites à la truelle d’un anglais ou plutôt d’un américain indigent qui se devine sans peine à la brutalité des images et au sordide matérialisme des préoccupations, les mais pleuvent sans discontinuer.

Le rewriter les traque. Mais il lui faut veiller au grain : ne pas, en les supprimant, perdre trop de pages. Il y a un seuil à ne pas dépasser. Un « mais souvent » fait une ligne de plus. Mais il y a pire encore : les, comment dire ? Les « -t-il » et les « -t-elle ». Les « Pardon ? demanda-t-il » et les « Pardon, s’excusa-t-elle ». Ceux-là, le rewriter est tenté de les faire tous sauter...

La voix... blanche... de... frayeur

Les romans de H. sont donc constitués à 70% de dialogues – dont une bonne moitié se voudrait joute étincelante entre le héros et l’héroïne (rien n’est plus étonnant que la mention : « repartit-elle avec humour » ou « riposta-t-il ironiquement » après quelque consternante platitude) – et chaque réplique se voit nantie de son verbe d’expression et autres inutiles précisions, puisqu’on sait très bien qui parle et sur quel ton : l’auteur, et le traducteur, n’ont pas craint d’écrire :

« J’ai peur pour lui, s’inquiéta-t-elle avec angoisse d’une voix blanche de frayeur. »

Et le rewriter, lisant cela, hausse les épaules, soupire d’un air las, et fait ce pour quoi on le paye : il remplace le tout par « dit-elle d’une voix blanche » (ou, s’il peut se le permettre, par rien du tout) et passe à la redondance suivante. Exemple :

« Nerveuse, elle arpenta fébrilement, comme un lion en cage, le couloir sombre et obscur, tout en se disant en même temps à elle-même, silencieusement, dans l’intérieur de sa tête, d’essayer de tenter de calmer la fièvre de ses nerfs surexcités.

Sa gêne grandissante mettait le comble à son embarras, qui s’accroissait de minute en minute, plus fort et plus puissant à mesure que le temps passait. Puis, soudain, le choc surprenant de la révélation la fit se figer net sur place, subitement pétrifiée par la stupéfaction. »

Il n’y a pas grand-chose à comprendre mais dans la haute idée qu’on se fait de son public, on veut être sûr qu’il aura vraiment tout compris.

Certes, les lecteurs – ou plutôt les lectrices – de cette littérature auraient pour la plupart la touchante habitude de ne lire que deux pages, le soir, avant de s’écrouler, sans doute épuisées par l’effort (ou bien ne liraient qu’entre deux stations, dans le métro). Les éditions H., conscientes de ces pratiques, auraient pris soin de briefer leurs auteurs : récapitulez toutes les quinze lignes le nom des personnages, leur statut, leurs désirs, la couleur de leurs yeux, la clarté prime sur la lourdeur. Et de fait, c’est clair que c’est lourd...

Des yeux et un cœur qui font des prouesses

Pour exprimer leurs émotions, les héros de H. disposent de deux atouts précieux : leurs yeux. Ce ne sont pas des yeux comme ceux du commun des mortels.

Ils savent à l’occasion être indéchiffrables (vu leurs performances courantes, on dirait plutôt qu’ils sont en panne), mais la plupart du temps ils sont parcourus, traversés, hantés par une infinité de « lueurs » : ce sont moins des yeux que des ampoules, clignotant perpétuellement, et selon un rythme soutenu (on nous en donne des nouvelles toutes les trois lignes) au gré des sentiments de leurs possesseurs – lueurs de désir, d’étonnement, de colère, à chaque affect sa lueur, qu’est-ce qui n’a pas sa lueur ?

Sur le modèle des piscines de refroidissement des centrales nucléaires, des larmes viennent régulièrement éteindre ce Luna Park (on pleure pour un rien chez H, surtout les femmes évidemment) ; mais s’il paraît invraisemblable qu’à ce régime, nos personnages soient épargnés par l’ulcère cornéen ou la conjonctivite, que dire des prouesses de leurs cœurs ?

  • Ils s’affolent ;
  • ils bondissent ;
  • ils battent la chamade.

Toujours plus vite et toujours plus fort, pour un rien là aussi et même moins que rien, un être humain normal à la fin du deuxième chapitre nécessiterait déjà un pontage coronarien. Or non, les héros tiennent, vaillamment, jusqu’au bout, jusqu’à ce que leur regard « s’irradie » de bonheur, que la félicité fasse « exploser » leur cœur.

Et si ce n’étaient pas des hommes mais des machins bourrés de fils, d’électronique ? Regardez-le trente fois de suite se retourner mécaniquement, la main sur la poignée de la porte, pour jeter un dernier mot ; s’immobiliser, se figer face à l’inattendu et prendre le temps d’adapter sa réponse ; s’avancer, comme suivant un circuit imprimé, jusque devant quelque fenêtre, au moment des aveux, et parler, tiens tiens, d’une voix « monocorde ». Mais oui, ce sont des robots !

Non, ils ne sont pas écrits par des ordinateurs

Un mythe tenace veut que les romans H. soient conçus par ordinateur, tant ils répondent à un programme immuable. Or l’empilement, la concrétion, le suintement continu de stéréotypes à quoi ils se résument sont bel et bien – c’est à la fois rassurant et déprimant – d’origine artisanale.

Il faut une fantaisie et une fatigue tout humaines pour être aussi stupide. Un logiciel ne peut pas manquer à ce point de logique. Celle-ci se verra toujours sacrifiée au développement d’un cliché. Tant pis si le comportement du héros paraît absurde, l’essentiel est que la séquence tienne bien droite dans la glu d’un poncif, telle une cuiller dans du porridge.

Tant pis si cette nouvelle information contredit tout ce qui précède, l’auteur aura été entraîné (irrésistiblement) par le mouvement d’un lieu commun :

On verra ainsi des paralytiques, dans les moments d’angoisse, faire les cent pas comme lions en cage et Beth surprenant une de ces fameuses lueurs de désir dans le regard de Pete, tandis qu’elle tâtonne dans l’obscurité.

« Sa brève érection n’avait pas duré »

Les auteurs H. ne se relisent pas, c’est certain. On les comprend, du reste. C’est la course à l’abîme. Mais voyons les choses du bon côté : cela vaut quelques fous rires au rewriter consterné quand, nerveusement épuisé après douze heures de correction acharnée – car il ne se résout à travailler qu’au pied du mur, ne se résigne à replâtrer ces ruines que lorsqu’il ne peut pas faire autrement –, il tombe sur ces perles, garanties authentiques :

  • « La chaleur et l’humidité la poursuivaient partout sur l’île, même dans l’eau » ;
  • « Il la suivit dans l’escalier et le spectacle de sa poitrine lui coupa le souffle » ;
  • « Sa brève érection n’avait pas duré » ;
  • « Elle se sentit fondre entre ses bras comme une mousse au chocolat abandonnée au soleil » ;
  • « Elle s’était intéressée aux grottes et avait lu nombre d’articles à leur sujet. C’était des endroits frais, humides et pleins de boue » ;
  • « Elle n’avait qu’une envie : s’allonger sur son canapé avec un bon roman et un verre de vin blanc. Se détendre. Ne plus penser à rien. »
  • « Au secours, hurla-t-elle à voix basse dans le silence seulement troublé par le tic-tac du réveil digital. »

Lire l’intégralité du texte de Didier da Silva sur son blog, Les idées heureuses.

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  • beaulande
    beaulande
    Des nuées de sens
    • Posté à 11h22 le 29/05/2012
    • Internaute 115981
      Des nuées de sens

    Analysé de cette manière cela pourrait faire un sujet de bac littéraire.

    • Eskarina
      Eskarina répond à beaulande
      Faut voir
      • Posté à 14h27 le 29/05/2012
      • 173050
        Faut voir

      J’ai un excellent souvenir de lycée : avec le prof de français, on avait étudié, disséqué un texte de Delly (en plus, ils s’y mettent à deux, pour écrire ça !), et je dois dire qu’on avait bien rigolé. La preuve, 30 ans après, je m’en souviens encore ! Savoir décrypter la littérature de m... et surtout être capable de comprendre pourquoi c’en est, je trouve que ça fait partie de l’apprentissage du français et de la littérature.
      En tous cas, merci à Didier Da Silva pour cet article !

      • We want a shrubbery
        We want a shrubbery répond à Eskarina
        Fonctionnaire à chat. Ni!
        • Posté à 16h36 le 29/05/2012
        • Internaute 100046
          Fonctionnaire à chat. Ni!

        Ah les Delly... en effet ils s’y mettaient à deux, la soeur écrivait, le frère claquait les droits d’auteur avec des putes (va falloir que je retrouve ma source). Tout de même je me demande parfois ce qu’ils fumaient : au début de « L’Infidèle » le héros, qui n’a pas trente ans, est veuf depuis un peu plus d’un an. Il y est précisé que sa femme est morte pendant l’été 1913, on peut en déduire que l’action commence à l’automne 1914. Eh ben le gars n’est pas mobilisé, rien. Il se remarie tranquillou-bilou, mène la vie paisible du hobereau, quand il va à Paris il ne croise pas un poilu, pas une ambulance, pas une affiche de propagande, son meilleur ami qui vit en Bretagne n’est pas ua front non plus, embusqués à ce point c’est rare, ou alors une faille spatio-temporelle. C’est d’autant plus amusant que les Petitjean de la Rosière étaient aussi patriotes que cathos.

         1 autres commentaires
  • kemler
    kemler
    Gratte papier
    • Posté à 11h25 le 29/05/2012
    • Internaute 129297
      Gratte papier

    J’adore, quand j’étais ado je rêvais d’écrire des romans et j’ai arrèté faute de talent...pourquoi j’ai pas postulé chez Harlequin : p ?

    • Nain Glumeux
      Nain Glumeux répond à kemler
      Nalyseur de proximité.
      • Posté à 11h45 le 29/05/2012
      • Internaute 148099
        Nalyseur de proximité.

      j’ai arrèté faute de talent...pourquoi j’ai pas postulé chez Harlequin : p ?
      L’absence définitive de talent pour la chose écrite semble en effet un moyen très sûr de faire une carrière brillante quoique « rewritée », chez Harlequin.

      Bon, de la même façon qu’il existe de la musique pour les gens qui n’aiment pas la musique (compile RTL des meilleurs extraits de bribes de morceaux de mouvementsde tronçons d’oeuvres classiques, par exemple) il existe aussi des livres pour des gens qui n’aiment pas vraiment lire.

      • pablico
        pablico répond à Nain Glumeux
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 12h00 le 29/05/2012
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix

        il existe même des restaurants pour ceux qui n’aiment pas vraiment manger

         : -D

    • Condorpassa
      Condorpassa répond à kemler
      indépendant
      • Posté à 16h45 le 29/05/2012
      • Internaute 160330
        indépendant

      Déjà, pour postuler, il faut être anglophone...

  • _Epsilon_
    _Epsilon_
    Freine des deux pieds
    • Posté à 11h29 le 29/05/2012
    • Internaute 186397
      Freine des deux pieds

    Ho ! Mince ! La dernière phrase va me faire rire trois jours !

    • Cirocco Jones
      Cirocco Jones répond à _Epsilon_
      Sorcière de Gaïa
      • Posté à 20h47 le 29/05/2012
      • Internaute 138964
        Sorcière de Gaïa

      « Au secours, hurla-t-elle à voix basse dans le silence seulement troublé par le tic-tac du réveil digital. »
      non, là, j’y crois pas, c’est un plagiat de Henry Monnier

  • KayOo
    KayOo
    dans la Forêt Vierge.
    • Posté à 11h34 le 29/05/2012
    • Internaute 121002
      dans la Forêt Vierge.

    La crise de rire.
    Je pensais que ça n’existait plus ces merdes.

    Bon, j’aurais appris le mot et surtout le métier de « rewriter ».
    En tout cas, ça m’inquiète sur le niveau littéraire des premières versions.

    • mayalab
      mayalab répond à KayOo
      étudiante I.E.P.
      • Posté à 13h07 le 29/05/2012
      • Internaute 143897
        étudiante I.E.P.

      C’était encore plus courant au XIXème siècle :

      « Le vieux gentilhomme se promenait tout seul dans son parc, les mains derrière le dos en lisant son journal. »
      (Ponson du Terrail)

      « Ah ! Ah ! fit-il en portugais »
      (Alexandre Dumas)

      • lonesome
        lonesome répond à mayalab
        un parmi tant d'autres
        • Posté à 14h00 le 29/05/2012
        • Internaute 165032
          un parmi tant d'autres

        Les écrivains populaires du XIXème publiaient principalement dans les journaux et étaient payés au mot d’où les phrases à rallonge boursoufflées d’adjectifs et d’adverbes.

         
        • We want a shrubbery
          We want a shrubbery répond à lonesome
          Fonctionnaire à chat. Ni!
          • Posté à 15h46 le 29/05/2012
          • Internaute 100046
            Fonctionnaire à chat. Ni!

          Et les erreurs de raccord : dans « La Fille aux yeux d’or », l’un des plus formidables épisodes de la « Comédie humaine », Paquita a les « cheveux cendrés » au moment de sa rencontre avec de Marsay, puis noirs au moment de passer aux choses sérieuses. Il y a aussi la chronologie, redoutable écueil : dans « Guerre et Paix » le fils du prince André, né au début de 1806, a déjà huit ans au moment de Borodino. Je crois qu’en fait tous les écrivains font ce genre d’erreur.

          • Clélie
            Clélie répond à We want a shrubbery
            passante
            • Posté à 18h43 le 30/05/2012
            • 182665
              passante

            Dans « Les Trois Mousquetaires », d’Artagnan devient deux fois mousquetaires... Sans compter les nombreuses erreurs de dates dont Dumas était familier.

            P.S. : « it ! »

            • We want a shrubbery
              We want a shrubbery répond à Clélie
              Fonctionnaire à chat. Ni!
              • Posté à 20h34 le 30/05/2012
              • Internaute 100046
                Fonctionnaire à chat. Ni!

              Oh no, not this word !

        3 autres commentaires
      • Moby Dick37
        Moby Dick37 répond à mayalab
        Se jouer des tempêtes ...
        • Posté à 14h02 le 29/05/2012
        • Internaute 114534
          Se jouer des tempêtes ...

        « Elle avait la main froide comme celle d’un serpent. »
        (Ponson du Terrail)
        C’est ma préférée .
        Lien

         
        • Eskarina
          Eskarina répond à Moby Dick37
          Faut voir
          • Posté à 14h24 le 29/05/2012
          • 173050
            Faut voir

          Ah oui, mais Ponson du Terrail (que Frédéric Dard appelait Ponton du Sérail), c’est drôlement bien ! D’ailleurs, il ne peut qu’avoir fait exprès d’écrire : « En voyant le lit vide, il le devint. »
          Est-ce lui ou quelqu’un d’autre qui avait écrit un truc du genre : il marchait en lisant son journal, les mains dans le dos ?

          • Moby Dick37
            Moby Dick37 répond à Eskarina
            Se jouer des tempêtes ...
            • Posté à 15h13 le 29/05/2012
            • Internaute 114534
              Se jouer des tempêtes ...

            Mais j’aime beaucoup Ponson du Terrail, en particulier « Rocambole ».
            Simplement comme beaucoup de feuilletoniste , il fallait qu’il « ponde » un certain nombre de ligne à rendre tous les jours et « Écrivant très vite et sans se relire, il parsème ses romans de phrases fantaisistes telles que “ Ses mains étaient aussi froides que celles d’un serpent ” ou “ D’une main, il leva son poignard, et de l’autre il lui dit… ”.(Lien)
            Effectivement , c’était peut-être une forme d’humour volontaire.
            J’ai lu une partie de ses oeuvres dans la collection “bouquin” et ça valait vraiment la peine (et le prix) .

            • Eskarina
              Eskarina répond à Moby Dick37
              Faut voir
              • Posté à 15h58 le 29/05/2012
              • 173050
                Faut voir

              Oui, entièrement d’accord avec l’ensemble de votre message ! (- :

              (grmbl, je viens de voter bêtement pour mon propre message, ce qui ne fait pas très sérieux : on ne peut pas « dé-voter » ?).

              • Cirocco Jones
                Cirocco Jones répond à Eskarina
                Sorcière de Gaïa
                • Posté à 20h52 le 29/05/2012
                • Internaute 138964
                  Sorcière de Gaïa

                si : cliquez à nouveau sur le vote

        4 autres commentaires
      • pateris
        pateris répond à mayalab
        serial lecteur
        • Posté à 14h18 le 29/05/2012
        • 174584
          serial lecteur

        Héhé, grillé, bravo ! Il y aussi le volontaire « Il rentra dans la vie comme un vieillard en sort » de Hugo !

    • RiGeL
      RiGeL répond à KayOo
      (métrologue)
      • Posté à 10h56 le 30/05/2012
      • Internaute 119344
        (métrologue)

      Le niveau quoi ?

  • Xahendir
    Xahendir
    étudiant
    • Posté à 11h39 le 29/05/2012
    • Internaute 169622
      étudiant

    « je récris » –> « je réécris », non ?

    • doudoune
      doudoune répond à Xahendir
      Nian-nian
      • Posté à 12h41 le 29/05/2012
      • Internaute 170383
        Nian-nian

      Les deux existent, « récrire » serait même la forme originelle.

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Nalyseur de proximité.
    • Posté à 11h39 le 29/05/2012
    • Internaute 148099
      Nalyseur de proximité.

    Savoureux. Ça repose un peu de l’anxiogène quotidien, merci.

    On hésite avec des doutes en tentant d’essayer d’élire ce que l’on va plébisciter car - pense-t-on, on ne sait plus où donner du regard, dans les yeux duquel s’allume une lueur qui luit à la vue de toutes ces merveilles qui s’offrent à nos globes oculaires muets d’admiration.

    Ma préférée après avoir longuement réfléchi en y pensant :

    « Au secours, hurla-t-elle à voix basse dans le silence seulement troublé par le tic-tac du réveil digital. »

    Mais assurément toutes.
    Derechef.

  • Fantomax
    Fantomax
    génie du mal
    • Posté à 11h45 le 29/05/2012
    • Internaute 157606
      génie du mal

    Si je ne m’étais pas enfui de l’entretien avec le mec d’Accenture, j’aurais pu être directeur commercial d’H.

    Ils ont une technique de mise en place bien particulière : chaque mois ils balancent les nouveautés à leurs clients (essentiellement des supers et hypermarchés of course) par une sorte d’abonnement avec des quantités calculées sur les statistiques de ventes des magasins.
    Et pour les retours ils ne prennent que les couvertures (le reste du bouquin est bazardé), ça coûte moins cher à transporter et à détruire.

    Ah, le charme de la littérature...

    • MichelFourniret
      MichelFourniret répond à Fantomax
      Injustement en prison
      • Posté à 12h17 le 29/05/2012
      • 183561
        Injustement en prison

      La méthode pour le retour doit être inspirée des comics aux Etats-Unis.

      Décidément, Harlequin et la (re)pompe...

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Fantomax
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 14h56 le 29/05/2012
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Vous avez eu raison de fuir Accenture, c’est un gouffre sans fond auquel j’ai repensé en lisant la description de certain lac de cratère du Kamtchatka qui avale sans recours les nageurs imprudents, slllurrrp.

    • Atlantis
      Atlantis répond à Fantomax
      Etudiant apolitique
      • Posté à 14h28 le 29/05/2012
      • Internaute 39710
        Etudiant apolitique

      J’ai bossé en supermarché rayon librairie, et en effet, la durée de vie d’un bouquin Harlequin, c’est même pas un mois, mais généralement deux semaines. Et en aout, ça faisait partie des meilleures ventes. Sans compter que se faire engueuler par une grognasse de 55 ans parce qu’on a pas reçu la dernière histoire d’amouuuurrr entre un loup garou et une lycéenne américaine, ça fait mal à l’amour propre.

    • Condorpassa
      Condorpassa répond à Fantomax
      indépendant
      • Posté à 16h48 le 29/05/2012
      • Internaute 160330
        indépendant

      Eh oui, c’est comme les yaourts, ça se périme vite. C’est ce qui permet de vendre les suivants. :)

  • moulinette
    moulinette
    Peintrice Illustrateuse
    • Posté à 11h49 le 29/05/2012
    • Internaute 12255
      Peintrice Illustrateuse

    « Certes, les lecteurs – ou plutôt les lectrices – de cette littérature auraient pour la plupart la touchante habitude de ne lire que deux pages, le soir, avant de s’écrouler, sans doute épuisées par l’effort (ou bien ne liraient qu’entre deux stations, dans le métro)... »

    Ça, moi, j’aime pas du tout. Quel mépris !
    Pour ma part, en tant que professionnelle et étonnée du succès de ces ouvrages, j’en ai lu une bonne centaine pour comprendre quels mécanismes étaient à l’œuvre dans ce qu’il faut tout de même appeler des livres.
    Bien qu’étant une femme, dont les capacités intellectuelles sont bien entendu médiocres du fait de mon genre, je ne me suis pas endormie.
    Et, voyez-vous, si ces romans sont stupides, ils répondent à quelque chose d’intime, de profond, chez les lectrices qui ne méritent pas votre moquerie que vous semblez prendre pour de l’humour.
    Perso, je pourrais écrire des trucs poilants sur les bouquins destinés aux garçons, voire aux machos, qui trahissent aussi leurs pathétiques désirs. Toutes ces histoires de surhommes, d’agents secrets froids et méthodiques aux lits remplis de bimbos et j’en passe... Croyez-vous que les qualités littéraires de ces ouvrages soient supérieures à ceux que vous décrivez dans votre article ?

    • I.P
      I.P répond à moulinette
      Il manque Hulk en baskets
      • Posté à 12h01 le 29/05/2012
      • Internaute 25391
        Il manque Hulk en baskets


      si ces romans sont stupides, ils répondent à quelque chose d’intime, de profond, chez les lectrices

      Phrase malheureuse, non ?

      • moulinette
        moulinette répond à I.P
        Peintrice Illustrateuse
        • Posté à 14h24 le 29/05/2012
        • Internaute 12255
          Peintrice Illustrateuse

        Oui, c’est vrai. :)

        J’ai pas relu. Je suis la Barbara Cartland du com ! Je voulais juste défendre mes copines lectrices de Nous-Deux, Harlequin etc, bien maladroitement, j’en conviens. Donc : « Si ces romans vous paraissent stupides... »
        Il est néanmoins vrai, et cet article le démontre, que ce désir d’amour effréné, voir hystérique, féminin parait toujours si « QQ »... C’est si facile de s’en amuser, de s’en moquer. On ne peut pas dire que les valeurs féminines, voire les obsessions féminines : amour, don de soi, osmose et tout le tralala, soient des valeurs hissées au même niveau que : « je te pète la gueule avec mon gros gun ou avec mes gros muscles ».

         
        • Eskarina
          Eskarina répond à moulinette
          Faut voir
          • Posté à 14h33 le 29/05/2012
          • 173050
            Faut voir

          La nullité n’est pas réservée aux romans sentimentaux, c’est bien évident, et ce n’est pas parce qu’un roman parle de sentiments qu’il est nul (quelques milliers d’exemples doivent pouvoir être trouvés). Mais moi qui suis une femme, même quand j’étais plus jeune, je n’ai jamais été tentée d’ouvrir ces romans à couverture rose-cucul-la-praline, spécifiquement pour filles. Mais je fuis aussi les magazines féminins, faut dire...

        • Cirocco Jones
          Cirocco Jones répond à moulinette
          Sorcière de Gaïa
          • Posté à 21h04 le 29/05/2012
          • Internaute 138964
            Sorcière de Gaïa

          ces procédés existent dans d’autres littératures de genre comme la science-fiction ou la fantasy

        2 autres commentaires
    • Phobos
      Phobos répond à moulinette
      sans
      • Posté à 13h28 le 29/05/2012
      • Internaute 106461
        sans

      Je trouve très intéressante la comparaison avec les romans policiers. Je ne comprend absolument pas l’engouement autour de ces derniers. Si le genre est effectivement divertissant tout comme le sont les roman à l’eau de rose, leur qualités littéraires sont absolument identiques. Pourtant les premiers sont encensé, leurs auteurs connus et consacré alors que les derniers sont méprisés.

      Les personnages sont caricaturaux, l’intrigue toujours la même et inintéressante et le tout n’est même pas sauvé par l’écriture puisqu’une énorme partie est de toute manière sacrifié à des dialogues insipides ou des descriptions de lieu pathétique. Les rues sont étroites, malodorante, mal éclairé et le flou est autant dû au brouillard qu’à l’état d’ivresse du héros.

      Ensuite je ne me cache pas d’avoir lu un bon paquet de roman appartenant au policier ou à l’eau de rose dont le seul intérêt tient au divertissement qu’il m’a procuré. =)

      • Yahoort
        Yahoort répond à Phobos
        Déserteur
        • Posté à 14h48 le 29/05/2012
        • Internaute 54302
          Déserteur

        Oui enfin, faut peut-etre pas mettre SAS et Dashiel Hammet dans le meme panier...
        De meme qu’Autant en emporte le Vent et Harlequin, c’est pas forcément a 100% la meme chose...

         
        • Cyprien Luraghi
          Cyprien Luraghi répond à Yahoort
          ICYP.FR !
          • Posté à 15h13 le 29/05/2012
          • Internaute 101150
            ICYP.FR !

          La plupart des ricains trouvent Dashiel Hammet nul à chier et ne comprennent pas la sacralisation qui en est faite ailleurs.

          • Moby Dick37
            Moby Dick37 répond à Cyprien Luraghi
            Se jouer des tempêtes ...
            • Posté à 15h50 le 29/05/2012
            • Internaute 114534
              Se jouer des tempêtes ...

            Le fait qu’un auteur soit ou non reconnu dans son pays n’est en rien un critère de bonne ou mauvaise littérature .
            Un auteur comme Jérôme Charyn n’a pas eu non plus beaucoup de succès aux USA , Chester Himes aussi a été plus appréciée en Europe que chez lui.
            Quant à SAS , je ne crois pas qu’il ait été destiné au public américain.
            Par contre Gérard de Villiers avaient des goûts beaucoup plus sûrs en matière de découverte d’auteurs plus originaux .
            Mais ce n’est pas avec ces collections qu’il a fait du fric , il en aurait plutôt perdu.

            • Cyprien Luraghi
              Cyprien Luraghi répond à Moby Dick37
              ICYP.FR !
              • Posté à 15h57 le 29/05/2012
              • Internaute 101150
                ICYP.FR !

              Je sais bien. C’est Phobos au dessus qui dit des grosses conneries. C’est vrai que dans le polar (aussi) y a pas mal de grosses daubes, et qu’en France on a droit à des polardeux particulièrement minables en majorité, mais bon : du moment que ça plaît aux lecteurs, hein... on va pas chipoter : les écrivains ne font de mal à personne, d’abord.

              • Moby Dick37
                Moby Dick37 répond à Cyprien Luraghi
                Se jouer des tempêtes ...
                • Posté à 16h09 le 29/05/2012
                • Internaute 114534
                  Se jouer des tempêtes ...

                oui , il y a de grosses daubes dans le polar , mais je ne suis pas d’accord pour dire que les polardeux français sont plus minables qu’ailleurs ,simplement , comme ceux de « l’estranger » sont moins traduits , ça se voit moins.
                Je crois surtout que le problème avec les éditeurs , c’est qu’ils ont tendance à s’aligner sur ce qui marche déjà , et à laisser de côté ce qui est original. Maintenant peut-être est-ce aussi que trop de lecteurs ne cherchent pas vraiment de la littérature , mais plutôt une lecture de détente.
                Tout dépend aussi de l’usage que l’on fait du livre , pour passer le temps dans un transport en commun ou dans une file d’attente , mieux vaut quelque chose qui se lit vite qu’un ouvrage qui demande de la concentration sur la durée.

                • Cyprien Luraghi
                  Cyprien Luraghi répond à Moby Dick37
                  ICYP.FR !
                  • Posté à 16h18 le 29/05/2012
                  • Internaute 101150
                    ICYP.FR !

                  Je vis en France donc c’est les polardeux minables d’ici que je vois, et franchement ils sont hyper mauvais en général. Soit c’est rédigé pompeux et vide, soit c’est écrit avec les pieds et c’est tout aussi vide. Normal : pour écrire un bon polar il faut d’abord savoir se servir d’un clavier, et ensuite faut pas se contenter de ressasser des clichés éculés sur les flics et les voyous en plagiant mal les auteurs morts.

                  Bon après c’est comme tu dis : pour faire tuer le temps dans un train, n’importe quoi fait l’affaire.

                  Le problème ici c’est que tout fonctionne au copinage : si t’es pas de leur bande, t’existes même pas.

          • We want a shrubbery
            We want a shrubbery répond à Cyprien Luraghi
            Fonctionnaire à chat. Ni!
            • Posté à 20h47 le 30/05/2012
            • Internaute 100046
              Fonctionnaire à chat. Ni!

            Oui, mais apparemment ils pensent la même chose d’Edgar Poe.

        7 autres commentaires
      • spidermoon
        spidermoon répond à Phobos
        célibataire endurci
        • Posté à 18h54 le 29/05/2012
        • Internaute 42835
          célibataire endurci

        Il y a même la combinaison polar+eau de rose. Comme au « Au cœur du danger ». Un bon policier et une belle amourette. Dans un autre genre, il a le bit-lit, avec des histoires d’amours entre vampires, sorcières et loup-garou, comme dans « La morsure de la passion ». Je ne sait pas si il existe le mélange sci-fi+amourette, sans doute que oui. L’avantage de ces romans, c’est qu’il sont simple à comprendre, un héros, une héroïne, un méchant, c’est aussi intellectuel qu’un film de Michael Bay.
        Ce doit être mon coté féminin qui aime ce genre de roman ;)

         
        • We want a shrubbery
          We want a shrubbery répond à spidermoon
          Fonctionnaire à chat. Ni!
          • Posté à 20h56 le 30/05/2012
          • Internaute 100046
            Fonctionnaire à chat. Ni!

          Il existe bien dans les pays anglo-saxons des œuvres classées comme « science-fiction romance » et « futuristic romance » (voir ici : Lien). Apparemment Han Solo et la princesse Leia ont inspiré quelques auteurs.

        1 autres commentaires
    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à moulinette
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 14h36 le 29/05/2012
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Et toc. S’il n’y avait pas ces idiotes de bonnes femmes, y a pas que Harlequin qui coulerait à pic, Actes Sud aussi.

      • moulinette
        moulinette répond à We want a shrubbery
        Peintrice Illustrateuse
        • Posté à 15h21 le 29/05/2012
        • Internaute 12255
          Peintrice Illustrateuse

        Il n’y a pas beaucoup d’éditeurs qui s’en sortiraient, si les femmes arrêtaient de lire...
        À part peut-être les éditeurs de manuels scolaires et ceux des livres dont vous êtes le héros...

         
        • RiGeL
          RiGeL répond à moulinette
          (métrologue)
          • Posté à 11h29 le 30/05/2012
          • Internaute 119344
            (métrologue)

          Looool, Oh, ca, c’est dur, comme réplique, et un peu méchant pour les hommes... Mais très drôle. Bien vu.

        1 autres commentaires
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