la bande du ciné 02/05/2012 à 11h28

« Margin Call », 24 heures chrono avec les requins de la finance

Louis Lepron | Journaliste


Kevin Spacey dans « Margin Call » (ARP Selection)

Un gratte-ciel new yorkais, une entreprise financière qui licencie. Eric, directeur de la gestion des risques, doit rendre son téléphone, son accès Internet est coupé, ses affaires en cours sont suspendues. Avant de quitter son bureau il laisse des documents et un conseil à Peter Sullivan (Zachary Quinto)  : « Sois prudent. »

Ce dernier découvre alors que la boite dans laquelle il travaille roule sur du vent. C’est le propos de « Margin Call », thriller financier qui aborde la folie de l’argent, le temps d’une journée. L’entreprise ne s’appelle pas Lehman Brothers, mais elle y ressemble.

Un kaléidoscope des traders

Dans cette production, vous ne trouverez aucun lobby ( « Capitalism : A love story »), aucune manigance climatique ( « Krach ») et aucune ruse ( « Wall Street »). A la manière des « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet, « Margin Call » parle de l’être humain.

Miroir de la faillite de Lehman Brothers qui, en 2007, essaya de refourguer ses positions sur des crédits à risque, la firme imaginée ici est la retranscription dans toute sa complexité des acteurs de la finance.

Des traders, enfermés dans des cages en verre, se battent entre eux. Les négociations se font toujours aux derniers étages de buildings rutilants. Les dirigeants, comme s’ils ne touchaient jamais le sol, se déplacent en hélicoptère.

Dans ce huis clos, il y a un petit jeune, ambitieux, le costume à 2 000 dollars. Pour lui, c’est terminé, il sera viré. Puis cet ancien ingénieur devenu spéculateur. Ou encore ce génie des mathématiques, derrière des courbes de la bourse parce qu’il y avait de l’argent à se faire.

Bande-Annonce de « Margin Call »

Réalisé par J.C. Chandor

Un casting de luxe pour un résultat intelligent

Le réalisateur J.C Chandor livre un film intelligent, servi par Jeremy Irons, Kevin Spacey ou Paul Bettany.

L’écueil aurait été de tomber dans une dénonciation facile du capitalisme en diabolisant les opérateurs financiers. Mais « Margin Call » réussit là ou « Wall Street : l’argent ne dort jamais » a échoué : il prend le temps de décortiquer la psychologie d’une bande de traders dont les chemins peuvent se séparer.

Pour son premier long-métrage, J.C. Chandor semble avoir eu un bon conseiller : son père. Ce dernier a travaillé pendant près de 40 ans à la Merrill Lynch, une banque d’investissement américaine.

Riverains, à vous de nous dire ce que vous pensez du film en commentaires !

  • 12360 visites
  • 13 réactions
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  • gnub
    gnub
    pouet
    • Posté à 11h37 le 02/05/2012
    • Internaute 73857
      pouet

    j’ai entendu la chronique de ce film sur france inter ce matin.
    ca m’a donné envie d’aller le voir.
    Joli casting en plus.

  • nevenoe
    nevenoe
    ONG
    • Posté à 11h38 le 02/05/2012
    • Internaute 95578
      ONG

    J’ai beaucoup aimé. Excellents acteurs, scénario au poil. Ca m’a semblé réaliste, mais j’aimerais bien avoir l’avis de professionnels de la finance, qui semblent toujours dire que personne ne peut rien y comprendre sauf eux ^^

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 11h50 le 02/05/2012
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    « Margin Call », 24 heures chrono avec les requins de la finance

    et il à survécu ? ?

  • AutistReading
    AutistReading
    Au snack elle prend pas de kebab
    • Posté à 12h12 le 02/05/2012
    • 184876
      Au snack elle prend pas de kebab

    Je l’ai vu il y a six mois, pas de quoi s’enthousiasmer...

    Vaut mieux mater Comment tuer son boss...

  • Adrianu
    • Posté à 12h21 le 02/05/2012
    • Internaute 122167

    Tout petit budget ($4 millions) qui se paye un scénario solide et un casting assez intéressant (composé d’acteurs expérimentés et de premiers rôles des séries US à la mode du moment). Après, ce n’est pas le grand film anti-système qu’on attend du cinéma indépendant américain, mais très intéressant sur le plan psychologique.

    Non, le gros problème de ce film, c’est qu’il a été réalisé en 2010, sorti en octobre 2011 et est disponible depuis 6 mois sur le web. Il fera donc un score merdique en salle, comme il l’a fait dans les rares pays où il est sorti. Et c’est bien dommage en fait.

    • Louis Lepron
      Louis Lepron répond à Adrianu
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 12h26 le 02/05/2012
      • Journaliste 40018
        Journaliste

      Je suis bien d’accord. Le film a mis beaucoup (trop) de temps à sortir dans les salles européennes. Finalement, il aura fait un meilleur score sur la toile que dans les salles obscures.

      En tout cas, « Margin Call » a déjà été rentabilisé à sa sortie aux Etats-Unis :

      « Selon Box Office Mojo, Margin Call, budgété à un modeste 3 500 000 $, a rapporté après 3 semaines d’exploitation le double de son investissement, pour moitié aux États-Unis, le reste essentiellement en Espagne et en Allemagne 1. »

      • kevangel
        kevangel répond à Louis Lepron
        Chercheur
        • Posté à 13h19 le 02/05/2012
        • Expert 24356
          Chercheur

        « Le film a mis beaucoup (trop) de temps à sortir dans les salles européennes. »

        Pas toute l’Europe. Ici en Allemagne, j’ai loué le DVD il y a 2-3 mois. Donc je suppose que ca fait longtemps qu’il est sorti en salles.
        C’est d’ailleurs la meme chose pour les séries TV. Ici en Allemagne, elles sont diffusées sur les chaines grand public avec seulement quelques semaines de décalage sur les USA (et elles sont pourtant toutes doublées en allemand). Alors qu’en France il faut attendre souvent plus d’un an et pas toujours dans l’ordre.

  • A déménagé le 02.01.2013
    • Posté à 12h33 le 02/05/2012
    • Internaute 74652

    Je ne sais pas comment la traduction en VF se fera et c’est un point délicat car si le film est solide c’est grâce à J.C. Chandor vraiment très bon à l’écriture du scénario Quelques Prix

    Je ne résiste pas :
    - Sam Rogers : « You are panicking »
    - John Tuld : « If you’re first out the door, that’s not called panicking »

    • Louis Lepron
      Louis Lepron répond à A déménagé le 02.01.2013
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 12h38 le 02/05/2012
      • Journaliste 40018
        Journaliste

      Et la petite référence de J.C Chandor à l’ex-PDG de Lehman Brothers, Richard S. Fuld, avec le nom d’un personnage : John Tuld !

      • A déménagé le 02.01.2013
        • Posté à 14h14 le 02/05/2012
        • Internaute 74652

        Pas capté ça.

        - John Tuld : « Speak as U might to a young child or a golden retriever ... it wasn’t brain that got me here »

        La performance de Jeremy Irons emporte vraiment la seconde moitié du film : tout comme son personnage destiné à tout emporter avec lui.

         
        • Ken-zo
          Ken-zo répond à A déménagé le 02.01.2013
          voyageur
          • Posté à 15h29 le 02/05/2012
          • Internaute 116800
            voyageur

          Le jeune trader titulaire d’un doctorat en physique des particules est appelé chez le boss de la boîte pour qu’il lui explique ce qu’il a vu sur les charts. celui-ci lui demande :

          « Parle comme si tu t’adressais à un petit enfant ou à un chien (de la race des golden retriever), ce n’est pas l’intelligence qui m’a amené ici ! »

          • A déménagé le 02.01.2013
            • Posté à 09h45 le 06/05/2012
            • Internaute 74652

            Note : Le jeune trader n’a pas de doctorat en physique des particules.

            Correction :

            Il est diplômé d’un doctorat en Sciences mathématiques de propulsion de l’Université de Pennsylvanie et plus précisément dans les calculs mathématiques de friction des charges de transport dans l’espace dans un environnement de gravité zéro.

            CQFD : la traducion VF est sans doute approximative, mais J.C Chandor m’a bien fait rire « un rocket scientist » dans le département du « Risk Management » trop cinglé ;)

            A la limite j’ai même eu la sensation au second degré que J.C Chandler se foutait de la gueule de Zachary Quinto ...

        2 autres commentaires
  • Ken-zo
    Ken-zo
    voyageur
    • Posté à 14h10 le 02/05/2012
    • Internaute 116800
      voyageur

    Je l’ai vu il y a 3 mois : excellentissime. Kevin Spacey au sommet de son art depuis « American Beauty ».

    Un ton juste, des dialogues cinglants [« j’encule les gens normaux“] et un cynisme déconcertant (un type vend à son pote d’une autre boîte des ‘junk bonds’ pour une perte de 143 millions de dollars en une seule transaction en 10 secondes !).

    Quand l’économie financière fait l’amour à l’économie réelle : une opération chirurgicale, un mensonge diabolique, un hold up parfait !

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