Terrorisme islamiste dans « La Désintégration » : « C’est pas le film qui craint, c’est la France »

« La Désintégration » est le dernier film de Philippe Faucon. Histoire d’un basculement dans le terrorisme islamiste, il retrace le parcours de trois jeunes hommes dans une cité de Lille.
Le film est encensé par la majorité des critiques. Mais sur certains forums et sur Facebook, les comédiens essuient les insultes. Notamment Rashid Debbouze, petit frère de Jamel.
Axiom, Kamea, Fatah, Ismail, Redouane, Nasredine, Thomas, John ont tous grandi dans le quartier populaire de Lille-Sud, où le film a été tourné. Au cinéma Le Métropole de Lille, ils sont venus se faire un avis.
Selon Kamea, réalisateur lillois, « on ne peut pas dire “C’est juste un film”. »
Pour lui, la problématique abordée est trop grave, trop ancrée dans le débat public pour que le film soit perçu comme une simple fiction :
« Il sera vu comme un documentaire. Il doit donc être documenté. »
« A Lille, personne ne prie dans la rue »
Après la séance, Kamea insiste sur le manque de réalisme. Ismail, étudiant en génie civil à Lille 1 hoche la tête :
« Dès la première scène, on voit des musulmans prier dans un espace vert de la cité, le jour de l’Aid. A Lille, ce jour-là, on loue la salle du Grand Palais qui peut accueillir tout le monde, à l’intérieur. »
Il évoque la séquence du film dans laquelle l’imam explique qu’il n’y a pas assez de place dans la salle de prière :
« Dans ce film, toutes les polémiques liées aux musulmans sont mélangées. Et les problèmes sont mal posés. Quelqu’un a déjà vu un musulman prier dans la rue ? A Lille, personne ne prie dans la rue. »
« Le scénario est simpliste »
A la sortie du film, Nasredine, étudiant en architecture, reste sur sa faim :
« Qui sont ces mecs ? Qu’est-ce qu’ils ont traversé ? Le basculement dans l’islam radical est quasi instantané... Pourquoi à Lille ? Pourquoi ils vont exploser un truc en Belgique que personne ne connaît ? Le scénario est simpliste, les personnages n’ont pas de profondeur. »
Beaucoup de choses sont esquissées pourtant. Le père d’Ali est entrain de mourir d’exténuation à l’hôpital, tué à la tâche. La mère continue de se briser au travail. Et le fils, Ali, qui se voit refuser toutes ses demande de stages.
Fatah, infirmier, membre de l’association Jeunes musulmans de France, se reconnaît dans le personnage :
« Le réalisateur démontre, implicitement, un malaise social qui existe. Derrière ces évocations, je vois les frustrations de ses personnages, des générations avant elles. Je me reconnais. »
« On ne peut pas faire un tel raccourci »
Pour Redouane, le résultat sonne faux :
« Finalement, la morale du film, c’est : “Donnez-leur du travail sinon ils vont vous faire exploser.” On ne peut pas faire un tel raccourci entre problèmes sociaux et intégrisme. On ne peut pas non plus faire le lien entre l’intégrisme et le terrorisme. »
Thomas, jeune converti, est encore plus critique :
« Ali et Nasser ont un petit souci. Pas de logement, pas de travail. Mais le converti, lui, sa conversion, c’est son seul problème. Parce qu’il est converti, il tombe tout cuit dans la gueule du prédicateur. Comme si les convertis étaient des terroristes en puissance. »
« Les musulmans sont traversés par des courants »
Axiom, rappeur engagé en politique et sur d’autres terrains, explique :
« Le film parle de jeunes qui n’ont pas de profit dans la République. Dans ce vide, il y a des expressions multiples du malaise. L’une des voix d’expression de ce malaise peut être l’intégrisme ou la radicalisation. Mais ce sont des voies ultra-minoritaires. »
Pour Axiom, le problème est ailleurs :
« On parle toujours de la même chose. Dans les médias, dans les films. Alors que les musulmans sont traversés par des courants, des sensibilités, des tensions comparables à celles qui traversent la société en générale : des intégristes, des modérés, des réactionnaires, des progressistes. »
Depuis vingt ans, explique-t-il, les polémiques sur l’intégrisme n’ont pas cessé. Des premières exclusions d’élèves voilées à Creil (en 1989) au débat législatif sur le port de signes religieux (en 2004). Dans les hôpitaux, à propos du refus de certaines patientes d’être soignées par un homme. Dans les piscines, sur la question de la mixité. Sur la construction de mosquées ou celle de minarets. Sur l’antisémitisme, le terrorisme, sur l’impact des guerres au Proche-Orient, en Irak, en Afghanistan. Avec, dernier épisode en date, la loi sur la burqa.
John, membre de l’association Nordside, créée par Axiom, complète :
« Je ne comprends pas que les acteurs aient pu dire oui à ce film qui véhicule une image si négative de l’islam : le mal pour la France, voire l’Europe. »
« C’est pas le film qui craint, c’est la France »
Axiom réplique :
« Nous avons besoin de représentativité positive. Et c’est un énième film sur l’islam extrémiste. J’ai trouvé le film juste et touchant. C’est un bon film, mais dans une époque délétère comme la nôtre, il devient mauvais. C“est pas le film qui craint, c‘est la France.
Dans la manière dont il peut être reçu par des personnes qui n’ont pas de culture sur les quartiers populaires et l’islam, il porte le risque d’alimenter ces idées d’incompatibilité, de conflit entre les civilisations et de hiérarchie culturaliste. Le racisme d’aujourdhui.’
Au milieu des critiques, un personnage remporte pourtant l’adhésion des jeunes hommes, pour sa générosité et sa clairvoyance sur le bien et le mal. Nasredine :
‘Le personnage de la mère d’Ali. Elle, elle ressemble à nos mères.’
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- Sur Rue89« La Désintégration » : comment devient-on terroriste ?
- Sur lavoixdunord.frTournage du film "La Désintégration"
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le futur c'était mieux avant
le futur c'était mieux avant
de la tozerie ce film.
Mais que peut-on espérer d’un film produit dans une france où l’islamophobie est galopante ? Si au moins dans ce pays l’art et le cinéma étaient utilisés comme un contre pouvoir, une contre idéologie dominante, mais rien que dalle et même tt le contraire : l’art est utilisé pour renforcé le pouvoir et l’idéologie dominante
Vous faites du rap ? faut dire ce que le pouvoir attend pour avoir accès aux plateaux dorés. n’est-ce pas abdelmalik ?
vous faites un film ? faut qu’il colle aux cliché les plus éculés.
Vous faites de l’humour ? faut s’en prendre de la manière la plus imbécile à ceux qui sont déjà attaqués par le pouvoir et l’idéologie dominante.
N’allez pas vous en prendre aux pouvoirs, à la pensée dominante. surtout pas ! vous risquez de vous faire virer ou pire de ne jamais monter sur les plateau télé.
Minable.
Le pire, c’est que les spectateurs ne semblent pas trop se poser de questions, du genre « c’est tt de même bizarre que ce qu’on nous montre colle presque exactement à ce qu’on entend dans la bouches des politiciens (gauche et droite réunis), à ce qu’on lit dans les éditos des journaux et aux clichés bas de gamme ? »




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