Doigt d'honneur 20/02/2012 à 18h55

Expo Ai Weiwei à Paris : un « doigt d'honneur » au pouvoir chinois

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


« Etude de perspective : la tour Eiffel », 1995-2003 (AI Weiwei)

Comment devient-on dissident ? L’exposition de l’artiste chinois Ai Weiwei à la galerie du Jeu de Paume, à Paris, répond en partie à cette question, s’agissant d’un créateur qui a passé l’an dernier trois mois en prison et reste soumis à de sévères limites à sa liberté de mouvement et de parole.

Agé de 55 ans, Ai Weiwei est un personnage plus grand que nature. A tous points de vue. Physique d’abord, avec une carrure et une barbe d’ogre ; mais surtout avec son appétit à tout embrasser, qu’il s’agisse de la photographie qu’il pratique en abondance, de l’art conceptuel qu’il maîtrise à merveille, de l’architecture à laquelle il s’est essayé plus d’une fois, du Web qu’il utilise comme une arme, et d’un goût illimité pour la provocation qui lui vaut tous ses ennuis.

Au Jeu de Paume, qui avait programmé cette exposition bien avant que son actualité judiciaire ne le propulse au devant de la scène, on découvrira le parcours initiatique d’Ai Weiwei.

Ce fils de l’« aristocratie rouge » chinoise – son père était le grand poète de l’ère maoïste Ai Qing – a vécu une partie de sa jeunesse en exil au Xinjiang, la « Sibérie » chinoise où avait été envoyée sa famille, persécutée pendant la révolution culturelle.

Les années new yorkaises

Mais en 1981, ce rescapé des années de folie part pour New York où il se trouve propulsé dans le milieu artistique underground de l’époque, un électrochoc culturel et politique de forte intensité dont il gardera la marque jusqu’à aujourd’hui.


Allen Ginsberg et Ai Weiwei « zen » (Ai Weiwei)

Dans la salle consacrée à sa « période new yorkaise », au Jeu de Paume, on le voit avec le poète de la « beat generation », Allen Ginsberg ; on découvre la vie de squats des jeunes créateurs chinois de l’époque, comme le futur grand cinéaste Chen Kaige (Palme d’or à Cannes en 1993 avec « Adieu ma concubine »), photographié au lit, ou le sculpteur chinois aujourd’hui installé en France Wang Keping, en slip au réveil.

Ai Weiwei retourne vivre en Chine en 1993 afin d’être aux côtés de son père pour ses dernières années. Il retrouve une scène artistique parallèle qui s’est développée en son absence, inspirée par les canons de l’art contemporain occidental, vivant dans la marginalité de villages d’artistes à l’extérieur de Pékin, en butte à l’hostilité officielle du Parti communiste.

Il y développe son goût de la provocation, comme cette photo inspirée du célèbre cliché de Marilyn Monroe avec sa jupe en l’air, mais prise devant le portrait de Mao sur la place Tiananmen... Il fallait oser.


« Juin 1994 » (place Tiananmen) (AI Weiwei)

Il réalise également sa série du « doigt d’honneur », irrespect suprême de l’autorité, de toutes les autorités. Ça passe quand c’est la Tour Eiffel ou le Capitole à Washington, c’est gonflé, là encore, quand ce doigt est dirigé vers la porte de la paix céleste, au cœur de Pékin, sur laquelle trône toujours le portrait de Mao Zedong. Pour l’avoir « défiguré » un jour avec de l’encre, un Chinois a passé de longues années en asile psychiatrique.


Le « doigt d’honneur » à Mao : « Etude de perspective : tiananmen, 1995-2003 » (AI Weiwei)

L’art de la provocation

J’ai rencontré Ai Weiwei en 2000, alors qu’il avait monté « Fuck off », une expo parallèle à la Biennale de Shanghai. Alors que la Biennale officielle, première percée de l’art contemporain au niveau officiel, était un exercice timide et bien raisonnable, Ai Weiwei avait réuni ses copains dans une friche industrielle pour une offre bien plus délirante.

Je l’ai retrouvé à Pékin, dans son nouvel espace, la China Arts and Archive Warehouse (CAAW), un centre d’art mais aussi sa résidence, dont il a lui-même dessiné les plans, l’un des grands rendez-vous de l’art contemporain dans la capitale chinoise avant l’explosion des dernières années.

Ai Weiwei était un artiste remuant, mais nullement dissident. La preuve en est sa participation, surprenante, en tant que conseiller artistique des architectes suisses Herzog & Demeuron pour la construction du « nid d’oiseau », le stade olympique de Pékin, symbole suprême du couronnement du parti communiste chinois.

Qu’est allé faire Ai Weiwei dans cette galère ? « J’aime créer », a-t-il répondu, comme s’il avait cédé à la tentation irresistible de participer à cette aventure de bâtisseur avant d’en voir l’évidente dimension politique. Ecoeuré, il s’en retirera avant la conclusion du chantier.

Mais 2008, année olympique, c’est aussi l’année du séisme du Sichuan, qui est le tournant de la radicalisation politique d’Ai Weiwei. L’artiste prend fait et cause pour les familles des milliers d’enfants morts dans les décombres de leurs écoles mal construites pour cause de corruption des officiels locaux.

Il entre alors en collision avec le pouvoir, et traverse à un moment, sans le savoir, une ligne jaune dans la tolérance du Parti communiste.


Le séisme de 2008 marque la radicalisation de l’artiste : « Tremblement de terre au Sichuan, 2008-2010 » (Ai Weiwei)

D’autant que parallèlement, Ai Weiwei découvre l’outil Internet : sollicité par le portail Sina.com, il ouvre un blog et développe une pratique à la fois artistique, activiste, narcissique et provocatrice, qu’il étend ensuite sur Twitter – dont il est l’une des stars chinoises, alors que le réseau est bloqué en Chine !

La contagion du jasmin

Le couperet tombera en avril 2011, en pleine psychose des autorités chinoises face à une éventuelle contagion des révolutions de jasmin (le mot « jasmin » est bloqué en Chine sur les moteurs de recherche). Ai Weiwei est arrêté, détenu au secret, interrogé sans ménagement, avant d’être libéré trois mois plus tard et accusé de... fraude fiscale.

Le public chinois se mobilise pour aider à payer l’amende, tout comme de nombreux internautes se dénuderont en ligne lorsque Ai Weiwei est accusé de « pornographie » pour une photo dénudée...

Le pouvoir chinois est face à un cas sans précédent : un personnage à la notoriété internationale considérable (il a exposé à la Tate Modern de Londres, à la Dokumenta de Kassel en Allemagne, à New York, aujourd’hui à Paris...), au capital de sympathie non négligeable en Chine via Internet, et qui ne fait rien d’autre que de jouer sur les symboles, la dérision, l’émotion.

Voilà un homme qui ne pose pas de bombes, qui n’est pas un organisateur politique comme Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix emprisonné, et qui n’a pas d’autre ambition que d’ouvrir un peu plus les portes et les fenêtres de la Chine pour faire entrer de l’air frais dans les esprits.

Que faire d’un tel dissident qui ne joue plus le jeu, contrairement à une bonne partie du monde de l’art chinois qui a cédé aux sirènes du marché et à l’explosion de la cote des œuvres chinoises ? En attendant de connaître la réponse, et la suite de ses inévitables ennuis, Ai Weiwei documente sa vie et ses combats, transformés en performance artistique permanente.

Bande-annonce du documentaire « Ai Weiwei : never sorry »
Infos pratiques
Ai Weiwei : Entrelacs

Du 21 février au 29 avril au Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris. Mardi de 11h à 21h. Du mercredi au dimanche de 11h à 19h. Fermeture le lundi. Entrée 8,5 €, tarif réduit 5,5 €. Tél. 01 47 03 12 50. Site web : www.jeudepaume.org

Rue89 est partenaire de l'exposition Ai Weiwei.

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  • 35 réactions
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  • LaoJinHu
    LaoJinHu
    non-conventionné par la (...)
    • Posté à 19h19 le 20/02/2012
    • Internaute 161554
      non-conventionné par la (...)

    Génial !
    < ; O )))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))

    • Lionel06
      Lionel06 répond à LaoJinHu
      Dessoucheur
      • Posté à 08h09 le 21/02/2012
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      Du moment que le peuple ne se soulève pas pour faire tomber le régime (avec la complicité de la CIA, d’Israël et du Qatar), c’est génial en effet.

      • LaoJinHu
        LaoJinHu répond à Lionel06
        non-conventionné par la (...)
        • Posté à 12h08 le 21/02/2012
        • Internaute 161554
          non-conventionné par la (...)

        Génial !
        < ; O )))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 19h28 le 20/02/2012
    • Internaute 38451
      pigiste

    En tant que dissident, je le trouve excellent, en tant qu’artiste, bof...

  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 19h30 le 20/02/2012
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Voilà une exposition bienvenue. Les quelques images que l’on a pu voir de son oeuvre montrent en effet une grande maîtrise artistique.

    • galanga
      galanga répond à A déménagé le 9-4-2012
      vaincre les mauvais «  (...)
      • Posté à 18h27 le 23/02/2012
      • Journaliste 101322
        vaincre les mauvais «  (...)

      Ah ! merci ! C’est vraiment bon de rire aux éclats !

  • fafdebase-
    fafdebase-
    bobophage nationaliste (...)
    • Posté à 22h28 le 20/02/2012
    • 180859
      bobophage nationaliste (...)

    Waw, quelle dissidence en effet.... Les guérilleros de l’AZLN ont des leçons a en tirer.

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 22h33 le 20/02/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    « Expo Ai Weiwei à Paris : un “ doigt d’honneur ” au pouvoir chinois »

    Et un titre d’article repris à charge lors du futur « simulacre de procès » que ne manquera pas d’intenter le PCC un jour ou l’autre à l’artiste « assigné à résidence » pour l’instant...

    Pas facile de « protéger ses sources » contre toutes « mesures de rétorsion » tout en médiatisant « l’oiseau rare de la liberté » hein ?

    Hum.

    Le Renifleur

  • Yvon
    Yvon
    marié
    • Posté à 22h53 le 20/02/2012
    • Internaute 22452
      marié

    beijing

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Yvon
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 16h49 le 21/02/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      C’est sympa les faucheuses...
      mais quel peintre à osé peindre « les fauchés » ?
       ; -))

      • Yvon
        Yvon répond à Yvon le Zébulon
        marié
        • Posté à 21h47 le 22/02/2012
        • Internaute 22452
          marié

        Un doigt d’honneur à la tour Eiffel qui m’interpelle ...cette photo n’étais pas là au départ... ? ? Rue 89 et ses mystères...

  • Commmodore78
    • Posté à 23h55 le 20/02/2012
    • Expert 104402

    et pendant ce temps là sa cote monte...

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Commmodore78
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 16h52 le 21/02/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      ...sa montre « cote »
      (j’avoue, j’ai ajouté un R)

      Oups... je pensais encore à Sako : Désolé, comme dirait qui tu sais !

  • asselin
    • Posté à 00h53 le 21/02/2012
    • Internaute 62896

    @pierre hasky
    vous écrivez « Voilà un homme qui (...) qui n’a pas d’autre ambition que d’ouvrir un peu plus les portes et les fenêtres de la Chine pour faire entrer de l’air frais dans les esprits. »

    Bien sùre, comme vous et comme beaucoup d’autres gens , j’apprécie le travail de Weiwei, d’autant plus du fait de sa causticité, de son effet « cataylseur » sur la vieille garde chinoise. Mais il s’agit d’un artiste, pas d’un homme politique. Ne le réduisons pas à ça : Wang Du aussi, « super héro » de l’art cotemporain chinois il y a quelques années, avaient cette ambition sans que son travail n’ai jamais quitté la basse atmosphère des curiosités à la mode.

    Pourquoi Abramovic ou Oleg Kulik, ou Chris Marker, ou Walid Raad, ou encore l’hypercentral Andy Wharol (s)ont ils été chacun de grands artistes en même temps que des fossoyeurs de la vieille garde, politiques au besoin ? Pourquoi sont ils les alliés objectifs mutuellement reconnus d’une quête qui prend des atours apparemment inconciliables ? Justement parcequ’ils ont élevés leur pratique au dessus de la bien scéance, de la morale, de la politique. Qu’il suce le maître ou le morde, qu’il soit exemplaire ou pourri, ça n’est pas de finalité. La reconnaissance elle-même n’est pas une fin, au mieux un moyen. Il y a dans l’Art (c’est surement ce qui la distingue en tant que pratique) une guerre quasi-ontologique pour l’élévation de l’energie humaine (au sens de Rifkin) qui, pourrait on dire, ne s’embarrasse tout simplement pas des régimes autoritaires ou de la bien veillance. Toute personne en doutant pourra se délecter du portrait de François Pinaut réalisé par Piort Uklanski et que le collectionneur possède et montre ; penser au veau d’or de Damien Hirt (et à son histoire récente, magistrale) ; ou se rafraichir en s’intéressant aux performances où Oleg Kulik se transformait en chien et attaquait physiquement, par exemple, les autres artistes.

    A minima, je pense que personne ne contestera l’erreur qu’il y a à instrumentaliser les artistes en les assimilant aux causes dont ils apparaissent le plus proche (employant parfois son discours même), fusse t’elle « juste ». C’est surement le message qui se cache derrière la transposition du doigt d’honneur de Weiwei au champs de Mars alors qu’il est accueillit en héros (un peu par idéologie anti-chinoise, disons le) : rappeler que son adversaire est plus complexe que ce qu’imaginent ses hôtes ; tel l’Hydre de Lerne, deux têtes lui repoussent à chaque coup de lame. Weiwei nous regarde gentillement et vérifie à chaque seconde que le territoire de sa pratique dissidente, loin de se résorber ne fait que croître et se mondialiser.

    • Caniveau89
      Caniveau89 répond à asselin
      • Posté à 10h43 le 21/02/2012
      • Internaute 26147

      L’instrumentalisation politique de l’art fait partie des méthodes favorites des idéologues de gauche en panne d’idées.
      Pierre Haski en est le parangon comme en témoigne cet article !

      • asselin
        asselin répond à Caniveau89
        • Posté à 18h30 le 21/02/2012
        • Internaute 62896

        En tout cas, ce n’était pas le sens de ma remarque. Je ne m’associe pas à la critique acerbe de Pierre Hasky ou de Rue89. Ils font sincèrement leur travail, n’écrivent pas plus de bêtise que ce que l’on peut leur pardonner pour des journalistes écrivant quotidiennement . Et lorsqu’ils leur arrive d’en écrire, je ne crois pas que ce soit par idéologie ou malhonnêteté intellectuelle.

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à asselin
      non-conventionné par la (...)
      • Posté à 15h44 le 21/02/2012
      • Internaute 161554
        non-conventionné par la (...)

      Tu l’appelles par son prénom ?
      ( o ; =

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à asselin
      non-conventionné par la (...)
      • Posté à 19h11 le 21/02/2012
      • Internaute 161554
        non-conventionné par la (...)

      « Bien sùr, comme vous et comme beaucoup d’autres gens, j’apprécie le travail de Weiwei ».
      Pas la peine de te fendre camarade. Tout ce qu’on a vu ici du « travail » de Ai est parfaitement nul et sans aucun intérêt. Ce qui est rare est cher, mais ce qui est cher n’est pas forcément rare : ce qui fait la différence c’est la qualité.

    • A déménagé le 9-4-2012
      A déménagé le 9-4-2012 répond à asselin
      Explore l'indéterminé
      • Posté à 18h32 le 23/02/2012
      • Internaute 22643
        Explore l'indéterminé

      Bien d’accord (juste sceptique au sujet de Hirst) !

      • asselin
        • Posté à 19h36 le 23/02/2012
        • Internaute 62896

        Parceque tu n’arrive pas encore tout à fait à réprimer tout jugement moral ! Encore un effort ! !

  • fouquet 3
    fouquet 3
    sans
    • Posté à 01h58 le 21/02/2012
    • 181628
      sans

    encore un bel article de propagande !

  • AnarchoStalinien
    AnarchoStalinien
    Plus de provocations !
    • Posté à 02h09 le 21/02/2012
    • Internaute 171029
      Plus de provocations !

    Quelle horreur ! Malgré sa banalisation, ce geste reste d’une vulgarité sans nom.
    Je ne suis jamais tombé aussi bas, bien que des imbéciles m’aient longtemps accusé d’avoir effectué ce geste il y a une quinzaine d’années envers l’immonde Nicole Notat. Je préfère de loin l’ampleur du mouvement consistant à vivement placer sa main dans le coude de l’autre bras tout en repliant ce dernier. Et ce bras d’honneur avait été traité de sexiste, alors qu’il pouvait aussi bien s’adresser à son successeur, le fils à papa du préfet du Sctroumpfland....

    Quant à la « photo inspirée du célèbre cliché de Marilyn Monroe avec sa jupe en l’air, mais prise devant le portrait de Mao sur la place Tiananmen », ce n’est qu’un mauvais cliché faisant penser à une figure quelconques de french-cancan !

    Un artisse comme çà, je l’envoie de suite finir son exil dans la Sibérie chinoise pour parfaire son éducation !

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à AnarchoStalinien
      non-conventionné par la (...)
      • Posté à 15h42 le 21/02/2012
      • Internaute 161554
        non-conventionné par la (...)

      Tu as raison camarade, mais (hélas ?) il n’y a pas de Sibérie chinoise ...
      ( o ; \>

  • benieming
    benieming
    aspirant journaliste
    • Posté à 02h55 le 21/02/2012
    • Journaliste 84284
      aspirant journaliste

    @Pierre Haski, vous oubliez de signaler qu’Ai Weiwei a aussi supervisé la réalisation de nombreux documentaires sur des affaires sensibles, comme celle de Yangjia (celui qui avait tué six policiers). Dans ces films comme dans l’affaire des écoles du Sichuan, il dévoilait le vrai visage du PCC, de façon d’autant plus percutante qu’il ne s’agissait pas de grandes idées où de critiques sur des choses abstraites (ex : la liberté d’expression, la démocratie etc), mais de l’exposition de faits qui parlent d’eux même, et exposent au grand jour les abus de pouvoir auquel se livrent au quotidien les tenants du PCC.... C’est peut-être çela aussi qui lui a fait franchir la ligne jaune.
    PS : Pour ceux qui parlent chinois, ces docs sont en accès libre sur Youtube

    • Caniveau89
      Caniveau89 répond à benieming
      • Posté à 11h10 le 21/02/2012
      • Internaute 26147

      Cher « aspirant »,

      Pierre Haski sait très bien ce qu’il écrit, et s’il a choisi de nous présenter le personnage comme un artiste provocateur brimé en tant que tel et alors « entré en dissidence », c’est parce que cela est encore plus beau qu’un dissident qui exprime sa pensée à travers l’art.

      Vous comprenez bien que c’est alors une pure victime du méchant système chinois, un « gentil » pourchassé pour ce qu’il fait, un pur innocent, et non pour ce qu’il pense, un responsable engagé contre le système. C’est encore plus fort, le stade ultime de l’infamie, un peu comme l’élimination des populations civiles versus celle des militaires en temps de guerre...

      Ne trahissez pas la belle construction intellectuelle, même malhonnête, car ce site ne fonctionne qu’avec ce procédé !

      Et n’aspirez pas trop, cela prête à confusion quand Pierre Haski fait l’apologie du doigt d’honneur (au pouvoir chinois)...

      • Pierre Haski
        Pierre Haski répond à Caniveau89
        Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
        • Posté à 22h54 le 21/02/2012
          éditeur
        • Journaliste 9
          Cofondateur

        Mon pauvre Caniveau, vous avez mal lu ce commentaire, il ne va pas dans votre sens, au contraire, il me reproche de ne pas en avoir dit assez. En fait, vous êtes tellement à l’affut de tout ce qui peut apparaître comme une critique de Rue89 que vous en oubliez même de lire vèritablement les textes...

  • Charles_Marx
    Charles_Marx
    huh ?
    • Posté à 09h09 le 21/02/2012
    • Internaute 160590
      huh ?

    Longtemps, je me suis demandé comment un artiste somme toutes assez médiocre (mise à part quelques fulgurances) pouvait jouir d’une telle notoriété internationale. La réponse est assez simple :

    1) La presse et l’opinion publique occidentale adorent Ai Wei Wei : ils ne peuvent en effet s’empêcher de se masturber dès qu’ils voient les mots « dissident » et « Chine » dans la même phrase. Un théocrate moyen-ageux est bien devenu une icone en occident, pourquoi pas un artiste de second rang ?

    2) Le gouvernement Chinois adore Ai Wei Wei : que rêver de mieux comme symbole de la « dissidence » qu’un gros fat qui ne représente rien que lui-même et son ego ? Ca éructe une insanité tous les deux ou trois mois pour tenir en haleine les gogos occidentaux et ça s’occupe de son compte en banque le reste du temps ... avec de tels « dissidents », le régime peut dormir sur ses deux oreilles !

    3) Enfin et surout, Ai Wei Wei adore Ai Wei Wei : comme d’autres faussaires avant lui, il a compris que pour donner du lustre à des oeuvres médiocres et faire monter sa cote sur le marché de l’art, il n’y avait rien de mieux que le vernis de la « dissidence ». Il a également compris que dans ce monde, pour gagner de l’argent, il est toujours plus avisé de parier sur la bêtise de ses congénères plutôt que sur leur intelligence ... artiste médiocre mais faussaire de génie donc !

    • frapadingue
      frapadingue répond à Charles_Marx
      le cul entre deux chaises
      • Posté à 12h54 le 21/02/2012
      • Internaute 56548
        le cul entre deux chaises

      mélenchiste

    • Caniveau89
      • Posté à 12h21 le 21/02/2012
      • Internaute 26147

      En ce qui concerne sa cote, Al Weiwei figure au 131è rang du classement des TOP 500 contemporary artists en ventes publiques 2010/2011 (artprice) :
      - 891 697 euros de produits vendus (11 lots) avec un maximum de 344 346 euros sur une oeuvre.
      Ca va monter après l’expo parisienne - encore que Paris ne représente qu’une très faible part des ventes d’art contemporain dans le monde.

      Un tirage (n° 8/25) de sa petite soeur en culotte devant un temple de la sérénité s’est vendu 45 000 euros chez Sothebys Londres en 2008.

      Une autre série de 8 photos (tirage de 5 ex) représentant ses somptueux doigts d’honneur et intitulé « study of perspective » a atteint 118 000 euros en 2007 à Londres toujours.

      Mais il faut signaler que Al Weiwei ne se limite pas à ce qui intéresse Pierre Haski - les doigts d’honneur - mais réaliste des objets variés comme une porte en marbre, un bocal en verre rempli de graines, des boîtes en bois, etc. Rien de très original selon moi, mais terriblement tendance !

      Pour se faire une idée, outre l’expo du jeu de paume : visite sur ARTVALUE , site de référence des ventes publiques ou l’on peut s’inscrire gratuitement ce rechercher les ventes passées des artistes dans le monde entier.

      • Pierre Haski
        Pierre Haski répond à Caniveau89
        Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
        • Posté à 22h59 le 21/02/2012
          éditeur
        • Journaliste 9
          Cofondateur

        C’est étrange cette manière de ne juger un artiste que par son prix ! Ce n’est pas Paris qui va faire monter sa cote : cet artiste que vous trouvez si nul etait l’an dernier la vedette de la Tate modern de Londres, et avant ça de la Dokumenta de Kassel. Mais si Caniveau trouve ça nul et qu’en plus il vend mal, évidemment...

  • Caniveau89
    • Posté à 10h26 le 21/02/2012
    • Internaute 26147

    Je propose un « “ doigt d’honneur ”, irrespect suprême de l’autorité, de toutes les autorités » selon Pierre Haski, à.... Pierre Haski !

    Hier, j’ai une ce geste qui m’a valu la censure immédiate du Grand Timonier Haski. Sans droit de réponse, ni autre forme de procès.
    Pourtant, les insultes sont courantes sur ce site, notamment à mon encontre et de bien d’autres qui ne sont pas dans la pensée dominante, et je n’ai jamais vu Pierre Haski ni personne de la rédaction feindre de s’en apercevoir et y mettre fin (contrairement à ce que prétend la célèbre Charte des riverains).

    Comprenez : ce qui selon Pierre Haski est drôle, artistique, un geste politique digne de la dissidence chinoise, n’est qu’un geste « vulgaire » et « nul » quand il en est l’objet.

    Un bel exemple de totalitarisme socialiste, car moi non plus je n’ai « pas d’autre ambition que d’ouvrir un peu plus les portes et les fenêtres de rue89 pour faire entrer de l’air frais dans les esprits. »

    Dénoncez la méthode haskinienne du doigt d’honneur sanctifié chez les autres et interdit contre lui :
    « Ça passe quand c’est la Tour Eiffel ou le Capitole à Washington, c’est gonflé, là encore, quand ce doigt est dirigé vers la porte de la paix céleste, au cœur de Pékin, sur laquelle trône toujours le portrait de Mao Zedong. »
    C’est interdit si c’est le Timonier de rue89 ?

    Je suis donc passé de riverain opposant à la bien-pensance ambiante, à la dissidence haskinoise.

  • SAIMIRI
    SAIMIRI
    chasseur de moustiques
    • Posté à 10h53 le 21/02/2012
    • Internaute 147116
      chasseur de moustiques

    « “Expo Ai Weiwei à Paris : un ‘ doigt d’honneur ’ au pouvoir chinois” » juste le PCC chinois doit bien rigoler quand il voit defiler les dirigeants européens avec leur coupelle pour faire l aumone ......Vous croyez vraiment que c est un artiste certes douer qui gene le PCC ? Le pouvoir lui ne voit qu une chose la soumission de plus en plus grande des européens ,le reste n est que galejade pour faire fremir un certain milieux ..........................

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h48 le 21/02/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Bonjour « OPEL »... et à la prochaine !

  • késapeufutre
    • Posté à 19h56 le 21/02/2012
    • Internaute 140114
      YX

    pas bien de faire un doigt aux coco !
    il va se prendre un bon TR, lui !

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